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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 23:00

 

     En ce printemps 2011, trois mois durant, Paris s'est offert le luxe non négligeable, événements culturels de première importance, d'organiser deux expositions qui ont donné l'opportunité de faire plus amplement connaissance avec un orientaliste français que, mis à part quelques initiés dont vous faites maintenant partie, amis lecteurs, peu de gens connaissent vraiment.

    

     Eminemment complémentaires, ne s'excluant en aucune manière et donc loin de toute tautologie malvenue, les deux manifestations eurent cette judicieuse particularité de mettre en évidence deux grandes institutions nationales, le Musée du Louvre et la Bibliothèque de France du Quadrilatère Richelieu ; deux grandes collections, celle de monuments de pierre, l'autre d'archives exhumées le plus souvent pour la première fois d'un richissime fonds ; et une seule conception muséale, ingrate il est vrai : ne pas se complaire dans la facilité.

 

     Le résultat, à mes yeux à tout le moins, fut sans égal pour notre approche de l'égyptologie française même si, je dois bien le reconnaître, le public ne sembla pas avoir vraiment adhéré, assuré qu'il était très probablement qu'il n'y rencontrerait pas l'une ou l'autre spectaculaire parce que colossale tête de pharaon mise récemment au jour à Karnak ou pêchée dans les profondeurs marines au large d'Alexandrie. 

     C'est grand dommage pour la science égyptologique, c'est grand dommage pour l'ensemble des connaissances de tout un chacun.

 

     Aussi, mais sans prétention aucune, ai-je, les 21, 25 et 28 juin derniers, tenté de réparer cette erreur de jugement en proposant une visite pointue de l'exposition qu'avaient prévue les Conservateurs du Louvre en salle 12 bis du Département des Antiquités égyptiennes, autour de la "Chambre des Ancêtres" de Thoutmosis III. En Enseignant rompu aux "ficelles" les plus élémentaires, j'avais préalablement pris soin, le 18 du même mois, d'esquisser à larges traits un portrait, professionnel s'entend, d'Emile Prisse d'Avennes, fil indubitablement conducteur des deux événements parisiens.

 

     Et, désireux de poursuivre mes intentions, j'ai jugé bon, en ce mois de septembre, d'emmener ceux d'entre vous qui le désireront sur les mêmes chemins de la découverte mais, cette fois, à la Bibliothèque nationale de France, à deux enjambées du Louvre.

 

(Paris) 300 - Banderole

 

 

     En effet,  samedi et mardi derniers, nous avons franchi les grilles du jardin Vivienne, dans la rue éponyme

 

 

Entree_BNF--0-.jpg

 

et sommes entrés dans la salle qui précède immédiatement la Galerie Mansart pour y rencontrer quelques documents introductifs à ce que lors de nos prochains rendez-vous nous aurons tout loisir de détailler.

 

     Toutefois, parce qu'à la différence du Musée du Louvre, je ne fus point ici autorisé à  photographier -  il faut reconnaître qu'avec quatre agents de surveillance me croisant en permanence dans un lieu où je fus quasiment seul visiteur pendant un peu plus de trois heures, des prises de vue, même à la sauvette, eussent relevé du véritable exploit -,  j'ai pensé qu'il serait intéressant de vous proposer en prémices ce document vidéo diffusé sur le site internet de la BnF.

 

     En comparant avec le cliché ci-après de cette superbe salle construite par l'architecte parisien François Mansart au XVIIème siècle pour recevoir les collections d'antiques du Cardinal Mazarin,

 

 

Galerie Mansart - BnF (Photo - Philippe Couette)

 

vous remarquerez immédiatement, amis lecteurs, après avoir visionné les quelque 6 minutes de ce petit film, que la salle a été habillée de hauts panneaux d'un superbe bleu égyptien sur lesquels les documents ont été apposés ; et qu'en son milieu ont été aménagés des espaces ouverts délimitant ainsi deux  "couloirs" centraux en enfilade, séparés par des tables vitrées contenant des ouvrages de Prisse et deux grandes vitrines exposant des estampages qu'il a réalisés.

 

 

Plan-Galerie-Mansart.jpg

 

 

     Le premier de ces espaces centraux tapissés du même bleu soutenu permet d'admirer des calques de la Chapelle de la tombe (TT 100) du vizir Rekhmirê, à Gournah ; quant au second, tout au bout de la salle, il offre 7 des 12 fragments encadrés de ce Papyrus Prisse, incontournable trésor que vous avez, maintenant depuis février 2011, abondamment appris à connaître.

 

     Dès mardi 20 septembre prochain, partons, voulez-vous, à la rencontre de deux immenses civilisations que les différentes facettes de cette remarquable exposition nous donneront à voir grâce à deux cents des très nombreux documents qu'Emile Prisse d'Avennes a colligés.

 


 

 

(A nouveau merci à Louvre-passion d'avoir accepté avec grande amabilité ma requête d'aller photographier cette entrée de la rue Vivienne que le flou de mes propres clichés m'aurait empêché de partager avec vous.)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en France
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commentaires

François 19/09/2011 12:31


Enfin, j'ai trouvé le temps de lire ton article et de regarder la vidéo mise en lien...

Heureusement que les musées et expositions nous montrent des choses que l'on ne connait pas ! Sinon, ma vie serait bien triste !!!
Et le partage de cette visite est un plaisir bien agréable que tu nous offres.
Un seul regret, d'avoir à attendre pour lire la suite...

Amicalement !
François


Richard LEJEUNE 19/09/2011 15:50



     Il faut savoir suspense garder ...


 


     Ceci posé, la suite, c'est déjà demain. Je ne puis donc même pas
t'écrire "encore un dodo" ... Car, puisqu'elle est comme d'habitude programmée pour minuit, tu peux rester éveillé et ainsi découvrir le nouveau compte rendu avant tout le monde !


 


     Et ne me rétorque pas que, eu égard à ton travail, tu as bien besoin de tes heures de sommeil, etc., etc. : quand on aime (ma prose), on ne
compte pas (les heures passées à impatiemment l'attendre !!!)






etienne 18/09/2011 21:10


bonsoir cher maître,

merci pour cette superbe présentation et le petit trésor vidéographique qui était très bien!
je suis d'accord avec vous pour dire que l'expo à la bnf était d'un niveau tout-à-fait accessible à toutes et à tous pour l'avoir visité moi-même!

à très bientôt pour la suite avec des photos volées de ces trésors de la bnf d'Idriss Effendi!

égypt-amicalement!

etienne


Richard LEJEUNE 19/09/2011 07:46



Chhhhuuuuttttt, Etienne !


Il n'y aura aucune photo "volée" : il y eut simplement cet après-midi-là des agents de surveillance plus qu'extrêmement aimables !



christiana 18/09/2011 17:35


Je ne fais pas partie non plus des amateurs éclairés ni des initiés mais merci de nous faire partager un peu de votre savoir et de votre expérience .


Richard LEJEUNE 19/09/2011 07:43



     Si vous saviez à quel point ce blog représente de plaisir pour moi d'ainsi quelque peu poursuivre l'enseignement qui fut ma vie trente-trois
années durant, vous ne me remercieriez peut-être pas autant ...



J-P. Silvestre 18/09/2011 16:47


Je l'admets, depuis ma campagne, je ne peux apprécier ces expositions et, à défaut d'être péremptoire, mon jugement est peu motivé.


Richard LEJEUNE 18/09/2011 16:57



     D'où, pour apprécier l'exposition par mes yeux, l'impérieuse nécessité qui devient vôtre de me suivre de rendez-vous en rendez-vous : cela
ne pourra que vous être BnF ...ique ! 



J-P. Silvestre 17/09/2011 15:05


Ces expositions semblent faites pour les amateurs éclairés de l'antiquité égyptienne, ce qui pourrait expliquer le faible nombre de visiteurs. Ne pourrait-on concevoir une initiation à
l'appréciation de ces merveilles ? Une tâche très difficile, je le conçois, il faudrait trouver une explication rationnelle à une passion irrationnelle...


Richard LEJEUNE 18/09/2011 10:01



     Souffrez, cher Jean-Pierre, que je ne sois absolument pas d'accord avec vous, à tout le moins pour ce qui concerne votre première
assertion.


Si une exposition est uniquement organisée pour ceux qui déjà détiennent LA Connaissance, si elle n'est pas mise en scène pour apprendre ne fût-ce que quelques
notions nouvelles à chaque visiteur, elle est nombriliste et, partant, rate complètement à mes yeux l'objectif premier de toute manifestation culturelle de cette envergure.


 


     Comme je l'écrivais à l'instant à Madame Artigue, j'admets que la partie Louvre qu'en juin dernier je vous ai proposée pouvait paraître d'un
niveau relativement élevé mais, j'estime que les amateurs d'égyptologie - et pas nécessairement éclairés - y auront trouvé de quoi accroître leurs connaissances.


 


     Ici, à la Bnf - et j'espère vous le prouver dans les semaines à venir -, la dernière section axée sur les hiéroglyphes mise à part, tout,
absolument tout le parcours pouvait s'appréhender sans avoir jamais entendu parler de Prisse d'Avennes et de ses deux séjours en Egypte. En effet, étaient épinglés aux cimaises des calques, des
dessins, des peintures, des aquarelles, des estampes, et surtout des clichés photographiques qui, vous le comprendrez dès mardi prochain, montraient les monuments de l'Antiquité,
montraient, en parallèle, ceux de l'art arabe et cela, sans obligation de lire d'interminables cartels !


Je veux donc insister par là sur le fait que l'exposition était particulièrement visuelle puisqu'elle permettait, grâce aux documents présents, de découvrir deux
civilisations qui se sont succédé sur une même terre.


 


     Je vais même oser un pari : un enfant qui ne sait pas encore lire aurait très bien pu admirer les paysages et les monuments qu'il découvrait
inévitablement pour la toute première fois.





     Nonobstant, ainsi que je l'ai expliqué dans l'intervention de ce samedi et dans la précédente, l'avant-salle avait été conçue comme une
introduction pédagogique, comme l'initiation que vous appelez de vos voeux, à ce que la Galerie Mansart proposait. Ce qui, vous en conviendrez, ne correspond nullement à une volonté d'exclure les
non-éclairés ! 


Ceci posé, le visiteur simplement désireux de voir aurait pu très bien se passer de ces explications préalables et goûter au plaisir de la découverte de deux
"Egypte" que de nombreux siècles séparaient.  


 


     Maintenant, les passionnés, rassurez-vous, y trouvèrent eux aussi grandement leur compte ... Ce que j'espère vous prouver tout au long de
ces semaines de septembre.


 


      



JA 17/09/2011 14:04


Bonjour,
c'est vrai cette exposition était d'un niveau assez élévé et je n'ai pas vu de file d'attente.... mais grâce à vous, des gens comme moi peuvent appréhender ce type de manifestation culturelle
A bientôt,
JA


Richard LEJEUNE 18/09/2011 09:03



     Merci, Madame, de m'accorder votre confiance.


 


     Si, effectivement, l'exposition en salle 12 bis du Département des Antiquités égyptiennes du Louvre m'est apparue d'un niveau très élevé -
mais n'allons-nous pas dans ce type de manifestation pour encore apprendre quelque chose ? -, j'estime que celle de la BnF dont je vais poursuivre les comptes rendus était beaucoup plus
accessible ; sauf peut-être, je vous le concède, la toute dernière partie consacrée au Papyrus Prisse ...


 


     Ceci posé, je présume que vous ne me jugerez pas tout à fait impartial ...



TIFET 17/09/2011 08:48


Il est vrai que les colossales statues de Pharaons attirent plus de monde que ces expositions très "pointues" que le grand public délaisse bien souvent, c'est fort dommage évidemment, heureusement
notre ami Richard est là pour nous distiller toujours avec la même verve et la même précision, ses compte rendus personnels, merci à vous !


Richard LEJEUNE 17/09/2011 10:33



     Merci, Tifet, pour votre fidélité à me suivre ...



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