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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 00:02

 

     Bien que de nombreuses découvertes de natures diverses aient été faites dans le passé à Abousir par différentes missions archéologiques, il y avait lieu d'espérer en faire d'autres sur ce site, car, jusqu'à ces dernières années, de vastes secteurs de la nécropole restaient à explorer, comme celui qui s'étend au sud-ouest du groupe des pyramides d'Abousir.

 

 

 

Miroslav  VERNER

La tombe d'Oudjahorresnet et le cimetière saïto-perse d'Abousir

 

Le Caire, B.I.F.A.O 89, 1989,

pp. 283-90, + planches XXXVI à XXXIX.

 

 

 

 

     En 1989, aux confins sud-ouest de la concession d'Abousir accordée à la Tchécoslovaquie par le gouvernement égyptien pour la remercier d'avoir, au début des années soixante, participé au sauvetage des temples de Nubie, l'égyptologue Miroslav Verner, à la tête des fouilles menées là depuis plusieurs décennies par l'I.T.E., Institut tchécoslovaque d'égyptologie, découvre donc le puits d'accès à une tombe, - vraisemblablement la première à avoir été creusée dans cette partie excentrée du site -, qui se révélera être celle d'un homme hors du commun : médecin général de Haute et Basse-Égypte, Commandant de la Marine royale, Chancelier des rois perses Cambyse et Darius Ier en tant que souverains sur le trône égyptien et porteur de maints autres titres probablement plus honorifiques que réellement effectifs, Oudjahorresnet que, mardi dernier, nous avons, vous et moi, amis visiteurs, quelque peu appris à mieux connaître.

 

 

L'ÉGYPTOLOGIE TCHÈQUE : II. L'INSTITUT ET LES FOUILLES D' ABOUSIR - 5. MIROSLAV VERNER ET OUDJAHORRESNET (Seconde partie)

 

     Sur le plan ci-dessus extrait de la page 43 de l'ouvrage "Abusir - Realm of Osiris", de M.Verner (voir référence infrapaginale, 2002) et que vous pouvez agrandir en cliquant dessus, l'emplacement de cette tombe porte le numéro 13.  

 

     Mes précédentes interventions à propos des découvertes en Abousir, souvenez-vous, ont permis d'insister sur le fait que cette vaste nécropole fut essentiellement, à tout le moins dans sa partie nord, celle de certains monarques de la Vème dynastie dont la plupart des pyramides ne sont plus actuellement que monceaux de ruines ; ainsi que de hauts fonctionnaires gravitant dans l'entourage royal, aux mastabas parfois impressionnants : c'était évidemment du temps où le pouvoir résidait à Memphis, capitale de l'Ancien Empire. 

 

     J'ai ainsi plus spécifiquement attiré votre attention, le 16 février, sur le mastaba de Ptahshepses (emplacement 5 sur le dessin cartographique ci-dessus), ainsi que, le 23 février dernier, sur la "Pyramide inachevée" de Rêneferef (ou Neferefrê ; emplacement 9). 

 

     Quand, bien après Memphis, Thèbes devint elle aussi capitale d'empire, les nécropoles de Saqqarah, Abousir et de toute cette région furent délaissées au profit de la montagne thébaine, avec ses célèbres vallées des Rois, des Reines et des Nobles celant en leur sein nombre d'hypogées presque toujours richement décorés.

 

     Il fallut attendre ce que les égyptologues appellent la Basse Epoque, et plus spécifiquement les XXVIème et XXVIIème dynasties, à partir d'approximativement 664 avant notre ère, pour que, les vicissitudes de l'Histoire aidant, le site d'Abousir recouvrât une nouvelle aura, grâce à un petit cimetière situé un peu plus au sud-ouest des pyramides royales d'Ancien Empire et caractérisé par des tombes-puits, - ce que la littérature égyptologique anglophone nomme "Shaft Tombs"- , remises à l'honneur en ces temps saïto-perses : ce sont ci-dessus les emplacements numérotés de 13 à 18.

 

     Remises à l'honneur puisque, vous ne l'ignorez probablement pas, c'est déjà tout au fond d'un semblable aménagement souterrain d'une trentaine de mètres sous le niveau du désert qu'entre autres, le premier souverain égyptien à se faire construire une pyramide, Djoser, à la IIIème dynastie, fut inhumé.

 

     Même si, aux yeux de certains savants, de semblables puits furent longtemps compris comme des réponses à des impératifs essentiellement pratiques, - recevoir par exemple les eaux torrentielles qui, parfois, se déversaient dans la Vallée des Rois -, l'on sait actuellement, après les travaux pertinents de l'égyptologue allemand Friedrich Abitz au niveau des inscriptions qu'on y a retrouvées, que ces descenderies ressortissent au domaine des mythes osiriens : dans la tombe de Ramsès II, par exemple, les textes considèrent très clairement le puits comme une métaphore du tombeau d'Osiris, c'est-à-dire l'emplacement où s'opère la transformation de Pharaon en Osiris, partant, comme un lieu de résurrection.

 

     Et le Professeur Abitz d'amplifier son propos en ajoutant que semblable cavité matérialisant l'endroit où le souverain prenait un nouveau départ vers sa vie dans l'Au-delà, pouvait être considérée comme étant "la matrice où, environné d'eau, l'enfant s'apprête à naître".  

 

     Ce fut donc une de ces tombes-puits, au demeurant en fort mauvais état, qui, lors de la mission de fouilles de 1988-89, retint plus particulièrement l'attention de Miroslav Verner et de son équipe.

 

 

Oudjahorresnet---Entree-tombe-puits.jpg

 

 

 

     L'exploration ce tombeau, le plus à l'ouest du cimetière saïto-perse, étant à présent terminée ; les résultats ayant fait l'objet d'une monographie publiée en 1999 par Ladislav Bares, un des égyptologues tchèques travaillant sous la direction du Professeur Verner, ainsi que d'un article qu'il signa en novembre 2005 sur le site de l'I.T.E., 

 

 

Oudjahorresnet---Monographie-de-L.-Bares.jpg

 

 

nous savons que cette galerie centrale de quelque 17 mètres de profondeur pour approximativement 5, 50 m de côté, remplie de sable très fin quand elle fut mise au jour, faisait en réalité partie, comme vous le montre le tout premier cliché monochrome ci-avant, d'une superstructure constituée d'un mur d'enceinte en calcaire blanc, ainsi que l'étaient également les blocs de la chambre funéraire proprement dite : en fait, tout simplement un matériau que les ouvriers avaient trouvé sur place.

 

     Si l'ensemble du complexe funéraire comprenait des puits périphériques, c'est au fond du principal que fut découvert le caveau, dont une des particularités résidait dans la présence de  trois ouvertures de forme conique pratiquées dans le plafond et encore obstruées par des poteries de terre cuite rouge manifestement destinées à retenir le sable fin comblant l'espace immédiatement au-dessus :

 

 

Oudjahorresnet---Plafond-tombe.jpg

 

 

ce détail nous permet de comprendre que, les funérailles d'Oudjahorresnet à peine terminées, il avait suffi de casser un morceau de ces céramiques de manière à permettre au sable entassé d'entièrement combler, en un certain laps de temps, la chambre funéraire elle-même ; et ainsi, en principe enfouis à jamais, les cercueils gigognes de ce haut dignitaire, n'eussent jamais dû être découverts ; ni profanés. 

 

     Sur le sol de la chambre sépulcrale avait été déposé un  imposant sarcophage rectangulaire, en calcaire blanc lui aussi, de 5,10 m de long, 2,90 de large et 3,20 m de hauteur, couvercle d'1,10 m d'épaisseur compris. L'ensemble était de finition relativement sommaire et seule une ligne de hiéroglyphes courait sur tout le pourtour du coffre : grossièrement gravés, ils fournissaient tout à la fois les formules religieuses classiques,  mais surtout, "détail" extrêmement important, les nom et titres du défunt. 

 

     À l'intérieur, M. Verner découvrit donc un second cercueil, anthropomorphe celui-là, et en basalte.

 

 

Oudjahorresnet---Sarcophage-anthropomorphe.jpg

 

 

     Soigneusement lissé, il était recouvert d'inscriptions conformes aux us funéraires du temps : textes religieux, figuration des divinités protectrices, à nouveau le nom et les différents titres d'Oudjahorresnet, ainsi que ceux de ses parents.

 

     L'imbrication de ces deux éléments aux fins de protéger la momie au maximum n'était évidemment pas le fruit du hasard ni du seul état social du défunt puisque vous n'ignorez plus, amis visiteurs, que placé au plus profond d'un tombeau, tout sarcophage symbolisait le Noun, l'océan primordial d'où, aux temps premiers, sortit toute vie, - (voir à ce sujet mon article du 23 mars 2010, ainsi que le judicieux commentaire d'Alain et ma réponse afférente).

     L'introduction dans un sarcophage extérieur d'un cercueil contenant le corps proprement dit figure métaphoriquement l'immersion nécessaire à toute résurrection. 

 

     Mal gré qu'ils en aient, il ne fut pas long à Miroslav Verner et à ses hommes pour remarquer que des pillards s'étaient introduits dans le tombeau d'Oudjahorresnet : en effet, avaient été réparées et reconstruites déjà dans l'Antiquité les dalles massives du plafond d'un corridor horizontal permettant d'accéder à la chambre funéraire par où, vraisemblablement, étaient passés ces premiers voleurs ; mais surtout, il était patent qu'ils s'étaient attaqués aux deux sarcophages de pierre : un trou d'approximativement 40 x 28 cm endommageait en effet la partie inférieure du second d'entre eux, pourtant bien plus dur que le simple calcaire du premier. Espace qui, toutefois, n'était absolument pas suffisant pour permettre d'en retirer la momie !

 

     Bien qu'encore scellée, la bière était désespérément vide ...  

 

     Et là, Miroslav Verner prend conscience de ce que d'autres détails des fouilles viendront par la suite corroborer : la tombe-puits d'Oudjahorresnet pose bien plus de questions que, véritablement, elle n'en résout !

 

     Elle ne contint manifestement jamais de corps. Pour quelle(s) raison(s) ?

 

     Point de trace non plus des traditionnels vases-canopes, - ou de débris suggérant leur présence originelle -, abritant les viscères d'un éventuel défunt. Pour quelle(s) raison(s) ?

 

     Ce tombeau ne serait donc qu'un cénotaphe ? Pour quelle(s) raison(s) ?

 

     Autre singularité : si les parois du caveau présentent des extraits des Textes des Pyramides qui, bien que fort abîmés, viennent néanmoins compléter et accréditer les connaissances des égyptologues à propos de l'utilisation de semblables inscriptions à la Basse Époque, 

 

 

Oudjahorresnet---Hieroglyphes-peints-mur-ouest.jpg

 

 

ces hiéroglyphes sont simplement peints et non gravés en relief comme le voudrait la tradition. Cette décoration pariétale ne  fut donc jamais achevée.

Pour quelle(s) raison(s) ?

 

     Nonobstant que, dans la chambre funéraire, la découverte de fragments de céramique datant des époques romaine, copte et même arabe prouve qu'elle fut, au moins jusqu'au Xème siècle de notre ère, l'objet d'indésirables intrusions, la quantité d'artefacts encore présents mis au jour par la mission tchécoslovaque fut véritablement dérisoire : 5 statuettes funéraires (des oushebtis) de "faïence" verdâtre au nom d'Oudjahorresnet ; deux plaquettes en "faïence", vraisemblablement de petites tables d'offrandes votives supportant de minuscules vases ; enfin quelques fragments de ce que les égyptologues nomment des briques magiques : généralement au nombre de quatre, en fonction des points cardinaux, ces petits blocs en argile crue gravée ou peinte d'une inscription magique et d'une amulette protectrice étaient, selon le chapitre 151 A du Livre pour sortir au jour destinés, parce que placés dans une alcôve creusée dans chaque paroi de la  pièce, à protéger la demeure d'éternité d'un défunt.

 

     Ces quelques rares vestiges constituaient-ils ce qui avait été préservé de l'équipement funéraire d'Oudjahorresnet ou ce viatique avait-il été initialement réduit à son plus strict minimum ? Pour quelle(s) raison(s) ?

 

      En outre, alors que ses fonctions le liaient indubitablement à la ville de Saïs, capitale dynastique sise dans le Delta occidental, Oudjahorresnet se fit inhumer à l'autre extrémité du pays : une tombe-puits, à Abousir et, en outre, complètement isolée des complexes funéraires déjà existants sur le site.

Pour quelle(s) raison(s) ?

 

     Et après lui, nous le verrons bientôt, d'autres hauts fonctionnaires de cette époque plébiscitèrent ce même petit cimetière.

Pour quelle(s) raison(s) ?

 

 

     Que de questions animaient encore l'esprit de Miroslav Verner au moment où il allait bientôt quitter ses fonctions à la tête de l'Institut tchécoslovaque d'égyptologie, mais pas la nécropole sur laquelle, à partir de 1991, il dirigerait officiellement les recherches en tant que Directeur de la Concession pour la Prospection d'Abousir.

 

     Me croirez-vous, amis visiteurs, si je vous confie que mardi prochain, 22 mars, avant que ne débutent les deux semaines de vacances de Printemps accordées à l'Enseignement belge et à ÉgyptoMusée, j'escompte bien l'accompagner pour avoir une idée de ce que le site d'Abousir a réservé à la dernière décennie du précédent siècle comme nouvelles surprises archéologiques ?

 

     Vous serez des nôtres, j'espère ...

 

 

 

 

(Abitz : 1974, passim ; Bares : 1999, passim ; Bresciani : 1995, 102 ; Desroches Noblecourt : 1963, 245 sqq ; Régen : 2010, 23 ; Vandersleyen : 1975, 151-7 ; Verner : 1989, 283-90  + planches XXXVI-XXXIX ; ID. : 2002, 43)

 

 

 

 

Précisions.

Même si en positionnant la flèche de votre souris sur chacune des photos monochromes de ma présente intervention, vous pourrez en lire l'origine, je tiens à signaler avant de nous quitter ce matin qu'elles proviennent de l'article que Miroslav Verner a publié dans le BIFAO 89 (référence supra sur laquelle il vous suffit de cliquer pour être redirigés vers ma bibliographie complète) et que dans un courriel avec lui échangé à l'automne 2010, il m'avait autorisé à reproduire dans mon article d'alors.

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commentaires

Carole 18/03/2016 00:48

Les archéologues sont les détectives du passé. Et vous êtes, finalement, l'auteur du roman policier qui nous tient en haleine. Merci de nous faire palpiter au rythme d'aussi savantes aventures.

Richard LEJEUNE 18/03/2016 08:34

Oula !!! Si je m'attendais à être promu auteur d'un roman. Policier, de surcroît ...
Merci Carole.

Christiana 16/03/2016 19:24

Pour quelle raison? Oui, pour quelle raison? ... Je suppose que tu vas pour nous lever le voile mystérieux mardi prochain?
Que d'ingéniosité dans ces tombes-puits qui n'auraient jamais dû livrer leurs secrets. Les disciples de Oudjahorresnet croyaient sans doute avoir trouvé le stratagème imparable pour son départ vers sa nouvelle vie dans l'Au-delà... mais pourquoi tout ce travail titanesque de cachette et de sarcophages?... vides?

Christiana 17/03/2016 09:51

D'accord, j'ai vu la réponse, une hypothèse.

Richard LEJEUNE 17/03/2016 09:24

Pour répondre à tes deux questions, Christiana, je ne puis que t'inviter à lire ce que hier matin je répondais déjà à Alain, à 9,31 H. et 9,52 H.

FAN 16/03/2016 18:43

Une énigme qui le restera ou pas!! tout de même, ces fouilles ont révélé d'autres manières de s'occuper des morts!! mais les puits profonds n'ont pas empêcher les pilleurs puis les archéologues d'y pénétrer!! Mystère!!!! Bisous Fan

Richard LEJEUNE 17/03/2016 09:21

Qui le restera, Fan, si des fouilles futures ne viennent pas corroborer l'hypothèse avancée par certains égyptologues quant à l'éventuelle tombe d'Oudjahorresnet dans le sous-sol de l'ancienne Saïs ...

Alain 16/03/2016 09:37

Alors pourquoi se donnait-on la peine de faire tout ce travail de creusement, édification d'un caveau avec sarcophage, etc. ?

Richard LEJEUNE 16/03/2016 09:52

Il y a - peut-être - d'un côté la volonté personnelle d'Oudjahorresnet et de l'autre celle du pouvoir en place qui estima que c'était "chez lui", à Saïs, à l'extrême ouest du Delta, qu'il devait être inhumé et non à Abousir, tout à l'opposé.
Je dis bien "peut-être" car rien jusqu'à présent n'est venu infirmer ou confirmer ce qui n'est dans mon chef qu'une simple hypothèse.

Alain 16/03/2016 09:14

Etrange histoire ! Il paraît évident que, au vu de tes explications, cette tombe a toujours été vide. Fausse-piste intentionnelle ? Pourquoi se donner la peine de faire un travail aussi important uniquement pour tromper d’éventuels voleurs ? Où peut donc reposer cet homme ?
Nous attendons la suite de cette énigme.

Richard LEJEUNE 16/03/2016 09:31

Sauf rebondissement, - toujours possible en archéologie -, il n'y aura pas de suite, Alain, dans la mesure où les fouilles de cette tombe sont terminées depuis longtemps et que rien jusqu'à présent, même pas les hiéroglyphes gravés sur sa statue exposée au Musée du Vatican que j'avais montrée la semaine dernière, ne fait mention du lieu de son inhumation.
Certains égyptologues pensent que ce ne pourrait être qu'à Saïs, sa ville natale, là où il avait exercé ses hautes fonctions.
Mais aucune certitude, tu l'auras compris !
Toutefois, comme l'actualité nous le prouve constamment, le sous-sol égyptien recèle encore bien des monuments à découvrir.
Peut-être qu'un jour ...

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