Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 23:00

     L'arbre qu'on appelle cucifere présente les plus grands rapports avec le dattier quant au tronc et aux feuilles, mais il en diffère en ce qu'il a un tronc divisé en deux branches, lesquelles se divisent à leur tour en deux rameaux portant des ramules très courts et peu nombreux, tandis que le tronc du dattier est simple et dépourvu de branches.

 


 

THÉOPHRASTE

Historia plantarum, II, VI, 9

 

Traduit par Victor LORET

Étude sur quelques arbres égyptiens

I. Les palmiers d'Égypte

 

 

 

 

 

 

         Mardi dernier, amis visiteurs, devant la noix-doum

 

 

E 14189 - Noix-doum

 

 

exposée ici devant nous sur l'étagère, côté Seine, de la vitrine 6 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, après le perséa/mimusops envisagé en mai, nous entamions un nouveau cycle de rencontres autour d'un autre arbre, le palmier-doumle Cucifera thebaica comme vous venez de le lire chez le naturaliste grec Théophraste ; l'Hyphaene thebaica des botanistes contemporains.

    

     Et puisque j'y fais référence, convoquons, voulez-vous, une nouvelle fois ces scientifiques à la barre et écoutons ce qu'ils ont à nous enseigner à propos des palmiers africains.

 

     D'emblée, en guise de mise au point générale, s'opposant vigoureusement à Théophraste qui avançait que les Égyptiens ne rencontrèrent que deux types - dattier et cucifère - faisant partie de la famille des Palmae, nos savants actuels affirment au contraire qu'ils en côtoyèrent quatre : le Phoenix dactylifera, nommé "beneret" par les habitants des Deux-Terres, et que vous connaissez mieux sous le nom de palmier-dattier,

 

 

Palmier-dattier--3-.JPG

 

sur lequel j'aurai l'opportunité d'attirer votre attention après les vacances d'été, mais dont je vous propose d'ores et déjà un gros plan des fruits, 

 

 10.-Fruits-Palmier-dattier.JPG

 

ainsi que quelques exemplaires, et des noyaux,

 

 

Coupe-15---Dattes-et-noyaux-de-dattes--N-1418-.JPG

 

 

conservés dans cette coupelle 15 de la vitrine 9, la dernière de cette même salle avant de pénétrer dans la suivante ;

 

l'Hyphaene thebaica, le palmier-doumle "maâmaâ" des textes hiéroglyphiques,    

 

 

 14.-Palmier-doum.JPG

 

 

dont je vous avais présenté les fruits dans une coupelle voisine ;

 

 

      Coupe 13 - Noix de palmier-doum

 

 

le Medemia argun, qui subsiste de nos jours au Soudan - la Nubie antique -,

 

Medemia-Argun.jpg

(© http://www.virtualherbarium.org/psg/flagship/Medemia_argun.html)

 

et dont à nouveau l'indispensable socle-vitré 9 nous donne à voir plusieurs exemplaires de sa production du temps où l'espèce était encore présente en Égypte.

 

 

Coupe-12---Fruits-palmier-argun--E-2789-.JPG

 

 

     Et enfin, le Phoenix reclinata - vraisemblablement l'ancêtre du palmier-dattier -, dont seuls des pollens et des graines furent mis au jour dans des tombes prédynastiques, ainsi qu'au niveau de sites préhistoriques, notamment l'oasis de Kharga, dans le désert occidental, approximativement à 200 kilomètres à l'ouest d'Edfou et d'Esna.

 

     Le palmier-doum que vous distinguerez sans nulle hésitation de ses congénères grâce à son tronc ramifié se révèle, comme eux tous, dioïque : entendez que chaque individu ne porte que des inflorescences de même sexe. Autrement exprimé : ses fleurs mâles et femelles poussent sur des arbres différents, les premiers, franchement plus petits et plus minces, se développant plus rapidement mais persistant un moins long temps que les seconds.

 

     Se déployant dans les vallées chaudes, sur un sol susceptible d'être alimenté en eau, il s'élève à 15 ou 20 mètres de hauteur.

     Dans le continent africain, il s'en trouve de nos jours fleurissant chaque année en avril sur une large superficie qui s'étend d'ouest en est, de la Mauritanie à la Somalie. 

 

     On sait qu'aux époques pharaoniques, il poussait déjà dans la Vallée du Nil, en Haute-Égypte, mais aussi en bordure du Delta, dans les oueds, ainsi que dans les régions désertiquesoasis du désert libyque ou autres, ses racines puisant aux nappes phréatiques l'eau qui lui permettait de vivre normalement.

 

     Ces palmiers crûrent également en Nubie, dont ils furent indéniablement un des éléments les plus caractéristiques de la flore, et, bien sûr, au célèbre pays de Pount, si je me réfère à cette scène gravée au niveau de la deuxième terrasse du temple de millions d'années d'Hatshepsout, à Deir el-Bahari, présentant les richesses rapportées lors de l'expédition qu'y fit mener la reine.


 

 Deir-el-Bahari---Palmiers-doum---c-Martine.jpg

 

 

     Ainsi que je l'ai tout à l'heure incidemment souligné et comme vous le montrent le relief ci-dessus, mais aussi la cuillère à offrandes très structurée, au cuilleron figurant une feuille orbiculaire qu'encadrent deux petites feuilles palmées,


Cuillere-a-offrandes--Gulbenkian-.jpg

 

 

que j'avais jadis admirée à la Fundaçao Calouste Gulbenkian, de Lisbonne, - et dont je vous propose un cliché que je me suis autorisé à réaliser à partir de mon propre catalogue -, l'arbre, qui se caractérise généralement par un tronc cannelé, se subdivise, à différentes hauteurs, en deux, trois, voire cinq branches développant ainsi plusieurs ramifications, capables de s'entrecroiser et se terminant par des faisceaux de 20 à 30 feuilles, d'une longueur variant entre 2 et 2,50 mètres. 

 

     Cette distinction qui fait de l'espèce une exception au sein de sa propre famille, Théophraste l'indiquait déjà quand il établit la comparaison, que vous avez ce matin découverte d'emblée dans l'exergue, entre les deux plus importants palmiers d'Égypte.

  

     La feuille du palmier-doum, à l'instar de celle, unique, apparaissant en bas-relief sur une des parois du Jardin botanique de Thoutmosis III, à Karnak,

 

Jardin-botanique---Palmier-doum---c-Francois.jpg

 

est formée d'une quinzaine de lobes, érigés, en forme de fer de lance - lancéolés, donc -, et aux bords repliés vers l'intérieur - indupliqués, selon l'expression des botanistes. 

 

     Son pétiole, demi-cylindrique, atteignait de 90 à 140 centimètres et, comme à Karnak, pouvait se hérisser d'épines.

 

     Cette feuille s'utilisa également en sparterie pour, par exemple, confectionner cordes et balais, ces derniers dans le but ultime d'éradiquer les forces hostiles, qu'elles sévissent dans la demeure ou dans les tombes ...

 

     Il faut également savoir que les prêtres d'Isis, ainsi que les magiciens, furent contraints de porter des sandales élaborées à partir de ses fibres.

 

     Et puisque chaussures j'évoque, ajoutons que la lecture de L'âne d'or, de l'auteur latin d'origine africaine Apulée (IIème siècle de notre ère) nous apprend que les "pieds divins" d'Isis étaient chaussés de sandales tressées dans les feuilles de cet arbre. 

     De nos jours, avec celles du dattier, elles servent encore à confectionner tapis et paniers. 

 

     Quant au bois du palmier-doum mâle, aux fibres noires mais à la moelle jaune pour le tronc, incolore pour ce qui concerne les branches, serré et dur, il bénéficia très tôt d'une réputation de solidité, de résistance, plus grandes d'ailleurs que celles du dattier. Raison pour laquelle il servit comme bois d'oeuvre tout à la fois dans les domaines architectural et naval, mais également domestique : ainsi l'édition princeps de l'étude du palmier-doum qu'a réalisée Raffeneau-Delile pour la Description de l'Égypte cite-t-elle Théophraste (Hist. plant., Livre IV, chapitre 2) qui affirme que "Les Perses recherchoient ce bois pour en faire des pieds de lit." 

 

     J'ai tout à l'heure insisté sur le fait que les palmiers égyptiens, qu'ils soient dattiers ou doum, se développèrent sur différentes terres arides égyptiennes grâce à la présence de points d'eau, quels qu'ils soient.

 

     C'est plus que probablement cette particularité, à laquelle s'ajoute tout naturellement l'ombre projetée sur le sol par leurs couronnes de feuilles procurant fraîcheur et bien-être à ceux qui l'approchaient, qui firent que ces arbres constituèrent un des thèmes récurrents des artistes du Nouvel Empire mandés pour interpréter, grâce à la peinture et à la réalisation de bas-reliefs, l'une ou l'autre croyance funéraire sur les parois murales des tombeaux de particuliers.

 

     Ainsi, parmi d'autres, dans l'hypogée de Pached, à Deir el-Médineh (TT 3), datant du règne de Ramsès II (XIXème dynastie), rencontrerez-vous, amis visiteurs, ce topos de l'aiguade figurant le défunt, pratiquement à plat ventre, se désaltérant à son pied, avec de l'eau représentée, selon la codification traditionnelle, par des rayures bleues.   

 

Deir-el-Medineh---Tombe-de-Pached--TT-3----Defunt-sous-un-.jpg


 

     Parmi d'autres, viens-je d'indiquer car il vous faut être conscients que bien des mythes se développèrent à partir des quelques espèces d'arbres qui vécurent dans l'environnement immédiat des Égyptiens de l'Antiquité.

 

     Et ce sont précisément de ces doctrines phyto-religieuses, de ces pratiques de dendrolâtrie, - comprenez : liées à la vénération d'un arbre -, que, le 24 juin prochain, j'aimerais vous entretenir, à propos, bien évidemment, du seul palmier-doum, et cela, un peu dans l'esprit, souvenez-vous, de notre rendez-vous du 6 mai dernier, consacré à la laitue.      

 

     A mardi ?

             

 

      (Immense merci à tous ces lecteurs-amis que je sollicite régulièrement pour obtenir des photos d'Égypte et/ou du Louvre : Martine, SAS, Louvre-passion, François, Thierry Benderitter ... ; et, aujourd'hui tout particulièrement, à toi, Marie Louxor, conceptrice d'un blog qui nous fait regarder, autrement, c'est-à-dire au plus proche de la quotidienneté de ta vie là-bas, le pays que tous, ici, nous affectionnons ...)

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

 

AUFRERE  Sydney H.

Les parures végétales du magicien d'après les papyrus magiques grecs et égyptiens. Les palmes, l'olivier, l'ail, l'oignon et le styraxdans Encyclopédie religieuse de l'Univers végétal (ERUV II), Montpellier, Université Paul-Valéry, 2001, pp. 387-93.

  

 

BAUM  Nathalie

Arbres et arbustes de l'Égypte ancienne, OLA 31, Louvain, Peeters, 1988, pp. 92, note 477 ; 106-18 ; 340.

 

 

BEAUVERIE Marie-Antoinette

Description illustrée des végétaux antiques du Musée égyptien du LouvreB.I.F.A.O. 35, Le Caire, I.F.A.O., 1935, pp. 121-2.

 

 

BEAUX Nathalie

Le Cabinet de curiosités de Thoutmosis III, OLA 36, Louvain, Peeters, 1990, pp. 207-9.

 

 

DERCHAIN Philippe

L'aiguade sous un palmier, dans Miettes, § 9, RdE 30, Paris, Klincksieck, 1978, pp. 61-4.

 

 

LORET  Victor 

Étude sur quelques arbres égyptiens. I. Les palmiers d'Égypte, dans Recueil des travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes, Volume 2, Livre 1, Paris, F. VIEWEG Éditeur, 1880, pp. 21-6.

(Librement téléchargeable sur le site de l'Université de Heidelberg.)

 

 

RAFFENEAU-DELILE  Alyre

Description du palmier doum de la Haute-Égypte, ou Cucifera thebaïca, dans Description de l'Égypte, ou recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française, publié par les ordres de Sa Majesté l'Empereur Napoléon le Grand, Volume V : Histoire naturelle, Tome I,  Paris, Éditions de l'Imprimerie nationale, 1809, pp. 53-8.

(Librement téléchargeable sur le site de l'Université de Heidelberg.) 


 

THÉOPHRASTE

Historia plantarum, II, VI, 9, traduction de Victor LORET, Étude sur quelques arbres égyptiens. I. Les palmiers d'Égypte, dans Recueil des travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes, Volume 2, Livre 1, Paris, F. VIEWEG Éditeur, 1880, pp. 21-6.

(Librement téléchargeable sur le site de l'Université de Heidelberg.)   

 

 

Partager cet article

Repost 0
Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
commenter cet article

commentaires

Cendrine 02/09/2014 02:01

En terre de luxuriance on ne peut que se régaler sans jamais être gavés donc on en redemande avec délectation!Ma gourmandise me trahirait-elle?

Les arbres, leur symbolique, leur importance au coeur des civilisations... l'un de mes sujets de prédilection comme je vous l'ai déjà signalé alors je me réjouis.

Merci Richard. Amicalement.

Cendrine

Richard LEJEUNE 02/09/2014 07:10



     La gourmandise, quand elle est à ce point intellectuelle, ne constitue plus un des 7 "péchés capitaux", chère Cendrine, mais bien un sain et
vital besoin.


Presque une vertu ... médicinale. 



christiana 28/06/2014 00:39

La noix-doum bleue est magnifique. Contrairement aux civilisations européennes, les Egyptiens avaient apprivoisé le bleu.
J'ai une amie céramiste qui fait ce genre d'objets qu'elle appelle "cocons". Je vais lui conseiller de venir voir ce blog, cela devrait lui plaire.

Richard LEJEUNE 30/06/2014 08:01



     C'est gentil à toi, Christiana, merci.


 


     Elle sera évidemment la bienvenue ... 



christiana 26/06/2014 15:00

Quelle jolie cuillère-palmier!

J'avais rapporté du Maroc des noyaux de dattes que j'ai plantés à mon retour et j'ai aujourd'hui un petit Phoenix dactylifera de 10 ans sur mon balcon.

Moi aussi je suis intéressée par l'huile de palme car je n'en fini plus de lire les étiquettes quand je vais au supermarché où je fais la chasse à l'huile de palme...

Est-ce que le premier fruit doum bleu de la photo est en céramique?

Richard LEJEUNE 30/06/2014 07:43



     La noix-doum bleue exposée sur l'étagère que j'avais déjà montrée à côté du fruit du mimusops dans l'article précédent, a été réalisée en faïence
siliceuse.


 


     Quant à l'huile de palme, il faudra que je me documente pour savoir ce qu'elle a de particulier à notre époque ...



Aimé Jean-Claude 23/06/2014 12:50

Bonjour Richard

Votre perspicacité vous aura certainement fait remarquer que j’interviens toujours très tardivement… Comme beaucoup de choses cela à une explication, j’aime à lire vos articles, très riches du
reste, accompagnés des commentaires de vos amis lecteurs !
Cela me permet d’approfondir davantage encore les informations que vous partagez…

Je comprends par ailleurs et encore plus en vous lisant l’intérêt de cette dendrolâtrie et particulièrement l’importance des arbres en général quant aux développements des sociétés / cultures
passées… De ce fait, j’en profite pour vous exprimer mon intérêt certain concernant la thématique de votre article de demain…

De plus, je dois vous avouer, que je ne connaissais pas ce passage ou vous parlez de sparterie, de « pieds divins »,… Littéralement passionnant…
J’ai beaucoup aimé aussi le lien que François vous a communiqué : une lecture bien captivante selon moi !

Au plaisir, bien amicalement…

Richard LEJEUNE 24/06/2014 08:02



     Plusieurs opportunités s'offrent aux visiteurs d'ÉgyptoMusée dans la mesure où mes interventions sont publiées avec, - comme un jour l'un d'eux
me l'écrivit -, une redoutable régularité : ou on les lit quasiment dès leur parution, programmée pour minuit : c'est souvent le cas d'Etienne ; ou l'on vient les découvrir après
plusieurs jours, comme vous le faites, comme Fan aussi parfois, de manière à bénéficier des commentaires déposés et des échanges qu'il leur arrive d'entraîner.


 


     Si, évidemment, je prends un grand plaisir à préparer mes interventions, ainsi qu'à les rédiger, - j'aime tant ouvrir le coffre aux trésors
sémantiques de notre si belle langue - les dialogues qu'ils initient me ravissent également car, à maintes reprises, ils débouchent sur de nouvelles données qui viennent accroître l'intérêt du
thème abordé.


 


     Merci pour l'acuité du regard que vous portez sur ce blog.


 


     A bientôt,


     Richard 



Etienne Rémy 18/06/2014 23:30

C'est ce type là:
http://www.graine-de-jardinier.com/images/photos/trachy-fortunei-rendu.jpg

Amicalement,
Etienne

Richard LEJEUNE 19/06/2014 07:32



     Là, je comprends mieux.


     Merci Etienne.


 


     Ils ne sont pas du tout semblables à ceux de la photo d'Antalya, immenses palmiers que l'on voit habituellement, tels que sur la photo que j'ai
proposée en réponse hier à François.



Etienne Rémy 18/06/2014 23:27

Non ceux que j'ai vu en Turquie sont des arbres courts avec des palmes qui sont larges avec plusieurs feuilles par tiges, je n'ai pas de photos sous la main...

Richard, on croirait presque avec ta réponse que tu bosses encore...
Je pense que ton blog est très documenté avec tout le travail qui en ressort en amont bien sûr, mais c'était l'expression que j'ai précitée qui m'a fait sourire, c'est un blog qui prend des
vacances...
C'est plutôt son rédacteur qui les prend.

D'ailleurs je suis bien placé pour savoir ce qu'est le boulot d'un enseignant: puisque ma compagne est professeure des école en France, et de plus en milieu défavorisé!

donc préparation, corrections et dossiers et progression personnalisé des élèves en difficulté/différenciation; je connais bien!
Donc aucune animosité envers ton boulot si sérieux...

Amitiés,
Etienne

Ps: auroons nous le plaisir d'avoir des parutions d'été?
Ce serait bien, j'aimais bien le récit de François, la littérature égyptienne, etc...

Richard LEJEUNE 19/06/2014 08:05



     Oui, comme tu l'écris, Etienne, je "bosse" encore, même si c'est difficile à croire : cela reste immense plaisir pour moi de continuer, après 35
années d'Enseignement, à me documenter et à rédiger ces articles que l'on pourrait, mutatis mutandis, assimiler à des leçons ... 


     Et leur rédacteur part en vacances, certes, mais quand il est en Belgique, il ne peut se passer d'avoir le nez dans ses bouquins d'égyptologie,
et de prendre des notes et encore des notes ... 


     Je dois déjà avoir précisé - ici ou ailleurs - qu'il y a belle lurette que je ne lis plus que des livres d'histoire, philo et des essais ; et
jamais plus de romans (je n'y apprends rien, donc je perds le précieux temps qu'il me reste à vivre) : je me suis définitivement arrêté, ou presque, à Marcel Proust !! Le seul - le dernier ? - à
mon sens, évidemment, qui sache écrire dans une langue belle et impeccable ...


 


     Sache que cette mise au point que j'ai hier rédigée, il m'a fallu la faire à plusieurs moments tout au long de ma carrière face à des personnes,
et bien plus qu'on le pense, qui considèrent les Enseignants comme des fainéants ... 


     Mais pour ce qui te concerne, je n'ai évidemment pas un seul instant cru à une once d'animosité : connaissant parfaitement le statut
professionnel de ta douce et tendre, c'eût été inconvenant de ta part, comme de la mienne !



François 18/06/2014 12:58

Bon, la photo me paraît pourtant bien être un chamaerops et qu'il me semble voir les branchettes oranges subsistant lorsque les fruits sont tombés, mais disons que ce sont mes yeux qui se
trompent...

Probablement !
François

Richard LEJEUNE 18/06/2014 15:35



     Je crois qu'on ne se comprend pas bien, François.





     Je ne nie pas que la cinquième photo nous donne à voir un faux palmier-doum, un chamaerops, arbre nain qui n'excède pas deux mètres : le
cliché ne présente pas un recul suffisant pour me prononcer et, en plus, je ne suis pas expert en la matière.





     Ce que je réfute pour les raisons que j'ai tout à l'heure énoncées, c'est qu'il soit un de ces grands palmier-dattiers semblables à ceux des
avenues d'Antalya comme le pensait ce matin notre ami Etienne ...



François 18/06/2014 10:43

La méprise d'Etienne vient du fait, me semble-t-il du fait que la photo de Marie semble bien, si j'en juge par le régime de dattes un chaemerops, et pas un palmier doum...
Voir ici des photos de doum :
http://vertigo.revues.org/1452

Amicalement !
François

Richard LEJEUNE 18/06/2014 11:08



     Je ne connais pas François l'origine de la méprise d'Etienne, mais je ne te suis pas bien : je n'aperçois aucun régime de dattes sur la photo du
palmier-doum, cinquième document iconographique de mon article, situé en dessous de l'appellation Hyphaena thebaica.


 


     Ce qui, entre autres, distingue les deux arbres, le dattier et le doum, c'est, je le rappelle, le tronc mais aussi la forme des palmes
elles-mêmes ... 


 


     Et, le long des avenues d'Antalya, il ne s'agit absolument pas de palmiers-doum. comme le prouve cette photo.


 


 



Carole 18/06/2014 01:30

De l'importance des arbres dans le développement des civilisations...

Richard LEJEUNE 18/06/2014 08:14



     Vous avez entièrement raison, Carole : et quand, en plus, comme à l'Antiquité, ils sont gros de connotations symboliques, - vous le découvrirez
bientôt -, leur présence dans l'environnement de tout un chacun recelait une immense importance.  



Etienne Rémy 17/06/2014 21:54

Richard,
tu me fais rire:
tu écris que tu vas offrir à ton blog des vacances! lol!
C'est surtout à toi que tu te les offres!!! lol!

C'est de l'humour belge!!!

Amitiés,
Etienne

Richard LEJEUNE 18/06/2014 08:11



    Non, non, cher Etienne, ce n'était nullement de l'humour belge !!


 


     Il faut quand même être conscient qu'un Enseignant, dès la porte de l'école fermée, et à la différence de bien d'autres professions, a encore
beaucoup de travail à effectuer à domicile. Je sais, cela fait souvent sourire les gens qui ne retiennent de nous qu'une certaine image de fainéantise institutionnalisée, à cause, probablement,
des nombreuses semaines de congés - en réalité, de non-présence à l'école, ce qui est loin d'être la même chose ! -, qui émaillent une année scolaire.


 


     D'abord, la préparation de ses cours, s'il les souhaite les plus parfaits qu'il soit possible, requiert énormément de temps pour une recherche de
documents, leur classement, le choix de ceux qu'il retiendra aux fins d'illustrer le thème enseigné, en Histoire, en Français comme en Philo d'ailleurs, et ensuite la rédaction de son
exposé.


Auquel, autre gros travail, il est nécessaire d'ajouter le temps énorme consacré aux corrections des devoirs, des dissertations, des travaux de fin d'année,
etc.


Eh non, on ne lance pas tout cela du haut d'un escalier et l'on n'attribue pas les meilleures notes à ceux qui sont tombés le plus proche de nos pieds !


 


     Il en est de même pour mon blog : t'imagines-tu vraiment que pour présenter ce que je présente, je ne consacre que quelques minutes le lundi
soir, avant la parution prévue pour le mardi matin ???





     Il faut savoir aussi que pour mon confort personnel, pour pallier d'éventuels impondérables, je tiens à ce que soient en chantier au moins trois
ou quatre articles d'avance.





     De sorte que, pour que paraissent mes futures interventions de la rentrée, il me faudra consacrer des jours et des jours de plaisir à les
préparer en bouquinant au maximum et à prendre des notes - au soleil ou à l'ombre du magnolia, je te l'accorde -, puis à les rédiger, les peaufiner pendant ces vacances que "j'offre" à mon blog,
partant à toi, à vous tous, mes lecteurs, sachant bien évidemment que mes propres petits séjours à l'étranger m'éloigneront et de ma bibliothèque et de mon ordinateur ... 


 


     J'espère, cher Etienne, que cette petite mise au point de ma part aura pu te faire comprendre que l'expression que tu as épinglée avec beaucoup
de "lol" ne ressortissait nullement au domaine de l'humour belge mais était ma façon de prévenir de la suite des choses ...


 


Amicalement,


Richard



Etienne Rémy 17/06/2014 21:50

Merci et bonsoir/bonjour Richard!
Le palmier doum tel que montré par ta photo me fait penser à ceux que j'ai pu observé l'été dernier en Turquie(Antalya).

Cet arbre mythique est sinon prisé des égyptiens, mais surtout de nos jours pour moi comme d'autres: le symbole des vacances par excellence avec la mer bien sûr!

Je serais heureux d'en revoir cet été en Crête où je serais dans moins d'un mois! Dès que je descends de l'avion, j'ai comme besoin de les voir!

Je suis impatient aussi de voir son symbolisme mardi prochain dans la suite de tes billets.

Amitiés,
Etienne

Richard LEJEUNE 18/06/2014 07:16



     Bonjour Etienne.


 


     Je pense que tu te trompes quand tu identifies les palmiers des avenues d'Antalya à des arbres-doum, qui eux sont plus petits, ont
génétalement un tronc ramifié, comme je l'ai montré et expliqué hier, alors qu'en Turquie, ils sont beaucoup plus hauts et présentent un tronc parfaitement vertical, les différentes branches de
palmes ne couronnant que la partie supérieure.


     Il faut en réalité prendre garde, botaniquement parlant, de ne pas confondre les différents types de palmiers existant actuellement et de
distinguer aussi ce que les naturaliste appellent le "faux palmier-doum", c'est à-dire un chamaerops, d'un vrai, l'hyphaena thebaica auquel je fais allusion tous ces
temps-ci.


     Pour ce qui concerne la Crète, je ne pourrai me prononcer qu'à mon retour de vacances, fin août ... 


 


     Patience, donc ... comme, d'ailleurs, pour les connotations symboliques que je développerai à partir de mardi prochain.



Louvre-passion 17/06/2014 21:29

Eh bien j'ai appris un nouveau mot : la dendrolâtrie ou la vénération des arbres....

Richard LEJEUNE 17/06/2014 21:50



     Le préfixe grec "dendros, dendron" - arbre - faisait déjà partie de mon vocablaire d'Enseignant quand, avec mes Étudiants, j'envisageais les
méthodes de datation d'objets archéologiques : l'analyse grâce au carbone-14 étant la plus connue, la plus couramment employée, celle que j'enseignais en premier lieu. Puis, quand il s'agissait
de dater des monuments en bois, on employait la dendrochronologie : en effet, le nombre de cercles, de cernes comptabilisé dans une "tranche" de poutre en bois, par exemple, déterminait le nombre
d'années qui nous séparaient du temps où le tronc originel avait été débité ...  



artigue 17/06/2014 14:17

les Egyptiens utilisaient l'huile de palme, aujourd'hui très critiquée, allez vous en parler?
toujours aussi interessant de lire vos articles, bravo
MERCI
JA

Richard LEJEUNE 17/06/2014 21:41



     Bonsoir Jocelyne.


 


     Très heureux de vous retrouver ici.


     Que devenez-vous ?


     Voici un très long temps que je n'ai plus reçu de notification de publication d'articles sur votre blog ...


 


     Merci d'être à nouveau venue me visiter.


 


     Oui, quand j'aborderai les palmiers-dattiers, à près les vacances d'été que je vais offrir à mon blog, partant, à mes visiteurs, j'évoquerai
vraisemblablement les produits dérivés, sachant que les huiles furent essentielles dans certains rituels égyptiens ...


Patience donc.


 


     A bientôt.


     Amitiés,


     Richard 



Présentation

  • : EgyptoMusée - Le blog de Richard LEJEUNE
  • EgyptoMusée  -  Le blog de Richard  LEJEUNE
  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
  • Contact

SI VOUS CHERCHEZ ...

Table des Matières (13-12-2012)

 

METCHETCHI

 

OU

 

Sinouhé - Hiéroglyphes

 

SINOUHE

Ou Encore ...

L' INDISPENSABLE



Les dessins au porte-mines

de Jean-Claude VINCENT

EgyptoMusée est membre de

Pages