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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 23:00



     Quand nous nous sommes quittés, samedi dernier, amis lecteurs, je vous proposais de commencer d'envisager aujourd'hui avec vous ce que l'ultime décennie du précédent siècle avait réservé aux archéologues de l'Institut tchèque d'égyptologie (I.T.E.) qui, depuis le début des années soixante, explorent avec le succès que l'on sait la nécropole d'Abousir, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest du Caire actuel.

     Sous la direction de Miroslav Verner, nous l'avons vu, de nombreux complexes funéraires furent ainsi mis au jour. La provende, fort heureusement, ne se tarit nullement puisque, même après avoir quitté la direction de l'I.T.E., le Professeur Verner assumant celle de la Concession pour la Prospection d'Abousir, poursuivit ses travaux patronnant et accompagnant de nouveaux collègues : je n'en citerai que deux qui, relativement jeunes encore à l'époque, se révélèrent par la suite, vous le constaterez au fil des prochains articles, de brillants découvreurs :  

 

    

 

Miroslav Barta

Ladislav-Bares.jpg

    

 


    

 

 

Ladislav Bares


              et Miroslav  Barta

 

 

    
 
    
    
     Dès 1991, les équipes de fouilleurs tchèques vont se rendre encore un peu plus au sud du site d'Abousir pour en explorer les ultimes confins, à environ un kilomètre de la nécropole royale d'origine, celle d'une majorité de souverains de la Vème dynastie ; et ce, après avoir pris soin d'effectuer des sondages préalables dans  cette zone bien circonscrite.

    Permettez-moi d'emblée une petite précision : en historien, mais pas uniquement pour cette raison, j'ai pris l'initiative de relater
dans un ordre purement chronologique les découvertes qui se sont là succédé. Car en fait, ayant quitté la tombe-puits d'Oudjahorresnet la semaine dernière, il m'eût fallu, animé de la logique la plus élémentaire, envisager de vous emmener vers celles qui lui étaient proches dans ce cimetière saïto-perse, et qui furent mises au jour dans les années qui suivirent.

    J'ai en réalité plutôt préféré épouser le cheminement des égyptologues - même si, dans un premier temps, leurs raisons premières m'échappèrent en partie  -, et donc momentanément quitter le cimetière ouest pour les accompagner en  celui de son extrémité sud.

    Le plan ci-après, dessiné par Vladimir Bruna, devrait faciliter vos déplacements : il s'agit des tombes numérotées de 14 à 18.
.

Site d'Abousir

 

 

     En revanche, ce que je vous demanderai pour l'heure de maîtriser sera la chronologie, et plus précisément les différentes dynasties égyptiennes. Car si la  zone nord de la nécropole, ses pyramides, effondrées, et ses mastabas de nobles, dataient pour une grande part de la Vème dynastie de l'Ancien Empire, la tombe-puits d'Oudjahorresnet, souvenez-vous, avait quant à elle été creusée quelque 1700 ans plus tard, soit à la  XXVIème dynastie, à Basse Epoque donc.

    Et maintenant, nouveau retour en arrière, là-bas, tout au sud du site, je vous  invite à renouer avec l'histoire des fonctionnaires palatiaux de l'Ancien Empire.

    Aussi, et afin que toutes ces allées et venues dans le temps et le sable du désert ne vous essoufflent démesurément, je vous propose aujourd'hui, amis lecteurs, plutôt que déjà nous précipiter dans de nouvelles tombes, de simplement les évoquer de manière très générale, en guise de mise en appétit pour les prochaines visites auxquelles je vous convierai.

    Profitez donc de ces quelques moments de répit car, - et je vous l'annonce solennellement -, ce n'est pas en vacances que je vous emmènerai ces prochains samedis : il ne s'agira pas ici de déambuler dans Prague comme nous l'avons fait l'automne dernier ni de nous prélasser au soleil d'une agréable croisière sur le Nil avec soirée dansante déguisée en Néfertiti, mesdames ou en Toutankhamon, messieurs.

     Non ! Ce seront plus certainement des godillots qu'il vous faudra chausser et des jeans endosser : nous allons à nouveau descendre, à la suite des archéologues tchèques, dans le sous-sol de la nécropole, en explorant avec eux ce qu'il est maintenant convenu d'appeler le cimetière des fonctionnaires de rang inférieur à Abousir Sud.

    Certes, d'aucuns m'opposeront très vite qu'il ne s'agit point là d'une vraie découverte ; que plusieurs  des tombeaux que je compte prochainement vous faire découvrir furent déjà, au XIXème siècle, l'objet de fouilles, notamment par l'expédition pour compte de la Prusse de l'égyptologue allemand Karl Richard Lepsius, (1810-1884) qui, de 1842 à 1845, sillonna précisément toute cette région des domaines funéraires de Guizeh, Saqqarah, Abousir ou autres pour en effectuer un relevé topographique de première importance.

    Bien évidemment, je ne puis qu'entériner cette connaissance pointue qui est vôtre en la matière. Je préciserai simplement que si nos amis tchèques ont cru bon, là et alors, d'y consacrer un temps certain, c'était parce qu'il était urgent à leurs yeux d'y effectuer ce qu'ils nomment une "fouille de sauvetage" dans la mesure où la structure même de ces monuments se trouvait grandement - et irrémédiablement - menacée par d'avides pilleurs de sépultures.

    Et parmi ces sépultures antiques, je relève, sans aucune prétention d'exhaustivité, les mastabas pourtant en partie déjà connus de Kaaper, un fonctionnaire de très haut rang, et de Fetekti, un prêtre d'un temple royal, tous deux
ayant vécu à la Vème dynastie ; et ceux, nouvellement découverts, de Qar, un vizir de la VIème dynastie et des membres de la famille d'un certain Hetepi, prêtre également, mais à la IVème dynastie ...

     Toutes ces fouilles, toutes ces découvertes  - ou redécouvertes, c'est selon -  sous la direction de Miroslav Verner s'étageront donc sur les dernières années du XXème siècle : à partir de 1990-91 pour ce qui concerne Kaaper, Fetekti et les tombes près de celle de Hetepi, de 1993 pour Itehy, fonctionnaire du début de la IVème dynastie - ce qui correspondrait donc à la plus ancienne du site -, et de 1995 pour les sépultures des vizirs Qar et Isesiseneb ...

     Sans oublier - et là, il nous faudra revenir près de la tombe-puits d'Oudjahorresnet, dans le cimetière saïto-perse - celle également explorée à partir de 1995 d'un autre très important personnage de cette époque : Iufaa.

     Mais pour l'heure, c'est la première d'entre elles, celle de Kaaper, que, samedi prochain, amis lecteurs, je vous propose de visiter en ma compagnie ...

 

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commentaires

L
<br /> Merci de ta réponse, les Tchèques n'ont donc pas de pièces sorties au XIXe voire avant dans des conditions parfois douteuses (cf l'action des "consuls" de l'époque).<br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br />      Non, absolument pas : des consuls comme Henry Salt et consorts qui se sont enrichis pécuniairement en permettant d'enrichir,<br /> égyptologiquement, les collections de certains grands musées européens n'ont pas essaimé en Tchécoslovaquie ...<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />      Comme je l'ai mentionné au tout point de départ de cette série d'articles - 27 février 2010 -, l'égyptologie dans ce pays ressortit d'abord<br /> et avant tout au domaine des recherches philologiques avec Frantisek Lexa ; puis Jaroslav Cerny - les 6 et 13 mars - et Zbynek Zaba - le 20 -, qui va, quant à lui, impulser les investigations de<br /> terrain grâce à la création de l'Institut tchécoslovaque d'égyptologie et sa présence effective au bord du Nil dans le cadre, comme je l'ai expliqué, du sauvetage des temples nubiens.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />      A partir de là, et seulement à partir de ce moment-là - à savoir les années 60 -, l'égyptologie tchèque sera synonyme de campagnes de<br /> fouilles, avec la concession d'Abousir reçue en guise d'immense gratitude du gouvernement égyptien. <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />      Et la collection égyptienne du NpM, comme je l'ai précisé ce matin, ne sera créée qu'en 1969 comportant, essentiellement, des pièces<br /> généreusement accordées par le gouvernement égyptien de l'époque : rien donc, effectivement, qui, à mon sens, puisse donner naissance aux colères rétrospectives de Z. Hawass.  <br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> Cette série sur les fouilles Tchèques en Egypte me faire venir une question à l'esprit. Les Tchèques ont ils les mêmes difficultés que d'autres pays (Allemagne, France...) avec le tonitruant<br /> directeur des antiquités qui menace de bloquer toutes les autorisations de fouilles aux pays sommés de rendre tel ou tel chef d'oeuvre, généralement dans un musée depuis un ou deux siècles ?<br /> <br /> <br />
Répondre
R
<br /> <br />      Non, à mon humble avis, les Tchèques ne connaîtront pas ce cas de figure, et pour au moins deux raisons.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />       La première, et j'y ai fort souvent fait allusion, réside dans le fait que les fouilles qu'ils effectuent à Abousir constituent la<br /> "récompense", accordée par le gouvernement égyptien de l'époque, à la Tchécoslovaquie aux fins de remercier les savants de ce pays d'avoir activement contribué au sauvetage des temples de Nubie<br /> au début des années soixante.<br /> <br /> <br /> C'est ainsi qu'il serait tout aussi incongru, de la part de Z. Hawass, d'avoir l'idée de réclamer, par exemple, les quelques monuments sauvés des eaux qu'en guise de<br /> remerciement, l'Egypte a offerts en ces années-là, aux Etats-unis, à l'Espagne, aux Pays-Bas, etc.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />       La seconde raison, toujours selon moi, c'est que les objets qui composent la collection égyptienne du seul musée à disposer d'une sur tout le territoire tchèque, et pour lequel, un jour, je publierai un article, - à savoir : le Naprstek Museum of Asian,<br /> African and American Cultures, (NpM), situé place Bethléem, n° 1, à Prague (Betlemsko Namesti), fondé en 1969 - et qui proviennent essentiellement d'Abousir, furent<br /> acquises, toujours dans le même esprit de remeciement pour la participation au sauvetage des temples nubiens, avant 1987, date à laquelle les autorités égyptiennes limitèrent drastiquement<br /> l'exportation de pièces émanant de fouilles.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />       Ceci posé - et, je le répète, ce n'est qu'un avis personnel -, les voies du seigneur Hawass étant très souvent impénétrables, tout est<br /> toujours possible ...  <br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> Entendu Richard, RV Samedi prochain pour le mastaba de KAAPER!! Je suis intriguée!!!BON WEEK END BISOUS FAN<br /> <br /> <br />
Répondre
R
<br /> <br />      En espérant que vous ne serez pas en partie trop déçue, chère Fan, car , malheureusement, petites déconvenues il y aura ...<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />      Attendez-moi à l'entrée du site dès potron-jaquet, de manière que Rê ne soit pas encore en son zénith : je vous servirai de guide.<br /> <br /> <br /> <br />
J
<br /> Bonjour, je découvre votre blog par hasard, n'étant pas spécialiste en Egyptologie, mais j'en suis ravie, très instructif. Merci pour le partage<br /> Jocelyne ARTIGUE<br /> <br /> <br />
Répondre
R
<br /> <br /> Bonjour à vous, Madame, et merci de votre passage.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Vous êtes, faut-il vraiment l'ajouter, la bienvenue parmi mes autres lectrices et lecteurs : j'espère très sincèrement que vous trouverez ici de quoi vous<br /> intéresser.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A bientôt vous lire à nouveau ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Cordialement,<br /> <br /> <br /> Richard LEJEUNE<br /> <br /> <br /> <br />

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