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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 01:00
DEUX BAS-RELIEFS - 4. APPROCHE  ESTHÉTIQUE

 

     "L'oeuvre de Lewis Carroll a tout pour plaire au lecteur actuel : des livres pour enfants, de préférence pour petites filles ; des mots splendides insolites, ésotériques ; des grilles, des codes et décodages ; des dessins et photos ; un contenu psychanalytique profond, un formalisme logique et linguistique exemplaires. Et par delà le plaisir actuel quelque chose d'autre, un jeu du sens et du non-sens, un chaos cosmos."

 

 

Gilles  DELEUZE

De Lewis Carroll aux stoïciens

dans Logique du sens

Avant-propos

Paris, Éditions de Minuit, 1969

p. 7

 

 

 

 

     J'ignore si ces premières lignes du philosophe français Gilles Deleuze (1925-1995) dans l'avant-propos de "Logique du sens", ouvrage dans lequel il développe une série de paradoxes antiques et modernes aux fins de tenter de déterminer et d'approfondir le statut du sens et du non-sens, vinrent à l'esprit de Louis Djalaï, artiste à l'imagination exubérante, à la culture cinématographique intarissable, jardinier en chef de la ville de Boulogne-sur-mer, "jardiniste", comme il fut défini lors du discours d'inauguration de son onzième "Jardin éphémère", en juin dernier, sur la petite place Godefroid de Bouillon, devant l'Hôtel de Ville, en plébiscitant cette année une thématique au 7ème Art dédiée, - "Boulogne fait son cinéma" -, 

    

DEUX BAS-RELIEFS - 4. APPROCHE  ESTHÉTIQUE

et en choisissant d'illustrer dans un environnement végétal, quatre films distincts : "Mon Oncle", de Jacques Tati, "Shining", de Stanley Kubrick, "Edward aux mains d'argent", de Tim Burton et, du même Burton, "Alice au pays des merveilles", ainsi que vous le suggéra le premier cliché de notre rendez-vous de ce matin. 

 

     Quoi qu'il en soit, amis visiteurs, cette introduction de Deleuze, pour ce qui me concerne, mais aussi la satisfaction de décoder les scènes distribuées à l'intérieur des quatre parterres différents de cette nouvelle création de Djalaï, tout récemment admirée, où s'offraient à mes yeux de grand enfant et de petit cinéphile, le lapin blanc au gilet bleu et sa montre gousset, le célèbre jeu de cartes, les champignons magiques ou encore les tables bellement dressées pour le goûter d'Alice, mais aussi, dans d'autres parterres voisins, la reconstitution de la villa Arpel, tout droit sortie du film de Tati, ou les "Jumelles", de celui de Kubrick et d'autres et d'autres détails d'importance d'Edward aux mains d'argent s'inscrivent idéalement dans la ligne intimée depuis sa création voici bientôt dix ans à mon blog pour les œuvres du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, à Paris, que je prends tant de plaisir à vous proposer de mieux connaître, de mieux comprendre, d'être à même d'en décrypter le sens.

 

     Sans prétendre me substituer à Humpty Dumpty dialoguant avec Alice sur le sens des mots dans "De l'autre côté du miroir", affirmant péremptoirement que "Quand j'emploie un motil signifie ce que je veux qu'il signifie, ni plus ni moins" ; puis, après objection de la petite fille qui se demande si l'on peut attribuer n'importe quel sens à un mot, en lui rétorquant : "La question est de savoir qui est le maître, et c'est tout", je vous annonce qu'après avoir, lors de nos derniers rendez-vous du 24 octobre et du 7 novembre, attiré votre attention sur deux conventions de l’art égyptien en matière d’écriture hiéroglyphique, j'ai décidé aujourd'hui, pour notre ultime conversation dans la Crypte du Sphinx, d'évoquer pour vous les sens techniques à pourvoir, dans cet espace et ce temps donnés, au syntagme nominal "relief" en me penchant sur les blocs gravés de Ramsès II qui y sont exposés,     

Stèle de Ramsès II B 18 (© SAS)

Stèle de Ramsès II B 18 (© SAS)

 

 

 

Relief B 19 - Louvre - © Christian Décamps

Relief B 19 - Louvre - © Christian Décamps

mais aussi, sur la Stèle du Songe de Thoutmosis III,

 

 

Reproduction de la "Stèle du Songe", exposée au Musée rosicrucien de San José, en Californie -  © Captmondo (https://commons.wikimedia.org/wiki/File:ReproductionOfDreamSteleOfThutmoseIV_RosicrucianEgyptianMuseum.png)

Reproduction de la "Stèle du Songe", exposée au Musée rosicrucien de San José, en Californie - © Captmondo (https://commons.wikimedia.org/wiki/File:ReproductionOfDreamSteleOfThutmoseIV_RosicrucianEgyptianMuseum.png)

 

trois monuments qu'a exhumés au début du XIXème siècle d'entre les pattes du Sphinx de Gizeh, souvenez-vous, le Gênois Giovanni Battista Caviglia. 

 

     Dans un premier temps, il m'agréerait d'insister sur un point d’importance capitale à mes yeux : la sculpture, les reliefs, la peinture n’étaient employés chez les Anciens, en Égypte comme d’ailleurs dans d'autres civilisations antiques, qu'en tant qu'éléments d’architecture ; l'architecture qui, précisément constitua l’art par excellence : dominant tous les autres, elle les contenait tous. Et si d'aventure, sculptures, gravures ou peintures venaient à compléter un monument, elles épousaient ses formes, - ou, telle la ronde-bosse, s’en détachaient -, mais, toujours, en tant qu’accompagnatrices de premier plan, voire en tant que partie intégrante du bâtiment.

 

     Quant à la peinture, elle fut pour sa part un complément primordial, indispensable même puisque, vous ne pouvez l'ignorer, tous les monuments, toutes les statues étaient jadis peints. Et le touriste que vous êtes peut-être a certainement dû remarquer, dans l’un quelconque endroit bien protégé du soleil de l'un ou l'autre temple, des traces patentes de couleurs, comme ici, sur cette photo qu'a aimablement accepté de me prêter mon ami Alain Guilleux. (Merci à toi, Alain)

Chapiteau campaniforme d'une colonne de la salle hypostyle du Ramesseum - (© Alain Guilleux)

Chapiteau campaniforme d'une colonne de la salle hypostyle du Ramesseum - (© Alain Guilleux)

 

     En tant que partie intégrante du monument, vous disais-je à l'instant, avec évidemment encore à l'esprit les deux reliefs ramessides et le thoutmoside.


     Autorisez-moi un préalable : il n’existe pas, dans le vocabulaire égyptien antique, de termes pour désigner l’artiste, l’artisan. Il était symptomatiquement appelé "scribe des contours". Ce qui démontre à nouveau l’étroite imbrication existant entre l’art et l’écriture : il apparaît en effet que ce scribe était tout à la fois celui qui effectuait une première esquisse, - comme aux temps les plus anciens étaient dessinés les hiéroglyphes avant qu’ils soient incisés dans la pierre par la suite - ; celui qui gravait et enfin qui peignait.

 

 

     Concernant les reliefs qui nous occupent aujourd'hui, avec un peu d’attention, vous aurez probablement très rapidement remarqué que sur B 18 et B 19, scènes et hiéroglyphes, étroitement mêlés se profilent en léger relief, tout le champ du registre étant rabattu à plat autour de l’image, ainsi que l'indique l'égyptologue français Pierre Lacau (1873-1963).

(Voir référence infrapaginale)    

     Ils ressortent donc légèrement par rapport au fond : il s’agit là d’un exemple de ce que l’on nomme bas-relief.

 

     En revanche, sur la Stèle du Songe, le roi et le sphinx dans le cintre, ainsi que le texte en dessous, sont seuls entaillés dans la pierre, le reste autour n'étant en rien entamé. Il s'agit là de ce qu'il est convenu d'appeler une gravure en creux.

 

     Grâce à ces trois monuments, vous êtes donc en présence de deux techniques esthétiques bien distinctes définissant la gravure monumentale égyptienne : le relief et le creux.

 

 

     S'opposant en quelque sorte au bas-relief pour lequel l'artiste a pris soin d'évider son bloc de pierre initial de manière qu'en ressorte nettement la figuration qu'il désire mettre en évidence grâce à cette légère saillie, le relief dans le creux consiste à retirer du champ, sur à peine quelques petits centimètres d'épaisseur, les formes qui figureront la scène.

 

     Un procédé relevant du même esprit, se prêtant d'ailleurs à intimes combinaisons avec le précédent, consiste à creuser un sillon tout autour de la forme que l'on désire, et qui se situe alors sur le même plan que le bloc de pierre proprement dit ; ce qui donne un dessin qui n'est finalement qu'une silhouette cernée par des traits creux plus ou moins larges.

 

     Il faut savoir que bas-relief et relief en creux, caractéristiques du décor que l’on peut tout aussi bien admirer sur une pièce de dimensions "normales" que sur l’immense surface murale d'un temple ou d'une chapelle royale, ont coexisté depuis au moins la fin de l’Ancien Empire jusqu’aux ultimes soubresauts de l’histoire du pays, toutes périodes artistiques confondues.

 

     Ces deux procédés de taille, - et là résidera la finalité de notre présent entretien, ne ressortissent jamais au hasard, ne furent jamais appliqués selon le bon vouloir de l'artiste : ils furent véritablement, délibérément réfléchis, raisonnés : in situ, la gravure en relief intervint en général pour les représentations réalisées à l'intérieur des bâtiments, tandis que la gravure en creux, pour celles de l'extérieur.

 

    Dès l'Ancien Empire, une raison toute simple à l’évidence motiva le scribe des contours à choisir l'une plutôt que l'autre, une raison en fait inhérente à l’environnement auquel l’oeuvre était destinée : une gravure en creux exposée en plein air, donc aux rayons d'un soleil dont l’intense éclat favorise jeux d’ombre et de lumière, apparaissait avec bien plus de netteté qu’un relief de faible épaisseur. D'autant plus que l'incision pouvait entamer la pierre jusqu’à 2, 5 cm de profondeur.

 

     Tout au contraire, un bas-relief, à l'intérieur d'un bâtiment dans lequel la clarté est pratiquement inexistante, à  tout le moins considérablement réduite, se détachait de manière plus évidente que le creux.

 

     Ces déterminations naturelles amenèrent les graveurs à élever le procédé en convention : c’est ainsi que la présence d'un relief en creux dans un temple, par exemple, signifie que la scène doit être considérée comme se déroulant au dehors ; et inversement, l’emploi de la technique du bas-relief impose que l’on comprenne que les événements figurés se passent au dedans. Et il n’est absolument pas rare que pour un même monument, vous retrouviez mêlés les deux types de gravure : ce qui lui confère une lecture d’autant plus pointue.

 

     En outre, et ceci n'est nullement négligeable, quand d'aventure un fragment sans origine connue est exposé dans un musée ou "miraculeusement" retrouvé sur le marché de l'art, l'on peut, grâce à ces conventions connues, déterminer avec plus ou moins de certitude, et selon le type de scène, si l'oeuvre provient de l'extérieur ou de l'intérieur d'un bâtiment ; ce qui permet assurément de faire avancer les déductions quant à sa provenance.

 

     Tout ceci vous prouve une nouvelle fois que l’artiste égyptien fut toujours préoccupé de donner à son oeuvre une signification déterminée, simplement parce qu’il croyait au pouvoir de l’image.

 

     Et "nos" trois reliefs, dans tout cela ?


     Parce que gravée en creux, il est certain que la Stèle du Songe de Thoutmosis IV a bien été réalisée pour figurer dans cette petite chapelle à ciel ouvert lovée entre les pattes du grand Sphinx de Gizeh ; alors que manifestement, et parce qu’ils affichent un léger relief, les deux blocs de Ramsès II, pourtant placés au même endroit, avaient à l’origine indiscutablement été prévus pour figurer à l’intérieur d’une construction architecturale.

     Mais laquelle ?  
Il est presque assuré que la recherche archéologique ne nous l’apprendra jamais.


     À moins que ... Obélix, là-dessus, ait à nouveau sa petite idée ...

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

BAUD  Marcelle, Le caractère du dessin en Égypte ancienne, Paris, Librairie d'Amérique et d'Orient Adrien-Maisonneuve, 1978, pp. 18-29.

 

 

DELEUZE  GillesDe Lewis Carroll aux stoïciens, dans Logique du sens, Avant-propos, Paris, Éditions de Minuit, 1969, pp. 7 ; 28-9 ; 

 

 

LACAU  Pierre, Le tableau central de la stèle-porte égyptienne, RdE 19, Paris, Klincksieck, 1967, 39-40.

 

 

 

 

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commentaires

C
De l'autre côté du miroir, happés par des personnages mystérieux et le vent qui susurre "Alice"...:), nous partageons un chemin d'aventure, au gré des courbes d'écriture et en lisant votre remarquable article, je me dis que le langage est plus que jamais un univers sensuel, ardent, éveillé... Reliefs et creux, effleurer, tracer, expérimenter le sens des mots, entre ombre et lumière, entre deux eaux...<br /> J'ai beaucoup aimé la progression de votre texte, depuis l'univers des cinéphiles, à travers des photos oniriques et la fièvre antique des songes.<br /> Merci pour ce que vous faites, transmettre ce qui vous passionne et attiser les braises de l'esprit.<br /> Excellente soirée Richard<br /> Cendrine
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R
À l'instar de ce pont qui traverse la Seine devant le Louvre, de Van Gogh, que j'ai choisi en guise d'image me caractérisant, c'est un réel plaisir pour moi, Cendrine, vous le savez, d'écrire sur ce qui me passionne tout en jetant des passerelles vers d'autres intérêts au gré parfois d'un séjour hors pays mais surtout de mes lectures ... <br /> Vous savoir toujours attentive et si extraordinairement réceptive aux côtés de mon blog apporte un plus incomparable à mes articles. Immense merci à vous.
F
nous sommes dans un mystère qui s'élabore grâce à vos recherches cher Richard!! le scribe des contours devait être très minutieux et respecter la représentation de chaque élément avec justesse! de plus, ne pas oublier qu'il en était différent selon l'intérieur et l'extérieur! pas le droit à l'erreur !! mais ce travail d'art nous parvient encore après tant de siècles, c'est dire combien, il était habile et savait manier les outils et les matières colorantes!! Bisous Fan
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R
Oui, vous avez raison chère Fan : d'immenses artistes, ces Égyptiens !<br /> Et bien avant les Grecs !
A
Je voulais juste prolonger un peu ta réponse, Richard. <br /> J’ai retrouvé un récent commentaire que tu m’as fait sur FB : « Et si ta "manière" était la meilleure, Alain ? Et si le "simple passionné" s'exprimait de manière bien plus agréable à lire que l'ancien professeur" ? » Le « simple passionné » était moi et ma façon de conter l’art parfois.<br /> Cela me rappelle les débats qui opposent souvent les historiens, dont certains considèrent que les nombreux romans historiques actuels faussent la vision précise des faits anciens.<br /> A mes yeux, les deux modes d’expression ne sont pas antagonistes et peuvent exister séparément : l’histoire, analysée scientifiquement comme tu le fais ; puis celle qui fait parler, vivre les personnages, comprendre leur travail, leurs difficultés, leurs joies et peines. Elles ne s’opposent pas mais se complètent. C’est un peu également le combat des romantiques contre les académiques (ceux-ci se considérant comme les scientifiques de leur art) en peinture au 19e dont je parle dans ma série d’articles actuels sur l’impressionnisme.<br /> J’en reviens à ta façon de t’exprimer qui, selon toi, est souvent considérée comme « difficile » par des lecteurs.<br /> Cela s’explique par le fait que tu es un véritable historien de formation qui analyse scientifiquement l’histoire, d’une façon précise et rigoureuse. Et cela, comme tu l’as dit, tu ne pourras le changer, même si pour certains cela peut paraître rebutant parfois. <br /> Et bien, nous les lecteurs en avons besoin, même s’il nous arrive de lire également des romans…
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R
Merci à vous également, Maryvonne.
P
Comme cela est bien exprimé. Tout à fait ce que je voulais vous dire dernièrement.<br /> Merci à tous les deux.
R
Comment te répondre, Alain ?<br /> Sans grandes phrases pour une fois : simplement MERCI ...
A
Une histoire de reliefs et de creux…<br /> J’ai relu plusieurs fois ton explication d’une grande précision sur le travail de gravure effectué avec un léger relief, ou creusé dans la pierre. Il ne me serait pas venu à l’idée que l’une ou l’autre de ces méthodes dépendait le plus souvent de l’exposition de la gravure à l’intérieur ou à l’extérieur d’un bâtiment.<br /> Cela m’a fait pensé aux monuments romains exceptionnels - -20 à 30 avant JC – de la cité gréco-romaine de Glanum aux alentours de St-Rémy-de-Provence. J’y étais allé pour visiter le monastère et l’asile de St-Paul-de-Mausole où Van Gogh était resté une année. En passant, j’ai même failli rester enfermé dans l’asile par inadvertance… <br /> J’avais été frappé par la qualité des bas-reliefs historiés dont la gravure était accentuée par la technique de la cernure dont tu parles dans cet article. Ceux-ci sont d’ailleurs placés en extérieur.<br /> Comme toujours, tu nous délivres une analyse détaillée et claire qui nous permet de mieux comprendre la difficulté du travail de ces artisans-artistes appelés « scribe des contours »
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R
Vraiment, Alain, je ne crois pas mériter tes éloges : je ne fais que partager ce qui me passionne. Tout simplement. Je ne fais que prolonger ici trente cinq années d'Enseignement ... les unes et les autres me rendant des plus heureux !<br /> <br /> Ceci posé, tes mots me touchent parce que, te connaissant un peu au travers de ton blog et parce qu'appréciant grandement tes articles depuis tant d'années, je sais ta sincérité .. Merci à toi.
P
Je m'intéresse à la sculpture, aussi merci Richard pour ces précisions que j'ignorais.<br /> J'ai mon petit carnet et je note.<br /> "Mon" philosophe connaissait "Peu Me chaut". Il est Génial comme s.......... non, son papa.
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R
Je me doute bien, Maryvonne, que littéraire tel que vous le "décrivez", votre aîné devait évidemment connaître ce seul emploi qui subsiste du verbe chaloir !
C
Alice a toujours été mon héroïne préférée.<br /> Quand j'étais petite, ma mère me lisait toujours Cendrillon, la Belle au Bois Dormant, Blanche Neige, etc... toutes ces gourdes qui ne font rien d'autre que d'attendre le prince charmant et quand je réclamais Alice, elle me répondait en faisant la grimace que ce n'était pas beau, avec la reine de cœur (coupez-leur la tête, etc.) mais moi, j'adorais déjà cette fantaisie, cette imagination débordante et Alice volontaire, qui décidait ce qu'elle voulait faire plutôt que d'attendre bêtement son prince. J'étais déjà sans doute féministe dans l'âme et rebelle aux idées conventionnelles de ma mère.
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R
Personnellement, je n'ai jamais lu Alice étant enfant : c'était plutôt Oliver Twist et David Copperfield qui s'invitèrent sur les étagères de ma première bibliothèque. <br /> Je n'ai donc pas eu à me "rebeller" contre mes parents :)
C
C'est une enquête passionnante. Je n'aurais jamais imaginé cela si tu n'avais attiré notre attention sur ces reliefs.<br /> Tu dis que la sculpture, les reliefs, la peinture n’étaient employés chez les Anciens, en Égypte comme d’ailleurs dans d'autres civilisations antiques, qu'en tant qu'éléments d’architecture. Est-ce que cela a commencé dans la civilisation grecque avec leurs magnifiques sculptures qui n'étaient manifestement pas destinées à s'intégrer dans une architecture comme par exemple La dame d'Auxerre de style dédalique qui marque l’émergence de la sculpture grecque et a une influence égyptienne dans le traitement de la représentation.<br /> évidemment, elle date du milieu du VIIe siècle avant notre ère donc bien plus tard si je ne me trompe...
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R
Il est certes évident, Christiana, que l'influence égyptienne, notamment pour ce qui concerne la perruque, est très marquée dans cette statuette de la Dame d'Auxerre !<br /> N'oublie pas que des relations commerciales existent entre la Grèce et l'Égypte déjà au 7ème siècle avant notre ère : Psammétique, souverain égyptien de l'époque, avait ainsi octroyé aux Grecs un comptoir commercial dans le Delta du Nil, c'est la ville de Naucratis, à quelque 70 kilomètres de la future ville édifiée par Alexandre le Grand, Alexandrie. Mais en plus d'échanges commerciaux, cette cohabitation des Grecs et des Égyptiens à Naucratis va déboucher sur des échanges culturels importants, bien avant donc la conquête proprement dite de l'Égypte par la Grèce à l'époque des souverains Ptolémées, successeurs d'Alexandre le Grand ...

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