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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 23:00

 

      Comme celui qui se dévêt à la vue de la mer, comme celui qui s'est levé pour honorer la première brise de terre (et voici que son front a grandi sous le casque),

Les mains plus nues qu'à ma naissance et la lèvre plus libre, l'oreille à ses coraux où gît la plainte d'un autre âge,

Me voici restitué à ma rive natale ...


Il n'est d'histoire que de l'âme, il n'est d'aisance que de l'âme.

 

SAINT-JOHN PERSE

Exil, V

 

dans Oeuvres complètes,

Paris, Gallimard, La Pléiade,

p. 130 de mon édition de 1972

 

 

     Nous atteignons doucement aujourd'hui, amis lecteurs, l'aube d'un moment unique dans la vie de Sinouhé ; moment que nous découvrirons de conserve lors du prochain et ultime épisode.


      Rappelez-vous : la semaine dernière, conscient que la magnanimité de Sésostris Ier à son égard était telle que jamais ne lui serait reprochée sa fuite après la mort d'Amenemhat Ier, notre héros envoyait une missive au souverain égyptien en réponse à la lettre que ce dernier lui avait adressée, l'invitant, le grand âge arrivé, à rentrer s'installer et finir ses jours au pays.

 

     Non seulement Sinouhé y expliquait les raisons qui l'avaient fait précipitamment quitter l'Égypte mais il remerciait son maître et, d'une certaine manière, confirmait, maintenant que le roi l'y avait convié, son retour imminent sur sa terre natale.


 

 

04.-Pyramide-de-Sesostris-Ier.jpg

 


     (Que le Professeur Claude Obsomer, de l'U.C.L (Université catholique de Louvain - Belgique), me permette ici de lui réitérer mes remerciements les plus vifs et les plus respectueux pour l'immense générosité avec laquelle il m'a proposé divers clichés des vestiges de Licht, capitale royale de Moyenne-Égypte, qu'il avait réalisés voici près de dix ans ; dont celui ci-avant de la perspective vers la pyramide de Sésostris Ier.)


 

 

     On vint vers l'humble serviteur que je suis. Il fut donné que je passe un jour à Iaa (1) pour transmettre mes biens à mes enfants, mon fils aîné ayant la responsabilité de ma tribu ; ma tribu et tous mes biens étant dans sa main : mes serfs, tous mes troupeaux, mes fruits et tous mes arbres fruitiers.

 

     Alors cet humble serviteur partit vers le sud. Je fis halte sur les Chemins d'Horus  (2) : le commandant ayant la charge de la patrouille envoya un messager à la Cour pour faire en sorte qu'on le sache. Alors sa Majesté fit venir un excellent directeur des paysans du domaine du palais royal : des bateaux chargés l'accompagnaient sur (lesquels)  étaient des cadeaux de la part du roi pour ces Bédouins venus à ma suite en vue de m'escorter jusqu'aux Chemins d'Horus. Je nommai chacun d'eux par son nom, tous les serviteurs étant à leur tâche.

 

     C'est tandis que l'on pétrissait et que l'on filtrait (3) devant moi que je pris la route et fis voile jusqu'à ce que j'atteigne la ville de Licht.

 

     Ce fut très tôt que l'aurore pointa. Quelqu'un qui m'appela se présenta : dix hommes s'en vinrent et dix s'en allèrent me conduire au palais. Je touchai le sol du front entre les sphinx : les enfants royaux qui se tenaient dans l'épaisseur (du portail)  m'accueillirent. Les courtisans qui avaient été introduits dans la salle hypostyle me placèrent sur le chemin de la salle d'audience.

 

     Je trouvai sa Majesté sur un grand trône d'électrum (installé) dans une niche. Prosterné, je m'évanouis en sa présence. Ce dieu s'adressa à moi amicalement. J'étais comme un homme pris dans le crépuscule (4)  : mon âme défaillait, mes membres tremblaient ; mon coeur, il n'était plus dans mon corps ; je ne distinguais plus la vie de la mort.

 

     Alors sa Majesté dit à un de ces courtisans : "Relève-le. Fais qu'il me parle".

Puis, sa Majesté dit : "Vois, tu es revenu. C'est après que la fuite eut remporté  sa victoire sur toi que tu as foulé aux pieds les pays étrangers. Devenu vieux, tu as atteint un âge avancé. Ce ne sera pas une petite chose que ton enterrement. Tu ne seras pas inhumé par les Asiatiques.

N'agis pas sans cesse contre toi : tu ne parles pas, alors que ton nom est prononcé ? "

 

     Je craignais une punition et je répondis à cela par des propos d'homme effrayé : "Que me dit mon maître ? Si je réponds ainsi, ce n'est pas à cause de moi, c'est l'action d'un dieu ; c'est une crainte qui est dans mon corps comme ce qui avait déterminé la fuite fatale.

 

     Vois, je suis devant toi. La vie t'appartient. Que Ta Majesté agisse comme elle le désire."

 

          

 

Notes

 


(1)    ... Iaa : il s'agit, souvenez-vous amis lecteurs, de cette terre d'abondance que Sinouhé avait jadis reçue d'Amounenchi.

 


(2)   ... les Chemins d'Horus : nom donné à une succession de forteresses érigées dès l'Ancien Empire, au niveau du Delta, au nord-est de l'Égypte, aux fins de protéger ses frontières d'éventuelles invasions provenant des pays asiatiques limitrophes.

 


(3)   ... tandis que l'on pétrissait et que l'on filtrait : il s'agit de pétrir une pâte de farine d'orge et d'eau, puis de la filtrer pour obtenir de la bière.

 

 

(4)   ... pris dans le crépuscule : désorienté.  

 

 

 

 

     A suivre ...

 

 

 

     (Je ne rappellerai jamais assez tout ce que cette mienne traduction doit à l'enseignement, aux conseils avisés et aux corrections pointues du Professeur Michel Malaise qui, voici près d'un quart de siècle, guida mes premiers pas dans l'apprentissage de la langue et de l'écriture égyptiennes.)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Littérature égyptienne
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commentaires

Améthyste 19/10/2012 16:47

Sinouhé ne dévie pas un instant de cette excuse qu'il voudrait probablement voir devenir sa vérité, ce recours à un dieu qui restera inconnu et qui lui ordonna, répète-t-il inlassablement, de
s'enfuir : "c'est l'action d'un dieu ; c'est une crainte qui est dans mon corps comme ce qui avait déterminé la fuite fatale."

Tout d'abord étonnée par la formulation de Sinouhé à la fin de cet "épisode" : "La vie t'appartient" au lieu de ma vie..., j'ai supposé que la vie de chacun des sujets de Sésostris Ier était entre
ses mains et dépendait de son bon vouloir. Mais je me trompe peut-être.

Je tente de retarder l'instant où je parviendrai au point final de ce roman. Pourtant je sais que d'autres articles, dans votre blog, Richard, me passionneront encore longtemps ! Merci pour tout
cela.

Richard LEJEUNE 22/10/2012 08:01



     Vous ne vous trompez nullement, Améthyste, car c'est exactement ainsi que j'ai envisagé le sens de ma traduction. Il faut en effet savoir
que l'auteur n'emploie nullement de possessif dans cette phrase devant le substantif "vie".


 


     Maints égyptologues - et non des moindres - y ajoutent un "Ma" qu'ils placent dans une parenthèse pour bien indiquer que le texte
ne le contient pas et qu'il n'est que le fruit de leur volonté de préciser leur propre pensée.


 


     Pour ma part, je ne l'ai pas introduit parce que je considère qu'effectivement, idéologiquement parlant, tout Égyptien dépendait du bon
vouloir du souverain.


Vous usez d'ailleurs très correctement du terme "sujet" qui, ne l'oublions pas, fit florès en nos royaumes occidentaux jusqu'à la Révolution de 1789
!



Cendrine 02/10/2012 00:13

Bonsoir Richard,

Je retrouve Sinouhé avant le terme de ses aventures qui ne cesseront pourtant jamais de séduire, de passionner et d'émouvoir les lecteurs de différentes époques.
Ce qui peut sembler étrange aujourd'hui (la dévotion quasi surhumaine; les efforts déployés pour connaître, coûte que coûte, la vie éternelle; la crainte d'être "happé" par le néant)donne toute sa
force au personnage, exalte le récit et nous ramène à ces grains de sable que nous sommes, dans le grand carrousel de l'Univers.

J'ai beaucoup aimé l'expression "pris dans le crépuscule"... Elle est magnifique! Le crépuscule est un territoire mystérieux, un entre-deux qui aimante les incertitudes mais sa beauté est une
pépite de couleurs et de formes entre le jour et la nuit.

Les mots de Saint-John Perse ouvrent à merveille le chemin des aventures de Sinouhé, voyageur au long cours...

Désormais revenu sur sa terre, il semble s'adresser à nous avec une vive émotion, au delà de sa voix affaiblie...

Je vous remercie, Richard, et vous souhaite une nuit peuplée de rêves mystérieux, aux confins des sables d'or et de l'azur immense! Avec mon amitié

Cendrine

Richard LEJEUNE 02/10/2012 08:46



     Bonjour Cendrine.


 


     Il me tardait de vous lire sur ce pénultième épisode ; de connaître votre ressenti ; d'apprécier votre prose empreinte d'une poésie que les
Égyptiens n'auraient certes pas reniée et qui tant me plaît.


 


     Le hasard a voulu que vous rédigiez cet encore très beau commentaire - j'espère que c'est vraiment le hasard et non point l'un quelconque
ennui de santé - quelques minutes à peine après qu'a été publié l'ultime épisode, celui qui nous amène au dénouement dont, je présume, plus personne maintenant parmi mes lectrices et mes
lecteurs, ne peut ignorer la teneur.


 


     Permettez-moi une nouvelle fois d'écrire combien, grâce à vous toutes et tous qui m'avez accompagné dans cette aventure littéraire, osée parce
que relativement difficile d'accès - un merci tout particulier à ceux qui, malgré tout, ont tenu à "s'accrocher", à me suivre jusqu'au bout -, j'ai été profondément heureux de partager ce roman
avec vous.


Vous qui, grâce à vos commentaires ici exposés, ou par voie de mails privés, avez une fois encore prouvé que la "blogosphère" sur Internet constitue une superbe
invention rassemblant ceux qui souhaitent intelligemment s'en servir pour y chercher les joies d'une lecture qui nous élève tous vers des horizons nouveaux ...





     Richard 



Richard 01/10/2012 13:03

Bonjour,

Moi je trouve ce travail très équilibré et des plus agréables à lire, avec de bonnes options de traduction, subtiles.

Encore merci à vous,

Richard

Richard LEJEUNE 01/10/2012 13:10



     Merci pour ce commentaire qui me touche beaucoup, Monsieur le Professeur.


 


     (Dans l'adresse mail qui apparaît chez moi, un "b" s'est intercalé entre la fin de votre prénom et le début de votre nom ? Faute de frappe
ou dois-je la considérer en tant que nouvelle adresse mail à partir de laquelle nous pouvons continuer à communiquer ?)



Carole 30/09/2012 11:14

Il m'a été très agréable de lire "en feuilleton" ce roman - c'était une façon de le "moderniser", si je puis dire, et surtout de faire apparaître nettement sa structure.
Peut-être serait-il utile, au terme de cette première publication par épisodes, de prévoir un article donnant le texte complet, en particulier pour des lecteurs ultérieurs, qui ne prendraient pas
cette publication en cours, mais a posteriori. En rassemblant les textes dans un livre virtuel peut-être, type calaméo, que cet article final pourrait simplement présenter ?

Richard LEJEUNE 01/10/2012 07:52



     Merci Carole d'avoir vous aussi accepté de retranscrire ici le très intéressant commentaire que vous aviez déposé dans ma boîte mail.


 


     Je vais réfléchir à votre suggestion : j'ai en effet trouvé remarquable votre livre publié par le procédé "calaméo". Mais dans votre cas, ce texte était unique. Pour ce qui concerne Sinouhé, si je m'en
réfère à ce qu'écrivait François dernièrement, il existe apparemment bien d'autres traductions proposées sur le Net par de vrais égyptologues philologues.


 


     Dès lors, mon modeste travail d'étudiant, même sous l'égide attentive du Professeur Malaise, ne ferait qu'ajouter une pierre à un édifice
déjà construit ...


 


     Quant à savoir en outre si, au niveau des manipulations informatiques, je serai techniquement à même de me lancer dans cette aventure, voilà
encore une autre question ...



christiana 28/09/2012 17:16

Je me souviens parfaitement des papyri et de ma question sur le volume que les chapîtres pouvaient représenter, je savais qu'il n'existait pas un livre relié mais je me demandais s'il était
possible d'admirer ces papyri quelque part... Dans quel pays, dans quel musée. Vous avez donc répondu à ma question.

Richard LEJEUNE 28/09/2012 17:43



     Alors dans ce cas, non, je n'ai pas vraiment répondu à votre attente : je ne suis jamais allé aux musées ni du Caire ni de Berlin. Partant,
je ne sais absolument pas si ces papyri et ces ostraca-là y sont exposés...


 


     Ne fût-ce qu'au Louvre - que je connais un peu mieux - 10 % à peine des collections égyptiennes sont visibles. Sur 55 000 objets ; qui sont
dans les réserves ...


J'ai déjà cherché à voir l'un ou l'autre papyrus qui m'intéressait et me suis entendu répondre que, eu égard à leur fragilité, ils ne pouvaient se trouver dans des
vitrines éclairés par des spots ou autres petites ampoules "chauffantes" ...


 


     Ceci posé, si vous désirez vous faire une idée, je puis vous conseiller de retourner lire un article que j'avais consacré à l'expositon
Prisse d'Avennes, l'années dernière, dans lequel j'avais montré les photographies de différents encadrements des feuillets des Maximes de Ptahhotep ...


 


http://egyptomusee.over-blog.com/article-paris-retrouve-15-exposition-visions-d-egypte-a-la-bnf-le-papyrus-prisse-seconde-partie-83502110.html


 


     A défaut de Sinouhé, Ptahhotep !



christiana 28/09/2012 14:56

On sent doucement arriver la fin... Nostalgie pour nous aussi.
J'apprécie que vous osiez associer quelques littérateurs, poètes, romanciers, philosophes, aux articles d'égyptologie mais j'avoue que je suis un peu perplexe en ce qui concerne Amélie
Notomb...

Petite question Richard (peut-être l'avez-vous déjà mentionné? J'ai oublié...)où se trouve le véritable roman de Sinouhé? Peut-on le voir ou est-il précieusement caché dans un coffre à l'abris de
la lumière?

Richard LEJEUNE 28/09/2012 16:42



     Effectivement, Christiana : Sinouhé rentré au pays, mis en présence du roi et de la famille royale : le roman touche à sa fin ; il nous
reste à la découvrir dans l'épisode de mardi prochain, 2 octobre.


 


     Pour ce qui concerne l' "emplacement" de ce roman, indirectement, oui, je l'ai déjà mentionné. Et même en réponse à un commentaire que vous
m'aviez laissé le 26 juillet, après l'épisode n° 3 publié le mardi 24
; mais peu importe :  je conçois parfaitement que trois semaines de rêve en Italie vous ont quelque peu fait
oublier Sinouhé et plus encore les considérations didactiques que j'ai fournies ça et là, tout au long de cette aventure littéraire.


 


     Au risque de vous décevoir, il n'y a pas, enfoui au plus profond d'un puits funéraire caché sous 30 mètres d'épaisseur de sable, un coffre
auquel pourrait mener une carte au trésor elle aussi attendant son Indiana Jones ...


 


     En fait, plusieurs documents venant se compléter les uns les autres ont permis aux égyptologues/philologues d'obtenir l'oeuvre complète : ce
sont essentiellement deux papyri que possède le Musée de Berlin et quelques ostraca, certains à Berlin également mais aussi au Musée du Caire et dans les collections de l'Institut français
d'archéologie orientale (IFAO), au Caire.


 


     Il n'existe donc pas de "livre" relié que l'on pourrait feuilleter à volonté dans un quelconque musée ... ni matériellement, ni
virtuellement !


 


     Pour plus de précisions encore, permettez-moi de vous renvoyer à l'explication de tout ceci que je vous avais proposée le 26 juillet : il
vous suffira de cliquer ici pour la lire : c'est la réponse à votre commentaire n° 8!).


 


     Il me semble, à bien vous lire, que vous n'appréciez pas trop "notre" Amélie Nothomb nationale. Nous y reviendrons, si vous le voulez bien,
un peu plus tard ...



JA 27/09/2012 20:54

merci pour toutes ces précisions, mais je pense que de nos jours pour certaines personnes, cela est impensable de mourir loin des siens et loin de son pays, il y a comme une frustration...enfin
vous me direz le résultat est le même, sur ces considérations..... bonne soirée
JA

Richard LEJEUNE 28/09/2012 07:09



     Certes oui, Jocelyne, la peur de mourir loin des siens subsiste chez beaucoup d'entre nous : mais plus pour les mêmes raisons que dans
l'Égypte antique. La finalité n'est plus du tout la même.


 


     Qui croit encore à une éternité post mortem de nos jours ? Qui désire encore s'assurer un Au-delà des plus favorables pour sa
"seconde vie" ? Si tant est que l'on considère encore qu'il puisse y en avoir une ...



JA 26/09/2012 20:14

pourquoi "tu ne seras pas inhumé par les Asiatiques"? symbole? peur?
MErci
JA

Richard LEJEUNE 27/09/2012 08:05



     Par cette phrase, Jocelyne, le roi fait comprendre à Sinouhé que ses craintes peuvent être apaisées : puisque blanchi de toute participation
dans le complot ourdi jadis contre Amenemhat Ier, puisqu'invité par Sésostris Ier en personne à rentrer au pays, il sait désormais qu'il ne mourra pas en terres asiatiques, qu'il ne sera pas
inhumé selon les coutumes des Bédouins mais bien qu'il bénéficiera des libéralités royales aux fins d'être enterré au pays natal, selon les rites égyptiens : tombe, matériel funéraire, etc., offerts par le souverain en remerciement de services rendus.


 


     Et cela, considérant la mentalité de l'époque, est d'une importance capitale pour lui car, comme pour tout Égyptien d'ailleurs, mourir
oublié en terre étrangère constitue l'abomination suprême : son nom ne serait pas cité par ceux qui, au pays, auraient dû lui rendre un culte funéraire, il ne bénéficierait donc pas de ce culte,
ni des offrandes alimentaires pour son au-delà. De sorte que, dans de telles conditions, il ne serait pas assuré de la vie éternelle promise à tout Égyptien ayant respecté la
Maât.



TIFET 26/09/2012 12:07

Bonjour Richard, tout comme Christianna j'ai pris beaucoup de retard dans la lecture de vos articles car étant loin d'internet pendant trois semaines !! alors je vais prendre mon temps pour
savourer tranquillement........les quelques blogs qui m'ont quand même manqué pendant cette "retraite" paisible loin des ondes perturbatrices !! hé oui Richard, vous m'avez manqué, vous et quelques
autres comme Jean Claude, tout comme ma terre que je n'ai pas touchée depuis !!! c'est un réel manque ! à bientôt !

Richard LEJEUNE 27/09/2012 07:37



     Quelques semaines sans vos blogs favoris, quelques semaines sans nous, les petits Belges, et vous êtes toute "tourneboulée" : quel beau compliment !


Merci Tifet.


 


     Mais vous savez que le sentiment est réciproque.


C'était à tout le moins le message que je vous ai adressé à la première heure, hier matin ...



christiana 26/09/2012 10:58

Merci, bien sûr, je compte prendre le temps de savourer chaque page.

Richard LEJEUNE 26/09/2012 11:20



     C'est parfait.


 


     A bientôt, donc ...



christiana 26/09/2012 10:14

Oh la la! Quel retard j'ai pris! Je vais devoir retourner bien en arrière pour retrouver le fil des aventures...

Richard LEJEUNE 26/09/2012 10:33



     Bonjour Christiana,


Eh oui, pendant les trois semaines de votre périple italien, Sinouhé a poursuivi le sien en terres du Rétchénou ...


 


     Mais il n'y a évidemment aucune obligation à ce que vous vous précipitiez à sa rencontre !


Si toutefois la poursuite du roman vous intéresse, considérez que le lac n'est pas en feu et la demeure encore moins en péril !


 


     De sorte qu'à l'instar d'Améthyste, vous avez toujours loisir d'y revenir à votre rythme, à votre meilleure convenance.


 


     Sachez aussi que, si quelque chose vous échappe, vous ne devez avoir aucun scrupule à m'interroger : à vous comme à tous, je me ferai un
plaisir d'éclairer certains points qui pourraient paraître obscurs.


 


Bonne lecture.



Carole 26/09/2012 00:48

"pris dans le crépuscule" "mon coeur, il n'était plus dans mon corps" : que de belles formules ! A chaque "épisode" de ce roman, je suis surprise par la force de ces expressions venues de très loin
et pourtant si proches, si immédiatement et fortement comprises.

Richard LEJEUNE 26/09/2012 08:40



     Vous continuez, Carole, à judicieusement mettre le doigt sur ce qui constitue l'immense force de ce roman arrivé du fond des âges : sa
langue, d'une richesse considérable !


     Et qui semble si souvent nous parler avec une poésie qui n'a rien à envier à celle que nous avons pris l'habitude de savourer
... 



etienne 26/09/2012 00:11

Ah, Sinouhé va au but de son roman et de sa vie en terre bien aimée, quel bonheur pour lui de retrouver son pays si riche et si beau accueilli par le dieu régnant.

Pour reprendre ton épouse citant le petit Richard, je reprendrais bien en dictionnaire amoureux de l'égyptologie littéraire de Richard notre cher ouvreur de chemins!
Et quel chemins déjà parcouru grâce à Toi: Richard!
De la Belgique à l'Egypte en passant par Prague et bien sûr au Louvre!
J'adore partir en voyage pédagogique virtuel mais si vrai sur tes pas balayé par le khasmin égyptine mais bien ancré dans nos mémoires par cet excellent blog intelligent!

Amicalement,

Etienne.

Richard LEJEUNE 26/09/2012 08:21



     Merci Etienne pour cette appréciation qui me touche ...



J-P.Silvestre 25/09/2012 18:30

Une telle servilité (de la part de Sinouhé) ça donne envie d'être dictateur... Ne m'en veuillez pas pour ce blasphème. C'est à la mode

Richard LEJEUNE 26/09/2012 08:20



     Quel blasphème, cher Jean-Pierre ??


 


     Avec Sinouhé, nous ne sommes pas au XXIème siècle, au milieu de gens qui n'ont pas encore compris que la séparation de l'Eglise et de l'Etat
et que la Liberté d'expression sont des notions définitivement acquises et qui n'ont plus à être remises en cause.


Par qui que ce soit - et surtout pas par les représentants ou les affidés des sectes religieuses -, et pour quelque raison que ce soit !


 


     Dans cette Égypte-là, le régime était théocratique et attendu comme tel !


Il s'agissait donc pour Sinouhé d'assurer son avenir post mortem - et non, comme beaucoup à notre époque, ses prérogatives ou son pouvoir ou ses biens sur
cette terre !


 


     C'est le souverain, je pense l'avoir déjà précisé, qui récompensait l'excellence des services à lui rendus en offrant une tombe dans le
périmètre de sa pyramide, un matériel funéraire idoine et une inhumation digne du serviteur qu'il avait été : tout ce qui, dans la pensée égyptienne, était donc nécessaire pour que l'éternité lui
soit la plus agréable possible ...



Selkis-Cat 25/09/2012 11:59

Je me demande avec plaisir quelle sera ta prochaine association... j'ai redécouvert St John Perse que j'avais un peu délaissé....
et apprécié Sinnouhé que je connaissais fort peu.....
mais le binôme me manquera....

Amicalement

Richard LEJEUNE 25/09/2012 13:48



     Merci à toi, C@t : heureux que ces deux-là aient pu t'apporter et la joie d'une relecture et celle d'une quasi découverte ! 


 


     C'est évidemment le hasard - je pense l'avoir déjà expliqué - qu'ils se soient "rencontrés" chez moi en s'avançant tous deux sur leurs
terres d'exil respectives ; le hasard d'une lecture vespérale qui a donné naissance en mon esprit à l'idée, apparemment saugrenue de prime abord, de dénicher quelques accointances
supplémentaires, poétiques évidemment, qui pourraient servir d'incipit à certains des épisodes du Roman de Sinouhé que je proposais en traduction.


Certains ... ; et cela devint une constante, tant est riche l'oeuvre de Saint-John Perse ! 


(Par parenthèse, j'ai souri en lisant ton message et en constatant que tu sembles lui apposer une auréole au-dessus de la tête en écrivant "St" ... comme
pour tous ceux du calendrier.)


 


     Quant à la suite ?


Toutes mes lectrices, comme tous mes lecteurs, auront évidemment remarqué que depuis un certain temps j'ai osé ainsi associer quelques littérateurs, qu'ils soient
poètes, romanciers ou philosophes, aux articles d'égyptologie que je publiais.


Même si - et cela depuis l'enfance, puis l'adolescence pendant laquelle j'ai lu ou, plus exactement, dévoré, parfois un peu trop jeune pour tout comprendre ! - je
suis resté lecteur impénitent, je n'ai jamais cherché - à quelques exceptions près - à coller au plus près du thème des articles en fouillant dans les rayons de ma bibliothèque aux fins de coûte
que coûte dénicher quelqu'un.


 


     Tout au contraire, ce sont plutôt ces lectures du soir, à finalité délassante, - ou au soleil de l'été, quand il se rappelle à mon bon
souvenir ! -, qui s'imposèrent à moi pour l'une ou l'autre de mes interventions.


     J'ai en effet conservé depuis mon plus jeune âge cette compulsive manie de noter tout ce que j'estimais être "intéressant" suite à mes
lectures.


Petit, dans des cahiers sur les feuilles desquelles je traçais des colonnes, je recopiais les termes de vocabulaire découverts et dont j'ignorais encore à l'époque
le sens exact et, bien évidemment, en regard, je notais ce qu'en disait le dictionnaire.


Je n'oserais évoquer toutes ces feuilles griffonnées qu'avec l'âge j'essaie de classer logiquement dans des fardes ad hoc.


 


     Il y a le Petit Larousse, le Petit Robert ; et mon épouse de malicieusement souvent citer le Petit Richard
...


Je pense qu'elle se moque un tantinet !


 


     Pour éventuellement étancher la curiosité de l'avenir que je sens chez toi lancinante, je puis officiellement annoncer que ce sera Amélie
Nothomb, Baudelaire, puis Théophile Gautier que je convoquerai à la barre de mes amours littéraires, dès que Sinouhé nous aura quittés ...


 


     A tout bientôt C@t.





     Amitiés,


     Richard



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