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6 mars 2018 2 06 /03 /mars /2018 01:00

 

 

     " Je les imagine glissant majestueusement toutes voiles gonflées vers le sud, les régions lointaines de Nubie. Le Nil est empli de voiliers ou de bateaux à rames. Des bateaux plus petits remontent vers le nord en direction du delta. En se croisant, les hommes se hèlent, s'apostrophent d'un bord à l'autre. Certains se connaissent et échangent quelques nouvelles de leur famille : "Mon garçon est né cette nuit. Je suis heureux. Ma femme a beaucoup souffert. Je lui ai offert un collier."  "Embrasse le petit, et bon vent à lui."

     Une felouque funéraire passe près d'eux. Les mariniers se recueillent un instant puis reprennent leur discussion. Le vent chaud tourne, ils vont continuer leur route et manoeuvrent les voiles. Juste avant, ils en ont profité pour faire un peu de troc : quelques dattes ou poissons contre des pains et gâteaux.

     D'autres navires s'approchent de la côte pour débarquer leur marchandises sous un soleil généreux. Les bateliers chantent un air mélodieux."

 

 

Alain  YVARS

 

 

     Quel plaisir, et quelle émotion aussi quand, jeudi dernier, dans l'après-midi, je découvris ce texte sur mon blog déposé en guise de commentaire à la suite de mon dernier article en date par Alain, un de mes plus anciens et fidèles lecteurs, propriétaire du blog "Si l'art était conté".

     Mais également, quel hasard d'ainsi m'offrir, au sens propre comme figuré, précisément  à ce moment-ci, l'opportunité d'introduire une importante digression dans le cours de mes projets initiaux.

 

     Souvenez-vous, la semaine dernière, au sein même de la thématique choisie par les Conservateurs qui, voici un peu plus de vingt ans, eurent en charge la conception de l'actuelle vitrine 2 de la salle 3 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, à Paris, j'avais évoqué de manière chronologique quelques documents iconographiques susceptibles à mes yeux de vous persuader que déjà très tôt dans l'histoire du Double Pays, puis tout au long de l'Ancien Empire, la navigation sur un Nil constituant quasiment l'unique réseau de communications humaines et de relations commerciales avait bénéficié d'une attention et d'un soutien logistique particulièrement appuyés au plus haut niveau de l'État : les souverains, en effet, s'étaient arrogé le monopole de la gestion de chantiers navals pour leurs propres besoins personnels dans un premier temps, pour les membres d'une population privilégiée, dans un second. 

 

     Ainsi, parmi d'autres tout aussi éminents, Ty, un des très hauts fonctionnaires auliques de la Vème dynastie qui officia pendant les règnes d'au moins trois rois successifs put bénéficier du privilège insigne de se voir ériger de son vivant un mastaba constituant une de ces petites merveilles que le remarquable site d'OsirisNet a entrepris de minutieusement détailler ; site pour lequel je n'aurai jamais à disposition suffisamment de termes laudatifs aux fins de vous inciter à le visiter car aucun blog n'atteint le tiers du quart de la moitié de l'excellence du travail réalisé par Thierry Benderitter qui en est le concepteur principal. 

 

     Dans la tombe de Ty, donc, et plus précisément sur le mur de la partie droite (sud) de la paroi est de sa chapelle funéraire, vous pourrez admirer, - Merci Thierry ! -, une scène d'artisans œuvrant à l'élaboration de bateaux sur un chantier naval du 25ème siècle avant notre ère.

Mastaba de Ty -  © Osiris.net

Mastaba de Ty - © Osiris.net

 

     Tout logiquement, après cette considération liminale en forme d'introduction historique développée lors de notre dernière rencontre, j'eusse dû ce matin vous inviter à entamer la découverte des pièces exposées dans l'immense vitrine centrale.

     Mais, changement de cap dans mon esprit, je décidai tout de go qu'à partir d'aujourd'hui, - cela, Alain Yvars ne pouvait nullement le prévoir -, et pendant un certain nombre de semaines, il me siérait d'aborder et de vous emmener sur un chemin parallèle à celui sur lequel nous avons pris l'habitude de trimarder ; et ce,dans mon chef, avec l'arrière-pensée de conjuguer image et littérature.

 

     Voilà donc la raison pour laquelle le texte-cadeau, cette tranche de vie quotidienne sur le Nil narrée avec le talent qui caractérise Alain dans ses nouvelles et ses études picturales sur son blog, le tout remarquablement étayé par des reproductions d’œuvres glanées dans les musées de monde entier, m'a tant fait plaisir, au point de souhaiter vous l'offrir à vous aussi, amis visiteurs, à l'entame de notre présente rencontre.  

 

     Avec bon sens, d'aucuns parmi vous s'enquerront de la motivation qui, ici et maintenant, anime ma subite autant qu'inattendue décision d'insérer une longue digression littéraire.

     À ceux-là, très simplement, je répondrai qu'à l'intention de tous mes nouveaux lecteurs, notamment sur Facebook, j'aimerais derechef porter la réflexion vers un sujet qui, sur mon blog, me tient à cœur depuis près de deux lustres ; et au moins une dizaine d'autres tout au long de mon ancienne vie d'Étudiant puis d'Enseignant.

 

*   *   *

 

      Certes, il fallut attendre le premier tiers du XIXème siècle et la géniale découverte par Jean-François Champollion du système hiéroglyphique pour commencer à s'initier à la littérature égyptienne.

     Certes, les concepts grammaticaux, les recherches sémantiques, les paradigmes de conjugaison continuent depuis lors d’évoluer, qui nous permettent, grâce à une précision toujours plus grande dans la traduction des textes, d’entrer plus avant dans le mode de pensée de cette civilisation plurimillénaire.

    Certes, de brillants étudiants devenus d’illustres savants se sont abondamment penchés sur ce corpus littéraire, en ont exploré les moindres paragraphes, ont confronté avec d’autres, leurs pairs tout aussi pointilleux, le sens à donner à tel classificateur sémantique dans telle succession de hiéroglyphes à telle période de l’histoire sémiologique de l'idiome égyptien.

 

      Et nonobstant cet inestimable bond en avant réalisé en près de cents ans permettant à la langue, d’ésotérique qu’elle fut depuis l’imposition du christianisme au IVème siècle de notre ère, d’enfin devenir, grâce à tous ces philologues traducteurs patentés, exotérique, force m’est de reconnaître que la majorité du public, même cultivé, et en cela soutenu et conforté par des manuels scolaires et des livres d'histoire malheureusement non encore réactualisés à la lumière des connaissances récemment acquises, croit toujours fermement que tout naquit en Grèce ; que la civilisation grecque est notre mère à tous ; que les ouvrages des philosophes grecs constituent les premiers textes de la littérature sapientiale que le monde ait connus ; et que c’est le Grec Homère, au VIIIème siècle avant notre ère, qui fournit à l’humanité les premières narrations d'aventures et Hérodote, un autre Grec, deux siècles plus tard, les premiers récits historiques.

 

 

     Aux temps joyeux de mes études, ce furent, vivement conseillés par mes maîtres, les quatre tomes de l'idéologue allemand Karl Jaspers intitulés Les Grands Philosophes qui soutinrent les prémices de mon approche de l'Histoire de la pensée universelle.

 

     Première erreur : d'universalité, il n'y eut point ! Et comme pour tous les étudiants occidentaux à cette époque, - j'avais 20 ans en 1968 ! -, sous les pavés de la philosophie, la seule plage des penseurs grecs s'étendait à perte de vue.

 

     Parmi ceux qui ont donné la mesure de l'humain, indiquait Jaspers dans le premier volume de sa tétralogie, Socrate prenait la tête. Poursuivant son propos, il considérait Platon comme étant de ceux qui fondent la philosophie et ne cessent de l'engendrer. Dans la catégorie de ceux dont la pensée sourd de l'origine, il voyait Anaximandre, Héraclite et Parménide.

 

     C'était donc cela l'histoire de la pensée universelle que nous prodiguaient nos Professeurs ?

 

     Par seul souci d'honnêteté intellectuelle vis-à-vis de la somme monumentale de Jaspers, je me dois néanmoins de mentionner que dans la longue introduction du premier volume, il citait, dans une minuscule parenthèse et sans autre développement, Imhotep et Ptahhotep en tant que Sages de l'Égypte ; sages auxquels, remarquez-le, il accordait une majuscule.

 

     Pour Jaspers, tout était dit ! Nul besoin de ratiociner davantage ! Et d'aborder les seuls  "vrais" philosophes grecs qui, aux yeux de tous, furent les premiers à réfléchir sur l'humaine condition ; les premiers à donner naissance à l'art de penser le cosmos ; les premiers à inventer la toute puissante Raison !

     Et avant eux, ce ne furent, à en croire ceux qui ressassent toujours cette même obsolète antienne, qu'énoncés de petits principes de sagesses locales aux fins de tenter d'harmoniser au mieux les rapports sociaux entre Égyptiens. Ou entre Mésopotamiens. Ou entre Achéménides ...   

 

    Le "Que sais-je ? " de Jean-Paul Dumont intitulé La philosophie antique, - admettez avec moi, amis visiteurs, qu’il s’agit bien là d’une incontournable collection de poche qui accompagna les études de générations et de générations d'Étudiants -, ce mince volume donc donne à lire, en première phrase de l’introduction : "Pour nous, méditerranéens de culture, la philosophie antique se confond avec la philosophie grecque."

 

     Tout est dit : la Méditerranée n’a qu’une seule rive !

 

    François Châtelet, l’immense François Châtelet, quand, en 1972-73, publie son incontournable Histoire de la philosophie en huit volumes, s’il s’entoure d’une petite quarantaine de collaborateurs, tous savants de renom, ignore complètement le monde de la littérature, partant de la pensée égyptienne.

  

     Et il était déjà imprégné de ce même principe, - que tout débute en Grèce -, quand il s’ingéniait dix ans plus tôt à nous expliquer la naissance de l’Histoire : pas un mot sur l'Égypte, donc rien sur les pourtant remarquables Annales de Thoutmosis III, indubitablement la plus vieille et la plus longue inscription historique du monde dont le Louvre, depuis 1826, expose dans une haute vitrine de la deuxième partie de la salle 12 de son Département des Antiquités égyptiennes, des blocs de grès, fragments des lignes 29 à 35, provenant du mur du temple d'Amon-Rê, à Karnak.

         

DE LA NAVIGATION ÉGYPTIENNE  - CONSIDÉRATIONS LIMINALES :  2. PERSONNELLES QUÉRIMONIES ...

 

    

     Deleuze, le philosophe Gilles Deleuze, dans l'introduction de son Qu’est-ce que la philosophie ? , ouvrage conjointement publié avec Félix Guattari, admet que les autres civilisations avaient des sages, pour tout aussitôt ajouter que les Grecs les ont remplacés par des philosophes. Et quand, dans le chapitre intitulé Géophilosophie, il me paraissait évident qu’il prendrait soin d'effectuer le tour complet de la Méditerranée, il ne discourt en fait que sur les seules contrées grecques.

    

     Assurément, après Heidegger qui a péremptoirement décrété que la philosophie parle grec, plus aucun théoricien n’ose s’aventurer sur les rives du Nil.

  
     Toutefois, à ces miennes récriminations, à ces quérimonies personnelles, vous aurez beau jeu de rétorquer, amis visiteurs, que dans le premier des trois volumes de l’histoire de la philosophie que publia Brice Parain voici un demi-siècle chez Gallimard dans la prestigieuse collection "La Pléiade", 23 pages, sur quelque 4000 !, proposent un texte de feu l'égyptologue français de renommée internationale Jean Yoyotte, qui remet un tant soit peu les pendules de l'histoire universelle à l'heure égyptienne ...

 

     N'y aurait-il donc que des égyptologues pour oser se risquer sur ce terrain ? Pourquoi les savants philologues sont-ils si myopes quand il s'agit de lorgner au-delà des limites de leur pré carré ? 

 

    

     En 2006 parut sous la plume du philosophe français Michel Onfray le premier opus, Les sagesses antiques, de ce qui devint, en 9 tomes, au fil des ans, sa Contre-histoire de la philosophie

 

     Et là, enfin, j'exultai ! Serait manifestement rendu à l'Égypte ce qui appartient à l'Égypte car le préambule général qu'il consacrait à l'historiographie de la philosophie augurait, me sembla-t-il, une judicieuse et salutaire remise en question (pp. 15-6) :

 

     Pourquoi ces instruments idéologiques que sont toujours les manuels, les anthologies, les histoires, les encyclopédies qui, certes, rapportent les mêmes propos, font-ils silence sur les mêmes informations ? Ce qui manque une fois dans une publication manque toujours dans les suivantes d'un genre analogue où règne par ailleurs le psittacisme.

 

 

     Malheureusement : totale déconvenue quelque 10 pages plus loin quand, avec notamment Leucippe de Milet, philosophe hédoniste grec, il entame son travail de déstabilisation des "vainqueurs", - entendez Socrate, Platon, Aristote -, pour ouvrir large le rideau sur les "vaincus" des études universitaires traditionnelles.

     Mais il n'exhume que des Grecs, encore et toujours !

 

     Ce nonobstant, en un paragraphe, il concède (p. 42) :

 

     Une histoire des idées sumériennes, babyloniennes, égyptiennes, africaines donc, montrerait à l'envi que les Grecs n'inventent pas (...) la croyance à une vie après la mort, la transmigration des âmes (...). Tout cela ne germe pas dans le cerveau d'un Pythagore planant dans l'éther des idées pures où il suffirait de se servir. Derrière ces figures de la sagesse grecque primitive s'entend l'écho de voix anciennes, plus anciennes encore, voix de peuples peut-être sans écriture, sans archives ou sans traces

 

     Et Michel Onfray par cette mise au point exécutée en quelques lignes, de s'exonérer de creuser plus avant dans le terreau sableux des "belles lettres" de l'Égypte antique !

 

 

     Ne souhaitant pas plus avant poursuivre mes souvenirs de lectures au motif d'asseoir ma récrimination, - car vous avez évidemment compris ce que j'entendais ce matin une fois encore stigmatiser, amis visiteurs -, il est grand temps à présent que je cesse de jaboter et que je précise mon projet : avec vous, dès mardi 13 mars prochain, il m'agréerait de quelque peu rendre ses lettres de noblesse à la littérature égyptienne, de porter un éclairage circonstancié sur quelques grands textes égyptiens, le plus souvent connus des seuls égyptologues, - et égyptophiles -, dans lesquels, peu ou prou, la navigation, - car là demeure, ne l'oublions pas, la thématique motivant nos déambulations communes en salle 3 -, qui, sans toutefois constituer la finalité morale ou philosophique de l'oeuvre, ni sans caractériser le nœud même de l'action qui s'y déploie, occupe néanmoins une place non négligeable au sein de la littérature égyptienne dite "romanesque".

 

     M'y accompagnerez-vous ?

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

 

CHÂTELET François, La naissance de l'histoire, Tome 1, Paris, Éditions de Minuit, 1962. 

 

ID., La philosophie païenne, dans Histoire de la philosophie, Tome 1, Paris, Librairie Hachette, 1972.

 

 

DELEUZE  Gilles/GUATTARI  Félix, Qu'est-ce que la philosophie ?, Paris, Éditions de Minuit, 1975.

 

 

DUMONT  Jean-Paul, La philosophie antiqueParis, Collection "Que sais-je ?", P.U.F.,  1995. 

 

 

JASPERS  Karl, Les grands philosophes, Tome 1, Paris, Plon, 10/18, 1966.

 

 

YOYOTTE Jean, La pensée préphilosophique en Égypte, dans PARAIN Brice (s/d) , Histoire de la philosophie, I, volume 1, Paris, Gallimard, 1969. 

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commentaires

C
Vous accompagner dans ce combat contre l'hégémonie des grécisants???? deux fois plutot qu'une, moi qui bannis dans toutes mes translations de séminaires du samedi les versions grécisées des noms égyptiens. <br /> non seulement je vous accompagne, mais je vous soutens..... mordicus.
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R
Grand merci à vous pour ce soutien nîmois qui m'honore, Monsieur Bégaint.
S
Un grand merci à Alain pour son texte si vivant et un grand merci à toi Richard pour nous entraîner ainsi dans un rêve nilotique qui nous ravit et qui ravive si fortement nos souvenirs de séjours égyptiens.<br /> La vie a certes changé sur les bords du Nil mais il demeure la vitalité et la gentillesse des habitants.<br /> Nous attendons, François et moi, la semaine prochaine pour te lire à nouveau, certains de découvrir par toi de nouveaux aspects de la littérature et de la sagesse égyptiennes.<br /> Et laisse-moi te dire aussi que la semaine dernière j'ai emmené l'un de mes petits-fils dans cette salle 3 où nous avons passé presque 2 heures devant les cartes et les œuvres exposées en me référant à ton texte.<br /> Pour cela il faudra que tu me souffles un synonyme mieux que "grand" pour accompagner mon merci.<br /> Simone
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R
Ah Simone ! <br /> Que je suis heureux de te lire et, entre les lignes, d'avoir ainsi quelque peu de vos nouvelles. <br /> Heureux aussi bien sûr d'apprendre que François et toi continuez à me suivre et qu'ainsi je puisse encore apporter du plaisir de lecture à mes visiteurs. <br /> Et fier, oui fier, de savoir qu'un peu grâce à moi, certains d'entre eux déambulent au Département des Antiquités égyptiennes du Louvre ...<br /> <br /> Ton commentaire, chère Simone, m'est un inestimable cadeau de reconnaissance, de gratitude. J'en suis touché. <br /> Merci à vous deux.<br /> <br /> Bonne continuation.<br /> Je vous embrasse très amicalement,<br /> <br /> Richard
F
Bien sur, Richard, je serai présente la semaine prochaine sur votre blog pour y découvrir quelques écrits philosophiques égyptiens!! je suis certaine que nous serons tous curieux d'en savoir encore plus et toujours plus lorsque c'est vous qui vous adonnez à de belles recherches!! Merci RIchard Bisous Fan
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R
Merci à vous, chère Fan, pour cette fidélité à mon blog qui, les années passant, ne se dément pas.
F
Plus encore... un mot plus fort que merci...<br /> Un merci GÉANT...
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R
Et pour ma part, le rose aux joues, le Merci d'un simple "Ouvreur de chemins".
C
On vous accompagne Richard, à travers l'alléchante évocation d'une forêt de Belles-Lettres égyptiennes. C'est une autre forme de navigation tout aussi captivante à envisager !<br /> Merci pour ce très bel article, brodé de références luxuriantes et de souvenirs ardents, merci également de nous offrir le texte d'Alain qui tisse des mondes si vivants, avec les pleins et les déliés de sa plume. Je pense à certains moments de mes études avec le thème de la Pensée Universelle et différentes querelles entre professeurs à ce sujet... <br /> Querelles qui ne s'apaisèrent pas facilement mais cela n'émoussa pas le plaisir pris par les étudiants passionnés dans la découverte de plusieurs « mondes » dont l'Orient hellénisé.<br /> Merci à tous les deux. Quant au site Osiris.net, j'ai déjà eu l'occasion de m'y « sustenter », un très bel endroit, remarquablement documenté...<br /> Je vous souhaite une agréable soirée, bien amicalement !<br /> Cendrine
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R
J'ai effectivement pensé à vous, Cendrine, en rédigeant cet article, et à l'enseignement prodigué par certains de vos Professeurs à propos desquels nous avions déjà vous et moi pris plaisir à converser par le passé ...
A
Epatant ton article, Richard ! Françoise, que je ne connais pas, dit : " Merci pour tout... tout... et plus encore." Alors…<br /> <br /> Ton article n’est pas bon parce que tu as mis mon petit récit en exergue. Je m’étais amusé à écrire ce texte sur la base des renseignements si précis que tu nous offrais. Je voyais ces gens bien vivant naviguant sur un Nil couvert d’embarcations. Ils avaient une histoire, et pas seulement sur les murs des chapelles.<br /> Ton article est bon car tu as l’intention d’aborder un thème que tu as effleuré souvent, dont tu nous as parlé plusieurs fois dans le passé, sans toutefois, il m’a semblé, aller au bout de ton argumentation qui, nous le savons, te tient à cœur : la littérature égyptienne et sa confrontation, ou plutôt comparaison, avec celle venant de Grèce.<br /> Si j’ai bien compris tes explications dans ce premier article sur le sujet, tu comptes « quelque peu rendre ses lettres de noblesse à la littérature égyptienne ». Selon toi tous les spécialistes de philosophie antique, dans le passé, même jusqu’à Michel Onfray récemment, ne parlent pas, ou partiellement, de l’Egypte : « Pour nous, méditerranéens de culture, la philosophie antique se confond avec la philosophie grecque. » pour Jean-Paul Dumont, ou « la philosophie parle grec » pour Heidegger.<br /> Alors un champ est ouvert pour quelqu’un qui possède tes connaissances, ta documentation, et tes grandes qualités dans l’expression écrite. Tu peux aller bien plus loin que Michel Onfray dans de domaine.<br /> A bientôt. <br /> PS : mon nom, je ne l’ai pas voulu, commence par un y…)
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R
Mais pourquoi diantre ai-je tapé un I au lieu d'un Y ? Alors que je le sais depuis tant d'années. Ne verrais-je donc déjà plus ce que réellement j'écris ???<br /> <br /> Tu as raison, Alain, à une exception près, de taille à vrai dire, "ma" traduction de Sinouhé pendant les vacances de l'été 2012, quand au tout début de mon blog j'ai abordé la littérature égyptienne, ce fut très vite pour ne plus donner à découvrir que de la poésie amoureuse.<br /> <br /> La semaine dernière, parce que je venais de relire le début de l'article publié par Émile Zola sur Proudhon et Courbet le 26 juillet 1865 repris dans "Mes haines, causeries littéraires et artistiques", chapitre qui entame ses "Écrits sur l'art" chez Gallimard, collection "Tel" n°174, pages 41 et suivantes, et que j'avais négativement épinglé cette phrase : "L'art égyptien, cet art hiératique, généralisé, qui se réduit à un type et une attitude ; l'art grec, cette idéalisation de la forme, ce cliché pur et correct, cette beauté divine et impersonnelle ...", j'ai à nouveau vu rouge et je me suis dit que si Zola, qui n'est quand même pas le dernier des nuls en matière de conceptions artistiques, écrit ce type d'a priori, que doit penser le commun des mortels que nous sommes ? <br /> Et j'ai alors eu l'idée de revenir à la littérature égyptienne, elle aussi mal connue du grand public en commençant par reprendre des extraits de diatribes que j'avais déjà voici fort longtemps instillées sur mon blog à ce propos. <br /> Mais peu convaincu du bien-fondé d'envisager cette littérature ex-abrupto, j'ai pensé que c'était par le prisme de la thématique de la navigation présente dans la vitrine 2 de la salle 3 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre parisien que je pourrais l'aborder.<br /> <br /> Je n'ai évidemment pas l'outrecuidance de donner leçons aux historiens de la littérature ou aux philosophes qui se sont exprimés sur l'origine de la pensée ou des récits romanesques dans la culture universelle, je souhaite simplement remettre à l'honneur, grâce à ceux des savants, égyptologues philologues essentiellement, qui m'ont permis de les approcher, les "belles lettres" égyptiennes, - comme une collection célèbre le proclame des textes grecs et latins -, le plus souvent oubliées par leurs collègues, et de partager dans ce domaine-là aussi, mes amours littéraires avec mes lecteurs. Tout simplement !
F
"Je les imagine glissant majestueusement toutes voiles gonflées vers le sud"..... Je rêve... me voilà partie sur le Nil...<br /> En attendant de découvrir la littérature égyptienne... et en espérant la comprendre et l'apprécier.<br /> Merci pour tout... tout... et plus encore.
Répondre
R
Quelle bien belle formule de remerciement, Françoise ! <br /> <br /> De quoi votre "et plus encore" est-il le nom ? <br /> De l'espérance que jamais mes articles vous créent déception ?<br /> Si tel devait être le cas, j'en serais plus que marri ! <br /> Meurtri : voilà le terme idoine en semblable circonstance ...

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