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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 23:00

 

   Après avoir rencontré, au fil des articles de ce blog, l'un ou l'autre cartouche contenant un des noms de Pharaon, il m’apparaît maintenant opportun de quelque peu m' y attarder et de tenter d'expliquer le plus clairement possible quelques notions d’onomastique concernant le souverain d’Egypte.

 

     Au préalable, je tiens à mettre en évidence le fait que dans l’Egypte antique, pour tout un chacun, porter un nom signifiait non seulement avoir une identité, mais aussi et peut-être surtout être reconnu comme existant, comme "étant" (au sens heideggérien du terme, c'est-à-dire en tant que réalité vivante, par opposition à toute notion abstraite de l'être).

     Ainsi, par exemple, lors des guerres menées hors territoire égyptien, la crainte suprême de tout soldat était de mourir inconnu, ignoré en terre étrangère. Point d’Au-delà possible pour lui si son corps, même rapatrié sur le sol natal, n’était pas assorti de son identité précise.

 

     Pour le souverain, héritier du démiurge, cette notion revêtait une importance évidemment capitale : l’anonymat étant vocation au néant, cela eût été dans son cas tout simplement inconcevable. Cela lui aurait surtout dénié l’exercice de la royauté terrestre et, partant, aurait perturbé le bon fonctionnement du pays tout entier.

 

     Dès lors, au moment de son intronisation, Pharaon recevait trois noms qui définissaient, en plus de ceux des deux cartouches, sa personnalité en rapport avec les dieux et les déesses du pays; l'ensemble de ces cinq noms, chacun précédé d’un titre, constituant ce qu'en égyptologie on appelle la "Titulature royale".

 

     Mais avant de l’expliquer, une petite mise au point me semble nécessaire.

     Le terme pharaon ne fut inventé et appliqué au souverain de manière métonymique par les Grecs qu'à partir du Ier siècle avant notre ère : il provient de la vocalisation des hiéroglyphes "per ", grande maison, que l’on peut traduire par palais royal.

 

     Par parenthèses, il est à remarquer que ce type de synecdoque a perduré dans la langue française notamment, non plus comme procédé de style, mais dans un emploi tout à fait courant : ne dit-on pas encore de nos jours, en Belgique, par exemple : "Le Palais a annoncé la naissance de ..."; ou en France "L’Elysée préconise ..." ?


     Revenons à présent, ami lecteur, aux cinq noms royaux dont disposait tout monarque égyptien.


1.  Le premier d'entre eux , le nom d'Horus,

plaçait le souverain sous la protection de l'oiseau sacré, patron de la ville d'Hiérakonpolis d'où le premier roi, Narmer, était originaire; et ainsi l'identifiait à Horus lui-même.
                                 

Dans la transcription hiéroglyphique, l'oiseau Horus est placé au-dessus d'une représentation du mur d'enceinte protégeant le palais royal, à l'intérieur duquel figure le nom du pharaon.


2. Avec le deuxième, le nom de "Nb.ty", les "Deux maîtresses",

le roi était sous la protection des déesses tutélaires des deux royaumes primitifs : Nekhbet, le vautour blanc de Haute-Egypte et Ouadjit, le cobra de Basse-Egypte. En tant que telles, elles personnifiaient les couronnes blanche et rouge représentant les deux parties du pays. Dès lors, Pharaon était considéré comme régnant sur l'Egypte unifiée.


3. Le troisième, le nom d'Horus d'or, (composé du signe du faucon, personnification de Rê, et de celui du collier d'or réunis en un monogramme), liait la personne royale à celle de l'Horus solaire et céleste.


4. Le quatrième nom, (souvent appelé prénom ou nom de règne ou de trône), celui de "Nesout-bity"   (= "Celui du Roseau et de l'Abeille", que nous traduisons par "Roi de Haute- et Basse-Egypte"), entouré d'un premier cartouche, assimile le roi à la faune et à la flore symboliques de chacune des deux parties de son royaume : le roseau, pour la Haute-Egypte et l'abeille pour la Basse-Egypte. Et tout comme l'épiclèse constituant le deuxième nom ("Celui des Deux Maîtresses "), ce titre affirme donc la souveraineté de Pharaon sur l'Egypte unifiée.

     Rappelons que l'on appelle "cartouche" un ovale représentant une boucle de corde nouée à l'une de ses extrémités ressemblant à une petite barre rectiligne. Le terme "chenou" qui le désigne en égyptien ancien dérive en fait d'un verbe qui signifie "encercler". Il faut ainsi comprendre que les deux derniers noms du souverain inscrits dans ce graphisme permettent non seulement d'être clairement isolés, donc de mettre Pharaon en évidence, mais aussi de symboliquement le qualifier de "Maître de ce que le disque solaire entoure".
 

5. Enfin, dans le deuxième cartouche, le dernier nom, son nom de naissance, celui de "Sa-Rê = Fils de Rê ", (le hiéroglyphe du canard  = "Fils de" et celui du soleil = "Rê") met à nouveau le roi à partir de Chéphren, en relation intime avec le soleil, la grande puissance cosmique de l'univers. Des cinq noms, c’est celui-ci qui est passé à la postérité, devenant ainsi le plus connu du public.

 

 

L'idéologie de la titulature royale peut donc se réduire à deux concepts :


* Pharaon règne sur la Haute et la Basse-Egypte unifiées;
* Il s'intègre dans les deux cycles mythiques de la royauté divine : celui de Rê et celui d'Horus.


     Pour conclure, et donner un exemple précis, voici la traduction de la titulature complète de Ramsès II :


Horus "Taureau victorieux, aimé de Maât";
Les Deux Maîtresses "Celui qui protège l’Egypte et soumet les pays étrangers";
Horus d’Or "Riche en années, grand de victoires";
Celui du Roseau et de l’Abeille  "Rê est puissant quant à Maât, l’élu de Rê";
Fils de Rê "Ramsès aimé d’Amon".


     Cette titulature, vous pouvez bien évidemment la retrouver, ami lecteur, sur bon nombre de monuments égyptiens, de Karnak à Abou Simbel. Mais, sans aller si loin, vous avez failli la découvrir dans la Cour Carrée du Musée du Louvre. En effet, quand il s'est agi de déterminer l'emplacement que l'on allait réserver à l'obélisque occidental de Louxor offert à la France de Charles X par Méhémet Ali, au XIXème siècle, maints palabres constituant le corps même d'une virulente polémique menée tant dans la presse, que dans les ministères, dans les milieux savants et devant les Chambres par les tenants de l'une ou l'autre proposition, aboutirent en définitive - et après une consultation populaire - à choisir le site de l'ex-place Louis XV, à savoir la Place de la Concorde actuelle pour y ériger l'imposant monument.

     Traversons donc le Jardin des Tuileries, et rendons-nous (avec prudence, eu égard à la circulation ...) sur cette place, à l'entrée des Champs-Elysées 




pour y lire, sur les quatre faces de l'obélisque, les cinq noms de Ramsès II qui se terminent par les deux cartouches évoqués ci-dessus.

     J'ai choisi, tout à fait arbitrairement, de vous proposer ici la face Nord du monument, côté église de la Madeleine. 

               

              

 

 

  












     Avant de terminer mon article par quelques notions d'épigraphie, je voudrais attirer votre attention sur le fait que les points cardinaux que l'on attribue à chacune des faces de l'obélisque ne font en rien référence à la géographie parisienne, mais sont en rapport avec les orientations primitives que connaissait le monument devant le temple de Louxor. En effet, les inscriptions gravées en creux sont indissociables de certaines actions royales; et le parcours solaire du roi est ici décrit d'est en ouest, en passant bien sûr par les faces Nord, Est, Sud et Ouest, avec une suite on ne peut plus logique : doter le domaine d'Amon, vaincre les pays étrangers, construire des monuments ... Rien que du "classique" ! 

     En outre, la face Ouest, tournée vers la nécropole, regardait le temple funéraire de "millions d'années" qu'elle mentionne dans son inscription médiane. Aucune improvisation, donc, dans le choix des points cardinaux pour désigner les faces de cet obélisque.

     Ceci étant précisé, concentrons-nous sur le texte proprement dit des colonnes latérales, que nous allons lire de haut en bas. Vous aurez préalablement remarqué, ami lecteur, qu'elles sont exactement semblables.


1.   Deux  cartouches se succèdent. En fonction de ce que je viens d'expliquer, vous pouvez donc tout naturellement en déduire que vous êtes en présence des deux derniers noms de la titulature de Pharaon.

2.   Qu'aperçoit-on avant chacun d'eux ? Le hiéroglyphe du roseau et celui de l'abeille pour le premier; celui du canard et du soleil pour le second.          

    

     Si vous vous reportez aux explications ci-dessus, vous avez déjà compris que, précédant le premier cartouche, vous lisez le titre de Roi de Haute -, et Basse-Egypte, puisque chacun des deux hiéroglyphes symbolise chacune des deux terres constituant, après la réunion par le premier souverain, l'ensemble du territoire sur lequel Ramsès règne en maître.

 

     Et que, précédant le deuxième cartouche, vous avez le titre de Fils de Rê : il s'agit donc du nom attribué à la naissance.

3. Analysons l'intérieur du premier cartouche, de haut en bas et de gauche à droite :

* Le soleil, personnifiant , bien évidemment (tous les cruciverbistes ne peuvent décemment l'ignorer !)  
* La tête et le cou d'un animal : hiéroglyphe qui se lit ouser et signifie "être puissant".
* Un personnage assis, une plume sur la tête : il s'agit de la déesse Maât.

Remarque : Même s'il ne se lit pas en premier, le nom d'un dieu, notamment dans un cartouche, se place toujours en tête : c'est ce que l'on appelle l'antéposition honorifique. 


     L'ensemble, ici, se lit donc : Ouser-Maât Rê et signifie "Rê est puissant quant à Maât", autrement dit "Puissante est la Maât ( la Justice) de Rê" ...

      Ensuite, trois autres hiéroglyphes :

* A nouveau le soleil, ;
* Une herminette entaillant un petit morceau de bois, hiéroglyphe se lisant setep et qui signifie "choisir";
* Enfin, un filet d'eau (= ligne horizontale ondulée) se lisant "n".

 

     L'ensemble donne donc Setep-n-Rê (= l'Elu de Rê)

     Vous avez à présent tout en mains, ami lecteur, pour déchiffrer le premier cartouche, le nom de trône de Pharaon : Ouser-Maât-Rê -  Setep-n-Rê.   

4. Analysons ensuite le second cartouche, celui précédé de Fils de Rê (canard + soleil) :

* Deux personnages assis se font face : à gauche, Rê, reconnaissable au disque solaire sur la tête et qui se lit ici Ra; à droite, le dieu Amon, reconnaissable, quant à lui, aux deux rémiges sur la tête et qui se lit Imen.
* En dessous, le signe du canal rempli d'eau qui se lit mr, ou méri quand il s'agit, comme ici, de transcrire le verbe "aimer" .
* Trois hiéroglyphes pour terminer : 
- à gauche : le tablier fait de trois peaux attachées ensemble, qui se lit mès et qui signifie "mettre au monde, donner naissance";
- au centre, l'étoffe pliée, qui se lit s;
- à droite, enfin, le jonc (ou le roseau), symbole de la Haute-Egypte, qui se lit ici sou.

     Il ne vous reste plus qu'à assembler le tout : Ra-mes-s-sou - meri-Imn (ce qui signifie "Rê l'a fait naître, aimé d'Amon); ce Ra-mes-s-sou qu'à la suite des Grecs, l'on traduit définitivement par Ramsès.

     Pas plus compliqué que cela ...

 


(
Budge : 1978Faulkner : 1986 ; Gardiner : 1927 ; Grandet/Mathieu : 1990 ; Laboury : 1992, 21-7 ; Lalouette : 1985, 26 ; Lefebvre : 1955Menu :1987)

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commentaires

Cat 11/06/2008 11:02

Vous avez raison ce n'est pas aussi simple...

cat 10/06/2008 16:36

Voilà la boucle est bouclée quant aux explications concernant le rôle exact du canard. Celà m'énerve toujours de voir un monument (là l'obélisque) placé ailleurs que là où il se trouvait à l'origine...

Richard LEJEUNE 10/06/2008 21:05



Là, Cat, beaucoup de choses à dire que je vais volontairement résumer, quitte à y revenir par la suite; et pourquoi pas sur votre blog ?

1. Pour ce qui concerne le canard, et son "emploi" dans la titulature royale, vous avez effectivement raison, je pense avoir bouclé la boucle.

2. Le principal de ma réponse consiste en ce problème - énorme - que vous soulevez : faut-il oui ou non accréditer les "déplacements" de monuments, les "apports" d'oeuvres d'art dans nos villes,
ou nos musées occidentaux ?
Vols ou mise en meilleures conditions de préservation, d'exposition ?

C'est une question vaste, sur laquelle d'autres bien avant nous se sont déjà penchés. Sans solution, à mon avis ... Mais le débat, suprêmement intéressant, reste ouvert ... 

Un exemple : Mélina Mercouri, alors Ministre de la Culture du gouvernement grec, réclame à Margaret Thatcher les Caryatides du Parthénon "exilées" de Grèce au XIXème siècle et exposées
au British Museum. La Dame de Fer refuse de les restituer ...

Les Caryatides "anglaises" sont dans un état impeccable, car dans des conditions d'exposition muséales de premier ordre. En revanche, celles restées à Athènes sont en réfection dans un
atelier d'un musée grec tellement elles ont été rongées par la pollution inhérente à la ville.

Que faut-il en déduire ? Le "vol" a-t-il profité à l'art proprement dit, d'un point de vue de conservation, d'un point de vue esthétique ? A-t-il, au contraire (ou aussi) profité à la
Grande-Bretagne, économiquement parlant  (prix d'entrée au Bristish ...)

Vaste et excellente question que vous soulevez là, Cat ...  



Louvre-passion 17/05/2008 18:52

Cet article m'a d'autant intéressé que je m'intéresse aussi au sujet. Ce que tu écris à le mérite de préciser certains points dont le nom d'Horus d'or. Ce que j'avais lu jusqu'à présent comme explications était un peu elliptique. Donc merci pour tes précisions.

colette 11/05/2008 21:32

Merci, Richard 'être venu faire une promenade "Parisienne" sur mon blog. Malheureusement je ne suis pas assez cultivée pour venir souvent consulter le votre, qui est si savant. Je m'y sens un peu perdu, pourtant je suis allée en Egypte et cette civilisation m'a toujours interessée. je vais essayer de faire des efforts, mais je suis si lasse que parfois j'hésites à me lancer. Bonne continuation.Colette

Richard LEJEUNE 12/05/2008 09:05



C'est toujours un plaisir de visiter votre blog, Colette, et je pense que vous ne l'ignorez pas ...
Quant au mien, qui n'est point savant, mais modestement didactique, vous savez aussi que vous y êtes la bienvenue, à votre meilleure convenance, à votre rythme ...

Amicalement

Richard



Laurent Morancé 10/05/2008 14:22

Je reviendrai d'autant plus - et d'autant plus souvent -, cher Richard, que, grâce à vous, oui, grâce à vous, j'ai eu envie de me documenter
" un peu " sur la question.

Aussi, dans ma librairie de prédilection, j'ai tapé au hasard pour tomber sur le " Guide de l'Égypte ancienne " de Jean-Claude Golvin (Edition Actes Sud Errance, 2002)...

Je ne sais absolument ce que ça " vaut ", mais bon, j'ai bien commencé ma carrière de lecteur par " Martine à la ferme " et
" Martine aux sports d'hiver "...

Bon week end. Sous le soleil exactement.

Richard LEJEUNE 12/05/2008 09:01



Bravo Laurent !
Vous n'avez certes pas choisi n'importe qui : J.-Cl. Golvin, au tout début des années nonante, a publié avec deux autres collègues éminents égyptologues, aux mêmes éditions Errance, trois
ouvrages remarquables intitulés L'Egypte restituée (malheureusement assez onéreux à l'époque) dans lesquels pour la première fois une iconographie extrêmement originale (des restitutions
perspectives à l'aquarelle de toute beauté) offrait le visage que présentèrent, dans leur intégralité, sites et temples égyptiens antiques.
Et ce, sur base des dernières découvertes archéologiques mises au jour au moment de la conception des trois volumes, associées, pour les parties de monuments disparus, voire détruits, aux
descriptions proposées par les ouvrages anciens.
A cette série, il manqua longtemps un guide de l'Egypte conçu sur les mêmes bases de travail : il fut publié au début de ce siècle, c'est celui que vous avez acquis.

Dès lors, pour une première approche, vous auriez pu tomber bien plus mal; du style, par exemple, de : Christian Jacq et Cléopâtre aux bords du Nil ou Christian Jacq à la
montagne (thébaine) ...  

Si l'occasion vous est donnée de lire la réponse que j'ai rédigée pour le commentaire de Laurent ci-dessus, vous aurez compris combien votre démarche me touche et me fait grandement
plaisir.

Cordialement

Richard  



la dilettante 10/05/2008 02:31

Lorsque l'on visite le temple de Louxor, le guide précise bien que l'obélisque a été offert à la France et n'est pas un trophée de guerre, de pillage comme pour d'autres pays.
Bravo pour les détails.

Richard LEJEUNE 12/05/2008 09:18



C'est tout à fait exact. Il faut bien évidemment distinguer ceux des obélisques qui sont arrivés en Europe dès l'Antiquité (en Italie, par exemple où ils se situent
dans leur plus grande majorité) et ceux qui, comme Paris, Londres ou New York ont "émigré" au XIXème siècle : les motivations sont parfaitement différentes.

Merci pour cette première visite.

Richard



Alain 08/05/2008 11:19

Que de mots inconnus qui m’invitent à ouvrir souvent le dictionnaire : onomastique, démiurge, synecdoque...
Pas plus compliqué que cela… C’est ta dernière phrase. Elle est bien bonne ! Ah ces savants !...
Je ne sais pas si tout le monde suit mais, de toute façon, on s’instruit grâce à toi.
Je regarderai l’obélisque d’un œil différent dorénavant. Je dirai à ma femme : « je vais t’expliquer comment on lit un cartouche ». Quelle fierté !

Richard LEJEUNE 09/05/2008 12:09



Savant ? Certes non, Alain. Je réfute. Catégoriquement.

Sachant. Je préfère.
Sachant manier une langue, la nôtre, riche et superbe, et que j'ai enseignée pendant plus de trente ans en parallèle avec l'Histoire.
En parallèle ? Non, erreur de ma part. En priorité, serait-il bien plus correct d'écrire, estimant que tous les Enseignants, quels qu'ils soient, de quelque discipline qu'ils se prévalent sont
d'abord et avant tout des professeurs de français.
Sachant transmettre une passion. Oui, on me l'a souvent dit.
Sachant aussi donner le goût de la recherche personnelle à ceux qui, d'aventure, ne se contentaient pas de mes cours.
Sachant, enfin, qu'il est plus intéressant de faire rêver à partir de l'Histoire que d'obliger des générations d'Etudiants à apprendre des dates ou des listes de pharaons bêtement par coeur.
Sachant (peut-être), mais aimant (par dessus tout) enseigner; aimant voir briller les yeux des jeunes qui découvraient une civilisation; aimant, en définitive, ce qui ne fut jamais un
métier, un travail (au sens étymologique du terme) : aimant être simplement un passeur de mémoire.
Ce que, aujourd'hui retraité, ce blog, éminemment didactique, je te le concède (et je le veux d'ailleurs ainsi), me permet encore de faire, à mon rythme hebdomadaire, sans aucune obligation
de contrôler qui que ce soit, sans aucune obligation de faire passer un examen.

Quoique ... Car, à te lire, Alain, je pense que cet "examen", tu le vivras sans vraiment t'en rendre compte le jour où, à ton épouse, tu expliqueras la lecture du cartouche de Ramsès II
sur une des faces de l'Obélisque. Et dans ses yeux émerveillés, tu y liras de l'admiration. Cette admiration que quelques-uns de mes Etudiants, jadis, ont lue dans les miens quand, fiers, ils
m'annonçaient que je leur avais "transmis le virus" et qu'ils entreprenaient des études universitaires qui d'Histoire, qui d'Egyptologie ...
Passeur de mémoire. Passeur de flambeau.

A toi maintenant ...

Cordialement
Richard



Laurent Morancé 07/05/2008 16:13

Dois-je vous dire que l'égyptologie et moi ça fait deux...

Mais je me dois d'ajouter, pour être complet, que cette fameuse égyptologie vous vous efforcez de la " démomifier ", de la vulgariser, sans, pour autant, sombrer dans la vulgaire égyptomania.
Eh bien, pari réussi ! D'autant que votre science fait très bon ménage avec votre élégance...

Bref, ici et maintenant, je savoure vos pages en fumant une Dunhil (mauvais jeu de mot)...

Richard LEJEUNE 09/05/2008 12:21



Merci à vous Laurent d'être passé jeter un coup d'oeil : c'est d'autant plus "méritoire" qu'à vous lire, il me semble que vous n'êtes pas nécessairement
sensible, à tout le moins au premier chef, à l'art égyptien.
Mais si, d'aventure, j'ai pu, par cet article, retenir votre attention au point que vous en savouriez le contenu (en même temps que votre cigarette), et si, de surcroît, je vous ai
peut-être donné l'envie d'y prochainement revenir, j'aurai, à mille lieues de tout prosélytisme, modestement rencontré un de mes objectifs.
Que vouloir de plus ...

A bientôt ?     

Richard



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