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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 23:00

 

      Tous les musées du monde qui disposent d'un espace à l'Égypte consacré, s'ils ne présentent pas une momie, gage incontournable d'afflux de visiteurs, proposent toutefois l'un ou l'autre papyrus rédigé dans l'une des écritures que connut le pays.


     Le Louvre bien évidemment ne déroge pas à la règle qui en détient un nombre important, exposés ou non : souvenez-vous, amis visiteurs, dans les vitrines 5 et 6 de la précédente salle 4, de ceux que nous avions rencontrés les 6, 13 et 20 janvier 2009, qui nous avaient permis de quelque peu mieux comprendre le régime juridique des terres, ainsi que la comptabilité administrative.

 

     Tout à l'heure, à la fin de notre rendez-vous de ce matin, il suffira de vous rendre dans la salle 6 ci-après pour, dans la vitrine 4, en découvrir un autre dont la particularité, cette fois, réside en ce qu'il consigne des remèdes médicaux.


 

Papyrus-medical-Louvre-E-4867.jpg

 

    

     Au terme de la première des huit interventions que j'escompte accorder au lait pour indiquer son importance en terre égyptienne antique, après quelques menues indications concernant sa valeur nutritionnelle en général, je vous avais promis, ici devant le fragment peint E 25515 accroché sur le mur du fond de la vitrine 4 ² de cette salle 5, d'envisager aujourd'hui, en me basant précisément sur quelques papyri médicaux dont ici j'eus déjà l'opportunité de faire allusion, sa grande utilisation dans une perspective prophylactique et thérapeutique.

 

 

     Non ! De grâce ... Tout de go, et péremptoirement, je proclame haut et fort que les lascives évolutions de Cléopâtre dans un revigorant lait d'ânesse ne sont, au mieux, qu'une belle légende dont l'art, à toutes les époques, s'empara, prétexte à dévoiler peu ou prou les charmes du corps féminin ; au pire, qu'exploitation économique, doublée parfois d'un érotisme plus que douteux, dans notre société de consommation d'une crédulité bien naïve ne faisant pas bon ménage avec la stricte vérité historique !

 

     En revanche, et c'est peut-être là qu'il faut chercher l'origine des légendaires bains de la dernière reine lagide, ce que mentionne très clairement le Papyrus Ebers, dont vous pouvez voir ci-après l'un des feuillets,


 

Feuillet-du-Pap.-Ebers.jpg

 

 

c'est que ce lait particulier - dont, je le souligne au passage, on ne connaît pratiquement rien quant à son usage alimentaire -, entrait dans la pharmacopée de plusieurs médications destinées à soigner diverses affections de la peau : comme par exemple ce mélange de gomme et de lait d'ânesse qui devait être apposé sur l'ouverture de la partie moisie d'un abcès purulent externe jusqu'à ce qu'il s'effondre de lui-même. (Eb. § 571)

 

     Puis-je innocemment faire remarquer que les termes, précis, mais guère poétiques, de ce texte égyptien, n'ont à mon humble avis jamais été empruntés par les publicitaires contemporains avant de nous dévoiler le corps d'Elisabeth Taylor ou de la sculpturale et superbe Monica Bellucci dans semblable bain ? 

 


      Dans le même recueil de préceptes guérisseurs, ce remède pour faire ouvrir la chair superficielle (comprenez : pour éliminer les gonflements de peau) dans lequel entraient également des feuilles d'acacia, mais aussi du miel, à absorber, cuit et filtré, quatre jours de suite. (Eb. § 713)

 

     Quant aux abcès internes, notamment dans l'utérus, il était conseillé de les soigner avec le lait d'ânesse dans lequel avaient été pilées dattes fraîches et à nouveau feuilles d'acacia. Ce sera laissé la nuit exposé à la rosée et versé dans son vagin. (Eb. § 819)

Cette même pathologie acceptait traitement analogue avec du lait de vache préalablement bouilli.

 

     Vous êtes évidemment conscients qu'une origine mythologique sous-tend ces notions de prophylaxie et de thérapie faisant intervenir le lait d'un animal, quel qu'il soit.

 

     Aussi, avant de nous quitter, abordons un court instant, voulez-vous, la littérature égyptienne avec un conte datant du Moyen Empire que Jean Capart intitula Les Aventures d'Horus et de Seth. Et pour l'heure, ce qu'il m'intéresse de vous en donner à lire se niche dans un extrait en rapport avec l'épisode de Seth attentant à l'oeil de son neveu Horus, geste à propos duquel, précédemment, j'attirai votre attention :

 

     ... Cependant Hathor, Dame du sycomore du sud, se mit en route et elle trouva Horus étendu et tout en pleurs, sur le plateau désertique. Elle se saisit d'une gazelle, lui prit son lait et elle dit à Horus : "Ouvre tes yeux pour que j'y mette ces gouttes de lait." Il ouvrit ses yeux et elle y mit les gouttes de lait : elle en mit dans le droit, elle en mit dans le gauche, puis elle lui dit : "Ouvre tes yeux." Il ouvrit ses yeux, elle les regarda et les trouva guéris.


 

     Ceci posé, les Égyptiens ne se contentèrent pas que de lait animal. De sorte qu'au-delà de ses indéniables qualités nutritives, celui de femmes fut par eux également convoqué dans la panoplie médicamenteuse : que ce soit par exemple pour soigner, par lavements, les douleurs anales ou, par potion, l'hématurie parasitaire ou encore, grâce à des pommades et onguents, ces abcès purulents évoqués ce matin.

 

     C'est plus spécifiquement de ce lait maternel fort prisé lui aussi sur les rives du Nil qu'il me plairait de vous entretenir, amis visiteurs, de manière détaillée, lors de notre rendez-vous du 22 mai prochain.


 

     A mardi ...  

 

 

 

(Bardinet : 1995, 332-3, 351 et 448 ; Cauville : 2011, 52-5 ; Desroches Noblecourt : 1952, 49-67 ; Lefebvre : 1988, 195 ; Ziegler, 1994 : 554-61 ; EAD. 2008 : 26-33

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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commentaires

Carole 23/05/2012 17:42

Et merci à vous d'appliquer à mon blog cette magnifique formule de Bachelard, qui va et voit si loin.
Carole

Richard LEJEUNE 24/05/2012 08:24



     Vous n'avez pas à me remercier : je n'ai fait qu'épingler une évidence !



Carole 22/05/2012 19:15

Bien sûr, je pensais d'abord à la voie lactée. Votre étude très savante m'a fait penser à ce "lait" des astres, le plus pur de tous. Je pense, comme Bachelard, que science et rêverie s'accordent
bien.
Bonne soirée,
Carole

Richard LEJEUNE 23/05/2012 08:00



     Cela ne m'étonne nullement que là, vous entériniez les idées de Gaston Bachelard : il ne vous a probablement pas échappé, vous qui avez
abondamment lu Paul Ricoeur d'après ce que j'ai compris, l'hommage que ce dernier rend dans La Métaphore vive (Seuil, Essais n° 347, p. 272 de mon édition de 1975) à La Poétique de
la rêverie (PUF, 1960) et à La Poétique de l'espace (PUF, 1957), du philosophe de Bar-sur-Aube, en citant cette phrase essentielle : L'image poétique nous met à l'origine de
l'être parlant.


 


     Pour Bachelard, nul doute que l'image poétique est un être nouveau de notre langage qui nous exprime ; elle est tout à la fois, ajoute-t-il, un devenir d'expression et un devenir de notre être.


(Poétique de l'espace, pp. 7-8)


 


      Comment pourrais-je mieux résumer la philosophie de votre blog ?


 


     Permettez-moi d'ajouter que je trouve passionnants nos échanges, ici ou au sortir de vos billets sur votre blog.


Merci à vous d'être un jour entrée dans mon espace égyptologique ...



Carole 22/05/2012 13:49

Encore un article intéressant. Je trouve aussi, qu'au-delà des informations historiques et du souvenir de Liz Taylor que j'aimais tant, il ouvre à de belles rêveries. Les astres ne s'en vont-ils
pas sur la "voie lactée" ?
Carole

Richard LEJEUNE 22/05/2012 17:01



     En lui-même, à cause de son sujet précis, à cause des termes "crus" que présentent certains des remèdes que j'ai donné à lire, je ne pense
personnellement pas que cet article ouvre la porte  à la rêverie.


 


     En revanche, si c'est par rapport à la notion de "Voie lactée" que vous croyez cela, je vous suis entièrement ...


 


     Ceci posé, je n'ai pas voulu entrer dans la mythologie grecque pour l'évoquer, préférant n'envisager ici que la fonction thérapeutique du
lait animal ...



Christiana 21/05/2012 09:57

Je n'en prends point ombrage. C'est toujours intérressant d'apprendre et de corriger ses erreurs, au contraire.

Richard LEJEUNE 21/05/2012 10:11



     C'est bien ainsi que je l'espérais ...


 


     Merci à vous pour ces échanges intéressants qui, d'une manière ou d'une autre, nous amènent à aller toujours de l'avant.


 



Christiana 20/05/2012 18:15

Vous avez raison... J'ai confondu les deux ouvrages.

Richard LEJEUNE 21/05/2012 08:27



     Je pense, oui.


     Mais n'en prenez point ombrage : la littérature antique est si vaste et nous est le plus souvent parvenue de manière si fragmentaire que les
titres des ouvrages ou portions d'ouvrages, de surcroît traduits en français, peuvent parfois prêter à une certaine confusion dans nos esprits.


 


     Je n'en veux pour preuve que le célèbre texte d'Hérodote, Historiè, que l'on avait pris au départ l'habitude de traduire tout
logiquement par L'Histoire sans se préoccuper qu'en grec, ce terme connotait une recherche menée par un témoin qui rapporte soit ce qu'il a personnellement constaté lors de ses
pérégrinations, soit ce qu'on lui a raconté  ...


Ce qui, vous en conviendrez, n'est pas tout à fait la même chose et est en fait aux antipodes de la notion d'histoire à laquelle, actuellement, nous associons une
idée de scientificité, une idée de véracité ...


 


     Fort heureusement, l'on rencontre maintenant plus souvent le titre plus correct de L'Enquête pour rendre cette oeuvre
considérable.



avocat divorce 20/05/2012 17:59

J’adore ce passage, « ce mélange de gomme et de lait d’ânesse en cataplasme sur un abcès purulent. » Cela devait sentir un petit peu, non ?

Richard LEJEUNE 21/05/2012 08:11



     Bonjour et bienvenue à vous ... à l'intitulé de blog si bizarre.


 


     M'interpelle aussi d'ailleurs votre commentaire : puis-je vous demander la raison pour laquelle vous "adorez" les termes de cette
prescription égyptienne de soins ?


 



Christiana 20/05/2012 14:49

Ce n'est pas dans son "Histoire naturelle" mais bien dans "Histoire de son temps" que Pline écrit cela. Il y parle des moeurs de ses contemporains et il a bien vécu à l'époque des événements qu'il
relate puisqu'il y parle essentiellement du règne de Néron (donc de Poppée) et qu'il n'y a chez lui aucune volonté de plaire au pouvoir en place car il était très hostile à Néron et de plus son
oeuvre ne devait être publiée qu'après sa mort.
Concernant le chiffre 700, c'est vrai qu'il est très étrange...Symbolique? Mais alors que vient-il faire dans une oeuvre à caractère historique?
Et pour le savon, vous avez raison, j'ai fait le test que vous me conseillez dans google et j'ai découvert cela! Je ne savais même pas que cela existait! Je serais curieuse de connaître la
composition et le pourcentage de lait d'ânesse dans ces savons...Peut-être n'y en a t-il même pas du tout! C'est comme pour l'huile d'argan, il n'y aurait jamais assez d'argousiers au Maroc pour
produire tous ces cosmétiques que l'on voit aujourd'hui.

Richard LEJEUNE 20/05/2012 15:23



     Désolé, non, Christiana : si vous suivez le lien que je vous ai fourni dans ma réponse de ce matin, et que vous aurez à nouveau en cliquant sur le terme
"lien" ci-avant, c'est indiscutablement au chapitre 50 du Livre XXVIII de l'Histoire naturelle de Pline que vous trouverez dans la traduction de Remacle le texte en question, en
descendant jusqu'à ce que vous arriviez à : L, (XII.), [1] ...



Christiana 19/05/2012 18:51

Je ne voulais pas dire que La légende du lait d'ânnesse devait être attribuée à Poppée plutôt qu'à Cléopâtre ou à Nefertiti mais je disais que pour Poppée, ce n'était pas une légende, non pas parce
que Wikipedia le dit mais parce que Pline l'Ancien l'a écrit.
Il a travaillé à une "Histoire de son temps" d'une trentaine de livres dans lequel il raconte le règne de Néron (qu'il ne portait d'ailleurs pas dans son coeur)!
Cette "Histoire de son temps" va du règne de Néron à celui de Vespasien. Il voulait qu'elle soit publiée seulement après sa mort. Bien qu'elle ne soit pas parvenue jusqu'à nous, Tacite qui la
connaissait la cite à maintes reprises et notamment le passage sur les bains de Poppée.
Il faut dire qu'à l'époque, le choix des crèmes de beauté étaient beaucoup plus restreint et on faisait avec ce qu'on avait...
Concernant la publicité qui voudrait qu'on consomme une telle savonnette en entretenant une légende, c'est fort possible qu'un tel argument fasse vendre mais personnellement je n'ai jamais vu de
tels savons...

Richard LEJEUNE 20/05/2012 09:19



      Permettez-moi, Christiana, de ne pas nécessairement accréditer cette assertion - que je ne connaissais pas, en vérité, et que je viens
de découvrir grâce à vous, - simplement parce qu'elle figure chez un auteur antique, Pline ici en l'occurrence, dans son Histoire naturelle, Livre XXVIII (L, XII, 1).


Comme je ne puis matériellement concevoir ce qu'il écrit juste avant, à savoir que des Romaines s'appliquaient 700 fois par
jour (et il insiste sur ce nombre !) des embrocations de lait d'ânesse sur le visage ...


Bizarrement, c'est de 700 ânesses - encore ce nombre !!! - dont, lit-on un peu partout, Cléopâtre avait besoin pour ses bains quotidiens.


 


     Sur la véracité des propos des grands historiens de l'Antiquité, qu'ils soient Pline, Tacite, Polybe, Suétone, et même Hérodote, je voudrais
ici et maintenant attirer l'attention de tous.


 


     Les études exégétiques réalisées depuis dans les cénacles universitaires nous ont en effet prouvé qu'il nous faut prendre avec énormément de
précautions certaines des considérations qu'ils avancent dans leurs oeuvres.


D'abord parce que, souvent, ces auteurs n'ayant pas vécu à l'époque des événements qu'ils relatent, rapportent inévitablement ce qu'on leur a raconté !


Ensuite parce qu'il y a toujours, sous-jacente, une volonté ou de plaire au pouvoir en place en discréditant l'Autre.


 


     Un des exemples que je cite souvent concerne - on y revient - Cléopâtre VII. 


La plupart des historiens anciens qui nous la racontent - la plupart postérieurs à son règne ! - font oeuvre de propagande et nous proposent une version des faits
qui ne peut qu'honorer son "vainqueur", futur empereur romain (sous le nom d'Auguste).


 


     Que ce soient Dion Cassius, Lucain, Plutarque, Horace ou Virgile, tous brossent son "portrait" en noircissant volontairement le trait (ses
moeurs prétendument dissolues, par exemple) parce qu'elle était une étrangère, parce qu'elle était une ennemie de Rome et, cerise sur le gâteau, misogynes qu'ils étaient tous, parce qu'ils
considéraient qu'une femme ne peut se tenir sur la plus haute marche du pouvoir.


 


     Il est donc, dans ces conditions-là, extrêmement difficile, vous en conviendrez, de savoir qui fut la "vraie" Cléopâtre.  


 


     Je conclurai cette petite mise au point en ajoutant qu'à mes yeux - et pas qu'aux miens ! - pour qu'un fait soit crédible, il faut qu'il
apparaisse dans des sources d'origines totalement différentes ; il faut, comme on dit dans notre jargon, qu'il soit "recoupé".


Ce qui n'est pas toujours aisé à obtenir ...


 


     Pour terminer - et plus spécifiquement à propos de votre dernière phrase, Christiana -, je vous conseille d'indiquer "savon lait d'ânesse"
dans Google : vous serez surprise de  découvrir des pages et des pages de publicité concernant des asineries disséminées sur le territoire français par exemple, productrices de ce type de
produits ...


Et les arguments prônés par beaucoup d'entre elles, vous le constaterez sans peine, reproduisent souvent les mêmes poncifs quant à Cléopâtre, Nefertiti ou Poppée
...


 



JA 18/05/2012 22:25

je comparerais plutôt les affaires sang contaminé et hormone de croissance, , ,je considère ce dernier scandale sanitaire comme le plus grave, et non à l'affaire Médiator, comme le fait l'un de vos
lecteurs, car la molécule du Médiator est de synthèse et non d'origine naturelle...mais on s'éloigne de l'Egypte ancienne...quoique....
A bientôt
JA

Richard LEJEUNE 19/05/2012 12:15



     Il y aurait effectivement beaucoup à dire sur ces problèmes sanitaires français et vous conviendrez, Jocelyne, que mon blog ne s'y prête pas
vraiment.


 


     En revanche, ce que je voudrais ici épingler, c'est l'humour au "ixième" degré de Jean-Pierre ; comme le fut, d'ailleurs, la réponse que je
lui ai adressée !!!


 


     De cet intéressant interlocuteur, il s'agit de lire les propos avec beaucoup de circonspection, à la mesure d'ailleurs, des billets qu'il
publie sur son blog, et d'y détecter la dérision au travers des mots utilisés




Christiana 18/05/2012 18:16

La légende du bain que vous mentionnez pour Cléopâtre n'est pas due à une crédulité bien naïve mais à une erreur historique, un transfert d'un personnage à un autre, d'une civilisation à une
autre... Le bain au lait d'ânesse dont vous parlez vient des écrits de Pline l'Ancien au sujet de Poppée, l'épouse de Néron. Il décrit les vertus du lait d'ânesse pour la peau et cite Poppée en
exemple.

« On croit que le lait d'ânesse efface les rides du visage, rend la peau plus délicate et en entretient la blancheur. On sait que certaines femmes s'en fomentent le visage sept cents fois par jour,
observant scrupuleusement ce nombre. Poppée, femme de l'empereur Néron, mit le lait d'ânesse à la mode ; elle s'en faisait même des bains et pour cela elle avait des troupeaux d'ânesses qui la
suivaient dans ses voyages »

Pauline, la soeur de Napoléon,aurait pris de tels bains elle aussi...

Richard LEJEUNE 19/05/2012 12:05



     Que voilà, chère Christiana, un commentaire qui ouvre grand le champ à une étude très intéressante à réaliser sur la notion d'antériorité de
documents ; étude, malheureusement, que je n'ai pas menée : qui, le premier, parmi les auteurs antiques écrivit sur ce sujet de manière à, selon vous, attribuer à Poppée plutôt qu'à Cléôpâtre, la
légendaire pratique de bains de lait d'ânesses ??  Je n'en ai aucune idée.


 


     A vrai dire, à mes yeux, l'essentiel était ailleurs ! Que la première à laquelle furent attribuées ces ablutions : Cléopâtre ; j'ai même
rencontré Nefertiti dans certaines publicités ; Poppée ou d'autres encore, peu me chaut ! Mon but, ce mardi, était de déconstruire une belle légende !


 


     Nefertiti, Cléopâtre et, dans une moindre mesure, vous me l'accorderez, Poppée, tous ces noms célèbres, tous ces mythes porteurs, ne sont
convoqués dans notre société que pour amener les plus crédules d'entre nous à consommer des savonnettes bien plus chères que d'autres, sous prétexte qu'elles sont à base de lait d'ânesse !  
   


 


     De sorte que quand j'ai écrit :


" ... je proclame haut et fort que les lascives évolutions de Cléopâtre dans un revigorant
lait d'ânesse ne sont (...) au pire, qu'exploitation économique, doublée parfois d'un érotisme plus que douteux, dans notre société de consommation d'une crédulité bien naïve
(...)", ce n'était pas la légende du bain en lui-même que j'asssociais à la notion de naïve crédulité mais celles et ceux qui, dans notre société de consommation, accréditent les
publicités vantant les pseudo-vertus cosmétologiques du lait d'ânesse.


 


 Par parenthèse, l'article de Wikipedia que vous avez consulté pour rédiger votre commentaire ne dit rien d'autre dans sa conclusion.


En outre, l'adverbe "également" dans la phrase qui suit immédiatement celle consacrée à Cléopâtre, ne me semble en rien prouver une quelconque antériorité
de l'une par rapport à l'autre de ces dames.


Quant à Pauline Bonaparte, elle aussi citée, je vous ferai remarquer la précaution que vaut l'emploi de l'auxiliaire au conditionnel : elle
aurait eu recours ...


Rien d'assuré donc dans tout cela ! 


 


     Tout ceci posé, que le lait d'ânesse détienne des propriétés thérapeutiques que les Égyptiens, déjà, reconnurent, je pense que les extraits de
papyri médicaux que j'ai donné à lire sont suffisamment éloquents pour qu'il ne me soit plus nécessaire d'argumenter sur ce sujet.


 


     En revanche, maintenir actuellement, en se basant sur d'incontestables légendes, que semblable lait est garant d'éternelle jeunesse de peau,
voilà bien une assertion que je me refuse à entériner.


 



J-P.Silvestre 17/05/2012 18:47

La pharmacopée égyptienne était quand même un peu simpliste ! Les égypyiens n'avaient même pas étudié les effets secondaires de l'utilisation du lait d'ânesse... Nous avons fait beaucoup mieux - un
peu tardivement, il est vrai - avec le Médiator par exemple !

Richard LEJEUNE 18/05/2012 14:31



     Comment eussiez-vous voulu, cher Jean-Pierre, que les Égyptiens étudiassent les effets secondaires du lait d'ânesse : en l'absence du
remarquable système français de pharmacovigilance, seul leur bon sens les guidait pour composer leurs remèdes !



FAN 16/05/2012 17:39

Je me souviens de quelque "mal blanc" arrivant sur un cuticule d'ongle mal nettoyé qui fut soigné par un bain de lait bouillant!!Il fallait laisser (en souffrant) le plus longtemps possible dans la
potion magique afin de faire "mûrir" le bobo puant et le fait est que cela s'avérait très efficace!!! Mais je ne savais pas que L'on pouvait avoir un abcès dans l'utérus!!!Bigre!!!!!!! Pour les
yeux, je ne connaissais pas non plus!! je me demande ce qu'en pense les laboratoires pharmaceutiques âpres au gain!! BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 17/05/2012 07:20



     Merci Fan, pour l'évocation de cette "recette" appliquée en cas de panaris ...


 


     Quels qu'en soient les ingrédients, je pense qu'il doit effectivement encore exister de nos jours nombre de soins appliqués en fonction des
"croyances de nos grands-mères" qui parviennent à éradiquer de petits maux, au grand dam des laboratoires pharmaceutiques que vous épinglez ... 



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