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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 00:00

 

 

     Quand pour la toute première fois, le 30 septembre 2008, nous sommes vous et moi, ami lecteur, entrés de conserve dans cette salle 4 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, nous avons d’emblée, souvenez-vous, dirigé nos pas tout naturellement vers la droite, attirés que nous étions par l’imposante chapelle du mastaba d’Akhethetep que, trois mardis consécutivement, jusqu’au 14 octobre, nous avons visitée à notre aise.


     Ensuite, après avoir considéré l’une ou l’autre vitrine se trouvant dans son environnement, celle avec les porteuses d’offrandes et celle avec la table d’offrandes d’Akhethetep, nous avons fait volte-face pour alors envisager de découvrir la chapelle d’Ounsou que, du 25 novembre au 16 décembre 2008, nous avons aussi abondamment détaillée.


     Les murs de ce monument artificiellement reconstitués au milieu de la salle, à gauche cette fois, permettent, de part et d’autre, un passage donnant accès directement à la salle 5 qui s’annonce dans le prolongement immédiat.


     Dans la travée de gauche, nous avons, depuis le 6 janvier 2009, successivement découvert quatre vitrines proposant des textes juridiques, administratifs, qu’ils soient notés sur papyrus ou gravés dans la pierre.


     Exactement à l’opposé, dans le passage de droite donc, accolées contre le mur de la chapelle, deux autres vitrines, la 9 et la 10, attendent que nous nous y intéressions. Fort esseulées semble-t-il, elles n'ont d'autre recours, à défaut de visiteurs attentifs, que celui de porter leur regard au travers d'une des fenêtres qu'elles reflètent, sur la façade est de l’aile Sully encadrant la Cour carrée. Et voilà que des Egyptiennes d'il y a trois mille ans, tout affairées qu'elles sont à leurs occupations du moment, ont maintenant le loisir de jeter un oeil directement sur le petit Jardin de l’Infante, au bord du quai François Mitterrand, sur la Seine, en évoquant peut-être leur Nil tant adulé, sur  le Pont des Arts et sa célèbre passerelle en bois, incontournable rendez-vous des amoureux, des touristes et de nombreux artistes, qui précisément relie la Cour carrée à l’Institut de France du quai Conti, juste en face. 
 

   

 

     C’est donc dans ce couloir, "entre Egypte et Paris", que nous nous retrouverons à partir d'aujourd'hui et les prochains mardis pour, dans un premier temps, considérer la vitrine de gauche et les deux bas-reliefs en calcaire provenant de la XXVIème dynastie qui y sont exposés.




   Et tout de suite retiendra notre attention celui accroché sur la gauche de la partie supérieure de cette vitrine 9.  Gravé en relief dans le creux, ce fragment de calcaire (E 14712) datant du Ier millénaire A.J.-C., très endommagé, de quelque 35 centimètres sur sa plus grande hauteur et 25 pour sa plus grande largeur fut, selon le cartel relativement peu prolixe à ce sujet, offert au Louvre par un certain "Miriel".


     


     Qui est ce Monsieur ou Madame Miriel ? Quand ce don a-t-il été effectué ? Je n’en trouve trace ni dans ma documentation, qui n’est évidemment pas exhaustive, ni sur le Net, qui me semblerait l’être un peu plus ...



    


     Autre question. Pourquoi le Conservateur a-t-il pris la décision d’installer ici ce bas-relief ?, alors que, dans la salle voisine, à peine donc quelques mètres plus loin, nous constaterons que deux vitrines sont précisément dévolues au sujet qu’il évoque, la viticulture; la deuxième d’entre elles que la configuration des lieux permet d’ailleurs d'apercevoir indifféremment des salles 5 et 8, proposant de nombreuses amphores.









     
     Quoiqu’il en soit, car c’est sur ce thème que porte le présent article, cette scène, délicate mais malheureusement très incomplète nous montre quelques jeunes femmes coiffées de perruques à courtes mèches et vêtues de robes longues transparentes dont deux, sous une vigne en tonnelle, en cueillent des grappes qu’elles déposent, celle de gauche dans un récipient, celle de droite, dans un panier de jonc; et deux autres s’affairant au pressoir : la première déverse le contenu de sa cueillette dans une sorte d'auge, tandis que l’autre, s’agrippant à un montant, foule aux pieds les grappes déjà présentes.


 


     Ce fragment d’époque saïte se révèle intéressant dans la mesure où, depuis déjà les premières dynasties de l’Ancien Empire, toutes les représentations proposent les travaux inhérents à la vigne toujours accomplis par des hommes, même si, dans plusieurs tombes, nous constatons que des enfants y participent également. (Sans oublier, au Nouvel Empire, l’affectation à ces travaux de prisonniers étrangers mâles soumis lors des conquêtes.) Rarement, donc, ces travaux sont dévolus à la gent féminine. D'où la particularité de ce petit monument. 


     Malgré les coins supérieur gauche et inférieur droit irrémédiablement disparus, vous aurez remarqué, ami lecteur, que tout le relief est délimité par deux lignes horizontales au-dessus et en dessous desquelles courent des hiéroglyphes eux aussi soigneusement et légèrement gravés en creux, et qui se lisent de gauche à droite, tandis que les occupations qui se succèdent évoluent, quant à elle, en toute logique de droite vers la gauche. Nous sommes probablement ici en présence d’un fragment enlevé à une chapelle funéraire et faisant partie, comme nous l’avons vu chez Akhethetep de registres de scènes relatant les différents travaux agricoles dont, dans les domaines d’un défunt, ceux relatifs à la vigne.



     La vigne. Une des plus anciennes cultures du pourtour méditerranéen en général, et de l’Egypte en particulier qui, là précisément, alimente un très vieux mythe mettant l'accent sur le fait que si les hommes ont pu continuer à exister, c’est parce que Rê fit un jour déguster plus que de raison à sa fille Hathor cette vigoureuse liqueur couleur de sang qui l’endormit, soustrayant ainsi l’humanité à sa fureur ...


     Il est avéré qu’au IVème millénaire avant notre ère, entre Tigre et Euphrate, les Mésopotamiens furent un des premiers peuples à domestiquer et à cultiver la vigne, probablement, semblerait-il, après les habitants du Caucase qui, au VIIème millénaire eux, s’y seraient déjà intéressés.


     Quoi qu’il en soit, c’est bel et bien d’Egypte que proviennent les plus anciens témoignages d’une viticulture parfaitement organisée : en effet, plusieurs des célèbres mastabas édifiés à Saqqarah au début de l’Ancien Empire, ceux de Menna, de Mérérouka et de Ti, entre autres, mais aussi l’hypogée de Nakht, notamment, au Nouvel Empire, proposent de superbes scènes polychromes relatant ces types d'activités.


     Des jarres nombreuses, ainsi que des bouchons inscrits furent mis au jour ça et là par les égyptologues, leur permettant dorénavant de déterminer la localisation précise de certaines zones plus propices que d’autres à cette culture, comme celles des oasis occidentales de Khargyeh, Dakhla, Baharia et Farafra; celles aussi du Fayoum et, plus au nord, du Delta du Nil. On peut d’ailleurs considérer ces deux dernières régions comme les berceaux de la production de vins égyptiens, à l’usage exclusif, à cette époque du début de l’Ancien Empire, il faut bien le souligner, de Pharaon, de sa famille, ainsi que des hauts dignitaires de la Cour pour une consommation personnelle mais aussi, et le détail est d’importance, pour les rites cultuels, funéraires, en faveur des dieux à honorer.


     L’évolution historique du pays, la démocratisation des nombreuses traditions au départ essentiellement régaliennes, mais également la croissance économique qui suivit les grandes conquêtes firent qu’au Nouvel Empire, et notamment aux temps des premiers Ramsès, la production de vin - irep, dans la langue égyptienne classique - connut un essor tel que, non seulement tous ceux qui le désiraient, tous ceux en fait qui le préféraient à la bière, boisson "nationale" quasiment consommée par tous à l’époque, purent s’en offrir, mais en outre que le surplus était proposé aux différents autres pays du pourtour méditerranéen dans un échange commercial de grande envergure.


     Certes, comme je l’ai déjà précédemment mentionné, la terre d’Egypte appartenait en principe tout entière au souverain ; certes les temples eux aussi, suite à de nombreuses donations, se retrouvaient à la tête d’étendues cultivées non négligeables, mais il est également plus que probable que la majorité des vergers appartenant aux particuliers étaient pourvus de l’un ou l’autre pied de vigne amoureusement mis en valeur aux seules fins d’une consommation familiale. On a ainsi des représentations émanant de tombes de riches dignitaires du Nouvel Empire montrant une vigne qui pousse sur une pergola maintenue par des colonnettes papyriformes.

    Indépendamment de ce côté éminemment  pratique et matériel des choses, il ne faut pas perdre de vue que, dans la symbolique osirienne, la présence d'une vigne dans une tombe constitue un gage évident de renaissance. Ainsi, dans celle de Parennefer, par exemple, à Dra Aboul-Naga, voit-on très nettement la représentation d'un cep de vigne s'élevant jusqu'aux narines d'Osiris. 

     Nonobstant le fait qu’elles soient partiellement "décrites" sur le bas-relief de la XXVIème dynastie E 14712 que nous découvrons ensemble aujourd’hui dans cette vitrine, les différentes étapes de la préparation du vin n’ont guère évolué depuis celles que nous avons le loisir d’admirer dans les mastabas des IVème et Vème dynasties déjà : au moment des vendanges, c’est-à-dire en août-septembre selon les années, on cueillait les grappes de raisin à la main.
(La vigne était cultivée en espaliers et surtout en treilles : les ceps étaient portés par de longues perches horizontales soutenues par des bâtons fourchus en leur extrémité supérieure.)

     Les grappes ainsi enlevées étaient alors déposées dans des sortes de hottes d’osier transportées à dos d’homme, ou dans des paniers suspendus à une palanche maintenue sur les épaules, pour les emmener au pressoir où on les déversait dans un bac de foulage en bois, le plus souvent d’acacia, dans lequel 4 ou 5 hommes piétinaient allégrement, scandés par le seul son des claquoirs, le raisin non égrappé. Par des trous percés dans les parois, le jus s'écoulait dans une cuve plus grande.


     L’étape suivante consistait à recueillir le mélange de peau, de pépins et de rafles qui subsistait au fond de la cuve de foulage pour l’enfermer dans des sacs de toile que l’on tordait alors puissamment afin d’en exprimer le jus bénéfique. On laissait ensuite fermenter et se décanter le liquide obtenu après toutes ces opérations dans de grands récipients d’argile non couverts.





     Enfin, le vin prêt à être conservé (ou directement consommé) était transvasé et entreposé dans de longues jarres de stockage à bout relativement pointu comme celles de la vitrine 8 que l'on aperçoit là-bas, tout au fond de la salle 5.





     Ou comme celles, au nombre de 26, retrouvées au début du XXème siècle dans la tombe de Toutânkhamon :

     scrupuleusement "étiquetées", ces amphores de terre cuite, généralement rendues moins poreuses par un enduit de résine appliqué à même la paroi intérieure, portaient sur l’épaule des suscriptions rédigées à l’encre noire, en hiératique, indiquant tout à la fois le millésime, l’origine géographique (plus précisément les parcelles d’où provenaient les raisins) et, bien évidemment, les noms du propriétaire et du maître du chai; notations du type :
  


     An 4, Vin doux du Domaine d’Aton, vie, prospérité, santé, du fleuve de l’Ouest - Vigneron : Kha


     Les bouchons d’argile destinés à les fermer étaient parfois également estampillés.

 

 

 

 


     Je viens d’employer le terme "millésime" qui, pour nous, connote une idée extrêmement précise. J’aurais plutôt dû écrire : année de fabrication, car sachant que bien d’autres produits portaient eux aussi mention d’une date d’origine, comme l'huile, la bière, la graisse animale, le miel, et d'autres, il serait tout à fait illusoire et particulièrement anachronique de penser que les Egyptiens, néanmoins gourmets comme beaucoup d’entre nous, conservaient des amphores vinaires dans le seul but de disposer d’un nectar susceptible de bonifier au fil des ans.


     Grâce à des voyageurs antiques comme l’écrivain romain Pline l’Ancien ou le géographe grec Strabon, on sait qu’existaient des cépages comme le "Kaenkeme", d’un moelleux supérieur à celui du miel, le "Taniotique", blanc doux lui aussi onctueux, le "Shédeh", vin liquoreux très alcoolisé, le "Sébennythique", permettant un vin élaboré en mêlant raisin et résine de pin. Sans oublier le "Maréotique", ce blanc également doux originaire du lac Mariout, à l’ouest du Delta : le préféré de Cléopâtre, dit-on ...


     Indépendamment de tous ces vins blancs très prisés à la Cour, nous connaissons l’existence d’un rouge, apparemment assez puissant, vinifié à partir d’un muscat noir.


     Quant au menu peuple, il devait se contenter d’un vin de dattes ou de palme.


     Il existait aussi des vins de moindre qualité, notamment le "Paour", sorte de piquette que certains égyptologues considèrent d’ailleurs plus comme un vinaigre que pouvait utiliser la médecine en vue de soigner les plaies que comme un vrai vin de consommation courante.


     L’historien grec Hérodote nous raconte qu’aux fêtes religieuses - il fait notamment référence à celle de Bubastis -, il est bu en une fois plus de vin, quel qu’il soit d'ailleurs, que pendant le reste de toute une année.
 


     Il est aussi intéressant de noter que l’on rencontre, dans certaines formules d’offrandes, une distinction entre le vin palestinien et l’autochtone : 50 grappes de raisin ordinaire et mille grappes de raisin de l’Oasis. Ce qui sous-entend que non contents d’en produire eux-mêmes pour leur propre consommation ou pour la vente à l'étranger, les Egyptiens en importaient également.


     Ceci posé, il nous faut bien admettre que les égyptologues en connaissent finalement très peu sur les méthodes de vinification employées à cette époque. Les seules et abondantes références que nous ayons de la viticulture se trouvent dans des tombes encore actuellement accessibles aux touristes : essentiellement, à Saqqarah, les mastabas de l'Ancien Empire que j’ai évoqués précédemment : ceux de Menna, de Mérérouka et de Ti notamment, mais aussi des hypogées du Nouvel Empire, dans la montagne thébaine, comme par exemple celui de Nakht, doté de superbes scènes polychromes.


      Je vous convie à les visiter lors de votre prochain séjour en terre pharaonique ...

Ou, à défaut, ici : http://www.osirisnet.net/centrale.htm 


(Baum : 1988, 259 sqq; Bresciani : 1996, 61-72; Caminos : 1992, 29; Cherpion : 1994, 79-107; Hegazy/Martinez/Zimmer : 1993, 205-12; Hugonot : 1989, 21; Posener/Sauneron/Yoyotte : 1959, 140-1 et 299-301; Reeves : 1995, 202-3; Talet : 1995, 459-92)  

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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commentaires

Roger Lamouline 15/04/2014 18:33

Bonjour. Suite à notre échange sur le forum, j'ai lu avec intérêt et plaisir tes commentaires sur la vigne
en Egypte. Une petite remarque, car je suis surtout botaniste. Je pense que l'on ne devrait pas utiliser le mot "cépage" lorsqu'on parle du vin égyptien car il s'agit dans ce cas de la plante. Ces
cépages antiques sont évidemment impossible à déterminer au vu des grappes et des feuilles; c'est d'ailleurs, quoi que l'on dise, pratiquement impossible de nos jours dans un vignoble. Il s'agit
donc de procédés de fabrication du vin mais je n'ai, je le reconnais, pas de terme adéquat. Comme il s'agit semble t-il de vins doux , on peut supposer que la fermentation était très peu poussée.
Qui le saura jamais. Encore merci pour ton article.Roger.

Richard LEJEUNE 16/04/2014 10:09



    Certes, Roger, j'ai employé le terme "cépage" parce qu'il est à mon sens le plus idoine, à tout le moins le plus "parlant" actuellement, mais je l'ai
aussi, notamment dans ma réponse au premier commentaire de Nat, assorti de l'expression "catégories de vins" - correspondant en réalité aux dénominations fournies par les auteurs classiques que
j'ai cités -, qui, je présume, te convient mieux en tant que botaniste car il est bien sûr extrêmement difficile de donner des noms français exacts aux végétaux égyptiens quand font défaut des
documents précis.


 


     Raison pour laquelle, souvent, les égyptologues se contentent d'indiquer "plante-unetelle", le "unetelle" qui suit le trait
d'union étant le terme égyptien lui-même, dont on ignore, faute de description, à quel type de plante il peut être identifié.


Cette façon de procéder se rencontre essentiellement dans la traduction des traitements préconisés au sein des papyri médicaux.


 


     Indépendamment de ces questions lexicologiques, il n'en demeure pas moins vrai - et tu as raison de le souligner - que bien des points
ressortissant au domaine de la viticulture antique resteront probalement toujours non-explicités ...



jc.vincent 04/09/2009 13:06

Nous sommes bien loin des bouchons en liège, maintenant souvent remplacés par les bouchons synthétiques co-extrudés de Nomacorc (entreprise en continuelle expansion malgré la crise actuelle, leader mondial en la matière avec 35% de parts de marché, implantée à deux pas de chez nous, au zoning des Plenesses !).

Richard LEJEUNE 04/09/2009 14:10



Tout à fait, Jean-Claude, et encore plus loin de cette volonté qu'auraient certains viticulteurs français de ne plus systématiquement vouloir employer que
des capsules pour leurs vins de base (pas pour les 1ers ni Grands Crus, évidemment), à l'instar de ces bouteilles de gros rouge qui tache malheureusement si prisées par certains "habitants" des
ponts de Paris ...

Quant aux bouchons Nomacorc, nous en retrouvons souvent chez nos amis viticulteurs, qu'ils soient Alsaciens ou Bourguignons, et sommes fiers de leur annoncer qu'ils se fabriquent effectivement
près de ches nous et d'entendre en retour que ce sont les meilleurs qu'ils trouvent actuellement sur le marché !   



Nat 25/03/2009 18:20

Une autre question me vient encore à l'esprit. Tu parles de la découverte de bouchons, en quelle matière étaient-ils à l'époque ?

Richard LEJEUNE 25/03/2009 22:28



D'après les fouilles archéologiques - et notamment celles effectuées dans la tombe de Toutankhamon mise au jour en 1923 -,  les bouchons étaient une sorte
d'amalgame de paille mélangée avec de l'argile, formant ainsi une couche obstruant la jarre ou l'amphore relativement épaisse. Il semblerait que, parfois, cet amalgame était aussi constitué
de plâtre. Et pouvait, entre autres, être aussi marqué du sceau du responsable. 



Jean-Claude 24/03/2009 12:50

Quant à moi, je n'ai pas encore pris l'apéro (même si le t inséré malencontreusement dans le mot Rezina te le laisserait supposer).

Richard LEJEUNE 24/03/2009 13:24



Apéro ? Quand même pas : il était à peine un peu plus de 10 H. quand je suis passé chez eux ...
Il m'a néanmoins été proposé une tasse de café : mais tu sais aussi que cela n'est pas ma tasse de thé !!!

Quant à l'autre "T", celui de l'orthographe, il semblerait qu'il le faille bien, mais précédant un "S" et non un "Z" : on écrirait donc "Retsina".
Mais il est vrai qu'après un certain nombre de verres, ces arguties paraissent tellement futiles ...



Jean-Claude 24/03/2009 12:48

Merci pour cette prompte et riche réponse. Le Retzina me goûtera mieux encore dès à présent. Personnellement, j'apprécie en effet beaucoup cette saveur particulière. Si je pressentais certains éléments du contenu de ta réponse, j'étais loin de me douter que tu allais te rendre ce matin "chez les Grecs" pour t'informer, et ... allier l'utile à l'agréable(tu n'as pas oublié de prendre l'apéro?).

Jean-Claude 23/03/2009 23:19

Tu n'ignores pas - et tu as d'ailleurs renouvelé tes provisions tout récemment - que je connais davantage les bières belges que les vins, et je sais que tu ne m'en tiens pas rigueur, toi, grand amateur de vins!
Je m'adresse donc autant à l'historien qu'à l'oenologue que tu es. L'enduit de résine appliqué à même la paroi intérieur des jarres et amphores fait bien évidemment songer au vin résiné grec, que je choisis chaque fois sur les quais des bords de Vesdre. Le but recherché par les égyptiens - rendre les parois moins poreuses - est-il aussi à l'origine de ce Rezina ? Ce vin grec a-t-il également pareilles origines lointaines ?
Nul doute que tu te feras un plaisir de me répondre, confortablement installé à ton bureau ... en oubliant la grisaille belge !

Richard LEJEUNE 24/03/2009 12:27



Quand j'ai lu ta question sur le "Rezina", ce matin, avant d'aller voir Bonne-Ma, je me suis dit : c'est la Bérézina !!!  Car je ne me considère nullement comme
oenologue dans la mesure où je ne consomme, en général, que certains vins français, le Bourgogne en tête, comme tu sais ...

Mais estimant que la maison ne recule devant aucun sacrifice pour satisfaire ses lecteurs les plus assidus, j'ai pensé qu'avant de quelque peu fouiller dans mes bouquins, voire ici sur
le Net, j'allais me renseigner à la source même. 

J'ai donc fait un petit détour par les quais de la Vesdre pour interroger l'un ou l'autre de mes anciens Etudiants qui y ont pignon sur rue grâce à leur restaurant grec.
Pas très assurés de la réponse qu'ils pouvaient m'apporter, les patrons du "1735" préférèrent téléphoner à Kosta qui, lui, savait !

En résumant toutes mes sources, je puis donc te répondre en écrivant ceci :

Le (on devrait paraît-il dire - la -) Retsina constitue de nos jours un des vins blancs (ou rosés) les plus populaires de Grèce. Il est produit de la même manière que les autres blancs, sauf
que l'on ajoute quelques morceaux de résine de pin d'Alep, ou de préférence d'Attique au moût soit un peu avant, soit pendant la fermentation. Cet "additif" réglementaire est
ensuite retiré avec la lie lors du premier soutirage.

L'historien que je suis ajoutera que l'auteur latin Pline l'Ancien - auquel je fais volontiers référence dans mes articles - préconisait de choisir plutôt le pin des régions montagneuses, plus
parfumé que les résineux des plaines grecques.

Et que cette habitude provient effectivement des temps antiques où, tout comme les Egyptiens, mais aussi, plus tard les Romains, les Grecs badigeonnaient de résine l'intérieur de leurs amphores
de terre crue relativement poreuses afin d'en assurer une meilleure étanchéité.

Ensuite, tous ces peuples pensèrent que la résine en question permettait au vin de mieux résister aux chaleurs méditerranéennes. Allégation qui, aux yeux des oenologues modernes,
semble contestable ... Mais bon !

Quoi qu'il en soit, l'habitude de cette technique de préservation ayant donné naissance à une saveur bien particulière, on a continué jusqu'à nos jours à ajouter de la résine en guise de
complément gustatif; ayant parfois, pour certains, complètement perdu de vue l'origine et les motivations de la pratique antique. 




Nat 22/03/2009 10:26

Les cépages dont tu fais état me sont totalement inconnus, peut-être n'existent-ils plus aujourd'hui. Je constate que la boisson nationale alcoolisée de l'époque était... la bière, breuvage très consommé en Turquie de nos jours (aux côtés du rakı évidemment).

Richard LEJEUNE 23/03/2009 08:27



Tous ces cépages, toutes ces catégories de vins, ne sont effectivement plus d'actualité; et devenus totalement inconnus de notre monde moderne.
Quant à la bière, toujours appréciée dans le monde entier, elle constitue aussi pour la Belgique une sorte de boisson nationale : nous en produisons en fait un nombre quasi incalculable de
variétés différentes.



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