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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 00:00

     - Vers Hradcany ?, vous étonnerez-vous, amis lecteurs, après avoir pris connaissance du titre de cet article. Mais en ayant  traversé Mala Strana, ajouterez-vous, et gravi Nerudova ulice samedi dernier tout en admirant les maisons baroques et les enseignes si typiques de cette rue, 


nous devrions tout naturellement arriver sur la place du château, non ?
Et vous nous aviez promis ...

     - Certes, certes, vous avez entièrement raison : je l'avais ainsi annoncé, oui. Mais, tout bien réfléchi, c'eût été trop simple ; et tellement convenu. Cette remarquable "voie royale" qu'arpentent les milliers de touristes qui découvrent Prague à longueur d'années ne constitue fort heureusement pas l'unique possibilité d'arriver au château : aussi ai-je pensé qu'il vous serait peut-être plus agréable d'éviter la foule - nous aurons toujours bien l'occasion de la retrouver devant et à l'intérieur de l'enceinte castrale, soyez-en assurés -, et d'accéder à l'éperon rocheux, que chapeaute la prestigieuse résidence royale, par l'arrière, par les jardins aménagés au début des années trente du XVIème siècle sur les instances de Ferdinand Ier de Habsbourg, empereur du Saint-Empire romain germanique.

     Aussi, plutôt qu'emprunter le très encombré pont Charles, je vous emmène aujourd'hui un peu plus au nord, par ce pont Cech qu'ornent des allégories de la "Victoire" brandissant flambeaux,


superbe ouvrage métallique typé "Art nouveau" que nous avions déjà découvert le 5 décembre dernier et qui nous permettra d'atteindre tout à notre aise le pied de la colline de Letna et son métronome.

 

     D'aucuns, parmi vous, se souviendront certainement que j'avais alors expliqué qu'oeuvre de David Cerny, l'imposant engin fut érigé sur ce piédestal après la Révolution de velours de 1991 qui, comme son nom l'indique poétiquement, vit Tchéquie et Slovaquie définitivement se séparer dans une harmonie peu commune. Se voulant la prégnante métaphore de la faculté qu'eut la ville de survivre au balancement des différents pouvoirs politiques qui s'y étaient succédé tout au long des siècles et peut-être plus particulièrement au XXème, le métronome prit
aux yeux des Pragois avantageusement la place d'une statue géante de Staline, ce "petit père des peuples" comme le définissaient jadis les thuriféraires du communime, que Khrouchtchev, après avoir en 1962 vigoureusement dénoncé les crimes de ce sanglant prédécesseur, fit dynamiter.  

     Ensuite, par une bien agréable promenade à travers parcs et frondaisons surplombant la Vltava et contournant Mala Strana dominée par l'église Saint-Nicolas, 


vue superbe, vous en conviendrez, dont je ne voulais en aucune manière vous priver, nous aurons l'occasion d'admirer quelques bijoux architecturaux, tel ce toit qui, de loin, m'intrigue déjà :


c'est celui du pavillon Hanavsky, conçu pour l'exposition de 1891 dans un pseudo style néo-baroque assez fantaisiste et qui, de nos jours, abrite un restaurant relativement réputé ...
 


     Mais aussi, à la limite des jardins royaux, le palais d'été,
actuellement en réfection, de la reine Anne Jagellon, épouse précisément de ce même Ferdinand Ier que j'évoquais à l'instant.



     Edifié au milieu du XVIème siècle, dans le plus pur style Renaissance italienne, tant apprécié en Bohême, par l'architecte et sculpteur Paolo della Stella, il se caractérise essentiellement par sa toiture carénée en cuivre : elle figure en effet une coque de bateau renversée.

     Ou encore ce bâtiment du "Jeu de paume", actuellement salle d'exposition et de concerts,


dont la particularité, aisément remarquable, réside dans la façade entièrement recouverte de sgraffites très différents, vous en conviendrez, de ceux que nous avons rencontrés au palais Schwarzenberg en décembre dernier.

     Cette superbe et reposante promenade - nous ne croiseron
s, vous verrez, que quelques personnes qui, venant du château, déambulent comme nous dans ces jardins d'agrément, nous serons en réalité les seuls à l'effectuer en venant de l'esplanade du métronome, sur la colline de Letna -, nous permettra de découvrir la cathédrale Saint-Guy sous un angle quelque peu bucolique tout à fait inhabituel : fugace impression que les flèches du bâtiment ne sont que la prolongation, dans la pierre, de celles des conifères environnants ...


 
     A l'intérieur de son enceinte fortifiée, Saint-Guy


semble encore protégée par la vieille tour Mihulka, haute de 44 mètres, jadis tour poudrière et abritant, par la suite, l'atelier d'un fondeur qui réalisa la plus grosse cloche de Prague, destinée à la cathédrale elle-même ; puis devint le laboratoire des alchimistes de l'empereur Rodolphe II qui tant rêva de pierre philosophale, avant d'être, de nos jours, aménagée en musée consacré à la Garde du château.
   

      "Satisfait ou remboursé", assène fréquemment la publicité.

     Me créditerez-vous, amis lecteurs, d'un satisfecit pour vous avoir amenés paisiblement par le chemin des écoliers, à travers ce parc,


vers la foule grouillante - eh oui, sous couvert d'Histoire, il nous faut bien rejoindre la "civilisation" ... -, qui, devant l'entrée du château, immortalise la fin de la cérémonie de relève de la Garde ?


 

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Publié par Richard LEJEUNE - dans RichArt
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commentaires

Nat 27/01/2010 07:15


Bien évidemment, j'ai lu attentivement (et relirai encore) les noms et compositions des ces mets divers dont certains me rappellent d'ailleurs l'Alsace (les knepflas en l'occurrence ou les
Hachtepfelkuacha - version haut-rhinoise des galettes de pommes de terre que tu évoques).
Même si l'envie me chatouille de visiter Prague, grâce à ta contribution écrite et photographique notamment, je ne pense pas que ce soit pour demain, ni même pour après-demain. Avant cela, j'ai
encore bien d'autres coins et recoins de Turquie à découvrir sur ma longue liste d'attente et ensuite, un jour j'irai faire un tour du côté de la Syrie toute proche...


Richard LEJEUNE 27/01/2010 15:02



     Tu soulèves là un bien difficile problème à résoudre: la vie est trop courte ; et jamais nous ne visiterons tout ce que notre beau monde
cèle de richesses ...



Nat 26/01/2010 17:59


Les histoires d'échafaudage semblent dans l'air du temps...
Tu parles d'un restaurant réputé dans le pavillon Hanavsky, quelles sont les spécialités inoubliables goûtées à Prague ???


Richard LEJEUNE 26/01/2010 21:35



     Les échafaudages - que ce soit à Sainte Sophie d'Istanbul auquel tu faisais allusion hier, ou à la cathédrale de Strasbourg comme au Palais
des Papes d'Avignon devant lesquels j'ai maintes fois pesté - ont, comme je te l'ai écrit en commentaire sur ton blog, souvent accompagné mes séjours à l'étranger ...

     Ici, à Prague, il y en eut également qui m'ont perturbé : pour la petite histoire, je n'ai par exemple pas montré dans mes articles ceux qui, comme tous évidemment
nécessaires, obligeaient d'emprunter le dernier tronçon du pont Charles conduisant de la Vieille Ville à Mala Strana quasiment en file indienne ...

      Mais bon, là comme ailleurs, ces inconvénients de la réfection, de la restauration sont probablement le prix que nous avons à payer pour que les générations qui
viendront après nous puissent pleinement profiter de la visite du monument. Le tout est de doser le temps des travaux ...

     Pour ce qui concerne maintenant la gastronomie tchèque : tu penses bien qu'épicuriens comme nous sommes, mon épouse et moi, nous avons cherché à non pas nous "perdre"
dans des restaurants typés "luxe" avec une cuisine internationale, pour plutôt essayer de dénicher, malgré l'importante barrière de la langue, ce que, quel que soit le pays d'ailleurs, j'appelle
la cuisine de Bonne Maman : les plats typiques, les plats du terroir, les plats mijotés, en sauce ...

     Nous avons fui - car ils existent aussi, bien sûr - les endroits où l'on aurait pu consommer des frites !!!

     Et, après m'être préalablement beaucoup renseigné, après avoir consulté ici sur le Net des sites de particuliers, d'expatriés francophones comme toi, qui expliquaient ce
qu'était la vraie cuisine tchèque et où on pouvait la déguster, dans Prague, nous avons véritablement plébiscité ce qui, de prime abord, pourrait rebuter n'importe quel touriste : descendre dans
les caves ; s'asseoir là où, manifestement, le fonctionnaire tchèque vient avec plaisir pendant sa pause de midi, par exemple, prendre son repas et discuter avec d'autres collègues.

     Là, il n'y avait aucun touriste ! Et aucunement, nous ne nous sommes trompés ; aucunement, nous ne l'avons regretté car ces endroits, agréablement décorés au demeurant,
sont quasiment vides le soir, puisque désertés par les autochtones rentrés chez eux après leur boulot, alors que la cuisine est exactement la même qu'à midi ...

     Là, nous avons apprécié le fameux goulash (hongrois au départ, mais répandu dans les contrées limitrophes) : en fait, je ne sais plus très bien lequel est au masculin et
lequel est au féminin, car il paraît qu'il faut ainsi faire la distinction entre le potage goulash  et le plat de viande en sauce.

     Peu importe d'ailleurs, nous, c'était la copieuse assiette de gros morceaux de boeuf dans leur sauce rouge paprika, accompagnés soit de "knedliky", c'est-à-dire de
quenelles à base de farine et de pain (un régal ! Trois sortes de pains différents pour chacune de ces quenelles !!!) ou, et c'était cela que je préférais, de "bamborak", c'est-à-dire de galettes
de pommes de terre un peu semblables aux "Reibekuchen" (désolé si j'ai estropié l'orthographe) qui sont servis avec la fondue alsacienne, dans un caveau à Turkheim, par exemple ...

     Liliane, quant à elle, s'est régalée de "svickova na smetane", c'est-à-dire de tranches de rôti de boeuf à la crème fraîche et aux airelles :  j'avais l'impression
de voir des petits monticules de mousse blanche, comme sur une glace Chantilly ...

     Il ne faut pas non plus rater le "Prazka sunka", un jambon typiquement pragois à l'excellent goût fumé, servi en dés d'accompagnement ; ou des "smazeny karbanatek", des
petites boulettes de viande panées.

     Et pour accompagner tout cela, si, personnellement, je n'ai pu me passer de vin - de la région, évidemment car pas question de mon Bourgogne favori là-bas ! -, Liliane, quant
à elle, aimant la bière (la Belgique est aussi réputée dans ce domaine, comme dans celui des pralines, je te le rappelle) a toujours sacrifié à la tradition locale : la "Pilsen" ! Qui est
d'ailleurs brassée pas très loin de Prague ...

     Oula, je constate que j'ai été fort long ...
     Mais c'est comme pour l'égyptologie, dès que l'on m'interroge sur mes découvertes culinaires en pays étrangers, je reste rarement muet ... 

     J'espère que tu liras cette mienne réponse à ta question ; et, surtout, dans l'occurrence d'un éventuel séjour que tu ferais dans cette merveilleuse capitale, tu t'en serviras
pour dénicher semblables petits plats régionaux.     



FAN 22/01/2010 08:24


Merci Richard, je suis époustouflée par tant de beauté!! Ce qui me rebute, c'est la foule!!Hélas, de plus en plus d'humains s'intéressent "au passé"!!Il est certain que le présent ne nous apporte
plus du tout la qualité et la solidité!! L'amour de l'art existe-til encore, à part les visiteurs et leurs regrets?? BISOUS FAN


Richard LEJEUNE 22/01/2010 12:38



     La foule des visiteurs (dont nous faisons également partie, ne l'oublions pas) m'exaspère aussi parfois : c'est la raison pour laquelle nous
aimons, mon épouse et moi, souvent effectuer les "parcours historiques" à l'envers, et non pas suivre le groupe de ceux qui regardent la même chose au même moment parce qu'un guide - dont je ne
me préoccupe  jamais - leur conseille de tourner la tête à droite ...

     Ce fut le cas, cet après-midi-là, pour accéder au château de Prague : quel plaisir de déambuler seuls, s'asseoir sur un banc, humer le parfum des fleurs des parcs et voir
ce que, finalement, peu ont vu, à tout le moins sous cet angle et par cet accès vraisemblablement peu connu  ...

     Dans un musée, à une exposition, quand l'opportunité m'en est offerte, je me rends immédiatement à la dernière salle et visite l'ensemble à "rebrousse-poil". 
   



jean dethier 17/01/2010 13:14


Cela a été ma ballade de ce morose dimanche matin,avant de me rendre cet apres midi voir "sois belge et tait toi"quelle belle ville que Prague et quel guide nous avons merci et a bientot Amitiés a
vous deux jean


Richard LEJEUNE 17/01/2010 16:18



     Pas mal, Jean : le soleil et les beautés architecturales pragoises en matinée et un spectacle humoristique haut en couleurs sur notre
politique belgo-belge l'après-midi : voilà de quoi parfaitement oublier la morosité climatique ambiante ...



J-P Silvestre 16/01/2010 17:10


Merci pour cette promenade en dehors des sentiers battus...


Richard LEJEUNE 17/01/2010 11:14



Heureux qu'elle vous plaise, Jean-Pierre.
Cela vous motiverait-il pour partir découvrir Prague de visu ?



Alain 16/01/2010 11:40


Comment peut-on faire des villes aussi belles ?


Richard LEJEUNE 17/01/2010 11:08



     Je crois très sincèrement qu'il faut passer par bien des aléas historico-politiques pour en arriver là : la majorité des villes dans le
monde dans lesquelles un pouvoir, quel qu'il soit, s'est installé, souvent des capitales, mais pas nécessairement, présentent ainsi des caractéritiiques urbanistiques qui ne sont que le reflet de
la richesse de ceux qui les gérèrent au fil des siècles, ainsi que de tous ceux, courtisans ou marchands, qui vinrent s'installer le plus près possible du "soleil" ... 

     Et Prague - je l'ai souvent évoqué - fut une de celles-là !



N@n 16/01/2010 10:42


Oui-da que le "satisfecit" est accordé... car amplement mérité !
Aucun doute... si j'ai un jour le bonheur de retourner dans cette belle cité, j'y serais accompagnée, Richard, par tes écrits ;-)
Amitiés et bises,
N@n


Richard LEJEUNE 17/01/2010 11:02



     Très aimable à toi, N@n. Mais je suis assuré que des guides imprimés bien plus maniables, mais surtout plus pointus que ce que j'ai pu ici
au fil des semaines présenter, te seront d'un meilleur secours.

     Puis-je me permettre de te conseiller d'enlever le "si" de ta phrase : tu as eu l'occasion, déjà, m'as-tu un jour écrit, de visiter très - trop - rapidement la
ville, tu sais donc que je ne magnifie rien ici. Que ne décides-tu, dès lors, de retourner là-bas et, comme nous, de prendre ton temps pour déambuler - à pied de préférence - de quartier en
quartier ?
C'est en tout cas, en toute amitié, ce que je te souhaite ; et, par parenthèses, à tous mes autres lecteurs également, eux qui découvrent virtuellement ce joyau pour la toute première fois
...  



Tifet 16/01/2010 09:56


j'adore les chemins des écoliers ! merci Richard pour cette ballade matinale. bon week-end. Tifet


Richard LEJEUNE 17/01/2010 10:49



     Et vous faites bien, Tifet, d'adorer aussi le chemin des écoliers : tout ce que j'ai relaté dans cet article est rigoureusement exact. Nous
nous sommes cet après-midi là véritablement retrouvés seuls, mon épouse et moi, dans cette superbe découverte de la colline de Letna et des jardins royaux qui aboutissent à l'arrière
de Hradcany ; et, bien évidemment, sans l'avoir prémédité et sans en avoir préalablement été avertis par l'un quelqconque guide imprimé. Le hasard !
     Ou, plutôt, cette volonté d'accéder le plus directement - et parfois rapidement - possible en un point bien défini que plébiscitent généralement les touristes partout
dans le monde nous a permis de découvrir "un autre Prague", avant, comme le prouve ma dernière photo, de nous replonger dans la foule.    



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