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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 00:02

          Enfin, je me fais un agréable devoir de remercier ici l'Académicien F. Lexa qui m'a encouragé au cours de cette tâche difficile et qui a renoncé, en ma faveur, à continuer son étude des Maximes de Ptahhotep, commencée en 1928. Je remercie également le professeur J. Cerny, Fellow of British Academy, d'avoir bien voulu mettre à ma disposition une partie considérable de sa bibliothèque qui se trouvait encore à Prague jusqu'en novembre 1947 ...

 

Zbynek  ZABA

Les Maximes de Ptahhotep

Avant-propos

 

Éditions de l'Académie tchécoslovaque des sciences

Prague, 1956, p. 12  

 

 

     Citées avec reconnaissance par Zbynek Zaba dans l'exergue qui entame le présent article extrait de l'avant-propos de sa traduction des célèbres Maximes de Ptahhotep, deux figures emblématiques, nous l'avons vu amis visiteurs, Frantisek LEXA et Jaroslav CERNY, ont donc, dans la première moitié du XXème siècle, offert leurs lettres de noblesse à l'égyptologie tchécoslovaque.

     La création d'une institution officielle dépendant entièrement de la Faculté des Lettres et des Arts de l'Université Charles IV, partiellement impulsée par Lexa en 1958 déjà,  assoira dans les meilleures conditions le développement des études sur le terrain.

     Avec le recul, quelque soixante ans après sa mise en chantier au sein même de l'Alma Mater pragoise, nous comprenons que cet Institut Tchèque d'Égyptologie (
I.T.E.) fut le véritable élément déclencheur, mais aussi fédérateur de tout ce que cette république centrale brassait et brassera comme grands savants en la matière.

     Un homme, que l'on peut en réalité considérer comme la troisième et dernière personnalité du "triumvirat" des fondateurs de cette science en ce pays succède à Frantisek Lexa, décédé deux ans à peine après la naissance de "son" Institut : il s'agit de Zbynek Zaba.

   

 

 

Cerny--Jaroslav--et-Zaba--Zbynek--copie-1.jpg


(Zaba, à droite, s'entretenant avec son collègue Cerny, sous le portrait du "Maître", Frantisek Lexa.)


 

      C'est en 1938 que le jeune Tchécoslovaque Zbynek Zaba, né en 1917, entreprend des études d'égyptologie : il assiste bien évidemment aux séminaires des professeurs Lexa et Cerny à l'Université Charles de Prague. Immédiatement à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il devient l'assistant de Lexa et obtient, en 1954, le poste de Professeur associé dans le prestigieux établissement.

     Si, dans un premier temps, nous lui devons des articles essentiellement consacrés à l'orientation astronomique des pyramides de l'Ancien Empire, mais aussi, je l'ai souligné ci-avant, une grande étude en français sur les Maximes de Ptahhotep, avec traduction et commentaires, certes considérée de nos jours comme quelque peu obsolète mais qui constitua néanmoins tout un temps l'ouvrage de référence de cet important recueil de sagesses égyptiennes, c'est surtout grâce à sa direction de l'Institut qu'il sera internationalement connu. En effet, en 1958, il participe avec Frantisek Lexa à la création de cet important organisme à la tête duquel il se retrouve donc deux ans plus tard, suite au décès de Lexa.

 

     Lui incombe alors la tâche, - Cerny oeuvrant le plus souvent à l'étranger comme nous l'avons constaté la semaine dernière -, de mener de front de multiples activités : l'enseignement universitaire, - il est désormais le seul Professeur d'égyptologie nommé à Prague -, la direction de l'I.T.E. et ses propres recherches sur le terrain.

 

 

 
 
Zbynek-ZABA.jpg

 

 

     Il vous faut savoir que dès 1956 déjà, les professeurs Lexa et Zaba firent partie d'une délégation officielle se rendant en Egypte aux fins de préparer les fondements d'un accord culturel de grande envergure entre les deux pays : de ces contacts naîtra entre autres le prestigieux Institut tchécoslovaque d'égyptologie créé conjointement à Prague, en octobre 1958 et au Caire, en mai de l'année suivante.  


     Et tout naturellement, fort des excellentes relations scientifiques mais aussi  diplomatiques entre les deux Etats, l'Institut prendra activement part, au début des années soixante, au plus colossal  projet de sauvetage de monuments que notre monde ait jamais connu : celui, patronné par l'Unesco, des temples de Nubie menacés de total ensevelissement suite à la la construction du Haut-Barrage d'Assouan.
      
     Si, parmi les pays "généreux donateurs", certains reçurent du gouvernement égyptien l'un ou l'autre bâtiment d'exception - je pense entre autres au temple de Debod, originaire de Basse-Nubie, qu'à défaut d'avoir peut-être déjà admiré à Madrid,
 
dans les Jardins de l'Ouest, vous pourrez sur ce site virtuellement découvrir ; ou à celui de Dendour, érigé par l'empereur romain Auguste en tant que pharaon, maintenant au Metropolitan Museum de New York -, la Tchécoslovaquie, quant à elle, se vit octroyer du gouvernement égyptien, en guise de remerciements donc, une des plus grandes concessions de fouilles jamais accordée à des archéologues étrangers : le site d'Abousir, à une petite trentaine de kilomètres au sud-ouest du Caire, avec notamment sa nécropole des souverains de la VIème dynastie.

 

 

 
Abousir---Pyramides--2-.jpg


(Photo de Milan Zemina que j'ai extraite du catalogue cité infra.)


 


     En 1970 et 1971, décèdent respectivement Jaroslav Cerny et Zbynek Zaba.

     Dix-sept années durant, un jeune égyptologue, né en 1941 à Brno, 
Miroslav Verner, - j'aurai sous peu l'opportunité de l'évoquer -, en prend alors en mains les rênes, conjointement à celles de l'égyptologie tchèque. 

 

     Sous sa direction, les fouilles réalisées à Abousir, déjà pourtant très prometteuses, vont offrir au monde savant de nouveaux et inestimables "trésors".


     C'est, amis visiteurs, sur ce terrain archéologique et notamment en sa compagnie que je vous invite à m'acompagner dès après la semaine de congé qu'offre l'Enseignement belge - partant, votre serviteur - aux fins de dignement célébrer les festivités du Carnaval.

 

     Je vous donne donc rendez-vous le mardi 16 février prochain pour faire connaissance avec le site d'Abousir et Miroslav Verner ...  

 

 

 

Remarque.

 

     M'est-il besoin de rappeler qu'à l'instar des deux précédents articles dédiés aux précurseurs de l'égyptologie tchèque, les trois clichés de ma présente intervention proviennent du catalogue de l'exposition Objevovani zeme na Nilu ("Discovering the land on the Nile"), qui s'est tenue au Narodni Museum, à Prague, en 2008 et que, d'autorité, je me suis permis de reproduire et d'insérer ici ?

 

 

 

(Onderka & alii : 2008, passim Vernus : 2001, 63)

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commentaires

Christiana 05/02/2016 15:10

Oh la la! J'ai pris du retard sur ton blog! De retour, j'ai eu du mal à reprendre la routine liégeoise mais me revoici prête à plonger dans l'égyptologie tchèque. Avant d'aborder Zbynek Zaba, je vais faire un "flash-back" vers Jaroslav Cerny et même relire l'article sur Frantisek Lexa car beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de la Moldau depuis ma dernière visite... mais je suis toujours fidèle, même retardataire!

Richard LEJEUNE 05/02/2016 15:41

Tu as tout ton temps, Christiana. Jusqu'au 15 février en fait, après le congé de Carnaval, puisque ce n'est que le mardi 16 que je reprends le chemin de mon blog ...

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