Égypte : ô Louvre !

Mardi 12 mars 2013 2 12 /03 /Mars /2013 00:00

 

    Neferet-Hotep - Je suis venu en toi pour prendre mes nourritures et avoir à ma disposition mes plats de viande, et pour que me soit donné le gibier d'eau de Chou et de ceux qui suivent mon Ka.

 

 

 

 

 

dans Paul  BARGUET

 

Le Livre des Morts des anciens Égyptiens 

Extrait du Chapitre 110

 

Paris, Éditions du Cerf, 1967

p. 147

 

 

 

     Mardi dernier, amis visiteurs, toujours sous l'angle précédemment annoncé de la recherche de critères stylistiques permettant de dater un monument, nous nous sommes penchés sur la plateau aux bords légèrement relevés de la table d'offrandes de Tepemânkh, gravée en relief sur le bloc de calcaire E 25408,

 

 

Vitrine 5

 

 

exposé ici devant nous dans la vitrine 5 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre. Ou, pour être plus précis encore : sur ce que qui était disposé dessus.   

 

     Poursuivant aujourd'hui l'étude de ce mobilier funéraire antique, j'aimerais rapidement en envisager le pied, et surtout son environnement immédiat.


 

Table d'offrandes de Tepemânkh (gros plan de E 25)

 

 

     En réalité, j'aurai peu à dire sur ce pied cylindrique, sinon que sa partie supérieure est évasée de manière à supporter le plateau de pierre et que sa base se révèle plus évasée encore, dans la mesure où elle était destinée à maintenir l'ensemble en équilibre sur le sol.


    Deux possibilités s'offrirent aux fabricants antiques : ou, comme ici, le plateau était simplement posé sur un support vertical et tenait probablement par un système de tenon/mortaise que les figurations gravées ou peintes ne précisent évidemment pas ; ou il disposait lui-même d'un petit pied, relativement court qui s'emboîtait tout logiquement dans la partie supérieure évidée de ce support.

 

 

     Peu à dire sur ce haut pied de table, viens-je de préciser ; mais beaucoup plus sur son environnement.

 

     J'ai déjà suffisamment évoqué ce qui se trouvait à la droite de cette table - les quatre fils faisant offrande à leur père - pour que j'estime ne point y revenir. Sauf peut-être pour épingler le fait que sur d'autres reliefs apparemment  semblables, cet emplacement sous le guéridon peut être occupé, suivant les règnes et les dynasties de cette fin d'Ancien Empire, par l'un ou l'autre vase rituel, l'une ou l'autre aiguière, l'un ou l'autre bassin à libations, etc., qui n'avaient de raison d'être que celle d'offrir la faculté aux défunts, avant leur repas, - à l'instar de leur vie quotidienne ici-bas, ne l'oublions jamais ! - de se purifier, de procéder à quelques-uns de ces rites de lustration si prisés à l'époque.

 

     Sur la droite, au lieu de personnages offrant, vous admirerez peut-être dans l'un quelconque mastaba que vous visiterez ou sur des reliefs exposés dans des musées, un amoncellement de vivres concrétisant un grand nombre d'aliments mentionnés dans le "menu".

 

     Ainsi, après notre rendez-vous de ce matin, vous suffira-t-il de vous rendre au premier étage ci-dessus, en salle 22, pour y voir, en la Galerie d'étude n° 2, la stèle fausse-porte (C 164) d'un directeur du trésor de la VIème dynastie, un certain Izi.

 

     Dans le tableau central où s'invite la scène du repas funéraire, vous distinguerez, flèche ci-dessous,

 

 

Stèle fausse-porte d'Izi

 

 

sur de petits meubles bas, les offrandes alimentaires s'entassant les unes sur les autres ...

 

 

     Mais revenons à Tepemânkh pour envisager, à la gauche du pied du guéridon, gravée devant ses jambes,  

 

 

Formule d'offrandes (2) (E 25408 - Cliché C. Larrieu)

 

 

résumant les ingrédients essentiels, pour la seconde fois sur ce monument, une formule d'offrandes extrêmement  concise :  Mille pains, mille cruches de bière, mille pièces de boeuf, mille volailles.

 

      La première fois, peut-être vous rappellerez-vous,

 

Formule d'offrandes (1) (E 25408 - Cliché C. Larrieu)

 

nous l'avions rencontrée immédiatement en dessous des cases du "menu", avec déjà ce signe hiéroglyphique M 12 de la liste de Gardiner

 

Hiéroglyphe 1000.jpg (M 12 dans liste Gardiner)

 

figurant notre nombre 1000. Quantité qu'il ne faut évidemment pas prendre au pied de la lettre ! 

 

     Si je viens précisément de la qualifier de concise, cette formule devenue classique parce qu'ad libitum reprise depuis les temps premiers sur stèles, statues, meubles et objets de vaisselle funéraire, parois de chambres sépulcrales et autres linteaux d'entrée de mastabas, c'est bien évidemment parce qu'à eux seuls, les quatre produits alimentaires cités ici font office de synecdoque : une partie exprimant le tout ! 

 

     Et quel est ce tout ?


     C'est ce que je me propose de vous faire découvrir, amis visiteurs, lors de nos prochaines  rencontres des 19 et 26 mars, en compagnie d'un invité inattendu, déjà croisé puisque grâce à un égyptologue tchèque, nous avions visité une partie de sa tombe en Abousir.

     Mais chut ! Là-dessus, je ne vous en révèle pas plus aujourd'hui. Sauf que la surprise sera de taille !

 

     En revanche, et avant de prendre congé de vous ce matin, permettez-moi de profiter de la présence de ces hiéroglyphes sur le bloc de Tepemânkh pour attirer votre attention sur un point que je présume relativement peu connu au sujet des études dans l'Égypte antique.

 

     Dans nos universités contemporaines, quand d'aventure lui prend l'envie plus qu'intéressante mais aussi plus qu'exigeante de s'initier à la langue - et aux écritures - égyptiennes, tout impétrant doit d'abord se frotter à l'apprentissage des hiéroglyphes. Cela dure quelques années ; puis par la suite seulement, il pourra, il devra, s'il veut se perfectionner dans l'épigraphie, aborder les différentes cursives - le hiératique, évidemment contemporain des premiers signes d'écriture hiéroglyphique et le démotique, apparu seulement vers le milieu du VIIème siècle avant l'ère commune.


(Quelques menues précisions sur ces tachygraphies dans un ancien article consacré à la Pierre de Rosette.)

 

     Inversement, en Égypte ancienne, dans la pratique, - à tout le moins pour l'infime pourcentage de la population qui s'adonna aux lettres (1%, selon certaines évaluations qui relèvent plus de la spéculation que de statistiques véritables) -, c'est d'abord avec le hiératique que les élèves scribes, dans leur grande majorité, se familiarisèrent de manière à pouvoir officier dans des postes essentiellement administratif et juridique.

 

     Et bien plus réduit encore fut le nombre de ceux qui, dépassant ce stade premier, entendirent se spécialiser dans l'étude des hiéroglyphes. Pour ce faire, ils fréquentèrent ce que l'on traduit en français par maisons de vie, c'est-à-dire des institutions scolaires de très haut niveau qui débouchaient sur la connaissance des sciences sacerdotales. L'élite, parmi l'élite des lettrés qui les avaient fréquentées, portait des titres tels que Scribes des écrits divins ou Prêtres ritualistes. Ce sont eux, et eux seuls, qui étaient à même de fournir les textes qu'ensuite peintres ou graveurs reproduiraient sur les monuments, - parfois avec moult fautes d'orthographe et de frappe ... du burin !!  

 

 

 

(Cherpion : 1989, 42-54 ; Vernus : 1990, 35-56 ; Ziegler : 1990, 82-5 et 258-61)

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Mardi 5 mars 2013 2 05 /03 /Mars /2013 00:00

 

    Offrandes à Osiris et à la corporation divine qui est dans la double Campagne des Félicités, pour qu'ils donnent les offrandes funéraires de pain-bière-viande-volailles-tissus et toutes bonnes choses chaque jour (...) afin de recevoir les pains, gâteaux, galettes, lait, vin et aliments. 

 

 


 

 

dans Paul  BARGUET

 

Le Livre des Morts des anciens Égyptiens 

Extrait du Chapitre 110


Paris, Éditions du Cerf, 1967

p. 143

 

 

 

  Table d'offrandes de Tepemânkh (gros plan de E 25-copie-1

 

 

 

   

      Le concept de l'offrande en Égypte antique, et plus spécifiquement celui de l'offrande alimentaire aux défunts, fut, dès les premiers temps de la création de l'écriture hiéroglyphique, matérialisé par le hiéroglyphe

 


Hiero-R4.jpg

 

référencé R 4 dans la liste de Gardiner, se lisant hétep, figurant en réalité deux signes distincts : une natte de roseaux ou de joncs, - semblable à celle qui pouvait recouvrir le sol des maisons -, et sur laquelle était déposé un pain.

 

     Il ne résulte évidemment pas du hasard que pour recevoir les offrandes de bouche dans les mastabas des premières dynasties, la table elle-même, soit comprit cette figuration au sein des éléments gravés sur sa partie supérieure - souvenez-vous de celle d'Akhethetep que je vous ai à nouveau présentée la semaine dernière au centre de laquelle vous distinguiez cette natte et ce pain -, soit reçut la forme générale du hiéroglyphe en question.

 

     Exceptionnellement ce matin, je ne vous suggérerai pas de monter à l'étage supérieur, dans la salle 23 pour y admirer, dans la Galerie d'étude n° 1, le superbe petit monument (AF 10226) d'un certain Nakht, datant du Moyen Empire.

 

 

Table-d-offrandes-de-Nakht.jpg

 

 

      Si vous désirez vraiment constater que, vus du haut, la natte est figurée par la partie rectangulaire et le pain déposé dessus par le rectangle incisé qui s'en détache à l'avant-plan, symbolisant l'ensemble des aliments offerts, il vous faudra effectuer un petit voyage vers le Nord-Pas de Calais : en effet, cette pièce fait partie des quelque deux cents qui, d'ici, ont pris le chemin du tout nouvel espace muséal implanté sur l'ancien carreau de fosse des puits 9 et 9 bis des mines de Lens et vous attendent dans la grande Galerie du Temps

 

     C'est ce pain stylisé - cette brioche, comme l'appellent parfois certains égyptologues ; ces tranches de pain, comme préfèrent dire d'autres ; ou leur profil comme personnellement j'aime à le penser -, répété quatorze fois côte à côte, que vous retrouvez, amis visiteurs, sur la scène du repas funéraire de Tepemânkh gravée ici devant vous sur le bloc de calcaire E 25408 exposé au centre de la vitrine 5 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre parisien. 

 

 

 

Table d'offrandes de Tepemânkh (gros plan de E 25408 - Cli

 

 

     Mais peu me chaut en réalité la dénomination que chacun d'entre nous souhaite attribuer à ces formes verticales, l'essentiel étant le message que les artistes eux-mêmes ont voulu véhiculer en les représentant. 

 

     Examinons-les attentivement, voulez-vous, dans leur environnement.


     Leur taille, d'abord, car comme tout le reste, elle fit partie des critères stylistiques de détermination établis par l'égyptologue belge Nadine Cherpion - vous vous souvenez ? : j'ai tout récemment évoqué ses recherches -, aux fins de dater les mastabas qu'elle a étudiés, en ce compris celui de "notre" Tepemânkh.

 

     Si, dans les premiers temps, leur hauteur équivalait au nombre de centimètres séparant le genou du défunt de son coude, elle atteint ici, non pas son épaule, comme ce le sera plus tard, mais approximativement son aisselle.

 

     Leur disposition, ensuite, car elle connut au fil des ans plusieurs variantes : ici, vous notez l'alignement régulier de ces pains en deux séries de sept pièces, chaque groupe tourné face à l'autre. Il faut savoir que vous en trouverez ailleurs sur semblables scènes qui se présentent - pour autant que vous soyez évidemment attentifs à ce détail-là aussi ! -, soit tous face au personnage assis à la table, soit tous dos à lui, soit groupés deux par deux, soit en deux séries comme ici, mais dont la première fait face au défunt, alors que l'autre lui tourne le dos, etc., etc.

 

     Accompagnez-moi un instant à l'étage supérieur pour me permettre de corroborer mon dernier propos : nous y rencontrerons bien, cette fois en salle 16, la fausse-porte de Chéchi (E 27133), exposée dans la vitrine 1.

 

 

stele-fausse-porte-de-Chechi---Louvre-E-27133---Cliche-C.jpg

 

     En scrutant attentivement la scène du repas funéraire du petit tableau central, vous remarquerez aisément que les deux séries de quatre figurations sont placées dos à dos, celle de gauche faisant face au défunt.

 

     Enfin, avec le temps, et parce que le motif s'y prête, les artistes donneront à ces profils de pains stylisés la forme de roseaux dressés - c'est le cas précisément sur la stèle de Chéchi ci-avant. Il faut par là comprendre que l'image rend un signe d'écriture. En effet, soit le hiéroglyphe seul M 17 de la liste de Gardiner, 

 

hiero_M17.jpg

 

 

figurant un de ces roseaux si abondants au sein des marais égyptiens, gravé un certain nombre de fois sur la table d'offrandes ; soit le M 20 de cette même liste

 

hiero_M20.jpg

 

qui constitue l'idéogramme des ces plantes palustres, signifient simplement qu'aux yeux des Égyptiens, ces lieux mythiques, idéalisations du monde agricole réel, que sont les Champs des Roseaux, les Champs d'Ialou, les Campagnes de Félicités, selon certaines parmi d'autres acceptions que leur donnent les égyptologues, symbolisaient la source même de toute nourriture destinée aux morts.

 

     C'est évidemment la raison pour laquelle, vous l'aurez deviné, qu'après celui de mardi dernier, j'ai choisi ce matin en guise d'exergue, ce nouvel extrait du chapitre 110 du Livre pour sortir au jour.

 

 

     Est-il vraiment nécessaire d'à nouveau "enfoncer le clou" ?

Vous savez tous, fidèles à nos rendez-vous hebdomadaires, combien je tiens à prouver que contrairement à des poncifs véhiculés ça et là, l'art égyptien ne pêche nullement par monotonie. Il suffit non pas de regarder, mais de voir. Vraiment. Avec acuité.

 

     Une nouvelle fois devant ces autels portant offrandes, si récurrents de parois de mastabas en parois de mastabas, vous auriez pu croire que les artistes avaient immanquablement reproduit les mêmes scènes. Il n'en fut rien ! Et les détails qui, peu ou prou, distinguent les tables et leur environnement, ne peuvent que vous conforter dans l'opinion que je tente ici de faire admettre : malgré un nombre de consignes idéologiques quant aux finalités de leur art funéraire, les artistes égyptiens disposèrent d'un certain éventail de possibilités, d'une certaine marge d'autonomie créatrice.

 

     Heureusement, d'ailleurs, car ce sont précisément ces petites variantes qui, patiemment relevées, permettent aux égyptologues de dater avec le plus de précision possible les monuments exhumés des âges anciens.

 

 

 

 

(Cherpion : 1989, 42-54 ; Ziegler : 1990, 258-61)

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Mardi 26 février 2013 2 26 /02 /Fév /2013 00:00

 

     Paroles dites par N. quand il adore la corporation divine qui est dans la double Campagne des Félicités.

Qu'il dise : "Salut à vous, maîtres des subsistances ! 

Je suis venu dans de bonnes dispositions à vos campagnes pour recevoir des aliments ; faites que je parvienne au grand dieu et que je reçoive les offrandes alimentaires que donne continuellement son ka, en pain, bière, viandes, volailles." 

 

 


 

 

dans Paul  BARGUET

 

Le Livre des Morts des anciens Égyptiens 

Début du Chapitre 110


Paris, Éditions du Cerf, 1967

p. 143

 

 

 

  Table-d-offrandes-de-Tepemankh--gros-plan-de-E-25408---Cli.jpg

 

 

 

      Après cette belle émotion suscitée par la très intéressante découverte à laquelle, de conserve avec les inventeurs de la pyramide de Khay, je vous ai conviés la semaine dernière, amis visiteurs, quittons pour un temps la colline de Gournah et rentrons en Europe, plus précisément à Paris, au Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre où, dans la haute vitrine 5 de la salle 5, nous attend, sur ce bloc de calcaire E 25408 que nous envisageons depuis la rentrée de janvier, la scène du repas funéraire de Tepemânkh.

 

     Au sein même de mes interventions mais également des réponses apportées à vos commentaires, j'eus l'occasion d'insister sur l'énorme importance accordée, dans les peintures ou reliefs présents sur les parois murales des mastabas d'Ancien Empire, aux besoins de nourriture exprimés par le défunt de manière à garantir sa survie dans l'Au-delà.

 
     Je vous ai ainsi fait remarquer que, par pure précaution contre une interruption toujours possible du culte familial, cette figuration du premier repas servi le jour de l'inhumation et que, parfois, les égyptologues nomment "banquet", mais aussi la représentation et la liste des aliments ("menu") ainsi qu'une formule d'offrandes parfois plusieurs fois répétée, auguraient pour son Ka, sa "force vitale" - magie de l'image, magie des mots - un perpétuel ravitaillement.

     Enfin, au cas où tout cela n'eût pas encore été suffisant, une dernière éventualité consistait à représenter la même scène dans un encadrement au-dessus de la stèle fausse-porte que les égyptologues appellent "tableau" ; stèle à propos de laquelle, à l'automne 2008, dans la rubrique Décodage de l'image, je vous avais longuement entretenus quand nous avions visité, dans la salle 4 précédente, la chapelle funéraire du mastaba d'Akhethetep.

 

     C'est en relation avec ce monument de première importance que je voudrais aussi ce matin succinctement évoquer la table d'offrandes.

 

     En effet, salle 4, dans une alcôve vitrée aménagée dans le mur à la droite de l'entrée de la chapelle, nous avions remarqué, exposée devant quelques objets de vaisselle funéraire, celle d'Akhethetep,


 


 

pièce imposante initialement disposée au pied de la fausse-porte par où, remontant du caveau dans lequel il avait été inhumé, le défunt était susceptible de venir recueillir les vivres que membres de sa famille et amis, à dates régulières, se devaient de lui prodiguer.

 

     Si ce matin, je fais à nouveau allusion à cette pierre de granite rose, c'est simplement pour signaler que ce qu'il est convenu de nommer "table d'offrandes" prit, au cours de l'histoire égyptienne, non seulement des formes et des formats différents mais aussi fut fabriquée dans divers matériaux : en bois, pour les plus anciennes, en métal aussi parfois, et surtout en pierre. 

     Il est toutefois pratiquement certain que dans les tombeaux primitifs, c'était sur une simple natte - celle que l'on retrouve dans le hiéroglyphe de l'offrande (
R 4 dans la liste de Gardiner, se lisant hetep),

 

Hiéro R4

 

que vous apercevez gravé au centre du bloc massif ci-dessus - et sur laquelle avait été déposé un pain qui, à lui seul, symbolisait le repas du mort dans sa maison d'éternité.

     Avec le temps, l'évolution des moeurs et des croyances religieuses, cette natte, dont les Egyptiens s'étaient probablement rendu compte qu'inévitablement elle se détériorait, fut remplacée, aux toutes premières dynasties pharaoniques, par un plateau circulaire.

 

     Et c'est la représentation de ce type de plateau devenu table que nous retrouvons à l'envi sur les murs des tombeaux dont, ici devant nous, celui de Tepemânkh, qui nous retiendra plus particulièrement mardi prochain, le 5 mars, puisque j'escompte placer l'éclairage tout à la fois sur ce qui est posé dessus, en rapport direct avec le début du chapitre 110 du Livre pour sortir au jour que j'ai choisi aujourd'hui en guise d'exergue à mon intervention, et sur ses différentes composantes ...

 

 

     A mardi ?

 

 

(Cherpion : 1989,  25-82 ; Legros : 2008, 231-52Vercoutter : 1978, 81-100 ; Ziegler : 1990, 258-60)

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Mardi 19 février 2013 2 19 /02 /Fév /2013 00:00

 

     Le passé est, par définition, un donné que rien ne modifiera plus.

Mais la connaissance du passé est une chose en progrès, qui sans cesse se transforme et se perfectionne.

 

 

Marc  BLOCH

Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien

 

(Nouvelle édition critique de l'ouvrage posthume et inachevé)


Paris, Armand Colin, 1993

p. 105.

 

 

 

 

  E 25408 - C. Larrieu

 

 

 

      Le 8 février 1879, lors d'une conférence proposée à la Sorbonne pour l'Association scientifique de France, le grand égyptologue français Gaston Maspero, celui-là même qui l'année suivante, dégageant les chambres funéraires à l'intérieur des tombeaux des souverains des Vème et VIème dynasties, découvrit avec un bonheur incommensurable le plus ancien corpus funéraire de l'Humanité, - ce qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui Textes des Pyramides -, s'adressa en ces mots à l'assemblée :


 

     "Messieurs,

 

     Pour la plupart des personnes qui visitent le Louvre, la salle égyptienne n'est guère qu'un lieu de passage, un endroit qu'on traverse, sans presque s'arrêter, avant d'aller aux galeries de peinture." 


 

     Il nous faut malheureusement penser - je vous en ai d'ailleurs souvent touché un mot, amis visiteurs -, que près de 150 ans plus tard, les habitudes de beaucoup de nos contemporains ne le cèdent en rien à cette façon d'agir que stigmatisait Gaston Maspero : combien de fois, au fil des années, ne me suis-je pas retrouvé seul dans l'une ou l'autre petite salle de ce Département des Antiquités égyptiennes qui en compte maintenant trente, à prendre notes et clichés ?

     Combien de fois n'ai-je pas été tenté de héler le ou la porte-étendard d'un groupe d'une trentaine de visages avides qui, au pas de charge et le verbe haut, n'avaient visiblement qu'un mot de cinq lettres à l'esprit, fort différent, je vous l'avoue, de celui que j'avais envie de leur crier ! : momie

     Combien de fois ai-je manifestement gêné par ma présence ceux qui se précipitant d'une salle à l'autre me trouvaient exactement au beau milieu de leur chemin, bic ou appareil photo numérique en main ?

 

     Assurément, voilà quelques-unes des raisons pour lesquelles j'ai pensé intéressant d'ouvrir ce blog et de "contraindre" ceux qui me suivraient à véritablement prendre conscience de l'intérêt de tous ces petits et grands monuments exposés, fruit du travail de maints et maints artistes antiques, auxquels parfois l'on ne jette même pas un regard rapide.

 

     Après Metchetchi de longs mois durant, voici venu le tour de Tepemânkh puisque depuis quelques mardis, nous nous retrouvons ici, devant la grande vitrine 5 de la salle 5 dans laquelle est déposé un bloc de calcaire de 118 centimètres de hauteur et de 101 de largeur, transversalement fracturé, dépourvu de sa partie supérieure gauche et dont le milieu du côté droit pâtit lui aussi d'une substantielle cassure.

 

     Souvenez-vous, le 15 janvier, nous fîmes connaissance avec son propriétaire, destiné à devenir notre hôte ; je vous ai également emmenés à l'étage supérieur, dans la Galerie d'étude n° 2 de la salle 22, pour y admirer un relief semblable provenant de son mastaba, sur lequel il était là assis en compagnie de son épouse.

 

     Le 22 janvier, j'ai quelque peu mis l'accent sur ce qui est considéré comme la partie principale de cette scène et qui, d'ailleurs, justifie le titre donné à ce monument par les égyptologues, à savoir : le "menu". En fait, je vous ai plutôt décrit ce qui, par suite des dégradations inhérentes aux pillards qui arrachèrent la pièce à une des parois murales du tombeau, manque ici au texte, verticalement, sur toute la hauteur droite et, horizontalement, en toute sa partie supérieure.

 

     Ensuite, ce que beaucoup d'entre vous attendaient avec une certaine impatience, ce avec quoi, au départ, je me proposais de terminer l'ensemble de mes interventions, la composition du "menu" funéraire en lui-même, je vous la présentai le mardi suivant, 29 janvier.

 

     Ayant ainsi bousculé à votre seule intention mon projet initial, et parce que j'estimais avoir encore tellement de détails à vous faire découvrir, le 5 février, avant le congé de carnaval, je revins à la description de ce qu'indépendamment du "menu", vous aperceviez sur la pierre, en commençant par les quatre fils qui, comme en salle 22, apportent des offrandes, là-haut à leurs parents réunis, ici, à leur père seul.

 

     Après cette semaine de "repos" qui, j'espère, vous fut des plus agréables - sauf peut-être si vous avez avalé, avec quelques bonnes bières belges pour mieux les ingurgiter, trop de confetti à votre goût -, il m'agréerait à partir d'aujourd'hui de consacrer plusieurs mardis consécutifs à deux éléments du mobilier représenté dans cette scène et cela, sous l'angle particulier ressortissant au domaine très pointu du problème de la datation. Et, pour ce faire, m'appuyer sur les travaux pertinents entamés dès 1977 par l'égyptologue belge Nadine Cherpion qui érigea certains détails de monuments au rang de critères stylistiques révélateurs.


 

     Il ne vous a probablement pas échappé, tout au long des semaines précédentes, que j'ai défini la tombe de Tepemânkh que l'archéologue allemand Georg Steindorff avait exhumée dans le cimetière ouest de Gizeh au début du XXème siècle par l'appellation, probablement quelque peu sibylline pour la majorité d'entre vous, de D 20.

 

     L'on doit en réalité ce type de nomenclature au grand égyptologue français Auguste Mariette qui, pour faciliter sa tâche et celle des historiens futurs, avait établi ce que nous pouvons sans conteste considérer comme le premier classement chronologique systématique de la nécropole (selon les propres termes de Madame Cherpion), en divisant les quelque six cents mastabas et hypogées de particuliers à Saqqarah qui présentent reliefs et/ou peintures, en six groupes distincts qu'il identifia par une lettre suivie d'un nombre.


      Ainsi, si je m'en réfère aux pages 57 à 67 de la publication de son ouvrage de 1889 intitulé Les mastabas de l'Ancien Empire que nous offre de télécharger gratuitement sur le Net le site de l'Université de Heidelberg : A correspondait aux tombeaux archaïques ; B à ceux qu'il estima datés du début de la IVème dynastie ; C à ceux de la seconde moitié de la IVème dynastie ; D aux tombes de la Vème dynastie ; E à celles de la VIème et F aux sépultures dont la datation lui paraissait douteuse à établir.


     Un système de dénomination semblable - il y a de quoi s'y perdre !  - fut également créé uniquement pour les tombes de Gizeh : ainsi le G et quatre chiffres définissent les mastabas fouillés là par les égyptologues allemand Herman Junker et américain George Reisner ; LG suivis de un ou deux chiffres, ceux exhumés par Richard Lepsius et un D qu'accompagnent également deux chiffres, ceux mis au jour par Georg Steindorff : ceci vous permettant de comprendre l'origine de cette dénomination D 20 que j'ai si souvent citée à propos de Tepemânkh !

 

     Mais il faut bien reconnaître que ce qu'Auguste Mariette avait choisi comme critère, à savoir un cartouche enfermant un nom de souverain  - pour autant qu'il soit visible sur une paroi, ce qui n'était pas toujours le cas -, souffrait de très nombreuses exceptions qui conduisirent à quelques erreurs certaines.

    

      

     Au fil du temps, d'autres égyptologues se sont succédé, chacun avec un système différent, chacun apportant sans conteste sa contribution à cet important dossier de détermination chronologique : au début des années soixante, Klaus Baer, de l'Institut oriental de l'Université de Chicago, qui se basa sur les titres de fonctionnaires ; ou, rappelez-vous, le savant allemand Winfried Barta qui étudia minutieusement les listes des offrandes alimentaires proposées au défunt ; ou encore Elisabeth Staehelin, de l'Université de Göttingen, qui se fonda sur les vêtements portés par les propriétaires des tombes ; ou, ou ... les uns, parfois, avançant des dates en total désaccord avec celles des autres. 

 

     Puis vint Nadine Cherpion qui eut l'heur de passer trois années durant en Égypte, à l'Institut français d'archéologie orientale du Caire (I.F.A.O.) et d'ainsi bénéficier de l'opportunité de visiter tout à son aise mastabas après mastabas. Très vite, elle y décela maintes variantes dans la représentation d'objets précis gravés ou peints sur leurs parois : ainsi par exemple les sièges sur lesquels les propriétaires sont assis, les coussins qui les recouvrent, les types de dossiers et de pieds qui les soutiennent ; ou les tables d'offrandes et ce qu'elles contiennent ; ou les fausses-portes ...

      Maintes différences aussi au niveau des vêtements et des accessoires comme, entre autres, perruques ou éventuels colliers et bracelets. 

 

     Forte de ce bagage inestimable dont elle prit évidemment la peine de minutieusement confronter les données, Madame Cherpion publia en 1989 aux éditions bruxelloises "Connaissance de l'Égypte ancienne", son important ouvrage Mastabas et hypogées d'Ancien Empire. Le problème de datation, somme magistrale dont je me servirai lors de nos prochaines rencontres - d'où la présente introduction - pour envisager avec vous deux éléments importants du bloc de calcaire de Tepemânkh que nous avons ici devant nous : la table d'offrandes, le 26 février et le 5 mars ; et le siège sur lequel il est assis, le 12 mars

 

 

 

 

(Cherpion : 1989,  7-25 ; Maspero : 1893, 35)

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Mardi 5 février 2013 2 05 /02 /Fév /2013 00:00

 

     Partir à la découverte des hommes du passé (...), c'est poser pour principe que la nécessité de comprendre ne doit jamais le céder en rien au désir de tout expliquer. L'ignorance avouée n'est pas un échec, mais la conscience prise des espaces à découvrir.

A vouloir occuper ceux-ci, à tout prix, par les chatoyances de l'imagination, plaisir de l'instant, l'on ne peut que s'écarter davantage de ces hommes du lointain que l'on se proposait de rejoindre.

 

 

Dimitri MEEKS

  Approche de la civilisation égyptienne


dans Egypte et Provence -

Civilisation, survivances et "Cabinetz de curiositez"

Avignon, Fondation du Museum Calvet, 1985

p. 15

 

 

 

 

      Souvenez-vous, amis visiteurs : lors de notre rencontre du 15 janvier dernier, je tins absolument à sacrifier aux présentations d'usage de manière à vous permettre de mieux connaître Tepemânkh, ce nouvel "Ouvreur de chemins" destiné à nous accompagner un temps lors du premier trimestre de cette nouvelle année académique.

 

     Parce que j'escomptais bien par la suite y revenir avec force détails, je n'avais à l'époque cru bon que de simplement vous citer le prénom des autres personnages présents au registre inférieur de l'imposant bloc de calcaire E 25408


 

E 25408 - C. Larrieu

 

 

exposé dans le très haut mur-vitrine séparateur, au centre de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.


     Peut-être l'avez-vous oublié, mais nous les avions également croisés au premier étage de cette "Aile Sully", dans la Galerie d'étude n° 2 de la salle 22, sur un autre important fragment provenant du même mastaba D 20 du cimetière ouest de Gizeh.



05. Quatre fils de Tepemânkh et Aoutib - Louvre E 11161 (Cliché : SAS)

 

   

    

     Pour l'heure, approchons-nous d'eux voulez-vous, aux fins de comprendre la raison de leur présence dans la tombe de Tepemânkh.

 

 

E 25408 - Quatre fils de Tepemânkh (Cliché - C. Larrieu)

 

 

  

      A la différence du bloc E 11161 de la salle 22, sur E 25408 ici devant vous, les fils n'avancent pas vers leurs parents - Tepemânkh se tenait en effet là-haut aux côtés de son épouse Aoutib -, mais sont agenouillés devant leur père assis à sa table d'offrandes : ce lien de parenté, ce lien de filiation est clairement indiqué sur les deux monuments, devant chacun des personnages sur l'un, au-dessus de leur tête sur l'autre.  

 

    Si à l'étage, seuls les deux premiers fils arboraient un vêtement à devanteau triangulaire entourant leur taille, ici devant nous, tous sont ceints d'un autre type de pagne de lin, très simple, court et collant, que l'on retrouve donc à cinq reprises sur les deux bas-reliefs.

  

     Tous portent également la perruque courte, typiquement masculine, sauf ici le premier qui a manifestement opté pour une coiffure un peu plus longue lui couvrant la nuque.

 

     Ces quelques petits détails mis à part, ces deux scènes ressortissent au même rituel : les quatre jeunes hommes, en bons fils aimant, pourvoient aux besoins d'offrandes funéraires de leurs parents sur l'un, d'uniquement leur père, sur l'autre.


 

     En salle 22, Qaptah, le premier à gauche, tend une fleur de lotus, symbole - je l'ai déjà souvent souligné au sein de la rubrique Décodage de l'image égyptienne - de régénérescence des défunts ; Khénouka, le deuxième, présente un canard - également symbole régénérateur - ; le troisième, Kaenitef, une aiguière et le bassin qui l'accompagne, connotant évidemment une notion de pureté et enfin, en quatrième position, Tepemânkh le jeune, propose un plateau de divers pains ; offrande alimentaire celle-là sur laquelle, après notre rendez-vous de la semaine dernière, vous me permettrez de ne plus m'appesantir.

 

     Relevant du même rituel, quelques peu différentes sont toutefois les offrandes proposées par ses fils à ce père aimé sur le bloc E 25408 ici dans la grande vitrine 5 : ainsi, Khenouka, en première position, le genou gauche posé sur le sol, la jambe droite relevée, tend la main droite vers Tepemânkh assis de l'autre côté de la table, et récite (ou chante ?) un texte manifestement écrit sur le papyrus qu'il tient dans la gauche. 

 

     Deux autres de ses frères, Qaptah et Kaenitef, pour leur part complètement agenouillés, tendent chacun deux vases évasés, contenant soit des produits de purification, comme de l'encens, soit du vin.

Quoi qu'il en soit, ce geste simple métaphorise la notion d'offrande. 

 

     Quant au quatrième fils - car n'en déplaise à ceux qui sur le Net ont regardé ce monument sans véritablement le voir - il exista bien, avant que cette scène subisse quelques déprédations sur son côté droit, un quatrième homme derrière les trois autres dont on n'aperçoit plus que deux mains tenant également chacune le même petit récipient et, au-dessus, le début des deux hiéroglyphes signifiant : son fils.

      Si comme moi vous vous référez au bloc fragmentaire E 11161 de la salle 22 que je viens d'évoquer, vous n'aurez aucune difficulté, amis visiteurs, à considérer qu'il s'agit de Tepemânkh junior.  

 

     Vous aurez aussi bien évidemment remarqué sur chacune de ces deux pièces la différence de taille notoire entre le personnage assis et ceux qui l'honorent : il s'agit, comme déjà je l'ai ailleurs expliqué, de l'application d'une convention qui veut que l'on figure traditionnellement le propriétaire d'une tombe en taille héroïque, - selon la terminologie habituellement employée par les égyptologues. Le maître sera dès lors reconnu en tant que tel ; les autres, quels qu'ils soient par rapport à lui, quels que soient leur âge, leur sexe et leur condition sociale, étant obligatoirement de taille réduite.

 

      Cet apport d'offrandes essentiellement alimentaires de la part d'un ou de plusieurs enfants de défunts fait évidemment partie intégrante d'un processus ritualisé de devoirs post mortem sur lequel je me suis également épanché lors d'une intervention dédiée à Metchetchi, ici même, en décembre 2011.

 

     Si, d'aventure, cette conversation à propos de l'amour filial vis-à-vis d'un père défunt vous a échappé ou si votre mémoire vous fait quelque peu défaut, puis-je vous suggérer de profiter du repos que je nous octroie la prochaine semaine aux fins de dignement célébrer le carnaval pour, éventuellement, prendre le temps de relire les notes que je vous avais alors fournies ?

 

     Tout en vous souhaitant un excellent congé, je fixe d'ores et déjà notre nouveau rendez-vous au mardi 19 février, toujours devant le bas-relief de Tepemânkh, dans la vitrine 5 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.

 

     Bon carnaval à tous !

 


 

 

(Ziegler : 1990, 253-60)

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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