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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 00:00

    
     Les plus fidèles d’entre vous se souviendront assurément que j’ai consacré, le mardi 11 novembre, un premier article à la vitrine 2 de cette salle 4 dédiée aux travaux des champs, dans le Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre; vitrine dans laquelle, colossale, trône la table d’offrandes d’Akhethetep.

 

     J’ai aussi précisé, dans ce même article, que c’en serait un second - celui d’aujourd’hui, donc - qui vous détaillerait, ami lecteur, la série d’ustensiles, réels cette fois, disposés sur le petit muret à l’arrière, identiques et ressortissant aux mêmes fonctions rituelles que ceux gravés sur l’imposante table de granit d’Akhethetep.

     Sous l’Ancien Empire, les rites du culte des morts se déroulant devant la stèle "fausse-porte" utilisaient différents objets posés à proximité. Etant essentiellement d’ordre alimentaire, ce culte se référait au repas traditionnel des Egyptiens, lequel requérait tout un nécessaire de table typiquement oriental : aiguière et bassin de métal pour se laver les mains avant et après avoir mangé; natte rectangulaire sur laquelle étaient déposés les aliments ou table ronde (en bois, à l’origine) à même le sol ou sur un pied selon que l’on se nourrissait accroupis ou assis; récipients divers, en terre cuite, en pierre ou en métal, pour contenir aliments et boissons, voire même des parfums et enfin des coupes rondes en forme d’auges.

  
   Mais qu’elle soit en métal, en pierre ou en céramique comme ici, cette vaisselle utilisée quotidiennement dans la vie d’ici-bas fut fabriquée à l’échelle et stylisée à l’usage des chapelles funéraires des tombeaux, dans lesquels on la retrouve en abondance.
Celle qui nous occupe aujourd’hui, et bien que n’ayant pas appartenu au mastaba d’Akhethetep, est néanmoins parfaitement représentative de son époque : l’Ancien Empire.

     Les différents ustensiles du culte alimentaire destiné à un défunt présentés dans cette vitrine sont encadrés par deux guéridons semblables, la hauteur mise à part, en terre cuite et supportant chacun une coupe différente.

                                                                  
    
















     Cette céramique qui, aux époques protohistoriques occupait une place importante dans le mobilier funéraire, perdit manifestement sa primauté aux deux premières dynasties de l’Ancien Empire pharaonique, époque dite "thinite". N'étant plus considérée comme précieuse, elle cessa, par la même occasion, d’être décorée. Raison pour laquelle nos deux coupes, N 928 B à l’extrémité gauche (semblable à la coupe exposée seule que j’examinerai un peu plus loin) et N 928 A à l’extrémité droite, coupe un peu plus haute, plate et large, légèrement incurvée, quelque peu renforcée dans sa partie inférieure par un mince bourrelet et au pied large et plat lui aussi, peuvent paraître assez frustes.

     Modelées à la main par un artiste céramiste qui se servit du limon du Nil pour leur fabrication, elles ont été légèrement cuites, puis lissées soit à la main toujours, soit avec un caillou, et enfin polies.

     Posées sur des pieds en cône tronqué, l’un, E 3 286 à gauche plus haut que l’autre, N 1 390 à droite, légèrement cintrés, évasés à la base ainsi qu’au sommet, ces deux récipients formant ainsi avec leur support une sorte de petit autel, pouvaient non seulement contenir des aliments, mais aussi, quand ils étaient en métal, servir de brûle-parfum : on y déposait en fait des petits morceaux de charbon de bois incandescents sur lesquels étaient étalées des boulettes odoriférantes d’oliban ou de gomme arabique.

     Si chez les Grecs et les Romains, beaucoup plus tard, l’origine de ce guéridon est l’autel domestique qui, dans chaque demeure, constituait le centre même du culte familial, en Egypte, à l’Ancien Empire, cet autel est de nature simplement utilitaire : c’est l’objet servant à recevoir l’offrande alimentaire destinée aux particuliers défunts ou, dans les temples, aux dieux. Dans ce dernier cas, d’ailleurs, la cérémonie de la présentation des offrandes par les prêtres, aussi importante soit-elle, ne constituait en rien l’essentiel du culte rendu à la divinité.

     A même la table d’offrandes d’Akhethetep, souvenez-vous, ami lecteur, ces coupes, une douzaine, étaient figurées par des cercles concentriques gravés en saillie sur la partie supérieure et les guéridons les supportant apparaissaient sur la tranche antérieure, face à vous, pour trois d’entre elles à tout le moins.

   
     Mais revenons aux objets exposés dans la vitrine 2 entre les deux autels de terre cuite.

   

     Le premier, à gauche, est un superbe plateau à offrandes, N 1 091, en albâtre veiné, d’une hauteur de 10, 30 cm et d’un diamètre de 41, 80 cm. Il se compose en fait de deux éléments distincts, mais taillés dans le même bloc de pierre : un disque/plateau et son support, un pied peu élevé.

     La vaisselle en pierre de l’Ancien Empire, de toutes formes : vases, poteries, plats ou coupes comme évoqués ci-dessus, faisait partie d’une production artistique déjà présente au Vème millénaire A.J.-C., c’est-à-dire aux derniers moments de la préhistoire égyptienne. Ceci étant, les savants estiment que la période d’apogée se situe bien à l’époque thinite, soit approximativement de 3 000 à 2 650 A.J.-C. dans la mesure où, à partir de la IIIème dynastie, les artisans ne parvenant pas à se départir de l’influence de leurs prédécesseurs, n’inventèrent aucune forme vraiment neuve. De sorte que cette production devint plus conventionnelle.

     Il n’en demeure pas moins que ce que l’on nomme "albâtre égyptien", semi-translucide et magnifiquement veiné, de la calcite en fait, pour bien le différencier de l’albâtre véritable, agrégat de gypse au grain très fin, (certains égyptologues emploient aussi les termes d’aragonite, ou de travertin), constitua le matériau essentiel de l’élaboration de ces pièces.

     Les artistes trouvaient cette calcite dans les zones plus calcaires du désert à l’est du Nil, de l’Ouadi Garraoui, au sud du Caire, jusqu’à Assouan; le plus célèbre endroit étant les carrières d’Hatnoub, près de Tell el-Amarna en Moyenne-Egypte.

     Dois-je ici insister sur la grande habileté de l’artisan qui, à l’époque, a réalisé, à partir d’un seul bloc d’albâtre, un objet aussi épuré ? Et que dois-je choisir pour conclure : écrire que la simplicité de sa forme a traversé les siècles et que semblable plat pourrait très bien encore figurer parmi notre vaisselle contemporaine sans y être le moins du monde anachronique ? Ou avancer que c’est précisément cette simplicité toute de délicatesse qui a inspiré des artistes contemporains pour créer, par exemple, ces plateaux que l’on rencontre aux devantures de nos pâtisseries ?

     J’ai eu l’occasion, mardi dernier, de spécifier que ce type de plat, sans rebord, très courant aux deux premières dynasties, fut vite remplacé par les tables d’offrandes en pierre et ce, pour une question d’écoulement plus contenu des liquides. Toutefois, je dois à la vérité d’ajouter que fut retrouvé, voici plus de 70 ans, par la Mission franco-polonaise fouillant à Edfou, dans la tombe d’un certain Isi, un plateau tout à fait semblable - sauf qu’il est en diorite -, mais, surtout, datant de la VIème dynastie, c’est-à-dire de 500 ans après celui-ci. Ce qui me permet d’épingler un important élément des études historiques : toute nouvelle découverte archéologique peut toujours permettre de revoir, de réactualiser les théories anciennes que l’on aurait, à tort, pu considérer comme immuables.

     A la droite de ce plateau, dans la vitrine, je vous propose de m’arrêter un peu plus longuement sur l’objet qui, à mes yeux, paraît être le plus intéressant, parce que le seul qui ne soit pas anépigraphe : un petit bassin à offrandes en calcaire, E 653, de plan rectangulaire, d’une longueur de 18, 2 cm pour une largeur de 14, 4 cm, et de seulement 6, 2 cm de haut dans lequel, en contre-bas, est évidée une cuve aux parois obliques, elle aussi rectangulaire, qu’encadrent deux rebords.

     Il était destiné à contenir l’offrande liquide, bière, vin ou miel, versée pour le repas funéraire.

 

     Si la première margelle, immédiatement au bord de la petite excavation, est dépourvue d’une quelconque inscription, la seconde, un peu plus haute et beaucoup plus large a reçu d’un lapicide, sur l’ensemble des quatre côtés, un texte gravé en creux dont les signes hiéroglyphiques se lisent absolument tous de droite à gauche.

     En l’absence d’un cartel détaillé, Prière pour la dame Ptahméret, est-il sans plus indiqué, je me suis amusé à en faire une traduction globale, pour très vite me rendre compte que nous sommes en présence d’une formule d’offrande funéraire (presque) tout à fait classique.

     Le texte se lit ici partout de droite à gauche, ai-je à l’instant précisé : rappelez-vous que je vous avais précédemment expliqué que pour connaître le sens de lecture d’un ensemble de hiéroglyphes égyptiens, il fallait partir en direction de la tête des personnages ou des animaux. Ici, il commence en haut à droite et se poursuit vers la gauche de cette partie supérieure horizontale, descend verticalement sur la margelle de gauche du bassin et se poursuit par le signe qui semble entamer la ligne horizontale inférieure, une dame assise et respirant une fleur de lotus : ce hiéroglyphe constitue un déterminatif qui s’accole au nom de la dame pour laquelle la prière fut écrite.


    









     Ensuite, il nous faut reprendre la lecture sur le rebord vertical de droite, descendre et lire, toujours de droite vers la gauche, ce qui est gravé sur le grand côté horizontal inférieur du bassin en s’arrêtant évidemment aux trois signes placés les uns au-dessus des autres juste avant la dame assise qui terminait la phrase précédente. Vous remarquerez d’ailleurs ci-dessus que l’espace vide est plus large entre ces deux cadrats que partout ailleurs.
 

     (Petite parenthèse pour simplement signaler que les égyptologues philologues ont donné le nom de cadrat à un ensemble de hiéroglyphes que l’on pourrait très facilement faire entrer dans un carré fictif; les scribes de l’époque ayant vraisemblablement recherché cette harmonie plutôt que graver n’importe où n’importe comment. Cela s’aperçoit sans peine quand deux, voire trois hiéroglyphes sont disposés verticalement. Ici, par exemple, les deux derniers ensembles constituent chacun une expression bien distincte : à droite ci-dessus, le soleil et la corbeille signifient "chaque jour" et le groupe formé par le serpent au-dessus du pain et du signe horizontal précédant immédiatement la dame assise respirant la fleur de lotus se traduit par "éternellement".)


     Reprenons donc notre lecture par les trois premiers signes de cette invocation, dans le coin supérieur droit : l’ensemble constitue le début de toute formule de ce type, que les égyptologues translittèrent par "htp di nsw" ("hétep di ni-sou") et qu’ils traduisent par : "Offrande que donne le roi ...".
 
     En fait, si l’on y regarde de plus près, on constate que le tout premier signe est bien le jonc des marais qui signifie "roi (de Haute-Egypte)", suivi du pain sur la natte qui est le signe de l’offrande, puis du triangle qui est une des formes conjuguées du verbe "donner". En toute logique, je devrais donc traduire cette suite de signes par "le roi offrande donne ...".

     La première position que l’on fait ici occuper par le hiéroglyphe symbolisant le roi, cette inversion respectueuse de signes, constitue ce qu’il est convenu d’appeler une métathèse de respect.

     L’ensemble qui suit figure le dieu Anubis sous la forme d’un chacal assis sur un monument : le roi fait donc offrande à un dieu, qui pourrait tout aussi bien être Osiris, que Ptah, que Min, etc., afin qu’il pourvoit à notamment l’alimentation du défunt. La formule commence donc tout naturellement par les termes : "Offrande que donne le roi à Anubis ..."

     La propriété totale de l’Egypte revient à Pharaon. Lui seul est de ce fait habilité à donner quelque chose. Au tout début de l’histoire égyptienne, le roi, voulant récompenser soit des courtisans nobles, soit des hauts-fonctionnaires zélés avait pris l’habitude de leur accorder de nombreux privilèges : ce pouvait être, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’expliquer, la permission de se faire construire un mastaba à proximité de la pyramide royale; mais ce pouvait aussi plus simplement consister en un objet que le défunt avait l’autorisation d’emporter avec lui dans l’au-delà.

     Avec le temps, avec surtout les restrictions budgétaires déjà évidentes à certaines époques de l’histoire égyptienne, les privilèges régaliens disparurent petit à petit. D’où l’évolution de la formule d’offrandes : le roi fait une oblation à un dieu pour que celui-ci la rétrocède au défunt.

     En plus de l’offrande alimentaire, nous lisons, toujours sur la margelle supérieure, qu’il est demandé à Anubis, qui préside au sanctuaire divin, de permettre au défunt de recevoir une belle sépulture dans la nécropole; et dans la colonne de gauche, que ce défunt est appelé "bienheureux" auprès du grand dieu : si les égyptologues traduisent aussi volontiers par "pensionné", c’est parce que ce titre relativement courant signifie que le défunt avait été sous la protection de Pharaon (le "grand dieu" en question), voire subsidié par lui sous forme d’une pension reçue.

    
     Enfin, les sept derniers signes qui terminent ce passage, juste avant le déterminatif de la dame assise respirant une fleur de lotus qui nous prouve qu’il s’agit bien d’une défunte, nous donnent son nom : Ptahméret. (= Aimée de Ptah)

    


     De l’autre côté du bassin, sur la margelle verticale de droite, en dessous des trois signes "htp di n sw", analysés ci-avant, la phrase commence par ce que les égyptologues translittèrent "prt-xrw" ("péret kérou"), qui littéralement signifie "sortie de la voix" et que l’on traduit habituellement par "offrande verbale", signe suivi du hiéroglyphe du pain et de celui de la jarre de bière. Ce qui donne : "Offrande verbale constituée de pain, de bière ..." , etc.


     Enfin, au bord inférieur, nous apprenons qu’il est demandé qu’une attention particulière soit réservée à notre défunte lors, notamment, de la Fête de Thot en plus de l’offrande qu’elle doit recevoir chaque jour, pour l’éternité; ces deux groupes de signes, comme je l’ai souligné plus haut, clôturant la prière gravée sur le pourtour de ce petit bassin à offrandes.


     Vous remarquerez, pour en terminer avec cette partie philologique de mon article d’aujourd’hui, l’élégante façon dont le lapicide s’est joué de la difficulté qu’il a dû rencontrer pour faire se poursuivre le texte tout autour de la cuve, tantôt horizontalement, tantôt verticalement, et sans changer l’orientation des hiéroglyphes.

 






     A la droite de ce bassin de calcaire, une coupe E 16 581 de 31 cm de diamètre provenant des fouilles franco-polonaises d’Edfou (que j’ai mentionnées ci-avant). En terre cuite vernissée rouge, fort semblable à celle posée sur le premier guéridon de cette succession d’ustensiles funéraires, elle se caractérise par un fond évoquant un chapeau chinois et par un bord, en ruban rentré, posé sur des épaules en légère saillie.     

 

     Et enfin, juste avant le dernier guéridon de droite auquel j’ai fait allusion en début d’article, un ensemble très important du rite de purification, imitant en fait un nécessaire de toilette en métal : une aiguière pour verser l’eau (N 935) posée dans un récipient prévu pour la recueillir et pour se laver les mains (E 3 293), tous deux en terre cuite ocre-rouge.

     Dans le cadre des préoccupations quotidiennes des Egyptiens, le souci de pureté pouvait sans conteste se prévaloir de la première place; et il en était de même au niveau du culte funéraire : entretenir la propreté de ses doigts avant et après le repas par l’ablution fréquente d’eau parfumée additionnée de natron, ce composé de carbonate et de bicarbonate de sodium qui entrait aussi, par parenthèses, dans la composition des produits destinés à assécher le corps pendant les différentes étapes de la momification, était un acte de grande importance.

     Le plus souvent, dans les temples à tout le moins, ce rituel était accompagné de diverses fumigations, et de la récitation de formules appropriées, prophylactiques, destinées à préserver le dieu d’un éventuel "empoisonnement" causé par les miasmes extérieurs rentrant avec les produits alimentaires. Formules que l’on peut lire, par exemple à Esna, Edfou et Kom Ombo, gravées sur les montants des portes par lesquelles les nombreuses offrandes destinées aux autels passaient avant d’arriver au sanctuaire proprement dit.

     L’aiguière qui nous occupe ici, dont la forme légèrement convexe indique nettement qu’elle devait originellement être placée dans une petite bassine de toilette au fond plat et au col très évasé, (pas nécessairement celle-ci, d’ailleurs), présente une épaule arrondie et un bec verseur assez petit. Ne serait-elle pas, toute proportion gardée, l’ancêtre de ce broc à eau et sa jatte que jadis j’ai connus dans la chambre de mes grands-parents ? L’usage, lui, est indubitablement resté le même à travers les siècles et les civilisations.

     Pérennité de la civilisation égyptienne, bien plus grande qu’on le croit habituellement ...

(Chappaz/Guarnori : 1983, 115-6; Clère : 1982, 81-7; Desroches Noblecourt/Vercoutter : 1981, 70; Goyon : 1970, 267-81; Jéquier : 1922, 237-49; Valbelle : 1987, passim; Vandier : 1988, 775-826; Ziegler : 1999, 323



Puis-je ici me permettre d'attirer à nouveau votre attention, ami lecteur, sur l'existence d'un site qui me paraît fort prometteur ?
Il s'agit d'un dictionnaire encyclopédique de l'Egypte antique, initié par un amateur passionné.
Le lien se trouve dans la colonne de droite de ce blog. 

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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commentaires

Montoumes 29/01/2009 10:49

Je souhaite ajouter une toute petite parenthèse, non critique mais informative : si le caractère usuel de la plupart des objets ici présentés n'est pas remis en cause, pour la table d'offrandes en pierre, il me semble intéressant de préciser qu'elle (que certaines) n'avait de rôle, exclusivement ou partiellement, symbolique. Comme cette allusion bienvenue du "dy nesout htp", et du "prt-xrw" : le verbe a beaucoup plus d'impacte dans la société égyptienne, que l'on eut cru plutôt graphique, que dans la nôtre !

Richard LEJEUNE 29/01/2009 11:52



Entièrement d'accord avec toi, Jonathan, pour ce qui concerne l'importance cardinale accordée au verbe dans la société égyptienne; un peu moins avec ta restriction
concernant les tables d'offrandes : quoiqu'il en soit, et dans les deux cas, la symbolique prime, c'est évident. Je l'ai d'ailleurs répété à l'envi dans des articles qui ont précédé celui-ci et
l'assénerai très certainement encore quand l'occasion s'en présentera.

Et à chaque fois, je fais référence à un article capital en la matière, celui de Pierre LACAU, publié dans le Z.A.S. 51, en 1913 (voir ma bibliographie générale, 2ème volet
: G - L) dans lequel il démontre, par exemple, que dans les textes funéraires, pour contrecarrer le pouvoir maléfique de certains animaux, les scribes ne gravaient pas entièrement qui un
lion, qui une vipère ...   



Louvre-passion 20/11/2008 21:24

Grâce à cet article j'ai découvert ce plateau à offrandes en albâtre veiné auquel je n'avais pas prêté attention auparavant, j'irais donc l'admirer lors d'une prochaine visite. C'est l'avantage de bénéficier de cette visite virtuelle faite par un spécialiste.

Richard LEJEUNE 20/11/2008 22:16



Le "spécialiste", comme tu as la gentillesse de l'écrire, n'est jamais qu'un touriste comme tant d'autres, avec peut-être un oeil un peu plus averti, mais surtout un
bic et un bloc de feuilles pour noter chaque pièce, chaque objet présenté dans les vitrines de ce département ...


Quant au plateau - que je trouve effectivement d'une beauté simple et époustouflante -, tu as raison d'à nouveau vouloir l'admirer : au-delà des siècles, il
reste encore une pièce d'exception. 



Jean-Claude 20/11/2008 11:19

Merci pour ces éclaircissements : si les défunts se contentaient des seuls effluves des aliments déposés, je comprends dès lors que les prêtres pouvaient sans remords s'octroyer le privilège de puiser dans ces mets en fin de journée!

Quant à moi, s'il est vrai que j'aime entretenir le corps physiquement le jour, et exploiter à toute heure un certain talent artistique que tu connais, j'aime aussi alimenter - en fin de journée ou en début de nuit - l'esprit : ton site fait partie des "favoris internet" que je consulte régulièrement ...

Encore, merci.

PS : il ne neigeait sans doute pas souvent en Égypte ? La neige annoncée pour ce week-end dans nos Ardennes belges m'oblige à quitter ces occupations favorites pour aller monter les pneus-neige sur nos Toyota familiales! Sous cette bruine, ne ne sera pas aussi passionnant que ton site!

Richard LEJEUNE 20/11/2008 22:24



A partir du moment où il ne pleut, parcimonieusement, que quelques jours l'année en Egypte, je pense effectivement que le terme "neige" ne dut pas faire partie des
dictionnaires hiéroglyphiques et ne doit pas plus se trouver dans ceux de la langue arabe contemporaine.


Assertion non vérifiée, certes, et qu'il me semble même totalement inutile à faire. 



Jean-Claude 20/11/2008 00:07

Merci Richard pour cette profusion de détails et cette précision d'analyse au sujet des porteuses tout d'abord, puis de cette table d'offrande du mastaba d'Akhethetep : cette semaine enfin , tu as remis la table avec les ustensiles pour le repas funéraire.

c'est extraordinaire à quel paroxysme les Égyptiens célébraient le culte des mots : j'écris paroxysme, car je suis tout autant émerveillé que dubitatif devant tous ces rites.

je ne me permettrais pas de qualifier ces croyances de "naïves" car je me rends bien compte que la portée des actes posés dépasse cet aspect, mais tout de même : lorsque tu écris "Et le soir, après que le dieu s'en était "repu", les prêtres emportaient les mets pour s'en délecter." cela peut-il être interprété de telle sorte que eux aussi, comme moi, n'étaient pas dupes et se rendaient (je voudrais rajouter bien évidemment) compte que jamais les esprits des défunts ne venaient s'alimenter sur ces tables d'offrande pourtant si élaborées ... et que, tant qu'à faire, comme dans notre mentalité rationaliste européenne actuelle, autant que rien ne se perde ...

J'espère ne pas t'avoir choqué par ces mots peut-être trop critiques, ni tes habituels lecteurs ... Si c'est le cas, veuillez m'en excuser.

Au plaisir de lire ta réponse, sans doute.

Jean-Claude

Richard LEJEUNE 20/11/2008 08:49



Je suis toujours ébahi, et reconnaissant, mon cher Jean-Claude, de constater qu'après une longue journée d'efforts sportifs et/ou de production artistique qui te
demande une aussi minutieuse attention, tu aies encore l'envie, et le courage, de te plonger dans mes longs articles et de les commenter. Merci, vraiment, de cette fidélité.

Mes lecteurs, je ne sais; mais pour ce qui me concerne, pourquoi voudrais-tu que je sois choqué ? Il est d'une part bien évident que chaque civilisation a ses rites, ses croyances; et d'autre
part que le propre de la tolérance consiste à les admettre, sans nécessairement y adhérer ni les pratiquer.

Il me semble que les uns ou les autres ne sont ni plus ni moins irrationnels que celui qui consistait à me faire croire, quand j'étais gamin, que l'hostie que me proposait le prêtre était "le
corps du Christ".

Pour ce qui concerne les Egyptiens, je te répondrai, si tu me le permets, que c'est très simple, parce que les textes d'époque sont très clairs là-dessus : les défunts, un dieu ou un
particulier, se repaissent des effluves des aliments déposés. Il n'est donc pas du tout incompatible que, dans les temples, par exemple, la statue
du dieu ainsi "nourrie", les prêtres puissent, en fin de journée, consommer (réellement, eux) les aliments tout à leur aise.

Ce point étant donc éclairci, je m'en vais maintenant déjeuner; mais ne me satisferai pas que d'effluves ... 

A bientôt
Richard  



Alain 19/11/2008 12:14

Comme toujours, tu nous décris cette écriture avec des détails si précis que l’on pourrait penser et graver avec l’artiste qui les a fait.
J’aime surtout le dernier hiéroglyphe terminant une phrase que tu appelles « la dame assise respirant une fleur de lotus ». Il y a une grande poésie visuelle dans ce signe, sorte de représentation imagée de la défunte avec son nom au-dessus.

Richard LEJEUNE 19/11/2008 17:18



Merci à toi pour cet agréable commentaire.

Je pense que tu apprécieras encore plus la beauté et surtout la valeur de ce déterminatif hiéroglyphique quand tu sauras - à moins que tu le saches déjà - que respirer ainsi cette fleur
de lotus était symbole de renaissance pour un défunt : elle était en effet censée redonner vie à celui ou celle qui inhalait sa fragrance.   



Colette 18/11/2008 19:38

Merci Richard de venir me voir, cela me fait tant de plaisir.
Et si ma santé me le permettais j'aimerai tant aller voir toutes les expoditions comme je le faisais dans le temps...
Cordialement.
Colette

Richard LEJEUNE 18/11/2008 21:12



C'est toujours un plaisir pour moi de faire des découvertes sur votre blog, chère Colette.
Portez-vous bien.



Cat 18/11/2008 13:59

Ce serait bien oui d'établir une liste de tout ce qui nous vient d'Egypte. Le résultat serait certainement surprenant...

Richard LEJEUNE 20/11/2008 22:01



De manière exhaustive, Cat, ce serait une recherche énorme. Mais je ne me priverai pas, soyez-en persuadée, au gré des sujets de mes articles, d'attirer l'attention
sur l'un quelconque point de cette "liste" que vous évoquez. Car effectivement, notre quotidien regorge de références à l'Egypte antique, à commencer par le nombre de jours constituant une année
civile. 



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