Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 00:00

 

     En ce printemps 2011, trois mois durant, Paris s'est offert le luxe non négligeable, événements culturels de première importance, d'organiser deux expositions qui ont donné l'opportunité de faire plus amplement connaissance avec un orientaliste français que, mis à part quelques initiés dont vous faites maintenant partie, amis lecteurs, peu de gens connaissent vraiment.

    

     Eminemment complémentaires, ne s'excluant en aucune manière et donc loin de toute tautologie malvenue, les deux manifestations eurent cette judicieuse particularité de mettre en évidence deux grandes institutions nationales, le Musée du Louvre et la Bibliothèque de France du Quadrilatère Richelieu ; deux grandes collections, celle de monuments de pierre, l'autre d'archives exhumées le plus souvent pour la première fois d'un richissime fonds ; et une seule conception muséale, ingrate il est vrai : ne pas se complaire dans la facilité.

 

     Le résultat, à mes yeux à tout le moins, fut sans égal pour notre approche de l'égyptologie française même si, je dois bien le reconnaître, le public ne sembla pas avoir vraiment adhéré, assuré qu'il était très probablement qu'il n'y rencontrerait pas l'une ou l'autre spectaculaire parce que colossale tête de pharaon mise récemment au jour à Karnak ou pêchée dans les profondeurs marines au large d'Alexandrie. 

     C'est grand dommage pour la science égyptologique, c'est grand dommage pour l'ensemble des connaissances de tout un chacun.

 

     Aussi, mais sans prétention aucune, ai-je, les 21, 25 et 28 juin derniers, tenté de réparer cette erreur de jugement en proposant une visite pointue de l'exposition qu'avaient prévue les Conservateurs du Louvre en salle 12 bis du Département des Antiquités égyptiennes, autour de la "Chambre des Ancêtres" de Thoutmosis III. En Enseignant rompu aux "ficelles" les plus élémentaires, j'avais préalablement pris soin, le 18 du même mois, d'esquisser à larges traits un portrait, professionnel s'entend, d'Emile Prisse d'Avennes, fil indubitablement conducteur des deux événements parisiens.

 

     Et, désireux de poursuivre mes intentions, j'ai jugé bon, en ce mois de septembre, d'emmener ceux d'entre vous qui le désireront sur les mêmes chemins de la découverte mais, cette fois, à la Bibliothèque nationale de France, à deux enjambées du Louvre.

 

(Paris) 300 - Banderole

 

 

     En effet,  samedi et mardi derniers, nous avons franchi les grilles du jardin Vivienne, dans la rue éponyme

 

 

Entree_BNF--0-.jpg

 

et sommes entrés dans la salle qui précède immédiatement la Galerie Mansart pour y rencontrer quelques documents introductifs à ce que lors de nos prochains rendez-vous nous aurons tout loisir de détailler.

 

     Toutefois, parce qu'à la différence du Musée du Louvre, je ne fus point ici autorisé à  photographier -  il faut reconnaître qu'avec quatre agents de surveillance me croisant en permanence dans un lieu où je fus quasiment seul visiteur pendant un peu plus de trois heures, des prises de vue, même à la sauvette, eussent relevé du véritable exploit -,  j'ai pensé qu'il serait intéressant de vous proposer en prémices ce document vidéo diffusé sur le site internet de la BnF.

 

     En comparant avec le cliché ci-après de cette superbe salle construite par l'architecte parisien François Mansart au XVIIème siècle pour recevoir les collections d'antiques du Cardinal Mazarin,

 

 

Galerie Mansart - BnF (Photo - Philippe Couette)

 

vous remarquerez immédiatement, amis lecteurs, après avoir visionné les quelque 6 minutes de ce petit film, que la salle a été habillée de hauts panneaux d'un superbe bleu égyptien sur lesquels les documents ont été apposés ; et qu'en son milieu ont été aménagés des espaces ouverts délimitant ainsi deux  "couloirs" centraux en enfilade, séparés par des tables vitrées contenant des ouvrages de Prisse et deux grandes vitrines exposant des estampages qu'il a réalisés.

 

 

Plan-Galerie-Mansart.jpg

 

 

     Le premier de ces espaces centraux tapissés du même bleu soutenu permet d'admirer des calques de la Chapelle de la tombe (TT 100) du vizir Rekhmirê, à Gournah ; quant au second, tout au bout de la salle, il offre 7 des 12 fragments encadrés de ce Papyrus Prisse, incontournable trésor que vous avez, maintenant depuis février 2011, abondamment appris à connaître.

 

     Dès mardi 20 septembre prochain, partons, voulez-vous, à la rencontre de deux immenses civilisations que les différentes facettes de cette remarquable exposition nous donneront à voir grâce à deux cents des très nombreux documents qu'Emile Prisse d'Avennes a colligés.

 


 

 

(A nouveau merci à Louvre-passion d'avoir accepté avec grande amabilité ma requête d'aller photographier cette entrée de la rue Vivienne que le flou de mes propres clichés m'aurait empêché de partager avec vous.)

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : L'Égypte en France - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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