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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 23:00


     Elle s'appelle Ginger.
    
     Ah, j'oubliais presque un détail géographique non négligeable : après les quelques amours dans le Nord que je vous ai confiées ces dernières semaines, ainsi que le petit détour par Figeac et Rachîd samedi dernier, je voudrais à partir d'aujourd'hui en évoquer d'autres, bien plus à l'Est.

     Ginger, donc. Ou plutôt, pour être tout à fait précis, Ginger et Fred, car elle aussi comme Marie, à Bruges, est accompagnée. Ginger et Fred, c'est le nom que les habitués préfèrent lui donner, en hommage évident au mythique couple de danseurs de Brodway. 

     La première fois que je la vis, elle chaloupait, manifestement fière de son élégante prestance, haut perchée au bout d'interminables jambes que cachait à peine une robe courte, très courte, que n'aurait certes pas reniée Paco Rabanne en personne : et déjà, d'un premier coup d'oeil, je remarquai que tout son corps paraissait harmonieusement se mouvoir au son d'une musique qu'indubitablement elle seule entendait.



     A l'angle de la rue Resslova et du quai Rasinovo longeant la Vltava, cette rivière qui traverse la ville avant de se perdre quelque quarante kilomètres plus loin, dans l'Elbe, et que les Allemands appellent "Moldau" - vous m'accorderez, ami lecteur, que ce dernier patronyme se révèle bien plus aisé à prononcer que le nom tchèque -, Ginger avait admirablement réussi, après toutefois quelques réticences de grincheux toujours prêts à stigmatiser l'inconnu, à définitivement imposer la sveltesse de sa présence aux Pragois médusés par tant d'élégance.




     Si, en plein jour, l'ondulation sensuelle de son corps me ravissait déjà, je dois à la vérité de vous confier que la nuit, quand d'aventure je la croisais avant de rentrer à l'hôtel de la rue Naplavni, juste à côté, la flamboyance de Ginger, ou plutôt celle des vagues imprimées à sa silhouette que poursuivaient des projecteurs avidement focalisés vers elle,  et qui semblaient en narguer d'autres en silence : celles qui venaient discrètement gifler en contre-bas les massifs pilastres de pierre du pont Jirasek, cette flamboyance, donc, me transportait immanquablement sur les scènes des comédies musicales américaines des années trente immortalisées par quelques vieux films d'époque.



                                                            
                                                                           ***

     Prague, je ne le soulignerai jamais assez, ami lecteur, constitue à mes yeux un fabuleux et presque incroyable musée à ciel ouvert dans lequel je vous invite à m'accompagner dès ce matin ...

     Incontestable joyau architectural magnifiquement serti de part et d'autre des méandres de la Vltava, cette ensorcelante capitale d'Europe centrale au richissime passé historique, dans chacun de ses cinq quartiers, à chaque coin de ses rues s'entre-coupant les unes les autres, propose à l'envi, aux nombreux touristes qui, subjugués, la découvrent pour la première fois, façades et monuments dont le style puise goulûment et avec bonheur dans tous les grands courants artistiques du dernier millénaire : de l'Art roman au contemporain le plus expressif, en passant par le Gothique, le Baroque, l'Art nouveau et l'architecture cubiste, tout attire sans cesse le regard : même certains bâtiments que je juge pourtant lourds et franchement inesthétiques, datant manifestement des années communistes, méritent que l'on s'y arrête, avec une visée critique certes, mais néanmoins intéressante sur le plan de la réflexion idéologique. 

     Nonobstant, le centre historique de Prague, - les cinq quartiers, donc - figure maintenant, tout comme Bruges d'ailleurs, au Patrimoine culturel et naturel mondial de l'Unesco. 

     C'est à la découverte de tout cet éclectisme architectural que je vous emmènerai très bientôt. Mais aujourd'hui, bousculant délibérément la chronologie historique, je voudrais qu'un instant encore nous retrouvions Ginger. Ginger et Fred.




     Oeuvre de l'architecte américano-canadien Frank Owen Gehry   à qui l'on doit également, entre autres, le Musée Guggenheim, à Bilbao et la Cinémathèque française, à Paris, ainsi que de son  associé tchèque, d'origine croate, Vlado Milunic, cette bien nommée "Dancing House" construite en 1995-96, est censée conceptuellement évoquer un dialogue chorégraphique entre un homme, Fred Astaire (c'est le bâtiment blanc plus "conventionnel" à l'arrière) et une jeune femme qu'il enlace véritablement, Ginger Rogers (la partie en verre, tout en courbes harmonieuses et sensualité trouble) qui donne l'extraordinaire impression de prendre du plaisir à danser dans ses bras.




     Plus prosaïquement toutefois, Ginger et Fred, ce sont des bureaux à pratiquement tous les étages.

     Une exception, d'envergure, au septième : Le Céleste,  luxueux restaurant gastronomique français ouvert depuis peu et qui, apparemment, a très vite acquis ses lettres de noblesse, offre une époustouflante vue sur la Vltava et le château qui domine la ville.      
  
           


     (Je dois à la stricte vérité déontologique de préciser ici que la (superbe) et dernière photo, manifestement prise de la terrasse du restaurant dominant la Dancing House, n'est, elle, à la différence de toutes les autres de cet article, malheureusement pas de mon cru, mais se trouve à disposition sur un site publicitaire traitant d'immobilier, et bizarrement non-assortie de la mention de son auteur.)


     De ce château, mais aussi de bien d'autres richesses de Prague, n'en doutez point ami lecteur, vous me permettrez de rester aujourd'hui discret, préférant vous donner rendez-vous samedi prochain 10 octobre, aux fins de vous inviter à partager les émotions que cette ville ne peut manquer de susciter.

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Publié par Richard LEJEUNE - dans RichArt
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commentaires

AD-Mary44 27/02/2010 18:33


Merci de votre passage ; lors de notre voyage baroque, nous avons croisé cette architecture à PRAGUE sans vraiment retenir le nom de l'architecte. C'est en découvrant le musée Guggenheim à Bilbao
que j'ai commencé à m'intéresser aux créations de cet artiste. ETONNANT cette créativité. J'ai hâte de pouvoir me rendre compte ce que va donner le bâtiment pour VUITTON !


Richard LEJEUNE 01/03/2010 11:00



     Je ne sais pas très bien où l'on en est avec ce fameux et déjà "vieux" projet de fondation Vuitton : j'avais lu voici un temps que le Ville
de Paris refusait les autorisations de bâtir à ce niveau du Jardin d'Acclimatation ...



JcVincent 05/10/2009 13:53


En réponse à ton appel, c'est avec plaisir que je t'initierai, bientôt, à une manière aisée d'imposer ta "signature" au bas de tes photos ! J'ai d'ailleurs besoin et envie d'améliorer la mienne,
qui ne me satisfait pas ! Je te contacterai bientôt, dès que je serai efficace.


JcVincent 04/10/2009 17:15


Oui, cette Dancing House (Tu es bien certain de ne pas l'avoir déhanchée et déformée avec l'un ou l'autre programme informatique du genre Photoshop ?) et cette boule qui la domine sont étonnantes
et d'une grande beauté, tout comme la présentation aussi talentueuse que tu nous en offres.

Et comme Louvre-passion, j'applaudis (je te l'avais déjà dit à propos de la Venise du nord) à cette nouvelle orientation prise par ton blog.


Richard LEJEUNE 05/10/2009 12:08



Merci Jean-Claude, mais comme je l'ai noté ci-avant en réponse à Louvre-passion, ce n'est pas vraiment une nouvelle orientation impulsée à ce blog : rappelle-toi les
articles consacrés l'année dernière à Jan Fabre ou à Figeac déjà publiés dans la rubrique "RichArt" ...

J'apprécie l'humour qui te fait écrire que j'aurais pu être à l'origine du déhanchement de Ginger : encore eût-il fallu qu'elle acceptât que je l'invite pour un foxtrot endiablé ...
Et quant à utiliser un programme "du genre Photoshop", si tu ne viens pas m'en faire découvrir les arcanes, tu sais parfaitement bien que j'en suis totalement incapable ! 

Et ceci constitue en fait un appel : j'envisage, sur les conseils de Nat, d'imposer moi aussi ma "signature" au bas des photos que j'ai personnellement réalisées ... 
Et, actuellement, tu penses bien que les détails pratiques d'une telle manipulation m'échappent complètement.   



Nat 04/10/2009 07:09


Je suis séduite tant par le déhanchement de cette "Dancing" que par la façon dont tu en parles. Surprenant bâtisse dont je serais bien curieuse de connaître certains détails techniques quant à sa
construction... Je vais chercher. En tout cas, l'entrée en bouche sur Prague est prometteuse...


Richard LEJEUNE 05/10/2009 11:54



Merci pour ton commentaire Nat : tu trouveras certainement les renseignements techniques complémentaires si pas sur les sites que j'ai proposés dans mon
article, à tous le moins sur le Net en général ... 

Quant à Prague, ce n'est aujourd'hui que l'équivalent d'un simple petit "simit" que j'ai proposé, les plats de résistance suivront, fais-moi confiance ...



Louvre-passion 03/10/2009 17:46


C'est rigolo tu suis un démarche similaire à la mienne. Parti d'un blog 100% Louvre tu nous offre des escapades à l'extérieur. Et je dis tant mieux pour ces variation.


Richard LEJEUNE 05/10/2009 11:49



Et oui, ces escapades hors les murs du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre semblent intéresser et plaire à beaucoup de mes lecteurs.

Ceci étant, Vincent, elles ne sont pas neuves puisque je te rappelle qu'au tout point de départ, le 20 mars 2008, deux jours donc après la mise en route de ce blog, j'avais déjà annoncé la
création de cette rubrique à laquelle, par un jeu de mots facile, j'avais attribué le nom de "RichArt" et, le lendemain, proposé un article à propos des deux "Cythère" de Watteau que tu avais
préalablement accueilli sur ton propre blog : cet "enfant" que je portais alors sur les fonds baptismaux, tu en fus le parrain bien malgré toi !  

Et tu me vois heureux, qu'aujourd'hui encore, tu viennes régulièrement rendre une petite visite à ce filleul d'Outre-Quiévrain ...



J-P Silvestre 03/10/2009 17:32


Je ne connais pas Prague mais cette ville me fascine. J'attends, impatiemment, que vous nous la fassiez découvrir.


Richard LEJEUNE 05/10/2009 11:38



C'est effectivement une ville fascinante; et vous avez parfaitement compris, Jean-Pierre, que j'escompte bien, de samedi en samedi, partager avec vous et tous mes
lecteurs les impressions, fortes, qu'elle nous a laissées à mon épouse et à moi.

Il faudra simplement que, tous, vous soyez quelque peu patients ...



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  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
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