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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 00:00

 

     On sent que le roi, énergique et lointain, éprouve, après un long exercice du pouvoir, devant l'ingratitude des hommes, plus de mépris dédaigneux que de découragement, mais on devine aussi une certaine lassitude.

(...)

   On se demande comment un sculpteur a pu, dans une pierre aussi dure que le granit, donner à la chair une souplesse aussi vivante et aussi vraie.

     Médamoud, sanctuaire créé par Sésostris III, nous a donc livré, de ce roi, une admirable série de portraits réalistes, et réalistes, non pas seulement parce qu'ils indiquent nettement l'évolution d'un visage, de la jeunesse à l'extrême vieillesse, mais aussi, et surtout, parce qu'ils expriment, avec une vérité extraordinaire, la vie intérieure du modèle. 

 

 

 

Jacques VANDIER

Manuel d'archéologie égyptienne

III : Les grandes époquesLa Statuaire

 

Paris, A. et J. Picard & Cie,

pp. 185-6 de mon édition de 1958

 

 

 

     Nous conversions mardi dernier, souvenez-vous amis visiteurs, au sujet des visages royaux et de l'art statuaire souhaité par Sésostris III, de manière à mettre en perspective les concepts de réalisme et d'idéalisation que la réflexion occidentale, - pour ne pas écrire cartésienne -, toujours oppose alors qu'à l'inverse, l'Égyptien de l'Antiquité, pour diverses raisons - dont la finalité funéraire n'est pas étrangère -, n'eut de cesse d'associer réalité et idéalité, portrait et image idéale.

 

     Dans cette perspective, j'avais pensé intéressant de vous faire comprendre combien étaient erronées les conceptions que les égyptologues développèrent quand ils exhumèrent les premières figurations de ce souverain et de son successeur immédiat.

 

     Pendant toute cette semaine, pour assouvir un plaisir personnel, mais aussi en quête d'une exergue qui corroborerait mon propos, j'ai beaucoup lu et, notamment, ce que j'aime peut-être par-dessus tout, les écrits, les rapports de fouilles, les notes de ces savants des premiers temps de l'égyptologie.

     Certes, leurs approximations, leurs tâtonnements, leurs avis péremptoires aussi, inhérents à une science qui n'était que naissante peuvent prêter à sourire maintenant que notre approche de la civilisation égyptienne et de son art a considérablement évolué. Nous ne portons plus nécessairement le même regard sur les oeuvres jadis ainsi commentées mais il n'en demeure pas moins que je trouve personnellement succulente la lecture de ces comptes-rendus tout empreints d'interprétations subjectives pour le moins "audacieuses".

 

     Telle celle de l'égyptologue français Jacques Vandier que j'ai choisie pour vous accueillir ce matin.            

 

 

     Soucieux de rendre hommage à l'oeuvre de réunification de l'Égypte qu'entreprit Montouhotep II, son lointain prédécesseur sur le trône, nous l'avons constaté avec les trois statues londoniennes provenant du temple de ce roi à Deir el-Bahari, dont l'une, BM EA 686 nous accueillit d'emblée, au pied de l'escalier menant au second sous-sol où, depuis le 4 novembre dernier, nous visitons de conserve, vous et moi, l'exposition que lui dédie le Palais des Beaux-Arts de Lille jusqu'au 25 janvier 2015, Sésostris III, ce cinquième souverain de la XIIème dynastie (Moyen Empire), fit, dans la région thébaine, bâtir trois sanctuaires dédiés au dieu Montou, une des divinités cardinales de l'endroit, au culte de nature solaire depuis déjà les Textes des Pyramides, incarné dans un faucon, avant de devenir, au Nouvel Empire, le dieu belliqueux dont vous avez certainement entendu parler, alors identifié en tant que "dieu de la guerre", fonction que lui attribua le clergé de Karnak quand il décida qu'Amon deviendrait "roi des dieux" dans le nome de Thèbes.

 

     Vous aurez aussi évidemment noté que "Montou" fut choisi pour entrer dans la composition du nom de trône de certains des premiers rois du Moyen Empire, Montouhotep signifiant : "Montou est satisfait".

 

     Si deux des sanctuaires voués à Montou, ceux de Ermant et de Tôd, ont déjà été reconstruits à l'époque des fondateurs de la dynastie, Amenemhat Ier et Sésostris Ier - ce dernier étant, souvenez-vous, le souverain du Conte de Sinouhé -, de sorte que Sésostris III n'estime apparemment pas devoir leur consacrer une attention n'excédant pas quelques petits travaux de réfection, au niveau du troisième, tout au contraire, à Médamoud, situé quelque cinq kilomètres à peine au nord-est de Karnak, il fonde un temple de grande envergure - l'enceinte rectangulaire d'une épaisseur de 5,50 mètres mesure  98 x 61 mètres -, précédé d'une avant-cour d'une trentaine de mètres, et accompagné de magasins et d'habitations accessibles par des ruelles.

 

     C'est à l'archéologue et égyptologue français Fernand Bisson de la Roque (1885-1958) que nous devons, à partir de 1925 et jusqu'en 1933, au nom de l'I.F.A.O. (Institut français d'archéologie orientale) et du Musée du Louvre, les fouilles - consignées au sein de différents rapports -, de ce temple du Moyen Empire alors complètement détruit, mais dont maints monuments avaient été fort heureusement conservés dans les fondations du temple d'époques ptolémaïque et romaine ; fouilles menées ensuite pour les mêmes commanditaires, par Clément Robichon et Alexandre Varille jusqu'en 1938.

 

     Ci-dessous, une vue des vestiges au niveau du portique ptolémaïque : immense merci à Lilian Postel, - un des intervenants du samedi après-midi, lors de la Journée d'étude à Lille, en octobre dernier -, Maître de conférences en égyptologie à l'Université Lumière-Lyon 2 à qui, depuis 2003, échoit la tâche de poursuivre les recherches sur le site et qui a eu l'immense gentillesse de m'offrir quelques-uns de ses clichés personnels pour illustrer mes propos.  

 

01. Portique ptolémaïque

 

     Près de cent cinquante pierres pourvues d'un décor de la XIIème dynastie, ainsi que des statues de Sésostris III, - en nombreux fragments malheureusement -, furent dès 1925 mises au jour par Bisson de la Roque.

 

     L'accès au sanctuaire proprement dit, au-delà de l'avant-cour, nécessitait de franchir une porte monumentale dont le linteau, amis visiteurs, ne vous est plus inconnu puisque, dernièrement, je vous en avais montré un dessin en rapport avec la fête-sed du roi, emprunté au forum espagnol Egiptomaniacos ; dessin réalisé à partir du monument que vous avez peut-être vu au Musée du Caire (JE 56497).

 

     L'accès aux ruelles desservant les magasins s'ouvrait, quant à lui, à l'est en franchissant une porte en calcaire dont le linteau (E 13983), de grande beauté, appartient désormais au Musée du Louvre, à la suite du partage des fouilles. Et pour notre plus grand plaisir, il a quitté la vitrine 13 dans laquelle, à Paris, il fait l'admiration de tous, salle 23 de l'Aile Sully, au premier étage du Département des Antiquités égyptiennes, entre deux des fenêtres donnant sur la Cour Carrée, pour venir s'exposer devant nous, au Palais des Beaux-Arts.

 

     Au Louvre, comme ici, à Lille, sur un socle placé à gauche du linteau, une statue assise (E 12960

 

Sesostris III - Louvre E 12960

 

 

et sur un autre présentoir, plus à droite, un buste (E 12961),

 

Sesostris-III---Louvre-E-12961.jpg

 

 

provenant du même don égyptien précèdent le somptueux bas-relief  : ce sont deux monuments que j'ai très - trop ? - rapidement cités la semaine dernière, et sur lesquels je souhaiterais maintenant plus spécifiquement attirer votre attention en comparant leur analyse en vigueur au milieu du XXème siècle à celle des historiens de l'art actuels ; et cela, avant d'enfin consacrer notre rencontre de mardi prochain au fameux linteau.

 

     Délectation personnelle d'un littéraire, m'opposerez-vous. Certes. Et pourquoi pas ?

 

     L'Histoire, l'Histoire de l'art, c'est cela aussi : prendre conscience, en étudiant nos maîtres, d'une bienvenue évolution de la pensée débouchant sur une nécessaire remise en question ... sans toutefois - et là, je pare d'emblée à d'éventuels arguments qui me seraient opposés -, tomber dans un inacceptable et indéfendable révisionnisme : il est indéniable que ces premiers égyptologues défricheurs d'un savoir en devenir nous ont tout appris. À nous maintenant, forts des avancées de la science qu'ils ont permises, de parfois affiner certaines des affirmations anciennes. 

 

 

     Les deux statues de Sésostris III que nous venons de rencontrer dans la première section de l'exposition lilloise furent réalisées dans un matériau fort semblable à mon avis de néophyte en la matière puisque Guillemette Andreu, Directrice honoraire du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, dans l'ouvrage de 1997 référencé en note infrapaginale, indique le gabbro dioritique pour la première (E 12960) et le gabbro porphyrique pour la seconde (E 12961), alors que dans le catalogue de la présente exposition, elle note respectivement diorite porphyrique pour l'une et gabbro porphyrique pour l'autre.

 

     Quoi qu'il en soit, ce duo de toute beauté offert à la France en 1927, fut exhumé du site de Médamoud par Fernand Bisson de la Roque qui, dans la relation de ses travaux de 1925, écrit :

 

     " ... morceaux de plus d'une douzaine de statues de Sésostris III ont été trouvés soit sous le niveau du dallage du temple ptolémaïque, soit au-dessus de ce dallage. Certaines de ces statues ornaient le temple ptolémaïque et semblent avoir été brisées par les coptes qui les ont utilisées dans les fondations des murs de leurs installations."

 

     La première oeuvre, (E 12960), irrémédiablement brisée au niveau des mollets, et partiellement mutilée au visage 

 

 

Sésostris III - Louvre E 12960 - © C. Décamps

(© C. Décamps)

 

 

donne à voir un souverain aux traits juvéniles, assis sur un siège cubique muni d'un pilier dorsal : cet appui, ainsi que les flancs du trône sont parfaitement anépigraphes, alors que des hiéroglyphes gravés en colonnes de part et d'autre de ce qu'il subsiste des jambes royales précisent, à gauche : L'Horus Neter-Kheperou, le fils de Rê, Sésostris ... et, à droite : L'Horus Neter-Kheperou, le roi de Haute et Basse-Égypte, Khakaou-Rê

 

     Le roi, coiffé du némès, est simplement vêtu d'un pagne plissé (shendjyt, comme le momme la littérature égyptologique) sur lequel il pose les mains et dont la boucle de ceinture décline l'identité : Khakaourê. Comme seul ornement personnel, il porte sur la poitrine un collier fait de perles tubulaires au bout duquel pend une amulette bilobée que perce une sorte d'épine : l'objet laisse encore de nos jours la communauté égyptologique entièrement perplexe quant à sa signification.

 

     Concernant cette statue, Vandier, au tome III de son manuel écrivit :

 

     "... c'est manifestement la jeunesse que l'artiste a voulu exprimer : le visage est plus rond, les méplats, plus réguliers, les poches sous les yeux, moins creusées ; la bouche est sérieuse, mais non pas amère, et le regard est moins douloureux. Le corps est modelé avec soin, sans exagération."

 

     Vous aurez évidemment compris qu'il établit sa description en comparaison avec un autre visage du souverain : il s'agit en fait du buste (E 12961) placé à  la droite, ici à l'exposition, comme au Louvre d'ailleurs.

 

 

Sésostris III - Louvre E 12961

 

 

     Il semblerait que le roi, lui aussi assis à l'origine - c'est à tout le moins ce que suggère le début de son avant-bras gauche, plié -, présente, malgré les importantes déprédations au niveau de la face, des traits bien plus vieillis que l'effigie précédente.

 

     C'est ce qu'expliqua Jacques Vandier :

 

     " Le visage est maigre et ravagé, la bouche encore plus arquée et plus tombante exprime plus que du dédain, presque du dégoût ; les plis du menton s'affaissent, la tête s'incline légèrement en avant, les poches, sous les yeux, se creusent, le corps est plus étriqué, tous les stigmates de la vieillesse sont marqués avec soin.

 

 

     Voilà donc, amis visiteurs, concernant ces deux oeuvres majeures, ce que vous auriez pu découvrir dans la littérature égyptologique du milieu du XXème siècle, ce que vous auriez probablement pu entendre ces années-là, si vous aviez suivi les commentaires d'un guide du Louvre.

 

     Mais pourquoi diable n'est-il jamais établi de comparaison entre un visage parfois défini comme âgé et un corps lui-même, je le rappelle au passage, toujours modelé à l'instar de celui d'un jeune homme à la musculature puissante et plus qu'avantageuse ?

 

     De nos jours, un demi-siècle plus tard, que reste-t-il de ces théories ? Pas grand chose en vérité, sinon leur obsolescence dans la mesure où des historiens de l'art tels Roland Tefnin et, à sa suite, Dimitri Laboury ont définitivement démontré avec brio que ces physionomies différentes attribuées par un même artiste au même moment de l'élaboration d'une série de statues du même souverain ne pouvaient ressortir qu'à un autre domaine que celui du "portrait" psychologique réaliste.

 

     C'est assurément vers la notion d'idéologie du pouvoir qu'il nous faut dorénavant nous tourner pour comprendre la statuaire de Sésostris III : le roi aux grandes oreilles, le roi "vieilli", devenu "las", aux yeux cernés, aux rides avérées ... mais au corps d'athlète constitue en fait l'image sémiotique qu'il souhaita donner de lui, désireux d'être compris par tous comme vaillant, prêt et capable d'intervenir en cas de danger, un monarque vigilant, à la sollicitude toujours en éveil, à l'écoute bienveillante pour son peuple.

 

     Un monarque qui entendit que fussent reconnues, dans leur essence même, ses qualités de monarque.

     

     Vraies ou fausses ? Cela relève d'un autre débat ...

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

 

 

ANDREU Guillemette/RUTSCHOWSCAYA Marie-Hélène/ZIEGLER Christiane

L'Égypte ancienne au Louvre, Paris, Éditions France Loisirs, 1997, pp. 92-5. 

 

 

BISSON DE LA ROQUE  Fernand 

Rapport sur les fouilles de Médamoud, 1925, Le Caire, FIFAO 3, 1926, p. 32.

 

ID.

Les fouilles de l'Institut français à Médamoud de 1925 à 1938, dans RdE 5, Le Caire, I.F.A.O., 1946, pp. 25-44. 

 

 

DELANGE  Élisabeth

Catalogue des statues égyptiennes du Moyen Empire, Paris, Édition de la Réunion des musées nationaux, 1987, pp. 24-8. 

 

 

LABOURY  Dimitri

Le portrait royal sous Sésostris III et Amenemhat III. Un défi pour les historiens de l'art égyptien, dans Egypte, Afrique & Orient 30, Avignon, Centre vauclusien d'égyptologie, 2003, pp. 55-64.

 

ID.

Réflexions sur le portrait royal et son fonctionnement dans l'Égypte pharaonique, dans KTEMA, Civilisations de l'Orient, de la Grèce et de Rome antiques, Volume 34, Recherches sur le portrait dans les civilisations de l'Antiquité. Représentation individuelle et individualisation de la représentationUniversité de Strasbourg, 2009, pp. 175-96. 

 

 

TEFNIN  Roland

Les yeux et les oreilles du Roi, dans BROZE M. et TALON Ph., L'Atelier de l'orfèvreMélanges offerts à Philippe Derchain, Louvain, Peeters, 1992, pp. 147-56.

 

 

VANDIER JacquesManuel d'archéologie égyptienne. III : Les grandes époques La Statuaire, Paris, Éditions A. et J. Picard & Cie,  1958, pp. 185-6.

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en France
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commentaires

Cendrine 06/12/2014 05:08

Je comprends et je partage Richard votre crainte face aux inepties "pondues" par des gens qui expérimentent je ne sais trop quoi et qui favorisent un nivellement par le bas. La semaine dernière,
aux informations, il n'était question que de débats sur l'arrêt des notes à l'école,sous prétexte de ne plus stresser les enfants et de ne pas favoriser ceux qui travaillent bien, voilà encore un
exemple...

Je déplore aussi que des personnes aient peur d'être jugées en venant sur certains blogs car il n'y est pas question de jugement. Chaque personne a son parcours scolaire,individuel, son histoire,
ses failles, ses disponibilités intellectuelles. Il n'est pas question de compétition ou de jugement...
Peu à peu, j'ai réussi à faire prendre conscience à des aminautes qui ont eu une scolarité très difficile que je n'allais certainement pas me moquer ou attendre des commentaires d'une complexité
philosophique suprême. Je respecte tout le monde comme vous le faites et cela se ressent. Le professeur en vous est et sera toujours là, c'est un sacerdoce, une seconde nature. Vous ne jugez pas.
Mais il y a des personnes intimidées qui ne savent pas comment exprimer ce qu'elles pensent. J'espère que la situation évoluera. J'ai des amis qui vous mettent des +1 sur Facebook mais qui
n'oseront pas vous écrire.

La semaine en France a été consacrée en grande partie dans les médias à la problématique des notes, comme je vous le disais... mais j'ai entendu quelque chose de positif. Des groupes de personnes
se créent dans le but de réapprendre l'orthographe et d'améliorer leur écriture, il faudrait que ça essaime...

En ce qui concerne l'orthographe, j'ai rappelé à certains qui me taraudaient (des gens peu sympathiques qui me rendent visite parfois et qui essaient de trouver un "petit truc" qu'ils pourraient me
faire remarquer, du genre "inspecteurs des travaux finis", les non dits sont très parlants) quant à l'utilisation de tel ou tel mot que j'utilisais l'ancienne et la nouvelle orthographe. C'est un
choix personnel et une possibilité justement admise par l'Académie car initiée par elle et la nouvelle orthographe date déjà de 1990. La coquine a déjà une certaine maturité et au fond, elle ne
bouscule pas grand chose. En tous cas, elle ne se rapproche en rien des "horreurs" que l'on voit poindre dans les tweets ou sur les réseaux sociaux, heureusement, sinon je l'aurais boycottée et je
ne comprendrais plus l'Académie!

Je viendrais lire votre dernier article à tête reposée. Je voulais vous souhaiter une belle Saint-Nicolas ainsi qu'à vos proches.J'ai des amies belges qui m'ont gentiment envoyé de délicieux
spéculoos et qui attendent le vieux monsieur et sa fidèle monture de pied ferme. Pour ma part, j'ai un faible pour le Père Fouettard et ses avatars encore plus sombres, j'aime ce genre de
personnages qui créent un trouble et sont de mystérieux initiateurs. En Fac de Lettres, je choisissais toujours les personnages les plus étranges et ambivalents pour mes exposés mais je n'ai rien
contre la visite d'un gentil pourvoyeur en cadeaux, pour finir sur une petite note humoristique.

Grosses bises, avec mon amitié cher professeur!

Cendrine

Richard LEJEUNE 07/12/2014 09:02



     Mais ma parole, vous ne dormez pas la nuit, chère Cendrine !!


Vous devriez prendre mieux soin de vous. Quand je note les heures auxquelles, hier, ici et sur votre blog, vous avez déposé vos textes, je m'inquiète quelque peu à
votre sujet !


 


     Merci pour ce commentaire qui illustre et prolonge notre précédent échange.


Vous revenez en outre, ici comme dans votre dernier article, sur un sujet qui me tient particulièrement à coeur : l'orthographe.


     Sur votre blog, je ne me suis pas permis mais ici, acceptez que je vous écrive que je ne suis pas d'accord avec vous sur un point. Qu'il y ait
"nouvelle" orthographe, je m'incline. Nonobstant, à mon âge, je m'arroge le droit de douter de son bon sens et de ses modalités d'application, mais il faut bien que les Académiciens, plus vieux
que moi encore, s'amusent et, surtout rappellent qu'ils existent et, en principe, servent à quelque chose !


     Ce sur quoi pose mon désaccord, c'est sur l'opportunité qu'ils concèdent d'écrire tantôt avec l'ancienne, tantôt avec la nouvelle.


 


     Personnellement, - et là réside mon "différend" avec eux et vous -, j'estime qu'il faut décider de la cour de récréation dans laquelle on joue :
ou l'on utilise l'une, ou l'on choisit l'autre. Mais pas les deux en parallèle quand l'une ou l'autre nous convient mieux. Sur quel critère, d'ailleurs, cette convenance particulière ?


 


     Je reste persuadé que pour un lecteur - et de surcroît, un jeune lecteur -, cette possibilité laissée aux gens est déstabilisante !


 


     Ceci posé, dans le milieu égyptologique qui conserve ma préférence au niveau de mes lectures actuelles, ainsi que dans celui des écrits
philosophiques ou des essais, je n'ai toujours pas rencontré d'auteurs qui plébiscitait cette "nouvelle" orthographe, et encore moins, évidemment, quelqu'un qui passerait allègrement de l'une à
l'autre dans un même ouvrage.


     J'ai même de plus en plus l'impression que peu d'écrivains s'en préoccupent ...


Tout comme le commun des mortels semble de moins en moins se préoccuper de l'orthographe, quelle qu'elle soit ! Malheureusement.


 


    Excellent dimanche à vous, chère Cendrine.  



FAN 30/11/2014 17:17

un article très pointu voir intellectuel mais que cela ne tienne, j'ai tout lu!!Oui, l'humour existait déjà, oui, il est dommage d'avoir trouvé en mauvais état les statues se SésostrisIII car
chacun peut mieux se permettre de fantasmer sur la représentation de ce pharaon! Avez-vous appris cher Richard ce que désormais l'on peut faire avec le 3D? les créateurs de cette nouvelle manière
de préserver les oeuvres d'art est impressionnante!! BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 01/12/2014 10:17



     Et pourquoi donc n'auriez-vous pas tout lu, Fan ?


     Qu'est-ce que signifie "article intellectuel" ?


     Pourquoi ainsi cette volonté de vous sous-estimer ? 


 


     Quant aux techniques ultra-modernes qui "reconstituent" le visage de Cléopâtre ou de Toutankhamon, permettez-moi de grandement douter de leur
bien-fondé  : un être humain n'est pas un temple dont on suppute virtuellement l'aspect antique à partir des ruines éparses ...



Cendrine 28/11/2014 16:39

Vos articles ne risquent pas de lasser, ils s'apprécient comme un pur moment de littérature. Il y a aussi des personnes qui "passent en silence", n'osant pas laisser de commentaire. J'ai des
ami(e)s qui viennent lire vos écrits mais qui se sentent incapables de vous dire ce qu'elles/ils en pensent, je les gronde gentiment, leur disant qu'ils/elles ne seront pas jugés. Ils ont fait
pareil avec moi pendant longtemps et là ils me disent "le monsieur est très intelligent et cultivé, il va nous prendre pour des débiles..." Je leur ai dit "c'est un professeur et quelqu'un qui
partage généreusement ses connaissances, il ne va pas vous juger". Ensuite, la balle est dans leur camp, je ne juge pas moi-même,je sais qu'ils apprécient mais qu'ils ne savent pas comment le
dire.

J'ai toujours aimé les matières utilisées pour sculpter les statues, ces pierres dures à la robe mate ou brillante dont les noms crépitent au creux des lèvres. Elles participent à insuffler de la
magie dans le réel.

J'ai aussi ri avec la référence à Montou qui m'a rappelé un vieux professeur adorable, monsieur Montout (avec un t à la fin) que la secrétaire de l'UFR l'Histoire de l'Art avait appelé un jour
monsieur Montoutou, elle en était devenue toute rouge et nous avions beaucoup ri. Le "petit nom" lui était resté. De là à penser que monsieur Montoutou ou que ses homonymes aimeraient se faire
gratter les oreilles pour stimuler leur écoute... Pardonnez-moi, l'effet de mes médicaments mélangés avec du chocolat chaud!

Excellent week-end Richard
Amitiés
Cendrine

Richard LEJEUNE 01/12/2014 10:10



     De vos propos, chère Cendrine, sourd toujours une réelle amabilité qui me touche. Vraiment. Merci à
vous.


 


     Parce qu'on me l'a souvent dit, j'ai pris conscience que mon blog plaçait la barre parfois assez haut.


 


     Ce n'est certes pas pour "faire le malin" : je pense qu'à 66 ans, je n'ai plus rien à prouver à qui que ce soit ! Mais - et chassez le naturel
... -, je fus Enseignant et ai toujours estimé qu'il fallait "forcer" les Étudiants à s'élever vers la Connaissance. C'était ce que je considérais être ma "mission" première, face à ce que je
regarde comme une erreur : le nivellement par le bas, de manière que tous réussissent ... et que les gouvernants puissent se targuer d'avancer de meilleures statistiques scolaires que celles des
pays voisins !


 


     Quand j'observe les "sms" et autres "tweets" des jeunes, j'ai peur pour la langue française. Et quand
j'entends que les Danois décident, après certains États américains, de ne plus obliger nos petites têtes blondes à utiliser l'écriture liée, je peine à croire qu'il n'y a pas là une volonté
sous-jacente de poursuivre l'abêtissement culturel.





     De sorte que, il faut bien l'admettre, sur mon blog, je suis resté Enseignant.


Une des grandes différences avec la carrière, c'est évidemment que je ne dois plus "juger" pour un examen, ou pour un diplôme à attribuer.


 


     J'ai toujours été et suis encore ouvert à tous les échanges d'idées et trouve regrettable que les
adultes qui me lisent aujourd'hui hésitent à me poser des questions ou à simplement se manifester pour donner leur avis. 


 


     Merci pour votre anecdote concernant ce "vieux professeur" : le nom du dieu Montou semble avoir fait sourire quelques lecteurs. Jamais je n'y
aurais songé ...



Carole 26/11/2014 23:24

"Montou est satisfait", cela me laisse toute rêveuse. Finalement, l'humour aussi a dû naître en Egypte.
Plus sérieusement, votre article nous offre, au-delà du sujet "égyptien" une réflexion sur l'art qui va bien au-delà des frontières du temps et des lieux.

Richard LEJEUNE 27/11/2014 10:44



     Comme je l'ai tout à l'heure écrit à Jean-Pierre, ce jeu de mot m'avait échappé dans la mesure où, quand en égyptologie nous évoquons ce dieu,
nous prononçons le N. 


 


     Ceci posé, il existe des preuves patentes - notamment des dessins sur ostraca - d'un humour bien présent en Égypte antique.


 


     C'est effectivement ce que je tente de démontrer, tant au Louvre qu'au Palais des Beaux-Arts de Lille ...


     Merci à vous, Carole, de l'avoir compris. 



christiana 26/11/2014 19:09

Ces deux statues en porphyre sont très belles mais je ne vois pas sur la poitrine un collier fait de perles tubulaires au bout duquel pend une amulette bilobée que perce une sorte d'épine...

Richard LEJEUNE 27/11/2014 10:17



     Bonjour Christiana.


 


     J'avais ce matin rédigé une longue réponse pour t'indiquer où, sur la dernière photo, en regardant très attentivement, tu apercevais les perles
tubulaires et l'amulette.


J'ai probablement effectué une fausse manoeuvre car je me rends maintenant compte qu'elle a disparu !


 


     Je t'ai envoyé par courriel un cliché en gros plan - ce qui n'est pas possible ici, sur Overblog, au niveau d'un commentaire -, qui sera bien
plus éloquent que tous mes propos.


 


     Je t'en souhaite excellente réception.


     Richard



J-P.Silvestre 26/11/2014 18:08

C'est bien Montou l'inventeur de la charade ?
Un peu plus sérieusement, savez-vous si Bisson de la Roque était un parent du colonel, créateur des Croix de feu ?

Richard LEJEUNE 27/11/2014 09:20



     Montou, inventeur de la charade ?


     Excellent, Jean-Pierre !


 


     Mais cela ne m'avait jamais effleuré pour la simple raison que quand en égyptologie, nous citons ce dieu, nous prononçons le N ! Et donc, le jeu
de mot nous échappe ...


 


     Quant à la parenté que vous évoquez, je n'en ai aucune idée. En fouillant un peu le Net, je puis déjà affirmer qu'ils ne sont pas frères puisque
l'égyptologue est né le 30 juin 1885 et le colonel le 6 octobre de la même année.


Et aucun des documents en ma possession concernant l'égyptologue ne fournit sa généalogie ni ne fait allusion au colonel François de la Roque.


 


     Je ne puis malheureusement vous en dire plus.



Jean-Marie Létienne 25/11/2014 09:45

Merci Richard, vos articles sont toujours aussi passionnants.

Richard LEJEUNE 25/11/2014 11:14



     Merci à vous, Jean-Marie, pour cette aimable appréciation.


 


     Mais à les voir ainsi s'allonger de semaine en semaine, je me demande s'ils ne vont pas finir par lasser et n'avoir en guise de lectorat qu'un
nombre restreint d'amateurs ... 


A tout le moins, ici, sur Overblog car sur Facebook, ce serait plutôt l'inverse qui se produit depuis mon arrivée le 26 septembre dernier.



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Table des Matières (13-12-2012)

 

METCHETCHI

 

OU

 

Sinouhé - Hiéroglyphes

 

SINOUHE

Ou Encore ...

L' INDISPENSABLE



Les dessins au porte-mines

de Jean-Claude VINCENT

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