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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 23:00

 

      L'exil n'est point d'hier ! l'exil n'est point d'hier !

"Ô vestiges, ô prémisses",

Dit l'Étranger parmi les sables, "toute chose au monde m'est nouvelle ! ..."

Et la naissance de son chant ne lui est pas moins étrangère.

 

 

 

SAINT-JOHN PERSE

Exil, II

 

dans Oeuvres complètes,

Paris, Gallimard, La Pléiade,

p. 125 de mon édition de 1972

 

 

 

 

     Vous avez pris conscience la semaine dernière, amis lecteurs, que dans la première partie de sa supplique aux fins d'être admis à rentrer en Égypte, Sinouhé espérait la clémence de ce dieu qui l'avait poussé à quitter le pays après les propos d'attentat contre le roi en titre, Amenemhat Ier, qu'il avait interceptés alors qu'il se trouvait aux côtés de Sésostris Ier revenant d'une campagne libyenne.

Et que, dans la foulée, la seconde partie de son invocation s'adressait précisément à ce souverain qu'il avait précipitamment "abandonné" sans l'aviser de ses intentions de fuir.

 

 

  Sesostris-Ier---Heliopolis.JPG

 

 

 

     Or donc, il fut dit à la Majesté du Roi de Haute- et de Basse-Égypte Kheperkarê (1), juste de voix (2), l'état dans lequel je me trouvais. Alors Sa Majesté envoya vers moi (des messagers) porteurs de largesses de la part du roi : elle (3) réjouissait le coeur de l'humble serviteur que je suis (4) comme (celui) d'un chef de n'importe quel pays étranger. Les enfants royaux qui étaient dans son palais firent que j'entende leurs messages.

 

     Copie de l'ordre royal  apporté au serviteur que je suis à propos de son retour vers l'Égypte (5) : "Horus Vivant de Naissance ; Les Deux Maîtresses : Vivant de Naissance ; Le Roi de Haute - et Basse-Égypte Kheperkarê ; Le fils de Rê, Amenemhat  (6), Qu'il vive pour l'éternité et à jamais.

 

     Ordre royal au militaire Sinouhé : Vois, c'est pour que tu saches ce qui suit que cet ordre royal t'a été apporté. Tu as parcouru les pays étrangers depuis Qedem jusqu'au Rétchénou. C'est selon le seul conseil de ton coeur qu'un pays t'a donné à un autre pays. Qu'avais-tu fait pour que l'on ait eu à agir contre toi ? Tu ne parleras pas devant le Conseil des Notables de sorte que l'on puisse s'opposer à tes propos. Cette perspective de poursuite a entraîné ton coeur, elle n'était pas dans mon coeur contre toi !

 

     Ce tien ciel qui est dans le Palais  (7), elle est établie et florissante aujourd'hui . Le bandeau de sa tête, c'est la royauté ; ses enfants sont dans la Résidence : tu entasseras les richesses qu'ils te prodigueront, tu vivras de leurs largesses.

 

     Reviens en Égypte afin que tu voies la Cour à laquelle tu as grandi ; afin que tu baises le sol devant la double grande porte ; afin que tu te joignes aux compagnons.

 

     Vraiment, maintenant tu as commencé à vieillir, tu as perdu la virilité. Songe pour toi au jour de l'enterrement, au passage à l'état d'imakh (8). La nuit te sera assignée (9) dans l'huile ainsi qu'avec des bandelettes des deux mains de Tayt  (10) .

 

     On fera pour toi un cortège funéraire le jour de rejoindre la terre, un cercueil en or et la tête en lapis-lazuli, un ciel sera sur toi. Une fois placé dans le catafalque, des boeufs te traîneront ; des musiciens seront devant toi ; on exécutera la danse funèbre à l'entrée de ta tombe ; on lira pour toi la liste des offrandes ; on sacrifiera à l'entrée de tes tables d'offrandes ; tes piliers seront construits en pierre blanche parmi les enfants royaux (11).

 

     Certes, tu ne mourras pas en pays étranger ; les Asiatiques ne te conduiront pas au tombeau ;  ce n'est pas dans la peau d'un bélier que tu seras placé ; il ne sera pas fait pour toi un simple tertre. Cela est trop important pour que tu continues à errer.

 

     Songe à la mort : reviens ! "

 

 

     C'est alors que je me tenais debout au milieu de ma tribu que me parvint cet ordre. Après qu'il me fut lu, je me mis à plat ventre et touchai le sol. La poussière du sol, je la répandis sur mes cheveux. C'est en criant que je parcourus mon campement : comment ceci peut-il être fait à un serviteur que son coeur a égaré vers des pays étrangers ? Assurément, bonne est la clémence qui me sauve de la mort.

 

     Ton Ka fera en sorte que je passe la fin (de ma vie), mon corps étant à la Cour.     

 

              

 

Notes


 

(1)   Kheperkarê :


début du cartouche
 
N5 L1 D28
 
 

   nom de couronnement attribué à Sésostris Ier, soit l'avant-dernier des cinq noms de sa titulature, inscrit dans le premier des deux cartouches et que l'on peut traduire par "le Ka de Rê est advenu". 

 

 

 

     Pour être complet, j'ajouterai que l'appellation Sésostris constitue en réalité la "traduction" que les Grecs donnèrent du second cartouche du souverain,

 

 

début du cartouche
 
F12 S29 D21
X1
O34
N35
 
 

 que l'on lit Senouseret et qui signifie "l'Homme de la Puissante".   

 

 

 

 


    

(2)   ... juste de voix : il s'agit de la formule d'eulogie qui suit le nom des défunts - souverains comme particuliers d'ailleurs - qui ont été reconnus "justes", "justifiés" par le Tribunal d'Osiris lors de la scène de psychostasie, c'est-à-dire la pesée de son coeur, intervenant après qu'il eut prononcé la "Confession négative", appelée aussi "Déclaration d'innocence" par certains égyptologues.

(Sur toutes ces notions, pour plus de précisions, je vous invite à éventuellement relire cet ancien article.)

 

     Toutefois, le copiste qui a vraisemblablement ajouté cette formule par habitude, a commis une erreur : Sésostris Ier n'est pas encore mort ; elle n'a donc pas ici sa raison d'être !

 

 

(3)   ... elle ... : Sa Majesté.

 

(4)    ... l'humble serviteur que je suis  : Sinouhé que nous savions d'abord au service d'Amenemhat Ier quand il vivait encore en Égypte, se proclame, maintenant qu'il espère revenir en son pays, serviteur du nouveau souverain. Et vous constaterez par la suite, amis lecteurs, qu'il n'aura de cesse de le répéter ... 

     

(5)   Copie de l'ordre royal : C'est à partir de la lettre de Sésostris Ier qui va suivre, remise à Sinouhé par un des messagers royaux que, sur le Papyrus Berlin ici traduit, le texte hiératique change complètement de disposition : alors que jusque-là le scribe l'avait rédigé en colonnes verticales, dorénavant, il le présente en lignes horizontales.

 

(6)   Amenemhat : Nouvelle erreur du copiste qui a retranscrit le texte original sur ce papyrus car c'est bien évidemment le nom de Sésostris Ier qui doit être là indiqué : c'est lui en effet, et non son père décédé depuis longtemps, qui adresse la missive à Sinouhé ; missive qui commence donc, nous venons de le constater, par une partie de la titulature officielle du souverain.

   

(7)   Ce tien ciel qui est dans le Palais ... : Il s'agit bien évidemment, nous l'avons déjà compris la semaine dernière, de la reine Néfrou, épouse de Sésostris Ier, assimilée à la déesse Nout étendant l'éternité durant, en un geste protecteur, ses bras au-dessus des défunts dans leur cercueil ...

D'où l'emploi du féminin pour le pronom sujet qui suit.

 

(8)  ... à l'état d'imakh : souvent, les égyptologues préfèrent traduire par "bienheureux", ce qui, à mon sens, ne rend pas toute la palette des nuances de ce terme égyptien. Dès lors, autorisez-moi à exceptionnellement le conserver en l'état. D'autant plus que, dans notre étude des fragments peints provenant de la tombe de Metchetchi, je vous avais, le  5 avril 2011, longuement expliqué cette notion complexe.

 

(9)   La nuit te sera assignée ... : le souverain évoque le séjour de Sinouhé dans la tombe, le corps momifié.

 

(10)   ... Tayt : déesse du tissage.

 

(11)   ... parmi les enfants royaux  : Sinouhé reçoit la promesse de bénéficier d'un tombeau construit parmi ceux prévus pour les enfants royaux et, tout comme pour eux, réalisé en pierre blanche. 

 

 

 

     A suivre ... 

      

 

     (Je ne rappellerai jamais assez tout ce que cette mienne traduction doit à l'enseignement, aux conseils avisés et aux corrections pointues du Professeur Michel Malaise qui, voici près d'un quart de siècle, guida mes premiers pas dans l'apprentissage de la langue et de l'écriture égyptiennes.)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Littérature égyptienne
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commentaires

Améthyste 08/10/2012 07:24

Je trouve fascinants le cheminement de la pensée créatrice de l'auteur du Roman de Sinouhé et la progression, au fil d'évènements surprenants, vers la missive de Sésostris Ier, le roi magnanime
qui, après un quart de siècle de réflexion, peut-être d'hésitation et de doute quant à la conduite de Sinouhé maintenant vieillissant, progression qui permet de suivre le héros tout au long de son
séjour chez les Bédouins aux croyances et au mode de vie si différents de ceux des Egyptiens !

Cet auteur anonyme possédait, certes, d'immenses ressources intellectuelles et littéraires. De plus, l'harmonie poétique qui imprègne son récit et me berce depuis le début de ma lecture me conforte
dans ce sentiment.

Et j'éprouve le bonheur toujours renouvelé d'être guidée pas à pas sur une large route illuminée par un enseignement qui m'est indispensable pour la compréhension des textes d'une époque si
lointaine. Merci encore, Richard.

Richard LEJEUNE 08/10/2012 08:37



     Non seulement, comme vous le relevez fort à propos, Améthyste, l'auteur du Roman de Sinouhé fut un grand lettré, mais au fil de la
lecture, l'on se rend compte qu'il avait aussi dans l'esprit une finalité récurrente : glorifier et son pays et son souverain ... 


 


     Merci à vous également pour cette fidélité à me suivre dans cette belle aventure.



François Moulin 02/10/2012 08:59

Bonjour Monsieur,
Votre courriel du 29 septembre dernier demandait l'avis de vos lecteurs.
Ce me semble une démarche très intéressante et qui demande un juste retour, comme un remerciement à votre travail.
Depuis plus de 10 ans je fais de l’égyptien hiéroglyphique et à ce titre j'ai travaillé sur le conte de Sinouhé avec mon professeur, Pierre Grandet
Je n'ai pas eu le loisir de suivre vos 13 communications au fur et à mesure de leurs publications, ni à fortiori de les travailler mais je compte bien le faire, in sha allah, si je trouve le
temps.
J'aime bien vos introductions, votre langage riche et précis, une photo pour nous faire rêver...
Je compte remettre en parallèle votre traduction et vos notes avec le texte hiéroglyphique et me replonger dans ce temps antique.
Je pars dans 3 semaine en Égypte et sur le site de Lisht, je revisiterai l'endroit avec une pensée pour Sinouhé.
Merci pour tout cela
François Moulin ( un Francilien)

Richard LEJEUNE 02/10/2012 09:30



     Merci à vous, monsieur Moulin - qui êtes donc un de mes abonnés "inconnus" - d'avoir pris la peine de vous "dévoiler" pour m'adresser ces
quelques mots qui me touchent.


 


     Il m'agréerait qu'un jour ou l'autre nous puissions effectivement comparer nos travaux ou, plus exactement, les enseignements de Pierre
Grandet et de Michel Malaise à propos de Sinouhé.


 


     D'ores et déjà, je vous souhaite un excellent séjour en Égypte.


 


     Respectueusement,


     Richard LEJEUNE



christiana 28/09/2012 17:18

Oui, c'est magnifique! Je n'imaginais pas que cela puisse exister.

Richard LEJEUNE 28/09/2012 17:45



     Et oui, Christiana : contrairement à ce qu'assènent encore trop souvent certains livres d'Histoire, la Grèce n'est pas le tout de la
création artistique, littéraire ou philosophique.


D'autres civilisations ont vécu et créé des merveilles avant elle !



christiana 28/09/2012 14:46

Pour moi aussi c'est un peu complexe mais je prends beaucoup de plaisir à pouvoir suivre ces aventures, l'aventure d'une vie fort émouvante avec des émotions tellement semblables aux émotions
d'aujourd'hui. Sinouhé lui pourtant a l'assurance de la vie éternelle et doit être soulagé de cette missive.

Richard LEJEUNE 28/09/2012 15:56



     Il est certain qu'il la souhaitait ardemment cette missive de Sésostris Ier : elle est pour lui gage d'un "pardon" royal, - ou plutôt, comme
il n'a rien à se faire pardonner, sinon sa fuite improvisée, sans avoir prévenu sa "hiérarchie", rien d'essentiel donc pour ce qui concerne l'assassinat jadis d'Amenemhat Ier, il vaudrait mieux
que je note la "magnanimité" royale.


 


     Mais cette lettre du souverain constitue aussi à ses yeux l'assurance qu'il remplira tous ses "devoirs" de façon que les funérailles de ce
serviteur zélé se déroulent selon les rites de son pays.


 


     Dans cette missive, Sinouhé lit donc ce qu'il espérait bien lire ; ce qu'il attendait que le roi fasse !


 


     C'est en cela aussi que l'auteur de ce roman a composé une oeuvre remarquable : non seulement s'y lisent en filigranes les moeurs et les
modes de vie à la fois des Bédouins et des Égyptiens, mais aussi s'y révèle, d'épisode en épisode, la mentalité d'une époque donnée dans un contexte donné.  


 



JA 17/09/2012 18:59

Passionnant mais un peu complexe pour moi
Le grand père maternel de Stendhal, le docteur Gagnon était féru d'Egyptologie, et possédait des documents sur le sujet....

A bientôt
JA

Richard LEJEUNE 18/09/2012 08:38



     Merci Jocelyne : dans mes lectures - preuve que l'on ne peut tout savoir ! -, je n'avais jamais trouvé mention du Cabinet d'égyptologie du
docteur Gagnon : je viens de le découvrir grâce à vous et à l'article de Joëlle Rochas, que vous connaissez probablement, qui le décrit.



François 15/09/2012 11:57

Hello, Richard !

Je te rassure, ma proposition d'"enrichi" était juste un trait d'humour correspondant à l'époque où nous vivons et dans le "bling-bling" de laquelle être riche de matérialités semble bien être ce à
quoi aspirent nos contemporains.
Pensionné, même de ce côté de l'Europe paraît bien être aussi entendu comme retraité, au moins au premier degré.

Désormais, il me faudra donc bien traduire "imakh" par "imakh", ce qui finalement comme tu le suggères est bien le plus exact...
Bon week-end et amitiés !
François

Richard LEJEUNE 15/09/2012 12:11



     Tu m'étonnes vraiment François quand tu écris : Pensionné, même de ce côté de l'Europe paraît bien être aussi entendu comme retraité, au
moins au premier degré, dans la mesure où, à plusieurs reprises aux premiers moments de ma retraite, commettant ce que maintenant j'estime être un belgicisme, je me proclamais "pensionné"
devant des amis français que nous côtoyions dans l'Aveyron. Ils me regardaient avec une évidente perplexité, puis m'avouaient ne pas comprendre ce que je voulais dire ...



François 14/09/2012 15:38

Un retour, Cher Richard, si tu permets, sur état d'"imakh"...

Je comprends ton désir d'exactitude de fidèle traducteur. Mais comment alors pourrait-on néanmoins le traduire de la façon la moins imparfaite possible ?

La relecture de ton précédent article sur ce sujet conforte bien la difficulté à trouver le vocable qui pourrait correspondre. Personnellement, j'aime bien "honoré" qui sans être démonstratif de ce
qu'il faut pour accéder à cet "état" me semble coller au mieux avec son sens.
Dans la civilisation actuelle, sans doute suffirait-il de dire "enrichi", compte-tenu de ce que sont les valeurs du monde contemporain ;-))
Qu'en dis-tu ?

Amicalement !
François

Richard LEJEUNE 15/09/2012 10:49



     Quel que soit l'idiome que l'on traduise, François, il existera toujours des termes que l'on ne pourra exactement rendre en français à
l'aide d'un seul vocable : souviens-toi notamment des longues discussions à propos de Akh sur notre Forum.


Imakhou figure aussi à mon sens parmi ceux-là ! 


 


     Sans vouloir ici reprendre toute la chronologie des acceptions proposées, je rappellerai simplement qu'à la fin du XIXème siècle,
l'égyptologue français Alexandre Moret le traduisait par "féal", terme qui, pour moi, connote beaucoup trop notre Moyen Âge ; et donc, me paraît anachronique.


 


     Fort heureusement, les études égyptologiques ont évolué et nous ont permis de découvrir de nouveaux textes dans lesquels il figurait et qui
en polissaient les contours, rendant dès lors la notion elle-même plus précise.


 


     Des pages et des pages pour cerner ce seul mot ont été noircies depuis, que j'ai essayé de résumer au sein de mon article d'avril 2011
auquel tu fais ci-avant allusion et pour lequel, mardi, j'ai fourni le lien.


 


     Sur son site OsirisNet, à l'entrée "Maât", Thierry Benderitter préfère "Pensionné" au traditionnel "Bienheureux" : j'y adhère, pour
autant que ce soit compris en son sens français car - et là je l'écris pour mes amis belges -. chez nous, "pensionné" est synonyme de "retraité".


 


     Si tu fouilles quelque peu le Net, tu rencontreras quelques belles inepties proférées à son sujet : ainsi, un site explique qu'il signifie
"Juste de voix" (confondant vraisemblablement avec "Maâkherou"), alors qu'un autre affirme péremptoirement qu'un imakhou était un prêtre !!!


Du n'importe quoi, donc ! 


 


     Pour répondre maintenant à ta question : personnellement, si vraiment j'étais contraint de le définir d'un seul mot à la fois, ce serait
alors soit "Privilégié", soit "Favorisé", soit "Récompensé". Mais cela me gênerait car j'estime que tous doivent être affinés, tous doivent être assortis d'explications plus précises.


 


     Quant à ta proposition ("Enrichi"), m'autoriseras-tu à ne point l'entériner dans la mesure où je l'estime trop restrictive, voire fausse
pour ce qui concerne les conceptions égyptiennes antiques ?


 


     Voilà ce que ton commentaire m'invite à répondre, cher François. Je ne sais si cela t'agréera.


     Au plaisir, si non, de lire d'éventuelles "prolongations" à notre dialogue que j'espère avoir été fructeux pour mes autres lecteurs.





     Excellent samedimanche à vous deux.


     Richard


 


     Petit apparté avec J., pour autant qu'il me visite : pour quelle(s) raison(s) imakhou ne figure-t-il pas dans ton excellent
dictionnaire Egyptopedia ??



Carole 13/09/2012 22:23

En relisant, je vois que j'avais aussi mis "étranger" pour "serviteur etc." Mais mon problème portait vraiment sur "comment ceci peut-il être fait ?"... pas sur la suite, même si ma mémoire n'était
pas très fiable...(j'ai la faiblesse de croire que j'ai une mémoire parfaite, et je constate une fois de plus que... non.)

Richard LEJEUNE 14/09/2012 08:44



     N'en prenez point ombrage, chère Carole : les soucis, une distraction passagère ... la vie qui tout simplement continue peuvent de temps en
temps quelque peu altérer notre mémoire.


Si vous consultez le second lien que j'ai déposé ce matin en réponse à votre très beau texte du jour, vous constaterez que, pourtant grand lecteur de Chateaubriand dès
l'adolescence, j'avais complètement "oublié" - "zappé", comme il est de bon ton de le dire maintenant, je crois -, son passage par Prague ! 



Carole 13/09/2012 22:20

Oui, c'est plus compréhensible, mais grâce à votre explication ! J'avais cité de mémoire, mais le problème n'était pas "cela" ou "ceci" mais de comprendre quel était le référent... et le sens exact
de "fait"...
C'est curieux, mais "cela" (ou "ceci", si vous préférez) me tracassait vraiment, je déteste ne pas comprendre quelque chose dans un texte littéraire (déformation professionnelle...).
Merci, quoi qu'il en soit, d'avoir pris la peine de publier intégralement cette très belle oeuvre, dont l'ancienneté est loin d'être le seul mérite.

Richard LEJEUNE 14/09/2012 08:35



     J'avais bien compris, Carole, que ce n'était pas le démonstratif qui vous perturbait ...


Quant à la différence entre les deux, croyez bien que ce n'est pas de ma préférence qu'il s'agit ici, mais de la seule volonté de traduire au plus près le terme
égyptien choisi par le narrateur.


 


        Ne vous excusez surtout pas d'avoir voulu "creuser" plus avant : il n'y a point, me semble-t-il, de déformation
professionnelle dans cette démarche, - et quand bien même cela serait !?! -, mais plutôt le souhait d'être en parfaite symbiose avec un texte que l'on découvre.
      Heureux d'avoir, par ma réponse, réussi à rencontrer vos interrogations.


 


     Merci à vous aussi de votre fidélité à me suivre dans les méandres des aventures de Sinouhé : pour aucun lecteur, ce n'était évident au
départ d'ainsi remonter le temps et d'entrer de plain-pied dans un esprit de vie si différent du nôtre ... et pourtant, par bien des aspects humains, si proche.


 



Carole 12/09/2012 20:11

J'ai du mal à comprendre, à la fin du récit, le sens de "Comment cela peut-il être fait à un étranger?"
Mais l'appel fait à Sinouhé, "Songe à la mort, reviens", lui, je le comprends sans hésiter, et il me va droit au coeur !

Richard LEJEUNE 13/09/2012 08:22



     Il me paraît tout à fait normal, Carole, que vous ne compreniez pas l'extrait que vous mentionnez (Comment cela peut-il être fait à un
étranger ?) dans la mesure où, suite à une lecture probablement un peu trop rapide, ou distraite, vous n'avez pas "enregistré" ce que le texte du roman indiquait exactement et qui était
:


 


"C'est en criant que je parcourus mon campement : comment
ceci
peut-il être fait à un serviteur que son coeur a égaré vers des pays étrangers ?",


 


"ceci" faisant évidemment
allusion à la lettre adressée à Sinouhé par le souverain en personne qui l'invite à rentrer au pays ...


 


     Pour vous, est-ce plus compréhensible ainsi ?



Cendrine 12/09/2012 12:19

Bonjour Richard,

Je suis ravie que le plaisir éprouvé par vos lecteurs vous fasse "redécouvrir", en quelque sorte, Sinouhé... Tant d'oeuvres littéraires sont passionnantes à étudier mais elles doivent l'essentiel
de leur "force d'attraction" à l'émotion qu'elles suscitent. C'est cette émotion que j'éprouve en lisant votre remarquable traduction. Elle me fait cheminer, attentive, à travers le coeur et
l'esprit de Sinouhé.

Vous nous avez ouvert les portes d'un récit qui s'écrit sur les sables du temps et, en dépit des millénaires, il existe une proximité bouleversante entre les aspirations du héros et nos sentiments
actuels.

A travers l'étude des rites funéraires et des croyances en vigueur dans ce captivant récit, c'est à la part la plus sensible de notre humanité que s'adressent les signes. La vie est faite de
cycles, la mort s'en imprègne de l'autre côté de son brillant miroir...

Revoir sa terre, étreindre à nouveau ses racines, traverser le fleuve en étant apaisé... et l'image qui me séduit le plus est celle de la déesse céleste, mère protectrice dont le corps arqué et les
bras forment un berceau...

J'ai un léger pincement au coeur en songeant que Sinouhé s'approche du terme de sa vie "terrestre"...

Merci, cher Richard, pour le cadeau que vous nous offrez. Je vous souhaite une excellente journée. Avec mon amitié

Cendrine

Richard LEJEUNE 12/09/2012 12:43



     Soyez assurée, chère Cendrine, que je ne m'attendais nullement, l'instant où j'ai songé "combler" mes absences estivales en donnant à lire
le Roman de Sinouhé, à recevoir semblable plébiscite de la part de certaines lectrices - vous, au premier balcon ! - et de certains lecteurs qui, par leurs commentaires, leurs
questionnements ou simplement leur lecture que je sais attentive depuis "les coulisses", me confortent dans mon choix.


 


     Vous employez le terme "cadeau" : pour ma part, je ne fais que simplement restituer avec plaisir évident ce que j'ai appris à traduire voilà
près d'un quart de siècle.


En revanche, c'est vous, Cendrine, et tous ceux ici qui, en suivant de mardi en mardi chaque épisode avec un si vif intérêt, me faites le plus beau, le plus inespéré
des cadeaux que ma vie de retraité de l'Enseignement eût pu un jour imaginer.


 


Merci.   



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