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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 00:00

 

 

     Parmi les animaux des rives du Nil qui ont jadis effectué le voyage vers celles de la Seine ou, plus exactement, vers la salle 3 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre qui les borde, le long du quai François Mitterrand, et que nous avions déjà rencontrés, souvenez-vous amis visiteurs fidèles de ce blog, en juin 2008, certains s'en sont pour un temps échappé en quelques bonds aux fins de s'exposer à Lens, illustrant eux aussi avec délicatesse et élégance l'éclectisme de la faune lacustre et celui des rituels dont ils furent les héros désignés.

     Il me siérait, aujourd'hui et ce prochain samedi alors qu'il ne vous reste plus que quelques jours jusqu'au 9 mars pour aller les saluer, d'en évoquer l'un ou l'autre, en commençant ce matin par vraisemblablement les plus petits d'entre eux : les batraciens. 

  

     Il vous faut savoir que dès l'époque prédynastique, et bien évidemment avec d'autres figurines d'animaux, la grenouille fit partie du mobilier funéraire déposé dans les tombes.

 

DES ANIMAUX ET DES PHARAONS - XXIV. - LA FAUNE NILOTIQUE : 1. DES BATRACIENS ...

 

(Grenouille en bois - Louvre E 17364 - © C. Décamps)

 

 

     Et que, l'usage s'étant instauré, les égyptologues en retrouvèrent en faïence dans les sanctuaires égyptiens datant déjà de la Ière dynastie, offertes comme ex-voto en quête de fertilité.

DES ANIMAUX ET DES PHARAONS - XXIV. - LA FAUNE NILOTIQUE : 1. DES BATRACIENS ...

 

      (Grenouille - Faïence siliceuse - Louvre AF 11513 - © C. Décamps) 

DES ANIMAUX ET DES PHARAONS - XXIV. - LA FAUNE NILOTIQUE : 1. DES BATRACIENS ...

      (Grenouille - Faïence siliceuse - Louvte AF 11514 - © C. Décamps) 

 

 

     A leur propos, permettez-moi de préciser que si leurs représentations n'autorisent pas toujours la distinction effective des espèces, je puis néanmoins affirmer que la grenouille possédait une valeur sémantique bien déterminée : parce qu’elle était issue des eaux - donc éventuellement des eaux primordiales chères à la cosmogonie égyptienne -, elle fut dès l’époque archaïque en étroite relation avec l’apparition de la vie, partant, de la procréation.

 

     Raison pour laquelle, dans l'écriture égyptienne, le dessin la représentant entra dans la composition de l'expression "vivant à nouveau", que l'on trouvait parfois gravée dans une tombe, suivant immédiatement le nom du défunt. 

 

      Et que celui du tétard, en quantité impressionnante dans les flaques ou d’autres eaux

stagnantes, fut retenu, comme l'expliquait à son cours d'égyptien hiéroglyphique, Michel

Malaise, mon Professeur à l'Université de Liège, pour noter, à partir du Nouvel Empire, le

nombre 100 000. 

 

 

     Dispensatrice de vie, la grenouille fut assimilée à la déesse accoucheuse Heket, figurée soit sous l'aspect d'une femme à tête de grenouille, soit plus simplement, sous celui de la grenouille elle-même.

 

     Parèdre de Khnoum, le dieu potier qui modèle l’enfant divin sur son tour, elle donnait souffle de vie en tendant le signe "ânkh" en direction du visage du petit être en devenir que Khnoum créait.

 

     A Lens, en plus des exemplaires en faïence datant du Nouvel Empire que je vous ai présentés ci-avant, vous pourrez également admirer une grenouille en cornaline (E 22720

DES ANIMAUX ET DES PHARAONS - XXIV. - LA FAUNE NILOTIQUE : 1. DES BATRACIENS ...

 

et une en basalte (AF 2 549), retrouvée à Tanis, dans le delta oriental, datant pour sa part de la Basse Époque.

DES ANIMAUX ET DES PHARAONS - XXIV. - LA FAUNE NILOTIQUE : 1. DES BATRACIENS ...

     Symbole de forces vivifiantes, Heket fut évidemment associée aux défunts dont elle permettait la régénération, la reviviscence dans l'Au-delà : c'est ce qui motive la présence de cette adorable petite grenouille bleue

DES ANIMAUX ET DES PHARAONS - XXIV. - LA FAUNE NILOTIQUE : 1. DES BATRACIENS ...

 

négligemment posée à l'extrémité d'une branche de potamot sur un fragment de calcaire peint (E 26092) représentant une scène de pêche dans les marais nilotiques, environnement dont vous ne pouvez décemment plus ignorer maintenant que vous êtes des fidèles d'ÉgyptoMusée toute la symbolique en rapport avec la renaissance des trépassés.

     (De ce bas-relief venant du Louvre, également exposé à Lens jusqu'au 9 mars prochain, je vous entretiendrai lors de notre tout prochain rendez-vous.)

 

 

 

     N'oublions pas que, du têtard à l'âge adulte, la grenouille subit d'importantes transformations, d'où sa présence tout à fait appropriée aux côtés des morts pour leur "annoncer" leur métamorphose à venir dans le royaume d'Osiris.   

 

 

 

     Elle  était également censée participer à l'avènement du monde, ainsi qu'à l'apparition de la tant attendue crue du Nil : elle avait donc partie liée avec certaines des fêtes agraires, dont celle du Nouvel An, vers le 19 juillet, quand tout à la fois fleuve, soleil et défunts reprennent vie.  

 

 

 

 

     Cette connotation perdura d'ailleurs bien au-delà de l’Égypte pharaonique puisque l'on connaît l'existence d'une lampe de l'époque chrétienne décorée d'une grenouille où se lit, en grec, l'assertion : "Je suis la résurrection".

 

 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE 

 

 

DERCHAIN Philippe

A propos d’une grenouille, RdE 30, Paris, Klincksieck, 1978, pp. 65-6.

 

 

MALAISE Michel,

La perception du monde animal dans l'Égypte ancienne, dans Anthropozoologica n° 7,  1987, p. 36.

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 00:00

     Refermons, voulez-vous, amis visiteurs, notre dossier ouvert sur les pages dédiées aux bovins à propos de quelques monuments les concernant exposés jusqu'au 9 mars prochain au Musée du Louvre-Lens, en évoquant, ce matin, leur sacrifice rituel.

 

     ***

 

 

     

     Tiens ses deux cornes ! ...

     Retourne la tête de ce bœuf, dépêche-toi ! …

     Fais que nous puissions égorger …

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Injonctions écrites dans certains mastabas de la VIème dynastie

 

Citées par Pierre MONTET

Les scènes de la vie privée dans les tombeaux égyptiens de l'Ancien Empire

 

Paris, Librairie Istra, 1925

p. 163

 

 

 

    Véritable topos iconographique qu'inévitablement ceux parmi vous qui se sont déjà rendus en terre pharaonique auront remarqué au détour d'une visite de la nécropole de Guizeh, le thème du sacrifice d'un boeuf faisait partie de ce que la littérature égyptologique nomme "scène de boucherie".

 

 

 

 

Ty---Sacrifice-du-boeuf--2--Corridor-2--paroi-est.gif

 

 

     En vous référant - comme je le fais ci-dessus, (grand merci Thierry !) -, au programme iconologique et épigraphique du mastaba de Ty remarquablement étudié sur le site OsirisNet, vous pourrez, sans trop conjecturer, comprendre les différentes étapes de l'opération d'abattage du boeuf que pratiquaient ces hommes dans leur atelier.

 

     Cette scène fut dessinée jadis par l'égyptologue français François Daumas d'après l'original figuré au premier registre de la paroi est du second couloir - (que son étroitesse et le manque de lumière empêchent de photographier -).

 

     Ce dessin vous permettra non seulement de visualiser l'évolution des actions mais aussi, - pour ceux parmi vous éventuellement familiers de l'écriture hiéroglyphique -, grâce aux séquences des différentes colonnes, de déterminer l'activité précise de chacun des participants, ainsi que de prendre conscience des dialogues ou injonctions qui parfois s'échangent.

 

     (Pour la forme, permettez-moi de rappeler qu'au-dessus de chaque personnage, les hiéroglyphes le concernant se lisent de droite à gauche si son visage est tourné vers la droite et de gauche à droite s'il est tourné vers la gauche. Et d'ajouter ce moyen simple pour mémoriser cette "règle" : commencez à lire en vous dirigeant vers la tête des hommes ou des animaux.)

 

 

     Dans un premier temps donc, il s'agissait d'enserrer ensemble les pattes postérieures au moyen d'un solide lien et de passer un noeud coulant autour de l'antérieure gauche de manière à la soulever quand, de toutes ses forces, un aide s'agrippait à la corde. Déséquilibré sur trois pattes dont deux totalement paralysées, subissant en outre des torsions manuelles au niveau de la queue et des cornes, le boeuf s'affaissait alors et était maintenu entravé, tête renversée sur le sol et gorge à la merci du couteau qui n'avait plus qu'à y pénétrer.

 

     Pendant ces préliminaires, un homme - le premier à l'extrême gauche du croquis ci-dessus - affûte son instrument de découpe avec la pierre attachée à sa ceinture. C'est ce qu'indiquent les hiéroglyphes le surmontant (n° 8) : Aiguiser le couteau par le boucher

 

 

     Ce type d'instrument - ce qu'il est convenu de nommer un couteau à soie,  comprenez : lame de silex incurvée, nommée dès dans la langue vernaculaire, dont la partie effilée se prolonge dans le manche - fut abondamment représenté sur les parois murales de nombreuses chapelles funéraires et tout aussi abondamment exhumé lors de fouilles archéologiques.

 

    Parce que très présent dans le sous-sol, parce que de grande qualité, le silex fut largement utilisé à l'Ancien Empire dans le quotidien de divers corps de métiers, dont les bouchers, mais également dans des gestes ritualisés d'officiants-sacrificateurs, de souverains ou de divinités s'attaquant aux forces négatives susceptibles d'entraver la bonne marche du pays.

 

    Revenons, voulez-vous, au croquis de F Daumas. 

     

 

Ty---Sacrifice-du-boeuf--2--Corridor-2--paroi-est.gif

   

 

     Dans un second temps, assuré que ses aides avaient tout mis en oeuvre pour que l'animal soit dans l'impossibilité de réagir d'une quelconque manière, le boucher enfonçait donc son couteau dans la gorge offerte d'où giclait le sang qu'un acolyte recueillait et emportait dans un récipient, non représenté dans cette tombe de Ty.

 

     En n° 9, le texte nous explique : Dépeçage d'un jeune boeuf par les bouchers du domaine.

 

     Ensuite, insérant la lame entre les os, il sectionnait la patte restée libre d'entraves -l'antérieure droite, en l'occurrence -, maintenue à la verticale par un de ses compagnons.(Dépecer un jeune boeuf par le boucher, nous indique le n° 12.)

 

     Par probité intellectuelle, je me dois - malheureusement - d'introduire ici une notion qui en attristera plus d'un parmi vous : selon certains égyptologues qui ont analysé cette scène, l'ordre dans lequel je viens de vous présenter le début des opérations serait tout autre.

 

     ... il est probable que le khepech qu'on doit offrir au mort était parfois coupé sur l'animal vivant. Sans doute la viande était-elle considérée comme meilleure ..., écrit notamment l'égyptologue français Jacques Vandier dans son étude sur le sujet.

 

     "Cabochiens" avant la lettre, nos sacrificateurs égyptiens auraient donc coupé la patte antérieure droite avant d'occire la victime !

 

     A l'appui de cette terrible suspicion, le fait que le boeuf soit entravé. Car quel besoin d'ainsi le ligoter, argumente-t-il, si on lui avait préalablement tranché la gorge ?

 

     Sans toutefois qu'il soit ici question d'une symbolique liturgique, mythologique ou astrale telle que nous l'avons rencontrée à propos du sacrifice de l'oryx mis en rapport avec l'acte séthien d'attenter à l'intégrité de l'oeil d'Horus, l'ablation de la patte antérieure droite, premier acte du repas d'un défunt, parce qu'indubitablement codifiée, ressortissait à l'évidence au domaine du rite : aussi, dans certaines tombes voit-on des prêtres-lecteurs réciter les formules rituelles  sur la bête sacrifiée. Et dans d'autres, il semblerait que soit vérifiée la pureté de l'animal. 

 

      Venait aussi l'instant de retirer le coeur de la poitrine : Arracher le coeur par le boucher, lit-on au n° 10 et de le déposer dans un récipient. Et les mêmes exégètes d'affirmer qu'ici encore, ce geste pouvait être exécuté du vivant de la bête à immoler.

 

     Le sacrifice du bovidé, aussi ritualisé soit-il, participe pleinement de la volonté de matériellement permettre au propriétaire de la tombe de bénéficier de la pérennité de sa subsistance dans l'Au-delà. Raison pour laquelle deux serviteurs du ka quittent l'abattoir emportant chacun la patte antérieure prélevée sur les animaux mis à mort. Les textes définissent alors l'action générale elle-même (n° 17) : Apporter ..., et la spécificité de l'offrande :

 

-  n° 14 : ... la découpe - entendez les morceaux de choix - à l'ami unique, Ty ;

-  n° 15 : ... la nourriture du matin, par le prêtre funéraire du mois ;

-  n° 16 : ... la nourriture du soir, par le prêtre funéraire du mois.

 

     Il est aussi important de savoir que quand procession de ces serviteurs  il y avait, ceux présentant le khepech marchaient en tête : généralement, ils étaient membres de la famille du défunt.

 

      Cette patte précise constituait indubitablement l'offrande la plus estimée, la plus souhaitée par les Égyptiens pour leur repas funéraire : ainsi, dans la liste des vivres que décline le "menu" souvent peint ou gravé dans les mastabas, - la "pancarte", comme la nomment aussi certains linguistes -, ce morceau de choix, est mentionné avant tout autre.  

  

    Les premières opérations rituellement menées à bien, essentielles et éminemment symboliques quant à leur ordre d'exécution, vous l'aurez compris, il revenait aux bouchers le soin de poursuivre la découpe du boeuf telle qu'ils l'entendaient, plus aucun geste prioritaire ne leur étant alors imposé : fendre la peau, séparer les chairs, extraire boyaux et viscères, lever les filets, trancher les pattes postérieures à hauteur de la jointure du tibia et du fémur, débiter cuisses, jarrets, côtes et côtelettes, enlever tête, foie, reins ...

 

     Retenait ainsi leur attention tout ce qui était consommable, partant, susceptible de figurer sur la table des victuailles offertes au défunt où attendaient déjà pains, fruits, légumes, volailles, jarres de bière ou de vin ; en un mot comme en mille, tout ce qui lui assurerait la pérennité de sa subsistance post mortem.

 

     Quant à certaines parties de l'animal qui ne lui étaient point proposées, elles revenaient directement aux sacrificateurs ritualistes et à leurs aides : c'était, par exemple, le cas de la peau-meseka que se partageaient officiants mais aussi divers artisans ...

 

 

      

 

(Jean : 1999, 34-6 ; Midant-Reynes : 1980, 40-3 ; Montet : 1910, 41-65 ; ID. 1925, 161 sqq. ; Vandier : 1969, 128-85)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 00:00

 

 

     Dans le droit fil de mes précédentes interventions consacrées à différents animaux de l'Égypte antique tout à la fois révérés et sacrifiés, - la légitimation de semblables cruautés consistant à "transformer" ces pauvres bêtes en ennemis désireux d'attenter au bon ordre de la société tout entière ; rappelez-vous l'oryx ! -, je voudrais, avec vous amis visiteurs, aborder ce matin la raison de la présence de bovins dans l'iconologie de l'offrande alimentaire.

 

N 1393

(Louvre - Fragment Chapelle d'Ounsou N 1393 - © Photo RMN / Les frères Chuzeville) 

 

 

    Et pour ce faire, vous inviter à (re)lire un ancien article datant du 10 mars  2012.

 

     Avant d'envisager avec vous la représentation dans un futur proche de l'apport de produits spécifiques ne ressortissant plus au domaine de la nourriture, j'aimerais aujourd'hui, devant la vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre exposant une quarantaine de fragments peints provenant du mastaba de Metchetchi,  poursuivre l'évocation d'offrandes au défunt semblables à celles que nous avons rencontrées, le 28 février dernier, évoluant toujours vers la droite ; c'est-à-dire, souvenez-vous, faisant partie des registres du mur sud de la pièce. 

 

     Permettez-moi de simplement rappeler que cette convention quant à la direction empruntée par ces défilés de serviteurs du ka était tributaire du fait que, sur le mur du fond, à l'ouest donc, c'est-à-dire là où se situait l'empire des morts, étaient gravées les stèles fausses-portes au pied desquelles certains membres de la famille se devaient de déposer les offrandes alimentaires sur une pierre destinée à cet effet.

 

     Et dans le droit fil de ce rendez-vous que nous eûmes précédemment pour expliquer les différentes manières de sacrifier un oryx, j'escompte, dans un premier temps, évoquer ce nouvel éclat de 15 cm de hauteur et 23 de long, (E 25535), malheureusement fort endommagé, dont nous devons le cliché à l'excellence de SAS, (Merci Madame),

 

 

47.-Fragment-E-25535--SAS-.jpg

 

 

et qui, manifestement, devrait éveiller en vous quelques souvenirs, récents ou plus anciens.

 

     Si d'une main, cet homme agrippe deux ou trois canards, c'est surtout de ce qu'il tient de l'autre qu'il m'intéressera dès ce matin de vous entretenir : vous distinguerez en effet qu'il porte une patte de boeuf. Comme celle, rappelez-vous, qu'un peu plus avant dans cette même vitrine, nous avions entraperçue chez un autre serviteur se dirigeant quant à lui vers la gauche, précédant son collègue portant un vase de sang. 

 

 

Fragments E 25530 et E 25536 (2009)

 

 

     Comme aussi, en la précédente salle 4, dans la chapelle funéraire du mastaba d'Akhethetep que nous avions visitée en octobre 2008.

 

 

Akhethetep.jpg

 

 

     Ce geste d'emporter le khepechpièce de choix, selon ce qu'affirment les textes, faisait partie intégrante d'une thématique iconographique récurrente au niveau des reliefs et des peintures funéraires : nous en avions vu un autre exemple en décembre 2008 dans la chapelle d'Ounsou, toujours en salle 4, au registre supérieur du fragment (N 1393) :

 

 

N-1393.jpg

 

 

il s'agit de ce que les égyptologues ont pris l'habitude de nommer scène de boucherie.

 

     Même si, à plusieurs reprises, les animaux vivant en hordes sauvages aux marges du désert firent l'objet de sacrifices - je pense à la gazelle, à l'antilope et surtout à l'oryx -, force est de reconnaître que, pour la plus grande majorité de ces figurations, ce fut celui du boeuf - animal apparemment le plus consommé par les classes aisées de la société -, que les artistes égyptiens nous donnèrent à voir.

 

     Semblables représentations, il faut le savoir, générèrent naguère cette antienne que tant je décrie : l'art égyptien ne serait qu'accumulation de poncifs. Que triste monotonie. Qu'insupportable tautologie !

 

     Faisons fi, une fois pour toutes, de ces exaspérants clichés dans le chef de certains critiques et abordons sans plus tarder le sujet précis pour lequel j'ai souhaité la petite introduction d'aujourd'hui.

 

     Mon propos, vous le constaterez, ne portera pas sur les différentes races de bovidés que connut l'Égypte dans la mesure où, en mai 2009 déjà, je vous en avais succinctement proposé une nomenclature - qu'il serait peut-être intéressant de vous remettre en mémoire. Aussi, me contenterai-je de simplement signaler que, le plus souvent, ce fut le boeuf ioua, engraissé en étables pour la circonstance, qui eut l'honneur de cet abattage frappé au coin du rituel ; le nega, boeuf des prairies, plus farouche, plus maigre aussi - ceci pouvant expliquer cela -, fut quant à lui bien plus rarement choisi. 

 

     Après de nombreuses années, les égyptologues ne se sont toujours pas accordés pour déterminer avec certitude si ces scènes de dépeçage rendent compte de ce qui se passait couramment dans les domaines d'un Ty, d'un Mererouka, d'un Metchetchi ou s'il s'agit d'un sacrifice ponctuel, c'est-à-dire effectué lors de l'enterrement du maître, voire à une quelconque date anniversaire commémorant son souvenir.

 

     Quoi qu'il en soit, leur récurrence au bas des parois des chapelles funéraires, l'abondance des détails qui les distinguent les unes des autres, tous ces signes prouvant l'importance qui leur était accordée appellent d'évidence quelques approfondissements bienvenus.

 

     Raison pour laquelle, amis lecteurs, il m'agréerait que nous nous revoyions ici dans quelques jours pour autant qu'une nouvelle évocation de sacrifices sanglants ne vous rebute pas trop ...     

 

 

 

(Vandier : 1969, 128-85 ; Ziegler : 1990, 134)

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 00:00

 

 

     Je vous l'avais promis lors de notre précédente rencontre, amis visiteurs : en prenant prétexte de ces petits modèles de boeuf (AF 9169 A-B-C) que vous croiserez à l'exposition du Louvre-Lens si vous vous y rendez d'ici au 9 mars prochain,

 

 

AF-9-169.jpg

 

 

vous allez faire plus ample connaissance ce matin avec les différentes races de bovidés que connurent les Égyptiens de l'Antiquité.

 

     Il vous suffira pour cela de cliquer sur ce lien vous conduisant à une étude que je leur avais consacrée le 19 mai 2009.

 

     Excellente lecture à toutes et à tous.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 15:48
MON "NOUVEAU" BLOG ...

​​
En milieu de matinée, devant mon refus récurrent d'obtempérer aux injonctions des administrateurs d'Overblog de migrer vers leur nouvelle version, il m'a été indiqué par courriel qu'ils fermaient momentanément l'accès à mon blog aux fins de leur permettre de procéder eux-mêmes à ce transfert.

Découverte faite de leur travail terminé, je m'aperçois qu'à l'exception de quelques photos que je pourrai sans difficulté aucune retrouver là où j'avais pris la précaution de les y stocker, cette nouvelle version ne m'apparaît pas de prime abord très différente de la précédente. Ainsi, il semblerait qu'ils aient tenu leur promesse matinale de faire en sorte que je ne sois pas dépaysé par rapport à mon environnement habituel.

Depuis deux heures heures maintenant, je visite et m'initie aux possibilités que cette version me propose pour continuer à m'exprimer comme avant. Je m'aperçois, notamment, - détail, m'objecterez-vous - , que je ne trouve pas la méthode qui me permettait d'aligner mon texte à gauche comme à droite, de manière à lui donner un plus bel aspect.
Mais grâce à de nouvelles explorations et beaucoup de patience, je pourrai probablement y remédier dans les prochaines heures ou prochains jours ...

Si, comme avant, amis visiteurs, vous recevez notification de la parution de cet article, auriez-vous l'amabilité de me le faire savoir

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 00:00

 

     Le 12 février dernier, avant de prendre congé de vous, amis visiteurs, aux fins de me réserver une semaine d'effervescenceS - celle d'un peu de carnaval et celle, nettement plus ambrosiaque, de délicieuses dégustations rémoises ; d'où ce pluriel accentué à "effervescence" qui n'était évidemment en rien une erreur orthographique ou une faute de frappe ! -, nous "abondonnions " à son bien triste sort un petit veau que nous avions croisé à l'exposition du Louvre-Lens, lové sur les frêles épaules d'un jeune moscophore égyptien.

 

     Délaissant l'esprit du vin, il me siérait, à partir d'aujourd'hui, de reprendre celui de nos précédents rendez-vous et d'évoquer pour vous la famille de ce tout jeune animal en portant, dans un premier temps, l'éclairage sur le travail essentiel que l'Égypte antique agricole attendait d'un bovidé ; puis, dans un deuxième temps, de brosser un tableau général des différentes races de bovins qu'elle connut.

 

     Premier volet, donc : ce modèle (E 27069) à Lens jusqu'au 9 mars prochain 

 

Labours-E-27069.jpg

 

 

mais que nous avions déjà admiré le 29 septembre 2009 dans la vitrine 11 de la salle 4 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, à Paris.

 

     Raison pour laquelle je vous invite à cliquer sur mes propos d'alors.

  

     Je vous en  souhaite excellente (re) lecture.

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 00:00

 

     Mais où donc se rend ce jeune Égyptien, un petit veau sur les épaules ?

 

E-14-721.jpg

 

 

     C'est ce que vous découvrirez, amis visiteurs, en (re)lisant la seconde des deux interventions qu'à l'automne 2009 j'avais dédiées au moscophore du Louvre, présent à Lens jusqu'au 9 mars prochain.

 

     Voici le lien vers l'article qui répondra à votre questionnement : je vous en souhaite une très bonne lecture.

 

     Excellente semaine de congé de carnaval à toutes et à tous ; nous nous retrouverons le lundi 23 février ...

 

     

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 00:00

 

     " Veau, vache, cochon, couvée ... " : ils ont tous entrepris le voyage du Louvre à Lens !

 

 

Louvre-Lens---Hall-d-entree--20-10-2014--188.jpg

 

     Ce matin, amis visiteurs, je voudrais entamer avec vous la (re)lecture de la première des deux interventions de l'automne 2009 sur mon blog dédiées à un jeune porteur de veau, à un moscophore (E 14721) que bien avant les Grecs, l'art égyptien immortalisa.  

 

      Voici le lien vers l'article, sur lequel il vous suffira de cliquer ...

 

     Je vous en souhaite une excellente lecture.

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 00:00

 

     Nous voici arrivés, amis visiteurs, au terme de nos quatre rendez-vous dédiés à l'étude de l'oryx en Égypte antique.

 

     Souvenez-vous que cette série de publications, après celles concernant les chiens et les chats, n'a d'autre raison d'être que vous permettre de relire d'anciens articles que je mets en rapport avec l'exposition  "Des animaux et des pharaons" présentée actuellement, - et jusqu'au 9 mars -, au Louvre-Lens, dans laquelle vous pourrez admirer cette très belle cuillère à offrandes E 3217.   


 

Oryx---Louvre-E-3217--c-Ch.-Decamps-.jpg

(Louvre - E 3217 (© Ch. Décamps)

 

 

     Cette ultime intervention escompte vous expliquer les motifs invoqués par les ritualistes égyptiens antiques aux fins de se débarrasser de semblable animal, considéré comme néfaste.

 

     S'il vous intéresse d'appréhender ces raisons, cliquez simplement sur ce lien.

 

     Excellente lecture à toutes et à tous.

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 00:00

 

 

     Pénultième volet de l'étude que, voici trois ans, je consacrai à l'oryx en Égypte antique. Si de connaître les différentes possibilités mises en oeuvre par les officiants ritualistes pour le sacrifier vous intéresse, amis visiteurs, il vous suffira de cliquer sur ce lien.

 

 

Esna - Sacrifice oryx - Façade Est

(Temple d'Esna - © Martine)

 

 


Excellente lecture à toutes et à tous.

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de Jean-Claude VINCENT

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