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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 01:00
BLOC  E 11220 - 2. LE PROTOCOLE ROYAL

 

 

     " Souvent, on s'interroge, on ne sait plus, on n'y voit goutte, on se mélange les pinceaux, on n'y comprend plus rien : l'art, qu'est-ce que c'est ? Où est-ce que ça commence, Où est-ce que ça finit ? Où donc est-ce que ça va ? Et qu'est-ce que ça raconte ? 

Eh bien, voilà, c'est tout simple. Ça ne commence nulle part, ça ne finit nulle part ailleurs. Ça se perd en convergences et ça se trouve en reflets. Ça va chercher partout la lumière, ça ramasse les ombres. Ça remue les images et ça vous parle en face. Car l'art, c'est un miroir. Meuble jeté sur le chemin où galope Stendhal, glace rafraîchissant le font fiévreux de monsieur Proust, lentille grossissante, embellissante, enlaidissante, image hyperbolique, parabolique ou fugitive, surface bien polie, complexement convexe, obscurément concave, vitre piquée de mouches sur une armoire de ferme, psyché nimbée d'or frais aux galeries des rois, qu'importe, du moment que c'est un miroir et que le monde s'y reflète à son aise.

N'exigez qu'une chose : que le verre soit d'un seul tenant, sans soudures, sans coulures, d'une eau pure et profonde, puisée à la source de l'être. "

 

 

 

 

Carole CHOLLET-BUISSON

Miroir

 

Blog "Chemin des jours"

22 juillet 2014

 

 

 

 

     D'une relecture que je me suis offerte l'autre soir, avec toujours autant de plaisir, - et d'enchantement, surtout ! -, de quelques articles publiés par Madame Carole Chollet-Buisson sur son excellent blog "Chemin des jourset dont, dans un tiroir, j'avais précieusement conservé les références chronologiques, j'ai distrait celui que je vous propose en exergue ce matin, amis visiteurs, tant il me paraît significativement rencontrer la philosophie du beau monolithe d'albâtre, E 11220, exposé ici devant vous dans la première vitrine de la salle 3 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, à Paris ; la philosophie aussi des frises qui le ceignent en guise de "décor", ainsi que du sens des hiéroglyphes incisés dans les cartouches jumelés trônant, au mitan d'une de ses faces, sur le signe hiéroglyphique de l'or, symbole du concept d'indestructibilité, chacun coiffé du disque de Rê qu'encadrent deux plumes, symboles solaires par excellence ; cartouches qui vont me permettre aujourd'hui de non seulement vous révéler l'identité du souverain ici mentionné mais également de vous éclairer à propos de l'importante notion de titulature, appelée également protocole royal par certains égyptologues.

 

     Préalablement, il me siérait de quelque peu vous expliquer ce que cèle en réalité l'expression titulature royale.

 

     Il s'agit d'une liste de cinq appellations parfaitement contrôlées reçues par toute personne, homme ou femme, qui accède au pouvoir suprême en montant sur le trône d'Égypte : les trois premiers de ces noms constituent en quelque sorte une précision programmatique sur ce qu'il ou elle souhaite que soit son futur règne, tandis que les deux derniers, les seuls à être "protégés" par un cordeau ovale, indiquent son identité réelle, ce qui le ou la distinguera de celles ou ceux qui furent ses prédécesseurs.  

 

     Dans l’Égypte antique, pour tout un chacun, porter un nom signifiait non seulement détenir un signalement officiel mais aussi et peut-être surtout être reconnu comme existant, comme "étant", - au sens métaphysique que lui donnait Heidegger -, c'est-à-dire en tant que réalité vivante, par opposition à toute notion abstraite de l'être.

     Ainsi, par exemple, lors des guerres engagées hors territoire égyptien, la crainte suprême de tout soldat était de périr en terre étrangère, inconnu, ignoré, oublié. Point d’au-delà possible pour lui si son corps, même éventuellement rapatrié sur le sol natal, n’était pas assorti de son identité précise.

 

     Pour le souverain, héritier du démiurge, cette notion revêtait une importance évidemment capitale : l’anonymat étant vocation au néant, cela eût été dans son cas tout bonnement inconcevable. Cela lui aurait surtout dénié l’exercice de la royauté terrestre, partant, aurait perturbé le bon fonctionnement du pays tout entier.

 

     Dès lors, au moment de son intronisation, le monarque recevait trois noms qui définissaient, en plus de ceux des deux cartouches, sa personnalité en rapport avec les dieux et les déesses du pays.


     À dessein, j'ai à l'instant employé le terme monarque : j'eusse tout aussi bien pu dire souverain ou roi ... mais pas pharaon ! En effet, ce terme à présent parfaitement admis ne fut inventé et appliqué de manière métonymique à celui qui dirigeait le pays qu'à partir du Ier siècle avant notre ère : révélé par la Vulgate (Genèse XII, 15), il provient de la vocalisation par les Grecs des hiéroglyphes "per  ", signifiant grande maison, - attesté dès l'Ancien Empire -, que l’on traduit communément par palais royal

 

     Remarquez que ce type de synecdoque a perduré dans notre belle langue française, non plus comme procédé de style, mais dans un emploi tout à fait courant : ne dit-on pas encore de nos jours, en Belgique, par exemple : "Le Palais a annoncé le mariage de ..."; ou en France : "L’Élysée préconise ..." ?

 

     " Per aâ ", désignant au départ un bâtiment a, in fine, été attribué à celui qui y résidait, donnant ainsi naissance en français au terme "pharaon". Mais, jamais avant la XXIIème dynastie, il n'a servi de titre officiel aux rois, jamais il n'a accompagné leur nom : pour ce faire, les Égyptiens les désignaient simplement grâce au vocable " Horus un tel ".   

     Cette expression constituait d'ailleurs la première des cinq appellations sur lesquelles je vous propose maintenant de revenir.

 

 

1.  La première d'entre elles, le nom d'Horus donc, 

BLOC  E 11220 - 2. LE PROTOCOLE ROYAL

plaçait le souverain sous la protection de l'oiseau sacré, patron de la ville d'Hiérakonpolis d'où le premier roi, Narmer, était originaire ; et ainsi l'identifiait à Horus lui-même.
                                 

     Dans la transcription hiéroglyphique, l'oiseau Horus est placé au-dessus d'une représentation du mur d'enceinte protégeant le palais royal, nommé le "serekh" par les égyptologues, à l'intérieur duquel figure le nom du roi.

 

     Chez celui auquel le socle E 11220 appartint, la première dénomination le qualifiait de "L'Aimé des Deux Terres".  

 

 

2. Avec la deuxième appellation, le nom de "Nb.ty", les "Deux Maîtresses",

BLOC  E 11220 - 2. LE PROTOCOLE ROYAL

le souverain se trouvait sous la protection des déesses tutélaires des deux royaumes primitifs : Nekhbet, le vautour blanc de Haute-Égypte et Ouadjit, le cobra de Basse-Égypte. En tant que telles, elles personnifiaient les couronnes blanche et rouge matérialisant les deux parties du pays. Dès lors, ce souverain était considéré comme régnant sur l'Égypte unifiée.

 

     Chez "notre" roi, la deuxième dénomination le qualifiait de "Celui qui réjouit le cœur des dieux".



3. La troisième, le nom d'Horus d'or,  

BLOC  E 11220 - 2. LE PROTOCOLE ROYAL

composé du signe du faucon, personnification de Rê, et de celui du collier d'or réunis en un monogramme, liait la personne royale à celle de l'Horus solaire.

 

     La troisième dénomination désignait le propriétaire du monument de la vitrine 1 comme étant celui "Celui qui établit les lois".



4. La quatrième

BLOC  E 11220 - 2. LE PROTOCOLE ROYAL

souvent appelée prénom ou nom de règne ou de trône, celle de "Nesout-bity" signifiant, parlant du roi : "Celui du Roseau et de l'Abeille", ce que les égyptologues traduisent par "Roi de Haute et de Basse-Égypte", entouré d'un premier cartouche, l'assimile à la faune et à la flore symboliques de chacune des deux parties de son royaume : le roseau, pour la Haute-Égypte et l'abeille pour la Basse-Égypte.

     Et à l'instar de l'épiclèse constituant le deuxième nom, " Celui des Deux Maîtresses ", ce titre affirme donc la souveraineté du monarque sur l'Égypte unifiée.

 

     

5. Enfin, la cinquième et dernière appellation fournit son nom de naissance, son prénom pourriez-vous dire en référence à nos us, que les Égyptiens faisaient précéder de "Sa-Rê, comprenez " Fils de Rê ",

 

BLOC  E 11220 - 2. LE PROTOCOLE ROYAL

(le hiéroglyphe du canard  = "Fils de" et celui du soleil = ""); ce qui mettait sa personne, à tout le moins à partir de Chéphren, en relation intime avec le soleil, la grande puissance cosmique de l'univers.

 

     Des cinq appellations, seule cette dernière est passée à la postérité, devenant la dénomination la plus connue du grand public : pensez par exemple à Sésostris, Aménophis et autres Ramsès ... auxquels pour certains, à l'image des noms de monarques français ou belges, les historiens ont ajouté une numérotation en chiffres romains aux fins de les distinguer les uns des autres (Sésostris II, Sésostris III ; Ramsès II, Ramsès III, etc.)

 

     L'idéologie de la titulature royale peut donc se réduire à deux concepts :

 

     * Le souverain règne sur la Haute et la Basse-Égypte unifiées ;

     * Il s'intègre dans les deux cycles mythiques de la royauté divine : celui de Rê et celui d'Horus.

 

 

     Après avoir résumé cette immuable théorie et vous avoir en même temps énoncé les trois premières appellations du dynaste auquel E 11220 fait implicitement référence, découvrons, grâce aux deux cartouches, son identité réelle.

 

BLOC  E 11220 - 2. LE PROTOCOLE ROYAL

 

     Celui de droite, mettant en évidence sa quatrième appellation, son nom de couronnement, son nom de Roi de Haute et de Basse-Égypte, peut se traduire par : "Celui qui rend doux le cœur de Rê, l'élu d'Onouris " , tandis que celui de gauche donne à lire son nom de naissance, celui que retiendra la mémoire populaire  : "Puissant est Horus de Hebyt, l'aimé d'Onouris, le fils d'Hathor" ; 

 

     " Puissant est Horus de Hebyt ": ne retrouvez-vous pas là une expression vous semblant familière ?

 

     Mais bien sûr : trois pictogrammes précédemment rencontrés :

 

 

a) un avant-bras dont la main tient un bâton (= signe D 40 de la liste de Gardiner), 

STATUE A 94 - APPROCHE ONOMASTIQUE

qui se lit Nakht

 

 

b) le faucon Horus (= G 5 dans la même liste),

STATUE A 94 - APPROCHE ONOMASTIQUE

qui se lit Hor

 

 

c) la salle des fêtes du "jubilé royal" (= O 23),

STATUE A 94 - APPROCHE ONOMASTIQUE

qui se lit Heb

 

 

     Ces trois hiéroglyphes (D 40, G 5 et O 23) notent un prénom dont vous vous souvenez certainement, Nakht-Hor-Heb, parce qu'il est identique à celui de l'orant qui nous avait reçus il y a peu dans la salle 2 précédant celle-ci ; prénom que les Grecs retinrent sous la dénomination de Nectanebo, le second du nom, de manière à le différencier de son grand-père, le premier Nectanebo sur le trône de la XXXème et dernière dynastie égyptienne indigène.

 

     Que sait-on de ce Nectanebo II ?    

 

     À partir d'ici, concevez que ce sont moins les hiéroglyphes présents sur ce socle qui vous éclaireront que quelques ouvrages "incontournables" que j'ai compulsés parce que nécessairement nourris au sein d'irréprochables documents d'époque.

 

     Nectanebo II fut l'ultime  souverain autochtone, le dernier monarque égyptien de cette dynastie. Gouvernant de 360 à 343 avant notre ère, il connut une triste fin de règne puisqu'il choisit de s'enfuir vers le sud du pays après avoir été dépouillé du pouvoir par le roi perse Artaxersès III Ochos qui venait de s'emparer des villes de Péluse, de Bubastis et de Memphis.

     Épisode que les historiens ont pris l'habitude de qualifier de "Deuxième invasion perse".

 

     Sans pouvoir personnel, politiquement parlant, l'Égypte devint alors une satrapie, c'est-à-dire une division administrative de l'empire achéménide gérée par un satrape, un gouverneur commis par la Perse.

         

     Moins de dix ans plus tard, originaire de Macédoine, Alexandre qui deviendra le Grand, adoubé par l'oracle d'Amon, marquera définitivement de son empreinte et le pays et le reste du monde.

 

     Mais ceci ressortit à une autre histoire ...

 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

LABOURY  Dimitri, L'inscription historique d'Amenhotep II à Amada, Mémoire présenté en vue de l'obtention du grade de Licencié en Histoire et Philologie Orientales, U.Lg., Liège, 1992, 21-7.

 

 

DESSOUDEIX  Michel, Chronique de l'Égypte ancienne. Les pharaons, leur règne, leurs contemporains, Arles, Actes Sud, 2008, pp. 521-3.

 

 

GRIMAL  Nicolas, Histoire de l'Égypte ancienne, Paris, Fayard, 1988, pp. 451-5. 

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commentaires

C
Merci, Richard, de m'avoir à moi aussi fait relire ce texte que j'avais à vrai dire un peu oublié. Sur le chemin des jours passent les heures, et la mémoire s'égare...<br /> Votre leçon de hiéroglyphes est magistrale, et me (nous ?) fait regretter que cette écriture dessinée si évocatrice n'ait pas eu la même descendance que, par exemple, les antiques figurations qui sont à l'origine des idéogrammes sino-japonais. <br /> C'est si beau, un mot qui se dessine, beau comme une pensée qui se cherche. Comme un miroir où se penche un reflet...
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R
Merci à vous également, Carole, pour ce beau commentaire ... que vient magnifier encore votre dernière phrase ...
F
Merci Richard pour cette belle plongée au sein des "rois"!!le texte de Carole est magnifique!! En revanche, je me pose toujours la question" pourquoi les égyptiens adoraient le canard?le hiéroglyphe du canard : "fils de" et "Ré !!je trouve cela étonnant !! Bisous Fan
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R
Même si Horapollon, au Vème siècle de notre ère, a écrit des pages et des pages, fantaisistes le plus souvent, pour interpréter les signes animaliers présents dans l'écriture hiéroglyphique égyptienne, le pictogramme du canard choisi pour signifier "fils", ou celui du lapin pour le verbe "ouvrir", et tant d'autres, restent définitivement un mystère pour les égyptologues. Désolé Fan de ne pas plus précisément éclairer votre lanterne ...
C
Que de belles étincelles d'or, paillettes merveilleuses, sont parsemées au fil des mots précieux de ce blog! Et toi Richard, les pieds dans le courant, tu filtres l'eau vive de ton tamis pour en recueillir l'essentiel et nous le présenter dans un écrin de velours.
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R
Merci pour ce très beau commentaire, Christiana.
A
Décidemment le style de Cendrine est toujours superbe, avec un côté très sensuel dans les mots je trouve…<br /> Bon ! Ce n’est pas le sujet ! Ce qui m’a le plus intéressé dans ton article est le texte d’une autre femme dont je ne me souvenais plus la lecture et que tu nous offres en exergue : Carole Chollet-Buisson.<br /> Je ne me souviens pas avoir lu, concentré en quelques lignes, une analyse sur l’art aussi fine, intelligente et d’une grande qualité littéraire. Je me demande s’il ne va pas falloir que j’arrête de m’échiner à parler d’art car Carole, dans ce texte brillamment tourné, a dit l’essentiel à ce sujet. <br /> En ce qui concerne la titulature royale et les cartouches sur le monument, je ne vois rien à rajouter à tes professorales et précises explications. Je laisse la place au grand Alexandre qui va arriver bientôt.
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R
T'arrêter ? Tu n'y songes pas ! Nous avons tous quelque chose à dire, à écrire -, qui, peu ou prou, fut forcément déjà avancé par quelqu'un d'autre. La beauté, la richesse, la spécificité de nos blogs à tous résident précisément dans l'éclairage que nous y proposons sur des sujets rebattus, dans la manière dont nous présentons les choses ... Que serait notre monde s'il n'y avait aucune diversité d'approche ?<br /> <br /> Ceci posé, merci pour ton commentaire rendant à juste titre hommage à deux grands écrivains féminins que nous avons toi et moi la chance de connaître virtuellement.
M
Cher Richard, c'est un grand plaisir de terminer cette journée en lisant avec une grande attention votre article, qui, comme toujours est passionnant. Merci de nous offrir de telles précisions.<br /> "L'Illustré Richard" s'est enrichi et je vous en remercie.<br /> À très bientôt et bien amicalement.
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R
Merci chère Maryvonne de me suivre avec autant d'assiduité ...
C
Votre photo, votre article et le texte de Carole sont des instants ravis à la brutalité du monde...<br /> L'Art, en toute générosité, a ce pouvoir alchimique : il « éveille », « nourrit » et le charme opère au détour d'une rue, dans les allées d'un musée, au creux d'une bibliothèque, sur les pages d'un blog. Explorer sa sensibilité artistique et se lover avec passion dans la vibration des œuvres que l'on rencontre sur son chemin : voilà un beau cadeau de la vie !<br /> Merci !!!<br /> <br /> Ici les noms sont comme des papillotes, on déplie le papier bruissant, on désire, on salive, on donne libre cours à sa gourmandise, on apprend, on voyage dans le monde de certains signes qui souhaitent nous parler. Encore faut-il qu'un Naute doté d'une lanterne vive et d'un esprit généreux nous conte ce qu'ils recèlent et nous l'avons trouvé...<br /> Avec mon amitié Richard, belle soirée !<br /> Cendrine
Répondre
R
Dès potron-jacquet, perçant avec bonheur le voile de la pénombre matinale, des pincées de paillettes d'or généreusement semées par une "Plume Fée" parisienne viennent blondir mon bureau et rendre brillantissimes tous les instants de cette journée à venir. Immense merci à vous, Cendrine,

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