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27 mars 2018 2 27 /03 /mars /2018 00:00

 

  " Grâce aux progrès réalisés depuis un quart de siècle, on peut affirmer sans crainte qu'il n'est guère de passages qui n'aient été améliorés dans l'ouvrage présentement recensé. M. G. Lefebvre a même parfois modifié jusqu'à l'intitulé de certains des morceaux retraduits par lui, ou encore l'orthographe de tel ou tel nom propre quand il y avait lieu.

     Le spécialiste se rendra compte au premier coup d’œil, que l'auteur s'est tenu au courant des plus récentes découvertes et qu'il n'a pas craint parfois d'être le premier à interpréter certains passages particulièrement obscurs.

(...)     

     Grâces lui soient rendues de nous avoir livré une œuvre à ce point passionnante et si proche de la perfection. "

 

 

 

 

Maurice STRACMANS 

Lefebvre (Gustave). Romans et contes égyptiens de l'époque pharaonique.

[Compte rendu]

 

dans Revue belge de philologie et d'histoire,

Tome 30, fascicule 1-2, 1952,

pp. 176-9

 

 

 

 

 

     Quand, à l'hiver 1895-96, près du Ramesseum, le temple de millions d'années de Ramsès II, sur la rive ouest de Louxor, l'égyptologue anglais James Edward Quibell mit au jour le papyrus Berlin 10499 au verso duquel, je vous l'ai indiqué la semaine dernière, amis visiteurs, avaient été recopiés des passages du Conte de Sinouhé, il effectuait en réalité une double découverte puisque le recto offrait pour sa part le début d'un autre texte d'importance au sein de la littérature égyptienne, le Conte de l'Oasien qu'avec vous, je souhaiterais aborder ce matin.

 

Papyrus Berlin 10499 - (© http://www.astrodoc.net/andere/Bauer/Bauer.html)

Papyrus Berlin 10499 - (© http://www.astrodoc.net/andere/Bauer/Bauer.html)

 

     À l'heure actuelle, nous possédons seulement quatre papyri reprenant tout ou parties de ce texte hiératique datant lui aussi du Moyen Empire, et plus précisément de la fin de la XIIème dynastie. Et si j'accorde quitus à l'égyptologue français Gustave Lefebvre qui indique que seul un ostracon datant de l'époque ramesside reproduisant, de manière fautive de surcroît, un très court passage de ce conte, je peux avancer sans me tromper qu'il semblerait n'avoir intéressé qu'un seul maître à éduquer les apprentis-scribes du Nouvel Empire.

 

     Quatre papyri sont donc connus : trois appartiennent à l'Ägyptisches Museum und Papyrussamlung de Berlin où ils ont été enregistrés sous les numéros d'inventaire 3023

 

    

Papyrus Berlin 3023 - (© http://www.astrodoc.net/andere/Bauer/Bauer.html)

Papyrus Berlin 3023 - (© http://www.astrodoc.net/andere/Bauer/Bauer.html)

 

et 3025

Papyrus Berlin 3025 - (© http://www.astrodoc.net/andere/Bauer/Bauer.html)

Papyrus Berlin 3025 - (© http://www.astrodoc.net/andere/Bauer/Bauer.html)

 

pour ceux faisant initialement partie de la collection de Giovanni d'Athanasi, dont je citai également le nom mardi dernier à propos du pBerlin 3022 ; le troisième étant le 10499 par lequel, d'emblée, j'ai entamé ma présente intervention.

 

      Quant au quatrième exemplaire, il se trouve copié au recto d'un manuscrit relevant des collections du British Museum où il porte le numéro de référence 10274 : il s'agit du papyrus Butler 527, du nom d'un ecclésiastique érudit anglais, Samuel Butler (1774-1839), évêque de Lichfield, qui l'acquit en 1835. Pour être complet, permettez-moi d'ajouter que le verso de ce papyrus "bifrons" consigne un autre conte intitulé Le Discours de l'Oiseleur. 

Papyrus Butler 527 - (© https://www.ancient.eu/uploads/images/7369.jpg?v=1507017661)

Papyrus Butler 527 - (© https://www.ancient.eu/uploads/images/7369.jpg?v=1507017661)

 

     Si le pButler 527 ne comporte en réalité que quarante lignes de la première partie du récit de l'Oasien, le pBerlin 3023 en propose 326, mais sans toutefois en fournir ni le début ni la fin, alors que le pBerlin 3025 en donne 142, reprises de la deuxième partie de l'histoire, sans non plus en reproduire la fin. Quant au recto du pBerlin 10499, s'il contient 138 lignes et deux petits morceaux d'une ligne supplémentaire, au moins permet-il d'enfin prendre connaissance du commencement de l'oeuvre.

 

     De sorte que si en confrontant ces quatre manuscrits, l'on peut quasiment reconstituer le texte dans son intégralité ou, à tout le moins, en comprendre le sens véritable, force m'est de constater que l'extrême fin demeure lacunaire et que le colophon se devine à peine par la seule présence du début de deux signes hiératiques ; le reste de cette traditionnelle formule terminale ayant disparu avec le morceau du pBerlin 3025 manquant ... apparemment, selon Gaston Maspero, "suite à un maniement prolongé ".    

 

     Mon préambule terminé, je vous invite tout de go, amis visiteurs, à vous pencher sur ce conte égyptien très particulier qu'à l'instar des deux précédents, je vous proposerai par le biais de la thématique de la navigation. 

 

     Alors que pour le Naufragé, j'avais plébiscité la dernière traduction en date, celle de Michel Dessoudeix et que pour Sinouhé, j'avais eu l'immodestie de vous soumettre la mienne, réalisée voici une trentaine d'années à l'Université de Liège sous l'égide de feu le Professeur Michel Malaise, pour l'Oasien, j'ai délibérément choisi aujourd'hui celle de l'égyptologue français Gustave Lefebvre, datant originellement de 1949, que son collègue belge, Maurice Stracmans, dans l'extrait de la recension de l'intégralité de l'ouvrage que vous avez découverte en guise d'exergue tout à l'heure, louange sans restriction.

 

     La raison de mon choix est simple et d'ordre purement lexicologique, M. Stracmans y faisant d'ailleurs allusion ci-dessus : alors que tous les traducteurs ont intitulé ce conte, qui Le Paysan éloquent, qui Plaintes du Fellah, qui le Fellah plaideur, Gustave Lefebvre est le seul à avoir donné un titre en prenant réellement en compte une expression très spécifique du texte, - sekhety hemat (sxt hmAt) -, permettant d'arguer que le héros principal était un habitant d'une oasis (= sekhet), en l'occurrence l'Oasis du Sel, plus connue sous l'appellation de Ouadi Natroun, à l'ouest du Delta. Un habitant d'une oasis, un oasien donc, et nullement comme on le lit souvent, un paysan d'un quelconque endroit de la vallée du Nil. En vérité, rien n'indique clairement dans le texte hiératique égyptien que l'homme fût paysan : il eût tout aussi bien pu être simple paludier, voire modeste marchand de sel.  

 

      Si je devais en quelques mots caractériser cette oeuvre hors du commun, amis visiteurs, j'avancerais tout uniment qu'elle m'apparaît n'avoir été conçue que pour mettre en évidence la réitération sous diverses formes, avec divers arguments, de la plainte d'un homme du peuple, Khouninpou, dont nous apprenons dès les premiers mots qu'en tant qu'originaire de l'Ouadi Natroun, il se rend dans la vallée du Nil en vue d'y troquer natron, sel et autres produits de sa région natale ; qu'en chemin, près de Nennésou, la Hérakléopolis des Grecs, il croise Djehoutynakht, querelleur né qui, sous un fallacieux prétexte, le moleste puis le dépossède de ses ânes et du contenu des fardeaux qu'ils véhiculaient. L'Oasien décide alors de confier ses déboires à un des hauts fonctionnaires de la région, le grand intendant Rensi, dont il est avéré que Djehoutynakht figure parmi les serviteurs. Et, l'extrême fin mise à part, qui nous fournit quelques bribes du dénouement de l'histoire, ce conte ne semble avoir été écrit qu'en vue de servir de cadre rudimentaire, dans une immense et remarquable partie centrale, aux facultés déclamatoires du saunier spolié, où les antithèses le disputent aux métaphores à la navigation consacrées, à travers lesquelles sourd constamment la notion de Maât, d'ordre cosmique, de justice sociale, concept éminemment cardinal de la philosophie égyptienne.

 

 

     C'est dès la première des suppliques que l'Oasien adresse au maître des lieux qu'apparaissent les catachrèses nautiques, et dans certaines des huit suivantes qu'elles seront à nouveau filées. Lisons-les.

 

     " Grand intendant, mon seigneur,le plus grand des grands, le guide de ce qui n'est pas (encore) et de ce qui est ! Si tu descends au lac de justice et si tu navigues sur lui avec un vent favorable, l'étoffe de ta voile ne sera pas arrachée ; ton bateau n'ira pas lentement ; nul dommage n'adviendra à ton mât ; les vergues ne se briseront pas ; tu ne sombreras pas quand tu accosteras la terre ; le courant ne t'entraînera pas ; tu ne goûteras pas à la malignité du fleuve ; tu ne verras pas un visage qui a peur ; les poissons, pourtant farouches, viendront à toi, et tu atteindras le plus gras des oiseaux. Car tu es le père de l'orphelin, le mari de la veuve, le frère de la femme répudiée, le vêtement de celui qui n'a plus de mère. Permets que je te fasse dans ce pays un renom qui soit au-dessus de toute bonne foi, ô guide exempt de rapacité, ô grand exempt de bassesse ! Anéantis le mensonge, donne l'existence à la vérité. Viens à la voix de celui qui appelle, mets à terre le mal. Je parle pour que tu entendes. Fais justice, ô loué que louent ceux qui sont loués. Détruis (ma) misère car je suis accablé par le chagrin, je suis affaibli à cause de lui. Prends soin de moi car je suis dans le dénuement."  

 

Extraits de la deuxième supplique

 

     " Ô grand intendant (...) Le visage du timonier est tourné vers l'avant, et le bateau va à la dérive comme il lui plaît. Le roi est à l'intérieur, le gouvernail est dans ta main, et le mal se répand dans ton voisinage.

(...)

     Toi le plus instruit de tous les hommes, est-ce que tu resteras ignorant de mon affaire ? Toi qui écartes toute disette d'eau, vois j'ai un chemin sans bateau. Toi qui mènes à la rive quiconque se noie, toi qui sauves le naufragé, secours-moi.

 

Extraits de la troisième supplique

 

     " Si tu manies le gouvernail d'après la voile, le courant (t') entraînera vers la pratique de la justice. Prends garde que tu ne fasses une traversée qui te soit contraire. à cause de la corde du gouvernail. L'équilibre du pays, c'est pratiquer la justice. 

(...)

     Toi, tu es comme une ville sans gouverneur, comme une compagnie sans chef, comme, un bateau sur lequel il n'y a pas de capitaine, une bande qui n'a pas de conducteur. "

 

Extraits de la quatrième supplique

 

     " Si le bac est (déjà) rentré, par quel moyen alors traversera-t-on ? La chose doit se faire, (même) à contre-cœur. Traverser le fleuve sur des sandales, est-ce une bonne (manière de) traverser ?

(...)

     Timonier, ne laisse pas ton bateau aller à la dérive. Dispensateur de vie, ne permets pas qu'on meure.  

 

 

Extrait de la sixième supplique

 

     " La gaffe est dans ta main comme une perche qui ouvre (la voie), quand l'occasion de (sonder) l'eau se présente. Si le bateau essaie d'entrer (au port) alors qu'il est emporté (par le courant), sa cargaison sera perdue pour le pays sur chaque rive. " 

 

 

Extraits de la septième supplique

 

     " Grand intendant, mon seigneur, tu es le gouvernail du pays entier : le pays vogue à tes ordres.

(...)

     Alors j'ai manœuvré ma gaffe, j'ai vidé mon eau, je me suis débarrassé de ce qui était dans mon corps, j'ai lavé mes vêtements salis. Mon discours est terminé ; ma misère s'est étalée complètement devant toi.  De quoi as-tu encore besoin ?

 

 

Extrait de la neuvième et ultime supplique

 

     " Si le mensonge se met en route, il s'égare, il ne traverse pas dans le bac ; il ne fait pas bon voyage. Quant à celui qui devient riche par lui, il n'a pas d'enfants, il n'a pas d'héritiers sur terre ; et pour celui qui navigue avec lui, il n'accoste pas la terre, son bateau n'aborde pas à son port d'attache."  

 

 

     Ce n'est que dans les derniers feuillets de l'un des papyri que vous apprendrez que si le grand intendant Rensi a si longuement tardé pour rendre justice, a si longuement tergiversé avant de se prononcer sur un acte qui, pourtant, n'eût dû souffrir le moindre atermoiement ; s'il a semblé être sourd aux argumentaires successifs de Khouninpou, - 9 en tout qui constituent le nœud loin d'être gordien de l'histoire, vous l'aurez compris ; nombre qui, je le souligne au passage, amis visiteurs, n'est nullement insignifiant dans la mesure où, au sein de la pensée égyptienne antique, il symbolise le concept de complétude -, si donc Rensi a déçu l'Oasien par son indifférence affichée, par son attitude dilatoire, son non-agir, son insensibilité à l'écoute, à un point tel que l'Oasien désapproprié envisage de porter l'affaire devant le dieu Anubis pour y fustiger l'impéritie de la justice humaine personnalisée par le haut fonctionnaire royal qui, à ses yeux, ne respecte pas la Maât mais également pour y anathématiser le défaut d'altruisme ressenti à chaque entrevue pendant laquelle il espérait le convaincre du bien-fondé de ses objurgations, c'est parce que surpris, obnubilé presque par l'éloquence hors du commun du paludier opprimé, et en total accord avec le souverain qu'il avait prévenu dès après la première entrevue, que Rensi feignit l'incuriosité tablant sur la pugnacité de l'Oasien beau parleur pour qu'il revînt vers lui se plaindre à plusieurs reprises ; et ce, dans le chef de Rensi et du monarque, aux fins de permettre à un scribe royal de consigner sur papyrus tous les termes de son époustouflant atticisme.

 

     " Ne crains pas, oasien, cela a été fait contre toi (seulement) pour t'obliger à rester avec moi !

 

     Enfin, Rensi rendit évidemment justice dans le sens où le souhaitait depuis si longtemps l'Oasien plaignant : d'après ce que nous sommes en droit de déduire suite aux malencontreuses lacunes de la fin du texte, la personne de Djehoutynakht ainsi que tous ses biens appartinrent désormais à Khouninpou. 

 

 

     Faut-il vraiment ajouter qu'à l'encontre du Naufragé ou de Sinouhé dans lesquels les allusions à la navigation s'imposaient matériellement dans la mesure où les héros, choisissant de quitter l'Égypte pour se rendre en terres étrangères, l'un pour quérir des matières premières, l'autre pour fuir ce qu'il estimait être un danger imminent, se voyaient contraints de traverser le Nil ou l'isthme de Suez ou la mer Rouge, dans l'Oasien, pas de fleuve à réellement franchir : les références à la navigation ne sont que purs effets stylistiques, que pures métaphores littéraires visant à assimiler la bonne conduite, politique ou morale, du grand intendant royal à celle, qui se doit d'être tout aussi bonne, d'un bateau par son capitaine ?                    

 

     Excellentes vacances de Printemps à toutes et à tous.

 

     Et retrouvons-nous mardi  17 avril prochain.

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

 

ASSMANN  Jan, Maât, l'Égypte pharaonique et l'idée de justice sociale, dans Conférences essais et leçons du Collège de France, Paris, Julliard, 1989, pp. 35-55.

 

 

DESSOUDEIX   Michel, Le Conte du Paysan éloquent, dans Lettres égyptiennes, Volume III, La littérature du Moyen Empire, Arles, Actes Sud, 2016, pp. 198-296.

 

 

LEFEBVRE  Gustave, Le Conte de l'Oasien, dans Romans et contes égyptiens de l'époque pharaonique, Paris, Librairie d'Amérique et d'Orient Adrien Maisonneuve, 1988, pp. 41-69.

 

 

MASPERO  Gaston, Plaintes du Fellah, dans Contes populaires de l'Égypte ancienne, Paris, Libella, 2016, pp. 153-182.

 

 

PARKINSON  Robert Bruce, The Discours of the Fowler - Papyrus Butler (verso) - P. BM EA 10274), dans Journal of Egyptian Archaeology n° 90, 2004, p. 81.

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commentaires

C
Un conte, un peu étrange, plutôt lancinant, philosophique, oui, pourquoi pas?<br /> Fascinant en tous cas de découvrir ces écrits qui arrivent du fond des temps jusqu'à nous. C'est une chose à laquelle je ne m'habituerai jamais.<br /> <br /> Vacances proustiennes?<br /> <br /> À Illiers-Combray?
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R
Fascinant, oui, Christiana. Un immense plaisir, une réelle jouissance intellectuelle aussi, pour ce qui me concerne : c'est d'ailleurs ce que j'explique dans mon article de rentrée aujourd'hui.<br /> <br /> À Illiers-Combray ? Non, malheureusement pas ! <br /> Simplement du fauteuil du salon à celui du bureau ou, très très rarement sur la terrasse quand quelques parcelles de soleil furent octroyées ...<br /> Humidité ambiante et articulations contraignantes obligent ...
F
Certes, on ne peut vraiment le considérer comme un conte!! il y a une supplique qui fait dire que de tous les temps, l'être humain doit se plier à un autre être humain qui est plus fort, plus riche, plus intelligent ou tout simplement mieux "né"!!! Bonnes vacances Richard!!Bisous Fan
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R
Merci Fan : proustiennes, encore et toujours, "studieuses", elles furent excellentes ces deux semaines de congé ...
A
Etrange plainte incessante de cet oasien que j’avais lu une première fois rapidement sans bien en comprendre le sens.<br /> Après relecture, je trouve ces suppliques assez étonnantes. D’ailleurs peut-on parler de conte ?<br /> Khouninpou est vraiment opiniâtre car il s’y reprend neuf fois pour que l’intendant un peu sourd daigne s’y intéresser. A moins, comme il est mentionné, que l’intendant est laissé le beau parleur continuer ses plaintes afin de les consigner sur papyrus.<br /> Il y a réellement un côté philosophique et littéraire dans ces écrits, sortes de maximes ou pensées dont je cite à nouveau mes préférés :<br /> « Ô grand intendant (...) Le visage du timonier est tourné vers l'avant, et le bateau va à la dérive comme il lui plaît. Le roi est à l'intérieur, le gouvernail est dans ta main, et le mal se répand dans ton voisinage. »<br /> « Prends garde que tu ne fasses une traversée qui te soit contraire à cause de la corde du gouvernail. L'équilibre du pays, c'est pratiquer la justice. »<br /> « Si le bac est (déjà) rentré, par quel moyen alors traversera-t-on ? La chose doit se faire, (même) à contre-cœur. Traverser le fleuve sur des sandales, est-ce une bonne (manière de) traverser ? »<br /> « La gaffe est dans ta main comme une perche qui ouvre (la voie), quand l'occasion de (sonder) l'eau se présente. »<br /> « Si le mensonge se met en route, il s'égare, il ne traverse pas dans le bac ; il ne fait pas bon voyage. »
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R
Merci à toi aussi, Alain, d'avoir pris plaisir à lire cet article au point de t'y plonger une deuxième fois aux fins de mieux comprendre et, finalement, d'apprécier les extraits de ce texte assez exceptionnel que j'y ai donné à découvrir ... <br /> Ce serait évidemment trop long sur mon blog mais ce conte, - qui n'a rien "de fées" mais qui "finit bien" -, mériterait vraiment d'être publié dans son intégralité ...
C
Moi aussi, je trouve le mot « oasien » magnifique, intense, riche de possibilités... <br /> Merci Richard pour ce très intéressant article qui attise le feu de nos pensées voyageuses. On chevauche des mers d'antan en déployant la voile des mots. On se laisse happer au rythme du langage...<br /> J'ai beaucoup aimé le passage suivant : " Si le mensonge se met en route, il s'égare, il ne traverse pas dans le bac ; il ne fait pas bon voyage. Quant à celui qui devient riche par lui, il n'a pas d'enfants, il n'a pas d'héritiers sur terre ; et pour celui qui navigue avec lui, il n'accoste pas la terre, son bateau n'aborde pas à son port d'attache." <br /> C'est tout à fait ce que j'éprouve au sujet du mensonge, un « état » qui empêche l'être de trouver sa véritable destination, un non sens.<br /> Je vous souhaite d'agréables vacances de Printemps, que les facétieux lapins de Pâques vous apportent de belles choses ainsi qu'à votre famille.<br /> Bien amicalement,<br /> Cendrine
Répondre
R
Vous avez bien raison, chère Cendrine, d'apprécier ce passage qui prouve, si besoin en était encore, combien fut importante déjà la philosophie égyptienne ... à laquelle l'on préfère attribuer l'appellation de "pensée", réservant plutôt le terme "philosophie" aux Grecs qui, les premiers dans l'esprit de beaucoup, auraient eu l'apanage de réfléchir sur la condition humaine ... Ce que je conteste ici véhémentement !<br /> <br /> Merci pour vos vœux ...
C
C'est un mot merveilleux, ce mot "oasien". J'en reste toute rêveuse. Pas de doute, tout voyage commence par les mots !
Répondre
R
Vous avez raison, Carole, "oasien" fait rêver ...<br /> <br /> <br /> Si, originairement, le terme "oasis" provient de la langue grecque et désignait, en tant que noms propres, divers lieux de la seule Égypte, - on le trouve déjà chez Hérodote, au Vème siècle avant notre ère ! -, en français, il faut attendre 1868 pour qu'à partir de ce mot soit créé "oasien" pour nommer celui qui vivait dans ces recoins particuliers du désert.<br /> <br /> <br /> De toute éternité, la langue égyptienne, pour sa part, disposait de "sekhet" , - trois roseaux dessinés côte à côte sur une ligne horizontale, pour figurer cette notion d'oasis, mais aussi de marais, et ajoutait un signe supplémentaire distinctif, - deux petits traits obliques parallèles, que nous rendons par "y", et le déterminatif d'un homme assis -, pour désigner celui qui vivait en ces endroits, "sekhety"...

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