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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 01:00

 

     Aucun livre ne nous est parvenu de l'antiquité concernant la théorie ou la pratique de la musique chez les Égyptiens ; les inscriptions, les papyrus découverts jusqu'à ce jour se taisent sur ce sujet ; aucune mélodie authentique ne nous a été transmise ; la constitution tonale est inconnue, et l'on ne sait rien des formes de la poésie chantée. 

 

 

 

 

François-Joseph  FÉTIS

La musique dans l'Égypte ancienne

 

dans Histoire générale de la musique depuis les temps anciens jusqu'à nos jours

Paris, Librairie Firmin Didot Frères, Fils et Cie, 1869

Tome 1, p. 187

 

 

 

 

     Ainsi que je vous l'ai mardi dernier annoncé, amis visiteurs, c'est à propos de la musique égyptienne des temps anciens que je voudrais avec vous converser lors de nos premiers rendez-vous de 2017. 

 

     Au Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, vous vous en souvenez peut-être, la salle 10 du rez-de-chaussée est dédiée aux loisirs en général.

     Grâce notamment à l'immense meuble vitré qui en occupe le centre, 

 

 

Salle 10 - Vitrine 1 (Juin 2009)

 

 

réunissant quelques-uns des instruments les plus caractéristiques que l'Égypte ait connus, toutes époques confondues, je souhaiterais aujourd'hui, dans un premier temps, deviser avec vous à bâtons rompus.

 

     "A bâtons rompus" ?

 

     N'y décelez malice aucune : il ne s'agit point ici d'évoquer la baguette qu'un fougueux Von Karajan des bords du Nil antique pourrait briser sur son lutrin mais plutôt me siérait-il ce matin, en guise de rencontre préalable, introductive, de vous convier à nous départir de certaines notions, de certaines généralités transmises au cours des siècles, avant d'aborder véritablement la semaine prochaine cette thématique que je reprends à nouveaux frais.

 

     Et précisément à propos de pupitre et de chef d'orchestre, j'aimerais d'emblée attirer votre attention sur un point qui me paraît d'importance, rappelé d'ailleurs par un célèbre musicographe belge du XIXème siècle dont j'ai tenu à citer tout à l'heure le propos en exergue : jamais nul document, - que ce soit sur papyrus, sur ostracon ou dans un relief peint ou gravé -, jamais nul système s'apparentant peu ou prou à une volonté de notation musicale n'a été jusqu'à présent exhumé par les archéologues.

 

      Pis : nonobstant le nombre imposant de scènes de banquets funéraires ou véritablement festifs mises au jour dans les mastabas de l'Ancien Empire, dans les hypogées du Nouvel Empire ou sur les murs de temples ; nonobstant quelques artefacts ressortissant au mobilier archéologique inhérent à la vie quotidienne, nulle part vous n'apercevrez la silhouette d'un musicien ou d'un chanteur se référant à une quelconque partition.

 

     Ce qui, en d'autres termes, signifie que les Égyptiens ne consignaient pas les compositions qu'ils interprétaient. De sorte que comparée à d'autres formes artistiques pratiquées au sein de cette civilisation, la musique, pour sa part, pourrait être considérée comme l'art de l'éphémère par excellence.

 

     Toutefois, et nous le constaterons au fil de nos futures discussions, les fouilles réalisées en Égypte par les diverses missions archéologiques qui s'y sont succédé au XIXème siècle, après l'Expédition de Bonaparte, ont permis l'exhumation de maints instruments de musique parmi les mieux conservés - tels, notamment, ceux de cette vitrine de la salle 10 -, qui combleront d'une certaine manière le vide laissé par la carence de documents écrits.   

 

    

     Mesurée à l'aune de la magnificence de l'écriture hiéroglyphique que ce peuple avait créée de toutes pièces, cette non-existence de la moindre transcription musicale intrigua fortement au siècle dernier le grand musicologue allemand Hans Hickmann (1908-1968). Concédant néanmoins, faute de preuves matérielles contradictoires, qu'aucun document idoine n'avait encore été exhumé, il voulut voir dans la gestuelle chironomique une première approche, une première ébauche de solfège.

 

     Il est vrai qu'il avait un précurseur en la matière, et non des moindres, - je le citai au début de notre conversation -, François-Joseph Fétis (1784-1871), qui avançait déjà au siècle précédent, dans le premier des cinq tomes de son Histoire générale de la Musique, que les gestes des chironomes égyptiens, - ces hommes qui transmettaient aux interprètes une information grâce aux mouvements de leurs mains -,  étaient à l'origine même de notre notation musicale moderne.

 

     En effet, vous pourrez parfois distinguer, peints ou gravés près de différents musiciens, d'autres personnages également assis posant un geste bien précis de la main. Pour Hickmann, ces derniers constituant les lointains ancêtres de nos chefs d'orchestre, guidaient ainsi le musicien ou le chanteur au niveau de la ligne mélodique : une même gestuelle équivalait au même son pour tous les instruments présents - qu'ils soient harpe, luth ou hautbois -, comme c'est le cas sur le dessin ci-dessous représentant une scène figurant à l'extrémité du quatrième registre de la partie ouest de la paroi sud de la chapelle du mastaba de Ti, à Saqqarah.

 

 

Chironomie-chez-Ty.gif

 

 

 

     Il appert qu'un geste différent pour chacune des mains de cet accompagnateur musical, comme vous le constatez dans la partie supérieure du mur nord de la chapelle du mastaba de Ptahhotep reprise sur cet autre dessin ci-après, initiait bien évidemment deux sons distincts : la main gauche indiquant la pose des doigts pour la fondamentale et la droite pour l'exécution de sa quinte.

 

 Chironomie-polyphonique-chez-Ptahhotep-copie-1.gif

 

 

     Ce qui permit à Hickmann de déduire que les Égyptiens connurent, certes à un niveau extrêmement rudimentaire, les prémices d'une musique polyphonique.

 

     Il fut tout aussi évident dans l'esprit du savant allemand qu'il était également question de gestes d'accompagnement mélodique quand, dans le célèbre Hymne au Nil dont je vous avais proposé la lecture en août 2008, on apprend qu'en l'honneur du fleuve, l'on peut chanter avec les mains

 

     En conclusion, il se pourrait que la chironomie représentait, sur les parois des chapelles funéraires, une sorte de "graphie musicale" avant la lettre ; ou plutôt, avant la note.

 

     Il semblerait en outre, - et là, c'est à nouveau Hans Hickmann qui l'exprime - qu'au moins deux signes hiéroglyphiques (ceux correspondant à notre i et à notre h), quand ils sont plusieurs fois répétés les uns à la suite des autres au-dessus d'instrumentistes sur le mur d'un monument funéraire détiendraient vraisemblablement une signification musicale : mais cela reste encore conjecture, faute de documents précis avérant l'hypothèse.  

 

     De sorte que, nonobstant les recherches et déductions des deux savants belge et germanique auxquels je viens de faire référence, il demeure que les musicologues et autres acousticiens estiment, en cela suivis par maints égyptologues, que pour avoir une certaine idée des sonorités musicales de cette époque antique, il ne nous reste plus, dans un premier temps, qu'à nous intéresser à ce que chantent ou jouent les ouvriers et les paysans égyptiens contemporains quand ils veulent se donner du coeur à l'ouvrage, pour autant que l'on établisse comme base de réflexion qu'ils perpétuent dans une certaine mesure (sans quelconque jeu de mots de ma part !), au travers des siècles, au travers des générations, quelques réminiscences des mélodies antiques ; et dans un second temps, à prendre en bonne considération les chants liturgiques de ces descendants des lointains Égyptiens que sont les chrétiens coptes qui, vraisemblablement, pérennisent eux aussi les mélopées sacrées anciennes.

 

     Car les preuves archéologiques, - peintures et reliefs -, tout autant que les récits des voyageurs grecs, ne manquent pas qui nous invitent à évaluer la musique de l'antique Égypte sous deux aspects bien distincts : l'un, profane et l'autre, sacré. Entendez, (toujours sans mauvais jeu de mots !), une musique secondant la quotidienneté, dans ses travaux autant que dans ses fêtes ; l'autre ressortissant à la vie cultuelle, au sein des temples notamment, où des hymnodes s'accompagnant de la harpe offraient leurs psalmodies au dieu à honorer.

 

     Vous aurez donc compris, amis visiteurs, que la musique en général, qu'elle soutienne chants ou danses, revêtit une très grande importance dans toutes les couches de la société égyptienne d'alors, chez les plus humbles travailleurs comme chez les privilégiés : c'est ainsi que le Palais se chargeait d'enseigner et de rémunérer un personnel spécialisé, vraisemblablement doué au départ. Ce sont en outre dans des ateliers royaux que des facteurs de haut niveau confectionnaient les différents instruments en usage.

 

 

     Dans un article datant de 1906 consacré à la poésie de Basse Époque - Poesie aus der Spätzeit -, l'égyptologue allemand Hermann Junker (1877-1962) attirait l'attention sur un hymne gravé sur l'un des murs du temple d'Hathor à Denderah qui nous donne à comprendre combien la musique fit également partie de la vie religieuse personnelle des souverains :

 


Es kommt der Pharao zu tanzen,
Er kommt, (dir) zu singen.
     Ô seine Herrin ! sieh, wie er tanzt ;
     Ô Braut des Horus ! sieh, wie er hüpft.

 

(...)

 

Ô Goldene! wie schön ist dieses Lied !
Wie das Lied des Horus selbst.

 

Traduction personnelle :

 

Le Pharaon vient pour danser,

Il vient pour chanter.

     Ô toi sa souveraine, vois comme il danse ;

     Ô Épouse d'Horus, vois comme il sautille.

 

(...)

 

Ô Dorée ! combien beau est son chant !

Tel le chant d'Horus lui-même.

 

   

     Et l'Hymne au Nil que je citai tout à l'heure, n'est pas en reste quand il nous permet de comprendre l'importance  de la harpe associée à Hapy, un des "génies" les plus honorés de tout un peuple dans la mesure où il permettait les débordements salvateurs tant attendus d'un fleuve ; débordements qui assuraient la pérennité de la société :

 

On commence à chanter à la harpe en ton honneur,
À chanter avec les mains. 
   

 

 

      C'est de harpe, précisément, qu'il sera donc question mardi prochain, 24 janvier, puisque je vous propose de nous retrouver pour autant qu'en ma compagnie vous souhaitiez ici même mieux connaître cet instrument tellement apprécié des anciens habitants des rives du Nil.

 

     A mardi ?

 

 

 

     (Merci à Thierry Benderitter pour l'excellence de son site OsirisNet, source inépuisable dans laquelle il me permet toujours de venir m'abreuver. Aujourd'hui, pour les deux dessins de chironomie afin d'étayer mes propos.)

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

 

CARREDDU  GiorgioL'art musical dans l'Égypte antique, CdE 66, Fascicule 131-2, Bruxelles, F.E.R.E., pp. 39-59.

 

 

FÉTIS  François JosephLa musique dans l'Égypte ancienne, dans Histoire générale de la musique depuis les temps anciens jusqu'à nos jours, Paris, Librairie Firmin Didot Frères, Fils et Cie, 1869, Tome I, pp. 187-315. (Ouvrage téléchargeable)

 

 

HICKMANN  HansMusicologie pharaonique. Etudes sur l'évolution de l'art musical dans l'Égypte ancienne, Baden-Baden, Éditions Valentin Koerner, 1987, pp. 49-50 et 90. 

 

 

JUNKER  Hermann, 1906, Poesie aus der Spätzeit, Leipzig, ZÄS 43, 1906, pp. 102-3.

 

 

LORET  VictorNote sur les instruments de musique de l'Égypte ancienne, dans LAVIGNAC Albert, Encyclopédie de la Musique et Dictionnaire du conservatoirePremière partie, Histoire de la Musique, Paris, Delagrave, 1913, pp. 1-34.

 

 

VAN DER PLAS  DirkL'Hymne à la crue du Nil, Leiden, Nederlands Instituut voor het Nabije Oosten, 1986, Tome I, p. 138.

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Rééditions partielles
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commentaires

christiana 22/01/2017 14:59

Je conçois que les musiciens et les chanteurs égyptiens se soient parfaitement accomodés de l'absence de partitions et que cela ne leur posa aucun problème, s'il y avait eu problème, nul doute qu'ils auraient inventé un système d'inscription de leurs mélodies... mais pour nous qui ne connaîtrons jamais leur musique, quelle frustration!

Richard LEJEUNE 23/01/2017 12:01

Merci, Christiana, pour l'intelligence de ton commentaire.Je ne sais malheureusement pas répondre à la question que tu me poses : tout ce à quoi je pourrais me référer, les textes égyptiens antiques, sont irrémédiablement muets là-dessus. Et je ne connais strictement rien à la musique copte !

christiana 23/01/2017 11:48

J'ai écouté. Les accords sont les mêmes qu'aujourd'hui. Les écarts de tons aussi. Les gammes aussi! Parfois occidentales et parfois orientales. cela ne sonne pas de façon dissonnante à nos oreilles du XXIème siècle; est-ce possible?

christiana 23/01/2017 11:07

Merci!

Richard LEJEUNE 23/01/2017 11:02

Oui, voici une première référence, déposée il y a quelques jours sur le blog d'une de mes lectrices :

http://fanfg.canalblog.com/archives/2017/01/22/34834718.html

En voici d'autres, que je possédais depuis longtemps :


http://www.youtube.com/watch?v=rIIeXgy827A&feature=player_embedded#!

http://www.youtube.com/watch?v=nBmWXmn11YE&feature=related

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=pBHqYhYYSsk


Excellente écoute.

christiana 23/01/2017 10:45

Peut-être que oui, peut-être que non... il y a si longtemps... comment croire que ces chants coptes n'auraient presque pas évolué en des millénaires?
Y a-t-il un endroit (you tube?) où l'on peut écouter ces chants coptes?

Richard LEJEUNE 23/01/2017 07:21

Frustration, tout à fait, Christiana.
Comme également restera à jamais frustration le fait que l'on ne sache pas la façon dont ils prononcèrent leur langue ...

En revanche, pour la musique égyptienne antique, quelques spécialistes pensent, je l'ai indiqué, que les chants liturgiques coptes actuels en seraient un réel reflet ...

FAN 18/01/2017 18:10

Perturbée par Vincent et son oreille coupée, j'avais omis la musique égyptienne!! je suis d'accord sur le fait que celle-ci était traduite par gestes comme lorsque l'on communique avec les sourds! A part quelques hiéroglyphes qui nous le font comprendre, aucun maître de musique compositeur n(a laissé de trace?? En Egypte, je crois que les fille étaient douées pour apprendre et jouer de divers instruments!! A Mardi prochain pour approfondir ce sujet si passionnant! Bisous Fan

Richard LEJEUNE 19/01/2017 08:28

La musique, quelle qu'elle soit, nous revient toujours à l'oreille, chère Fan.

Eh non, ainsi que je l'indique dans mon article, et aussi incroyable que cela puisse paraître, aucun trace de composition musicale de l'Égypte ancienne n'est parvenue jusqu'à nous ...

Cendrine 18/01/2017 15:47

Je n'en doute pas un seul instant, Richard.
Figurez-vous que lorsque j'étais une toute petite fille, je voulais jouer de la harpe et je me suis trompée de nom en parlant d'instrument de musique à mes parents. C'est comme ça que je me suis retrouvée à jouer du piano et non de la harpe! Je n'ai pas voulu leur faire de la peine en voyant qu'ils investissaient dans un piano et je leur ai dit des années plus tard qu'en fait je voulais jouer... de la harpe. J'ai heureusement passé des moments délicieux en compagnie de mon piano, le "Destin" en a décidé ainsi...

Richard LEJEUNE 19/01/2017 08:25

Merci pour vos aimables propos, chère Cendrine.

Et maintenant, toujours pas de harpe et plus de piano ??

Cendrine 18/01/2017 13:09

Passionnante cette notion d'implication du corps dans le mouvement musical. C'est une redécouverte des sons, des rythmes, des modulations de cet art si subtil qu'est la Musique. On retrouve l'idée « d'énergie » que cristallise le chef d'orchestre de nos sociétés même si les archéologues n'ont pas retrouvé de « fougueux Von Karajan des bords du Nil antique ».
C'est une autre manière d'aborder l'étude des connaissances artistiques des anciens Égyptiens. J'attends avec impatience votre évocation de la harpe, instrument plein de charme et de possibilités.
Merci à vous, Richard. Je vous souhaite une belle journée
Cendrine

Richard LEJEUNE 18/01/2017 14:55

Merci Cendrine.
Ayant prévu plusieurs rendez-vous dédiés aux harpes égyptiennes, j'espère que l'ensemble répondra à votre attente ...

Alain 17/01/2017 12:52

Chanter avec les mains… On peut aussi parler avec les mains. Et les mots aussi parlent.
Cela me rappelle les signes des mains pour communiquer avec les personnes malentendantes. Pourquoi ne pourrait-on utiliser ses mains, comme un chef d’orchestre, pour indiquer des hauteurs de sons, ce que devaient faire les Egyptiens.
La musique des ancêtres a pu effectivement avoir été transmise et peut certainement se retrouver aujourd’hui chez des personnes.
En tous cas, les instruments au Louvre sont superbes et ils devaient être souvent utilisés.

Richard LEJEUNE 17/01/2017 14:11

À la suite de Hickmann, je pense comme toi, Alain, que la chironomie, la gestuelle des mains donc, eut une grande influence au niveau des musiciens et des chanteurs égyptiens à un point tel que l'absence de partitions ne leur posa aucun problème ...
J'entérine également l'opinion de spécialistes en la matière pour envisager que les chants ou modulations des ouvriers et des fellahs, ainsi que les psalmodies liturgiques des chrétiens coptes actuels constitueraient les dignes successeurs de la musique pratiquée par les Égyptiens voici quelque 5000 ans ...

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