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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 00:00

      Construire un temple consiste à enfermer une parcelle du divin sur la terre des vivants ; il s'agit ensuite d'entretenir cette force qui assure la prospérité du pays. D'autre part, ce précieux réceptacle, préservé des assauts du mal par un arsenal magique, garantit l'intégrité de l'Égypte entière, car la divinité installée dans cet inexpugnable univers en réduction est douée d'ubiquité.

(...)

     Dans la maison du dieu, le roi est le médiateur entre les hommes et celui-ci. C'est lui seul qui édifie les constructions sacrées et qui les fait vivre par des offrandes quotidiennes.

 

 

 

Sylvie  CAUVILLE

L'offrande aux dieux dans le temple égyptien

 

Louvain, Peeters, 2011

p. 5.

 

 

 

     Après nous être longuement arrêtés la semaine dernière, vous et moi amis visiteurs, devant deux statues de Sésostris III, souverain de la XIIème dynastie égyptienne remarquablement mis à l'honneur, ici, au Palais des Beaux-Arts de Lille ; après avoir admiré ses "portraits" qui, contrairement à ce qui est avancé depuis tant d'années, ne sont en rien réalistes, en rien représentatifs de ses états psychologiques mais dénotent plutôt sa volonté de médiatiser une idéologie précise quant à la nature du pouvoir royal - la littérature de l'époque l'a me semble-t-il bien prouvé ! -, en donnant de lui l'image d'un "père" vigilant à l'endroit de son peuple, poursuivons aujourd'hui, voulez-vous, nos découvertes des fondations du temple lagide à Médamoud par l'égyptologue français Fernand Bisson de la Roque en nous attardant sur un troisième monument, exhumé quant à lui en mars 1927 et, qu'en partage de fouilles, obtint du Gouvernement égyptien le Musée du Louvre, en 1930, où il porte désormais le numéro d'inventaire E 13983.

 

     Aux fins d'admirer cette Arlésienne des terres nilotiques que j'ai ici à plusieurs reprises évoquée, il est à présent grand temps de nous diriger vers le mur du fond de cette portion de salle, vers cet autre des chefs-d'oeuvre que recèle l'exposition : un long bloc de pierre calcaire que les égyptologues sont désormais convenus d'appeler LE  linteau de Médamoud,  

 

 

 Sesostris-III---Linteau-Louvre-E-13983----c--Ch.-Decamps.jpg

 (© Louvre - Ch. Décamps)

 

 

et qui, à l'instar des statues du souverain, va lui aussi faire mentir bien des analyses antérieures, à commencer par la plus énigmatique d'entre elle à mes yeux puisqu'elle provient du site internet officiel du Musée du Louvre, supposée rédigée par un égyptologue - enfin, j'aimerais le croire ! - et qui, indépendamment du fait qu'elle met encore et toujours en avant la notion de "réalisme" dans le chef de l'artiste - mais à ce sujet, j'ai suffisamment glosé ces derniers mardis -, avance que :

 

      " Le roi porte une tête de faucon couronnée de deux plumes droites ornées du double uraeus. "

 

    Une rapide et néanmoins consciencieuse observation de l'oeuvre vous permettra comme à moi de constater que le roi n'arbore à aucun moment semblable coiffe ... réservée en réalité au dieu Montou, sur lequel il me sera donné de revenir la semaine prochaine. En outre, un précieux coup d'oeil sur les hiéroglyphes encadrant les figures corroborera sans conteste notre première vérification visuelle.

     Sur eux, je me prononcerai dans quelques instants ...

 

     Pour l'heure, consentant un certain ordre, abordons quelques données techniques.

 

     Ce n'est malheureusement pas l'impression que donne la photo ci-avant, - de sorte que j'invite instamment tous ceux qui n'ont pas encore eu l'heur de l'admirer au Louvre de se rendre à Lille jusqu'au 25 janvier, date après laquelle, je présume, il rentrera dans ses murs des bords de Seine -, mais ce dessus de la "porte du magasin de l'offrande divine", comme il est encore erronément indiqué dans le catalogue de l'exposition, mesure 2, 26 mètres de longueur, 1, 07 de hauteur et 13, 5 centimètres d'épaisseur.

 

     Erronément

 

     Oui, selon moi. Ou plus précisément selon des mensurations relevées in situ par Clément Robichon, l'architecte de la mission - donc au tournant des années trente, déjà ! -, précision rapportée dans un article rédigé par le Conservateur du Département égyptien du Louvre, Charles Boreux, en 1932 (article référencé dans la bibliographie infrapaginale) qui indique que ce monument ne peut s'adapter à la dite porte ; et donc en surmontait une autre.

 

     Cette distinction, amis visiteurs, est-elle à vos yeux prépondérante ? Peut-être pas. Sauf qu'à partir du moment où preuves mathématiques il existe que le linteau du Louvre et la porte du magasin des offrandes divines du temple du Moyen Empire ne peuvent être compatibles, je ne comprends pas bien la raison pour laquelle, depuis plus de 80 ans, les égyptologues n'ont pas encore rétabli la vérité historique et revu leur appellation.

     Peut-être n'est-ce pas pour eux prépondérant ...  

 

     Permettez-moi maintenant, avant de prendre vraiment connaissance de la scène que nous avons devant nous, d'attirer plus spécifiquement votre attention sur la technique qu'utilisa le lapicide.

     

     Il vous faut savoir que depuis l'Ancien Empire, essentiellement deux procédés coexistèrent en Égypte dans l'art de la gravure : le bas-relief et le relief en creux.

     Tous les deux pouvaient indifféremment se retrouver sur un petit monument ou sur l’immense surface d’un mur de temple. Mais ce ne fut pas avec la même indifférence qu'ils furent plébiscités par les artistes : en règle générale, la gravure en relief servait au décor intérieur des bâtiments, tandis que celle en creux au décor extérieur.

 

     Une raison, toute simple à l’évidence, motivait le graveur quant au choix du procédé à utiliser, une raison inhérente à l’environnement auquel l’oeuvre était destinée : une gravure en creux, exposée en plein air, donc aux rayons du soleil, à l’intense luminosité du jour favorisant les jeux d’ombre et de lumière, ressortait nettement mieux qu’un léger relief. D’autant plus que ce creux pouvait entamer la pierre jusqu’à 2, 5 cm de profondeur.

      Tout au contraire, le bas-relief, à l’intérieur d’un bâtiment, où l’éclairage est relativement réduit, apparaissait beaucoup mieux que le creux.

 

     Ces considérations, ressortissant en fait au domaine de la physique, amenèrent tout naturellement les artistes à élever le procédé en convention. C’est ainsi que le relief en creux employé dans un décor se trouvant à l’intérieur d’un temple signifie que l’on doit considérer la scène comme se déroulant au dehors. Inversement, l’emploi, dans le même décor, de la technique du bas-relief impose que l’on comprenne que la scène se passe à l’intérieur. Et il n’est absolument pas rare que sur la même oeuvre, on retrouve entremêlés les deux types de gravure.

     Ce qui lui confère une lecture d’autant plus pointue.

 

     Quant à "notre" linteau, son relief dans le creux s'impose puisque, surmontant une porte monumentale qui permettait l'accès aux ruelles desservant vraisemblablement le quartier des magasins, il "prenait" loisiblement le soleil ...

 

 

     Analysons la scène figurée ... en lisant d'abord la description qu'en donna l'égyptologue français Etienne Drioton (1889-1961) qui, en tant qu'épigraphiste relevant de la mission de l'I.F.A.O., participa aux fouilles de Médamoud :

 

     " (C'est) une magnifique dalle de calcaire fin, de 1,25 m de hauteur sur 2, 25 m de largeur et 40 centimètres d'épaisseur."

 

     Bizarre, n'est-il pas, quand on compare avec les mensurations fournies par le catalogue de l'exposition ?

 

     E. Drioton poursuit :

 

     "La composition de sa décoration est rigoureusement symétrique. Comme il devait surmonter une porte située dans l'axe du temple, du côté où elle débouchait vers le sanctuaire, le roi, qui est censé entrer par cette porte, est figuré deux fois au centre, adossé à l'axe ;  Montou, vers qui il se dirige, lui fait face aux deux extrémités du tableau, personnage hiéracocéphale portant double uraeus au front et la tête surmontée par le disque solaire accolé à deux grandes rémiges. Sésostris III lui présente à droite un gâteau allongé, à gauche un pain conique. 

 

 

     Approchons-nous maintenant de la vitrine et examinons le monument : avant toute chose, convenez que ce qui ressort et offre à l'ensemble sa superbe harmonie, c'est sa parfaite symétrie.

 

 

Sesostris-III---Linteau-Louvre-E-13983----c--Ch.-Decamps.jpg

(© Louvre - Ch. Décamps)

 

 

     La scène est délimitée, dans sa partie supérieure, par le signe hiéroglyphique du ciel et, dans sa partie inférieure, par la ligne de sol.

 

     De part et d'autre d'un axe constitué de deux colonnes de textes, marquant le centre même de la composition, un personnage coiffé d'une perruque et vêtu d'un pagne tend quelque chose, manifestement en guise d'offrande. Qui est-il ?

 

 

     Pour répondre à cette question, reportons-nous à chacun des cartouches gravés au-dessus de sa tête : vous y lirez aisément son prénom, car je vous l'ai appris il y a peu : Khakaourê.


 

Sesostris-III---Linteau-Louvre-E-13983---Indications-au-de.jpg

 

 

 

      Vous remarquerez d'emblée, par rapport aux cartouches, que d'un côté comme de l'autre, figure la même formulation, au demeurant classique : Le dieu parfait, Maître du Double-Pays (les 5 signes disposés avant le cartouche) et doué de vie (les deux venant après), mais inversée. Cela s'explique - et sur cette consigne aussi j'ai souvent insisté lors de nos rendez-vous au Louvre -, par le fait qu'ils se lisent en allant dans la direction du visage royal : donc, de droite vers la gauche, pour ce qui concerne la portion droite du linteau ; et bien évidemment, de gauche vers la droite, dans la portion gauche. 

 

     Et tant qu'à "enseigner" des rudiments de la langue hiéroglyphique égyptienne du Moyen Empire, permettez-moi un instant encore de revenir sur la disposition des signes à l'intérieur des cartouches pour indiquer que si vous suiviez scrupuleusement la "leçon" que je viens de vous prodiguer, vous devriez lire, dans l'ordre des signes : "Rê - Kha - Kaou", puisque le disque solaire Rê est bien le premier des cinq qui composent l'appellation royale.

 

     Vous êtes là en fait en présence d'une exception à la règle que je viens d'évoquer et qui consiste, par pure politesse protocolaire, par pure révérence vis-à-vis d'une déité, d'obligatoirement noter son nom avant tout autre signe ; inversion graphique que les égyptologues nomment "antéposition honorifique".    

 

 

     Chapeautant la scène en son milieu, en dessous de la représentation du ciel, vous trouverez le disque solaire aux ailes éployées en guise de protection du souverain : Celui de Béhédet, indiquent de part et d'autre les quatre hiéroglyphes à la pointe de l'aile. Il s'agit de la dénomination de l'Horus d'Edfou.

 

 

    Nous avons donc vu qu'adossé à un axe vertical constitué de deux colonnes de textes, marquant le centre même de la composition, Sésostris III tend quelque chose à quelqu'un, manifestement en guise d'offrande.


     Pour comprendre de quoi exactement il s'agit, tournons-nous vers les textes précédant le souverain qui nous permettront d'appréhender l'oblation effectuée :    

 

 

Sésostris III - Milieu Linteau Louvre E 13983 - (© Ch. D

 

 

 

à gauche :  Consacrer un pain blanc ;


et à droite : Offrir le "shât" (pâtisserie)

 

 

     Les mentions optatives concernant le roi - chaque fois une colonne - sont, quant à elles, inscrites dans son dos et forment, je l'ai indiqué, le mitan du tableau.

 

 

     À gauche, nous lisons :  Que l'environnent toute protection et toute vie. Qu'il soit doué de vie, de stabilité et de pouvoir, comme Rê, à jamais.

 

     Et à droite : Qu'il soit en tête des kaou de tous les vivants, à jamais.

 

 

 

     Voilà pour ce qui, dans un premier temps, concerne le geste royal.

 

     Alors que tout à l'heure, j'épinglai la symétrie parfaite qui émane de ce chef-d'oeuvre, j'aimerais, avant de nous quitter, amis visiteurs, que vous vous approchiez davantage de la vitrine et que vous y observiez attentivement le visage du roi. N'y a-t-il rien, qui vous étonne ?, qui vous interpelle ?

 

 

 

De-tail-Visage-Sesostris-III.jpg

(© Thomas LEVIVIER - "La Croix du Nord")


 

     Pardon ? Je n'ai pas bien entendu ...

  

     Oui, c'est l'évidence même, Mademoiselle : il est flagrant qu'à gauche, le roi présente un faciès lisse, volontairement juvénile alors qu'à droite, il semble bien plus âgé. 

 

     Voici donc qu'à l'instar de la ronde-bosse que nous avons analysée mardi dernier, apparaît sur ce linteau la même volonté de médiatisation idéologique : Sésostris III tout à la fois souverain à la force physique indiscutable, comme souvent seule la jeunesse l'autorise ; et souverain sage, vigilant, à l'écoute de son peuple, comme souvent seule la vieillesse le permet.

 

     A moins qu'un artiste ait exécuté deux "portraits réalistes" du souverain : jeune, à gauche, puis quand le roi a vieilli, 20 ou 30 ans plus tard, que le même artiste ou plus vraisemblablement un confrère plus jeune retouche le relief en donnant au roi le visage ridé de droite. 

     (C'était la théorie avancée par Charles Boreux !)

 

     Non ! Restons sérieux ! Voilà une preuve supplémentaire, si tant est qu'il en fallût une, amis visiteurs, que ce pseudo-réalisme que voulurent voir certains égyptologues dans l'art du "portrait" au Moyen Empire, était bel et bien une grossière erreur. En revanche, preuve supplémentaire d'un message de propagande politique, d'une stratégie de persuasion iconographique : nul doute à mes yeux !  

 

   

     Quoi qu'il en soit : à qui Sésostris III fait-il donc offrande ?

 

     C'est ce que je me propose de vous expliquer le 2 décembre prochain pour autant que ne se soit pas affaibli l'intérêt que vous portez à cette oeuvre de grande beauté et, surtout, que ne vous rebute pas trop mes quelques incursions dans la langue hiéroglyphique égyptienne.

 

     A mardi ? 

 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

BOREUX  Charles

A propos d'un linteau représentant Sésostris III trouvé à Médamoud (Haute-Égypte), dans Monuments Piot,  Tome 32, Paris, Librairie Ernest Leroux, 1932, pp. 1-20.

 

 

DRIOTON  Etienne

Envois récents d'Égypte, dans Bulletin des Musées de France, 2ème année, n° 12, Décembre 1930, pp. 262 sqq.

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en France
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commentaires

Cendrine 25/12/2014 20:03

Il est passionnant, Richard, de se promener à travers ces discordances dont vous vous faites l'écho. Passionnant car une fois de plus nous constatons que rien n'est "figé", que le savoir est une
notion fluctuante, que le temps -et l'acuité de certains- fait son chemin à travers ce que l'on croit établi.
Le problème des panneaux rédigés dans différents musées (je peux en citer un nombre conséquent)est que des erreurs -parfois énormes- et des approximations existent bel et bien. Ensuite, si un
visiteur ou un chercheur qui se fondent-à juste titre, de prime abord- sur le contenu de ces panneaux relaient les informations consignées on leur dit qu'ils se sont trompés, je trouve cela
injuste.
Pour information, cet été au château de Versailles, de grands panneaux d'information rédigés et signés par des grands noms de l'Histoire de l'Art comportaient des erreurs impressionnantes au sujet
de la date de construction et des évolutions architecturales du château, cela a provoqué un tollé sur des sites spécialisés... En visitant les lieux, j'ai remarqué des choses qui me semblaient
dérangeantes, j'ai revérifié mes cours d'histoire de l'art en rentrant et j'ai été surprise de constater que les historiens d'art du château avaient pu laisser passer "ça".
L'erreur est humaine mais la répétition était pour le coup consternante.
Le jour de notre visite, des classes de collégiens prenaient des notes sous le regard de leurs professeurs, ces jeunes gens ont donc collecté des données fausses. J'ai bien vu qu'un professeur
d'histoire "tiquait" comme je le faisais moi-même mais voilà...

A chaque article que j'écris, je vérifie, je revérifie, je revérifie encore jusqu'à m'en faire mal, très souvent, et ce avec mes ennuis de santé et je trouve encore des discordances après, des
divergences entre chercheurs qui ont pourtant une solide réputation, des erreurs qui se répètent. Il m'arrive de vérifier près d'une centaine de fois les dates d'un évènement historique car on
trouve des divergences et cela est horripilant, je le dis car votre article "m'a tendu la perche". Alors après si quelqu'un me dit "tu es sûre que c'est la bonne date?", vu le temps et l'énergie
déployés j'ai envie de le...grr!!!

De nouveau, merci pour la qualité et la sagacité de vos articles.
Amicalement
Cendrine

Richard LEJEUNE 26/12/2014 15:19



     Merci à vous, chère Cendrine pour la pertinence de votre commentaire et l'apport personnel que vous avez bien voulu nous confier.



christiana 04/12/2014 10:03

Tu sembles vouloir dire que le Louvre rédige ses articles "à la légère"? Mais alors, à qui faire confiance, nous, pauvres béotiens? On ne peut donc se fier à personne?
Mais, heureusement "Super-Richard-ver-de-terre" est là rien que pour nous! Et toc pour Charles Boreux !

C'est ingénieux cette notion de gravure à l'extérieur et bas-relief à l'intérieur évoluant en convention...
Donc, dans la langue hiéroglyphique il y a des exceptions grammaticales comme en français!

Richard LEJEUNE 04/12/2014 14:01



     Je ne semble rien vouloir dire du tout, Christiana : j'affirme péremptoirement qu'il y a dans cette présentation - non "signée", mais qui n'est
évidemment pas de Charles Boreux (1874-1944) - du linteau sur le site internet du Louvre, confusion flagrante entre le roi et le dieu quant à l'aspect de leur tête et de leur coiffe.


 


     Certes, tout le monde a le droit à l'erreur ... sauf quand on fait oeuvre d'enseignement, quand l'on se présente comme La référence ; ce qu'est,
à mon sens, le site officiel d'un musée quel qu'il soit.


 


     Je ne sais si c'est ingénieux, - c'est plutôt l'application d'une excellente connaissance de ce qu'offrent les éléments naturels pour mieux
mettre en évidence les principes de leur esthétique -, mais c'est en tout cas un moyen facile, quand on est en présence d'un relief inconnu, sur lequel aucun document ne nous est parvenu, de
déterminer au moins l'endroit - intérieur/extérieur ? - dont il provient.


 


     Toutefois, pour être honnête, permets-moi d'ajouter que cette règle ressortissant au seul domaine de l'art, souffrit elle aussi des exceptions
... tout comme n'importe quelle règle de grammaire de n'importe quelle langue !   



Alain 03/12/2014 16:00

Et bé tu nous offres une véritable analyse scientifique sur ce linteau.
C’est étonnant toutes ces anomalies qui existent entre la description officielle du monument et celle que tu nous expliques :
- le linteau ne correspond pas à la porte du magasin des offrandes.
- les mensurations sont totalement erronées, excepté la largeur.
- le roi à tête de faucon n’est pas Sésostris III, puisque tu nous le décris comme étant au contre de la composition, jeune et vieux.
- Ce personnage à tête de faucon coiffé du disque solaire surmonté de plumes, à gauche et à droite, serait donc Montou.

Richard LEJEUNE 04/12/2014 13:39



     Toutes ces discordances, sois-en persuadé, Alain, ne sont pas de mon chef !


 


     Les deux premières que tu relèves ne me sont pas vérifiables car je n'ai pas eu l'opportunité de mesurer exactement le linteau, et ne fais ici
que rendre compte des données fournies par les uns et les autres.


 


     La troisième saute aux yeux pour qui connaît un peu l'aspect des dieux égyptiens et est encore plus évidente quand on est à même de traduire les
hiéroglyphes qui accompagnent les figures gravées sur le monument : le texte faisant mentir l'image ou vice versa.  



François 03/12/2014 12:38

Belle analyse que voilà !
Cette visite de l’exposition de Lille en ta compagnie est fort intéressante, et tu fais là un guide fort instructif pour ceux qui, à mon instar, n'auront pas la possibilité d'aller la voir sur
place.
La proposition de Ch. Boreux était tout de même bien tirée par les cheveux ! Mais à défaut d'autre interprétation à l'époque pouvait - peut-être - tenir la route...
Amusant !

François

Richard LEJEUNE 04/12/2014 11:08



     Il est dommage en effet, cher François, que tu n'aies pas l'opportunité de te déplacer jusqu'à Lille.


     Mais je conçois que l'on ne peut pas tout voir, même si, ici ou là, des expositions, des journées d'étude et autres colloques sont bien tentants



 


     Amusant, intéressant, succulent aussi parfois de lire ces articles, ces rapports de fouilles, ces notes, appréciations ou suppositions des
savants des premières années de l'égyptologie naissante.


J'adore ! 



Carole 03/12/2014 01:52

Vos remarques sur le relief me seront désormais très précieuses. Je n'avais jamais pensé à rattacher ces choix à la notion d'extérieur et d'intérieur. C'est extrêmement intéressant.
En dehors de cela, je crois que vous devriez adresser une copie de votre article aux conservateurs du musée du Louvre. Peut-être qu'après 80 ans, ils trouveront un moment pour faire les corrections
qui s'imposent ?

Richard LEJEUNE 04/12/2014 09:34



     Adresser mon article à un des Conservateurs du Louvre ?


 


     Mais Carole, ne savez-vous pas qu'un ver de terre ne tutoie pas les étoiles ? 



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