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Égypte : ô Louvre !

Samedi 10 mars 2012 6 10 /03 /Mars /2012 00:00

   

     Avant d'envisager avec vous, amis lecteurs, la représentation dans un futur proche de l'apport de produits spécifiques ne ressortissant plus au domaine de la nourriture, j'aimerais aujourd'hui, devant la vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre exposant une quarantaine de fragments peints provenant du mastaba de Metchetchi,  poursuivre l'évocation d'offrandes au défunt semblables à celles que nous avons rencontrées, le 28 février dernier, évoluant toujours vers la droite ; c'est-à-dire, souvenez-vous, faisant partie des registres du mur sud de la pièce. 

 

     Permettez-moi de simplement rappeler que cette convention quant à la direction empruntée par ces défilés de serviteurs du ka était tributaire du fait que, sur le mur du fond, à l'ouest donc, c'est-à-dire là où se situait l'empire des morts, étaient gravées les stèles fausses-portes au pied desquelles certains membres de la famille se devaient de déposer les offrandes alimentaires sur une pierre destinée à cet effet.

 

     Et dans le droit fil de ce rendez-vous que nous eûmes le 3 mars pour expliquer les différentes manières de sacrifier un oryx, j'escompte, dans un premier temps, évoquer ce nouvel éclat de 15 cm de hauteur et 23 de long, (E 25535), malheureusement fort endommagé, dont nous devons le cliché à l'excellence de SAS, (Merci Madame),

 

 

47.-Fragment-E-25535--SAS-.jpg

 

 

et qui, manifestement, devrait éveiller en vous quelques souvenirs, récents ou plus anciens.

 

     Si d'une main, cet homme agrippe deux ou trois canards, c'est surtout de ce qu'il tient de l'autre qu'il m'intéressera dès ce matin de vous entretenir : vous distinguerez en effet qu'il porte une patte de boeuf.

Comme celle, rappelez-vous, qu'un peu plus avant dans cette même vitrine, nous avions entraperçue chez un autre serviteur se dirigeant quant à lui vers la gauche, précédant son collègue portant un vase de sang. 

 

 

Fragments E 25530 et E 25536 (2009)

 

 

     Comme aussi, en la précédente salle 4, dans la chapelle funéraire du mastaba d'Akhethetep que nous avions visitée en octobre 2008.


 

Akhethetep.jpg


 

     Ce geste d'emporter le khepechpièce de choix, selon ce qu'affirment les textes, faisait partie intégrante d'une thématique iconographique récurrente au niveau des reliefs et des peintures funéraires : nous en avions vu un autre exemple en décembre 2008 dans la chapelle d'Ounsou, toujours en salle 4, au registre supérieur du fragment (N 1393) :

 

 

N-1393.jpg

 

 

il s'agit de ce que les égyptologues ont pris l'habitude de nommer scène de boucherie.

 

     Même si, à plusieurs reprises, les animaux vivant en hordes sauvages aux marges du désert firent l'objet de sacrifices - je pense à la gazelle, à l'antilope et surtout à l'oryx -, force est de reconnaître que, pour la plus grande majorité de ces figurations, ce fut celui du boeuf - animal apparemment le plus consommé par les classes aisées de la société -, que les artistes égyptiens nous donnèrent à voir.

 

     Semblables représentations, il faut le savoir, générèrent naguère cette antienne que tant je décrie : l'art égyptien ne serait qu'accumulation de poncifs. Que triste monotonie. Qu'insupportable tautologie !

 

     Faisons fi, une fois pour toutes, de ces exaspérants clichés dans le chef de certains critiques et abordons sans plus tarder le sujet précis pour lequel j'ai souhaité la petite introduction d'aujourd'hui.


     Mon propos, vous le constaterez, ne portera pas sur les différentes races de bovidés que connut l'Égypte dans la mesure où, en mai 2009 déjà, je vous en avais succinctement proposé une nomenclature - qu'il serait peut-être intéressant de vous remettre en mémoire. Aussi, me contenterai-je de simplement signaler que, le plus souvent, ce fut le boeuf ioua, engraissé en étables pour la circonstance, qui eut l'honneur de cet abattage frappé au coin du rituel ; le nega, boeuf des prairies, plus farouche, plus maigre aussi - ceci pouvant expliquer cela -, fut quant à lui bien plus rarement choisi. 

 

     Après de nombreuses années, les égyptologues ne se sont toujours pas accordés pour déterminer avec certitude si ces scènes de dépeçage rendent compte de ce qui se passait couramment dans les domaines d'un Ty, d'un Mererouka, d'un Metchetchi ou s'il s'agit d'un sacrifice ponctuel, c'est-à-dire effectué lors de l'enterrement du maître, voire à une quelconque date anniversaire commémorant son souvenir.

 

     Quoi qu'il en soit, leur récurrence au bas des parois des chapelles funéraires, l'abondance des détails qui les distinguent les unes des autres, tous ces signes prouvant l'importance qui leur était accordée appellent d'évidence quelques approfondissements bienvenus.

 

     Raison pour laquelle, amis lecteurs, il m'agréerait que nous nous revoyions ici le13 mars prochain.

 

     A mardi donc, pour autant qu'à nouveau l'évocation de sacrifices sanglants ne vous rebute pas trop ...     

 

 

 

(Vandier : 1969, 128-85 ; Ziegler : 1990, 134)

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Mardi 6 mars 2012 2 06 /03 /Mars /2012 00:00

 

     Je t'apporte l'oryx abattu à la Place d'exécution. L'ennemi de l'oeil est sous ton couteau, tu le vois massacré et tu te réjouis de son anéantissement.

 

 

Discours du roi à Horus

Inscription au temple d'Edfou

 

 

dans Philippe DERCHAIN

  Le sacrifice de l'oryx

 

Rites égyptiens I

Bruxelles, F.E.R.E., 1962

p. 44

 

 

 

 

     A maintes reprises dans mes interventions, j'ai déjà insisté, amis lecteurs, sur l'ambiguë dualité des rapports des Égyptiens avec les animaux : les adorant quand il s'agissait de voir en eux un compagnon, un dieu ou le gibier apprécié de leurs papilles gustatives, les abhorrant quand ils leur attribuaient des pouvoirs maléfiques. Ainsi en fut-il par exemple de l'oie du Nil et du canard, mais aussi de l'antilope et de l'oryx.


 

     Considéré comme le réceptacle des forces du mal, ce dernier, lourd de significations mythologiques, se devait d'être annihilé pour permettre au défunt de jouir pleinement de sa vie post mortem, si la scène était représentée dans une tombe, pour contrecarrer ce qui risquait de menacer l'ordre, partant, la bonne marche de la société, si elle était gravée sur les parois d'un temple. 

 

     Le notable harponnant le poisson et celui lançant son bâton de jet aperçus au sein des tableaux de chasse et de pêche dans les marais nilotiques, n'avaient, souvenez-vous, nulle autre raison d'être : il s'agissait pour eux aussi de tout tenter afin que soient mises hors d'état de nuire les puissances mauvaises susceptibles d'entraver le déroulement harmonieux de sa vie dans l'Au-delà.

 

     Nonobstant, il vous faut rester conscients que tout animal sacrifié parce que censé héberger des forces négatives qu'il demeure primordial de contrer, servait encore par la suite à la nourriture du dieu présidant à la destinée d'un temple. Et de ce fait, considérer que quelles que soient ses interprétations, au rituel du sacrifice de l'oryx sont indissolublement associées des raisons alimentaires. 

 

     Mais qu'avait-elle donc bien pu faire, cette si élégante gazelle blanche, vous interrogiez-vous au terme de notre dernier entretien, pour subir un sort aussi peu amène ?


 

Fragment E 25512 (1er personnage) (2011)

 

     Depuis le 14 février date à laquelle nous avons pour la toute première fois admiré l'élégance des traits d'un oryx sur un des fragments peints du mastaba de Metchetchi, ici, dans la vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, j'ai tenu à préciser pour vous, le mardi immédiatement après le congé de carnaval, les raisons de sa présence dans l'iconologie de l'offrande puis, samedi dernier, les différentes méthodes utilisées par les officiants ritualistes pour l'occire.

 

     Indépendamment d'une raison cynégétique évidente depuis les temps préhistoriques - piéger puis tuer pour se nourrir de l'animal que l'on avait pris soin de préalablement faire défiler devant le défunt -, maints temples d'époque gréco-romaine font état d'un sacrifice ritualisé à connotation franchement mythologique pour le punir d'un acte dont il était accusé. Ainsi, sur la façade est du temple d'Esna :


 

Esna---Sacrifice-oryx---Facade-Est.JPG

      En effet, tout comme le porc de la première vitrine de cette même salle que j'avais naguère également évoqué, il vint un temps à partir duquel il fut, malheureusement pour lui, identifié à Seth, le dieu fratricide, le meurtrier d'Osiris, celui qui un jour ravit l'oeil lunaire d'Horus !

 

     Contrairement à ce qu'avancent maints collègues, l'égyptologue belge d'origine verviétoise Philippe Derchain, s'appuyant essentiellement sur les textes pariétaux des temples d'Edfou et de Denderah, mais aussi de Philae, affirme que ce n'est que tardivement que certains mythes assimilèrent l'oryx à ce dieu hostile.

Mais sûrement pas à l'Ancien Empire, sûrement pas à l'époque de Metchetchi ...

 

     De sorte qu'à la différence du cochon noir, on ne peut décemment imputer à l'aristocratique animal l'origine des souffrances oculaires infligées à Horus. Partant, on ne peut lui attribuer la bien grande responsabilité d'avoir mis en péril l'ordre cosmique jadis institué par les dieux.

 

     Nonobstant, il est pourtant certain qu'on le sacrifia déjà rituellement à l'Ancien Empire : certains passages des Textes des Pyramides en attestent, notamment le 138 c et le 1826 b.

Mais alors, quelle en fut la raison ?

 

     J'ai tué l'oryx avec mon couteau, pour que son corps soit transformé en vêtement pour toi tandis qu'ils fabriquent la barque de Sokaris, peut-on lire dans le temple d'Edfou.

 

     Assertion intéressante qui nous éclaire sur deux points : dès les temps les plus anciens, ce sacrifice codifié  permettait de bénéficier de sa peau et de consacrer l'animal à Sokaris.

 

     Pour ce qui concerne l'utilisation de son cuir au niveau vestimentaire, je pense obvies les raisons et de ce fait n'avoir nul besoin de m'étendre davantage. En revanche, l'allusion à une liturgie inhérente à l'élaboration d'embarcations sacrées mérite que j'y consacre un court instant.

 

     Que la confection d'une barque henou pour Sokaris - dieu des morts à Memphis, à tout le moins avant qu'Osiris l'eût remplacé dans cette fonction -, nécessitât un cérémonial précis au cours duquel l'oryx était décapité aux fins de récupérer sa tête et d'en orner la proue de la barge divine ne fait plus aucun doute.

Usage qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler la tête d'un boeuf qui, à partir du Nouvel Empire toutefois, connut une destination identique pour l'esquif de la même divinité.

 

     Quoi qu'il en soit, même si ne s'explique guère la présence de ce trophée de chasse en guise d'étrave, le rite du sacrifice de l'oryx, les textes le prouvent, fut un de ceux auxquels les rois égyptiens s'adonnèrent en vue d'honorer un de leurs dieux.

 

     Plus tard, au Nouvel Empire, apparemment dès le règne d'Amenhotep III comme je vous l'indiquai déjà samedi dernier, puis, surtout à Basse Epoque, l'iconographie des temples tardifs voulut dénoncer l'acte séthien de destruction de l'oeil lunaire d'Horus : il fallait donc obligatoirement écarter tout ennemi de la lune.

 

     Raison pour laquelle, dans le seul but cette fois de protéger l'autre oeil d'une éventuelle agression, rencontrerez-vous souvent proche de la scène de l'abattage de l'oryx, une seconde, pratiquement semblable, qui décrit l'acte d'immoler ce que notre esprit cartésien considère comme une bien inoffensive tortue, en rapport elle, avec l'oeil solaire du même Horus.

 

     A nouveau, sur la façade est du temple d'Esna :

 

Esna---Sacrifice-tortue---Facade-est.JPG

     


    Pour les Égyptiens, ces gestes rituels fondamentalement apotropaïques permettaient de s'assurer  le parfait fonctionnement des deux astres !

 

     (Immense merci à Martine, conceptrice du blog djeserdjeserou et par ailleurs Présidente de l'Association Papyrus de Lille, de m'avoir permis avec grande aménité d'exporter les deux clichés ci-avant qu'elle a réalisés au temple d'Esna.)

 

 

     Concluons maintenant, voulez-vous, et faisons pour l'occasion preuve d'un nécessaire esprit de synthèse - chassez le naturel de l'Enseignant et il revient au pas d'oryx !

 

     Dès l'époque préhistorique, prédynastique, l'animal, comme tant d'autres vivant aux confins désertiques de l'Égypte, fut piégé, capturé, maintenu un temps en captivité, domestiqué, engraissé au besoin puis finalement sacrifié, prisé qu'il était pour sa chair et son cuir.

 

     A l'Ancien Empire, à tout le moins dès la VIème dynastie puisque les premiers Textes des Pyramides en font état, son sacrifice devint l'objet d'un premier rituel : sa tête devait, pour une raison que l'on ignore encore, orner la proue de la barque du dieu Sokaris.

 

     Par la suite, au Nouvel Empire assurément, mais peut-être un peu avant, il fut assimilé au malveillant Seth et ainsi accusé d'avoir attenté à l'oeil d'Horus, mettant de ce fait l'équilibre du pays en danger. Dès lors, et jusqu'aux époques grecque et romaine, l'oryx fut sacrifié par le souverain non plus pour une raison liturgique mais dans le cadre d'un rite astral. C'est ce que nous démontrent à l'envi scènes et textes gravés dans des temples ptolémaïques comme ceux d'Edfou, de Denderah et de Philae ...  

 

 

(Derchain : 1962, passim)

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 00:00

 

     L'ennemi de l'oeil est massacré devant toi, et je répands son sang à terre.

 

Inscription du temple d'Edfou

 

dans Philippe DERCHAIN

 

  Le sacrifice de l'oryx

Rites égyptiens I

Bruxelles, F.E.R.E., 1962

p. 40

 

 

 

     Ce mardi, dans le cadre de notre conversation à propos des animaux du désert proposés en guise d'offrande à Metchetchi, peints sur quelques-uns des quarante-trois fragments que nous ne cessons d'admirer dans la vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, j'ai évoqué pour vous la raison essentielle de leur capture apparue dès les prémices de la civilisation des rives du Nil, à savoir : le primordial besoin de nourriture.

 

     Si nous délaissions un instant le mastaba de ce haut-fonctionnaire du temps d'Ounas, dernier souverain de la Vème dynastie, nous constaterions qu'à plus grande échelle, cette nécessité atavique se traduit également sur les parois de l'un ou l'autre temple qu'il vous a peut-être été donné de déjà visiter. Ainsi celui de Ramsès II en Abydos.


 

Oryx-et-gibier---Offrandes--Abydos-Temple-Sethi-Ier---Kair.jpg

 

 

     En effet, sur le côté nord-ouest du mur sud du portique s'ouvre une chapelle dédiée à Osiris - définie par la lettre H sur les plans dressés par les égyptologues qui ont scientifiquement exploré les lieux -, dans laquelle une scène gravée en relief dans le creux, puis peinte, nous montre le souverain honorant la déesse Hathor. Et devant lui, près du meuble supportant un monceau de vivres, ont été rangées différentes pièces animales, - dont au moins un oryx -, le plus souvent ligotées quand ce n'est pas, pour les dernières, bizarrement étêtées.

 

     Il est donc incontestable que le défilé devant un défunt d'oryx vivants, parmi d'autres congénères d'ailleurs, comme nous l'avons vu en début de semaine chez Metchetchi, puis leur immolation, ressortissaient essentiellement au domaine de l'offrande alimentaire.

 

     Quant au sens rituel que ce geste meurtrier acquit à partir du Nouvel Empire - apparemment pour la première fois dans le temple d'Amenhotep III, à Louxor -, il relève d'une symbolique religieuse bien particulière dans laquelle certains textes funéraires le cantonnent et qu'il m'agréera de vous expliquer lors d'une prochaine rencontre. 

 

     Car pour l'heure, - le hasard du calendrier et non une volonté délibérée d'entamer par de cruelles pratiques ce mois dédié jadis à la guerre par les Romains, partant, à la violence -, c'est des méthodes d'abattage que je voudrais vous entretenir en répondant à une question simple : comment l'animal fut-il sacrifié ?

 

 

     Pour une première approche, c'est-à-nouveau dans la tombe de Ty, remarquablement étudiée par Thierry Benderitter sur son site OsirisNet que je vous convie de m'accompagner, notamment devant la partie droite du deuxième registre de la paroi sud de sa chapelle funéraire.

 

 

Mastaba de Ty - Chapelle - Sacrifice animaux du désert

 

     Apparaissent là bouquetins et oryx renversés et maintenus au sol, pattes postérieures entravées de manière que les bouchers et leurs aides puissent les saigner en leur tranchant le cou avec un couteau de silex, avant de s'affairer à les dépecer. Et, comme souvent dans ce type de scène, ne nous sont épargnés ni l'extraction du coeur en plongeant la main dans la poitrine ni la découpe de la patte antérieure droite, le khépech, considérée comme morceau de choix.

     S'ensuivra l'ablation complète de la tête qui, à l'instar de celle du veau, constituait un mets apprécié.

 

     Pour ceux d'entre vous qui lisent couramment l'écriture hiéroglyphique ou d'autres que ces signes intrigueraient, le site OsirisNet - (Merci Thierry !) - donne à voir une reconstitution au trait, assortie d'une traduction.


 

Mastaba-de-Ty---Mur-sud-de-la-chapelle.jpg

 

     Le numéro 1 est attribué à l'idéogramme personnifiant le boucher : il s'agit en réalité du même dessin que celui qui identifie la pierre à aiguiser munie d'une boucle permettant sa fixation à la ceinture du pagne ; le 6, concerne le serviteur du Ka quittant l'abattoir, la patte antérieure droite sur l'épaule ; les 8 et 11, l'action de dépecer l'oryx par le boucher ... 

 

     Entre les deux, vous aurez remarqué un personnage semblable à celui déjà rencontré chez Metchetchi : un serviteur portant un vase contenant le sang recueilli ...

 

    Par la suite, ce sacrifice deviendra un rite qui se déclinera selon trois méthodes bien distinctes qu'a relevées l'égyptologue belge d'origine verviétoise Philippe Derchain : les deux premières, essentiellement "décrites" dans les temples d'Edfou et de Denderah, la dernière dans celui de Philae.

 

     Alors que, nous venons de le voir, dans les mastabas d'Ancien Empire, le boucher se faisait aider par l'un ou l'autre apprenti, quand l'abattage de l'oryx devint un rite officiel se dégageant des contingences alimentaires, un seul "sacrificateur" égorgeait puis décapitait l'animal en le maîtrisant par les cornes sur un autel ou une table, de manière à le contraindre à avoir la tête en arrière.

 

     Une autre technique réquérait un être doté d'une vigueur exceptionnelle dans la mesure où, sans trembler, cet homme soulevait sa victime en lui agrippant les cornes de la main gauche, l'obligeant à rester en équilibre sur ses pattes postérieures, quasiment à la verticale, puis, de sa main libre, lui enfonçait le couteau sacrificateur dans le corps.

 

     Au registre supérieur de la paroi nord de la salle dite "de la naissance" dans son temple de Louxor, ce procédé est prêté à l'époux de la reine Tiy, le très sthénique Amenhotep III réputé avoir rapporté quelque 102 lions, évidemment terrifiants - (voire même 110, selon d'autres sources "officielles" fleurant bon la propagande) - qu'il aurait ainsi occis de ses propres flèches dans la force de l'âge des 10 premières années de son règne.

 

     Quant à la troisième des méthodes auxquelles l'iconographie égyptienne fait allusion, c'est donc à Philae que vous pourrez la trouver, notamment sur le second pylone du temple d'Isis : le roi Ptolémée XII Neos Dionysos y terrasse d'un magistral coup de lance transperçant le dos un oryx couché par terre.

 

      Dans ces trois cas de figure, le sang se devait d'être copieusement répandu sur le sol aux fins d'assurer le bon respect du cérémonial. 

 

     Mais qu'avait-elle donc bien pu faire, cette si belle gazelle blanche, pour mériter un sort aussi peu enviable ?

 

     Autorisez-moi, amis lecteurs, à développer ce point lors d'un nouvel entretien que je vous fixe le 6 mars prochain. 

      

     A mardi ?

 

 

 

(Derchain : 1962, passim ; Montet : 1925, 158

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 00:00

 

     Et Râ dit à Horus : "Laisse-moi voir ton oeil, après ce qui lui est arrivé". Et il l'examina, et lui dit : "Regarde ce trait, mais en couvrant de ta main l'oeil sain". Et Horus regarda ce trait et dit : "je le vois blanc, blanc".

     C'est ainsi que fut créé l'oryx.

 

Textes des Sarcophages, II, 336-338

 

dans Philippe DERCHAIN

  Le sacrifice de l'oryx

 

Rites égyptiens I

Bruxelles, F.E.R.E., 1962

p. 29

 

 

 

 

      Parmi les quarante-trois fragments peints qui composent l'échantillon du programme iconographique du mastaba de Metchetchi proposés dans la vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre que, depuis le 31 janvier, nous découvrons dans le cadre de notre approche des porteurs d'offrandes, il en est un d'une finesse de traits qui, chaque fois que je le regarde, a grand pouvoir de me séduire :

 

  Fragment E 25512 (2011)

 

 

il s'agit de celui (E 25512) de 32 cm de haut pour 48 de long figurant des serviteurs maintenant par leurs cornes quelques animaux du désert, deux oryx de part et d'autre d'une gazelle.

 

     Permettez-moi, amis lecteurs, une petite parenthèse aux fins d'attirer votre attention sur deux points que les plus fidèles d'entre vous, forts de précédentes interventions, auront déjà remarqués : le carroyage préparatoire au dessin, bien visible ici ; et la preuve, une fois encore, que même dans le cadre de consignes inhérentes à certaines règles de l'art égyptien, des artistes s'autorisèrent - en réalité, bien plus souvent qu'on l'imagine ! - l'une ou l'autre fantaisie : il en est ainsi de ce petit défilé dont la monotonie, qui une fois encore eût pu paraître gênante à d'aucuns, a été élégamment brisée grâce, d'une part, à la fine gazelle grise qui n'a manifestement nulle envie d'avancer dans la même direction que ses compagnons d'infortune et, d'autre part, aux gestes du personnage central qui, tout naturellement, prend garde aux animaux sous sa responsabilité mais aussi à celui, plus récalcitrant, de son collègue.

 

     Maintenant, autorisez-moi cette question : avez-vous été sensibles à un détail particulier ?

Au niveau des bêtes elles-mêmes ...

 

     Non ? Regardez-les bien une nouvelle fois, cela me paraît pourtant flagrant ... 

     Oui ! Vous avez raison, Madame : toutes portent un collier autour du cou. Sauf l'insoumise !

Toutes, vraisemblablement, sont en captivité, voire domestiquées. Sauf l'insoumise !

Toutes respectent donc naturellement l'ordre intimé. Sauf l'insoumise !

 

     Et si, pour "s'excuser" d'avoir osé semblable digression scénique, ce scribe des contours s'était prudemment retranché derrière le détail de l'absence du collier chez l'adorable antilope grise ? Ainsi, plus aucune suspicion d'avoir délibérement transgressé les codes imposés ne pèserait sur lui ; plus aucun reproche ne pourrait dès lors lui être adressé : il n'aurait jamais fait état que d'une logique animalière entre les uns, habitués à obéir et l'autre, gambadant au gré de son humeur.

Habile, non ?

Très habile, même ...

 

 

     Parce qu'ils évoluent cette fois vers la droite, il appert que ces serviteurs faisaient partie de tableaux peints sur le mur sud de la chambre dont ils ont un jour du siècle dernier été arrachés ; parce que le présent fragment se termine par un bandeau rouge entre deux épaisses lignes noires, il appert encore qu'il constituait le bord inférieur du registre de soubassement ; et parce que le Conservateur en charge de l'agencement de ces pièces a placé celle-ci immédiatement après le petit éclat (E 25513), quant à lui nettement bien moins conservé puisque n'y subsistent que mollet et chevilles du conducteur et l'extrémité des pattes graciles des mammifères convoyés,

 

 

50. Fragment E 25513 (SAS)

 

 

 

et précédant un autre (E 25524)

 

 

Fragment E 25524 (2011)

 

 

sur lequel apparaît, en taille héroïque, la jambe du propriétaire de la tombe devant laquelle se tient Ihy, un de ses fils, il appert enfin que ces hommes conduisaient ce cheptel particulier en guise d'offrandes à Metchetchi.

 

 

      Les trois morceaux assemblés côte à côte,

  

49. Fragments E 25513 - E 25512 - E 25524 (SAS)

  sont exposés à l'extrémité de la partie droite du long meuble vitré ici devant nous.


 

Gros plan (SAS)

 

     (Mes remerciements les plus appuyés à  SAS pour avoir à mon intention effectué un nombre considérable de clichés de ces éclats ; ceux signés de ma main évidemment exceptés.)

 

 

     Lors de notre rendez-vous du mardi 14 février dernier, admirant de conserve l'aristocratique beauté d'un ruminant semblable sur cet autre fragment (E 25514 ), j'avais terminé notre conversation en vous promettant, amis lecteurs, de nous retrouver après la semaine du congé de carnaval dans le but d'être plus disert concernant l'un d'entre eux : l'oryx.

 

     A nouveau les plus fervents d'entre vous se souviendront certainement qu'en juillet 2010 déjà, en nous attardant dans cette même salle devant le grand mur central immédiatement derrière nous, nous avions longuement porté nos regards sur une cuillère à offrandes (E 3678) datant de la XVIIIème dynastie. 

 

 

E 3 678.jpg

 

 

     Retournons-nous un court instant, voulez-vous, pour la redécouvrir et ainsi constater que la pièce, mesurant 12,9 cm de long et 5,5 de large, figure précisément un oryx couché, probablement ligoté comme souvent c'est le cas dans l'art égyptien, dont les pattes ont malheureusement disparu dans la cassure et dont seul le haut de la cuisse est resté intact. Ses longues cornes parallèlement incurvées dans le prolongement du museau, touchant le dos de leurs extrémités, poursuivent de la sorte et terminent même, avec la queue, la courbe gracieuse imprimée par l'artiste à l'ensemble de sa composition.

 

     S'il nous faut ici concevoir la représentation d'un animal capturé, c'est simplement parce que bouquetins, ibex et autres bubales des confins désertiques de l'Égypte constituèrent eux aussi aux temps les plus anciens un gibier recherché qu'il devint intéressant non seulement de chasser mais également d'engraisser pour bénéficier d'un apport non négligeable quand, d'aventure, une battue n'offrait pas le butin initialement escompté.


 

     Souvent associé à la gazelle mais aussi à l'antilope, alors qu'il ne fait pas véritablement partie de la famille de cette dernière, l'oryx fut donc, dès l'époque archaïque, prisé à la Cour ainsi qu'au sein des classes privilégiées en tant que ressource alimentaire de premier ordre tout à la fois pour les repas ici-bas mais également pour ceux de l'Au-delà, de manière à, comme le précisent les textes, nourrir le ka du défunt. 

 

     C'est évidemment sous cet angle particulier qu'il nous faut considérer nos deux serviteurs menant troupeau à Metchetchi. 

 

     Mais peut-être aussi sous un autre. En effet, vous n'ignorez plus, vous qui me suivez depuis tant d'années, que maints détails gravés ou peints sur les parois des tombes font référence à la régénération du défunt, à la reconstruction de son intégrité corporelle pour l'éternité.

 

     Et à ce propos, être conscients que ces animaux furent très souvent associés à Anoukis, la déesse d'Assouan, à laquelle il n'était point rare d'attribuer les mêmes fonctionnalités que celles d'Hathor, à savoir : présider à la naissance et à la renaissance en favorisant la sexualité post mortem du défunt dans un but de fertilité.

 

     Dès lors, en plus de la raison alimentaire évidente, leur présence dans l'iconologie des tombeaux pourrait très bien se concevoir dans cet esprit d'apporter certitude au propriétaire de recouvrer toutes les capacités physiques qui furent siennes ici-bas.

 

     Mais quel fut donc le funeste sort de ces agiles herbivores ?

 

     Le même apparemment, si j'en crois les représentations qui se sucèdent dans les mastabas d'Ancien Empire et que les égyptologues ont pris l'habitude de définir du titre de "scènes de boucherie", que pour les boeufs, les veaux, voire même, parfois, certaines volailles.

 

     En effet, toutes proposent, dans un premier temps, la vision de l'animal maintenu renversé sur le sol de manière à être rapidement entravé ; toutes montrent l'ablation de la patte antérieure droite ; toutes donnent à voir l'apport de ce morceau de premier choix - selon ce qu'indiquent les textes -, au maître des lieux. 

 

     Concernant plus spécifiquement notre bel oryx, ce qui n'était aux premiers temps de la civilisation égyptienne qu'un geste ressortissant au seul domaine de la cynégétique visant à approvisionner la table prit, par la suite, dès le nouvel Empire et plus largement encore à Basse Epoque, une connotation liturgique, cérémonielle, rituelle.

 

     C'est précisément des raisons de son sacrifice représenté dans certains temples tardifs, d'époques ptolémaïque et romaine, qu'il m'agréerait de vous entretenir, amis lecteurs, lors d'un futur rendez-vous.

 

     Préalablement toutefois, au risque de quelque peu ébranler votre sensibilité, j'aimerais, le 3 mars prochain,  évoquer  les techniques de sa mise à mort elle-même.

 

     A samedi ?


 

 

(Derchain : 1962, passim ; Warmenbol : 1999, 120 ; Ziegler : 1990, 134)

    

 

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 00:00

 

      A un précédent rendez-vous, envisageant avec vous, ici devant la vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Louvre, un ensemble de quatre fragments peints arrachés au mastaba de Metchetchi ayant des porteurs d'offrandes comme thème principal, j'avais attiré votre attention, souvenez-vous, sur uniquement les deux premiers d'entre eux, E 25530 et E 25536, en fait réassemblés par les Conservateurs qui furent chargés de la mise en valeur de cette collection que le musée venait d'acheter dans les années soixante du siècle dernier. Et je vous avais promis que nous reviendrions par la suite sur les deux autres éclats, de taille plus réduite, mais également en piètre état, E 25529 et E 25514.

 

     Commençons, voulez-vous, par le premier d'entre eux, E 25529, 

 

46.-Fragment-E-25529--SAS-.jpg

 

 

qui ne nous donne à voir - partiellement, puisqu'à peine conservés jusqu'à mi-corps - que deux des serviteurs de Metchetchi, probablement du même défilé, se dirigeant vers la gauche, et dont le second présente un plateau d'aliments dont j'ignore la teneur, les dégradations subies par la couche de peinture ne me permettant pas d'en déterminer les éléments constitutifs.


     L'aspect général de la composition laisserait supposer, d'un premier et rapide coup d'oeil, qu'un couvercle semi-sphérique protège un petit monticule de vivres. En réalité, je n'en suis pas persuadé. Car si j'établis un parallèle avec le tracé préparatoire visible pour dessiner la tête du premier personnage, je me demande si, ce que nous pourrions erronément prendre pour une "cloche à fromages" protectrice contre moustiques ou fortes chaleurs n'est pas tout simplement un arc de cercle corrigé par le maître d'oeuvre pour guider et inciter son scribe des contours en charge de la scène à respecter cette forme hémicirculaire à l'intérieur de laquelle il eût voulu que pains, fruits ou autres ingrédients prissent place ...

 

     Mais ceci ne constitue qu'une interprétation personnelle qui ne demande qu'à être confirmée ... ou infirmée.

 

     Dans le long meuble vitré accroché sur le mur nord de la salle 5,

 

 

Vitrines 4 - Gros plan (SAS)

 

 

le second et dernier fragment à propos duquel j'aimerais ce matin vous entretenir a été placé au-dessus à droite du précédent. Il porte le numéro d'inventaire  E 25514 .

   

 

47.-Fragment-E-25514--SAS-.jpg

 

 

     Même si la scène est incomplète, cet éclat me semble bien plus intéressant dans la mesure où cette fois l'homme conduit un animal vivant vers Metchetchi,  un jeune oryx, comme l'indiquent les hiéroglyphes encore lisibles au-dessus, - mahedj, "gazelle blanche", étant le nom que les Égyptiens lui attribuèrent  -, d'une beauté et d'une délicatesse de traits qui nous eussent probablement ravis davantage encore si la figuration nous était parvenue intacte, la finesse et le détail de ses longues cornes parallèles et incurvées vers l'arrière laissant présager la gracilité qu'eût pu nous revéler le corps entier ...

 

    Hormis ces considérations esthétiques, certes d'importance, ce qui me sied pour l'heure, c'est l'opportunité que m'offre la pièce d'évoquer pour vous, succinctement dans un tout premier temps, cet animal typique du désert africain, lourd de symboles mythologiques, qu'était l'oryx.

 

     Souvent associé à la gazelle, souvent aussi considéré comme antilope alors qu'il ne fait pas vraiment partie de sa famille, il fut, dès les temps archaïques, prisé à la Cour ainsi qu'au sein des classes aisées en tant que gibier, en tant que ressource alimentaire de premier choix non seulement pour les repas ici-bas mais aussi pour ceux de l'Au-delà, de manière à, comme le précisent les textes, nourrir le ka du défunt. 

 

     Plusieurs palettes scutiformes datant de la préhistoire ont d'ailleurs été mises au jour par les égyptologues sur lesquelles ont été gravées des scènes cynégétiques dans le désert où antilopes, oryx et autres gazelles deviennent la proie des chiens des chasseurs.

 

     Ainsi cet exemplaire en trois morceaux : celui de droite, au-dessus fait partie des collections du Louvre (Vitrine 2 de la salle 20 à l'étage, dédiée à l'époque de Nagada) ; les deux autres étant actuellement exposés au British Museum (EA 20790) où a été judicieusement "reconstitué" l'ensemble du monument.


 

Palette-de-la-chasse---Trois-fragments-reunis-au-British-M.jpg

 

 

     Toutefois, en fonction du dualisme inhérent à la pensée égyptienne sur lequel, souvent, j'attire votre attention, qui fait que les animaux peuvent être tout à la fois amis et ennemis, - je pense à l'oie du Nil, je pense aux canards, aux ânes, à l'hippopotame, au porc, je pense aussi à la tortue qui nous semble pourtant si inoffensive -, le sacrifice animal avait deux raisons d'être : pour certains, il s'agissait de pourvoir aux besoins alimentaires des privilégiés, je viens de l'indiquer ; pour d'autres, parce qu'ils étaient susceptibes d'être le réceptacle des puissances du mal, des forces néfastes du cosmos censées vouloir toujours détruire l'ordre (Maât) et rétablir le chaos (Isefet), l'on se devait de les annihiler aux fins de permettre à tous de vivre en harmonie et au défunt de jouir pleinement d'une vie post mortem sans entrave aucune.

 

     C'est de cette seconde raison que j'escompte vous entretenir, amis lecteurs, lors d'au moins deux rendez-vous que je vous fixe immédiatement après la semaine du congé qui, pour les établissements scolaires belges, commencera vendredi soir ; semaine, vous vous en doutez, entièrement dédiée aux festivités du carnaval ...

 

     Mais avant de nous quitter momentanément, je vous propose de m'accompagner, ce samedi 18 février, pour une petite incursion en Belgique où nous attendront de bien étranges personnes ... 

   

 

(Grand merci à SAS pour l'excellence des clichés ci-dessus réalisés à mon intention.)

 

 

(Germond : 1989, 51-5 ; Ziegler : 1990, 133)

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : Égypte : ô Louvre ! - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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