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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 23:03

     Je ne peux pas m'imaginer voir d'un coup un Cézanne. Je sens que je suis obligé, pour le rendre à la vision, de le penser presque point par point, touche par touche, plan par plan, lentement, vite, comme si je n'allais jamais parvenir à le terminer en tant qu'ensemble.  

 

 

Philippe SOLLERS

Le paradis de Cézanne 

 

dans Éloge de l'infini

Paris, Gallimard, Folio 3806, 2003

p. 46

 

 

 

     

      Qu'il se puisse que cela vous ait échappé, amis visiteurs, ne m'étonnerait guère dans la mesure où je n'ai pas vraiment insisté mais la semaine dernière, en réquérant votre attention pour deux pièces en rapport avec la déesse Isis présentées à l'exposition "Dieux, génies, démons en Égypte ancienne" que propose jusqu'au 20 novembre prochain au second étage du Musée royal de Mariemont, à Morlanwelz, en province de Hainaut belge, Arnaud Quertinmont, Conservateur du Département Égypte/Proche-Orient, j'avais évoqué l'étroite corrélation qui existait dans la mythologie égyptienne entre cette divinité et Hathor.

 

    Ce matin, je souhaiterais vous permettre d'admirer un objet en stéatite glaçurée, - autre coup de coeur personnel -, en partie relatif à la déesse Hathor, petit il est vrai puisqu'il ne mesure que 7 centimètres de long, 4,50 de large et 2,50 de haut, ce que le superbe gros plan qu'a accepté de m'offrir Alain Guilleux pour illustrer mon propos ne laisse pas à première vue deviner. 

 

 

© Alain Guilleux

© Alain Guilleux

 

     Déposé à l'avant-plan gauche d'une vitrine dans laquelle figurent, - et ce n'est point un hasard ! -, une statue de Bès, un ivoire magique et une statuette de fertilité, ce petit objet funéraire, vraisemblablement un godet à onguent, peut relativement passer inaperçu, 

 

EXPOSITIONS Á MARIEMONT : 5. DIEUX, GÉNIES, DÉMONS EN ÉGYPTE ANCIENNE : HATHOR

 

tout autant d'ailleurs qu'au Département des Antiquités égyptiennes du Louvre où il semblait encore bien plus perdu dans l'immense vitrine 2 de sa salle 5 quand, en 2010 déjà, j'avais dessus porté l'éclairage aux fins de le considérer tel qu'il le mérite, certains d'entre vous parmi les plus anciens et fidèles lecteurs s'en souvenant peut-être.

 

     Acquis jadis pour le musée parisien par feu l'égyptologue Madame Christiane Desroches Noblecourt, ce minuscule bassin rectangulaire malheureusement ébréché en certains endroits date la XVIIIème dynastie.

 

     Dans la droite ligne des propos de Philippe Sollers choisis ce matin en guise d'exergue concernant l'oeuvre de Paul Cézanne qu'à la lumière de commentaires échangés sur sa page Facebook avec Alain Yvars, de longue date lecteur attentif de mon blog, je relus avant hier, je voudrais vous rendre sensibles à la beauté des différentes facettes de cette pièce exceptionnelle.

 

     Devant vous, le côté le plus long immédiatement visible sur le cliché d'Alain chapeautant notre rencontre démontre que sont successivement gravés en creux deux thèmes qu'il m'a jadis été donné d'aborder sur mon blog : celui d'abord du frêle petit veau qui a traversé, de manière ou d'une autre, mais très souvent en vue d'être mené à l'abattoir, bien des scènes que nous avons déjà rencontrées : ici, ce n'est plus sur les épaules d'un tout jeune moscophore qu'il est transporté, mais en barque ; et celui, ensuite, sur la droite, de la capture d'oiseaux palustres à l'aide d'un filet hexagonal.

 

     Sur la face opposée, décelable grâce au petit miroir judicieusement placé à l'arrière,

Louvre E 25298 © Georges Poncet

Louvre E 25298 © Georges Poncet

 

l'artiste a représenté une théorie de divers animaux sauvages habituellement chassés par les Égyptiens aux marges des déserts qui s'étendaient de part et d'autre de la Vallée du Nil et capturés pour soit les consommer, soit les domestiquer : oryx, antilope, singe, bovidé ... tous aussi évoqués dans divers anciens articles de mon blog.

 

     Les thématiques développées sur les deux étroits côtés doivent, quant à elle, s'appréhender sous un angle quelque peu plus religieux.

 

     Sur le premier d'entre eux, 

 

 

 

 

Louvre E 25298 © Georges Poncet

Louvre E 25298 © Georges Poncet

 

vous remarquerez, entourant le bas d'un collier de fleurs de lotus, la présence dédoublée de Hapy, génie de fécondité, incarnation de la crue du Nil en tant que fleuve nourricier, - auquel j'avais, en août 2008, consacré une de mes interventions hebdomadaires -, avec entre eux deux, un tilapia nilotica, poisson qui ne peut lui aussi que vous être devenu familier puisque dans cet article-ci mais également celui-là, je vous ai expliqué la symbolique qu'il véhiculait au niveau de la croyance des Égyptiens en une régénérescence dans une seconde vie depuis qu'ils s'étaient aperçu qu'immédiatement après la ponte, cette espèce abritait ses petits dans la gueule pour ne les régurgiter qu'une fois éclos.

 

     À nouveau, devant ce minuscule objet à connotation funéraire, vous aurez compris, amis visiteurs, combien les motifs présentés ne sont en rien anodins ni en rien gratuits : l'image égyptienne, je n'ai depuis huit ans cessé de le répéter, fut essentiellement utilitaire avant d'être simplement décorative.

 

     Finalité plus religieuse pour les décors des côtés latéraux, viens-je de vous préciser, qui vous apparaîtra plus évidente encore maintenant que nous allons envisager de découvrir la raison pour laquelle, après Isis la semaine dernière, il me seyait aujourd'hui de convoquer Hathor ... et même une théorie de sept Hathor, à l'instar des fées qui telles celles du conte de la Belle au Bois dormant prédisent leur destinée aux nouveau-nés.    

Louvre E 25298 © Georges Poncet

Louvre E 25298 © Georges Poncet

 

     Déesse du ciel, Hathor, - reconnaissable à sa couronne caractéristique : deux cornes de vache qui enserrent le disque solaire, rappelant ainsi qu'elle est fille de Rê -, était pourvue de multiples fonctions dans la cosmogonie égyptienne : patronne de l'amour, du désir érotique aussi, mais également de l'ivresse, de la joie, de la musique, de la danse ; sans oublier qu'en lien avec la fécondité, elle avait également en charge de protéger les femmes, leurs grossesses, leurs accouchements puis, tout naturellement, leurs nourrissons.

 

     Ressortissant aussi au domaine plus spécifiquement funéraire, elle était considérée comme la souveraine de la nécropole thébaine avec dessein de pourvoir à la renaissance des défunts.

 

     Déesse des déesses, nourrice céleste, parfois démultipliée, au nombre de sept comme sur ce godet à onguent quadrangulaire ici devant nous où elle est toutefois figurée sous forme humaine, elle pouvait également prendre une apparence bovine et, dès lors, décliner sept noms distincts, ainsi que le confirment et la vignette et le chapitre 148 du Livre pour sortir au jour, plus souvent mais improprement nommé Livre des Morts : 

 

 

Formule pour approvisionner le bienheureux dans l'empire des morts.

 

Paroles dites par N. " Salut à toi, celui qui brille en son disque, (âme) vivante qui monte de l'horizon !

N. te connaît et connaît ton nom, et connaît le nom des sept vaches et de leur taureau.

Vous qui donnez pain, bière, ce qui est profitable aux âmes, qui fournissez les portions journalières, donnez du pain et de la bière, fournissez les provisions pour moi, N. ; qu'il vous accompagne, qu'il vienne à l'existence sous vos croupes !

 

     Vache  Château-des-kas, maîtresse-de-l'Univers ;

     Vache  Igeret, celle-qui-se-tient-en-avant-de-sa-place ;

     Vache  La Khemmite, celle-qui-emmaillote-le-dieu ;

     Vache  Grand-est-son-amour, la Rousse ;

     Vache  Possesseur-de-vie, la Colorée ;

     Vache  Celle-dont-le-nom-fait-autorité-dans-sa-catégorie ;

     Vache  Nuée-du-ciel, celle-qui-porte-le-dieu ;

 

     Taureau, le mâle-des-vaches ;

 

donnez pain, bière, offrandes alimentaires, approvisionnez le bienheureux N., bienheureux parfait qui est dans l'empire des morts.

 

 

     Approvisionner le bienheureux dans l'empire des morts, indique la formule : je crois qu'il n'est nul besoin, amis visiteurs, après l'extrait de ce texte funéraire, de m'apesantir sur la raison pour laquelle ce magnifique petit bassin en stéatite destiné à accompagner le défunt dans sa maison d'éternité qui tant me plaît convie le collège des sept déesses Hathor, tout à la fois protectrices et nourricières, pour son devenir post mortem ...

 

 

    Mais j'espère aussi, sollicitant à nouveau Philippe Sollers invité à l'entame de notre rencontre, vous amener à la conclure avec la même philosophie que ces quelques mots qu'il avance, page 47 de l'ouvrage précité :

 

     Je renonce donc au grappin optique, à la vulgarité meutrière du "j'ai vu", en réalité je ne vois déjà plus rien, je pense à voir, ce qui est tout autre chose. 

 

 

 

 

 

 

     À nouveau grand merci à toi, Alain, d'avoir consenti à m'offrir ici la possibilité d'exporter un de tes clichés, celui qui chapeaute le présent article.

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

 

BARGUET Paul, Le Livre des Morts des anciens Égyptiens, Paris, Éditions du Cerf, 1967 pp. 206-7.

 

 

 

MARUÉJOL Florence, 2009, Dieux et rites de l'Égypte antique, Paris, La Martinière, 2009, p. 36.

 

 

QUERTINMONT Arnaud, Petit bassin, dans QUERTINMONT ArnaudDieux, génies et démons en Égypte ancienne, Paris, Somogy Éditions d'Art / Morlanwelz, Musée royal de Mariemont, 2016, notice catalogue 20, pp. 90-1.

 

 

SOLLERS PhilippeLe paradis de Cézanne, dans Éloge de l'infini, Paris, Gallimard, Folio 3806, 2003, pp. 46-7.

 

 

SPIESER Cathie, Meskhenet et les sept Hathors en Égypte ancienne, Études de lettres [En ligne], 3-4 (2011) : Des Fata aux fées, Faculté des lettres de l'Université de Lausanne, pp. 5 sqq.

 

 

 

   

 

     (À nouveau grand merci à toi, Alain, d'avoir consenti à m'offrir ici la possibilité d'exporter un de tes clichés : celui du petit godet funéraire qui chapeaute le présent article.)
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commentaires

A
Bonjour,<br /> Permettez quelques rapides éclaircissements sur la Déesse Hathor.<br /> Si toutefois vous désirez en savoir plus sur cette Grande Femme ou sur l'Égypte primitive, je me permets de vous laisser l'adresse de l'article de mon blog consacré à l'Égypte, après mon commentaire.<br /> Mériamoun, nom que les historiens masculins ont donné à Ramsès, et que Champollion, qui lisait dans le même esprit, a fait signifier « Aimé d'Ammon », était le nom d'une grande prophétesse Mériam ou Myriam dont les modernes ont fait Marie, la soeur de Moïse.<br /> Rappelons que certains historiens donnent au Pharaon de l'Exode le nom de Meriem-Ptah ; or ce nom est celui de Myriam elle-même. Les hébraïsants disent souvent Meriem. Quant à la terminaison Ptah, c'est un mot égyptien qui signifie Soleil ; c'est, du reste, dans la ville du Soleil qu'on la fait naître, à Héliopolis (ville natale de Moïse, dit-on, donc ville natale de Myriam)<br /> On croit maintenant que c'est à la suite de son expédition sur le mont Sinaï que le temple de Karnac a été construit, et lui a été dédié. Les masculinistes en reportent la gloire à Ramsès. C'est elle que les Egyptiens ont surnommée Hathor (Ha-Thora, la loi).<br /> Les ruines, dites de Karnac, sont remarquables. Ce sont les débris d'un temple qui dépasse tout ce que notre imagination peut rêver de plus grandiose. Les piliers qui soutenaient la salle principale, au nombre de 134, égalent en grosseur les colonnes que nous élevons sur nos places publiques et ont 70 pieds de hauteur. Les piliers, comme les murs, sont couverts de dessins, d'hiéroglyphes, proportionnés à l'ampleur du monument ; et des statues s'y dressent semblables à des colosses.<br /> Cette salle de Karnac fut construite en partie sous le règne de Meriamoun dont elle raconte les exploits à côté de ceux des autres grandes Déesses ses aïeules.<br /> Puis, dans les listes des dynasties égyptiennes, nous lisons : Honfou (Cheops d'Hérodote), dynastie IV, construit la grande pyramide. Il fait exécuter des travaux au temple de Denderah consacré à la Déesse Hathor.<br /> Or le temple de Denderah a été construit sous les Ptolémées, beaucoup plus tard. Mais ceci est une lumière. N'y aurait-il pas un rapprochement à faire entre le règne glorieux de Séti, celui de Meriamoun et la construction des Pyramides ?<br /> Les habitants actuels de l'Egypte appellent en arabe les Pyramides Heram ; or nous savons que c'est le nom de Myriam qui, lu à l'envers, dans ses lettres hébraïques, a fait Hiram (« Hiram » doit se lire de droite à gauche comme lisent les Hébreux et non de gauche à droite suivant L'usage des Européens : Hiram alors devient Maria ou plutôt Myriam. Le heth - H - final en hébreu se prononce A. voir l'article sur l'Israélisme)<br /> C'est parce que les pyramides appelées Heram étaient consacrées à la Déesse, qu'on a appelé Harem par dérision les lieux où on enferma les femmes livrées aux plaisirs des hommes.<br /> Dans l'époque de réaction dont nous nous occupons, la grande Déesse égyptienne Hathor fut représentée par une vache allaitant Horus.<br /> Les rois sont souvent représentés comme tétant la vache Hathor. Est-ce une ironie renversant l'idée enseignée par les Prêtresses, que l'homme se nourrit de l'esprit féminin ?<br /> Cette déesse représente maintenant le ciel nocturne, l'esprit des ténèbres, alors qu'elle a été la grande lumière de son époque On l'appelle aussi Merseker, celle qui aime le silence, ou qui garde le silence, c'est alors la femme intimidée ou persécutée qui ne parle plus.<br /> Suite : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/revolution-religieuse-en-egypte.html<br /> <br /> Cordialement.
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C
Que de détails et de vie dans ce petit objet qui s'offre au regard comme la pièce d'un puzzle mystérieux. Le gros plan est très réussi. On admire la finesse d'exécution et on prend, comme toujours, plaisir à vous suivre sur des chemins où l'oeil cristallise les feux de la pensée.<br /> Bises et bonnes vacances Richard<br /> Cendrine
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R
Merci pour votre très beau commentaire, chère Cendrine.
F
Pour Christiane : la stéatite est une roche qui ressemble au marbre mais plus facile à sculpter!! Employée souvent par les élèves des Beaux-Arts, Bisous Fan
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R
Merci Fan d'avoir pris le relais pendant mon absence de cette fin de semaine dernière.<br /> <br /> Vous pouvez lire ce que je viens de quelque peu compléter ici-même à la suite du commentaire que Christiana m'a déposé.
F
Toujours très friand de ce genre de petits objets, j'ai beaucoup aimé regarder celui-ci avec tes yeux et l'objectif d'Alain !<br /> Merci pour cette "visite", Richard...
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R
Tu as raison d'insister, François : le superbe gros-plan qui chapeaute mon intervention de ce mardi a beaucoup contribué à l'appréciation de cet article, ici et sur Facebook.
C
Une très jolie petite pièce qui serait sûrement passée inaperçue à nos yeux si tu n'avais attiré notre attention sur elle... mais qu'est-ce que le stéatite? Une roche je suppose mais on dirait cette pièce émaillée.<br /> J'ai du retard alors je m'en vais à présent lire les articles que j'ai loupé pour cause de vacances!
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R
Non, tu ne chipotes absolument pas, Christiana : je pense que j'en ferais autant en vue d'aller jusqu'au terme des explications si le cas se présentait.<br /> Personnellement, je n'y connais strictement rien en la matière et si je la nomme "glaçure", c'est parce que mes catalogues indiquent "stéatite glaçurée". Tout bêtement.<br /> <br /> Je viens toutefois d'entrer sur le site du Louvre qui évoque la statuette de la reine Tiyi présente dans mon bandeau, et là, il est textuellement noté : " Le couple royal fut sculpté dans un bloc de stéatite, une pierre très tendre, rehaussé d'un émail vert et brillant." <br /> <br /> Je ne puis t'en dire plus, tout en pensant néanmoins que le terme "émail" qui apparaît ici doit corroborer ce que tu soupçonnais. Non ?
C
Merci pour les explications mais... comment se fait-il que ces pièces semblent émaillées et ce que tu appelles glaçure, est-ce un genre d'émaillage peint puis cuit sur cette pierre ou sinon, glacé comment? (je sais, je chipote :-)<br /> Non, pas de stéatite dans mon four, de la fibre céramique.
R
Pas de panique, Christiana : je pense que tu n'as "loupé" que le précédent article, celui dédié à Isis ...<br /> <br /> Complétant quelque peu la réponse qu'en mon absence Fan a eu l'amabilité de t'adresser hier, je préciserai que la stéatite est une pierre travaillée depuis la plus haute Antiquité, pour ne pas remonter à la Préhistoire, dans laquelle, parce qu'étant fort peu dure, - le célèbre égyptologue Jean Yoyotte la nomme d'ailleurs "la molle stéatite" !! -, les artistes égyptiens confectionnèrent amulettes, divinités, petits animaux, - sur mon blog, de très vieux articles donnent à voir une grenouille, un crocodile, un singe embrassant son petit, etc.<br /> Et d'ailleurs, au niveau du bandeau qui le chapeaute, à gauche, tu pourras admirer la statuette glaçurée de la reine Tiyi (Louvre E 25493).<br /> <br /> Il te faut aussi savoir que, comme je l'ai rappelé dans une intervention évoquant les scarabées commémoratifs d'Amenhotep III, près de 60 % d'entre eux furent taillés dans cette stéatite .. probablement parce que la pierre permettait en outre aisément d'être enjolivée d'une glaçure verte ou bleue d'un effet fort agréable à l’œil.<br /> <br /> En Égypte antique, c'était des carrières de Quseir (Koseir), en bordure de la mer Rouge, à l'extrémité de la route du Ouadi Hammamat depuis Coptos que venait l'approvisionnement.<br /> <br /> À notre époque, si elle est encore employée dans les domaines des cosmétiques et de la pharmaceutique sous forme sous forme de talc, elle peut également - c'est en tout cas ce que j'ai lu après avoir effectué pour toi et tous mes lecteurs une petite recherche sur l'emploi contemporain de cette pierre que l'on dit maintenant être le plus souvent exportée de Finlande -, elle entre volontiers dans la fabrication de poêles de chauffage, qu'ils soient à bois ou au charbon.<br /> <br /> Chez nous, à Vichte, en Flandre, une usine semble s'être spécialisée en la matière.<br /> (http://www.dutry.be/Dutry/dutry_steatite.html)<br /> <br /> Se pourrait-il que parmi ces poêles en stéatite, certains assument le rôle de four pour la cuisson de pièces réalisées par des artistes tels que toi ???
F
Déjà le chiffre sept était un chiffre employé par les égyptiens alors qu'on l'alloue plutôt aux hébreux! Intéressant!! j'ai lu tous les commentaires et j'aime cet intérêt que vous suscité depuis votre blog cher Richard!Perso, je n'aime pas tellement intervenir sur FB mais je vous suis ainsi qu'Alain!! En ce qui concerne Philippe Sollers, j'aimais surtout l'écouter !!Bisous Fan
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R
Merci à vous aussi, chère Fan, pour cette fidélité sans faille depuis d'aussi nombreuses années ...
A
Tu mets en exergue les propos de Philippe Solers sur Cézanne et tu dis dans ton texte sur l’objet funéraire : « je voudrais vous rendre sensibles à la beauté des différentes facettes de cette pièce exceptionnelle.<br /> Je ne sais pourquoi, j’ai eu envie de poursuivre avec Cézanne, comme nous l’avons fait ensemble sur FB, et ma réponse ce matin au commentaire de Carole sur mon blog. J’ai retrouvé cette phrase dans une nouvelle que j’ai publiée en 2013 sur la montagne Sainte-Victoire : « Je recule de quelques pas. Sphères, cônes, cylindres… Les surfaces peintes verticales et horizontales, juxtaposées, donnaient une profondeur à l’ensemble du tableau. Un désordre apparent : les objets, arbres, maisons, pierres, étaient difficilement identifiables. Pourtant, tout était ordonné, calculé. Rien ne s’éparpillait : incroyable synthèse entre couleur, composition, lumière. L’ensemble m’apparaissait charpenté, solide.<br /> L’équilibre pictural qui se dégageait du tableau me séduisait : sorte d’abstraction donnant son harmonie propre à la Sainte-Victoire, en parallèle avec celle de la nature. »<br /> Est-ce hors de propos ?
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R
C'est effectivement suite à nos échanges à propos de Cézanne, Alain, que j'ai relu ce texte dont j'avais complètement oublié la teneur, de Philippe Sollers qui ouvre le livre - (plus de 1160 pages !!!) - que j'ai cité en référence. je l'avais acquis et lu en 2003 , et rangé depuis -, et dans lequel parmi d'autres pépites, il évoque Proust : c'est te dire que je n'ai pratiquement pas quitté Sollers depuis notre conversation ... Et je m'apprête demain - car aujourd'hui après-midi, mercredi, nous avons nos petits-enfants -, à lire un texte de Merleau-Ponty, "Le doute de Cézanne" datant de 1948.<br /> (ici : pp. 15 à 33 : http://classiques.uqac.ca/classiques/merleau_ponty_maurice/sens_et_non_sens/sens_et_non_sens.pdf)<br /> <br /> Merci donc de me rappeler ce passage dans un de tes anciens articles car, non, quand on évoque l'Art, quand on évoque le Beauté, qu'elle soit antique ou contemporaine, rien n'est jamais hors de propos à mes yeux.
C
"Penser à voir", et, chez vous, "voir en pensant". Merci pour tout cela, cher Richard.
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R
"Penser à voir", et, surtout, apprendre à regarder, fut durant toutes mes années d'enseignement et est évidemment resté au sein même de mon blog la finalité essentielle face à un objet.<br /> Voilà la raison pour laquelle ces propos de Philippe Sollers terminant mon intervention d'hier m'ont tant plu !
E
Merci Richard,<br /> tes décodages de l'omage égyptienne est une thématique que j'affectionne beaucoup.<br /> Il est vraiment magnifique cet artefact.<br /> Ok pour les sept Hathors mais le taureau?<br /> Si l'on est dans une thematique mythologique solaire est bien le taureau Mnévis d'Heliopolis?<br /> <br /> Merci d'avance!<br /> <br /> Je m'en vais cliquer sur le lien donné en bibliographie.<br /> Merci!<br /> <br /> Profite bien du soleil ces deux prochains jours!!!<br /> Je l'ai déjà aperçu dès ce soir!<br /> Allez on y croit!<br /> Et on reste dans le solaire!
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R
Il fait doux, Étienne, certes, mais ce matin encore, chez nous, le ciel est uniformément gris. Il a plu la nuit et le jardin est dans un état lamentable ...<br /> <br /> Pour répondre à ta question, j'avancerai que le taureau, tout comme les vaches célestes, d'ailleurs, - Cathie Spieser dans le document proposé en lien dans ma bibliographie l'exprime très bien, tu liras ! -, constituaient l'assurance en nourriture des défunts pour leur devenir post-mortem, tout en jouant un rôle évident au niveau de la symbolique de la régénérescence de ces défunts.
J
Les mythologies peuvent être assimilées aux religions mais les Anciens nous ont-ils laissé des éléments nous permettant de soupçonner l'existence d'incroyants ou les ont -ils effacés ou encore, la croyance était-elle universelle ?
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R
Il y eut beaucoup de dieux, en Égypte ancienne, Jean-Pierre, partant, beaucoup de cosmogonies créées et appliquées cultuellement et rituellement dans de grands centres spirituels du pays.<br /> Pour faire simple, dans un premier temps, je parlerai donc de polythéisme, avec un "panthéon" différent suivant les régions du pays, - et parfois, selon les époques ! -, sachant néanmoins que quelques noms de dieux fondamentaux seront communs à tous, comme par exemple Amon, Rê ou Ptah. <br /> Mais il faut aussi savoir que quand Akhénaton "imposa" ce que les égyptologues sont le plus souvent convenus de nommer "monothéisme" - la croyance au dieu soleil Aton qu'il tenta d'imposer à tous, en faisant même marteler le nom d'Amon sur la majorité des monuments où il figurait - , il est maintenant évident, des témoignages archéologiques le prouvant indiscutablement, qu'au plus intime des foyers égyptiens sous son règne, à Amarna notamment, mais ailleurs également, les familles persistèrent à honorer les dieux auxquels elles étaient préalablement habituées,

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