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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 00:00

 

     Je lançai mon cheval au galop et je l'arrêtai devant le sphinx rose qui sortait des sables rosés par le reflet du soleil couchant. Enfoui jusqu'au poitrail, rongé, camard, dévoré par l'âge, tournant le dos au désert et regardant le fleuve, ressemblant par-derrière à un incommensurable champignon et par-devant à quelque divinité précipitée sur terre des hauteurs de l'empyrée, il garde encore, malgré ses blessures, je ne sais quelle sérénité puissante et terrible qui frappe à son aspect et vous saisit jusqu'au profond du coeur.

 

 


 

Maxime DU CAMP

Le Nil ou Lettres sur l'Égypte et la Nubie

 

dans JOUFFROY Anne et RENARD Hélène

L'Égypte. Écrivains et savants archéologues

 

Collection "Les Académiciens racontent ..."

 Paris, Flammarion, 2014

pp.159-60.

  

 

 

 

     C'est bercé par les mélodieuses sonorités du oud d'Anouar Brahem dans Souvenance, la dernière création de ce compositeur tunisien, que j'ai entamé la lecture, un dimanche après-midi, d'un ouvrage que le bien sympathique saint Nicolas avait la nuit précédente déposé au pied de l'âtre : il s'agit de souvenirs d'académiciens évoquant l'Égypte dans lesquels j'ai choisi l'extrait ci-dessus en guise d'exergue à notre dernier rendez-vous, amis visiteurs, avant que commencent, samedi prochain, les vacances de fin d'année dans l'Enseignement belge ... et français aussi, je présume.

 

     Voilà donc l'impression, alors qu'il était encore grandement enfoui dans le sable du désert, qu'"Abu'l Hôl", le Père la terreur, comme le désignent les Arabes, laissa au photographe français Maxime Du Camp (1822-1894), devenu tout pâle, ainsi que le consigna dans ses notes son ami Gustave Flaubert qui l'accompagnait, sacrifiant tous deux, après Gérard de Nerval et bien d'autres, au sempiternel "Voyage en Orient" et à l'incontournable visite du plateau de Guizeh.

 

***  

 

     Quand je le vis, de loin d'abord, dans sa vitrine au milieu de la salle, m'accueillant à l'entrée de la deuxième des quatre sections de l'exposition Sésostris III au Palais des Beaux-Arts de Lille, incrédule, je pense que je me ruai plus que je ne m'approchai comme tout visiteur lambda eût dû le faire : jamais je n'avais rencontré oeuvre semblable. 

     Ébloui, déconcerté, sans voix, au point qu'au premier regard, je n'avais même pas remarqué qu'il manquait les pattes antérieures du lion, bizarrement sectionnées de haut en bas.


      Sesostris-III---Sphinx-en-gneiss---Metropolitan-Museum-of-.jpg

 

 

     J'entendais bien les rumeurs, unanimes dans leur étonnement, qui m'arrivaient. Sur le moment, je n'y pris garde, littéralement subjugué. Subjugué par tant de beauté. Subjugué par tant d'élégance, d'harmonie, de grâce, de magnificence. Subjugué par le sphinx en soi, certes, mais aussi par la pierre veinée de diverses nuances de gris - du gneiss d'anorthosite - dans laquelle, voici plus de 4000 ans un homme talentueux, un anonyme, lui avait donné vie.

     

     Absolument superbe. 

     Pas un des, mais assurément LE chef-d'oeuvre de l'exposition ! 

     Pur plaisir des yeux.

   

     Oh ! Je sais : mes propos excessifs, dithyrambiques lasseront peut-être : "Vous nous avez déjà tenu semblable discours devant le linteau de Médamoud", oseront, à juste titre, me reprocher certains d'entre vous.

 

     Mais ici, en présence de ce petit monument, - ai-je pâli moi aussi, comme le remarque Flaubert de son ami Du Camp au pied, lui, du grand ancêtre de Guizeh ? De battre, mon coeur ne s'est évidemment point arrêté ; bien au contraire : je l'ai plutôt senti s'emporter. M'emporter -, en présence de ce petit monument, disais-je, frissons d'émotion et larmes perlant. Subrepticement. Un court instant.

                  


     Si plusieurs campagnes de fouilles sous-marines successives menées d’octobre 1994 à juin 1998 par le Centre d’études alexandrines (CEA) à l’extrême est de l’île de Pharos, dans le port d’Alexandrie, permirent de retirer des eaux un important ensemble d’une trentaine de nouveaux exemplaires de sphinx provenant vraisemblablement du grand sanctuaire solaire d’Héliopolis, dont un attribué à Sésostris III, celui du même monarque ici devant nous n'a pas encore dévoilé son lieu d'origine, même si l'égyptologue égyptien Labib Habachi (1906-1984) suppute que ce puisse être Karnak où il aurait alors intégré une paire : il a en effet retrouvé dans un dépôt de blocs proche du petit temple de Ramsès III des fragments d'une pièce manifestement réalisée dans ce même gneiss anorthositique - matériau si rarement utilisé dans la statuaire -, extrait des anciennes carrières de Chephren en Basse-Nubie (Gebel el-Asr, Soudan actuel), quelque 65 kilomètres à l'ouest d'Abou Simbel.


     Après qu'il les eut réassemblés, il devint pour lui évident qu'il avait entre les mains un sphinx de Sésostris III, quasiment identique à celui-ci, que l'on sait avoir été offert au Metropolitan Museum of Art de New York en 1917 par le grand philanthrope américain Edward Stephen Harkness (1874-1940), sauf qu'il était devenu acéphale et privé d'arrière-train.

 

     Couché sur un socle dont toute la partie avant fut irrémédiablement tranchée, amputant ainsi l'animal de ses membres antérieurs, mesurant 42,5 centimètres de hauteur, 29,3 de largeur et 73 de longueur, le "sphinx new yorkais" est sculpté dans la pose traditionnelle qui fit référence durant toute la civilisation égyptienne, période ptolémaïque comprise (ceux que je viens de mentionner ci-avant exposés notamment au Musée national d’Alexandrie le prouvant sans conteste) : deux pattes s'étendant à plat vers l’avant, les deux autres, postérieures, repliées et la queue s’enroulant soit sur la cuisse droite, comme ici, soit sur la gauche ; détail particulier puisque les lions au repos présentent en réalité une queue allongée sur le côté.


     Sur la poitrine, non pas un cartouche, censé symboliser tout ce que le soleil entoure mais un serekh,

 

 

Sesostris-III---Serekh-du-Sphinx-du-M.M.A--c-A.-Guilleux-.jpg

 

       

comprenez : un rectangle figurant le plan de la façade du palais royal, lui aussi tronqué, dans lequel on retrouve les hiéroglyphes confirmant le nom de trône de Sésostris III que, déjà, vous connaissez : Khakaourê (les Kaou de Rê apparaissent), précédé de la mention Netjer Kheperou (divin dans ses apparences), et surmonté du faucon Horus, le tout encadré par un autre rectangle.   

 

 

       

     Le sphinx : entité hybride ; osmose entre un corps de lion et la tête d'un souverain.

     Le sphinx : symbole solaire. 

     

     Le sphinx : gardien des portes des temples. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si, à partir du Nouvel Empire, ils flanquent, par paires, les allées menant à certains grands sanctuaires - ce que les égyptologues nomment des dromos -, le long desquelles s'alignaient parfois des dizaines d'entre eux, se faisant face les uns par rapport aux autres.

 

     Parfois, ce ne sont pas des têtes de souverains qui surmontent ces corps de lions, mais bien de faucons ou de béliers aux cornes enroulées : les premiers sont dits sphinx hiéracocéphales et les seconds, criocéphales (ou criosphinx). Ces derniers symbolisent le dieu Amon-Rê : raison pour laquelle, si vous vous êtes déjà rendus à Thèbes, vous les aurez croisés en vous avançant vers le premier pylône du temple de Karnak.


 

 Criosphinx--c-Marie-Luxor-.jpg

 

 

     L’Egypte étant le pays par excellence de l’hybridation, - le Proche-Orient qui l'est tout autant n'y est probablement pas étranger ! -, des représentations de la déesse Hathor au visage féminin doté d’oreilles de vache, du dieu Thot à tête d’Ibis ou Montou, de faucon, - nous l'avons constaté la semaine dernière -, sont foison dans les départements d’antiquités égyptiennes des musées du monde entier.

 

     Si tous ont des corps humains pourvus d’une tête animale, avec les sphinx, il s'agit exactement de l’inverse : nous sommes devant un lion affublé du visage d'un monarque : en l'occurrence, ici, celui de Sésostris III.


 

Sésostris III - Sphinx gneiss Metropolitan Museum

© MMA

 

 

 

     Mais quelle qu'elle soit, cette hybridation relève d’une tentative des Égyptiens de se donner une image de l’essence divine : l'aspect anthropomorphe évoque l’individuation de l’être, tandis que le concept de zoomorphisme inclut l’espèce tout entière.

 

     Dans le cas du sphinx, l’individu en tant que tel est présent, voire identifiable par son visage : c’est celui d'un souverain, 


 

Sphinx gneiss avec barbe tressée

© MMA

 

la courte barbe postiche et la coiffure, - le némès -, aux pans retombant en parfaite harmonie sur le poitrail et se terminant dans le dos en une sorte de catogan de cheveux tressés, en attestent.

 

 

     Observez la finesse de ce plan facial, avec les incisions horizontales des côtés de la coiffe encadrant celles, mixtes, de la barbe tressée, toutes répondant en un jeu d'extrême raffinement aux stries verticales de la crinière.

 

 

Sphinx gneiss avec catogan

© MMA

 

 

     Observez, de chaque côté, l'extraordinaire rendu anatomique de l'animal, le modelé naturaliste de l'arrière-train, des épaules, et surtout des flancs, avec leurs harmonieux plis de peau élégamment indiqués de la patte postérieure vers l'antérieure.

 

     Observez la gracieuse courbure de sa queue dont le toupet tressé, stylisé, vient négligemment se lover sur le haut de la cuisse droite.

 

     Observez la dextérité avec laquelle le lapicide a profité des veines de la pierre pour accentuer la nervosité des lignes de ce corps.


     Serait-ce simplement de l'art, amis visiteurs ? Ou cela confine-t-il au génie ? 

 

 

     Les têtes de sphinx surmontent un corps léonin, parangon s’il en est de la force, de la puissance, de la supériorité physique : c’est donc par le truchement de l’animalité que le souverain pouvait, depuis la IVème dynastie (Ancien Empire), transcender sa condition humaine et participer du divin.


     N'estimez-vous pas que si l'on veut strictement respecter le canon des proportions, le faciès de Sésostris III que nous avons devant nous, émergeant véritablement du massif des épaules de l'animal, paraît bien trop petit par rapport à sa corpulence ? 

  

     Dès lors, et la question se pose à mon sens avec acuité : que doit-on retenir de cette figuration ? L'agressive puissance du lion, métaphore d'un pouvoir royal redoutable pour l'ennemi éventuel ou les traits volontairement accentués d'un monarque souhaitant imprimer dans la pierre toutes les vertus qu'en principe un âge d'homme mûr autorise ?

 

           Et pourquoi pas les deux à la fois ? 

 

     Nous retrouverions ainsi avec ce superbe sphinx "américain",  les concepts véhiculés par les statues en ronde-bosse du roi que nous a révélées la première section de la salle, ainsi que le relief de Médamoud où le langage des traits exagérément marqués traduisait sans conteste la volonté propagandiste de faire comprendre à un peuple qui n'avait pas les compétences nécessaires pour accéder à une littérature exprimant la même idéologie politique, que son chef, son guide, son souverain était investi de toutes les qualités de clairvoyance, d'écoute, de guidance, de soutien militaire éventuel, qualités qui le plus souvent constituent l'apanage d'une certaine maturité de vie.

     Bref, qu'il était l'homme idéal, providentiel, désigné par les dieux pour mener l'Égypte sur le chemin de la Maât ...     

 

     


 

BIBLIOGRAPHIE


 

 

CHERPION  Nadine

Conseils pour photographier un sphinx, dans Amosiadès. Mélanges offerts au Professeur Claude Vandersleyen par ses anciens étudiants, édités par Claude Obsomer et Anne-Laure Oosthoeck, Louvain-la-Neuve, 1992, pp. 61-70.

 

 

HABACHI Labib

The gneiss Sphinx of Sesostris III : Counterpart and Provenance, Metropolitan Museum Journal 19/20, New York, MMA 1986, pp. 11-6. 

 

 

HAYES  William C.

The Scepter of Egyt - A background for the study of the Egyptian Antiquities in the Metropolitan Museum of Art, Volume I : From the earliest times to the end of the Middle Kingdom, New York,  MMA, 1990, pp. 198-99. dans 

 

 

 

POUWELS  Clément

Sphinx de Sésostris III, dans Sésostris III, Pharaon de légende, Catalogue de l'exposition au Palais des Beaux-Arts de Lille, Gand, Snoeck, 2014, p. 47.

 

 

SHAW Ian,  BLOXAM Elisabeth, HELDAL  Tom, STOREMYR  Per

 Quarrying and landscape at Gebel el-Asr in the Old and Middle Kingdoms, dans Recent discoveries and latest researches in Egyptology. Proceedings of the first neapolitan Congress in Egyptology, Naples, June 18th-20th 2008, édités par Francesco Raffaele, Massimiliano Nuzzolo et Ilaria Incordino, Wiesbaden, Harrassowitz Verlag, 2010, pp. 293-312.

 

  

 

ZIVIE-COCHE  Christiane

Sphinx ! Le Père la terreur, Paris, Ed. Noêsis, 1997, pp. 19-22 ; et 28.

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en France
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commentaires

Alain 19/12/2014 14:05

Tes larmes, cachées les hommes sont pudiques, devant ce sphinx, Richard, ne m’étonnent guère. L’art, quand il atteint une telle pureté, ne peut laisser indifférent, et l’émotion est souvent
présente.
On ne peut guère se tromper devant la tête du pharaon représenté car il ressemble tellement aux statues que nous avons déjà vues. Dommage qu’il ait toujours le nez cassé.
L’émotion que doivent ressentir les visiteurs de l’expo démontre qu’il s’agit bien d’une pièce artistique de très grande qualité. C’est du niveau des œuvres des grands artistes des siècles à venir.
Effectivement, le génie n’est pas loin.

Richard LEJEUNE 19/12/2014 16:01



     Une fois de plus, tes propos me donnent à penser, Alain, que nous avons toi et moi une sensibilité fort proche devant l'oeuvre d'art. C'est
probablement la raison pour laquelle j'aime me rendre sur ton blog et suivre tes récits ... 



J-P.Silvestre 18/12/2014 23:15

Les statues de l'Antiquité nous sont souvent parvenues incomplètes, cassées mais il paraît évident qu'on a délibérément coupé les pattes de ce sphinx. Pourquoi ?
Y a-t-il une explication ?

Richard LEJEUNE 19/12/2014 15:52



     A la différence des nez, par exemple, ou d'autres déprédations faciales, les sphinx que je connais, à tout le moins la majorité d'entre eux, ont
toujours leurs pattes antérieures, parfois même, quand ils sont des "offrants", avec encore l'objet qu'ils tiennent entre elles.


 


     La seule explication un tant soit peu rationnelle que j'envisage dans ce cas d'espèce, Jean-Pierre, consiste à incriminer les pillards qui l'ont
dérobé : peut-être ont-ils estimé qu'il serait plus "emportable" s'ils l'amputaient d'une cinquantaine de centimètres ou plus.


 


     Mais comme, ainsi que je l'ai indiqué dans mon article, l'on
ignore tout de ses origines égyptiennes,  je ne vois rien d'autre à conjecturer.     



christiana 18/12/2014 19:57

Ce dernier article de l'exposition lilloise se termine donc...mais en apothéose car ce sphinx est superbe! Je comprends que tu aimes retrouver tout ce que tu as vu tranquillement dans le catalogue
au coin du feu. J'achète souvent les catalogues des expos visitées car cela prolonge le plaisir et on peut s'arrêter tout à loisir sur des détails parfois passés inaperçus dans la fatigue
déambulatoire. A mardi avant les fêtes.

Richard LEJEUNE 19/12/2014 15:38



     Très honnêtement, pour ce qui me concerne, Christiana, - et même si comme moi tu trouves ce monument superbe -,  je n'estime pas que mes
comptes-rendus se terminent en apothéose : il me reste un goût amer au fond du coeur ...


 


     Entièrement d'accord avec toi quant au plaisir de feuilleter tout à son aise son propre catalogue. Encore faut-il penser à ceux qui, après avoir
consenti parfois à de longs et coûteux déplacements, n'ont peut-être pas le budget pour se l'octroyer : admets que leur prix devient excessif ! 


 


     A mardi, oui.



FAN 18/12/2014 17:59

Cher Richard, je trouve curieuse cette représentation du Sphinx à tête de Sesostris III par le fait que l'on peut être interpellé par de nouveau l'absence du nez de ce pharaon!!quant aux membres
supérieurs coupés net, il faut mener enquête!!BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 19/12/2014 15:28



     Les statues auxquelles manque tout ou partie du nez sont légion dans l'art égyptien : il n'y a plus personne actuellement pour s'en étonner
vraiment !


     Plusieurs raisons ont été avancées. Naturelle : le nez se fracasse quand la statue tombe ; humaine : acte délibéré pour enlever toute possibilité
de souffle de vie.


 


     Mais je n'ai pas cru bon de m'étendre sur cette question, estimant qu'elle passe largement au deuxième ou troisième pl an. Même ainsi mutilée,
serait-il possible, Fan, que l'oeuvre ne vous émeuve pas ? Sont-ce les déprédations, volontaires ou non, qui retiennent essentiellement votre attention ?


 


     Mais peut-être ma sensibilité est-elle trop épidermique ... 



Carole 18/12/2014 17:31

J'ai même reconnu ces "grandes oreilles" dont vous nous aviez dit tant de bien dans un article précédent !
Plus sérieusement, l'oeuvre est impressionnante, en effet.

Richard LEJEUNE 19/12/2014 15:04



     Et bien plus encore, Carole, si vous aviez un jour la chance - ou l'envie - d'aller l'admirer, à Lille ou à New York : là, vous comprendriez que
mes mots ne traduisent même pas le tiers du quart de la moitié de l'émotion qu'il me procura ! 



Etienne Rémy 17/12/2014 18:57

Bonsoir cher Richard,

Merci de ta réponse si empreinte de vérité.
Par contre je suis navré que ta série lilloise soit finie, car il avait selon moi encore de quoi en apprendre de toi sur bien d'autres pièces comme l'apparition de la statue cube, le noblés qui
commençaient à se faire réaliser des statues pour leurs tombes et aussi les panneaux superbes de la tombe de Djehoutihotep que j'ai pu d'ailleurs prendre en photo volées.
Sur les superbes bijoux aussi etc...
SI tu veux mes quelques clichés de qualité correctes qui j'ai pu piquer, je te les offre avec plaisir!
Amitiés!

Richard LEJEUNE 18/12/2014 07:10



     Bonjour Etienne.


 


     Merci pour ta confiance et ta fidélité. Crois bien que je suis tout aussi navré que toi et, peut-être, d'autres visiteurs d'ÉgyptoMusée, ici et
sur Facebook, d'avoir été amené à prendre cette malheureuse décision : il y avait en effet encore tant à montrer, tant à dire à propos de cette exposition que, malgré mon resssentiment, je juge
exceptionnelle dans la mesure où elle aborde un sujet - Sésostris III et son époque - pratiquement jamais traité sur semblable échelle.


 


     Mon article de mardi prochain lèvera un petit coin du voile de la raison pour laquellle j'ai jugé bon d'agir de la sorte.


 


     Merci aussi pour ta généreuse proposition de clichés pris sur le vif : comme beaucoup de monuments venus à Lille proviennent du Louvre, je gage
que je solliciterai tes trésors quand, d'aventure, il me sera donné de les croiser dans l'une ou l'autre salle de ce Musée où, je l'espère, nous nous retrouverons nombreux en janvier prochain
... 


 


     Bien amicalement,


     Richard


 



artigue 16/12/2014 21:32

Magnifique je comprends votre enthousiasme devant cette oeuvre qui pourrait au contraire de l'arrêter faire repartir un coeur un peu fatigué....
vous dites que souvent et c'est vrai les oeuvres ont des corps d'humain avec des têtes d'animaux mais quelle est l'essence même de cette jonction des 2 mondes, animal et humain :désolée si par le
passé vous l'avez déjà expliqué...
MERCI
JA

Richard LEJEUNE 17/12/2014 10:47



     Ne vous excusez surtout pas, Jocelyne, je trouve tout à fait normal de répéter ou d'apporter d'éventuelles explications complémentaires si,
d'aventure, les premières n'ont pas été suffisantes à la compréhension de mes lecteurs : j'ai pratiqué ce type de mise au point pendant mes trente-cinq années d'enseignement, et je continue bien
volontiers à le faire en cas de besoin. 


 


     Il est patent que l'iconographie des sphinx égyptiens présente de nombreuses variantes, mais toujours avec cette dualité anthropomorphe/zoomorphe
: forme humaine pour le visage puisque c'est celui d'un individu, d'un roi (ou d'une reine). C'est, dans mon article, ce que j'appelais "individuation de l'être" ; et forme animale pour
le corps, qui est alors considéré non plus comme celui d'un individu particulier, mais comme le représentant d'une espèce tout entière.


 


     Et le choix de l'animal en question n'est évidemment pas dû au hasard : les Égyptiens, grands observateurs de tout leur environnement,
connaissaient le lion et lui attribuaient, comme d'ailleurs dans beaucoup de civilisations, une symbolique en relation avec la force physique et le pouvoir.


 


     "Le Roi Lion". Le roi d'Égypte assimilé à un lion : métaphore née dès l'époque prédynastique et qu'à partir de la IVème dynastie, avec
notamment celui de Guizeh, se concrétisera dans la statuaire à travers les figurations de souverains sous forme de sphinx.



Etienne Rémy 16/12/2014 18:07

Hello cher ami!

Maintenant que je reviens de Lille et cette superbe expo même si elle était bien trop sombre à mon goût pour vraiment en apprécier tout les détails, je prend encore plus de plaisir à te suivre dans
ton ressenti de cet événement majeur égyptologique.

Oui ce sphinx est une merveille mais encore une fois, il est était si peu mis en valeur dans cette pénombre morbide...

Au plaisir mon ami!
Amitiés!

Richard LEJEUNE 17/12/2014 09:51



     C'est en effet très à la mode, de nos jours, Etienne, ces dispositions minimales d'éclairage dans les grandes expositions ! Personnellement, je
le déplore, surtout pour ce qui concerne la lecture des cartels ... D'où l'intérêt, quand possibilité existe, de s'offrir - ou de se faire offrir - le catalogue ...


 


     Ceci posé, j'ai vu un certain nombre de personnes se servir de leur portable comme d'une lampe de poche ... Ingénieux !


 


     Ton séjour lillois prévoyait-il la visite de l'expo sur les animaux égyptiens qui vient de commencer au Louvre-Lens ? 


 


     Celui-ci étant le dernier, je suis heureux que mes comptes-rendus précédents t'aient permis d'encore plus apprécier quelques-unes des pièces que
tu as vues au Palais des Beaux-Arts.  



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