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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 00:02

          Enfin, je me fais un agréable devoir de remercier ici l'Académicien F. Lexa qui m'a encouragé au cours de cette tâche difficile et qui a renoncé, en ma faveur, à continuer son étude des Maximes de Ptahhotep, commencée en 1928. Je remercie également le professeur J. Cerny, Fellow of British Academy, d'avoir bien voulu mettre à ma disposition une partie considérable de sa bibliothèque qui se trouvait encore à Prague jusqu'en novembre 1947 ...

 

Zbynek  ZABA

Les Maximes de Ptahhotep

Avant-propos

 

Éditions de l'Académie tchécoslovaque des sciences

Prague, 1956, p. 12  

 

 

     Citées avec reconnaissance par Zbynek Zaba dans l'exergue qui entame le présent article extrait de l'avant-propos de sa traduction des célèbres Maximes de Ptahhotep, deux figures emblématiques, nous l'avons vu amis visiteurs, Frantisek LEXA et Jaroslav CERNY, ont donc, dans la première moitié du XXème siècle, offert leurs lettres de noblesse à l'égyptologie tchécoslovaque.

     La création d'une institution officielle dépendant entièrement de la Faculté des Lettres et des Arts de l'Université Charles IV, partiellement impulsée par Lexa en 1958 déjà,  assoira dans les meilleures conditions le développement des études sur le terrain.

     Avec le recul, quelque soixante ans après sa mise en chantier au sein même de l'Alma Mater pragoise, nous comprenons que cet Institut Tchèque d'Égyptologie (
I.T.E.) fut le véritable élément déclencheur, mais aussi fédérateur de tout ce que cette république centrale brassait et brassera comme grands savants en la matière.

     Un homme, que l'on peut en réalité considérer comme la troisième et dernière personnalité du "triumvirat" des fondateurs de cette science en ce pays succède à Frantisek Lexa, décédé deux ans à peine après la naissance de "son" Institut : il s'agit de Zbynek Zaba.

   

 

 

Cerny--Jaroslav--et-Zaba--Zbynek--copie-1.jpg


(Zaba, à droite, s'entretenant avec son collègue Cerny, sous le portrait du "Maître", Frantisek Lexa.)


 

      C'est en 1938 que le jeune Tchécoslovaque Zbynek Zaba, né en 1917, entreprend des études d'égyptologie : il assiste bien évidemment aux séminaires des professeurs Lexa et Cerny à l'Université Charles de Prague. Immédiatement à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il devient l'assistant de Lexa et obtient, en 1954, le poste de Professeur associé dans le prestigieux établissement.

     Si, dans un premier temps, nous lui devons des articles essentiellement consacrés à l'orientation astronomique des pyramides de l'Ancien Empire, mais aussi, je l'ai souligné ci-avant, une grande étude en français sur les Maximes de Ptahhotep, avec traduction et commentaires, certes considérée de nos jours comme quelque peu obsolète mais qui constitua néanmoins tout un temps l'ouvrage de référence de cet important recueil de sagesses égyptiennes, c'est surtout grâce à sa direction de l'Institut qu'il sera internationalement connu. En effet, en 1958, il participe avec Frantisek Lexa à la création de cet important organisme à la tête duquel il se retrouve donc deux ans plus tard, suite au décès de Lexa.

 

     Lui incombe alors la tâche, - Cerny oeuvrant le plus souvent à l'étranger comme nous l'avons constaté la semaine dernière -, de mener de front de multiples activités : l'enseignement universitaire, - il est désormais le seul Professeur d'égyptologie nommé à Prague -, la direction de l'I.T.E. et ses propres recherches sur le terrain.

 

 

 
 
Zbynek-ZABA.jpg

 

 

     Il vous faut savoir que dès 1956 déjà, les professeurs Lexa et Zaba firent partie d'une délégation officielle se rendant en Egypte aux fins de préparer les fondements d'un accord culturel de grande envergure entre les deux pays : de ces contacts naîtra entre autres le prestigieux Institut tchécoslovaque d'égyptologie créé conjointement à Prague, en octobre 1958 et au Caire, en mai de l'année suivante.  


     Et tout naturellement, fort des excellentes relations scientifiques mais aussi  diplomatiques entre les deux Etats, l'Institut prendra activement part, au début des années soixante, au plus colossal  projet de sauvetage de monuments que notre monde ait jamais connu : celui, patronné par l'Unesco, des temples de Nubie menacés de total ensevelissement suite à la la construction du Haut-Barrage d'Assouan.
      
     Si, parmi les pays "généreux donateurs", certains reçurent du gouvernement égyptien l'un ou l'autre bâtiment d'exception - je pense entre autres au temple de Debod, originaire de Basse-Nubie, qu'à défaut d'avoir peut-être déjà admiré à Madrid,
 
dans les Jardins de l'Ouest, vous pourrez sur ce site virtuellement découvrir ; ou à celui de Dendour, érigé par l'empereur romain Auguste en tant que pharaon, maintenant au Metropolitan Museum de New York -, la Tchécoslovaquie, quant à elle, se vit octroyer du gouvernement égyptien, en guise de remerciements donc, une des plus grandes concessions de fouilles jamais accordée à des archéologues étrangers : le site d'Abousir, à une petite trentaine de kilomètres au sud-ouest du Caire, avec notamment sa nécropole des souverains de la VIème dynastie.

 

 

 
Abousir---Pyramides--2-.jpg


(Photo de Milan Zemina que j'ai extraite du catalogue cité infra.)


 


     En 1970 et 1971, décèdent respectivement Jaroslav Cerny et Zbynek Zaba.

     Dix-sept années durant, un jeune égyptologue, né en 1941 à Brno, 
Miroslav Verner, - j'aurai sous peu l'opportunité de l'évoquer -, en prend alors en mains les rênes, conjointement à celles de l'égyptologie tchèque. 

 

     Sous sa direction, les fouilles réalisées à Abousir, déjà pourtant très prometteuses, vont offrir au monde savant de nouveaux et inestimables "trésors".


     C'est, amis visiteurs, sur ce terrain archéologique et notamment en sa compagnie que je vous invite à m'acompagner dès après la semaine de congé qu'offre l'Enseignement belge - partant, votre serviteur - aux fins de dignement célébrer les festivités du Carnaval.

 

     Je vous donne donc rendez-vous le mardi 16 février prochain pour faire connaissance avec le site d'Abousir et Miroslav Verner ...  

 

 

 

Remarque.

 

     M'est-il besoin de rappeler qu'à l'instar des deux précédents articles dédiés aux précurseurs de l'égyptologie tchèque, les trois clichés de ma présente intervention proviennent du catalogue de l'exposition Objevovani zeme na Nilu ("Discovering the land on the Nile"), qui s'est tenue au Narodni Museum, à Prague, en 2008 et que, d'autorité, je me suis permis de reproduire et d'insérer ici ?

 

 

 

(Onderka & alii : 2008, passim Vernus : 2001, 63)

27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 22:32

     

 

     Non, ce n'est pas mort que tu t'en es allé, c'est vivant que tu es parti.

 

 

Textes des Pyramides, 213, § 134 a

 

 

 

IL FUT MON PROFESSEUR À L'UNIVERSITÉ DE LIÈGE ...

 

 

     Bien triste nouvelle que celle apprise en cours de soirée : le Professeur Michel MALAISE est décédé ce 25 janvier 2016. Il avait eu 72 ans le 30 novembre dernier.

 

    Triste pour sa famille en tout premier lieu, à laquelle j'adresse mes condoléances les plus respectueuses ; triste aussi en particulier pour tous ceux qui eurent l'heur de recevoir son Enseignement ; triste enfin pour le monde égyptologique en général.

 

     Nommé Professeur à la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Liège en 1979, Michel Malaise succède alors à Baudouin van de Walle, disciple et lui même successeur à la chaire d'égyptologie de Jean Capart, Conservateur aux Musées royaux d'Art et d'Histoire (M.R.A.H.) de Bruxelles pour lequel elle avait été créée en 1902.

 

    Après une carrière égyptologique bibliographiquement prolifique, le Professeur Malaise prit sa retraite le 1er janvier 2004.

 

     Au plan des publications scientifiques, je me dois évidemment d'épingler dans un premier temps la Grammaire raisonnée de l'égyptien classique qu'il mit au point avec Jean Winand, Doyen de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'U.Lg., ouvrage qui constitue indéniablement un outil majeur pour tous ceux qui s'adonnent au déchiffrement de la langue hiéroglyphique égyptienne et, dans un second temps, de mettre l'accent sur les nombreuses contributions qui furent siennes pour faire connaître le développement des cultes isiaques dans le bassin de la Méditerrannée antique.

 

     Permettez-moi, amis visiteurs, de clore ce très modeste hommage par une note toute personnelle aux fins d'indiquer combien, pendant sa retraite, il eut à coeur de répondre à quelques courriels que je lui adressai avec une extrême gentillesse toujours assortie de mots d'encouragement vis-à-vis de mon blog sur lequel il portait un regard bienveillant et dans lequel il me souhaitait de "persévérer et d'y trouver beaucoup de plaisir".

 

    Non, ce n'est pas mort que vous vous en êtes allé, Monsieur le Professeur, c'est toujours bien vivant dans mon esprit ...

 

 

    (Un merci appuyé au Professeur Jean Winand qui avec beaucoup de sympathie m'a autorisé à lui emprunter le cliché ci-dessus, publié dans "Michel Malaise. Une bio-bibliographie", Acta Orientalia Belgica XVIII, La langue dans tous ses étatsMichel Malaise in honorem, édités par C. Cannuyer, Bruxelles/Liège/Louvain-la-Neuve, 2005, p. VII.)

Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en Belgique
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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 00:02

 

 

     Le mardi 28 mai [1833], la leçon d'histoire à laquelle je devais assister à onze heures n'ayant pas lieu, je me trouvai libre de parcourir ou plutôt de revoir la ville que j'avais déjà vue et revue en allant et venant.

 

    Je ne sais pourquoi je m'étais figuré que Prague était niché dans un trou de montagnes qui portaient leur ombre noire sur un tapon de maisons chaudronnées : Prague est une cité riante où pyramident vingt-cinq à trente tours et clochers élégants ; son architecture rappelle une ville de la Renaissance.

(...)

 

 

L'ÉGYPTOLOGIE TCHÈQUE - I. LES GRANDS PRÉCURSEURS : 2. JAROSLAV CERNY

 

    La vue dont on jouit depuis les fenêtres du château est agréable : d'un côté on aperçoit les vergers d'un frais vallon, à pente verte, enclos des murs dentelés de la ville, qui descendent jusqu'à la Moldau, à peu près comme les murs de Rome descendent du Vatican au Tibre ; de l'autre côté, on découvre la ville traversée par la rivière, laquelle rivière s'embellit d'une île plantée  en amont et embrasse une île en aval, en quittant le faubourg du Nord. 

 

 

 

 

François-René de CHATEAUBRIAND

Mémoires d'Outre-Tombe

 

Tome IV, Livre trente-huitième, chapitre 10,

Lausanne, Éditions Rencontre, 1968,

p. 358

 

 

 

     Dans mon intervention de mardi dernier, la première d'une série de rééditions consacrées à l'égyptologie tchèque, je vous avais conviés, souvenez-vous, amis visiteurs, à effectuer un bout de chemin en compagnie de Frantisek LEXA et d'ainsi assister à la naissance de cette nouvelle discipline qui, à l'aube du XXème siècle, cherchait sa place dans le parcours universitaire pragois.


     Ne nous laissons toutefois pas abuser par la métaphore basique que d'aucuns pourraient filer en évoquant en la circonstance les premiers balbutiements : il ne s'agit nullement de tâtonnements dans le chef de file de la science qui s'ébroue alors aux bords de la Vltava. Tout de suite, je l'ai indiqué, le Professeur Lexa positionna ses travaux à hauteur de la lexicographie et de la sémantique en étudiant la langue des anciens habitants des rives du Nil par le biais du démotique, avant de confier à ses Étudiants, mais aussi bientôt à bon nombre de ses compatriotes, un imposant ensemble de clefs leur permettant d'entrebâiller toutes les portes au-delà desquelles ils allaient pouvoir croiser les aspects essentiels de la civilisation égyptienne.

     Grandes et importantes prémices de l'égyptologie donc, avec ce précurseur, mais point encore de recherches matérielles, point de fouilles ; point d'archéologie stricto sensu.



     Enfin un disciple vint, et le premier en République tchécoslovaque, qui allait très vite offrir à son pays ses véritables lettres de noblesse en la matière : Jaroslav CERNY.

 

 

Cerny--Jaroslav--et-Zaba--Zbynek--copie-1.jpg


(Cerny, à gauche, s'entretenant avec Zbinek Zaba, son collègue,

sous le portrait du "Maître", Frantisek Lexa.)

 

***

 


     Pilsen (Plzen), au sud-ouest de Prague.

 


     061.-Nove-Mesto---Bar-Place-Venceslas--07-08-2009-.jpg




     Si certains connaisseurs associent ce toponyme aux usines de fabrication automobile "Skoda", il est d'évidence que la majorité de mes visiteurs belges y humeront plutôt les enivrants effluves de la brasserie "Pilsner Urquell" et de sa "Pils", auto-proclamée boisson nationale tchèque et savourée, ici en bords de Meuse, à l'instar de la "Stella" ou de  la "Jupiler".




    

 


     Dans cette petite ville de ce qui était encore, pour une vingtaine d'années seulement, l'empire austro-hongrois, naquit, le 22 août 1898, Jaroslav Cerny. Comme tous ceux qui bénéficiaient des dispositions leur permettant de faire partie de l'élite intellectuelle de l'époque, le jeune homme entreprit, entre 1917 et 1922, des études à la Faculté des Lettres de l'Université Charles, à Prague ; et eut l'heur d'assister aux conférences égyptologiques dispensées par Frantisek Lexa.

     A partir de 1925, celui qui aurait pu se contenter d'être l'épigone du "Maître", décide de se confronter au terrain : il choisit Deir el-Médineh ! 

 

L'ÉGYPTOLOGIE TCHÈQUE - I. LES GRANDS PRÉCURSEURS : 2. JAROSLAV CERNY

      Là, il rejoint Bernard Bruyère, de vingt ans son aîné, rencontré au Musée égyptien de Turin où tous deux procédaient à diverses recherches.

Bruyère a besoin d'un épigraphiste ; Cerny n'hésite pas : il sera son homme !

 

     Pa-démi, "La Ville", comme l'appelaient les Égyptiens, n'est plus que ruines ensablées d'un village créé ex-nihilo sous le règne de Thoutmosis Ier, un des premiers souverains du Nouvel Empire, en vue d'héberger artistes, artisans et ouvriers qui concouraient à rendre agréable la "maison d'éternité" des monarques inhumés dans la Vallée des Rois.


     Près d'un demi-millénaire durant, des hommes engagés pour creuser et décorer les hypogées royaux et princiers, résideront avec leur famille dans ces quelque septante maisons aujourd'hui mises au jour par les égyptologues qui se sont succédé sur le site depuis qu'en 1917, l'I.F.A.O., Institut français d'Archéologie orientale, en obtint la concession.

     Un lustre plus tard, en 1922, Bernard Bruyère prend pour trente ans la direction des excavations. Sans quasiment discontinuer, il dégage systématiquement les habitations, les tombes et tous les  alentours. La provende se révèle ainsi sans égale pour ce qui concerne la connaissance de la vie quotidienne des ouvriers en un temps et en un lieu déterminés.

     Aux confins du village, sur les flancs de Gournet Mouraï, d
ans les tombes du cimetière de l'Est datant des règnes de la reine  Hatchepsout et de Thoutmosis III, Bruyère exhuma un matériel funéraire de tout premier ordre : chaises, tabourets, lits, nattes, paniers divers, vaisselle, ustensiles de cuisine, outils agricoles, objets de toilettes et même des vêtements ...
Qui n'étaient pas factices. Qui présentaient des traces d'usure. Qui avaient donc servi. Qui  avaient été maniés, utilisés, portés par ces femmes et ces hommes.
Et qui leur avaient permis de travailler, de vivre ...

     Dans la nécropole de l'Ouest, sur l'autre versant, au pied de la montagne thébaine, ce furent approximativement soixante tombes décorées, superbes pour certaines d'entre elles, qu'il mit au jour. Beaucoup dataient du règne de Ramsès II.

     Mais, vous étonnerez-vous à l'énumération de tous ces trésors, pourquoi diantre l'I.F.A.O. et Bruyère désiraient-ils tant s'adjoindre les services d'un épigraphiste ?

    Simplement parce que dès le départ, les deux égyptologues avaient exhumé et engrangé de nombreux ostraca, 
de nombreux papyri, de nombreux fragments brisés de vases inscrits, des oushebtis également : tous portaient des inscriptions en écriture hiératique, cursive dérivée des signes hiéroglyphiques. Et Bruyère souhaitait qu'ils fussent traduits.


     Ce fut donc Cerny, qui avait intégré l'équipe depuis 1925, qui s'y attela : des milliers et de milliers de documents semblables, parfois réduits à de minuscules fragments, attendaient ses compétences.

     De sorte qu'il n'est point incongru de ma part d'avancer que sa vie professionnelle, ce savant slave la consacra entièrement, d'une manière ou d'une autre, à Deir el-Médineh, à la "Communauté des Artisans de la Tombe", comme il est souvent indiqué dans la littérature égyptologique : que ce soit aux excavations du village proprement dit ou au dépouillement épigraphique de ce qui avait été retrouvé qu'en excellent disciple de Lexa il mena de front en publiant des études visant à faire connaître l'histoire sociale et économique du lieu, plus spécifiquement à l'époque ramesside dont, mieux que quiconque, il excellait dans la pratique de la langue vernaculaire, ce néo-égyptien essentiellement utilisé dans les textes purement littéraires.

 

 

Cerny---Ouvrage-IFAO.jpg
       


     Ainsi narrée, la  vie de Jaroslav Cerny pourrait ressembler à cette rivière tranquille de son pays natal qu'est la Vltava. En vérité, il n'en fut rien : en 1929, il accepte, tout comme Lexa avant lui, d'entrer en tant que "Privatdozent" à l'Université Charles IV alors que depuis l'année précédente, il avait été mandé par le Musée égyptien du Caire pour mettre sur pied la publication d'un catalogue des ostraca hiératiques présents dans ses collections : il n'apposera le point final à cette publication qu'en 1933.

     A Prague, il enseigna jusqu'à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, puis se retrouva promu par le gouvernement de la République tchécoslovaque en exil 
attaché d'Ambassade au Caire, avant de rallier celle de Londres, en 1943.


     Parallèlement à ses fonctions diplomatiques, il se pencha avec fougue nouvelle sur la lexicographie de la langue copte.

     Le conflit international terminé, il revint un temps donner des conférences d'égyptologie à l'Université Charles : Frantisek Lexa, toujours en activité, à cette époque, suggère complaisamment que son confrère devrait lui aussi être admis Professeur dans la discipline.
     S'ensuit un refus catégorique dans le chef du ministre de l'Education arguant avec beaucoup de mauvaise foi que des cours aussi peu importants que ceux ressortissant à l'égyptologie (?!) ne nécessitaient pas la nomination officielle, c'est-à-dire rémunérée, d'un deuxième impétrant.

     Exit Jaroslav Cerny que, dès 1946, s'empresse et se félicite d'appeler l'University College de Londres au titre de Professeur, avant qu'il prenne en charge, à partir de 1951 et jusqu'en 1965, la chaire d'égyptologie de la prestigieuse Université d'Oxford : parcours royal, parcours de rêve, s'il en est, pour tout Enseignant passionné et de très haut niveau ...

     Ceci posé, et la boucle semble ainsi bouclée, la juste reconnaissance de son incontestable intelligence lui arrive enfin de sa propre patrie : en 1965, il retrouve le chemin de la Faculté des Lettres et des Arts de Prague en acceptant de devenir membre honoraire de l'Institut tchécoslovaque d'égyptologie créé, rappelez-vous, par son mentor, Frantisek Lexa en personne.

     Mais subitement, le 29 mai 1970 - il n'a pas encore 72 ans - , Cerny  meurt à Oxford.

  
Cerny---Bibliotheque-copie-1.jpg


      Certes, il ne connut pas la satisfaction de voir publié son Dictionnaire étymologique copte par les presses de la Cambridge University ; mais comme souvent dans la discipline scientifique, ceux des travaux épigraphiques en cours que sa disparition inopinée laissait inachevés ont pu être, grâce notamment à ses notes et archives personnelles conservées au Griffith Institut d'Oxford, complétés et édités au sein de l'I.F.A.O., notamment par un autre très grand philologue, de nationalité française pour sa part, qu'il avait aussi connu à Deir el-Médineh : son ami Georges Posener.
    
     Il est indéniable que l'oeuvre de Jaroslav Cerny confine à l'immense : des volumes du Catalogue des ostraca hiératiques non littéraires de Deir el-Médineh à ceux des papyri rédigés dans la même cursive, en passant par les Late ramesside letters que publia déjà, en 1939 à Bruxelles, la Fondation égyptologique Reine Elisabeth (F.E.R.E.), par les Hieratic inscriptions from the tomb of Tut'ankhamun et par les Graffiti de la montagne thébaine et de la nécropole, ce grand savant aura oeuvré pour que les études égyptologiques 
qui, jamais, ne pourront en oublier l'irréfragable empreinte, soient marquées au coin de l'excellenc.


 

     Grand merci à Marie qui, de Medinet Habou où elle vit, m'a adressé et offert d'inclure ici son cliché de Pa-démi ; ce "village" si cher à Jaroslav Cerny.
 
    Comme à l'issue de mon intervention de la semaine dernière, je tiens derechef à préciser que j'ai, pour le présent article, photographié une série de portraits des grands savants de ce pays à partir du catalogue de l'exposition Objevovani zeme na Nilu ("Discovering the land of the Nile"), célébrant le demi-siècle d'existence de l'Institut tchécoslovaque d'égyptologie.) 



(Cerny : 1931, 221 et 1978 : Pl. 15 a ; Onderka & alii : 2008, passim)

19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 00:02

 

     Je gravis des rues silencieuses, sombres, sans réverbères, jusqu'au pied de la haute colline que couronne l'immense château des rois de Bohême. 
(...)
L'ÉGYPTOLOGIE TCHÈQUE  - I. LES GRANDS PRÉCURSEURS : 1. FRANTISEK LEXA

    Il y avait là quelque chose de la solitude, du site et de la grandeur du Vatican, ou du temple de Jérusalem vu de la vallée de Josaphat. On n'entendait que le retentissement de mes pas et de ceux de mon guide ; j'étais obligé de m'arrêter par intervalles sur les plateformes des pavés échelonnés, tant la pente était rapide.

     À mesure que je montais, je découvrais la ville au-dessous. Les enchaînements de l'histoire, le sort des hommes, la destruction des empires, les desseins de la Providence, se présentaient à ma mémoire en s'identifiant aux souvenirs de ma propre destinée ; après avoir exploré des ruines mortes, j'étais appelé au spectacle des ruines vivantes. 

 
 
 
 

François-René de CHATEAUBRIAND

Mémoires d'Outre-Tombe

 

Tome IV, Livre trente-huitième, chapitre 1,

Lausanne, Éditions Rencontre, 1968,

p. 328

 
 
 
 
     Quand en septembre dernier, je pris la décision - difficile mais nécessaire à mes yeux - de ne plus systématiquement rédiger un nouvel article chaque semaine vous permettant de découvrir à mes côtés le Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre et de plutôt choisir de rééditer certaines de mes anciennes contributions, j'avais évoqué l'opportunité de vous donner à (re)lire, amis visiteurs, celles qui, en 2010, portèrent l'éclairage sur des fouilles entreprises par des savants parfois peu connus du grand public, même égyptophile. Mes plus anciens et fidèles lecteurs auront évidemment compris que je fais ici allusion à l'école tchèque d'égyptologie qu'il me plairait, maintenant que j'ai ouvert des fenêtres de mon blog sur Facebook, d'à nouveau mettre à l'honneur.
 
     C'est donc des bords de la Vltava, cette rivière, - plus traditionnellement appelée "Moldau" -, qui entre autres traverse la superbe ville de Prague, jusqu'aux rives du Nil que je souhaite maintenant, et pour quelques mois durant, vous emmener.
 
     Mais il m'a plu, avant d'entreprendre ensemble ce long périple au sein de l'égyptologie tchèque, de l'introduire avec quelques lignes écrites par Chateaubriand lors de son séjour en Bohême. Simplement pour me permettre de rappeler, - petite piqûre historique -, que dans ce gigantesque château de Prague auquel il fait ici allusion, - (570 mètres de long et 130 de large en moyenne) -, où il fut maintes fois invité à se rendre, c'est son propre souverain, le vieux roi de France Charles X en exil suite à son abdication après la Révolution de juillet 1830 qu'il rencontra ; Charles X, ainsi que je vous l'avais expliqué dans cette ancienne intervention, souvenez-vous, qui, au début de son règne, tant fit pour Champollion et le développement de l'égyptologie au Musée du Louvre ... 
 
 
     Nonobstant une agréable pointe de chauvinisme que nous serions en droit d'exciper en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie et même en ma petite Belgique, il faut aussi se féliciter de la présence sur le sol égyptien d'équipes d'archéologues provenant des pays scandinaves et de l'Europe de l'Est, notamment de l'ex-Tchécoslovaquie.
     
    À l'instar d'autres en Europe, le passé archéologique de ce pays contribua magnifiquement à rédiger d'importants chapitres de la récente mais déjà grande histoire de l'égyptologie. Après Champollion, les chercheurs tchécoslovaques ont sans conteste permis une avancée non négligeable dans les études égyptologiques, qu'elles soient de terrain ou ressortissant  plus spécifiquement au domaine de l'épigraphie ; et cela, comme nous l'allons voir, dès l'aube du XXème siècle.


     Si en 2008, l'Institut tchèque d'égyptologie célébra son cinquantième anniversaire, cela ne signifie nullement qu'il n'y avait qu'un demi-siècle que le pays s'intéressait à l'Égypte. Dès après la Campagne de Bonaparte, le vent d'égyptomanie qui souffla sur bien des Etats européens atteignit également la Bohême : de nombreux nobles s'offrirent le "Voyage en Orient" et ramenèrent en effet moult objets qui constituèrent le point de départ de collections particulières, de "cabinets de curiosités", comme on avait parfois coutume de les définir à l'époque.
      
     Mais c'est un mathématicien de formation, féru toutefois de philologie, qui, bien avant de visiter la terre des pharaons, joua véritablement le rôle cardinal, à un point tel qu'il est de nos jours unanimement considéré comme le fondateur de l'égyptologie tchécoslovaque : Frantisek LEXA.
 

 
 
Frantisek-Lexa-copie-1.jpg



      Né en 1876 à Pardubice, en Bohême occidentale, il décide d'aborder l'étude de la langue égyptienne par le biais du démotique qui, comme j'ai déjà eu l'occasion de l'expliquer, constituait une écriture de communications courantes employée par les scribes à partir du milieu du VIIème siècle avant notre ère, hormis dans les textes religieux : c'était en fait l'abrégé d'une autre écriture cursive, le hiératique qui, pour sa part, dérivait directement des hiéroglyphes.

     En 1895, F. Lexa sort diplômé de l'Université Charles de Prague, prestigieux établissement fondé en 1348 sous les auspices de 
Charles IV, alors à la tête du Saint Empire romain germanique.

     
L'ÉGYPTOLOGIE TCHÈQUE  - I. LES GRANDS PRÉCURSEURS : 1. FRANTISEK LEXA

 

     En 1905, il se hasarde à publier en tchèque les premières traductions de textes égyptiens anciens. Mais ce ne fut qu'au lendemain de la Première Guerre mondiale que commença véritalement son prestigieux parcours : en 1919, il rejoint la Faculté des Lettres de l'Université Charles, d'abord en tant que "Chargé de cours" (Privatdozent), c'est-à-dire enseignant à titre privé - non rémunéré par le gouvernement, donc -, dans son cas : Maître de conférences en égyptologie ; puis, trois ans plus tard, il poursuit son enseignement paré du titre de Professeur extraordinaire dans la même discipline.

     Reconnaissance suprême, en 1925, l'Université crée spécifiquement pour lui une chaire d'égyptologie dont il sera, près de trente années durant, le titulaire.

     Les sources tchèques que j'ai compulsées aiment à épingler le fait que Frantisek Lexa reçut en 1952 - il est alors âgé de 76 ans - le Prix national de Première classe, ce qui semble correspondre à la plus grande distinction que le gouvernement de la République d'alors décernait aux scientifiques nationaux de très haut niveau.
                    
     J'ajouterai pour ma part, si vous me permettez ce petit coquerico, qu'il fut également correspondant de notre Fondation Égyptologique Reine Elisabeth (F.E.R.E.) fondée, souvenez-vous amis visiteurs, par  le grand égyptologue belge Jean 
Capart immédiatement après avoir visité la tombe de Toutânkhamon en compagnie d'Elisabeth de Bavière, épouse de notre roi Albert Ier.

     Dans son pays, avec d'autres savants, Lexa entreprit de mettre sur pied l'importante revue orientaliste "Archiv Orientalni".

     Philologue dans l'âme plutôt qu'archéologue de terrain, il se distingua essentiellement par la rédaction d'ouvrages consacrés à la langue égyptienne :  je retiendrai de très pertinentes études sur les textes sapientiaux,  mais surtout, oeuvre de toute une vie, une imposante "Grammaire démotique", en 7 volumes, parue de 1938 à 1950.
                                         
     Certes, les thèses avancées dans ses travaux philologiques précurseurs furent parfois considérées comme très originales, pour ne pas écrire "révolutionnaires". Souvent, des confrontations de points de vue animèrent le petit cercle des philologues de son temps. Il n'en demeure pas moins qu'à l'heure actuelle, force m'est de constater qu'aussi hasardeuses qu'apparurent à l'époque ses hypothèses, à bon nombre d'entre elles, la majorité des grammaires font maintenant la part plus que belle.  

      Les différentes publications que nous lui devons, de très haute teneur et en anglais, unanimement célébrées par la communauté savante internationale, voisinent avec des ouvrages de vulgarisation, en sa langue maternelle cette fois, sur la religion, la morale et la littérature égyptiennes aux fins d'initier ses compatriotes aux moeurs des anciens habitants des rives du Nil.
     Projet éminemment louable s'il en est, nationalement parlant, mais resté grandement dommageable pour le savoir universel dans la mesure où, de nos jours encore, cette documentation de première main, brillante, brassant un éventail considérable de connaissances, n'a toujours pas trouvé son traducteur, fût-il anglophone ou francophone. Il s'agit là, dans le chef de bien des égyptologues patentés, et au-delà des expressions convenues et exagérément laudatives qu'on lit le plus souvent après un décès,
 d'un carence certaine, d'un véritable dénuement pour la science.

     Enfin, et ce n'est évidemment pas un de ses moindres apports, ce savant ne compta  jamais ses efforts pour former quelques disciples ayant embrassé non seulement la carrière d'égyptologue, mais celle aussi, non moins ardue, de philologue de la langue et des écritures égyptiennes : qu'il me soit permis d'au moins citer Michel Malinine, égyptologue et démotisant français d'origine moscovite à qui l'on doit, entre autres, quelques-unes des traductions de papyri du Louvre que j'ai eu, voici un an déjà, l'opportunité d'évoquer ici avec vous ; et bien évidemment Jaroslav Cerny, son compatriote, dont j'aurai plaisir à vous entretenir mardi prochain ...
    
     E
n 1958, - il avait alors 82 ans -, point d'orgue à tous ses travaux, à toute sa carrière de chercheur et d'enseignant, Frantisek Lexa créa, à la Faculté des Lettres et des Arts de l'Université Charles de Prague, l'Institut tchécoslovaque d'égyptologie que je citai tout à l'heure : c'est cet anniversaire, mais surtout la volonté d'établir un bilan de cinquante années de fouilles en terres pharaoniques que, sous l'égide du Narodni Muzeum (Muséum National), commémora en 2008 la grande exposition pragoise : Objevovani zeme na Nilu ("Discovering the land of the Nile") .


 

     D'un point de vue déontologique, je m'en voudrais de vous quitter, amis visiteurs, sans avoir souligné que c'est précisément au catalogue de cette exposition, acquis lors d'un séjour à Prague en 2009, que j'ai pris la liberté d'emprunter le portrait de Frantisek Lexa qui illustre le présent article.
 
 
 
 
 
 
BIBLIOGRAPHIE
 
 

DAWSON Warren R./ UPHILL Eric P.Who was who in Egyptology, 2ème édition, Londres, Egypt Exploration Society, 1970, p. 177.

 

 

ONDERKA Pavel & alii, Objevovani zeme na Nilu ("Discovering the land on the Nile"), Prague, Narodni Museum, 2008, p. 15.

 

 

VAN DE WALLE Baudouin, Frantisek Lexa : Nécrologie, CdE 35, n° 69-70, Bruxelles, F.E.R.E, 1960, pp. 193-5.

 

15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 09:22
EXPOSITIONS AUX MUSÉES ROYAUX D'ART ET D'HISTOIRE DE BRUXELLES

 

 

      Jusqu'en avril 2016, se tiennent en parallèle aux Musées royaux d'Art et d'Histoire, Parc du Cinquantenaire, à Bruxelles, deux remarquables expositions : l'une, "Djehoutyhotep", met l'accent sur un siècle de fouilles menées en Égypte par des archéologues belges :

 

http://www.kmkg-mrah.be/fr/expositions/djehoutihotep

 

     Et l'autre, "Sarcophagi - Sous les étoiles de Nout" présente des sarcophages découverts dans la deuxième cachette de Deir el-Bahari à l'extrême fin du XIXème siècle, faisant maintenant partie des collections bruxelloises et qu'une équipe italienne réfectionne sous vos yeux. 

 

    Luc Delvaux, Conservateur et maître d'oeuvre de cette manifestation vous en parle :

     

https://www.youtube.com/watch?v=orLuEGvgAD8

 

     Cette présentation d'une dizaine de minutes vous convaincra-t-elle de venir dans les trois prochains mois jusqu'à Bruxelles ? Je l'espère vraiment ...

 

     Quelques informations supplémentaires à éventuellement glaner sur le site des M.R.A.H. :

 

http://www.kmkg-mrah.be/fr/expositions-actuelles 

 

    

     Je vous souhaite de belles découvertes

Publié par Richard LEJEUNE - dans Rich'Art
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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 00:02

 

     Au cours du printemps et de l'été 2013, souvenez-vous, amis visiteurs, je rédigeai à votre intention plusieurs articles relatant la très belle exposition qui se tenait au Musée royal de Mariemont, en Belgique, intitulée "Du Nil à Alexandrie. Histoire d'eaux".

 

    Au sein de cette série, l'un d'eux s'attarda sur un concept festif auquel les Égyptiens de l'Antiquité attachaient énormément d'importance. Je lui avais donné le titre de : "Hommages à Hâpy : le retour de la Lointaine le Jour de l'An".

 

    Comme je vous l'ai indiqué lundi dernier - jugeant le moment on ne peut plus propice -, c'est la réédition de larges extraits de cette intervention qu'il m'agréerait aujourd'hui de vous proposer de (re)lire.

 

 

 

     Le Retour de La Lointaine ... soit celui du flot bienfaiteur, héraut d'une nouvelle prospérité ... car vous avez évidemment compris que par ces termes, la rentrée de La Lointaine en terre égyptienne constituait la métaphore de la venue tant souhaitée de l'inondation qui, chaque année, à la saison Akhet, de la mi-juillet à la mi-novembre, permettait aux terres asséchées par Rê de se gorger tout à la fois d'eau et de ce limon fertilisant constitué des déchets et des débris rocheux que le Nil arrachait et charriait au long de son cours, de manière qu'elles puissent être préparées pour la culture quand le fleuve réintégrerait son lit, au début de la saison Peret, de la mi-novembre à la première quinzaine de mars.

 

     De sorte qu'à partir de la mi-mars, à la saison Chemou, débutait le temps des récoltes, auquel succédait à nouveau la sécheresse, avant les tant attendus débordements, coïncidant avec le lever héliaque de l'étoile Sirius, - la Sothis des Grecs -, aux environs du 19 juillet.

 

    Pour que retour il y eût, pour qu'abondantes les crues fussent, pour que le passage d'un cycle cosmique à l'autre dans les meilleures conditions possibles s'effectuât, fallait-il encore s'assurer les faveurs de Sekhmet, l'irascible déesse léonine, en conjurant la volonté destructrice de l'"Oeil de Rê" qu'elle personnifiait si elle n'avait pas été apaisée et que manifestaient ses flèches et ses émissaires, symboles des différents fléaux annuels.

 

     Conjuration, nous l'avons vu précédemment, opérée entre autres grâce aux statues que lui avait vouées le pharaon Amenhotep III et aux litanies qui s'égrenaient de chaque côté du siège sur lequel la Puissante trônait.

     Grâce également aux prières prophylactiques gravées à certains endroits des temples d'Edfou, d'Esna ou de Kom Ombo que se devaient de psalmodier les prêtres-lecteurs y officiant.

     Grâce aussi au sacrifice de plusieurs oryx, ces si belles antilopes accusées d'avoir tant irrité l'ombrageuse lionne pour avoir attenté à l'Oeil divin et ainsi s'opposer à l'apparition de l'étoile Sothis, partant, à la venue de la crue. 

     Grâce enfin à certains gestes populaires : je pense par exemple à ces petites figurines du Hâpy ventripotent que vous connaissez, façonnées en différentes pierres ou métaux que l'on jetait dans le Nil en période d'étiage, censées, vous vous en doutez, appeler et assurer d'imposants débordements futurs. 

 

     Inquiets, les Égyptiens surveillaient alors dans les nilomètres le niveau du fleuve qui commençait à grossir grâce aux pluies qu'il avait connues en amont de son parcours. Et quand les premiers signes de crue se manifestaient dans la Vallée, - nous étions le premier jour du premier mois de l'Inondation, approximativement le 19 juillet : La Lointaine était donc revenue -, les festivités du Nouvel An pouvaient commencer.

 

     Elles présentaient toutefois un aspect quelque peu ambigu dans la mesure où l'allégresse devant l'arrivée du flot nourricier le disputait à la crainte qu'il ne fût suffisamment dense et riche d'alluvions : réjouissances et beuveries populaires lors des grandes fêtes d'Hathor, déesse de l'Ivresse, ainsi que rituels apaisant Sekhmet ou implorant Hâpy, nous l'avons vu, se succédaient en fait jusqu'à ce que l'augmentation maximale atteigne idéalement un niveau d'eau de 16 coudées. 

 

      A l'occasion de ce Nouvel An tant espéré, il était coutume, dans toutes les strates de la société, d'offrir de menus présents, et notamment des petites gourdes relativement aplaties, en forme de lentille.

 

     Ce sont cinq d'entre elles que nous propose la vitrine devant laquelle nous sommes à présent arrêtés, à l'exposition Du Nil à Alexandrie. Histoires d'eaux, au Musée royal de Mariemont.    

 

      MARIEMONT---Vitrine----Gourdes-du-Nouvel-An----24-04-2013-.jpg

 

 

           Vous remarquerez au premier coup d'oeil que, parfois, les faces lenticulaires peuvent être décorées de motifs floraux ou géométriques, alors que d'autres - comme celle du fond à droite (Louvre N 961) - présentent une sorte de collier-ousekh, semblable à celui qui ornait l'égide que nous avons déjà admirée. 

 

     Beaucoup aussi portaient des inscriptions hiéroglyphiques gravées sur le plat de leurs bords circulaires : soit elles évoquaient un souverain - celle de l'arrière-plan, à gauche (Leyde AT 97) nomme par exemple Khnemibrê, fils de Rê, Amasis - ou le souhait qu'oralement devaient s'adresser ceux qui s'échangeaient semblables cadeaux.

 

     Ce voeu, Que s'ouvre (pour vous) une belle année, les plus fidèles d'entre vous le connaissent : je vous l'avais en effet présenté en début d'année, en 2009 et 2010.

 

      C'est l'adaptation de cette formule de Nouvel An que vous pouvez lire sur la tranche de la gourde (N 960) ci-après qui, à la différence de sa consoeur N 961 que nous venons de voir, est restée au Louvre : Qu'Amon ouvre une bonne année à son maître.

 

 

Gourde-de-Nouvel-An--Louvre-N-960----Cote-Amon-et-Mout.jpg

 

(Louvre N 960 - Salle 7, vitrine 11 -

Cliché © C. Décamps)

 

 

      Du côté opposé, c'est sous la protection d'autres divinités - Ptah et Sekhmet, entre autres - que le texte se place.

 

 

     Sur un autre récipient, le premier à gauche à l'avant-plan, vous découvrirez, au centre de ses bandeaux latéraux, une suite de hiéroglyphes plus foncés que les autres motifs gravés, de manière à vraisemblablement attirer sur eux une attention bienvenue puisqu'ils expriment le "classique" souhait de Nouvel An avec, d'un côté : Puissent Ptah et Sekhmet ouvrir une bonne année pour son propriétaire ; et de l'autre : Puissent Nebet-Hetepet et Bastet - (autres manifestations de La Lointaine) - ouvrir une bonne année pour son propriétaire.  

 

     Mais que donc contenaient ces gourdes si couramment offertes au passage d'une année à l'autre ?

 

     Si je m'en réfère à Arnaud Quertimont, Docteur en égyptologie et éditeur scientifique du guide de l'exposition : l'eau de la crue, affirme-t-il sans hésiter. (Notice 12, p. 26)

 

     Apparemment plus circonspect, Luc Delvaux, Conservateur des Antiquités d'Égypte dynastique et gréco-romaine aux Musées royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles écrit qu'elles étaient probablement - c'est moi qui souligne - destinées à recueillir de l'eau au premier jour de l'inondation annuelle du Nil. (Notice 13, p. 26)

 

     Quant à Madame Geneviève Pierrat-Bonnefois, Conservateur en chef au Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, responsable de la documentation, elle avance, avec autant d'assurance qu'en avait Arnaud Quertinmont : C'est l'association si étroite du Nouvel An avec l'Inondation du Nil qui a amené les contemporains à imaginer que ces gourdes étaient employées à contenir l'eau bénéfique du Nil à ce moment-clé. Nous n'en avons aucune preuve(Notices 14 et 15, p. 28)

 

     Pour ma part, preuve ou non, j'aurais tendance à entériner les propos d'Arnaud, non par amitié personnelle, mais parce que je trouve beau et éminemment symbolique le geste d'offrir à ses amis quelques gouttes de la nouvelle eau pour l'année nouvelle.

 

     Plus beau et plus symbolique que de présenter un contenant sans contenu ... Non ?

 

 

(Derchain : 1962, 47-9 ; ID. 1991, 85-91Desroches Noblecourt : 2000, 171-90 ;Germond : 1979, 23-9 ; Goyon ² : 1970, 267-81 ; Quertinmont : 2013, 26 et 30 ; Yoyotte : 1980 ², 44)

 

 

Publié par Richard LEJEUNE - dans Rééditions
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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 08:15

 

    "Les souffles de l'aquillon ne m'apportaient que les soupirs de la volupté ; le murmure de la pluie m'invitait au sommeil sur le sein d'une femme. Les paroles que j'adressais à cette femme auraient rendu des sens à la vieillesse, et réchauffé le marbre des tombeaux. Ignorant tout, sachant tout, à la fois vierge et amante, Eve innocente, Eve tombée, l'enchanteresse par qui me venait ma folie était un mélange de mystères et de passions : je la plaçais sur un autel et je l'adorais.

     

     (...) Un seul de ses regards m'eût fait voler au bout de la terre ; quel désert ne m'eût suffi avec elle ! À ses côtés, l'antre des lions se fût changé en palais, et des millions de siècles eussent été trop courts pour épuiser les feux dont je me sentais embrasé."

 

 

 

François-René de CHATEAUBRIAND

Mémoires d'Outre-Tombe

 

Tome I, Livre troisième, chapitre 13,

Lausanne, Éditions Rencontre, 1968,

p. 144.

 

 

 

                                                                            
 

     J'avais près de seize ans quand je la rencontrai pour la première fois. 

Vous avouerais-je que la plupart des garçons de ma classe furent autant que moi fascinés par sa beauté ? Et je ne fus probablement pas le seul à en tomber éperdument amoureux. Mais elle resta de pierre ...


     Je la revis à maintes et maintes reprises. Seul à seule. En tête à tête. Je ne pouvais dire mot ; elle pas plus. J'étais toujours aussi subjugué ! Embrasé, à l'instar de Chateaubriand pour sa belle inconnue ...

 

     Un jour, après une visite que je lui fis, je me rendis compte que des "portraits" d'elle étaient mis en vente : en fait, c'était l'empreinte de ses traits d'une finesse à faire pâlir d'envie n'importe quelle actrice engagée pour promouvoir l'un quelconque parfum, fût-il le Chanel 5 de la sculpturale Marilyn, qui avait été immortalisée dans le plâtre.


     Sans hésiter une seule seconde, j'en acquis un exemplaire.

 

   Et, "ma reine" au bras, je revins chez mes parents, heureux et fier de l'enfermer dans ma chambre de grand adolescent ...

 

     Depuis, l'on ne se quitta plus. Et aujourd'hui, toujours aussi majestueuse, elle trône entre salon et bureau,

DIVINE IDOLE, DURABLE IDYLLE ...

 

partageant ainsi la vie de ma petite famille, emportant sans cesse et notre admiration et celle des amis qui passent à la maison.

 

     Grâce à nous qui la contemplons, elle est la Beauté personnifiée, la Beauté chaque jour renouvelée ...

 

    Mais, vous interrogez-vous certainement, qui donc est la femme de cette durable idylle qui tant me trouble encore, un demi-siècle après l'avoir croisée pour la première fois ?

 

 

 

    C'est aux Musées Royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles, en son Département des Antiquités égyptiennes que je découvris un jour un éblouissant fragment de bas-relief en calcaire (E 2157) la représentant : le cartel indiquait qu'il s'agissait de la reine Tiyi, épouse d'Amenhotep III.

 

     Mesurant 42 centimètres de haut et 39 de large, le monument avait été arraché au début du XXème siècle par de peu scrupuleux "fouilleurs" de la nécropole thébaine à la tombe (TT 47) d'un haut fonctionnaire, supérieur du harem royal, nommé Ouserhat. 

    
     Si cette oeuvre du XIVème siècle avant l'ère commune, chaque jour, continue à retenir l'attention de tous ceux qui la voient, fait partie des collections belges, c'est à l'extraordinaire talent de découvreur de Jean Capart 
(1877-1947) que nous sommes redevables.

 



  

 

   
     Au début du XXème siècle, cet égyptologue belge est Conservateur de ce qui s'appelle encore à l'époque les Musées Royaux du Cinquantenaire. Quelques notables acquisitions, malgré pourtant le peu de crédits que lui allouaient le Gouvernement, la Caisse auxiliaire des Musées et la Société des Amis des Musées Royaux de l'État, illuminèrent les premières années de son mandat.

 

     Arguant qu'indubitablement il n'avait aucune chance de se mesurer aux grandes institutions muséales européennes et américaines sur le plan des achats, il préféra développer une politique tournée vers les pièces qui semblaient peu attractives mais dont sa sagacité et surtout son immense connaissance de l'art égyptien avaient tout de suite décelé l'inestimable intérêt.

 

    Et ce fut précisément le cas de celle-ci qu'il acquit pour une somme anormalement dérisoire, en 1905 à Paris, lors de la vente publique de la collection d'antiquités d'un certain P. Philip parce que, non seulement d'après le catalogue, elle était censée représenter une dame de l'époque grecque mais aussi, vous l'admettrez aisément en la découvrant, 

 




     

 

parce qu'elle donnait à voir une femme abominablement mutilée par des graffiti sur la joue gauche, tandis que d'autres, tout aussi bizarres, avaient été apposés essentiellement sur la partie haute du corps. 

     E
n la matière, l'intuition du jeune Capart , - il avait 28 ans ! -, constitua un véritable coup de maître : après s'être longuement assuré que les gribouillages ne correspondaient à aucune écriture sérieuse, il décida, dans un premier temps, d'un minutieux nettoyage au terme duquel il comprit qu'il était en présence d'un admirable portrait de reine de la XVIIIème dynastie.

 

     Dans un second temps, deux ans plus tard, après une analyse plus que pointue, et grâce à sa prodigieuse mémoire - il avait en effet le souvenir d'avoir vu semblable représentation dans une revue d'égyptologie -, le Professeur Capart l'identifia sans conteste à la reine Tiyi dont le portrait intact avait été publié par Howard Carter, le futur inventeur de la tombe de Toutânkhamon, dans le quatrième volume des Annales du Service des Antiquités égyptiennes (A.S.A.E.), en 1903. 

 

     L'égyptologue anglais  y rendait compte des parois d'un hypogée (TT 47) malheureusement déjà complètement pillé qu'il avait mis au jour à El-Khokha, dans la Vallée des Nobles, vis-à-vis de Louxor.


     Et manifestement, entre le moment où Carter vit et publia la découverte de ce tombeau dévasté et celui où Capart eut le fragment de calcaire entre les mains, de bien piètres fouilleurs avaient soustrait Tiyi de la "maison d'éternité" de son contempteur, Ouserhat, et l'avaient "maquillée" d'abominable manière. 

     Car, à l'origine, Tiyi avait été représentée sous son profil gauche, portant une coiffure d'apparat sur cette traditionnelle perruque tripartite à retombées de chaque côté du visage, ainsi que sur la nuque.

 

 

 

 

 

     Une sorte de bandeau-diadème lui ceint la tête, orné qu'il est sur le front du double uraeus symbolisant, par la couronne qu'arbore chacun des deuwx serpents dressés, tout à la fois la Haute et la Basse-Egypte, et à l'arrière, du faucon aux ailes éployées en guise de protection, tenant entre ses serres l'anneau-chen, signe circulaire, sorte de boucle n'ayant ni commencement ni fin, figurant le concept d'éternité et matérialisant la force et la durée universelle. Le tout coiffé d'une couronne d'où s'élevaient à l'origine deux plumes d'autruche.

     Avant de nous quitter, j'aimerais entraîner votre regard vers le subtil jeu de courbes initié par le sculpteur partant du sommet de la tête et aboutissant à l'inflexion donnée à la tige de la fleur de lotus, en passant par l'arc du sourcil gauche, sans oublier celui des épaules.

     Remarquez également cet infime détail donnant à cette oeuvre admirable un cachet que seuls les grands artistes, malgré les conventions arbitraires imposées, peuvent s'offrir : la petite mèche de vrais cheveux de la reine entièrement, ou presque, recouverts de la lourde perruque ; mèche à peine visible entre l'oreille et le sourcil gauches.

     J'évoquais à l'instant les codifications bien établies de l'art égyptien qui, notamment, associe dans un but aspectif bien plus que descriptif, l'oeil de face dans un visage de profil, ou les épaules également de face et le sein, - ah, ce sein ! -, lui aussi de profil : convenez avec moi que ces "invraisemblances" physiques, que cette image conceptuelle fruit d'un langage plastique particulier - , n'entachent en rien la finesse, la fraîcheur de la jeunesse et la beauté de ce visage et de ce corps.

 


     Une beauté à couper le souffle !

 

... qui ne peut que nous inviter à chaleureusement applaudir la ferme décision de Jean Capart d'acquérir ce monument meurtri qui, aujourd'hui "démaquillé", permet de conserver pour tous à Bruxelles une oeuvre d'une indéniable qualité esthétique et à l'un quelconque admirateur inconditionnel d'en acquérir une copie en plâtre pour illuminer au quotidien chaque instant de son univers.

 

 

DIVINE IDOLE, DURABLE IDYLLE ...

 

 

     Fraîchement rentré dans la blogosphère en provenance de cieux apolliniens où tout fut calme et volupté, c'est sur une oeuvre exceptionnelle qu'il me seyait aujourd'hui, amis visiteurs, d'ouvrir le rideau de cette nouvelle année civile sur mon blog, ainsi que sur mes pages Facebook : quoi de plus roboratif, en effet, que la Beauté, avec un B immensément majuscule, - qu'elle réside dans les lignes de ce "portrait" royal provenant du XIVème siècle avant notre ère ou dans les mots du vicomte de Chateaubriand choisis en prémices -, pour chaleureusement vous remercier, toutes et tous, d'avoir eu la gentillesse de m'adresser qui un message privé, qui une réponse amène à mon intervention du 19 décembre dernier.

 

     À l'entame de 2016, puissent les voeux que je formule ici à votre intention rencontrer vos projets les plus ténus comme les plus pharaoniques, tout en vous rendant les 362 prochains jours aussi coruscants qu'il sera possible.

 

     Et chez les Égyptiens de l'Antiquité, seriez-vous en droit de me demander, comment la nouvelle année se manifestait-elle ?

    C'est ce que je me propose de vous expliquer en rééditant dans les prochains jours des extraits d'un vieil article dans lequel, déjà, l'événement était évoqué et remis en contexte. 

 

     

Publié par Richard LEJEUNE - dans Rééditions
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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 09:19

 

      Revenir des pyramides, c'est comme si vous reveniez de Montléry.

 

 

     Vous conviendrez avec moi, amis visiteurs, que l'on ne peut plus explicitement exprimer un désenchantement.

 

    Je quittai Jérusalem, j'arrivai à Jaffa, et je m'embarquai pour Alexandrie. D'Alexandrie, j'allai au Caire, et je laissai Julien chez monsieur Drovetti, qui eut la bonté de me noliser un bâtiment autrichien pour Tunis.  

  

      Vous conviendrez également qu'aussi rapidement présenter le "programme" d'un séjour en Égypte n'augure pas vraiment de pages et de pages de considérations enflammées.

 

     Je m'étais imaginé, après avoir constaté que ce n'est que dans la sixième des sept parties que contient son ouvrage Itinéraire de Paris à Jérusalem et de Jérusalem à Paris, en allant par la Grèce et revenant par l'Égypte, la Barbarie et l'Espagne, et en seulement une petite trentaine de pages que François-René de Chateaubriand "expédie" la relation de son séjour en terre égyptienne ; je m'étais naïvement imaginé donc que de brillantes descriptions viendraient émailler ses Mémoires d'Outre-Tombe dans lesquelles je prends tant de plaisir à voyager depuis cet automne. 

 

     Que nenni ! Malheureusement pour les amateurs de comptes-rendus que nous sommes vous et moi de tous ces grands écrivains qui, à partir de cette époque, entreprirent ce qu'il est convenu d'appeler dans la littérature idoine, le "Voyage en Orient".

 

     Nonobstant, ce matin, je me propose de vous offrir, extraites du deuxième chapitre du dix-huitième livre de ses Mémoires d'Outre-Tombe, quelques précisions additives à son Itinéraire de Paris à Jérusalem, qu'absent de la blogosphère pendant ces vacances d'hiver j'ai préalablement programmées la semaine dernière à votre seule intention.

 

 

    Chateaubriand et Julien, son domestique, ont embarqué à Alexandrie aux fins de rallier Tunis :

 

    Un orage du sud-est s'éleva à notre grande joie, et en cinq jours nous arrivâmes dans les eaux de l'île de Malte. Nous la découvrîmes la veille de Noël ; mais le jour de Noël même, le vent, se rangeant à l'ouest-nord-ouest, nous chassa au midi de Lampedouse. Nous restâmes dix-huit jours sur la côte orientale du royaume de Tunis, entre la vie et la mort.

Je n'oublierai de ma vie la journée du 28. [décembre 1806] 

 

     Nous jetâmes l'ancre devant les îles de  Kerkeni. Nous restâmes huit jours à l'ancre dans la petite Syrte, où je vis commencer l'année 1807.

     Sous combien d'astres et dans combien de fortunes diverses j'avais déjà vu se renouveler pour moi les années, qui passent si vite ou qui sont si longues ! Qu'ils étaient loin de moi ces temps de mon enfance où je recevais avec un coeur palpitant de joie la bénédiction et les présents paternels ! Comme ce premier jour de l'année était attendu ! Et maintenant, sur un vaisseau étranger, au milieu de la mer, à la vue d'une terre barbare, ce premier jour s'envolait pour moi, sans témoins, sans plaisirs, sans les embrassements de la famille, sans ces tendres souhaits de bonheur qu'une mère forme pour son fils avec tant de sincérité ! Ce jour, né du sein des tempêtes, ne laissait tomber sur mon front que des soucis, des regrets et des cheveux blancs.   

 

 

François-René de CHATEAUBRIAND

Mémoires d'Outre-Tombe

Livres XV à XXIV

 

Lausanne, Éditions Rencontre, 1968

pp. 202-3

 

 

EXCELLENTE FIN D'ANNÉE

 

    Vous aurez évidemment compris que ces propos, superbes, de Chateaubriand m'invitent, avec malheureusement moins d'éloquence, à d'ores et déjà vous adresser à toutes et à tous mes voeux les plus enthousiastes pour que cette période traditionnellement de fêtes vous soit la plus excellente possible, et à vous donner rendez-vous le mardi 5 janvier prochain.

 

    Très bonnes vacances à tous ... 

 

Richard 

Publié par Richard LEJEUNE - dans Rich'Art
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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 00:01

 

     (...) Ces mêmes principes s'appliquent à l'art : expression d'idées et de sentiments, il doit s'accorder avec le milieu ambiant. Un art n'est mauvais que s'il est mécanique, s'il abandonne la recherche de toute expression et se réduit à la simple copie d'un style ou de motifs étrangers aux conditions du moment et du milieu. Il ne faut donc mépriser que les époques qui se bornent à imiter ce que d'autres ont produit.

 

 

     Il y a peu, sur son excellente page Facebook, Marc Chartier remettait à l'honneur un extrait de l'ouvrage "Arts et métiers de l'Égypte ancienne", de l'égyptologue W.F. Flinders Petrie, "père-fondateur" de l'égyptologie britannique, dans la traduction qu'en avait publiée son homologue Jean Capart, alors Professeur à l'Université de Liège, "père-fondateur" de l'égyptologie belge, auquel j'eus le plaisir, ici sur ÉgyptoMusée, souvenez-vous amis visiteurs, de très souvent faire référence.

     C'est dans le premier chapitre de ce livre que j'ai relevé aux pages 9 et 10 de mon édition de 1925 parue chez Vromant & Co, à Bruxelles, cette notion d'importance que j'ai choisie ce matin en guise d'exergue.

     Vous allez très vite en comprendre la raison.

 

     Aux fins d'apposer un point final à la série de lettres adressées d'Égypte par Jean-François Champollion le Jeune à son frère ou à d'autres personnes de son entourage, ou d'extraits du journal qu'il tint durant le séjour qu'il y fit entre 1828 et 1830, dont je viens ces dernières semaines de vous proposer la lecture, je voudrais aujourd'hui, pour mon ultime intervention égyptologique avant de prendre congé de vous pendant les vacances d'hiver qui, en Belgique, commencent ce samedi 19 décembre, vous soumettre le début d'un rapport circonstancié de ses activités au "Museo Egizio" de Turin qu'en août 1824 il destina au Duc de Blacas, son protecteur.

     Ce document me semble primordial pour clôturer l'ensemble des articles au déchiffreur figeacois consacrés dans la mesure où il constitue un remarquable plaidoyer en faveur de l'art égyptien, certes, mais aussi un implacable réquisitoire contre tous ceux qui, à l'époque, prônaient l'hégémonie totale de l'art grec sur celui de l'antique Kemet.
 

     Puissiez-vous, à la lumière de ces propos, mieux appréhender certaines des descriptions que vous avez rencontrées pour rendre compte des reliefs de temples ptolémaïques qu'il visita en Haute-Égypte, tels que Denderah ou Philae ...



     Monsieur le Duc,

     La protection éclairée dont le Roi a honoré les études égyptiennes et mes constants efforts à les rendre fructueuses pour l'histoire, a imposé de nouveaux devoirs à mon zèle, et l'a soutenu aussi dans la perquisition persévérante des notions positives que l'examen des monuments peut encore permettre de recueillir, afin de recomposer, s'il est possible, le tableau des hommes, des opinions et des événements contemporains de la primitive civilisation.

     Vous avez partagé, Monsieur le Duc, et ces vues élevées et l'intérêt tout particulier qui s'attache à de telles recherches. Familiarisé avec les plus belles productions des arts de la Grèce et de Rome, vous avez accueilli, avec un égal empressement, celles du peuple illustre qui les devança dans toutes les épreuves de l'organisation sociale, qui les dota de sa propre expérience dans toutes les institutions civiles, religieuses et politiques, et qui, s'organisant comme pour lui seul, laissa néanmoins de grands exemples à tous les autres.


     (...) Je vous devais, Monsieur le Duc, le premier hommage de l'exposé des recherches dont ce musée m'a fourni la précieuse occasion ; veuillez me permettre de vous l'offrir dans une suite de Lettres dont le sujet doit embrasser les divers genres de monuments.  

    
 (...) L'histoire de l'art en Egypte était inséparable de celle de ses rois ; les mêmes monuments témoignent à la fois pour l'une et pour l'autre. (...) C'est seulement dans le Musée Royal de Turin, au milieu de cette masse de débris si variés d'une vieille civilisation, que l'histoire de l'art égyptien m'a semblé rester encore entièrement à faire. Ici tout montre que l'on s'est trop hâté d'en juger les procédés, d'en déterminer les moyens, et surtout d'en assigner les limites.

     La théorie créée par Winckelmann (1) , et professée de nos jours d'après l'unique autorité du maître, n'a été fondée que sur la vue d'une très petite série de monuments réunis par le hasard, sans choix comme sans distinction, dans les musées de l'Italie, dont on s'est empressé de peser les mérites avant d'en connaître  ni le sujet, ni l'époque, ni la destination primitive. 

     (...) L'ensemble des statues provenant de la collection Drovetti prouve surtout, contre l'opinion générale, que les artistes égyptiens ne furent point tenus d'imiter servilement un petit nombre de types primitifs en donnant aux personnages qu'ils devaient représenter, soit dieux, soit simples mortels, cette figure de convention, et toujours la même, dont il a plu à un examen superficiel de supposer l'existence obligée.

     (...) Mais si, dégagés de toute prévention trop exclusive en faveur de l'art grec, nous mettons à l'épreuve les préceptes de Winckelmann par un examen impartial des têtes de ces mêmes statues si semblables d'ailleurs par leur posenous resterons frappés de l'extrême variété des physionomies (...) soit dans la coupe de l'ensemble, soit dans les formes de détail. On chercherait vainement à retrouver parmi elles ce prétendu type obligé, sur lequel les sculpteurs égyptiens devaient, dit-on, et conformément aux lois, modeler tous leurs ouvrages.

     Toutefois, la plupart de ces têtes présentent entre elles, quant à la disposition générale des traits, une certaine analogie, cette sorte d'air de famille que l'on verra également empreint dans les ouvrages de tout autre peuple comparés entre eux. Ce n'est pas là non plus l'effet de l'adoption définitive d'un type convenu : cette ressemblance dans l'ensemble des têtes provient de ce qu'en Egypte comme ailleurs, les artistes s'efforçant d'imiter les formes qu'ils avaient perpétuellement sous les yeux, les têtes de leurs statues durent porter les traits caractéristiques de la race égyptienne ; (...) d'où il résulte que l'on a dû porter des arrêts contraires à la raison comme à l'équité, toutes les fois que l'on a voulu juger l'art égyptien en prenant pour terme d'appréciation ou de parallèle l'art des Grecs, c'est-à-dire celui d'un peuple totalement étranger à l'Egypte. Si l'on s'étonne enfin de ne point remarquer dans les statues égyptiennes, ces formes gracieuses ou sublimes que le ciseau des Grecs sut imprimer au marbre le plus précieux comme à la matière la plus commune, c'est qu'on oublie sans cesse que les Egyptiens cherchèrent à copier la nature telle que leur pays la leur montrait, tandis que les Grecs tendirent et parvinrent à l'embellir et à la modifier d'après un style idéal que leur génie sut inventer. (...) Ainsi les têtes humaines de la collection Drovetti sont en général d'une très bonne exécution, et plusieurs d'entre elles d'un style grandiose, plein d'expression et de vérité. L'on n'observe dans aucune ce visage mal contourné, cette face presque chinoise que Winckelmann regardait comme le caractère des statues véritablement égyptiennes. Il reste donc à expliquer comment il put arriver, et le fait est incontestable, que ces belles têtes, dont le travail est si fin et si soigné, se trouvent pour l'ordinaire placées sur des corps d'une exécution en général très faible et très négligée.

     Cette singularité si frappante d'abord pour le curieux qui, pour la première fois, parcourt le musée de Turin, ne me paraît qu'une conséquence naturelle du principe fondamental qui présidait à la marche de l'art égyptien. Cet art, comme je l'ai avancé ailleurs  (2), semble ne s'être jamais donné pour but spécial la reproduction durable des belles formes de la nature ; il se consacra à la notation des idées plutôt qu'à la représentation des choses.

     La sculpture et la peinture ne furent jamais en Egypte que de véritables branches de l'écriture. L'imitation ne devait être poussée qu'à un certain point seulement ; une statue ne fut en réalité qu'un simple signe, un véritable caractère d'écriture ; or, lorsque l'artiste avait rendu avec soin et vérité la partie essentielle et déterminative du signe, c'est-à-dire la tête de la statue, soit en exprimant avec fidélité les traits du personnage humain dont il s'agissait de rappeler l'idée, soit en imitant de manière forte et vraie la tête d'un animal qui spécifiait telle ou telle divinité, son but était dès lors atteint.

     (...) Il sortira, je l'espère du moins, de cette masse imposante de statues, de stèles, de bas-reliefs, de tableaux peints, une théorie de l'art égyptien fondée enfin sur des faits bien observés, et l'on appréciera, peut-être, avec un peu plus d'équité qu'on ne l'a fait jusqu'ici, les efforts persévérants d'un peuple qui, jetant les premiers fondements de la civilisation humaine, entra le premier dans la carrière des arts, et construisit de superbes temples à ses dieux, érigea de majestueux colosses à ses rois, dans le temps même que le sol de la Grèce et celui de l'Italie (...) étaient couverts de forêts vierges encore, et n'étaient parcourus, de loin en loin, que par quelques hordes de sauvages.

     (...) Désormais les antiquités égyptiennes ne seront plus recueillies seulement comme de simples objets de curiosité. (...) Ces restes de l'existence d'un grand peuple prendront enfin le rang qui leur est dû, et formeront ainsi le premier anneau de la chaîne des monuments historiques.              
    

 



(1) Johann Winckelmann (1717-1768), archéologue allemand qui professa l'indiscutable suprématie de l'art grec sur celui de n'importe laquelle des civilisations antiques. A ses yeux, le but de l'art était la beauté, l'expression de l'idéal et non pas du réel.
A l'époque de Champollion, les théories de Winckelmann avaient encore force de loi.


(2) Dans le Précis du système hiéroglyphique des anciens Egyptiens, Chapitre IX, § 11, p. 364, qu'il venait de publier la même année 1824.

 

 

 

***

J.-F. Champollion  (© Siren-com, pour Wikipedia)

J.-F. Champollion (© Siren-com, pour Wikipedia)

 

     Vous connaissez évidemment, amis visiteurs, à l'entrée du port de New York, la célèbre statue de "La Liberté éclairant le monderéalisée par le Français Auguste Bartholdi (1834-1904). Mais saviez-vous que parmi d'autres oeuvres de cet artiste, figure une représenattion du Déchiffreur en personne ?

 

     Il ne me déplaît pas aujourd'hui, après avoir l'automne durant évoqué cet immense savant, de terminer mes propos dans la cour du Collège de France, à Paris, là où par un décret du roi Louis-Philippe Ier, fut créée pour lui, le 12 mars 1831, une chaire d'archéologie ; là où, deux mois plus tard, le 10 mai, il prononça sa leçon inaugurale ; là où sa santé fort défaillante au retour d'Égypte l'empêcha de professer les cours qu'il souhaitait, puisqu'il mourut, je vous le rappelle, le 4 mars 1832 ; là où, depuis 1875, médite son effigie reproduite dans le marbre : de l'image d'une jeune femme "éclairant le monde" de sa torche à celle de Champollion l'éclairant de ses connaissances, c'est la liberté de vivre et de penser que Bartholdi a érigées en oeuvres d'art pour l'éternité ...  

Publié par Richard LEJEUNE - dans Rééditions
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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 12:00
DE STARGATE ™  AUX  COMICS : LES DIEUX ÉGYPTIENS DANS LA CULTURE GEEK

 

     Du 21 mai au 20 novembre 2016, le Musée royal de Mariemont (Morlanwelz, Belgique) présentera une exposition intitulée

 

De StargateTM aux comics. Les dieux égyptiens dans la culture geek.

 

     Pas de panique si vous n'êtes pas un Geek, l’événement s’adresse aussi à vous. Toutes les références seront expliquées et contextualisées ; c'est ça aussi le rôle d’un musée.  

 

 

De l'Égypte au Grand Écran ! Un mariage détonnant

 

     Bien que de nombreuses expositions se soient penchées sur les raisons de la fascination qu’exerce l’Égypte antique sur les hommes d’aujourd’hui, rares sont celles qui touchent à l'univers Geek. Et pourtant, dieux égyptiens et science-fiction ont été régulièrement associés ces quarante dernières années. La franchise la plus connue et la plus explorée est celle de Stargate

 

 

Stargate, La Porte des Étoiles

 

     Lorsqu’en 1928, un archéologue exhume sur le plateau de Guizèh un gigantesque anneau composé d’un métal inconnu, il n’imagine pas qu’il vient de retrouver La Porte des Étoiles : un appareil permettant de voyager à travers la galaxie. Dans les différents mondes habités qu’ils découvrent, les explorateurs de la Terre rencontrent une race alien hostile se faisant passer pour des dieux : les Goa’ulds.

     Au cours de leurs aventures, ils vont affronter les grandes figures du panthéon égyptien représentées par Râ, Apophis, Hathor, Heru’ur (Horus), Seth … mais des divinités d’autres civilisations du monde antique.

 

     Les scénaristes, conseillés par des spécialistes en histoire de l’art et en archéologie, et le travail remarquable des costumiers ont rêvé la survivance d’un monde ancien en l’adaptant à notre époque.   

 

 

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      Dans l'exposition, nous pourrons admirer quelques-uns des somptueux costumes portés par les dieux – les Goa’ulds – et leurs guerriers – les Jaffas.

 

     Des objets et des artworks originaux issus du film Stargate seront aussi dévoilés exceptionnellement.

     Cet ensemble de près d’une cinquantaine de pièces remarquables sera mis en dialogue avec les mythes et les dieux égyptiens de façon à discerner la réalité des adaptations apportées par la fiction.   

 

 

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De la Momie à Immortel en passant par Dr. Who

  

     D’autres réalisations cinématographiques se sont également penchées sur les dieux égyptiens. Ainsi, Immortel ad Vitam, Le retour de la Momie  ou encore le très attendu X-Men : Apocalypse ne sont que quelques exemples.

     Ces différents films seront évoqués par le biais de bandes dessinées ou  encore d’affiches.  

 

 

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     L’univers de Dr. Who n’échappe pas aux dieux égyptiens : les Osirians, les Anubians et même Styx le Sontaran … sont autant de races rencontrées par le ‘Seigneur du Temps’ à l’origine des mythes et de la civilisation égyptienne …

     Différents comics vous plongeront dans cet univers fabuleux. Ne vous méprenez pas, le Tardis est plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur…

 

 

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DC ComicsMarvelVertigo...

 

 

     L’Égypte et la bande-dessinée c’est une grande histoire d’amour ! Papyrus, Alix, Tintin ... sont autant de références devenues classiques, mais on rencontre également de nombreux dieux égyptiens dans les comics ! Thor, Batman, Mighty Isis, Wonder Woman, les Avengers, Apocalypse, Shazam, Les 4 Fantastiques … autant de personnages des franchises DC ComicsMarvel ou encore Vertigo

     Certains numéros de ces bandes-dessinées et comics vous emmèneront à la rencontre de Sekhmet, Khonsou, Osiris… 

 

 

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Jeux de plateau, jeux vidéo (rétrogaming) et jeux de rôle (RPG)

 

     Que serait l'univers Geek sans les jeux vidéo et les jeux de rôle ? Les dieux égyptiens y occupent une place de choix.

     Citons par exemple les grands classiques comme Age of Mythology, Pathfinder, Deus ... 

     Bienveillants ? Maléfiques ? Quels rôles y jouent-ils? Plusieurs exemples de ces jeux seront présentés.

 

 

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Le monde des dieux égyptiens s’offre à vous !

Ôserez-vous franchir la porte et venir à leur rencontre ?

 

 

 

 

     Le projet d'exposition est porté par Arnaud Quertinmont geek assumé, nostalgique de la Nes, de Stéphanie de Monaco et de Xéna la Guerrière ainsi que par Bertrand Federinov, inconditionnel de Marty McFly, de Willy le Borgne et bien entendu de Stargate. 

     Ils sont également conservateurs au Musée royal de Mariemont (Egypte et Réserve précieuse).

 

 

 

     Grand merci à toi, Arnaud, de m'avoir permis de relayer ici, sur mon blog, ainsi que sur mes deux pages Facebook, ces quelques informations à propos de l'exposition à venir au printemps 2016 au Musée royal de Mariemont (Morlanwez - Belgique).

 

                     

 

                

Publié par Richard LEJEUNE - dans Rich'Art
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  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
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