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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 01:00

 

 

 Cinquième  Partie : 

 

DES CIRCONSTANCES POSSIBLES DU DÉCÈS D'ANTINOÜS

 

 

 

 

    Je l'ai expliqué pour autant qu'Hadrien pouvait se l'expliquer, pour autant que je me l'explique moi-même. D'abord, Antinoüs a dû croire à la valeur de son sacrifice. Et il se peut aussi que dans sa situation de favori le suicide quasi rituel ait été une porte de sortie. Il échappait au vieillissement, à l'usure de la passion, à l'odieux des intrigues de cour ."

 

 

     C'est en ces termes que dans Les Yeux ouverts, ouvrage référencé dans ma bibliographie infrapaginale, Marguerite Yourcenar répond à la question de Matthieu Galey, avec lequel elle s'est entretenue à plusieurs reprises : Quelle est la part d'hypothèse dans la mort d'Antinoüs ? Quelle est votre explication de son suicide ?  

 

     Suicide ? Ai-je bien lu ?

     Suicidé, le jeune éphèbe d'une vingtaine d'années retrouvé mort dans le Nil ?

     Assurément, fiction romanesque que cela !

 

     Qu'indique donc la seule source véritablement contemporaine de l'événement, l'obélisque du Pincio, à Rome ?

 

     

Obélisque du Pincio - Face est : tableau supérieur et 1ère partie des deux colonnes gravées d'inscriptions - (© Photo : Raymond Monfort)

Obélisque du Pincio - Face est : tableau supérieur et 1ère partie des deux colonnes gravées d'inscriptions - (© Photo : Raymond Monfort)

 

     C'est en effet à  nouveau vers ce monument que, dans un premier temps, je vous propose de tourner nos regards, cette fois sur la face est, opposée à celle que nous avons quelque peu décryptée les semaines précédentes : vous ne pouvez certainement plus ignorer, amis visiteurs, que, depuis la rentrée de septembre, après ma relecture cet été du remarquable roman Mémoires d'Hadrien de l'immense romancière d'origine belge, je me suis, - et vous ai, je l'espère - offert le plaisir, au départ, entre autres divers documents, d'études menées et publiées par feu l'égyptologue français Jean-Claude Grenier depuis les années '80, d'ouvrir un "dossier-enquête" dont nous rédigeons progressivement les pages pour tenter d'élucider un certain nombre de questions au sein desquelles Hadrien, empereur romain du IIème siècle de notre ère et Antinoüs, son jeune favori bithynien, font incontestablement figure de héros cardinaux.

 

     Et précisément, le tableau supérieur du monolithe romain nous montre Antinoüs, toujours vêtu et coiffé à l'égyptienne, toujours debout d'un côté d'une table d'offrandes face à un dieu assis, Thot cette fois, à tête d'ibis, - (ibiocéphale) -, auquel il tend dans sa main droite ouverte une figuration du coeur-ib.

 

     Le dieu, couronné d'un disque solaire, maintient de la main gauche le même sceptre que celui que nous avons vu précédemment sur la face ouest et, de la droite, dépose sur le coeur-ib la représentation du souffle de vie, - les signes ankh et tchou combinés -, confirmant ainsi par l'image le petit texte hiéroglyphique incisé verticalement devant lui : Je fais pour toi que ton coeur vive tous les jours.

 

     Ceci posé, c'est de ce que le lapicide grava dans les deux colonnes de hiéroglyphes qui se déploient sur ce côté de l'obélisque que je voudrais maintenant vous entretenir, - et notamment d'une phrase particulière que je voudrais vous faire découvrir -, aux fins d'essayer de répondre à une deuxième question de notre "enquête" : après nous être interrogés à propos de l'emplacement du tombeau  d'Antinoüs, abordons un autre sujet controversé, toujours débattu par les historiens : celui des circonstances de son décès aussi soudain, aussi prématuré.

  

Obélisque du Pincio - Face est : portion avec l'extrait, dans la colonne de droite, évoquant la mort d'Antinoüs - (© Photo originale : Association des Amis de Saint-Estève)

Obélisque du Pincio - Face est : portion avec l'extrait, dans la colonne de droite, évoquant la mort d'Antinoüs - (© Photo originale : Association des Amis de Saint-Estève)

Obélisque du Pincio - Face est : gros plan de l'inscription hiéroglyphique évoquant la mort d'Antinoüs - (© Photo originale : Association de Saint-Estève)

Obélisque du Pincio - Face est : gros plan de l'inscription hiéroglyphique évoquant la mort d'Antinoüs - (© Photo originale : Association de Saint-Estève)

Encadré en rouge : fac-similé de l'inscription évoquant la mort d'Antinoüs - (© d'après Grimm & alii)

Encadré en rouge : fac-similé de l'inscription évoquant la mort d'Antinoüs - (© d'après Grimm & alii)

 

 

     Pour mes lecteurs égyptophiles, philologues patentés, voici la translittération de cet  important extrait :  

 

Ssp-n=f  wDw.t  nt  nTrw  m  tr  Aw=f

     

     Dans son étude de 2008 citée dans la bibliographie ci-après, le Professeur Jean-Claude Grenier en donnait la traduction suivante : " ... (quand) il reçut l'ordre des dieux pour le moment de sa mort."  

 

     Ce qui, je vous le rappelle au passage, constitue une phrase rédigée par Pétarbeschénis, le hiérogrammate érudit qui composa les textes de l'obélisque, vraisemblablement "dictée" par l'empereur en personne ou, à tout le moins, inspirée des conversations préparatoires qu'ils eurent ensemble.

 

     Si j'en crois Dion Cassius (LXIX, 11), Hadrien aurait écrit par ailleurs que le jeune homme s'était noyé accidentellement dans le Nil.

   

     Quoi qu'il en soit, cette version des faits que je qualifierai d'autorisée, fut celle que, peu ou prou, les Anciens commentèrent : accréditant la cause du décès, la noyade, ils doutèrent des circonstances "officielles" avancées, l'accident.

 

     Je vous explique.

 

     Les sources essentielles, j'eus déjà l'opportunité de les citer puisqu'elles furent compulsées par Marguerite Yourcenar pour rédiger Mémoires d'Hadrien, furent prioritairement l'historien romain de langue grecque Dion Cassius, (Bithynien lui aussi, né en 155 et mort en 235 de notre ère) qui, au Livre XIX de son Histoire romaine, relate la vie d'Hadrien ; et l'Histoire auguste, compendium dans lequel six historiographes, tels que Spartien, Lampride et Capitolin ont, à la fin du IVème siècle, rédigé en latin la biographie d'une petite trentaine de monarques, dont évidemment Hadrien. 

     

     Il est depuis longtemps avéré qu'il nous faut prendre avec grande circonspection les propos de ces auteurs qui ne vécurent pas à l'époque des personnages dont ils brossaient le portrait ou des événements qu'ils relataient. 

 

     C'est d'ailleurs, avant d'envisager à nouveaux frais l'histoire d'Antinoüs aux côtés d'Hadrien, ce qu'avance l'égyptologue français Jean-Claude Grenier dans un texte qu'il publia en 2014, peu de temps avant son décès, dans la remarquable "anthologie" - que je vous conseille vivement de dévorer, amis visiteurs -, dirigée par Madame Florence Quentin, également reprise dans ma bibliographie : "Voici les éléments qui se démarquent des poncifs et des ragots hérités des auteurs antiques et qui nourrissaient l'opinion courante des modernes."

 

     Qu'indiquèrent-ils en fait ces ragots et poncifs d'auteurs anciens que vilipende le Professeur Grenier ?

 

     Pour les uns, la noyade d'Antinoüs ne serait nullement un accident fortuit mais bel et bien un suicide ; thèse, vous l'aurez-compris si vous vous souvenez de l'exergue proposé à l'entame de notre présent rendez-vous, que retint Marguerite Yourcenar dans son roman. Pour d'autres, peut-être plus suspicieux encore, Hadrien lui-même, fortement imprégné qu'il était, on le sait, de ce que conjecturaient les haruspices, aurait habilement incité son jeune ami à offrir sa vie, à se sacrifier pour qu'il puisse, lui, en tant que maître du monde, bénéficier du plus long règne possible : c'est à tout le moins ce que prétend un historien romain du IVème siècle, Aurélius Victor, au chapitre XIV de son Liber de Caesaribus, recueil d'une quarantaine de biographies de souverains.

 

     En définitive : accident ou suicide ? 

     

     Et si véritablement suicide il y eut, fut-il prémédité, - Antinoüs étant parfaitement conscient que dans la conception des moeurs inhérente à l'éphébie grecque, il allait atteindre un âge où serait considérée avilissante une relation intime avec un homme mûr -, ou lui fut-il imposé au plus haut niveau de l'État ? 

     

 

     De ces diverses théories ou opinions, que pensèrent les historiens et égyptologues modernes ? 

 

     Ils en accréditèrent parfois l'esprit, tout en y ajoutant d'autres dimensions : pour l'un, ce sacrifice volontaire dans le Nil était destiné à garantir l'abondance de ses futures crues ; pour un autre, puisque noyade il y avait, apothéose, il y aurait, par simple assimilation avec le sort du dieu Osiris, dépecé puis jeté dans le fleuve par son frère Seth. 

     D'aucuns osèrent même la thèse du meurtre, voire de l'assassinat, s'ils soupçonnaient la préméditation ...

 

     Enfin, aux yeux de J.-C. Grenier, vous l'aurez compris, existaient, en rapport avec cet événement particulier, des éléments qui se démarquaient : entendez une explication plus prosaïque de cette disparition imprévue.

 

     C'est, amis visiteurs, pour autant bien sûr que vous acceptiez une nouvelle rencontre entre nous, ce que j'aimerais vous expliquer le mardi 15 novembre prochain.

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

 

 

AMANDRY Michel/ KÜTER Alexia, Antinoüs, dans Marguerite Yourcenar et l'empereur Hadrien, Une réécriture de l'Antiquité, Catalogue de l'exposition au Forum antique de Bavay, Musée archéologique du Département du Nord, Gand, Éditions Snoeck, 2015, p. 82.

 

 

 

GRENIER Jean-ClaudeL'Osiris Antinoos, dans Cahiers de l'ENIM (CENIM) I, Montpellier, Université Paul-Valéry, (Montpellier III), 2008, pp. 13-5 et 47-58.

 

 

 

GRENIER Jean-Claude, Quelques pages du livre des empereurs. L'affaire Antinoüs, dans QUENTIN Florence, Le Livre des Égyptes, Paris, Éditions Robert Laffont, Collection "Bouquins", 2014, pp. 275-80

 

 

 

GRIMM Alfred/KESSLER Dieter/MEYER HugoDer Obelisk des Antinoos. Eine kommentierte Edition, München, Wilhelm Finck Verlage, 1994, p. 40. (Version électronique)

 

 

 

VOISIN  Jean-Louis, Apicata, Antinoüs et quelques autres - Notes d'épigraphie  sur la mort volontaire à Rome,  MEFRA (Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité), tome 99, n° 1, 1987, pp. 262-6

 

 

 

YOURCENAR Marguerite, Carnets de notes de "Mémoires d'Hadrien", Paris, Gallimard, 1981, Collection "Folio" n° 921, pp. 328.

 

 

 

YOURCENAR Marguerite, Les yeux ouverts. Entretiens avec Matthieu GaleyParis, Le Livre de Poche "Biblio" n° 5577,  Librairie Générale Française, 2015, p. 154.

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte à Rome
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commentaires

FAN 09/11/2016 16:59

L’EMPEREUR HADRIEN (76-138 AP. J.-C.) | AU CŒUR DE L’HISTOIRE | EUROPE 1 (par Franck Ferrand)

Richard LEJEUNE 10/11/2016 07:03

Merci pour cette référence, Fan ...

FAN 09/11/2016 16:55

Entre les commentaires subtils d'Alain et vos réponses passionnées cher Richard, je vais finir par reprendre la lecture de ce livre laissé en plan depuis belle lurette!! Connaissez-vous Franck Ferrand, un prof d'histoire qui intervient à la radio et en conférence? Bisous Fan

Richard LEJEUNE 09/11/2016 17:51

Mais bien sûr, chère Fan, relisez "Mémoires d'Hadrien" : ce roman traduit paraît-il dans de très nombreuses langues est unanimement reconnu comme un chef d'oeuvre !!!
Ce serait un cadeau que vous vous feriez mais que vous me feriez également : moi qui très souvent me demande à quoi servent mes interventions sur ce blog ou mes pages FB ne pourrais pas jouir de plus belle récompense que savoir que je suis à l'origine de cette éventuelle relecture, me sentant déjà par ailleurs tellement gratifié par ceux de mes visiteurs qui, plus intéressés que d'autres, m'adressent commentaires et/ou questions supplémentaires.

Oui je "connais" le journaliste féru d'histoire qu'est Franck Ferrand ou, plus exactement, j'ai déjà écouté certaines de ces émissions "Au cœur de l'histoire", sur Europe 1 ... mais ne l'ai jamais rencontré ni en privé ni en conférence, d'où mes guillemets restrictifs encadrant le verbe connaître ...

Carole Chollet 08/11/2016 23:36

Votre "enquête policière" me fait frissonner. Faut-il supposer un Hadrien néronien, élaborant ses chefs-d'oeuvres à la gloire de l'aimé dans l'assassinat ou l'incitation au suicide ?

Richard LEJEUNE 09/11/2016 08:06

Ce n'est évidemment pas à vous, Carole, que je vais apprendre tout l'intérêt à lire les auteurs antiques, mais de le faire avec prudence, avec circonspection, avec esprit critique.
Je l'ai d'ailleurs souligné dans mon article de ce mardi : il suffit de les côtoyer pour comprendre combien peuvent être différents les avis des uns et des autres sur un même personnage, sur un même événement.

La réponse à votre question, la fin de "suspens", - en fait la clôture de cette deuxième enquête d'un dossier qui en comporte encore d'autres -, je l'envisage pour mardi prochain, ainsi que je viens de l'écrire à Christiana ...

Christiana 08/11/2016 16:02

Accident ou suicide ? Ou crime... si Hadrien a incité son jeune ami à offrir sa vie, à se sacrifier, ou si c'est la raison d'état qui l'y a poussé, comment nommer cette incitation? J'attends donc une explication prochaine.

Richard LEJEUNE 09/11/2016 07:50

Et si l'explication venait de l'égyptologie ?

À mardi, Christiana ...

Alain 08/11/2016 15:04

Thérapie… Tu n’en as pas besoin, Richard. Aujourd’hui, grâce à internet l’on peut toujours s’enrichir, créer, et faire partager ses connaissances. Et tu le fais si bien.
Il est vrai que sur ta série d’articles je n’ai pas un très grand mérite car j’avais le superbe livre de Marguerite Yourcenar. Il suffisait de l’éplucher pour mieux te comprendre. J’ai l’habitude de me documenter souvent et de lire très vite malgré les difficultés visuelles. Je peux donc argumenter comme tu le fais souvent chez moi sur la peinture.
Pour le carnet de notes, j’ai compris. Le paragraphe dont tu parles est situé à la page 314 de mon livre.
La relecture de ce carnet de notes permet de se rendre comte du travail acharné de l’auteur. Elle s’était totalement investie dans ce travail. Elle écrivait souvent la nuit : « Je m’installais dans l’intimité d’un autre temps ». (…) « Ajoutés les uns aux autres, ces espèces de compte rendus eussent donné un volume de quelques milliers de pages. Mais je brûlais chaque matin ce travail de la nuit. J’écrivis ainsi un très grand nombre de méditations fort abstruses, et quelques descriptions assez obscènes. »
Le roman historique est terrible à faire, car il faut rester juste, au plus près de la vérité historique, tout en imaginant le reste. J’ai connu avec Van Gogh (d’ailleurs j’en reparlerai bientôt. Chut…).
Pour le passage sur l’île des Monts Déserts. Je pense qu’effectivement elle était tellement imprégnée de son ouvrage que ce 26 décembre 1950 elle imagina la mort d’Hadrien, la ressentit elle-même, et l’écrivit. Elle pensa un moment au suicide de celui-ci, puis…
Passionnant !

Richard LEJEUNE 09/11/2016 07:45

Merci Alain : tu as parfaitement ressenti toi aussi en lisant l'indispensable "Carnet de notes ..." combien son travail d'écriture fut loin d'être un long fleuve tranquille, combien elle s'y investit, combien elle eut à cœur de s'enfouir dans nombre de lectures préparatoires fort pointues aux fins de cerner au plus près une époque et un très grand homme d'État romain.

Lire ce "Carnet ...", comme d'ailleurs les entretiens qu'elle eut avec Matthieu Galey ("Les Yeux ouverts") ou encore certains des textes publiés par Gallimard dans un des deux volumes qui lui sont consacrés au sein de la Bibliothèque de La Pléiade, "Essais et Mémoires", permet non seulement d'approcher la belle personne que fut Marguerite Yourcenar mais également de pénétrer dans les coulisses de l'élaboration d’œuvres magistrales, car, bien évidemment, elle évoque aussi la genèse de cet autre remarquable roman qu'est "L'oeuvre au noir" ...

Alain 08/11/2016 11:17

Accident, suicide, assassinat… Beaucoup d’hypothèses dont tu nous donneras peut-être une explication plus précise la prochaine fois.
Dans la bibliographie tu mentionne : YOURCENAR Marguerite, Carnets de notes de "Mémoires d'Hadrien", Paris, Gallimard, 1981, Collection "Folio" n° 921, pp. 328.
Je possède une édition plus ancienne, 1974, de Gallimard. Je n’ai pas trouvé de quoi tu voulais parler en page 328. Par contre en page 329 de mon livre, j’ai relevé un paragraphe qui m’a interrogé :
« Le 26 décembre 1950, par un soir glacé, au bord de l’Atlantique, dans le silence presque polaire de l’Ile des Monts Déserts, aux Etats-Unis, j’ai essayé de revivre la chaleur, la suffocation d’un jour de juillet 138 à Baïes, le poids du drap sur les jambes lourdes et lasses, le bruit presque imperceptible de cette mer sans marée arrivant çà et là à un homme occupé des rumeurs de sa propre agonie. J’ai essayé d’aller jusqu’à la dernière gorgée d’eau, le dernier malaise, la dernière image. L’empereur n’a plus qu’à mourir. »
Marguerite Yourcenar aurait-elle tenté de revivre la mort de l’empereur en ce 10 juillet 138 à Baïes ? D’ailleurs la fin du livre ne se termine pas vraiment ainsi, même si on peut l’imaginer. Curieuse note…

Richard LEJEUNE 08/11/2016 14:14

J'aime tes commentaires.
Vraiment, Alain.
Car ils m'obligent à me dépasser.
Ils me rappellent le bon vieux temps de mes années d'Enseignant quand, suite aux questions d'Étudiants véritablement intéressés, je devais prévoir d'éventuels suppléments aux leçons que je qualifierais de classiques ou de ronronnantes.
J'ai compris qu'avec toi, et sur ce thème plus particulièrement, il me fallait par des lectures annexes, compléter mes connaissances aux fins d'être à même de répondre à tes commentaires avisés.
Non seulement cela m'émeut profondément, - me manque tellement mon passé (révolu) de Prof d'Histoire -, mais cela me réjouit que quelqu'un s'intéresse à ce point à ce que j'écris et veuille en apprendre encore plus.
Immense merci à toi pour cette "thérapie" que tu offres au retraité que je suis devenu.

Commençons par le début : j'ai longtemps cru, - à tort, semble-t-il -, que les publications de poche des ouvrages initialement proposés par Gallimard respectaient la pagination originelle. Ce n'est ici vraisemblablement pas le cas !
À la page 328 de mon édition du quatrième trimestre 1981, le passage auquel je faisais allusion dit exactement ceci :

"Cette nuit-là, je rouvris deux volumes parmi ceux qui venaient aussi de m'être rendus, débris d'une bibliothèque dispersée. C'étaient Dion Cassius, dans la belle impression d'Henri Estienne, et un tome d'une édition quelconque de l'Histoire auguste, les deux principales sources de la vie d'Hadrien, achetés à l'époque où je me proposais d'écrire ce livre."

Propos qu'elle réitère d'ailleurs p. 139 dans ses entretiens avec Matthieu Galey, "Les yeux ouverts", ouvrage que j'ai aussi ce matin cité dans ma bibliographie.
Elle y explique - et c'est passionnant ! - la genèse de l'oeuvre qu'elle commença très jeune, qu'elle abandonna, détruisant tous ses brouillons, qu'elle reprit et termina en trois ans, au milieu du XXème siècle, suite à la réception d'une malle "providentielle", en 1948. Le roman fut publié en 1951.

Quant au passage que tu reprends dans ton commentaire ci-dessus, il figure aux pages 342-3 de mon édition, .
En t'astreignant à un calcul précis de proportions mathématiques, tu retrouveras donc plus ou moins facilement le paragraphe dont ci-avant j'ai repris le début ...

Pour ce qui concerne les confidences de Marguerite Yourcenar à propos du 26 décembre 1950, je ne sais trop qu'en écrire. Je ne pense pas qu'à cette date, elle envisagea le suicide, "Mémoires d'Hadrien" étant quasiment un ouvrage achevé puisqu'il fut publié en 1951 !
Toujours dans "Les yeux ouverts", p. 232, elle confie que c'est par "un soir d'hiver glacial de 1950", dans la chambre de sa maison de l'île des Monts Déserts, qu'elle écrivit les pages sur la mort d'Hadrien.

Ceci posé, ce que je crois à la suite des lectures que j'ai faites la concernant, c'est que profondément imprégnée par son sujet, elle a voulu pousser le plus loin possible diverses expériences d'écriture pour entrer véritablement dans la peau de son personnage.

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