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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 23:00

 

 

      Quand nous avons ensemble, samedi dernier, pénétré dans la tombe de Fetekti avec l'égyptologue tchèque Miroslav Barta comme guide, je vous avais expliqué, amis lecteurs, que l'endroit avait fort heureusement déjà fait l'objet d'une étude réalisée au XIXème siècle par Karl Richard Lepsius, notamment à propos des murs de la cour intérieure qu'il avait excavée et des peintures ressortissant au domaine de ce qu'il est habituellement convenu d'appeler "scènes de la vie quotidienne" qu'il y avait découvertes et relevées.

 

     Parmi elles, une célèbre représentation d'un marché de plein air auquel, comme promis en nous quittant, je voudrais aujourd'hui consacrer mon intervention.

 

 

Fetekti--2--Scene-de-marche--Lepsius-.jpg

 

 

 

       Célèbre dans la mesure où la présence de semblable manifestation populaire dans un contexte funéraire se révèle en définitive particulièrement peu fréquente et, à tout le moins à l'Ancien Empire, se résume à deux  tombes exhumées à Abousir : celle de Ptahshepses, que j'avais évoquée dans un article du 27 mars dernier et dans laquelle on peut voir, selon la légende hiéroglyphique, un homme troquant vraisemblablement un pain contre des oignons ; et dans celle de Fetekti que nous allons détailler ce matin. Mais aussi à quelques-unes situées à Saqqarah : celles de Kagemni, dans laquelle des marchands proposent onguents et parfums quand d'autres personnages échangent différents types de vases ; de Tepemankh : un fragment représentant l'étal d'un poissonnier est d'ailleurs exposé au Département des Antiquités égyptiennes des Musées royaux d'Art et d'Histoire, Parc du Cinquantenaire, à Bruxelles - ; d'Ankhmahor, par ailleurs connu pour une scène de circoncision ; de deux frères, Niankhkhnoum et Khnoumhotep et, bien sûr, dans le mastaba de Ti que je vous ai si souvent conseillé de virtuellement visiter grâce à l'excellent site d'OsirisNet.


 

     Vous aurez évidemment remarqué les deux verbes que j'ai employés pour définir ces relations commerciales : troquer et échanger. Il faut en effet  savoir qu'à cette époque lointaine, c'est par ce moyen que dans toute société s'obtenaient les marchandises convoitées : l'un pouvait exhiber une paire de sandales qu'il avait confectionnées contre quelques légumes cultivés dans le jardin d'un autre ; ou une villageoise marchandait quelque ustensile de cuisine fabriqué par son époux contre un bijou, ou un vêtement ...

 

     En parallèle à ces scènes peintes, la lecture d'une abondante documentation papyrologique confirme parfaitement que les produits d'utilité courante ou autres que l'on désirait se procurer pouvaient être obtenus grâce à l'un quelconque objet que l'on possédait en plusieurs exemplaires, voire même, dans certains cas, dont on acceptait de se priver. Et vraisemblablement, comme  à l'occasion de nos actuelles brocantes dominicales, il était avéré que le superflu de l'un constituait souvent le nécessaire d'un autre. 

 

     Un point me semble en outre intéressant à épingler : que ce soit dans certains textes de transactions ou sur les représentations pariétales d'un tombeau et même au niveau des légendes hiéroglyphiques qui les accompagnent, rien, pratiquement jamais, ne nous renseigne sur le qui est qui ?, sur le qui fait quoi ? ; rien ne vient en fait différencier un vendeur d'un acheteur. Ce qui signifie bien qu'en de semblables marchés de campagne ou citadins se pratiquaient des activités commerciales sur base du simple troc.

 

     Le souci de vérité historique m'oblige à toutefois ajouter que même s'il fallut attendre les rapports marchands plus larges, notamment à Basse Epoque avec les Perses et les Grecs, pour voir apparaître une véritable monnaie frappée à l'effigie d'un souverain ou d'un tout autre symbole, les Egyptiens utilisèrent, et ce dès l'Ancien Empire, des mesures de denrées quotidiennes - les céréales ou l'huile, par exemple,-, en guise de système d'évaluation.

 

     Et même, vous vous en doutez probablement beaucoup moins, des unités pondérales : en effet, un petit anneau d'argent appelé shâti dans les textes, d'environ 7,5 grammes servit ainsi d'unité monétaire pendant au moins deux millénaires ; secondé qu'il fut également par le deben, un "poids" d'approximativement 90 grammes, et qui correspondait donc à 12 shâtis.

 

     Un jour, j'aurai probablement l'opportunité de plus spécifiquement m'étendre sur ces notions de "monnaie" égyptienne  ... Mais pour l'heure, revenons sur le marché grouillant de monde - probablement en bordure du Nil -,  que nous donne à voir la tombe de Fetekti.

 

     Ou plutôt, que donnait à voir. Car ce fut là une des déconvenues des égyptologues tchèques qui redécouvrirent le mastaba en 1991, après un siècle et demi d'oubli complet : bon nombre des peintures reproduites dans les Denkmäler de Lepsius n'existaient plus ! Les pluies torrentielles qui chaque année s'engouffraient dans ce vallon avaient irrémédiablement détruit l'oeuvre des "scribes des contours égyptiens".

 

     Il faudra donc nous contenter de la planche 96 ci-dessus reprise du tome II de la somme de Karl  Richard Lepsius pour ensemble déambuler sur un marché égyptien antique.

 

     Les différentes activités marchandes figurées ici se déroulent sur trois registres horizontaux se subdivisant  chacun en deux évocations distinctes : bien que celles du niveau supérieur soient déjà en partie effacées à l'époque de Lepsius,

 

Fetekti---Scene-de-marche---Registre-superieur--Lepsius-.jpg

 

 

vous distinguez, à gauche, un homme debout qui vraisemblablement tend une pièce de tissu à un autre assis.

 

     Je souligne "vraisemblablement" dans la mesure où les égyptologues ne sont pas tous d'accord avec cette vision des choses ; pour ma part, j'ai opté pour celle de Miroslav Barta, qui me paraît être, dans son analyse de l'ensemble des panneaux décoratifs, celui qui est le plus proche des textes qui les accompagnent, ... quand bien évidemment ils ont été préservés.

 

     Selon lui, seuls deux exemples proposant semblable transaction d'un produit textile, seraient actuellement connus. S'interrogeant sur la raison pour laquelle l'un d'eux se trouve précisément dans ce mastaba-ci, il poursuit en rappelant que Fetekti dirigeait un atelier de  fabrication textile  au service de la Cour et que cette pièce de tissu pourrait constituer une récompense qui lui aurait été accordée.    

 

     Pour la petite histoire, j'ai en revanche lu dans un ouvrage qu'ici l'homme debout tendrait plutôt une planche à l'autre ! Mais comme aucune légende hiéroglyphique permettant de préciser l'événement n'a été conservée au-dessus du tableau, le débat reste pour vous ouvert, amis lecteurs, quant à votre propre interprétation ...

 

      Ceci posé, si M. Barta est dans le vrai, cela incline à penser, dans un premier temps, qu'il ne s'agirait alors nullement d'une scène de marché ; ensuite, que nous aurions là avec le personnage assis un "portrait" du défunt lui-même.

 


     Au registre médian, nettement moins endommagé,

 

Fetekti---Scene-de-marche---Registre-median--Lepsius-.jpg

 

la scène de droite relate un échange entre deux hommes mêmement vêtus d'un pagne : celui de gauche, debout, tenant des sandales dans une main, propose toutefois de l'autre un collier de perles à celui assis devant son panier de gâteaux : ayant déjà agrippé le bijou qui semblerait l'intéresser, il présente une de ses pâtisseries.  

 

      Les textes hiéroglyphiques apparents qui encadrent  le début de l'échange fournissent à la fois l'une ou l'autre précision - ainsi apprenons-nous que l'homme debout se prénomme Iounek -, mais surtout restituent les propos de chacun : Vois, mon gâteau est suave, dit l'un ; Vois, mes sandales sont solides, rétorque l'autre.

 

     La scène de gauche, quant à elle, nous donne à comprendre deux transactions qui se déroulent en même temps :  tout en éviscérant un des poissons de son panier, l'homme assis discute avec une jeune femme à robe longue et cheveux courts portant un caisson sur l'épaule. Trop de hiéroglyphes ont disparu sur la droite pour que nous puissions encore reconstituer les dialogues : la dame offre-t-elle le contenu de son fardeau ? Sont-ils en train de négocier le prix des poissons alors qu'elle n'a rien à proposer en échange ? 

Ici aussi, les avis divergent chez les commentateurs ...

 

     Tout proche, une autre dame, à cheveux longs cette fois, essaie, selon les inscriptions, de troquer deux bols nemset, contre un vase mesekhet. Faut-il comprendre, par l'attitude de l'homme assis qui maintient son récipient sur le sol alors que la chalande lui tend les siens, que la proposition ne lui paraît pas recevable, partant, que l'échange sera difficile ?

 

         

    Au registre inférieur, incontestablement la partie la moins déteriorée de l'ensemble de ces peintures murales,

 

Fetekti---Scene-de-marche---Registre-inferieur--Lepsius-.jpg

 

 

nous voyons, à droite, un producteur installé avec son imposant panier d'osier apparemment rempli de légumes dont on peut distinguer, du côté des deux hommes qui s'approchent, la partie supérieure de jeunes oignons : le premier des acheteurs potentiels, celui qui porte un sac en bandoulière, se présente avec un collier à  échanger, tandis que le second tient en mains deux types distincts d'éventails (ou de chasse-mouches).

 

     Vois cette parure, vois ce beau bijou, vois ces éventails, précisent les textes.

     Laisse-moi voir, répond le paysan en s'emparant du collier, et donne-moi ton prix.

 

 

     A gauche de cette scène, deux autres, comme au registre médian, se déroulent en parallèle : la première, plus difficile à analyser parce qu'abîmée au niveau d'une grande partie de la légende hiéroglyphique, nous montre deux hommes dont un seul tient quelque chose dans chacune de ses mains : peut-être des hameçons dans la droite et un papyrus qu'il brandit dans la gauche? 

 

     Tout à côté, une jeune dame en robe longue, cheveux courts et caisson sur l'épaule - serait-ce la même personne qu'au registre médian ? -,  dont le nom, Minmeret, est cette fois inscrit juste devant les jambes, discute avec un autre poissonnier assis près de son éventaire. Il semblerait, d'après la portion de texte traduisible, qu'elle juge le prix demandé excessif et en appellerait à un certain Ibi, superviseur du marché, afin qu'il tranche leur différend.

 

     Quoiqu'il en soit exactement des analyses que l'on peut - ou ne peut exactement -  déterminer, il n'en demeure pas moins que ces quelques "prises de vues" d'un marché égyptien antique réalisées par un ou plusieurs artistes de l'Ancien Empire, et que Lepsius a eu la bonne idée d'enregistrer dans ses dessins,  restituent parfaitement une ambiance, une réalité sociale qu'en Egypte comme ailleurs nous pouvons encore en partie retrouver à notre époque ...

 

     J'ai même eu, un instant, l'impression d'entendre une voix chaude qui me fredonnait :

 

     J'ai hâte au point du jour de trouver sur mes pas ce monde émerveillé qui rit et qui s'interpelle le matin au marché :

     Voici pour cent francs du thym de la garrigue, un peu de safran et un kilo de figues.
     Voulez-vous, pas vrai, un beau plateau de pêches ou bien d'abricots ?
     Voici l'estragon et la belle échalote, le joli poisson de la Marie-Charlotte.
     Voulez-vous, pas vrai, un bouquet de lavande ou bien quelques oeillets ? ...

 

 

 

Pas vous ??


 

 

(Allam : 2008, 133-4 ; Barta : 2005 ³; Menu : 2008, 129 ; Montet : 1925, 319-26 ; Peters-Destéract : 2005, 109)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte à l'Est
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commentaires

decius 25/06/2010 23:04


les voies de l'internet sont aléatoires, laissons faire le "feeling" de chacun pour rejoindre ou pas ce forum.
cordialement.
Dcius


Richard LEJEUNE 26/06/2010 08:46



Entièrement d'accord ...



decius 25/06/2010 00:00


tout a fait par hasard, en cherchant une stéle sur le site du musée du Louvre,puis en zapant, Eric Desrentes,egypte antique , salle 5 blog R Lejeune.....voilà le hasard démonté, et la visite a été
enrichissante. à bientôt.
cordialement
Dcius


Richard LEJEUNE 25/06/2010 10:49



     Le hasard d'une recherche : c'est effectivement souvent de cette manière que l'on arrive sur mon blog. Et puis, il y ceux qui repartent vers
d'autres horizons, sans laisser la moindre trace, et ceux qui s'étant abonnés à la newsletter deviennent de fidèles lecteurs ... 





     A bientôt.



decius 22/06/2010 09:02


message transmi à mes amis aprentis scribes :
egyptomusee.over-blog.com , connaissez vous ??? un site remarquable fait par une personne aimable et compétente, Monsieur Richard Lejeune, sa visite du musée du Louvre , très didactique est pleine
de référence et permet de s'imprégner de la substance qui a fait l'Egypte que nous poursuivons.
visitez, consultez, inscrivez vous sur le blog et parlons de cette Egypte.
Cordialement
Dcius


Richard LEJEUNE 22/06/2010 13:14



     Merci à vous, Décius, non seulement pour cette "publicité" que vous offrez à mon blog, mais aussi pour la célérité avec laquelle vous avez
mis en application la suggestion que je vous faisais hier ...





     Petite question : comment êtes-vous arrivé chez moi la première fois ?





     A bientôt donc, pour vous lire et les uns et les autres ...


 


     Cordialement,


     Richard





 



decius 21/06/2010 22:32


dont acte, je ne manquerais pas de communiquer votre site , pour le faire connaitre, et apprécier votre disponibilité. Merci et à bientôt de vous suivre.
cordialement
Dcius


Décius 21/06/2010 14:09


remarquable pour le "travail" fait tout au long d'"Egyptomusée", puis je m'en servir, en empruntant des photos et des textes,de votre site, pour vulgariser entre la dizaine d'amis qui essayons
d'apprendre les hiéroglyphes et approfondir l'histoire de cette Egypte qui fascine........
Dcius


Richard LEJEUNE 21/06/2010 21:05



Merci à vous, Décius, pour cette bien laudative appréciation que vous portez sur mon modeste "travail"...





Soyons clair : à partir du moment où je publie sur le Net, tout devient domaine public.


Donc, je ne puis vous empêcher de " vous servir "...





Ceci posé, j'apprécie grandement votre demande qui relève d'une conception déontologique qui vous honore. Oui, bien sûr, mon blog vous est ouvert, à vous et vos
amis.





Mais que diriez-vous, plutôt, de les inviter à venir me lire ; et, eux avec vous, d'établir ensemble, avec moi, un dialogue, un échange "questions/réponses" qui ne
pourrait qu'être profitable à nous tous ???





Je suis à votre entière disposition.


A votre meilleure convenance ...





A bientôt vous lire ?


Richard



Décius 20/06/2010 16:01


seulement un "empereur" romain 259 aprés JC, qui fit la chasse aux chrétiens........un cadeau de mon grand pére communiste et anticlérical......mais j'aime bien ce Décius que mon ariere, arrier,
arriere grand pére, portait sous la forme de Décio.
votre site est remarquable, puis je m'en servir......merci
Dcius


Richard LEJEUNE 20/06/2010 17:10



     Je vois que, question grand-père, nous sommes en pays de connaissances ...





J'ai deux questions.





Qu'entendez-vous exactement par :





1. "remarquable" ?





2. "puis-je m'en servir"  ?



Décius 19/06/2010 17:46


remarquables dessins de R. Lepsius, et superbes commentaires de Richard Lejeune. bonne continuation, les appréciations sont bonnes.
cordialement
Dcius


Richard LEJEUNE 20/06/2010 08:05



Décius ?


Consul ? Empereur ?


Rome débarquerait-il à nouveau en Egypte ?





Quoiqu'il en soit, bienvenue à vous, Décius. Et merci pour votre appréciation.





A bientôt ?



Jc Vincent 08/06/2010 18:18


J'avais perdu de vue cet aspect de présentation des tissus en magasin, que je connais effectivement ! La première hypothèse tient donc bien la route ...


Richard LEJEUNE 08/06/2010 18:26



     Sans vouloir la plébisciter catégoriquement, je pense effectivement que l'hypothèse peut être avérée ; avec toutefois les deux remarques
dont je l'ai assortie  ... 



Jc Vincent 08/06/2010 16:25


Puisque le débat reste pour nous ouvert, quant à notre propre interprétation de cette scène de transaction avec une pièce de tissu ou une planche, j’opte personnellement pour la seconde
interprétation que tu proposes : il me semble, à l’observation du document, que la pièce semble si rigide et si lourde, à en juger par la position de la main de l’homme debout qui la soutient, la
porte … le hic, c’est qu’alors, le panneau de bois ne paraît être soutenu que d’un seul côté !


Richard LEJEUNE 08/06/2010 18:05



     Le débat reste effectivement ouvert.





     Toutefois, concernant la rigidité et la lourdeur de "l'objet", la représentation m'a tout de suite fait penser - d'où mon opinion en faveur
de la première hypothèse avancée -, à quelque chose de bien précis.


Je ne sais pas si, comme moi, tu as déjà accompagné ton épouse dans un magasin de tissus en vue de trouver celui qui lui permettra de se confectionner une robe ou un
tailleur.


Ce sont toujours des dizaines et des dizaines de mètres enroulés, ou plutôt encadrant une planche en bois que la vendeuse déploie devant nous : rigide et lourde à
souhait, cette pièce ressemble à celle figurée ici chez Fetekti.





     De là à prétendre que les confectionneurs de tissus présentent de nos jours leur marchandise comme on le faisait déjà à l'Antiquité
égyptienne, il n'y a qu'un pas qu'évidemment je me garderai bien de franchir ...



Louvre-passion 06/06/2010 08:56


J'échange dix papyrus contre un mastaba !!!!


Richard LEJEUNE 06/06/2010 09:27



     Alors là, je pense qu'il faudra véritablement beaucoup marchander !





     Car à l'instar du personnage assis à gauche, au registre médian de la scène de marché chez Fetekti, je vais fermement "maintenir" mon
mastaba au sol  tant que tu ne m'auras pas proposé ... par exemple un obélisque en échange !



Louvre-passion 05/06/2010 18:45


Bien sûr à cette époque l'argent n'existait pas, tout passait par le troc et les salaires étaient payés en nourriture. Je me suis toujours demandé comment ils déterminaient la valeur d'un objet ou
d'un service... Mais peut être que nous en diras plus un jour.


Richard LEJEUNE 06/06/2010 08:52



     Dans ce type d'échanges, comme d'ailleurs dans nos brocantes contemporaines,  il n'y a pas de constante : je pense que c'est le besoin
qui crée le prix que, par ailleurs, l'on peut toujours essayer de marchander ...



J-P Silvestre 05/06/2010 17:31


Heureuse époque qui n'avait pas encore inventé la monnaie et les prédateurs qui vont avec : banquiers et autres spéculateurs... Merci pour ce rappel des ''marchés de Provence''


Richard LEJEUNE 06/06/2010 08:45



     En rédigeant mon texte, cette chanson s'est tout naturellement imposée à moi ...


     Souvenirs, souvenirs, comme l'écrit Alain ci-dessus ...



FAN 05/06/2010 15:13


Sauf que l'accent ne devait pas être celui du midi de Provence! Les peintures sont magnifiques et certainement, il ne devait pas encore exister une monnaie de paiement, sinon, malgré les pillages,
les chercheurs de trésors en auraient retrouvés!! J'ai acheté le "Que sais-je" reste à trouver le temps de lire!! BISOUS FAN


Richard LEJEUNE 06/06/2010 08:42



     Certes, Fan : mais le leur devait être à mon humble avis tout aussi chantant que l'accent provençal ...





     Concernant les peintures que j'ai présentées, je vous rappelle que ce ne sont pas celles d'origine, mais bien les dessins les reproduisant
qu'a réalisés Karl Richard Lepsius : il n' y a malheureusement pas dans ce cas-ci des photos en couleur qui nous auraient conservé les figurations antiques avant leur dégradation ...





     Tout à fait exact : la monnaie métallique, frappée par exemple à l'effigie d'un souverain était inconnue des Egyptiens de l'Ancien Empire :
ce n'est donc pas cela que les pilleurs de tombes recherchaient.





     Les historiens s'accordent pour reconnaître qu'elle n'apparut véritablement qu'au VIIème siècle avant notre ère, en Lydie
(Asie mineure).


Et quelques expressions françaises en ont d'ailleurs conservé trace.


Il en est ainsi de : "Riche comme Crésus" (qui était ce roi lydien qui créa un système de monnaie bimétallique - or et argent) ; ou encore : " J'ai
touché le pactole" (qui était le nom donné au fleuve qui traversait la Lydie et qui, paraît-il, charriait des petites pépites d'or et d'argent ...)


 


     Vous m'aviez effectivement déjà écrit que vous vous étiez procuré ce petit ouvrage : je vous en souhaite une excellente et profitable
lecture.


J'ai souvent dit que le temps était le même pour tout le monde ; et ajouté que c'est à nous de nous organiser pour en faire ce dont on en a véritablement envie
...



Alain 05/06/2010 12:53


Bien vu pour le texte chanté par Bécaud. C’est exactement çà. Quand j’étais gamin je connaissais cette chanson par cœur. Souvenirs...
Qui est qui ? Qui fait quoi ?
Ces peintures antiques placées côte à côte me font penser à une BD emplie de personnages faisant leur marché. On respire les odeurs d’épices, de pain ou de pâtisseries. L’action est parfaitement
montrée et l’on perçoit avec amusement le peu d’intérêt de l’homme assis face à l’échange que lui propose la femme aux cheveux longs qui lui colle un bol sous le nez. Quand à Minmeret, la femme aux
cheveux courts, elle ne me paraît pas du tout convaincue par les poissons de l’homme, sûrement trop chers.
Je verrais bien des bulles sortant de la bouche des personnages exprimant leurs pensées.


Richard LEJEUNE 06/06/2010 08:16



     Tout à fait, Alain ; et les "bulles" auxquelles tu fais allusion sont bien présentes - quand elles sont préservées : ce sont les
hiéroglyphes qui encadrent les scènes et qui nous donnent à lire les quelques petites phrases des uns et des autres pour vanter un produit et dont j'ai ça et là proposé la traduction ...


 


     Ce sont ces interpellations qui à mon sens ajoutent la vie à ces représentations que d'aucuns pourraient considérer comme figées.


 



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