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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 01:00

 

Première Partie :

LA MORT APPRIVOISÉE

 

 

 

     En guise de fil conducteur, tout au long de cet automne, il fut peu ou prou question, amis visiteurs, du décès d'Antinoüs, le favori de l'empereur romain Hadrien, au IIème siècle de notre ère.  

 

     À présent qu'est clos le "dossier-enquête" que nous avions vous et moi ouvert à son sujet à la rentrée de septembre dernier, j'ai pensé intéressante l'idée de profiter des deux rendez-vous qui nous sont octroyés avant que débutent les vacances scolaires et se termine l'année 2016, pour, prenant appui sur deux articles que j'avais déjà proposé sur mon blog voici cinq ans, envisager à nouveaux frais le concept de mortalité chez les Égyptiens de l'Antiquité.

 

 

      Ah Ounas, tu ne peux donc partir mort (puisque) tu es parti vivant

 

peut-on lire dès l'apparition des premiers textes funéraires royaux, à la fin de la Vème dynastie, à l'Ancien Empire donc, dans la pyramide d'Ounas, puis dans celles de ses successeurs immédiats, le nom du souverain étant évidemment interchangeable. 

(© https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Unas_Pyramidentexte.jpg)

(© https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Unas_Pyramidentexte.jpg)

 

     Ounas fut, je le rappelle incidemment, le premier des souverains de l'Égypte antique à souhaiter "tapisser" de textes les parois de la chambre sépulcrale de son imposante "demeure d'éternité" : composés de formules et d'incantations destinées à favoriser l'accession et la renaissance du roi dans l'Au-delà, ils constituent les plus anciens écrits funéraires de l'Humanité actuellement mis au jour.

 

     Lisez en filigrane que, dans leur plus grande majorité, les pyramides furent totalement anépigraphes et que seules celles des derniers dynastes de l’Ancien Empire, - six en tout -, et de certaines de leurs épouses, - six également -, présentèrent cet important corpus religieux qui, plus tard, au Moyen Empire, se perpétuera avec les Textes des Sarcophages puis, au Nouvel Empire, avec le Livre pour sortir au jour, - que certains égyptologues nomment encore erronément Livre des Morts.

 

     L'incipit que je viens de vous donner à lire, - §134 a, dans les relevés qu'ont  effectués et répertoriés les égyptologues - fut, chez Ounas et les souverains qui suivirent, gravé sur la paroi sud de la chambre funéraire : il entamait toujours les textes tournés vers le roi défunt qui, d'ouest en est, était censé les lire en quittant son sarcophage pour se diriger vers la sortie.

   

     Cette formule que feu l'égyptologue français Jean Leclant estimait décisive et qu'il proposait d'ailleurs de nommer "le Grand Départ" ; cette assertion qui pourrait, à nos esprits cartésiens, sembler éminemment paradoxale, je voudrais aujourd'hui la commenter, la développer de manière à tordre le cou à certaines idées préconçues ressassées ad nauseam et, à cette fin, vous affirmer haut et fort : NON !, les Égyptiens n'étaient pas morbides ! Ni macabres ! Ni par la mort obnubilés leur vie entière ; ni par elle tourmentés, hantés, obsédés !

 

     Mais à la différence de la majorité d'entre nous qui, la plupart du temps, nions même jusqu'à sa présence, nous ingéniant à l'ignorer, - alors que sur un plan purement philosophique notre finitude constitue sur cette terre la seule certitude dont nous puissions véritablement être assurés -, les habitants des rives du Nil antique ne s'en souciaient que pour mieux l'apprivoiser, pour mieux se préparer à cette seconde vie à laquelle ils croyaient, arguant du fait que leur présence ici-bas n'était que provisoire alors que là-bas, dans ces champs d'Ialou tellement prometteurs, elle serait éternelle.

 

     Certes, un peu comme nous qui, de litotes en circonlocutions, nous forçons à éviter une terminologie trop lourde de sens, les Égyptiens, plutôt que "mourir", préférèrent utiliser des verbes comme "s'éloigner", "quitter", "s'en aller" ou, plus fréquemment, "aborder", qu'il nous faut à la fois comprendre au sens littéral d'accéder, après avoir franchi le Nil, au bord opposé, sur la rive ouest où étaient le plus souvent aménagées les nécropoles ; et au sens figuré, voire populaire, de passer de l'autre côté ...

 

     En outre, usant d'une métalepse, ils appelaient les défunts les "vivants", considérant ainsi la mort comme une non-existence et distinguant ceux qui vivaient sur terre de ceux qui évoluaient là-bas, dans l'Au-delà, dans le Bel Occident, ainsi que plus poétiquement ils préféraient le nommer.

 

     Pratiquement, dans l'écriture hiéroglyphique, c'est par l'adjonction d'un "classificateur sémantique", vocable choisi par l'égyptologue belge, Professeur à l'Université de Liège, Jean Winand, pour désigner le déterminatif qui ne se prononce pas mais qui permet de comprendre de quelle catégorie lexicologique le terme fait partie, que s'indiqua la distinction : ainsi, le "vivant" qui est sur terre était identifié grâce au signe de l'homme accroupi  A3 (= A 3 dans la liste de Gardiner), tandis que le "vivant" qui était décédé se distinguait soit par le signe d'une momie couchée A54  (= A 54 de la même liste), soit par celui de l'homme assis sur un siège A50  (= A 50), tenant éventuellement le flagellum (A51   (= A 51), ces deux derniers personnages étant bien sûr momiformes.

 

      Les différentes esquives lexicographiques que nous pourrions d'ailleurs considérer comme une volonté d'occulter une réalité plus que désagréable, traduisaient en fait un concept ontologique essentiel : aux yeux des Égyptiens, l'être était foncièrement vivant mais évoluait dans deux espaces différents, l'ici-bas et l'au-delà.

Et entre les deux, la mort, qu'il faut comprendre comme une sorte de moment de transition.

 

     L'on rencontre, quand on feuillette le Livre pour sortir au jour des titres de chapitres tels que : Formule pour ne pas mourir une seconde fois dans le domaine des morts ou Formule pour ne pas périr, pour demeurer vivant dans le domaine des morts.

 

     Mourir deux fois ? Vivre parmi les morts ? Comment devons-nous appréhender semblables formulations pour le moins sibyllines ?

       

     C'est, de manière à clore notre discussion sur le sujet, ce que j'envisage de vous expliquer, amis visiteurs, lors de notre dernier rendez-vous de 2016, le mardi 20 décembre prochain.

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

BARGUET  PaulLe Livre des Morts des anciens Égyptiens, Paris, Éditions du Cerf, 1967, pp. 86-7.

 

CARRIER  ClaudeTextes des Pyramides de l'Égypte ancienne, Tome I : Textes des Pyramides d'Ounas et de  Téti, Paris, Cybele, 2009, § 134 a, pp. 66-7.

 

GUILHOU  NadineLa mort et le tabou linguistique et rituel en Egypte ancienne, dans MARCONOT J.-M. et AUFRERE S. H., L'interdit et le sacré dans les religions de la Bible et de l'Égypte, Montpellier III, Université Paul-Valéry, 1998, pp. 25-37.

 

 

LABOURY  DimitriL'Égypte et la mort. Rites et croyances funéraires dans l'Égypte antique, in Ombres d'Égypte. Le peuple de Pharaon, Treignes, Catalogue de l'exposition au Musée du Malgré-Tout, Éditions du Cedarc, 1999, pp. 53-9.

 

 

LECLANT  JeanÉtat d'avancement (Été 1979) de la recherche concernant les nouveaux Textes des Pyramides de Téti, Pépi Ier et Mérenrê, in L'Égyptologie en 1979. Axes prioritaires de recherches, Tome II, Paris, Editions du Centre national de la Recherche scientifique, 1982, p. 34.

 

 

WINAND  JeanLes auteurs classiques et les écritures égyptiennes : quelques questions de terminologie, in La langue dans tous ses états, Acta Orientalia Belgica XVIII, Michel Malaise in honorem, Liège, Société belge d'études orientales, 2005, p. 103.


 

 

 

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Mort et Au-delà ...
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Étirév 16/10/2017 09:54

Bonjour,
Suite à votre article, je me permets d'ajouter quelques informations au sujet du Livre des morts égyptien.
LE LIVRE DES MORTS
Il s'agit, dans ce livre, non de la mort réelle du corps, mais de cette mort de l'âme, qui n'empêche pas les hommes de vivre. Ce symbolisme, ainsi compris, change complètement l'esprit du livre.
C'est Lepsius qui donna à ce recueil son titre actuel « Todtenbuch ». Champollion, qui n'y avait rien compris, parce qu'il ignorait l'ésotérisme hermétique des prêtres, voulut l'appeler « Rituel funéraire ». Les Egyptiens ne lui avaient pas donné ce titre. C'est un ouvrage très ancien, datant, dit-on, des premiers temps de l'Egypte, et écrit par un ou des auteurs inconnus.
D'abord, nous savons qu'on donne toujours comme très anciens les livres altérés, pour reporter dans un passé lointain les idées nouvelles qu'on y introduit. Ensuite, nous savons aussi que les auteurs « inconnus » sont les Femmes dont on a caché le nom ; les oeuvres des hommes ne sont jamais anonymes et les historiens n'en laissent pas perdre la mémoire.
L'ouvrage dont nous nous occupons se compose de sections ou chat (livres) appelés Ro. Il contient des variantes qui laissent supposer plusieurs rédactions ou plusieurs interprétations. C'est le « mort » qui parle, il raconte ce qu'il fait, ce qu'il voit, où il est, etc. Et il faut se rappeler que le surnaturel n'existait pas à cette époque, donc c'était bien quelqu'un, qui était quelque part. La plupart des sections se terminent par la formule : « Celui qui sait ce chapitre », ou « celui qui sait ce livre durant sa vie entrera dans la région de la vie Divine ».
Or la vie Divine, c'est la vie dans les villes qui ont conservé le régime Théogonique, le monde où régnent les Déesses. Ce sont donc des conseils, des leçons donnés aux hommes pour les rendre dignes de vivre parmi ces femmes Divines.
C'est une collection de prières en 165 chapitres.
Le chapitre 125 expose ce qu'il fallait pratiquer ou éviter et fait connaître sous une forme dramatique les conditions morales du salut.
Le chapitre 162 se termine par ces mots : « Ce livre renferme le plus grand des mystères, ne le laisse voir à aucun oeil humain (masculin), ce serait un crime, apprends-le, cache-le ».
Voilà qui prouve bien qu'il s'agit de la lutte de sexes.
Cela nous confirme dans l'idée qu'il a été écrit par une femme pour moraliser les hommes, et que c'est cette circonstance qui fait que le livre primitif a été altéré.
En effet, dans la rédaction remaniée qu'on nous donne, Osiris n'est plus « le mort », mais « le seigneur de la vie ». Ce n'est plus la Femme, la Déesse Isis, qui est l'Etre bon, vivant, la grande âme, c'est l'homme qui est devenu tout cela. On a donc corrigé une première rédaction en changeant le rôle des Dieux.
On a vu dans ce livre une allégorie représentant la défaite de la Femme vaincue, et sa résurrection à la vie et à la puissance. On a fait de cela un symbole astronomique. Ra descend dans l'enfer d'Osiris, comme Istar, comme Perséphone, puis elle en sort et renaît à la vie. Sa mort provoque des pleurs, son retour à la puissance s'affirme graduellement par des modifications successives, opérées par des Divinités qui avaient pour mission de faire avancer le soleil (c'est-à-dire l'Esprit qui conçoit la vérité) jusqu'à son lever. Belle image de la renaissance de la Femme à la vie sociale. Ces Divinités devaient changer perpétuellement les conditions des êtres en les faisant renaître. Ceci est l'histoire du progrès à travers les générations.
Après cela venaient des idées obscures, qui ne peuvent avoir été exprimées que par des prêtres cachant, renversant, exagérant une idée primitive qu'ils voulaient à dessein rendre inintelligible.
Tels ces trois paragraphes :
1° Les Justes divinisés, vivant dans l'adoration du soleil, ou constitués gardiens des bassins dans lesquels les corps s'épurent pour le renouvellement.
2° La barque du Dieu Af naviguant dans la région souterraine, en fécondant la larve des hommes promis à la résurrection.
3° Les criminels, les morts enchaînés, renversés, torturés par Toun, Horus et les Génies qui les assistent, puis traînés à la « demeure d'anéantissement ». Des âmes, des ombres sont plongées dans des gouffres de feu, où l'on voit aussi des têtes coupées. A ces gouffres président des bourreaux féminins, des Déesses à tête de lionne qui « vivent des cris des impurs, des rugissements des âmes et des ombres qui leur tendent les bras du fond du gouffre ».
Ce dernier paragraphe a été écrit par un auteur qui a voulu renverser sur les Femmes ce qu'elles avaient dit du séjour infernal, du monde des hommes. Il leur renvoie leurs accusations, en faisant croire que ce sont Elles qui torturent et non Elles qui sont torturées. C'est le système de la « réflexion sexuelle », c'est une façon de donner à la Femme la responsabilité des souffrances infligées par des hommes.
Le « livre des Morts » a été traduit en français par M. Paul Pierret, qui nous dit : « Le livre s'ouvre par une représentation des funérailles. Le traîneau qui porte la momie est escorté par les parents, les pleureuses, les prêtres, qui portent des insignes sacrés, ou lisent les prières prescrites. Les quatorze premiers chapitres, au-dessous desquels se déroule cette procession, introduisent le défunt dans la région souterraine et lui promettent la résurrection, « la vie après la mort » (c'est l'initiation) ». Chacun des mots que je souligne devrait être expliqué. Ainsi, à l'époque qu'on assigne au Livre des Morts, il n'existe pas encore de prêtres. Donc le livre a été remanié à l'époque où les prêtres ont existé, les prières et les insignes sont de la même époque, ainsi que le surnaturel, né du symbolisme destiné à cacher les vérités qui servaient de bases à la Théogonie. Ceci dit, continuons l'exposé de M. Pierret : Les chapitres XVIII et XIX sont des invocations à Thoth, pour qu'il accorde au mort la faculté de proférer la vérité, privilège divin.
Ici, le mort, c'est l'homme (l'ombre) ; le privilège divin, c'est le privilège féminin.
Dans les chapitres XXX et XLII, on parle des combats de l'âme contre les animaux fantastiques de l'IIadès. Le mort y apprend les paroles sacrées à l'aide desquelles il doit obtenir la victoire.
Les chapitres XLII et LIII s'occupent des maux qui accablent les méchants après la mort (de l'âme) et que l'âme accomplie doit au contraire éviter.
Dans les chapitres LIV et LXV, faveurs qui attendent les âmes accomplies.
Le chapitre LXIV compare la résurrection de l'homme (son retour à la vie morale) au lever du soleil, en mettant en regard l'homme qui sort de son tombeau et le soleil qui émerge de l'horizon.
Chapitre LXXXIX. Réunion de l'âme à son corps (de la Femme-âme à l'homme-corps).
Chapitre XCIX. Le mort arrive à la barque du soleil (symbole de vérité) et y navigue avec lui (le voilà revenu à la vie morale et le tableau suivant indique la vie heureuse qu'il rencontre dans le séjour bienheureux où la réconciliation s'est effectuée).
Chapitre CX. Le mort laboure, sème, moissonne, navigue dans l'Elysée.
Chapitre CXXVI. Invocation aux Génies (les Déesses) chargés d'effacer la souillure du péché.
Chapitre CXXVII et suivants. L'âme est renseignée sur la nature et les habitants des diverses régions célestes qu'elle doit parcourir.
Le chapitre CXXV est l'un des plus intéressants du recueil ; il est intitulé littéralement et en maintenant la forme hiéroglyphique : « Livre d'entrer dans la salle de vérité et de séparer l'homme de ses péchés afin qu'il voie la face des Dieux ».
Le mort adresse aux Dieux l'allocution suivante : « Salut à vous, seigneurs de vérité ; salut à toi, Dieu grand, seigneur de vérité. Je suis venu à toi, mon seigneur, pour voir tes beautés. Je sais ton nom. Je sais le nom des 42 Dieux qui sont avec toi dans la salle de vérité » (1).
Ces 42 Déesses sont les auteurs des 42 livres sacrés des Egyptiens.
(1) La connaissance du nom réel et du nom mystique des Dieux était un secret d'initiation dans la période du sacerdoce masculin ; c'était des noms féminins qu'on ne voulait plus citer, qu'on tenait cachés. Un de ces 42 Dieux est la Déesse Ranen ou Ranon, qui préside aux moissons et symbolise l'alimentation. C'est d'Elle que le mort reçoit le renouvellement de la vie. Nous ne savons pas à quelle époque les prêtres ont altéré ce livre et caché les noms des Déesses, mais c'est certainement après le Xe siècle (avant notro ère). Il n'a pas existé de prêtres avant cette époque.
https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.fr/2017/07/revolution-religieuse-en-egypte.html
Cordialement.

Cendrine 19/12/2016 15:05

Bonjour Richard,
J'ai lu votre article au sujet du texte de Michel Onfray et du graffiti de Rimbaud et je vous ai laissé un commentaire. J'ai voulu voir s'il était enregistré car j'ai depuis hier des problèmes de réseau, des pages Internet qui se coupent etc. Je ne peux plus ouvrir la page en question pour le moment. J'arrive seulement à voir la page Internet la plus récente. Les choses vont s'arranger mais j'espère que mon message a bien été enregistré. Ah, le net, il sait nous taquiner!!!
Belle journée à vous, amitiés
Cendrine

Richard LEJEUNE 19/12/2016 16:21

N'ayez aucune crainte, chère Cendrine, quant au message que vous m'avez adressé cet après-midi à la suite de l'article reprenant un extrait du texte de Michel Onfray à propos du graffito de Rimbaud à Louxor : il a bien été enregistré par Overblog ; et j'y ai évidemment répondu.
Quand disparaîtront les quelques soucis informatiques que vous évoquez ci-dessus, vous pourrez en prendre connaissance. Pour ma part, j'accède, sans difficulté aucune, à n'importe lequel de mes articles ...

Cendrine 17/12/2016 17:51

Il est vrai que bien des statues et des monuments ne sont pas considérés comme dignes d'intérêt... pourtant -et heureusement- il y a encore des personnes pour les apprécier mais d'autres sont d'un irrespect total. Le problème aux Tuileries, c'est que les sculptures du fer à cheval sont placées sur des socles bas (à Marly, elles étaient installées ainsi) mais du coup, les gens montent dessus. La grande mode est de faire des selfies en s'accrochant à ces sculptures qui ont déjà bien souffert. Ce n'est pas tout le monde qui fait ça mais la pollution et le temps ayant fait leur oeuvre ça empire les choses.
D'autres statues dans le jardin ont aussi perdu quelques morceaux mais elles sont moins abîmées car les socles sont plus hauts. Elles échappent donc aux vandales...
Ce que je trouve étonnant c'est qu'au jardin du Luxembourg par exemple, si quelqu'un commence à toucher les statues aussitôt on entend siffler et des gardiens arrivent alors qu'aux Tuileries, rien ne se passe. On peut grimper sur la Seine ou le Loiret, bien piétiner le pauvre Nil, faire son selfie en bavant contre le Tibre et... rien!
Restaurer des statues c'est sauvegarder notre patrimoine mais aussi préserver des emplois, un savoir-faire etc... Il est donc bien dommage de ne pas le faire. Le sujet nous touche alors que d'autres s'en fichent royalement.
Au moins, les originaux de Marly sont à l'abri...
Bien à vous Richard
Cendrine

Richard LEJEUNE 17/12/2016 18:02

Le respect des œuvres d'art - ou plutôt, l'irrespect - constitue un problème universel ... et difficile à juguler. Mais aussi difficile à faire l'unanimité quand il s'agit de réfléchir à son propos.
J'ai souvent pris l'exemple des graffiti sur les monuments qu'évidemment je déplore ... même, - et peut-être surtout ? - quand c'est l'immense Rimbaud qui grave son nom à Louxor !!!
(Souvenez-vous cette intervention et les commentaires qu'elle entraîna sur mon blog : http://egyptomusee.over-blog.com/article-michel-onfray-a-cote-du-desir-d-eternite-2-rimbaud-69933219.html)

Cendrine 17/12/2016 14:26

Vous n'avez pas à être confus Richard, je vous ai répondu à brûle-pourpoint et ce n'est rien. Je vous fais de gros bisous en vous souhaitant également une belle fin de semaine et je vous dis à très bientôt pour de nouvelles aventures historiques, archéologiques et amicales, je pense bien à vous
Cendrine
P.S: vous avez vu, il est dommage que certaines parties des statues soient si abîmées. Le petit génie sans sa tête m'a fait de la peine...

Richard LEJEUNE 17/12/2016 16:21

Merci de me rassurer, Cendrine.

J'avais remarqué, oui. : un génie étêté !
Bien des monuments mériteraient d'être restaurés mais à quelques exceptions près, notre époque s'en préoccupe-t-elle encore vraiment ?

Cendrine 17/12/2016 13:53

Cher Richard, pour répondre à votre question posée sur mon blog, si j'ai parlé de la manière traditionnelle de représenter le Tibre (il est bien évident que le Nil l'est aussi) et que je n'en ai pas parlé pour le Nil c'est parce que c'est une évidence. D'autre part, vivant crise d'épilepsie sur d'épilepsie (elles ne prennent pas de vacances parce que c'est Noël et je sortais ENCORE de l'hôpital lorsque j'ai fait mes photos) j'ai dicté mon article à Christophe qui a installé mes photos avec le texte et a publié l'ensemble. Au début je voulais placer le Tibre avant le Nil et finalement c'est le Nil qui a été installé en premier. Vous voyez, pas de complot pour oublier ce pauvre Nil et sa corne d'abondance, il ne faut pas voir des "erreurs" partout ou être tatillon à ce point...rires! Vu mon état,ce que je fais est déjà très bien et vous le savez nombre de gens auraient renoncé à écrire et à publier, Mon esprit fonctionne comme il peut et je pense qu'en dépit de tout il fonctionne pas trop mal vu le contexte. Chaque article me prend beaucoup d'énergie que je n'ai pas, que je n'ai plus et pourtant je persévère.
Certains aminautes qui ont vu votre message n'ont pas compris, je vous l'avoue, pourquoi vous ne compreniez pas. Il n'y avait pas d'intention particulière de ma part. C'est juste qu'il y a eu cette inversion dans l'ordre des sculptures et point, pas de complication excessive...
Belle journée à vous, amitiés
Cendrine

Richard LEJEUNE 17/12/2016 14:06

Oh, chère Cendrine : je suis confus !! Il n'y avait ÉVIDEMMENT aucune once de malveillance de ma part ! Ni de suspicion de quoi que ce soit de négatif !! Je souhaitais simplement comprendre la raison pour laquelle vous évoquiez la "manière traditionnelle" de représenter le Tibre ...
Bon samedimanche à vous...
Richard

Carole 16/12/2016 00:30

Admirable sagesse. Et admirable formule : il ne peut partir mort, celui que nous voyons toujours dans nos mémoires partir vivant - et simplement s'éloigner sur le chemin.

Richard LEJEUNE 16/12/2016 10:43

Quand je pense que tous les "manuels" autorisés dans les milieux universitaires et autres assènent ad nauseam que la philosophie est née en Grèce !!!

Jean-Pierre 15/12/2016 19:04

Ne serait-ce pas le sens de l'humour qui aurait inspiré cette formule ?

Richard LEJEUNE 15/12/2016 19:16

Ah ! Je vous retrouve tout entier dans cette question, cher Jean-Pierre.
Et vais tomber dans le panneau de vous répondre avec le "sérieux" du pédagogue : ce serait plutôt les sens, les acceptions que les Égyptiens donnaient au mot "Vie" qui seraient à l'origine de semblable conception eschatologique !

FAN 14/12/2016 18:16

Intéressant de savoir que ce roi OUNAS fut celui qui ait décidé de préparer son "au delà" et pas des moindres préparatifs!! Perso, je pense que les "lambdas" de cette époque n'avaient pas cette même vision de la mort et de l'après mort!! il faut être un tant soit peu mégalo, avoir de l'argent et du pouvoir !! J'attends avec impatience le résultat de vos recherches et explications,cher Richard!!Bisous Fan

Richard LEJEUNE 15/12/2016 08:22

Si certaines formules de ce corpus religieux appelé Textes des Pyramides existaient déjà avant Ounas, c'est effectivement lui, chère Fan, qui, le premier, décida de les faire graver sur différentes parois de ses appartements funéraires de sa pyramide ...

Vous avez aussi raison de penser que tous ces préparatifs pour s'assurer une nouvelle vie dans l'Au-delà furent un tant réservés à l'élite de l'élite au pouvoir ...
Par la suite, copiant leurs dirigeants, maints petits chefs, maints personnages de l'entourage royal firent eux aussi reproduire des formules, notamment sur leur sarcophage, en vue de faciliter leur accession à l'éternité ...

Cendrine 13/12/2016 19:29

C'est un thème absolument passionnant... Nous sommes gâtés, encore une fois ! La mort, passage, voyage, cheminement... Mes propres croyances s'accordent à une vision ouverte de la mort. Nous souhaitons vivre nos vies le plus longtemps possible mais je ne vois pas un mur d'obscurité venant tout clôturer... Je me sens en adéquation avec l'image d'une barque glissant sur les flots vers d'autres « aventures » et je compte bien revoir les êtres que j'aime et qui ne sont plus « ici et maintenant ». La vie et la mort sont initiation et leur complémentarité brille comme un miroir dans un miroir... J'épouse cette idée d'une seconde vie, à la fois saut dans l'inconnu et franchissement d'un seuil.
Les Égyptiens de l'Antiquité ont bien des choses à enseigner aux êtres « modernes » que nous sommes. Je le crois profondément. J'ai dévoré votre article, merci Richard !
Je vous souhaite une excellente soirée, bises amicales
Cendrine

Richard LEJEUNE 14/12/2016 09:05

Merci chère Cendrine pour le regard bienveillant que vous portez à nouveau sur mon article dans ce très beau commentaire. Bien que n'épousant nullement leurs conceptions eschatologiques, j'ai toujours été fasciné par cette volonté qu'avaient les Égyptiens de l'Antiquité de mettre tout en oeuvre pour que leur vie dans l'Au-delà soit à tout le moins aussi belle, - si pas plus encore ! -, que ce qu'ils avaient vécu ici-bas ...

PASSIONS SCULPTURE 13/12/2016 13:16

La deuxième vie est celle du souvenir qui nous rattache à ceux qui nous ont quittés.
Ils restent tellement présents auprès de nous.
En apprendrons nous plus avec le temps ? Des thèses sont intéressantes et nous laissent perplexes.

Richard LEJEUNE 13/12/2016 15:58

Je ne sais absolument pas à quelles thèses vous faites allusion, Madame, mais en revanche parce que nous nous sommes jadis rencontrés sur nos blogs respectifs à un moment extrêmement difficile de votre vie, je vous remercie de m'avoir adressé aujourd'hui ces quelques mots de commentaire ...

Alain 13/12/2016 12:18

Malgré les problèmes liés à cette mort que nous avons du mal à affronter, nous aussi, souvent, au moins pour nos proches, nous sommes toujours vivants, partis ailleurs, mais bien présents dans les esprits. Il suffit de ressortir un vieux courrier, une photo ou un objet pour revoir une personne, sentir sa présence.
Les artistes, pas seulement eux… sont des privilégiés : ils restent éternellement vivants grâce à l’œuvre ou la découverte qu’ils nous laissent. Van Gogh, Monet, Rimbaud, Flaubert, Darwin, ne sont pas morts puisque l’on admire, lis, ce qu’ils nous ont laissé.
Comme les Egyptiens, nous sommes simplement « éloignés ». Nous ne sommes plus ici-bas mais au-delà. Alors, tout va bien…

Richard LEJEUNE 13/12/2016 16:00

Les souvenirs ne sont pas toujours suffisants mais si d'aventure, ils nous permettent de mieux accepter et supporter la mort de nos proches, alors oui, tu as raison, Alain : "tout va bien" !

Jean-Marie LÉTIENNE 13/12/2016 07:13

Toujours aussi passionnant. Merci Richard.

Richard LEJEUNE 13/12/2016 07:38

C'est moi qui vous remercie, Jean-Marie, pour cette constance à suivre et apprécier mes interventions ... pourtant à de nombreuses "mesures" de vos centres habituels d'intérêt.

Et à ce propos, aviez-vous eu l'occasion de lire dans l'ensemble des articles jadis dédiés à Metchetchi, au Louvre, ceux consacrés à la musique et plus spécifiquement aux harpes égyptiennes ?

(http://egyptomusee.over-blog.com/article-salle-5-vitrine-4-les-peintures-du-mastaba-de-metchetchi-49-des-joueuses-de-harpe-3-de-la-musiqu-110568161.html)

Je me demandais, puisqu'ils datent de novembre 2012, si, à la rentrée de janvier prochain, je n'allais pas les reprendre à nouveaux frais sur mon blog et sur mes pages Facebook ...

Étienne Rémy 13/12/2016 01:36

Après Antinoüs, voicibun thème que j'affectionne particulièrement! Et surtout à te lire!
En esperant que ça continue pour des millions d'années car la recette est efficace un million de fois.
Amitiés!

Richard LEJEUNE 13/12/2016 07:04

Quel bel enthousiasme ! Merci Étienne.

Présentation

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  • EgyptoMusée  -  Le blog de Richard  LEJEUNE
  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
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SINOUHE

Ou Encore ...

L' INDISPENSABLE



Les dessins au porte-mines

de Jean-Claude VINCENT

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