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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 00:00

 
     Avant de prendre congé de 2008, mais aussi de vous, ami lecteur; avant de vous souhaiter de très heureux réveillons, et d'excellentes vacances; avant de vous adresser à toutes et à tous mes voeux les plus amicaux pour une année 2009 la plus coruscante possible; et avant de vous donner rendez-vous le mardi 6 janvier prochain, je voudrais, en guise de présent de fin d'année, vous offrir, toujours poursuivant le cycle du Papyrus Chester Beatty I qui commence à vous être maintenant familier, un poème à placer une nouvelle fois dans la bouche de l'Aimée :

Si seulement tu te hâtais de venir auprès de la "soeur",

Comme le messager du roi qui se hâte,
Tandis que son maître a l'esprit occupé par l'attente de son message,
Et par le désir de l'entendre.
Toutes les écuries sont équipées pour lui,
Des chevaux sont à sa disposition au relais,
Le char se trouve attelé à sa place.
Pas question pour lui de flâner en chemin.
Sera-t-il parvenu à la maison de la "soeur"
Que son coeur deviendra joyeux.

Si seulement tu te hâtais de venir auprès de la "soeur"
Comme le cheval du roi,
Le meilleur de tous les destriers,
Le premier des écuries.
Il est l'objet d'une attention particulière dans sa nourriture.
Son maître reconnaît son pas.
S'il entend le son de la cravache, 
Il ne saurait se traîner.
Pas un des meilleurs parmi les contingents de guerriers,
Qui le maîtrise.
Qu'il est expert, le coeur de la "soeur", à se rendre compte
De ce que l'Aimé n'est pas éloigné de la "soeur".

Si seulement tu te hâtais de venir auprès de la "soeur"
Comme une gazelle bondissant sur le plateau désertique.
Ses pattes se meuvent, son corps s'épuise,
La crainte est entrée en son corps,
Un chasseur est à sa poursuite, un chien avec lui.
Ils n'ont pas découvert sa trace;
Comme un fourré elle considère un relais;
Comme un chemin elle utilise le fleuve.
A peine parviens-tu à son portique
Qu'on baise ta main à quatre reprises.
Tu devras te mettre à la poursuite de l'amour de la "soeur",
C'est la Dorée qui te l'a assignée.

(D'après la traduction de Pascal Vernus : 1993, 69-70


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Publié par Richard LEJEUNE - dans Littérature égyptienne
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commentaires

Jean-Claude 26/12/2008 05:44

"Oupèr renpèt néferèt" cher Richard ! Si je ne me trompe, c'est ainsi que les égyptiens se souhaitaient "l'ouverture d'une belle année" : sous-entendu, tu le sais, que l'inondation soit la plus bénéfique possible et que les moissons leur apportent prospérité. Ces voeux, d'après mes recherches, étaient souhaités aux alentours du 19 juillet, et non le 1er janvier comme dans notre civilisation ? "Oupèr renpèt néferèt" cher Richard !

Richard LEJEUNE 05/01/2009 09:34



Waw ...


Alors, là, tu m'épates !!! Avoue que tu suis, en cachette, et par correspondance, des cours d'égyptien hiéroglyphique
ancien.  


 



Il s'agit en effet d'une formule qui se traduit plus ou moins par : "Que s'ouvre pour vous une belle année" : Oup (du verbe ouvrir) -tchen (le
pronom) rénépet (l'année) et néféret (belle); et qui est évidemment en rapport, comme tu le soulignes judicieusement, avec le début des crues tant attendues du Nil
salvateur.  



Quant au 1er janvier qui traditionnellement marque le début de l'an neuf de notre actuel calendrier (grégorien), tu n'ignores évidemment pas qu'il n'en fut pas
toujours ainsi.


L'application de ce calendrier date de la fin du XVIème siècle (et encore, pas pour tout le monde : la Russie et la Grèce, par exemple, ne l'adoptèrent qu'au
XXème siècle !). Notre calendrier remplace l'ancien calendrier Julien, lui-même réformant ce calendrier romain qui commençait aux environs du 1er mars et qui a donné des noms de mois que
nous appliquons toujours mais qui, en raison de ce décalage de deux mois, ne correspondent en rien avec la racine latine de leur nom : ainsi septembre, octobre, novembre et décembre (formés sur
des préfixes signifiant sept, huit, neuf et dix) ne correspondent évidemment plus maintenant aux septième, huitième, neuvième et dixième mois de l'année. 

Un grand merci à toi pour cette bien agréable attention ...



Colette 24/12/2008 06:07

Beau poéme.

BONNE FÊTES à vous

COLEZTTE

Richard LEJEUNE 05/01/2009 09:52



Merci, chère Colette.
De tout coeur, je vous souhaite une année 2009 la plus adamantine possible.

Affectueusement.
Richard



Alain 23/12/2008 11:47

Quel est le sens exact de la « sœur » dans ce poème ?
Bonnes vacances et bon Noël Richard.

Richard LEJEUNE 05/01/2009 09:49



A mon avis, cher Alain, tu avais déjà bien entamé les bulles du réveillon de Noël, le soir où tu as écrit ces lignes ...
Car dans un article datant du 3 juillet dernier
http://egyptomusee.over-blog.com/article-20917465.html
et auquel, par ailleurs, tu avais apporté un commentaire, j'avais anticipé cette question en expliquant le sens qu'il fallait donner aux termes "frère" et "soeur" dans la poésie
égyptienne ... 

J'espère, maintenant que tous les effluves des jours de fêtes se sont définitivement dissipés, que tu retrouveras cette mise au point de l'époque l'esprit quelque peu moins embué.

Sans rancune.
Richard 



Jean D. 21/12/2008 22:42

Après de tels souhaits et un tel poème, toute réponse parait plate.
Faute du relief qui me manque, je vous souhaite de belles fêtes familiales hautes en couleurs.

Richard LEJEUNE 05/01/2009 09:51



Merci à vous, Jean D.
Que 2009 soit pour vous une nouvelle et fructueuse année créatrice.

Amicalement.
Richard



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