Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 23:01

 

 

     L'étude de la boucherie doit tenir compte d'un ensemble de données sociales et symboliques - contexte funéraire, rituel, consommation réelle -, ce qui ne peut s'envisager qu'à la croisée de plusieurs chemins. La voie des images et des textes, où l'on trouve de nombreuses clés permettant de comprendre la mentalité égyptienne, se doit d'être empruntée à la lumière des constatations archéologiques, source de précieuses informations d'ordre aussi bien économique que social sur la production et la consommation des denrées carnées en Égypte ancienne.   

 

 

Fanny HAMONIC

Quelques notions sur la boucherie et la consommation de viande en Égypte ancienne

 

dans Des animaux et des pharaons - Le règne animal dans l'Égypte ancienne

Catalogue de l'exposition au Musée du Louvre-Lens,

Paris, Somogy éditions d'art, 2014

   p. 108

 

 

 

 

     Au terme de notre rendez-vous de mardi dernier, amis visiteurs, vous aurez compris que seuls des repas offerts à tous lors de festivités religieuses étaient susceptibles de transformer un temps l'ordinaire de ceux qui n'avaient nullement les moyens financiers de s'offrir morceaux de boeuf ou gibier de choix.

     S'il appert qu'au quotidien l'alimentation de base des Égyptiens consistait essentiellement en pains, légumes et fruits, cela signifie-t-il une absence totale de chair animale, quelle qu'elle soit ? 

     

     Aux fins de mener à bien cette thématique, je vous avais aussi promis d'asseoir mes propos futurs sur des sources irrécusables telles que la documentation provenant des fouilles de différents villages égyptiens antiques, ainsi que l'analyse isotopique de certaines momies.

 

 

     C'est le premier groupe d'entre elles - rapports ou éléments exhumés lors de recherches sur un site précis - que je voudrais développer au long de cette présente rencontre, en vous invitant à vous approcher de la vitrine 6, côté Seine, ici dans la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, de façon à pouvoir concentrer votre regard sur la petite étagère vitrée, tout au-dessus à droite puis, plus spécifiquement, sur un "objet" exposé en son centre. 

SALLE 5 - VITRINE 6, CÔTÉ SEINE : 27. DE L'ALIMENTATION CARNÉE DES GENS DU PEUPLE ÉGYPTIEN (Première Partie)

 

     Comprenez que vous avez là sous les yeux une pièce particulière (E 14551) : il ne s'agit en effet aucunement d'un de ces modèles que vous avez maintenant l'habitude de découvrir en ma compagnie, d'un de ces simulacres façonnés par un artiste dans l'une quelconque pierre égyptienne, à l'instar des deux que nous avions vus, à gauche, sur l'autre présentoir vitré ... mais d'un morceau réel, - oui, vous m'avez bien lu ! : de la matière organique, donc. 

     Comprenez que vous regardez le corps acéphale d'un oiseau desséché, ouvert sur toute sa longueur et aplati sur un foyer avant d'y être grillé. Ainsi présenté, il mesure 15,2 centimètres de longueur, 11,5 de largeur et 2,4 d'épaisseur.

    Les savants hésitent à y voir qui un canard, qui un de ces pigeons dont sont encore friands les Égyptiens de notre époque. 

    

     Qu'ils soient produits d'élevage, voire de gavage, comme je vous l'avais expliqué le 20 avril 2012, ou de capture à l'aide d'un filet hexagonal, le 3 mai 2010, les volatiles prisés pour leur chair, indépendamment du fait qu'ils étaient susceptibles d'entrer dans le viatique funéraire déposé dans les tombeaux aux fins d'assurer la subsistance post mortem de leur propriétaire ou offerts quotidiennement à la divinité tutélaire de différents temples, rassasiant ainsi, quelques heures après que le dieu s'en était régalé bien sûr, la théorie des prêtres officiants, ces volatiles, donc, constituaient, à défaut de viande "noble", un important  apport alimentaire pour le peuple égyptien.

      Au point que les égyptologues en mirent au jour, conservés au sein de grandes jarres, marinant dans une espèce de saumure, indubitablement destinés à une consommation ultérieure.

     À chacun son type de garde-manger !

 

     Ce morceau de volaille grillée fut découvert dans une tombe du cimetière de l'Est du "Village des Artisans", à Deir el-Medineh, puis cédé en 1935 au Musée du Louvre par le Gouvernement égyptien, en partage des fouilles que l'égyptologue Bernard Bruyère (1879-1971) y entreprit inlassablement à partir de 1922 au nom de l'Institut français d'archéologie orientale (IFAO).

 

    Mais qu'induit exactement le terme de Deir el-Médineh au sein de l'égyptologie contemporaine ?  

SALLE 5 - VITRINE 6, CÔTÉ SEINE : 27. DE L'ALIMENTATION CARNÉE DES GENS DU PEUPLE ÉGYPTIEN (Première Partie)

     (© Martine Detrie-Perrier, Présidente de l'Association Papyrus de Lille.) 

 

 

    Un village. Mais pas n'importe lequel, évidemment !

 

     Les autochtones le nommaient "Pa demi", ce qu'il est convenu de traduire par "La Ville".

 

     Créé ex nihilo par Thoutmosis Ier, souverain du début du Nouvel Empire, en vue d'héberger les artistes, artisans et ouvriers qui, près d'un demi-millénaire durant, opéreront creusements et aménagements intérieurs des hypogées royaux et princiers des proches vallées des Rois et des Reines, il n'en subsiste plus actuellement que des ruines, ainsi que vous pouvez le constater de visu, sur le cliché ci-dessus.  (Merci Martine.)  


     Témoin absolument unique de la vie professionnelle et privée des familles qui se sont succédé là siècle après siècle, il fut agrandi sous le règne de Thoutmosis III, momentanément déserté sous celui d'Amenhotep IV/Akhenaton - la communauté rejoignant alors un hameau semblable fondé à Tell el-Amarna -, remis à l'honneur avec Horemheb, dernier souverain de la XVIIIème dynastie et connaissant définitivement son acmé à l'époque des Ramsès, aux XIXème et XXème dynasties où il se développa sur quelque 5600 m² : près de 70 maisons, toutes semblables, se sont partagé, de part et d'autre d'une rue principale, une superficie de plus ou moins 132 mètres de long pour une petite cinquantaine seulement de large.

     Aux confins du site, deux nécropoles : celle dite de l'Est, sur les flancs de Gournet Mouraï et celle de l'Ouest, sur l'autre versant, au pied de la montagne thébaine.

     Les tombes du cimetière de l'Est découvertes intactes par Bernard Bruyère datant des règnes de Thoutmosis III et d'Hatchepsout, si elles n'offraient pas une importance particulière quant à leur structure et leur décor pariétal, se révélèrent en revanche d'un intérêt certain pour ce qui concerne le matériel funéraire qu'elles recelaient : en effet, les objets mis au jour, dans leur plus grande majorité, présentaient de manifestes traces d'usure prouvant indubitablement qu'ils avaient été utilisés par leur propriétaire.

 

     Et c'est bien grâce à eux, grâce à ces chaises, tabourets, lits, nattes, paniers divers, vaisselle et ustensiles de cuisine, outils agricoles et de construction, objets de toilette, vêtements ou encore, comme ici, produits alimentaires conservés, - dont le Louvre vous propose de très beaux et intéressants exemplaires -, que l'on peut de nos jours tenter de lever le voile sur l'environnement quotidien des anciens Égyptiens.

 

     Car, pallèlement à tout son travail de fouilleur, Bruyère ne cessa de publier le fruit de ses découvertes de manière éminemment scientifique : je songe notamment à cette imposante et ô combien remarquable somme, retrouvée dans un puits proche, de quelque 5000 ostraca rédigés en cursive hiératique qu'après lui, d'éminents épigraphistes tels que Jaroslav Cerny (1889-1970), Georges Posener (1906-1988), Serge Sauneron (1927-1976) et maints autres se sont attelés et s'attellent encore à déchiffrer. 

 

     (A l'usage des amateurs de rapports archéologiques, je m'en voudrais de ne pas signaler ici que les carnets tenus par Bernard Bruyère pendant toutes ces années sont à présent accessibles sur le site de l'IFAO grâce à ce lien.)

 

     Pour ce qui concerne les habitudes alimentaires des artisans du village de Deir el-Medineh, désormais au coeur de nos réflexions, diverses sources sont utilisables, qui nous fournissent d'importants renseignements : les ostraca d'époque ramesside que je viens d'évoquer complétant administrativement ce qu'il est convenu d'appeler le Journal de la Tombe, c'est-à-dire des papyri - aujourd'hui essentiellement conservés à Turin -, sur lesquels, quotidiennement, des scribes décrivaient la vie communautaire et, plus intéressant encore pour mon propos, la liste des produits de bouche, versements en nature constituant les salaires des travailleurs.

     Les fouilleurs ont également mis au jour des archives privées comme des lettres personnelles ou  des documents ressortissant au monde juridique.  

     

     Et que nous apprend le dépouillement de cette manne terrestre ?

 

      Que la viande figurait à cette époque l'aliment le moins couramment consommé. Rare en définitive, elle constituait l'apanage de certains émoluments d'artistes ou d'artisans vraisemblablement plus doués - ou plus appréciés -, partant, mieux rémunérés que d'autres, dans la mesure où les fiches des salaires les plus communs n'en faisaient jamais état !

 

     Ceci posé, outre le fait que certaines familles élevaient une ou deux têtes de bétail, l'apport carné se résumait le plus souvent en viande de boeuf, de porc ou de caprinés, sachant qu'elles devaient toujours se contenter des bas-morceaux, tels que les côtes, ceux de la zone des reins, les tripes, les têtes, les cuissots et les abats.

     Nonobstant, il leur arrivait de bénéficier de bovins livrés par l'Administration royale, sur pied ou par morceaux cuits ou grillés, voire mis en pots ou en jarres, comme je l'ai signalé tout à l'heure ... 

 

    N'oublions pas aussi les volatiles, tels les oies et les pigeons qu'ils pouvaient eux-mêmes capturer ...

 

     Pour tutoyer au plus près l'exhaustivité, à ces produits de boucherie, j'ajouterai les poissons régulièrement fournis par ceux des pêcheurs à qui incombait la tâche d'ainsi ravitailler le village : à partir de la documentation sur ostraca, il a été calculé que, certaines années, quelque 60 familles disposèrent de 6 tonnes de poissons. De "savants" calculs ont permis de déterminer un quota moyen de  280 grammes par jour et par famille ...

     Ces poissons étaient livrés soit crus et non-vidés, soit vidés et préalablement séchés au soleil.

     A cet apport régulier, je me dois d'associer celui également offert par le Pouvoir royal en guise de provisions exceptionnelles, le plus généralement la récompense d'un souverain souhaitant manifester son contentement par rapport au travail effectué dans son futur hypogée ...

 

     L'égyptologue D. Valbelle qui a brillamment étudié la communauté des ouvriers de Deir el-Medineh - permettez-moi d'ailleurs de vous conseiller, amis visiteurs, de lire son ouvrage référencé en note infrapaginale : passionnant !! -, a ainsi recensé dix-huit variétés de poissons différentes que dégustèrent les familles du village.

 

     La question maintenant à poser : pouvez-vous vraiment considérer que les membres de cette communauté villageoise particulière soient représentatifs du petit peuple égyptien ?

 

     Oui, si vous concevez que ces ménages ne bénéficiaient pas quotidiennement de mets aussi succulents que ceux indiqués dans les souhaits funéraires. Mais, rappelez-vous, je vous ai souvent mis en garde contre une crédulité abusive de ces "menus" peints ou gravés sur les parois des chapelles sépulcrales.

 

     Non, si vous estimez que, malgré des restrictions le plus souvent dues à un approvisionnement ne répondant pas toujours à la demande, leur sort demeure relativement enviable, ne fût-ce que par rapport à la grande majorité qui ne reçoit rien du Palais royal.   

 

  

 

BIBLIOGRAPHIE 

 

 

HAMONIC Fanny 

Quelques notions sur la boucherie et la consommation de viande en Égypte ancienne, dans Des animaux et des pharaons - Le règne animal dans l'Égypte ancienne, Catalogue de l'exposition au Musée du Louvre-Lens, Paris, Somogy éditions d'art, 2014, p. 108

 

 

MALAISE Michel

Les animaux dans l'alimentation des ouvriers égyptiens de Deir el-Medineh au Nouvel Empire, Anthropozoologica, 1988, second numéro spécial, pp. 65-72.

 

 

TALLET Pierre

Volaille (pigeon ou canard), notice dans Les Artitses de Pharaon, Catalogue de l'exposition au Musée du Louvre, Paris, RMN, 2002, p. 109. 

 

 

LABÉ-TOUTÉE  Sophie

Volaille (pigeon ou canard), notice dans Les Portes du ciel, Catalogue de l'exposition au Musée du Louvre, Paris, Somogy/Musée du Louvre, 2009, p. 350.

 

 

VALBELLE Dominique

Les ouvriers de la Tombe. Deir el-Medineh à l'époque ramesside, Le Caire, BdE 96, I.F.A.O. 1985.

 

Partager cet article

Repost 0
Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
commenter cet article

commentaires

christiana 13/04/2015 18:06

C'est tout à fait étonnant ce volatile séché! Je n'aurais jamais cru que ce fût un vrai si tu ne l'avais expliqué!
La viande était l'aliment le moins couramment consommé, le plus rare mais cependant apprécié. L'homme n'a jamais eu vocation à être végétarien, s'il le fût à certaines périodes, ce fût par nécessité, par manque et aujourd'hui que nous avons la viande à volonté, on en consomme beaucoup trop!

Richard LEJEUNE 14/04/2015 08:28

Entièrement d'accord avec toi, Christiana : étonnante pièce que celle-là ! La première fois que je la vis ainsi présentée sur l'étagère de cette vitrine, et avant d'être documenté à son sujet bien sûr, j'ai un instant cru qu'il s'agissait d'une feuille fossilisée dans je ne sais quelle gangue de matériau géologique terrestre ...

Carole 08/04/2015 01:17

On se dit finalement que l'alimentation "populaire" moderne de nos pays encore riches ne constitue qu'une minuscule parenthèse dans une histoire dominée par la pénurie. D'autres archéologues, plus tard, s'étonneront de retrouver dans tous nos jardins ces étranges "autels" que sont les barbecues, et quelques morceaux de saucisses séchées les laisseront dans la perplexité.

Richard LEJEUNE 08/04/2015 11:48

"Dans la perplexité", Carole, surtout si l'on entreprend ce tournant alimentaire annoncé par beaucoup consistant à se nourrir de brochettes de criquets, d'insectes pochés, de quiche aux ténébrions, de sautés de coléoptères et autres joyeusetés du genre ...

François 07/04/2015 19:29

Comme à ton habitude, tu nous conduis d'une volaille toute aplatie à une excursion à Set Maât, et à une incursion dans la vie de ses habitants... Mais peut-on vraiment considérer que le mode de vie ces artisans constituent un exemple symptomatique de la vie des autres "gens ordinaires"...
Il s'agit tout de même là d'une élite particulière au sein de la société, comme par exemple aussi, les équipes travaillant à Ouadi el Jarf et pour lesquels P. Tallet a noté des listes de victuailles diverses et variées destinées à la rémunération de ces travailleurs "royaux", sans doute bien éloignés du petit monde de l'agriculture...
Merci pour ces délicieuses digressions, vivement mardi prochain.
Amicalement !
François

Richard LEJEUNE 08/04/2015 11:34

C'est un peu, François, le sens que je voulais imprimer à mes dernières phrases que tu épingles ici dans ton commentaire. Je pense en effet que les artisans de ce village furent d'une certaine manière des "privilégiés" mais, - raison pour laquelle je place le terme entre guillemets -, comme l'a judicieusement hier développé Alain, il fut des moments où ils durent manifester leur mécontentement de ne plus être approvisionnés pour que le pouvoir en place paie ce qu'il leur devait.
De sorte que le mot "élite" que tu emploies ne me semble pas vraiment correspondre, sauf à l'assortir lui aussi de guillemets signifiant une restriction.

Ceci posé, les archives que tu cites provenant du temps de Chéops exhumées par P. Tallet lors de sa campagne 2013 sur le site du Ouadi el-Jarf - selon lui, les plus anciens papyri inscrits mis au jour en Égypte -, nous donnent effectivement à découvrir un autre monde que celui des petites gens du peuple égyptien.

C'est vers eux pourtant que je me tournerai, mardi prochain, grâce aux fouilles d'un site datant également de l'Ancien Empire, à l'ouest du Delta cette fois, pour comprendre de quoi leur quotidien alimentaire était constitué ...

FAN 07/04/2015 16:40

ah bien , il existait déjà le droit de grève?? les ouvriers étaient donc payés en nourriture? Mais s'ils avaient le droit de chasse et pêche (avec 18 variétés de poissons)!! Le petit peuple devait se contenter des abats!! Petit veinard, c'est meilleur pour la santé à condition de bien les cuisiner!!et pas de chaîne du froid, juste des jarres avec saumure, hélas!! mais le jambon cru se conserve bien!! savait-il le conserver? BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 08/04/2015 10:48

Non, évidemment, chère Fan, il n'existait pas encore à cette époque de législation officielle concernant, de la part des ouvriers de Deir el-Medineh, cette manifestation d'un refus de travailler toute une journée jusqu'à ce que leurs revendications - recevoir la nourriture constituant le salaire du mois précédent qu'ils n'avaient toujours pas vu venir - soient prises en considération par leurs chefs qui promirent d'en référer au souverain.
Si les égyptologues qualifient cette grève comme étant la première de l'histoire égyptienne, c'est parce qu'elle prit des proportions inconnues jusqu'alors.
Car en réalité, quelques mouvements de mécontentement pour les mêmes motifs de non-approvisionnement de nourriture s'étaient déjà produits en l'an 28 ; puis quatre mois avant celle qui nous occupe pour l'instant, un retard aussi important qui n'avait pas été suivi de troubles parce qu'une "avance" de 46 sacs de blé avait été distribuée à l'équipe ...

Si vous souhaitez avoir une relation plus complète de cette fin de règne bousculée de Ramsès III, je vous invite à découvrir l'ouvrage de Pierre Grandet "Ramsès III. Histoire d'un règne" : il est toujours en vente (aux alentours de 22 €) ou, plus économique, probablement disponible dans une bibliothèque de votre région.

Votre réflexion sur les abats est tout à fait correcte, mais nouvelle : elle ressortit en effet au domaine d'une restauration - excellente au demeurant - mais relativement récente qui veut que les chefs travaillent certains abats ... et dans le même état d'esprit, ce qu'il est convenu d'appeler les légumes oubliés, qui furent en réalité ceux de nos parents lors de la Seconde Guerre mondiale : ce qui permet à ces restaurateurs de faire grimper les prix de leurs menus !

Si les documents tels que ceux de Deir el-Medineh sont prolixes qui nous décrivent les denrées alimentaires fournies, les animaux consommés, ils restent en revanche fort discrets quant à la façon de les préparer. Si quelques recettes nous sont toutefois parvenues, j'ignore s'ils consommaient du jambon cru.

Mais, comme je l'ai déjà précisé, j'escompte très prochainement j'escompte, après avoir si souvent évoqué les bovins, me pencher sur le cas du cochon ...

Pour l'instant, j' "ingurgite" à son sujet une importante documentation qui me permettra - peut-être - de trouver réponse à votre interrogation.

Je vous remercie dès à présent, chère Fan, ainsi que vous tous, amis visiteurs, de prendre patience : tout cela se prépare actuellement pendant mes deux semaines de "vacances" de Printemps ...

Jean-Pierre 07/04/2015 15:13

Au moins, en ne mangeant pas de porc, les Egyptiens ont pu se préparer à l'invasion des Arabes musulmans !

Richard LEJEUNE 07/04/2015 15:25

Mais je n'ai jamais écrit que les Égyptiens ne mangeaient pas de porc, Jean-Pierre !

Encore un peu de patience et lors d'un prochain rendez-vous, je vous entretiendrai sur nouveaux frais - car j'en ai déjà touché un mot il y a bien longtemps ! -, de leurs rapports ambigus avec la famille porcine ...

Alain 07/04/2015 13:57

J’ai souvenir, il y a quelques années, avoir pris un cours sur la vie dans le village de Deir El-Médineh. Il semblerait que des manifestations y apparurent souvent, pour cause de mauvaises saisons (inondations, sécheresses) entrainant des famines, afin d’améliorer les conditions de vie. L’an 29 de Ramsès III fut une année noire et des grèves importantes obligèrent le roi à intervenir pour calmer les travailleurs.

Richard LEJEUNE 07/04/2015 14:27

Tout à fait, Alain : pas "il semblerait", mais il est certain que la vie de ces artisans ne fut pas tous les jours sinécure. Les sources documentaires de l'époque font effectivement état d'une grève importante - la première connue de l'histoire, en réalité - en l'an 29 du règne de Ramsès III, menée par des hommes excédés du retard qu'avait pris le paiement en nature de leurs salaires (18 jours, selon le Papyrus d'Amennakht conservé à Turin) : " Nous avons faim", fut, nous apprend le texte, le slogan qu'ils proféraient ...

C'est à cette grève, sans la nommer parce que la relater eût alourdi considérablement mon propos, que je faisais allusion dans ma dernière phrase en écrivant : " ... restrictions le plus souvent dues à un approvisionnement ne répondant pas toujours à la demande". Merci à toi de l'avoir évoquée dans ton commentaire.
Cela me permet d'ajouter qu'elle ne sera pas la seule ...

Présentation

  • : EgyptoMusée - Le blog de Richard LEJEUNE
  • EgyptoMusée  -  Le blog de Richard  LEJEUNE
  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
  • Contact

SI VOUS CHERCHEZ ...

Table des Matières (13-12-2012)

 

METCHETCHI

 

OU

 

Sinouhé - Hiéroglyphes

 

SINOUHE

Ou Encore ...

L' INDISPENSABLE



Les dessins au porte-mines

de Jean-Claude VINCENT

EgyptoMusée est membre de

Pages