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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 23:05

 

     Il est donc important de remonter jusqu'aux origines de cette histoire, dans l'espoir qu'un tel travail du souvenir puisse contribuer à une meilleure compréhension, et à un dépassement de cette dynamique qui est à l'oeuvre dans la constitution d'un rejet culturel ou religieux.

 

 

 

Jan  ASSMANN

Moïse l'Égyptien. Un essai d'histoire de la mémoire

 

Paris, Aubier, 2001, p. 81

 

D'UN PRÉTENDU "INTERDIT" DU PORC  ?  - 3. TEXTES GRECS ET LATINS

 

     Du petit village de pêcheurs d'Elounda, au nord-est de la Crète, l'on aperçoit, au milieu de la baie de Mirabello, une "longue épine" rocheuse écrasée de soleil. Maintenant inhabité, cet ilôt aride du nom de Spinalonga est connu pour avoir accueilli jusqu'en 1957 l'ultime lazaret européen.

 

    Aménagé par ceux-là mêmes qui allaient vivre et mourir dans une forteresse ceinte d'impressionnants remparts qu'avaient bâtie en 1579 les Vénitiens aux fins de protéger le port d'Elounda des Ottomans qui tentaient d'y imposer leur suprématie, il hébergea en effet depuis le début du XXème siècle, une communauté de lépreux, autarcique puisque rejetée de tous, qui parfois atteignit jusqu'à 400 malades confinés là, victimes d'une étiologie religieuse qui stigmatisait bien plus leur "impureté" que les déformations cutanées dont ils souffraient.

 

    Pour ceux d'entre vous que l'histoire de cette léproserie intéresserait, je signale simplement ce petit article du docteur Aly Abbara.

 

    L'évoquer à l'entame de notre présente rencontre, après vous avoir, mardi dernier, donné à lire quelques textes égyptiens permettant d'approfondir la thématique du prétendu "interdit" de consommation de porc et vous avoir promis d'aborder ce matin les auteurs classiques grecs et latins sur ce même sujet, n'est évidemment pas anodin dans la mesure où je voudrais revenir sur ce terrible fléau chronique qu'est la lèpre, sur cette maladie séthienne aux yeux des Égyptiens, qui diffusée à partir de la Mésopotamie, n'atteignit les côtes proche-orientales de la Méditerranée (Canaan, notamment) que vers le XIVème siècle avant l'ère commune, le reste du monde antique, dont l'Égypte, n'y ayant été confronté que 10 siècles plus tard, à l'époque gréco-romaine donc. C'est dire la lenteur de la pandémie ; c'est dire aussi son absence durant toute l'histoire égyptienne proprement autochtone.

 

     L'imaginaire collectif, je l'ai souligné la semaine dernière déjà, imputait à l'infâme porc d'en être le vecteur originel : accusation qui constituait la punition infligée pour avoir osé attenter à l'oeil divin ; accusation que l'on sait maintenant dénuée de fondement puisque les scientifiques ont définitivement prouvé que, quelle que soit ses distinctions cliniques - lépromateuse ou tuberculoïde, sur lesquelles vous me permettrez de ne pas m'étendre -, la maladie est due au "bacille de Hansen" (Mycobacterium Leprae) et ne touche exclusivement que les humains.

     C'est à tout le moins ce qu'affirmait le Professeur Mirko Grmek, (1924 - 2000), cité par Thierry Bardinet dans un excellent article, tous deux référencés dans ma bibliographie infrapaginale.   

  

 

     Mais accueillons ces auteurs antiques avec lesquels je vous ai aujourd'hui donné rendez-vous. Et, d'emblée, convoquons à la barre le premier d'entre eux, - si je m'en tiens à la chronologie -, le philosophe et moraliste grec Plutarque (circa 46 - 125) pour nous présenter deux extraits de ses Oeuvres morales.

 

     Au Livre V, d'abord, intitulé Isis et Osiris, il écrit :

 

    Les Égyptiens regardent aussi le porc comme un animal impur. Et cela parce que ces animaux paraissent le plus souvent s'accoupler quand la lune décroît et que leur lait fait ensuite fleurir, sur le corps de ceux qui en boivent, la lèpre et d'autres terribles affections cutanées. Pour expliquer le fait qu'une seule fois dans l'année, pendant la pleine lune, les Égyptiens immolent un porc et en mangent, ils disent que Typhon, [comprenez : Seth] en poursuivant un de ces animaux pendant la pleine lune, trouva le coffre de bois où était renfermé le corps d'Osiris et le défonça.

 

    En note, Mario Meunier, traducteur et commentateur de l'ouvrage, précise un point que je m'autoriserai à simplement rappeler puisque, amis visiteurs fidèles, vous en connaissez déjà la teneur : 

 

 " Selon d'autres traditions, les Égyptiens immolaient un porc parce que, l'âme d'Osiris habitant la lune, Typhon, le quinzième jour de chaque mois, à la pleine lune, attaquait cet astre sous la forme d'un pourceau noir, et essayait de le dévorer. En immolant cet animal, on croyait aider au développement et favoriser la constance des phases de la lune qui, chaque mois, diminue, décroît, disparaît, pour renaître et croître au début du mois suivant."

 

    Dans les mêmes Oeuvres morales, au Livre IV de ses Propos de table, Plutarque écrit, (Question V) :

 

     Si la chair du porc cause tant d'horreur aux Juifs, c'est, je crois, parce que les Barbares redoutent par-dessus tout la lèpre et la gale, persuadés que de telles maladies finissent par ronger les hommes sur qui elles se jettent. Or nous voyons que généralement le porc a sous le ventre la peau couverte de lèpres et de pustules blanchâtres : éruptions qui semblent se produire à la suite d'un mal secret et d'une corruption intérieure. Du reste la malpropreté du porc en sa façon de vivre donne à sa chair une mauvaise qualité. Nous ne voyons aucun animal aimer autant que lui la bourbe et les endroits dégoûtants et impurs, si l'on excepte les bêtes qui y naissent et qui sont destinées par leur nature à y séjourner. 

 

      Aux fins de m'assurer de la bonne compréhension de cette traduction, permettez-moi d'indiquer qu'aux yeux des Grecs, étaient qualifiés de "Barbares" tous les peuples qui n'étaient point grecs ; en l'occurrence, les Égyptiens. 

 

    Ici, vous aurez remarqué qu'intervient une dimension nouvelle, d'extrême importance : la référence au peuple juif. Nous y reviendrons ... 

     

     Et précisément, poursuivons, par un très long extrait du Livre V des Histoires, de l'historien romain Tacite (58 - circa 120), contemporain de Plutarque, qui vous permettra de comprendre la genèse de bien des attitudes ayant, tout au long de l'Histoire de l'Humanité, et jusqu'à l'épouvantable XXème siècle, impitoyablement pesé sur les Juifs, voire, étant encore susceptibles de les atteindre dans les décennies à venir :

 

     " III. La plupart des auteurs s'accordent à dire qu'une maladie contagieuse qui couvrait tout le corps de souillures s'étant répandue en Égypte, le roi Bocchoris en demanda le remède à l'oracle d'Hammon, et reçut pour réponse de purger son royaume et de transporter sur d'autres terres, comme maudits des dieux, tous les hommes infectés. On en fit la recherche, et cette foule misérable, jetée dans un désert, pleurait et s'abandonnait elle-même, lorsque Moïse, un des exilés, leur conseilla de ne rien espérer ni des dieux ni des hommes, qui les avaient également renoncés, mais de se fier à lui comme à un guide céleste, le premier qui jusque-là eût apporté quelque secours à leurs misères. Ils y consentirent, et, sans savoir où ils allaient, ils marchèrent au hasard.

(...)

 

    IV. Moïse, pour s'assurer à jamais l'empire de cette nation, lui donna des rites nouveaux et un culte opposé à celui des autres mortels. Là est profane tout ce qui chez nous est sacré, légitime tout ce que nous tenons pour abominable. (...)  ils sacrifient le bélier comme pour insulter Hammon. Ils immolent aussi le boeuf, que les Égyptiens adorent sous le nom d'Apis. Ils s'abstiennent de la chair du porc, en mémoire de la lèpre qui les avait jadis infectés, et à laquelle cet animal est sujet.

(...) 

 

     V. Ces rites, quelle qu'en soit l'origine, se défendent par leur antiquité : ils en ont de sinistres, d'infâmes, que la dépravation seule a fait prévaloir. Car tout pervers qui reniait le culte de sa patrie apportait à leur temple offrandes et tributs. La puissance des Juifs s'en accrut, fortifiée d'un esprit particulier : avec leurs frères, fidélité à toute épreuve, pitié toujours secourable ; contre le reste des hommes, haine et hostilité.

    (...) entre eux, tout est permis. Ils ont institué la circoncision pour se reconnaître à ce signe. Leurs prosélytes la pratiquent comme eux, et les premiers principes qu'on leur inculque sont le mépris des dieux, le renoncement à sa patrie, l'oubli de ses parents, de ses enfants, de ses frères. Toutefois on veille à l'accroissement de la population : il est défendu de tuer aucun nouveau-né, et l'on croit immortelles les âmes de ceux qui périssent dans les combats ou les supplices. Il s'ensuit qu'on aime à procréer et qu'on s'inquiète peu de mourir. Ils tiennent des Égyptiens l'usage d'enterrer les corps au lieu de les brûler ; sur les enfers, même prévoyance, mêmes idées ; quant au ciel, les croyances diffèrent. L'Égypte adore beaucoup d'animaux et se taille des images ; les Juifs ne conçoivent Dieu que par la pensée et n'en reconnaissent qu'un seul. Ils traitent d'impies ceux qui, avec des matières périssables, se fabriquent des dieux à la ressemblance de l'homme. Le leur est le dieu suprême, éternel, qui n'est sujet ni au changement ni à la destruction. Aussi ne souffrent-ils aucune effigie dans leurs villes, encore moins dans leurs temples. Point de statues ni pour flatter leurs rois, ni pour honorer les Césars. 

 

 

     N'est-il pas édifiant ce portrait, franchement et volontairement calomniateur, hostile aux Judéens considérés comme des "Impurs", et déformé aussi sur les motifs réels de l'Exode ? Portrait pourtant prétendument historique parce que sous la plume d'un auteur dont l'immense notoriété ne fut jamais battue en brèche.

     Portrait dont nous retrouverons aussi bientôt de funestes conséquences ... 

 

    Mais avant, terminons cette éclairante anthologie par Élien, (Caelius Aurelianus), historien romain de langue grecque (circa 175 - 235) citant Manéthon, célèbre prêtre égyptien qui écrivit, en grec, dans la première moitié du IIIème siècle avant notre ère une histoire de son pays dont ne subsistent plus que quelques passages, l'ensemble ayant disparu, et des citations chez certains auteurs antiques, dont Élien que nous lisons maintenant ensemble : 

 

 

     J'ai entendu aussi que Manéthon l'Égyptien, qui avait atteint le sommet de la sagesse, a déclaré que celui qui goûtait au lait de porc en était infecté par la gale ou la lèpre. Tous les Asiatiques, en effet, véhiculent ces maladies. Les Égyptiens soutiennent que le porc est détesté tant par le soleil que par la lune ; ainsi, lorsqu'ils célèbrent la fête annuelle en l'honneur de la lune, ils sacrifient un porc à la déesse, alors qu'à une autre période de l'année ils refusent de sacrifier cet animal à la lune ou à tout autre divinité.

 

 

     Que vous apprennent ces textes incontournables, amis visiteurs ?

 

     Que tous les auteurs, quelle que soit leur nationalité, quelles que soient les raisons proposées,  présentent l'interdit du porc comme étant d'origine égyptienne.

     Or, nous savons maintenant que dans ce pays, cette proscription n'était à respecter que lors de certains rites, par certaines personnes, dans certains nomes et à certains moments de l'année : c'est dire toute sa relativité ! 

     Rappelez-vous que j'ai aussi précédemment démontré que les études archéologiques et scientifiques prouvaient à l'envi que le cochon était consommé par un grand pourcentage de la population des rives du Nil.

 

     Qu'aux yeux des Grecs et des Romains, l'interdit de consommation s'imposa de lui-même dans la mesure où, parce qu'il copulait au décours de l'astre lunaire ou parce qu'un de ses congénères avait, une nuit de pleine lune, prêté main forte à Seth pour débiter le corps défunt d'Osiris, l'animal était jugé impur.

 

     Egalement parce qu'il s'agissait d'éviter la propagation des graves maladies de la peau dont il était porteur : n'en voyait-on pas les stigmates, sur son ventre, avec ces éruptions blanchâtres ?

    Parce que, aussi, se vautrant dans la saleté, il ne pouvait que donner une viande de mauvaise qualité !

    Parce qu'enfin, le lait de sa femelle infectait ceux qui en buvaient ...

 

    Décidément, pour ces auteurs, rien n'est bon dans le cochon !

 

    Ce détail à propos du lait n'évoquerait-il pas quelque chose chez certains parmi vous, amis visiteurs, ressortissant au domaine de l'imaginaire médiéval ?

 

      Bien évidemment, vous avez raison : la "Truie juive", (Judensau), présente dans l'imagerie chrétienne qui, depuis le 13ème siècle en Allemagne essentiellement mais aussi dans des cathédrales ou de simples églises comme à Aarschot en Belgique, à Colmar et à Metz en France, à Bâle en Suisse, pour ne choisir que des pays limitrophes, donnait à voir des Juifs s'abreuvant aux mamelles d'une plantureuse truie ;  caricature, vous l'aurez compris, assimilant métaphoriquement les Juifs à des porcs !  

 

     Poussons jusqu'au XIXème siècle : vous souvenez-vous de cette description de "l'espèce d'être vivant qui gisait" déposé sur la planche des enfants trouvés, "le matin de la Quasimodo" proposée à la deuxième page du premier chapitre du Livre IV de Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo ?

 

     "J'imagine, disait Agnès de la Herme, que c'est une bête, un animal, le produit d'un juif avec une truie ; quelque chose enfin qui n'est pas chrétien, et qu'il faut jeter à l'eau ou au feu."     

     

     Mais revenons, voulez-vous, à nos textes antiques ci-dessus car ils vous apprennent aussi :

 

     Qu'au-delà des exagérations mensongères de l'un ou l'autre, la transmission de la lèpre s'effectuait, selon Manéthon, par l'entremise des Asiatiques, tentant indéniablement, par cette assertion, d'exonérer les Égyptiens de toute responsabilité en la matière, tout en admettant, concession accordée à la réalité, qu'est bien d'origine égyptienne la rumeur, térébrante comme toutes les rumeurs, qui laisse croire que boire du lait de truie entraîne bien la lèpre.

    Mais, et là, j'insiste même si vous avez certainement relevé ce détail d'importance : jamais il n'indique que consommer de la viande porcine cause quelque maladie que ce soit.

     En d'autres termes, pas la moindre prohibition généralisée en Égypte ! Seule exista la restriction théologique que j'ai rappelée tout à l'heure. 

 

     D'où mon titre, réitéré d'article en article, dont chaque terme fait sens, dont les guillemets ont raison d'être : D'un prétendu "interdit" du porc ... même si, bien après Manéthon, Plutarque, dans son alarmant tableau, affirme encore qu'à l'instar des Juifs, les Égyptiens n'en consommaient pas, habités qu'ils étaient par la crainte d'une éventuelle contamination ...    

 

     Et puis Tacite vint et avec lui s'enfonce le clou dans la chair juive ...  pour sembler jamais ne devoir en être extirpé !   

 

     Ceci posé, à quels Asiatiques impies Manéthon faisait-il allusion ? Et, surtout, que venaient-ils faire dans cette felouque ?

 

     Si je m'en réfère à l'immense égyptologue allemand Jan Assmann, Manéthon accuse là les Hyksos dont le souvenir reste cuisant dans l'esprit des Égyptiens en tant que parangons d'ennemis religieux, de conquérants étrangers à expulser du pays et, que par totale confusion, les auteurs classiques grecs assimileront aux Juifs et aux lépreux, tous étant des "impurs" dont les oracles conseillaient de se débarrasser au plus vite.

 

    Et l'Occident d'entériner cette conception erronée, cette histoire émanant tout droit de l'imagination d'historiens, tel Tacite qui mêlera le récit de l'Exode, c'est-à-dire de la sortie d'Égypte du peuple juif sous l'autorité de Moïse et celui des lépreux contraints à l'ostracisme par le souverain égyptien ; confusion qui constitua, toujours selon Assmann, l'une des prémices à l'antijudaïsme européen, autorisant ainsi bien des actes dramatiques dont l'inanité, l'imbécillité n'eurent d'égal que les déviances conceptuelles de ceux qui les commirent.  

 

    Mais, et il me semble important de le souligner, cet antijudaïsme antique dont vous venez de voir quelques-unes de ces manifestations, cet antijudaïsme qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui antisémitisme -, ne fut ni raciste, ni socio-économique : il fut viscéralement culturel et religieux.

 

    Ainsi, j'évoquais tout à l'heure la vicieuse iconographie de la "Truie juive" mais j'aurais tout aussi bien pu vous rappeler, autre violence qui marqua l'histoire sociale du XIVème siècle, l'accusation honteuse, dès le début des épidémies de peste qui frappèrent les populations de l'époque, faite aux Juifs et aux lépreux d'avoir délibérément empoisonné les puits, les fontaines, voire les sources et les ruisseaux auxquels les chrétiens venaient s'approvisionner.

     Nul besoin d'insister sur les emprisonnements et les persécutions policières qui, conséquemment, en découlèrent !  

 

    L'on retrouve là, vous l'aurez remarqué, le même schéma basique de certains des textes grecs que nous avons lus ensemble ce matin : maladie contagieuse = menace contre la religion = nécessité d'évincer les supposés coupables.

 

    Mutatis mutandis, Richard Wagner, l'empereur allemand Guillaume II et, surtout, quelques années plus tard, Adolphe Hitler, souligne Jan Assmann, tinrent eux aussi des discours calqués sur le même canevas simpliste.

     Nul n'ignore ce qu'il en advint ...

 

     Décidément, tout n'est pas nécessairement bon dans le cochon !

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

ASSMANN  Jan

Moïse l'Égyptien - Un essai d'histoire de la mémoire, Paris, Aubier, 2001, pp. 59-81.

 

BARDINET  Thierry

Remarques sur les maladies de la peau, la lèpre, et le châtiment divin dans l'Égypte ancienne, RdE 39, Paris, Éditions Peeters, 1988, pp. 3-36.

 

ÉLIEN 

De Natura Animalium, Livre X, 16, traduction dans Youri VOLOKHINE, Le porc en Égypte ancienne. Mythes et histoire à l'origine des interdits alimentaires, Liège, Presses universitaires de Liège, 2014, p. 130 et note 103.

 

GRMEK  Mirko

Les maladies à l'aube de la civilisation occidentale. Recherches sur la réalité pathologique dans le monde grec, préhistorique, archaïque et classique, Paris, Payot, 1983, pp. 227 et 258-9.

 

HUGO  Victor

Notre-Dame de Paris, Livre IV, Chapitre 1 : Les bonnes âmes, Lausanne, Éditions Rencontre, 1968, p. 156.

(Librement téléchargeable sur ce site)  

 

 

PLUTARQUE

De Iside et Osiride, traduction de Mario MEUNIER, Isis et Osiris, Paris, L'artisan du livre, 1924, chapitre 8, pp. 39-40

 

Propos de table, traduction de Victor BÉTOLAUD, Paris, Hachette, 1870.

(Librement téléchargeable sur ce site)

 

 

TACITE

Histoires, Livre V, 3-5, Traduction J.-L. BURNOUF, Paris, Librairie L. Hachette, 1859.

(Librement téléchargeable sur ce site).

 

 

VERNUS  Pascal

Des cochons pour Sakhmis, dans ZIVIE-COCHE Christiane/GUERMEUR Ivan (s/d.), "Parcourir l'éternité" - Hommages à Jean Yoyotte, Turnhout, Brepols, 2012, Tome II, pp. 1059-74.

 

 

VOLOKHINE Youri

Le porc en Égypte ancienne. Mythes et histoire à l'origine des interdits alimentaires, Liège, Presses universitaires de Liège, 2014, passim.

 

 

    Enfin, que ceux qui souhaiteraient une rapide synthèse à propos de la "Truie juive", des empoisonnements de puits et de quelques autres stéréotypes antisémites émaillant l'histoire sociale du Moyen Âge, me permettent de leur conseiller de visiter ce site.

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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commentaires

Carole 08/05/2015 16:59

Il vous mène loin ce cochon ! Mais vous avez raison d'aller chercher très loin les racines du racisme, cela aidera peut-être à les extirper du "terreau" infecté des pensées.

Richard LEJEUNE 09/05/2015 08:50

Oh, il y a longtemps que je ne me fais plus d'illusion sur la nature humaine, Carole !

Voilà bien plus d'un demi-siècle qu'après la Deuxième Guerre mondiale je lis et j'entends cette phrase frappée au coin des bons sentiments : "Plus jamais ça !".



Alors vous pensez que ce n'est pas mon modeste article qui va "extirper" quoi que ce soit ...

FAN 06/05/2015 17:25

Cette coutume ancestrale pour Juif et musulman se devrait d'être abolie puisque les moyens sanitaires existent et il suffit de bien le faire cuire!! votre article fut très intéressant cher Richard, ainsi, j'ai fais des recherches pour approfondir votre analyse et ma conclusion rejoint celle d'Alain!! il sera difficile pour les descendants des religions telles le judaïsme et l'islam de se débarrasser de cette aversion pour le porc!!Pauvre bête!! Dire qu'à présent, il y a des personnes qui en ont comme animal domestique!! BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 07/05/2015 08:35

Un cochon, comme animal de compagnie ? Ah bon ...
A part chez Félicien Rops ...

Au-delà de cela, et pour rebondir sur la première phrase de votre commentaire, Fan, j'estime que ce n'est pas à nous de poser un jugement sur ce que devraient faire les milieux juif et musulman quant à la question de la consommation ou non de viande porcine : c'est à eux de réfléchir sur le bien-fondé, dans notre monde contemporain, de la persistance ou de l'abolition de cette ancestrale prise de position ...

Alain 06/05/2015 08:49

Remarquable Exposé, Richard !
Que de confusions, idées fausses, amalgames !
Lentement, tu nous fais remonter cette sombre histoire : Partant originellement du porc agressant l’œil d’un dieu ; les auteurs antiques associent ensuite la lèpre, la consommation du porc, les juifs, les étrangers ; puis les religions reprennent ce thème avec « la truie juive », la peste, les interdits. Tout cela débouchera sur la haine du juif et les persécutions.
Cette analyse est très clair et démontre qu’il y aurait un gros travail à faire pour se débarrasser de croyances aussi anciennes véhiculant l’antisémitisme et la xénophobie.
Tout cela à cause du porc…

Richard LEJEUNE 06/05/2015 10:53

Merci Alain pour ton appréciation.
Comme je l'ai hier écrit à Christiana, j'ai eu un peu peur que ce "cours", appuyé par autant de textes, paraisse rébarbatif.

Ta dernière phrase me donne raison d'avoir choisi, en guise d'exergue, la conclusion d'un chapitre de l'ouvrage de Jan Assmann référencé en note infrapaginale de mon article de ce mardi, écrite en 1997 dans l'édition allemande originale : elle me paraît en effet toujours tristement d'actualité. Et je pense que ce ne sont pas les déprédations fortement médiatisées des extrémistes islamistes de Daech, prétendument au nom d'une religion, qui me contrediront !

Jean-Pierre 05/05/2015 17:08

Pourquoi le porc est-il ostracisé par plusieurs peuples et religions ?
Les motifs invoqués ne tiennent pas la route, vous l'avez démontré
De tous temps et dans toutes les décisions humaines, il faut chercher les raisons économiques...

Richard LEJEUNE 06/05/2015 10:41

Permettez-moi de ne point être ici d'accord avec vous, cher Jean-Pierre : sauf à me prouver que je me trompe, - et là, je serais vraiment ravi que vous me fassiez connaître des documents permettant d'étayer votre thèse -, je pense que dans le cas de l'interdit de consommation du porc au sein des "religions du Livre", ressortit au seul domaine des croyances dogmatiques et des mythes qui les soutiennent.
L' impureté" est le maître-mot dans cette histoire ...

SiM 05/05/2015 10:45

Ce déroulement de l'Histoire est fort instructif, merci Richard.
Ce qui m'intrigue tout de même c'est de constater qu'à notre époque, malgré les découvertes qui lavent les porcs de toutes ces accusations de maladies et d'insanités,malgré l'évolution des religions, une grande partie du monde continue de respecter ces interdits.
Est-ce dû à une répétition acharnée de mythes ou de "vérité" au cours des siècles qui emprisonnent l'esprit critique et le conduisent à l'incapacité à remettre en cause des interprétations d'auteurs anciens ?

Richard LEJEUNE 09/05/2015 08:49

Dommage que votre théorie, Jean-Pierre, même basée sur une expérience, ne soit pas étayée par l'un ou l'autre document imparable : peut-être aurais-je alors pu revoir ma position car je persiste à croire que les dogmes religieux sont encore bien plus forts et imprègnent encore bien plus les modes de vie d'une société que les considérations économiques ...

Jean-Pierre 08/05/2015 17:29

Je n'ai aucun document à vous opposer, cher Richard. Ce qui m'inspire, c'est ma petite expérience de la nature humaine. Je connais bien peu de décisions prises en dehors de motifs financiers ou d'esprit de lucre.

Richard LEJEUNE 05/05/2015 13:04

Tu as entièrement raison, Simone : les mentalités ne changent guère.

Personnellement, je vois plusieurs raisons à tout cela !

* Les gouvernants et les religieux de tous bords qui ne permettent pas au peuple - et, dans certains pays, encore moins aux femmes - de s'instruire : ainsi n'accède-t-on pas à la connaissance des textes et n'acquiert-on pas à cet esprit critique que les religions monothéistes - les pires sectaires qui soient ! - se sont toujours complu à éradiquer aux fins d'annihiler le possibilité de penser par soi-même : le peuple doit travailler, ne pas se poser de questions, ne pas avoir envie de se révolter et tout accepter au nom d'un dieu "bon" qui leur promet une éternité "bonne".

* Les intégristes religieux qui veulent conserver la main mise pour décider des lois - et, s'ils sont d'obédience musulmane -, en totale discordance avec le Coran "réinterprété" bien des siècles après sa rédaction, dans lequel, par exemple, aucune sourate de l'originel n'impose aux femmes de porter le voile !!!

christiana 05/05/2015 10:01

l'Égypte n'a été confrontée que 10 siècles plus tard à la lèpre, c'est dire la lenteur de la pandémie ; à l'époque les hommes comme les maladies voyageaient peu et lentement.

Tacite, à l'origine de l'antisémitisme... jusqu'à enfler au Moyen-âge qui qualifia le peuple juif de déicide, ne connaîtra plus de répit.

Dans le roman "Le juif errant" d'Eugène Sue, le peuple juif se retrouve, en plus d'être accusé d'être un peuple déicide, à cumuler, selon cette image du Juif errant, une double responsabilité dans la mort du Christ ; cette croyance engendre des accusations infondées envers les Juifs qui évoluent avec les siècles. Le Juif errant, haï partout puisque de nulle part, devient alors le symbole d'un mal incompris à l'instar de la théorie du bouc émissaire.
Sue exploite surtout l’idée de la malédiction qui accompagne le Juif errant en faisant coïncider son arrivée à Paris avec l’épidémie de choléra (et non la lèpre cette fois) d’avril 1832 qui a fait plus de douze mille victimes
Et pourtant, le roman de Sue est – entre autres – un réquisitoire contre le fanatisme et l’intolérance religieuse, et se termine sur la fin des souffrances du Juif errant.

Comme il est intéressant d'apprendre l'origine de toutes ces accusations, ces croyances, ces haines, ces rejets de l'autre.
Un très beau cours d'histoire ce mardi!

Richard LEJEUNE 05/05/2015 10:46

Merci, Christiana, pour l'apport intéressant de ton commentaire et, je ne vais pas le nier, pour la conclusion qui le termine.

J'ai beaucoup réfléchi sur l'opportunité de donner à lire ces textes qui pourraient paraître quelque peu rébarbatifs aux yeux de certains de mes visiteurs.
Puis, en définitive, parce que je voulais étayer les propos de la synthèse que je souhaitais présenter en conclusion de mes articles consacrés au porc égyptien à l'antiquité, je m'y suis résolu.

Cela m'a rappelé mes années heureuses d'Enseignant : je réunissais ainsi trois ou quatre Élèves par table et donnais semblables textes assortis d'un questionnaire auquel ils avaient 50 minutes pour répondre.

Au cours suivant, un porte-parole que je désignais venait exposer le fruit de la recherche de son groupe à l'ensemble de la classe et fournissait une synthèse qui devenait une des pièces d'un puzzle qui ne serait complet que quand chaque représentant avait pris la parole.

Si, peut-être, cette manière de travailler à mon cours a déplu à l'un ou l'autre, je sais que l'ensemble de mes Étudiants a toujours préféré cette méthode d'approche plutôt qu'un exposé ex cathedra pendant lequel il eût fallu prendre des notes alors que je pérorais ...

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  • : EgyptoMusée - Le blog de Richard LEJEUNE
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  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
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Table des Matières (13-12-2012)

 

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Les dessins au porte-mines

de Jean-Claude VINCENT

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