Égypte : ô Louvre !

Mardi 23 octobre 2012 2 23 /10 /Oct /2012 00:00

 

     En ce qui concerne le bon et le mauvais, ils ne manifestent non plus rien de positif dans les choses, du moins considérées en elles-mêmes, et ne sont que des modes de penser, c'est-à-dire des notions que nous formons parce que nous comparons les choses entre elles.

En effet, une seule et même chose peut être, dans le même temps, bonne et mauvaise, et aussi indifférente. Par exemple, la musique est bonne pour le mélancolique, mauvaise pour qui éprouve de la peine ; mais pour le sourd, elle n'est ni bonne ni mauvaise.

 


 

SPINOZA

Éthique, IV, Préface

 

dans Oeuvres complètes,

Paris, Gallimard, La Pléiade,

p. 489 de mon édition de 1954

 

 


 

      "Ayant fin juin épuisé le premier des deux grands axes thématiques du programme iconographique de la tombe de Metchetchi, celui consacré aux rites indispensables pour que son culte funéraire soit assuré, je pus envisager les "vacances" en vous laissant en compagnie de Sinouhé ...", vous précisais-je mardi dernier, amis visiteurs, à la fin de ma table des matières reprenant le passé de nos rendez-vous devant la collection de fragments peints exposée en cette vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre

 

     Est-il besoin d'ajouter que si, thématiquement parlant, la première partie de notre étude de ces morceaux de mouna provenant de son mastaba est arrivée à son terme en juin dernier, nous pouvons à présent partir à la découverte de la seconde ? Que j'avais par ailleurs rapidement définie, le 19 novembre 2011, en soulignant qu'il s'agissait des loisirs qui furent siens de son vivant et dont il souhaitait encore bénéficier dans son éternité.

 

     "Loisirs", uniquement ? ...

 

  

     Vous vous souvenez assurément que nous avons au printemps dernier concentré notre attention plusieurs semaines consécutives au fragment E 25515 de 45 centimètres de hauteur et 81 de longueur, accroché ici devant nous.

 

 

30. Fragment E 25515 (2009)

 

 

     Si aujourd'hui je m'y attarde à nouveau, vous vous doutez évidemment que ce n'est plus pour évoquer les scènes de la naissance du veau et de la traite de la vache qui se déploient au registre inférieur, ni celle de l'ablation de la patte antérieure et son apport pour le repas funéraire de Metchetchi à droite du registre supérieur.  

 

     Pour l'heure, je vous ai fixé ce rendez-vous afin d'aborder un thème qui, derechef, nous invitera vers d'intéressants nouveaux horizons : il s'agit de la scène peinte au-dessus, à gauche.

 

     Malgré l'état du fragment pour le moins discutable, auquel vient malheureusement s'ajouter la piètre qualité de mon cliché ci-après, ce qui, convenez-en, n'autorise pas vraiment une belle lecture, il ne doit se présenter aucune difficulté pour que vous distinguiez trois jeunes femmes assises, jouant de la harpe.

 


Joueuses-de-harpe.-Fragment-E-25515-(2009)-.JPG    


     Il est interdit de frapper du tambour et de jouer de la harpe ou du hautbois ..., peut-on lire dans le "Décret divin" de l'Abaton gravé à Philae, au niveau du mur intérieur nord du portique du temple qu'y fit ériger l'empereur romain Hadrien ; texte dont, pour une tout autre finalité, je vous avais déjà engagé à découvrir quelques extraits le 5 juin dernier, souvenez-vous, quand nous avions évoqué le lait consacré aux libations destinées aux dieux ; à Philae en l'occurrence : à Osiris.

 

     Nonobstant que, comme je viens de le préciser, elle fasse à certains moments l'objet d'une proscription dans le culte divin sur l'île de Biggeh, ainsi que dans d'autres sanctuaires où avait été conservée l'une quelconque relique censée avoir appartenu à Osiris, - ce dieu qui abomine tout bruit, peut-on lire dans un des Textes des Sarcophages ou encore, tout aussi révélatrice, cette épithète qui lui est parfois associée : Seigneur du silence, - la harpe fut, tout comme le sistre d'ailleurs, l'instrument de musique qui connut, et cela dès l'Ancien Empire, une faveur insigne auprès des Égyptiens. 

 

     Il faut évidemment souligner que, de tous les instruments à cordes figurés sur les reliefs ou les peintures actuellement mis au jour - je pense essentiellement au luth et à la lyre - ; de tous ceux que l'on peut admirer dans les musées et, notamment ici même un peu plus loin au rez-de-chaussée, en la salle 10, elle fut la seule à connaître une origine autochtone, tous les autres ayant été importés d'Asie à des époques plus récentes. De sorte que, pour l'Ancien Empire, elle constitue l'unique exemple de cordophone - comme aiment à l'appeler les spécialistes - présent dans un ensemble musical.

 

     Il me faut enfin préciser - et ceci corrobore aussi cela - que la musique en général revêtit une très grande importance dans les strates aisées de la société égyptienne d'alors.

  

 

     Mais qu'entend-on véritablement par musique à l'époque pharaonique ?

Dans quelles circonstances était-elle pratiquée ?

Pour qui ? Par qui ?

Avec quels types d'instruments ?

 

     Quant à ces trois musiciennes assez effacées - au propre comme au figuré -  qui fort discrètement nous ont accompagnés ce matin, qui étaient-elles réellement ?

 

     A toutes ces questions, et à d'autres probablement qui surgiraient tout au long de nos rencontres, je me propose d'apporter une réponse à mon retour au pays, dès le premier mardi après les vacances de Toussaint, le 6 novembre donc, ici, devant la vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.

 

     Avant de vous quitter, pour que vos jours à venir soient ensoleillés de poésie à chaque coin de rues, permettez-moi de vous offrir "Cinq notes" : cette portée-là ne pourra que vous séduire. Et si l'envie vous en prend, ne vous en contentez pas : partez à la découverte d'autres aussi beaux coups de coeur avec Carole


 

     A bientôt.

     Excellent congé à tous.


     Richard

 


 

 

(Emerit : 2002, 189-210 ; EAD. 2005 : 3-16 ; Loret : 1913, 23-30)

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Mardi 16 octobre 2012 2 16 /10 /Oct /2012 00:00

 

 Une pierre

deux maisons

trois ruines

quatre fossoyeurs

un jardin

des fleurs

...

 

Jacques  PRÉVERT

Inventaire

 

dans Paroles

Paris, Gallimard, Le Livre de Poche n° 239

p. 201 de mon édition de 1965

 


 

 

 

     Derrière nous, loin déjà, l'été 2012 qui nous a emmenés vous et moi, amis visiteurs, dès le premier mardi de juillet, sur les routes de l'exil vers les terres asiatiques d'un fonctionnaire aulique du Moyen Empire égyptien.

 

     Quoi de plus exaltant, pendant ces trois mois de "vacances", que de parcourir avec vous le Roman de Sinouhé que j'avais jadis traduit et que j'ai pris grand plaisir d'exhumer de mes archives d'alors pour vous le donner à lire ?

      Quoi de plus étonnant que d'y associer - rencontre d'un autre type ! - le trop peu lu poète français Saint-John Perse ?

     Quoi de plus stimulant que de découvrir au fil des semaines que vous ne fûtes point que des lecteurs aimables mais, inespéré pour moi, de vrais passionnés par ce texte, son vocabulaire, son style d'une haute teneur littéraire : le nombre de commentaires, ici ou par mails privés, le nombre de "J'aime ça" sur les réseaux sociaux, autre fort agréable encouragement inattendu, en constituent une preuve irréfutable.

Merci à tous.

 

     Chaque chose arrivant un jour à terme, la rentrée académique s'étant déjà depuis plusieurs semaines manifestée à l'horizon universitaire belge, je vous propose maintenant de quelque peu délaisser la voie du romanesque - mais pas nécessairement de la poésie - aux fins de reprendre celle du Musée du Louvre sur laquelle, je n'en doute pas un seul instant, vous vous engagerez à nouveau pour m'accompagner d'un pas décisif et décidé.

 

 

Pied--03-07-2012--401.jpg

 

     Nonobstant, ce n'est pas véritablement à vous, fidèles coreligionnaires en esthétique égyptienne, que je m'adresse ce matin mais, plus spécifiquement, à celles et ceux qui, désirant nous rejoindre pour la suite du voyage, se sont inscrits ces derniers mois pour réserver leur place dans notre dahabieh virtuelle. 

 

      Notre destination ? Le mastaba de Metchetchi.

     Notre point d'embarquement ? Les vitrines 4 1 et 4 ² ici devant nous sur le mur nord de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes.

 


Vitrines 4

 


     "Nouveaux" amis visiteurs, soyez assurés que tous les "Anciens" qui vous entourent aujourd'hui ont grandement appris à la connaître, à la détailler, à l'admirer cette collection de vestiges naguère arrachés par de bien peu scrupuleux "amateurs d'art" aux parois murales de la tombe qu'à l'instar de tout Égyptien, Metchetchi avait espérée inviolable, partant, inviolée.

 

     Mais de quoi s'agit-il ?, vous interrogez-vous probablement ...

 

     Afin de ne point vous contraindre à une recherche fastidieuse des pages de mon blog, nombreuses à cet homme lige du roi Ounas dédiées, pour y débusquer le renseignement souhaité, j'ai pensé ici vous proposer, non pas un inventaire à la Prévert mais, plutôt, dans toute la froideur de son énumération, une table des matières qu'il vous sera loisible de conserver dans vos favoris. Il ne vous restera plus par la suite qu'à la consulter d'un simple clic sur une des dates pour que, grâce à une sorte de tapis volant vers la Connaissance tel celui, mordoré, recouvrant maintenant les salles du nouvel espace que le Musée du Louvre a décidé d'offrir aux arts de l'Islam, Cour Visconti,


 

Toit-Departement-des-Arts-de-l-Islam.jpg

 

vous soyez emmenés jusqu'aux titres proposés en regard.

 

     Excellent voyage à tous parmi cette collection de petites merveilles provenant du mastaba de Metchetchi, à découvrir, voire même, à redécouvrir ...

 

 

 

15 mars 2011 : 1. Une introduction

 

22 mars 2011 : 2. Considérations philologiques à propos de deux titres auliques


29 mars 2011 : 3. A propos de la catégorie sociale des Khentyou-she

 

5 avril 2011 : 4. A propos de l'épithète Imakhou

 

26 avril 2011 : XIII. Considérations sémiotiques à propos du fragment de linteau E 25681

 

3 mai 2011 : XIV. De l'aspectivité dans l'art égyptien (Linteau E 25681)

 

24 mai 2011 : XVI. Père et fils (Linteau E 25681)


31 mai 2011 : XVII. Derechef la perspective ? (Linteau E 25681)

 

15 novembre 2011 : Peintures - 1. Une introduction (Première partie)

 

19 novembre 2011 : 2. Une introduction (Seconde partie)

 

22 novembre 2011 : 3. Quelques précisions techniques (Première partie)

 

26 novembre 2011 : 4. Quelques précisions techniques (Deuxième partie)

 

29 novembre 2011 : 5. Quelques précisions techniques (Troisième partie)

 

3 décembre 2011 : 6. Quelques précisions techniques (Quatrième partie)


6 décembre 2011 : 7. Le propriétaire de la tombe (Première partie)

 

10 décembre 2011 : 8. Le propriétaire de la tombe (Seconde partie)

 

13 décembre 2011 : 9. De l'amour filial : le père vivant

 

17 décembre 2011 : 10. De l'amour filial : le père défunt

 

20 décembre 2011 : 11. Du parangon originel de l'amour filial

 

10 janvier 2012 : 12. De la perception de la mort en tant qu'Hymne à la Vie (Première partie)

 

14 janvier 2012 : 13. De la perception de la mort en tant qu'Hymne à la Vie (Seconde partie)

 

17 janvier 2012 : 14. Les champs thématiques du programme iconographique

 

21 janvier 2012 : 15. Les porteuses d'offrandes (Première partie)

 

24 janvier 2012 : 16. Les porteuses d'offrandes (Deuxième partie)

 

28 janvier 2012 : 17. Les porteuses d'offrandes (3) : De l'origine des domaines funéraires

 

31 janvier 2012 : 18. Les porteurs d'offrandes (Fragments E 25508 et E 25509)

 

4 février 2012 : 19. Les porteurs d'offrandes (De la monotonie de l'art égyptien ?)


7 février 2012 : 20. Les porteurs d'offrandes (Fragments E 25530 et E 25536)

 

11 février 2012 : 21. De l'élaboration des récipients en pierre

 

14 février 2012 : 22. Les porteurs d'offrandes (Fragments E 25514 et E 25529)

 

28 février 2012 : 23. De la présence de l'oryx dans l'iconologie de l'offrande alimentaire

 

3 mars 2012 : 24. Des différentes techniques pour sacrifier un oryx

 

6 mars 2012 : 25. Des raisons du sacrifice de l'oryx dans les rites égyptiens

 

10 mars 2012 : 26. De la présence de bovidés dans l'iconologie de l'offrande alimentaire

 

13 mars 2012 : 27. Du sacrifice rituel des bovidés

 

17 mars 2012 : 28. Des prêtres de l'Égypte antique, en général

 

20 mars 2012 : 29. Des prêtres-lecteurs, en particulier

 

24 mars 2012 : 30. De la pancarte

 

27 mars 2012 : 31. De l'apport des vases d'huiles rituelles

 

31 mars 2012 : 32. Des huiles canoniques

 

17 avril 2012 : 33. Demandez le programme !

 

21 avril 2012  : 34. Des domaines avicoles

 

26 avril 2012 : 35. De la suralimentation forcée

 

28 avril 2012 : 36. Où il est à nouveau question de bovins

 

1er mai 2012 : 37. Et la vache vêla

 

5 mai 2012 : 38. Et la vache, son lait donna 

 

8 mai 2012 : 39. Du lait en général : nourrir

 

15 mai 2012 : 40. Du lait en général : soigner

 

22 mai 2012 : 41. Du lait humain en particulier

 

29 mai 2012 : 42. Du lait dans différents rituels purificateurs

 

5 juin 2012 : 43. Du lait pour une libation aux dieux

 

12 juin 2012 : 44. Du lait divin pour les nouveau-nés royaux

 

19 juin 2012 : 45. Du lait divin pour les couronnements royaux

 

26 juin 2012 : 46. Du lait divin pour l'Au-delà des rois

 

 

     Ayant fin juin épuisé le premier des deux grands axes thématiques du programme iconographique de la tombe de Metchechi, celui consacré aux rites indispensables pour que son culte funéraire soit assuré, je pus envisager les "vacances" en vous laissant en compagnie de Sinouhé ... 

 

     Et pour l'heure, seriez-vous en droit de me demander, que peut-il bien encore nous apprendre ce brave homme ?

 

     Avant de vous fixer un nouveau rendez-vous pour le 23 octobre prochain, sans hésitation aucune, je répondrai que les thèmes qu'il s'était choisis pour accompagner son éternité furent tellement riches et éclectiques qu'il nous réserve encore quelques belles et intéressantes surprises ...

 

     A mardi  ...

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Mardi 26 juin 2012 2 26 /06 /Juin /2012 00:00

 

     Nous voici inéluctablement arrivés, amis visiteurs, à la troisième étape de notre réflexion commencée voici deux semaines à propos du lait dans le monde divin : après la tétée du nouveau-né princier, après celle précédant la cérémonie du couronnement, demandons-nous ce matin quels furent les rapports que l'idéologie pharaonique établit entre allaitement et survie dans l'Au-delà.

 

    Cette ultime intervention clôturera définitivement le long cycle de la perception du lait en l'Égypte antique que nous avions entamé en mai dernier.


 

     A plusieurs reprises, les Textes des Pyramides insistent sur le fait que, décédé, le roi, passant d'un état à un autre, renaît à une nouvelle vie (que notre vocabulaire étriqué appelle la mort). Cette naissance ou, plutôt, cette re-naissance, l'assimile métaphoriquement à un nouveau-né. Et dans ce cas de figure, il a tout naturellement besoin de ces soins dévolus à chaque nourrisson, l'allaitement étant d'évidence le plus important d'entre eux. D'autant plus que ce lait maternel sera pour lui le garant de la continuité, dans des conditions optimales souhaitées, de son avenir post mortem. En un mot comme en cent, il sera le gage de son éternelle jeunesse. 


       Prends mon sein afin que tu le tètes, ô souverain, puisque tu es de nouveau vivant, ô souverain, et que tu es de nouveau petit, ô souverain, peut-on par exemple lire au paragraphe 912 b.

 

     Et, lui faisant suite, les §§ 913 a et b, ajoutent :

 

     Tu monteras au ciel comme les faucons, tes plumes étant comme celles des oiseaux, ô souverain

 

     Après son décès, le roi allaité est donc assuré de s'envoler vers les cieux : ainsi s'expliquent les figurations ailées rencontrées dans certaines tombes. Dès lors, il n'est pas incongru de considérer que l'allaitement funéraire du monarque, s'il a évidemment une connotation nutritive, participe pleinement de son programme de régénération, constituant même les prémices d'une renaissance triomphale, d'une résurrection glorieuse, comme le définissait en 1951 feu l'égyptologue français Jean Leclant.

 

     En outre, protégé par l'absorption intarissable de lait divin, - comprenez : sans plus jamais être sevré ! -,  le roi peut ainsi être certain de la pérennité de ses privilèges, de la conservation perpétuelle de l'ensemble de ses prérogatives, de l'intégralité de son pouvoir dans l'Au-delà.

 

     Nutritif et protecteur, voilà des qualifications bien précises qui, dans ce corpus funéraire des premiers temps, furent étroitement associées au lait de certaines déesses.

 

 

    Il appert que c'est de la Vème dynastie que date la première représentation de la scène de l'allaitement royal. Et plus précisément dans le temple de Sahourê, un des prédécesseurs d'Ounas.

Ce thème se codifiera et son répertoire s'enrichira dans d'autres temples funéraires royaux tout au long de cette dynastie et de la suivante. 

 

Allaitement Sahourê (Bloc original)

 

 

 

Allaitement-Sahoure--Dessin-Borchardt-.jpg

 

 

     (Ces deux clichés proviennent de l'étude que l'égyptologue allemand Ludwig Borchardt consacra au monument funéraire de Sahourê, dont les trois volumes sont librement téléchargeables sur le site de l'Université de Heidelberg : le bloc original, à la page 20 du tome 1 [1910] et le dessin à la "Blatt 18" du tome 2b [1913] ).

 

     Permettez-moi, ici et maintenant, d'indiquer que si au lieu de vous présenter les trois phases successives d'allaitement du souverain dans l'ordre chronologique des étapes de sa vie - naissance, couronnement, puis décès -, j'avais plutôt respecté celui de l'apparition de cette thématique dans le programme iconographique des temples funéraires, c'est par l'allaitement d'un roi défunt que j'eusse dû commencer ; par celui d'un roi couronné poursuivre avant de, paradoxalement, terminer par celui d'un nouveau-né princier ...

 

    

     Cette fonction nourricière dans l'Au-delà est également exprimée par une scène, probablement la plus connue, la plus invraisemblable aussi si vous la jugez à l'aune de nos esprits rationalistes occidentaux contemporains, unique pour l'exprimer d'un mot : il s'agit de l'esquisse, exceptionnelle, peinte en rouge et noir que rehaussent les touches vertes des feuilles sur un des piliers de la chambre sépulcrale de l'hypogée de Thoutmosis III (XVIIIème dynastie) dans la Vallée des Rois.

 

 

Allaitement-Thoutmosis-III--Mekhitarian-.jpg

 

 

      Sur ce cliché que je me suis autorisé à prendre à partir du très bel ouvrage que consacra  l'égyptologue belge Arpag Mekhitarian à la peinture égyptienne, vous remarquerez que de ses mains grêles, le souverain, suggéré par quelques prestes traits noirs, saisit le bras, imposant, émergeant du tronc, de la déesse du sycomore, qui soutient un plantureux sein nourricier, également noir.

 

     Seule l'inscription qui suit le cartouche royal permet d'identifier la déesse sous cette forme d'arbre puisqu'elle indique : Il tète sa mère Isis ; le nom de cette dernière étant écrit grâce aux deux derniers hiéroglyphes de la colonne derrière les jambes du roi Menkheper-Rê. (Thoutmosis III)

 

       Le lait - tout comme le vin, d'ailleurs, nous le verrons quand nous aborderons les dernières vitrines de cette salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre -, était considéré comme un breuvage censé favoriser toute régénération.

 

     Ainsi, avez-vous peut-être un jour été étonné de voir, sur la paroi sud du sanctuaire au niveau de la dernière terrasse du temple de millions d'années de la reine Hatchepsout, à Deir el-Bahari, (XVIIIème dynastie), la figuration de quatre bassins remplis de lait : ils participaient en fait d'un rite visant à renforcer le pouvoir de renaissance de Rê chaque jour qui consistait, dans le chef des veilleurs sacrés, à éteindre à l'aube les torches en les plongeant dans ce précieux liquide.

 

     Toujours chez Hatchepsout, mais au niveau de la deuxième terrasse cette fois, cette scène ressortissant au même thème :

 

  Allaitement royal - Deir el-Bahari - Temple d'Hatchepsout -


 

la reine, à droite, à l'aspect juvénile, tétant le pis de la vache sacrée Hathor et, à gauche, adulte, sous le mufle divin.

 

 

     Comme d'autres rites - je pense par exemple à l'offrande de la Maât ou à l'offrande du nom du roi -, celui de l'allaitement invitait Pharaon à proclamer que c'était des dieux qu'il détenait sa souveraineté, possession absolument inaliénable préservant le pays de sombrer dans le chaos. Et donc, l'assurait d'un règne effectif pour l'éternité, à la suite de tous ses prédécesseurs dans l'Au-delà.

 

     

 

 

(Bonhême/Forgeau : 1988, 85-92 ; Capart : 1912, 17 ; Cauville : 2011, 55 ; Forgeau : 2010, 77-80 ; Leclant : 1951, 123-7 ; ID. : 1961, 256 sqq.Mekhitarian : 1978, 38 ; Moret : 1902, 64        

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Mardi 19 juin 2012 2 19 /06 /Juin /2012 00:00

 

    En tétant les déesses nourricières dès sa naissance comme nous l'avons vu précédemment ou en se repaissant au pis des vaches divines, en Égypte, le petit de roi se développe jusqu'à atteindre la maturité nécessaire pour enfin bénéficier de l'héritage paternel qui lui revient par droit de primogéniture : le pouvoir suprême sur le pays.

 

     Cette étape, la deuxième des trois moments de son existence mis en rapport direct avec le lait, il me siérait aujourd'hui, amis visiteurs, de la développer pour vous.


  

     Si, dès la fin de l'Ancien Empire, comme nous le verrons lors de notre prochain et dernier rendez-vous à ce propos, l'allaitement mystique d'un souverain faisait partie des différentes phases de sa survie post mortem, une première figuration d'un jeune roi abreuvé au sein d'une déesse, Hathor en l'occurrence, - au registre supérieur du mur ouest de sa chapelle de Denderah -, prouverait que c'est seulement à partir du règne de Montouhotep II, souverain du début du Moyen Empire, que, selon une étude très récente de l'égyptologue française Annie Forgeau, ce geste fut associé au cérémonial du couronnement :

 

     Je te rajeunis avec mon lait, si bien que tes ennemis sont abattus sous toi, peut-on lire pour accompagner cette scène ...   

 

     Il vous faut en effet savoir que ce sera plus spécifiquement dans cette circonstance-là que vous rencontrerez la plupart des représentations de l'une ou l'autre de ces déessses lui tendant un sein généreux : à Karnak, vous n'aurez qu'à choisir entre Thoutmosis III, Amenhotep II, Ramsès II, Chechonq Ier et même Philippe Arrhidée, d'origine pourtant macédonienne qui, à différents endroits du temple, ont sacrifié à ce tableau ; à Philae, vous croiserez Ptolémée II Philadelphe ; à Silsilis, Horemheb et Ramsès II ; à Medinet Habou, Ramsès III et en Abydos, Ramsès II à nouveau, pour ne citer que quelques-uns de ceux qui me viennent immédiatement à l'esprit. 

 

     Quel rapport, seriez-vous en droit de me demander, les Égyptiens établirent-ils donc entre sacre et allaitement ?

 

     Tout simplement que le prince qui va devenir roi naît à une nouvelle étape, capitale, de sa vie. Et, puisque naissance il y a, automatiquement, soins à un nourrisson se doivent d'être prodigués !

De sorte que, représenté en adolescent, on le voit téter le sein que, debout à ses côtés, lui tend une déesse qui parfois l'enlace.


     Ainsi, devient-il officiellement détenteur du pouvoir de régner sur l'Égypte entière. Parmi tout le cérémonial du couronnement, le rite de l'allaitement n'a comme raison d'être que de confirmer ce prince héritier dans la fonction royale désormais sienne, que le décès de son père lui a héréditairement attribuée, non seulement de manière mythologique : par là se répète l'éternelle geste osirienne, le roi allaité par Isis, nourrice tutélaire de la monarchie, étant, archétype divin du pharaon vivant, un nouvel Horus sur le trône d'Égypte ! ; mais également de manière matérielle : le prétendant au trône apparaît en souverain efficient, coiffé de l'une ou l'autre couronne, symbole de sa domination sur tout le pays, Basse et Haute-Égypte réunies.

 

     En outre, cet allaitement étant à considérer comme une forme de protection maternelle émanant d'une déesse, il confère au monarque un caractère éminemment divin.


     C'est ce qu'exprime notamment, dans le temple de Séti Ier à Abydos, la scène malheureusement fort endommagée du mur sud de la première salle hypostyle présentant une théorie de déesses "Hathor", quatre en tout, offrant le sein à l'adolescent Ramsès II, debout devant elles, arborant une couronne différente à chaque fois, et Isis, à l'extrême droite, le cajolant dans ses bras

 

 

Allaitement-de-Ramses-II---Abydos.jpg

 

 

et lui disant (petites colonnes de hiéroglyphes gravés dans la partie supérieure) :

 

   Je t'ai pris dans mes deux bras pour t'embrasser comme un enfant (qui gouvernera) les Deux Terres ; tu es sorti de mon sein comme un roi bienfaisant qui se lève couronné du casque Khepresh ; celui qui t'a modelé, c'est Khnoumou, de ses propres mains, avec Ptah lequel a fondu tes membres. La véritable Hathor de Denderah, c'est ta nourrice ; Hathor de Diospolis Parva te donne le sein ; la maîtresse de Qes et Hathor d'Aphroditopolis sont celles qui allaitent tes beautés ; toutes ensemble protègent ta Majesté en tant que chef de tous les pays.  

 

      (Grand merci à Robert Rothenflug de m'avoir autorisé à exporter ici de son site le cliché ci-dessus réalisé par Mademoiselle Nicole Michau.)

 

     Au même Ramsès II, dans le temple dédié à Amon, à Beit el-Wali cette fois, Anouket allaite le roi portant la couronne bleue tout en lui disant :


     Je suis ta mère Anoukis, maîtresse d'Éléphantine, qui (te) nourris dans mon giron pour être roi du Double-Pays, ô Maître du Double-Pays, Ouser-Maât-Rê.

 

     Des conceptions parfaitement identiques se lisent sur les parois des mammisis de Basse Époque.

 

     M'est-il vraiment nécessaire de vous rappeler que certains temples gréco-romains de Thébaïde comme Edfou, Denderah, Philae ou Kom Ombo disposèrent de ce que, dans la littérature égyptologique, il est convenu d'appeler un mammisi ? Ce termeper mes, en égyptien que vous pouvez traduire par "maison de naissance" - fut créé par Jean-François Champollion pour désigner un bâtiment annexe au temple, le plus souvent périptère, qu'il comprit, grâce aux scènes gravées sur les parois murales, prévu pour abriter l'accouchement de la déesse-mère, partant, pour la naissance et l'allaitement du dieu-enfant.

 

     Ceux qui, parmi vous ont visité Denderah se souviennent probablement de celle-ci, parfaitement représentative de mes propos.


 

Mammisi-de-Denderah--Scene-d-allaitement-.JPG

 

 

     Et dans l'un ou l'autre de ces mammisis, les guides ont vraisemblablement dû attirer votre attention sur des formules telles que : 

 

     Je suis l'allaiteuse parfaite, qui allaite son fils, sans me fatiguer ni de jour ni de nuit.

 

     Ou, à Kom Ombo :  Je t'offre le lait blanc qui est dans le pis des vaches nourricières d'Hathor.

 

     Ou encore, à Denderah : La vache céleste d'Horus, la Chetyt, le nourrit avec son lait ; elle l'allaite pour être un souverain bienveillant.

 

 

      Vous aurez évidemment compris, amis visiteurs, que toutes ces scènes, - comme d'ailleurs les statuettes d'Isis lactans -, ont un caractère plus métaphorique que réel ; qu'elles symbolisent une intention, un thème ; qu'elles ne représentent aucun rite célébré, aucune cérémonie avérée ...   

 

 

 

 

(Bonhême/Forgeau : 1988, 85 ; Capart : 1912, 17 ;  Daumas : 1958, 178 et 455 ; Forgeau : 2010, 54-6 et 77-80 ; Leclant : 1951, 123-7 ; ID. : 1961, 256-75 ; Louant : 2003, 31-48 ; Mekhitarian : 1978, 38 ; Moret : 1902, 64)        

 

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Mardi 12 juin 2012 2 12 /06 /Juin /2012 00:00

 

Mais fils de sultan fils de fakir
Tous les enfants ont un empire
Sous voûtes d´or sous toit de chaume
Tous les enfants ont un royaume


 

Jacques BREL

Fils de ...

(1967)

 

dans Oeuvre intégrale,

Paris, Robert Laffont,

p. 300 de mon édition de 1982


 

 

     C'est précisément de royaume, partant, d'héritier de cour, qu'il sera question puisque j'ai, à partir d'aujourd'hui et au long des derniers mardis de juin à venir, dessein d'évoquer avec vous, amis visiteurs, la symbolique du lait divin dans le contexte de la royauté pharaonique. 

 

     Prenant plus particulièrement prétexte, sur le fragment E 25515 que nous avons admiré ici dans la vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, de la scène de la traite d'une vache, je vous conviai à m'accompagner dans un incessant aller-retour des rives de Seine à celles du Nil antique en choisissant le lait comme guide : le 8 mai d'abord quand je vous proposai quelques généralités concernant sa valeur nourricière et le 15, ses applications prophylactiques et thérapeutiques.

 

     Entrant plus spécifiquement dans le détail, je poursuivis, le 22 du même mois en mettant l'accent sur le lait proprement maternel, qu'il fût d'une femme ayant donné naissance à une fille ou, plus apprécié encore, à un garçon.

 

     Enfin, dans la foulée, nous nous intéressâmes aux rituels pour lesquels il avait été grandement nécessaire : chez les particuliers dans un premier temps, chez les dieux mardi dernier.

 

     Divinités à nouveau mais aussi souverains nous accompagneront donc jusqu'à l'entame de nos vacances ...


 

     Que ce soit Mout d'abord, puis les autres déesses-mères, Isis et Hathor ; que ce soit, en fonction des nomes, Nephthys, Anoukis, Mertseger, Thouéris, Renenoutet, Neith, Sekhmet, Oubastet ; que ce soit Selkit, Nout, Hesat ou Sechat-Hor ; ou d'autres encore qui prirent l'aspect d'une vache telles celles, noires, dévolues aux âmes d'Héliopolis, les divinités susceptibles d'allaiter Pharaon font florès dès les Textes des Pyramides datant, pour les premiers, de l'époque de Metchetchi - puisque nous devons à Ounas, dont il fut un des fonctionnaires zélés, leurs premières représentations sur les parois murales de la chambre funéraire de sa pyramide.

 

     La notion d'allaitement appartint dès l'origine à Hathor, vache céleste par excellence. Ainsi, pour prendre un exemple que vous n'aurez pas manqué de remarquer si vous avez visité le temple d'Hatchepsout à Deir el Bahari - précisément consacré à la déesse Hathor -, les tableaux dans lesquels la reine a choisi de narrer ses origines divines.

 

     Nous sommes sur la deuxième terrasse, du coté nord. Après quelques scènes dans lesquelles Amon prédit la future destinée d'Hatchepsout (Maâtkarê) à sa mère Iâhmès ; Khnoum façonne l'enfant sur son tour de potier ; Heqet lui donne le souffle de vie en avançant le signe ankh vers ses narines ; Thot annonce à Iâhmès la naissance de sa fille ; Khnoum et Heqet emmènent la reine-mère au ventre arrondi vers le lieu de son proche accouchement, arrivent évidemment celles de la naissance d'Hatchepsout et de son allaitement par les nourrices divines, dont Hathor qui a pris l'apparence d'une vache.

 

     Et c'est là que vous pourrez lire des phrases comme : (Ô, ma) fille bien-aimée, (Maâtkarê), je suis ta mère qui a créé ta perfection. (Je) t'ai allaitée sur le trône d'Horus, la royauté de la Haute et de la Basse-Égypte. (Je) t'ai donné les années de l'éternité. (...)

 

     Ou encore : (Ô, ma) fille issue de mon corps, (Maâtkarê), (...) je suis ta mère, (mon) lait est doux. J'ai allaité Ta Majesté de mon sein, afin qu'il pénètre en toi en vie et puissance.

 

     Ou enfin : (J') ai allaité Ta Majesté  de mon sein, (je) t'ai remplie de ma puissance divine et de cette mienne eau de vie et de puissance. Je suis ta mère qui a nourri au sein tes membres, j'ai créé ta perfection. (...) Ta bouche se tendra vers mon lait afin que tu vives et que tu sois stable grâce à lui, que tu sois utile grâce à lui,  que tu sois efficace grâce à lui. Ainsi j'éloignerai le mal qui est contre toi.

 

 

     Au-delà de l'exemple du temple d'Hatchepsout que d'autres viennent corroborer, il est incontestable que la déesse à laquelle revint plus spécifiquement le rôle de mère nourricière fut Isis qui, grâce à son lait d'abord conféra vie puis souveraineté à Horus, le fils qu'elle eut d'Osiris.

Rôle déjà exprimé donc dès les Textes des Pyramides :

 

     Ton lait appartient à toi, le lait dans les seins de ta mère, Isis. (§ 734 b)

 

     Isis vient, elle a ses seins prêts pour son fils, le victorieux. (§ 2089 a)

 

 

      Par la suite, de nombreux monuments émaillant l'histoire de l'Égypte pharaonique évoqueront ou décriront, peu ou prou, ce geste divin ; geste qui, il faut le savoir, constitua un des thèmes fondamentaux de l'idéologie monarchique égyptienne dans la mesure où ce breuvage blanc, clair et doux, (comme le définit le § 381), qu'offraient les déesses nourricières était consubstantiellement messager de vie et de pouvoirs royaux. 

 

     Eminemment symbolique - naissance à une forme de vie nouvelle -, le lait procède de trois "étapes" particulièrement importantes pour tout souverain : sa mise au monde, bien sûr, je viens de l'indiquer, son couronnement mais aussi - loin d'être négligeable ! -, sa survie dans l'Au-delà.

 

     Point n'est besoin, je pense, de m'attarder davantage sur la nécessité de donner le sein à un bébé qui vient de naître, fût-il destiné à régner sur l'Égypte, que représentent, par exemple, les statuettes de jeunes princes, futurs maîtres du pays, futurs "Horus" donc, assis sur les genoux de la déesse ; ce que la littérature égyptologique appelle d'une dénomination latine : les Isis lactans.

 

     Ici, au Louvre, parmi d'autres, je vous invite à découvrir celle (E 3637), en bronze de 27, 40 centimètres de hauteur, datant de Basse Epoque, exposée dans la vitrine 1 de la salle 18.

 

 

Isis lactans - E 3637 (Photo - Georges Poncet)

 

 

     En revanche, comment comprendre semblable tétée quand il s'agit d'un grand adolescent ?

 

     C'est ce qu'il me siérait de vous expliquer lors de notre rendez-vous du 19 juin prochain.
   


 

 

(Bonhême/Forgeau : 1988, 85 ; Capart : 1912, 17 ;  Daumas : 1958, 178 et 455 ; Dessoudeix : 2012, 41-4 ; Forgeau : 2010, 54-6 et 77-80 ; Leclant : 1951, 123-7 ; ID. : 1961, 256-75 ; Mekhitarian : 1978, 38 ; Moret : 1902, 64 ; Tran Tam Tinh : 1973, 1-28)   

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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