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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 23:00

 

Entrée BNF (0)

 

 

     Ah, vous êtes là ! C'est bien. Je vous attendais ... Nous allons pouvoir poursuivre notre visite.

 

     Après avoir, les mardi 20 et samedi 24 septembre derniers, envisagé de distinguer au sein de l'exposition "Visions d'Egypte" organisée ce printemps dans la Galerie Mansart de la BnF, site Richelieu, les différents procédés utilisés par l'archéologue français Emile Prisse d'Avennes pour garder traces des monuments de l'Égypte antique et arabe qu'il rencontrait, à savoir calquer, peindre et dessiner, je vous propose aujourd'hui de nous arrêter un instant - entre le "couloir" des calques de l'hypogée de Rekhmiré et celui, que nous découvrirons plus tard, entièrement dédié au Papyrus Prisse -, au niveau des deux vitrines installées au centre de la salle et qui illustrent une quatrième méthode : estamper.  


 

   L'estampage ou moulage en papier est un procédé dont Prisse d'Avennes et Nestor L'Hôte se servaient déjà en 1832. C'était du reste un moyen sûr, rapide et peu encombrant, donnant avec une fidélité incontestable la copie de l'original, qu'ensuite on pouvait surmouler en plâtre. Ceux dont le relief était très accentué, étaient préalablement renforcés sur le monument même, à l'aide de plusieurs feuilles de papier mouillées et superposées, sur lesquelles on étendait une légère couche de colle au moment de les appliquer. Chaque feuille était successivement tamponnée à l'aide d'une brosse ou de morceaux de linge formant tampon. Tous les estampages étaient, avant le moulage, enduits d'un vernis spécial qui avait pour but de rendre le papier imperméable.

 

     C'est par ces termes que, dans un ouvrage biographique au titre interminable qu'il lui a consacré - Le  Papyrus à l'époque pharaonique et fac-similé du plus ancien manuscrit du monde entier en caractères hiératiques et archaïques, ou papyrus Prisse d'Avennes, trouvé à Thèbes -, Emile-Maxime Prisse d'Avennes (1852-1924) explique la technique employée par son père aux fins d'obtenir, au plus près de l'exactitude, copie des bas-reliefs qui l'intéressaient.


 

    Le panneau didactique qui, au dos de la vitrine de gauche, reprend l'extrait du fils de l'orientaliste que je viens de vous donner à lire précise en outre, que pour réaliser ces estampages sur papier vergé, Prisse et Willem de Famars-Testas, un parent néerlandais qui l'accompagna lors de sa seconde mission en Egypte de 1858 à 1860, employaient des feuilles de format folio qu'ils ajoutaient les unes aux autres quand ils voulaient obtenir des reproductions de motifs atteignant plusieurs mètres.

 

     En vue de leur publication, à certains estampages furent ajoutés des traits de crayon, voire même des touches colorées.

 

    Selon la distinction à laquelle, maintenant, vous êtes habitués, la vitrine de droite avec les dix oeuvres affichées met en valeur l'art de l'Egypte arabe, alors que celle de gauche fait la part plus que belle à celui de l'antique civilisation pharaonique.

 

Admirons ainsi :

 

Portrait de Nefertiti

 

Chanteurs aveugles et harpistes

 

Boeufs et zébus dans une étable

 

Egyptien portant une grue

 

Porteuses d'offrandes

 

Portrait de Khaemhat

 

Bès jouant de la harpe

 

Dieu Nil

 

Couple de léopards tenus en laisse

 

Scène des funérailles de Hormin

 

 

     (Merci de cliquer sur les différents titres colorés qui vous permettront de visualiser la majorité des estampages de cette vitrine puisque, comme j'eus l'occasion de le préciser à notre précédent rendez-vous, il me fut refusé par le Service Communication de la BnF d'exporter immédiatement de son site la documentation iconographique qui aurait pu bellement étayer mes propos.)

 


 

     Avant de pénétrer dans le dernier couloir central de cette exposition, dédié au Papyrus Prisse, je vous invite, samedi 1er octobre prochain, à nous pencher sur la cinquième et dernière technique employée par l'archéologue avesnois pour conserver le plus possible de traces de ses séjours en Egypte : la photographie.

 

 

 

     (A nouveau, merci à Louvre-passion d'avoir accepté avec grande amabilité ma requête de photographier l'entrée de la BnF, rue Vivienne, que mes propres clichés, quelque peu flous, m'auraient empêché de vous faire connaître.)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en France
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commentaires

Montoumès 03/10/2011 08:23


Nous sommes parfois bien petits... :)


Richard LEJEUNE 03/10/2011 08:47



     En outre, nous n'avons pas suffisamment "le bras long" ...



Montoumès 02/10/2011 17:49


Elles peuvent l'être à des fins de promotions (le Louvre m'avait contacté pour promouvoir des conférences sur l'art égyptien sur mon site), mais rarement en dehors de ce cadre. Il faut demander au
bon moment :D


Richard LEJEUNE 03/10/2011 08:03



     Ce qui m'étonne, c'est le "deux poids, deux mesures" ! Car, comme je l'ai déjà précisé, des documents sont librement téléchargeables via
Gallica !


 


     En outre, l'argument excipé (promotion inutile pour une exposition terminée) me paraît spécieux dans la mesure où, indirectement,
par mes modestes articles, je promeus la BnF et l'excellence de ses manifestations culturelles ...



Louvre-passion 02/10/2011 17:44


Merci pour tes remerciements. Dommage que ces institutions telles que la BNF soient si peu coopérative pour un prêt iconographique.


Richard LEJEUNE 03/10/2011 07:56



     Evidemment, oui. D'autant plus qu'il ne s'agit nullement dans mon chef d'éditer un ouvrage qui me rapporterait de l'argent !!



Montoumès 29/09/2011 16:10


Hélas pour ma part je n'ai pas pu visiter cette exposition...

Cependant j'ai eu le plaisir de partir (et de revenir) d'Égypte :) Une très bonne compensation !


Richard LEJEUNE 29/09/2011 16:34



     J'imagine bien, en effet, qu'il n'y a pas de commune mesure !!



FAN 29/09/2011 15:54


Quel artiste ce Prisse d'Avennes!! Copieur, certes, mais avec maîtrise!! Il y a un personnage qui m'intrigue : Bès qui joue de la harpe!!Je vais de go me renseigner!! Merci Richard pour ce post
intéressant!! BISOUS FAN


Richard LEJEUNE 29/09/2011 16:32



     Si vous vous intéressez à ce petit Génie difforme et ventripotent qu'est Bès, Fan, vous aurez tout de suite ici remarqué qu'il est présenté
avec un physique pratiquement "normal", comme n'importe quel musicien assis. Certes, il joue d'une harpe peu commune mais son côté "humain" lui donne un aspect que nous ne lui connaissons guère
...


 


     Il faut maintenant savoir qu'il était le favori de la déesse Hathor qu'il lui arrivait d'accompagner jusqu'aux frontières asiatiques ;
savoir aussi que cette dernière était déesse de l'amour, certes, mais aussi de la musique, partant, de la danse, et qu'elle disposait d'un groupe de jeunes filles - les Khener - chanteuses et
instrumentistes qui, sous sa protection pratiquaient leur art pour les défunts dans leurs tombes (on en voit ainsi représentées dans certains mastabas de l'Ancien Empire, à Saqqarah)


 


     Tout ceci est vraisemblablement à mettre en rapport avec un Bès jouant de la harpe ...



Montoumès 29/09/2011 12:03


Merci pour ces précisions, Richard.

Il est intéressant de constater le nombre de ces représentations dans le sud du pays et en Nubie, rappelant ainsi le mythe de la déesse lointaine (puisque temple d'Hathor, temple de Thot, etc.), et
l'intervention dans l'iconographie des Ptolémées et Romains.

Bien à vous !


Richard LEJEUNE 29/09/2011 16:05



     Effectivement, oui ...


 


     Tout autre chose : avez-vous eu l'opportunité de visiter cette exposition au printemps dernier ? Dans l'affirmative, qu'en pensez-vous
?



Montoumès 29/09/2011 11:30


Bonjour à tous !

Pour Tifet : il me semble que c'est l'un de ceux du petit temple d'Hathor sur l'île de Philae : http://www.free-photos.biz/images/industry/instruments/bes_lyra_philae.jpg
Il y a aussi une représentation d'un babouin jouant du luth !

Pour Richard : toujours aussi captivant.

Amicalement !


Richard LEJEUNE 29/09/2011 11:47



     Bonjour Montoumès.


 


      Merci pour ton passage et ta réflexion.


 


     Le "Bès harpiste" auquel tu fais allusion et qui se trouve dans le temple d'Hathor à Philae n'est en réalité qu'un parallèle à cette
représentation de Prisse. Il te suffira d'ailleurs de comparer la position de la partie supérieure de la harpe par rapport à la barbe pour t'en convaincre.


 


     A la page 34 du catalogue de l'exposition de la BnF, la notice 9 précise que l'original se trouvait à Dakka, sur une colonne du pronaos du
temple mais qu'il a aujourd'hui disparu ...



J-P. Silvestre 27/09/2011 19:08


J'aurais aimé pouvoir comparer l'art de l'Egypte arabe avec celui de l'époque pharaonique...


Richard LEJEUNE 27/09/2011 21:33



     Aucun problème, Jean-Pierre : il vous suffit de relire mon intervention de mardi dernier : en cliquant sur quelques exempples que j'avais
proposés, vous reverrez en parallèle des oeuvres de Prisse dédiées certaines à l'art égyptien, d'autres à l'art arabe. 


 


     Et si cela ne vous satisfait pas pleinement - ce que je puis comprendre -, prenez alors le temps de "feuilleter" cette "librairie" numérique ainsi que des extraits de l'ouvrage de Prisse que je vous proposais à la fin de notre rendez-vous.
   



François 27/09/2011 16:51


C'est toujours un plaisir que de te suivre, Richard...

Alors, effectivement, on est là, et un peu là !!!

Amicalement !
François


Richard LEJEUNE 27/09/2011 21:14



     Merci François ...



artigue 27/09/2011 14:19


On ne se lassera jamais de ces portraits de Nefertiti, sous quelque forme que ce soit...
Merci pour le partage...
A bientôt
JA


Richard LEJEUNE 27/09/2011 21:13



     C'est pour moi un réel plaisir de vous permettre de découvrir - ou de tout simplement revoir - ces inestimabes oeuvres d'art ...



TIFET 27/09/2011 10:10


Le portrait de Khâemhat est de toute beauté et ressemble je trouve à ceux que l'on trouve dans la tombe de Ramosé à Gournah, quant à Bès, je ne l'avais encore jamais vu jouant de la harpe ! merci à
vous.....


Richard LEJEUNE 27/09/2011 21:11



     Votre remarque, Tifet, est extrêmement judicieuse : les deux très importants personnages que sont Khâemhat et Ramose ont en fait vécu sous
le même brillantissime règne d'Amenhotep III et de la reine Tiy : les artistes de cette époque sont les incontestables représentants d'un raffinement esthétique quasiment sans égal dans
l'Histoire de l'Art égyptien ...  


 


     Cette ressemblance que vous supputez n'est donc nullement le fruit du hasard mais, plus simplement, le reflet d'une très grande époque
...



christiana 27/09/2011 00:12


Ces estampages blancs sont très esthétiques.
Il m'arrive parfois de faire des estampages pour reproduire un bas-relief en terre. Rien n'a changé sous le soleil, on refait toujours les mêmes gestes.


Richard LEJEUNE 27/09/2011 21:03



     Et il est heureux que ces gestes traversent ainsi les siècles  ...



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