Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 00:00

 

     Un article qu'illustrent de superbes clichés pris tout récemment par Tifet, une fidèle lectrice, dans le temple d'Hathor, au nord du village des ouvriers de Deir el-Médineh, site à propos duquel j'avais déjà eu l'opportunité de vous entretenir, amis lecteurs, le 25 avril 2009, ainsi que les 2 et 9 mai suivants, en vous proposant la lecture d'extraits de rapports des fouilles que, pendant une trentaine d'années - de 1922 à 1951 -, y avait menées l'égyptologue français Bernard Bruyère (1879-1971), m'a donné envie d'exceptionnellement intercaler aujourd'hui, juste avant le congé de Carnaval belge, un ultime billet aux singes consacré et plus particulièrement à un comportement rituel que les anciens Egyptiens leur attribuaient.

 


 

Babouins

 

    

     (Immense merci à Tifet d'avoir accepté de m'envoyer son cliché, sans hésitation aucune, avec l'amabilité qui déjà caractérise et ses commentaires sur mon blog et sa façon de tenir le sien, pour illustrer la présente intervention et d'ainsi me permettre de le commenter à sa place.

     C'est avec énormément de reconnaissance que je vous dédie cet article, chère Tifet, voire même, si cela vous intéresse, que je vous l'offre pour le proposer à vos lecteurs sur votre blog à la suite de ladite photographie.)

 

 

     Sis au nord du village des ouvriers, le petit temple ptolémaïque édifié en partie par Ptolémée IV Philopator au 3ème siècle avant notre ère sur les ruines d'un précédent sanctuaire, de quelque 15 mètres de longueur pour seulement 9 de largeur, présente la particularité d'abriter trois chapelles juxtaposées honorant des divinités distinctes.

 

     Permettez-moi, amis lecteurs, de ne point ce matin me consacrer à une description du monument en lui-même, préférant axer cette mienne intervention sur le tableau que nous avons ci-dessus sous les yeux. Nonobstant, je m'en voudrais de vous laisser dans l'ignorance le concernant. Aussi, en plus du blog de Tifet qui prévoit d'en publier bientôt d'autres photos, je vous convie à visiter le site de Paul François qui lui a notamment réservé une page complète assortie d'un plan dynamique.

 

     C'est sur le mur est de la chapelle centrale, celle dédiée à Hathor / Maât, que fut gravée et peinte cette scène particulière en dessous d'une ligne de hiéroglyphes incisés sous une frise décorative bornant la paroi sur toute son étendue, à la limite d'un plafond qui, à l'origine, dut être constellé de bien plus d'étoiles dorées que celles subsistant en son angle de droite.

 

     Ceux parmi vous, amis lecteurs, qui me font l'honneur et le plaisir de suivre un tant soit peu mes articles, et plus spécifiquement peut-être ceux proposés dans la catégorie "Décodage de l'image égyptienne", auront évidemment compris que l'emplacement réservé à ces motifs iconographiques ne constitue en rien le fruit d'un hasard, pas plus que cette décoration ne relève d'une fantaisie esthétique due à un artiste particulièrement inspiré.

 

     Ainsi, la rangée de ces formes oblongues supportant un disque solaire - que les égyptologues désignent par l'appellation de frise de khakérou - est-elle censée représenter une série de bottes de végétaux qui, dans la construction des chapelles primitives, étaient nouées à un lattage de bois et ainsi servaient de murs. A la IIIème dynastie, Djoser fit immortaliser ce motif végétal dans la pierre du linteau surmontant l'entrée de la Maison du Sud de son complexe funéraire à Saqqarah.

 

     Dans certains des hypogées royaux du Nouvel Empire que vous avez certainement visités lors d'un séjour en terre égyptienne, vous aurez assurément rencontré cette frise devenue conventionnelle dans l'architecture, qu'elle soit d'ailleurs funéraire ou non.

 

     Sur cette paroi de la chapelle centrale du petit sanctuaire ptolémaïque de Deir el-Médineh, vous remarquerez que sous ces khakérou défilent rectangles et carrés colorés délimitant en parallèle avec une autre ligne tout aussi épaisse symbolisant le hiéroglyphe du ciel, un espace gravé de signes dans et autour de cartouches nommant le fils de Rê, Ptolmis (Ptolémée), vivant éternellement en tant que roi de Haute et Basse-Egypte, créé par Ptah, aimé de Ptah, aimé d'Hathor et d'autres précisions semblables.


 

     C'est donc dans le registre juste sous ces textes que se trouve la représentation qui nous occupe aujourd'hui.

 

     Première remarque d'importance qui à mon sens se déduit aisément du cliché de Tifet et qui me fut confirmée en compulsant les rapports de fouilles de Bernard Bruyère disponibles sur le site de l'IFAO (Institut français d'archéologie orientale) :


 

BRUYERE - Deir el Medineh - Cahier 4, p. 3 (1947-8)

 

à la page 3 du Cahier 4 précisément consacrée au mur est de la chapelle, le naos central, comme l'indique le fouilleur français, la composition d'origine décidée par l'artiste égyptien se présente sous le signe de la symétrie.

 

 

BRUYERE Gros plan relevé Paroi est du naos central - Cahie

 

      En effet, on distingue nettement dans son relevé, de part et d'autre du scarabée ailé qu'il a esquissé, de petites colonnes correspondant à ces hiéroglyphes que vous trouvez devant les cynocéphales et la personne agenouillée sur la photographie d'une partie de la scène prise par Tifet.

 

     A droite donc, une théorie de quatre babouins debout, mains levées, c'est-à-dire en position d'adoration, derrière un personnage féminin représentant, selon les trois hiéroglyphes légèrement gravés au-dessus de ses mains, le Principe féminin de l'éternité, un genou posé sur le sol, les paumes  également tournées vers le scarabée ; même disposition à gauche sauf que, si je lis bien B. Bruyère, le premier personnage est cette fois le pendant masculin du Principe d'éternité.

 

     Extrêmement précieuses, bien qu'en son temps il ait omis de retranscrire certains signes, ses notes manuscrites vont nous aider dans la visualisation des inscriptions séparant chacun des babouins : il est fait allusion à l'ogdoade devant le premier d'entre eux, c'est-à-dire au groupe des huit divinités d'Hermopolis sorties de l'Océan primordial ; devant le deuxième, il est précisé qu'il est en train d'adorer Rê ; avant le troisième est mentionné le Bel Occident, à savoir, comme déjà je l'ai expliqué samedi dernier, l'Amenti, la demeure des morts, là où les Justifiés sont inhumés ; enfin, devant le dernier des quatre est citée la butte de Djêmé, c'est-à-dire le monde souterrain enfoui sous un temple à Médinet-Habou, là où reposent désormais les huit dieux primordiaux. 

 

 

      Qu'il soit figuré à droite ou à gauche, tout ce petit monde adresse ses hommages appuyés au scarabée ailé surdimensionné du centre du registre, qui a pratiquement conservé ses magnifiques couleurs d'origine.

 

     L'animal, dans le bestiaire égyptien, symbolisait Khépri,  le dieu solaire protecteur de la renaissance des défunts, suite à  l'analogie que l'on avait remarquée entre l'astre émergeant de l'horizon chaque matin et le coléoptère coprophage qui présentait la particularité de constituer une boule de fumier qu'il faisait avancer, dans laquelle il avait inséré ses oeufs et qu'il enfouissait dans le sol ; dès que formé, le petit en sortait, semblable au soleil levant.

     Et d'ailleurs, dans la langue égyptienne, le hiéroglyphe du scarabée, que nous prononçons "khéper", signifiait "advenir, venir à l'existence".

 

     Je rappelle au passage que si Khépri figurait aux yeux des Egyptiens le soleil renaissant journellement, Rê le représentait à son zénith et Atoum, à son couchant.

 

     Il peut donc vous paraître tout à fait plausible, amis lecteurs, dans l'esprit même de la mythologie égyptienne, que des personnes rendent ainsi hommage à l'astre solaire sous cette forme métaphorique précise. En revanche, comment expliquer la présence de simiens dans identiquement la même attitude ?

 

     Fins observateurs de la nature - tant de la flore que de la faune -, les anciens habitants de la Vallée du Nil s'étaient rendu compte que clameurs et gesticulations caractérisaient le comportement des babouins au lever du jour. Ils en avaient donc tout naturellement déduit que ces premières "prières" à l'aurore, ces premières manifestations de joie au soleil, permettaient à ce dernier de sortir plus aisément des ténèbres. Raison pour laquelle, supposés adorateurs de Rê sous sa forme de Khépri, symbole de renaissance, ils furent souvent représentés gravés et/ou peints sur les murs des tombes pour favoriser la régénération du défunt ou, en ronde-bosse, comme ce groupe provenant du socle de l'obélisque jumeau de celui de la place de la Concorde, resté in situ à Louxor.

 

 

Babouins Louvre D 21

 

 

     Pour la petite histoire de l'hypocrisie des bien-pensants - avant "Charlie-Hebdo", déjà ! -, ce monument fit scandale dès son arrivée à Paris à cause de la position franchement frontale du sexe de ces cynocéphales adorant ... et, dès lors, fut enfermé, relégué, confiné à l'intérieur du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, salle 11. (D 31).


     La morale était sauve !

 

 

     Allusion est également faite à ces croyances dans les hymnes solaires où ils nous sont présentés levant les mains vers l'astre bienfaiteur, chantant, dansant ... ; bref, lui rendant un vibrant et peu silencieux hommage avant de l'accompagner pour franchir la porte s'ouvrant sur le monde diurne ...  

 

     Ou comme sur ce pyramidion de calcaire (D 18) sorti des réserves pour l'exposition Les Portes de Ciel, au Louvre en 2009, ayant appartenu à un certain Iher, de la XXVIème dynastie : si sur une des faces, nous voyons quatre babouins dressés adorant le disque solaire, sur celle qui lui est opposée, Iher et son épouse dans une attitude semblable, sur une troisième, les trois formes du dieu - Rê, Atoum et Khépri - assis dans une barque, la dernière nous donne à lire une prière hymnique que le défunt, s'identifiant au dieu créateur, lui adresse aux fins de prétendre prendre part au cycle cosmique pour l'éternité de sa vie post mortem.

 

 

Pyramidion de Iher - Louvre D 18 (Photo G. Poncet)

 

"Puisse ma voix être justifiée contre mes adversaires car je suis Atoum qui a fait le ciel pour Rê-Horakhty et la terre pour Geb, qui a créé ce qui existe et ce qui est sorti de terre, qui a fait advenir la lumière ; car (je suis) celui qui a mis au monde les dieux, le dieu grand advenu de lui-même."

 

  

 

(Posener/Sauneron/Yoyotte : 1959, 20 et 269)

 

 

 

     Au terme de cette ultime intervention devant la vitrine 3  tout entière dédiée aux animaux familiers des Egyptiens de l'Antiquité, je vous souhaite, amis lecteurs, un excellent congé de Carnaval qui, pour les écoles belges, commence demain, vendredi, en fin d'après-midi.

 

     C'est la raison pour laquelle vous voudrez bien noter nos prochains rendez-vous : ici même, en salle 5, le mardi 15 mars en vue d'entamer la description d'un ensemble mural vitré qui nous permettra de passionnantes nouvelles découvertes ; et le samedi 19 mars pour lever le voile sur la première des Maximes attribuées à Ptahhotep. 

 

Bon congé à tous ...


Et prenez garde à l'ingestion trop abondante de bières carnavalesques (belges) et de confetti (italiens ou niçois) !

 

Richard

Partager cet article

Repost 0
Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
commenter cet article

commentaires

Babouin 13/01/2014 17:03

Merci!

Richard LEJEUNE 13/01/2014 17:27



     Ok.


     Mais pour quelle(s) raison(s) ces remerciements ??



Thierry-alias-Jean-Philippe 10/04/2011 15:57


Re-bonjour Richard. Belle fresque, en effet ! A bientôt


Richard LEJEUNE 10/04/2011 18:50



     Bonjour Thierry.


 


     Me permettez-vous une toute petite rectification à votre propos ? Il ne s'agit nullement ici d'une fresque au sens littéral du terme - il
n'en exista d'ailleurs jamais en Egypte ! - , mais d'un relief gravé et peint.



Louvre-passion 13/03/2011 15:39


Pour être tout à fait précis la stèle des babouins adorant le soleil qui accompagnait l'obélisque placé place de la Concorde fit scandale car leurs sexes étaient bien visible. La stèle fut donc
"reléguée" au Louvre.


Richard LEJEUNE 14/03/2011 08:17



     C'est exactement ce que prouvaient le cliché présenté dans l'article, ainsi que le petit commentaire dont je l'ai assorti. Mais, et tu le
remarques judicieusement, en termes moins directs, partant, moins précis ... 



Montoumès 07/03/2011 09:57


(J'en profite, en complément, pour publier cette image http://www.egypte-antique.fr/img-entrees/00008.jpg pour situer tout à gauche le temple ptolémaïque (avec derrière, caché, le puits aux
ostraca) et devant le village de Deir el-Médineh. La photo est prise depuis les hauteurs du cimetière de Deir el-Médineh)


Richard LEJEUNE 14/03/2011 07:35



     Grand merci à vous pour ce plan rapproché ...


 


     Je constate avec beaucoup de plaisir que pendant que l'un prend du repos, d'autres s'ingénient à judicieusement compléter les articles de
son blog !!! 



Montoumès 07/03/2011 09:54


Je m'excuse pour l'orthographe de "ces reliefs" qui m'a échappé en cette douce matinée ensoleillée... :)


Montoumès 07/03/2011 09:53


Bonjour à tous,

C'est relief sont assez incroyables. Dans le même temple se trouve aussi la représentation de la pesée du cœur (assez rare dans un temple !) ainsi que plusieurs panthées très jolis et surprenants
!

@Tifet : le Mohammed que vous avez sculpté, est-ce celui du petit restaurant à côté de la billeterie de Louxor Ouest ?


Richard LEJEUNE 14/03/2011 07:30



     Effectivement, Montoumès, cette scène rarement représentée et essentiellement connue grâce aux vignettes du Livre pour sortir au
jour figure sur une paroi intérieure du petit temple d'Hathor ...



FAN 05/03/2011 10:36


Amusez-vous bien cher Richard!!! Le Carnaval est fait pour reprendre goût à la vie après l'hiver!! Je sais presque tout sur les singes d'Egypte désormais!!!Merci!!!BISOUS FAN


Richard LEJEUNE 14/03/2011 07:18



     Ce congé fut en effet le bienvenu.


 


     Détrompez-vous, chère Fan : avec ces trois seules interventions à propos des singes, je fus loin d'être exhaustif !


Et d'ailleurs, sur tous les sujets envisagés dans mes modestes articles, il y a tant de choses supplémentaires encore à apprendre ...



Tifet 03/03/2011 20:33


Merci Richard pour votre proposition de collaboration !!! je fais les clichés et vous les commentez......ceci dit je vais mettre un lien vers votre blog pour qu'ainsi mes lecteurs puissent lire le
décodage que vous faites de mes photos, c'est une bonne idée je trouve et vous me faites très plaisir particulièrement aujourd'hui (c'est mon anniversaire, ben oui voilà je l'ai dit). bonne soirée.
Tifet


Richard LEJEUNE 04/03/2011 09:27



Avec quelques heures de retard, excellent anniversaire à vous, Tifet.


Et à bientôt.



un voyageur qui passe 03/03/2011 19:25


Vu que les singes se dressent bien et qu'ils refont bien ce qu'on leur montre... je me dis que peut-être qu'ils étaient dressés par les prêtres afin de rendre hommage ! Ils le faisaient sans savoir
pourquoi... tout simplement en singeant et en mimant ce qu'ils voyaient... ils avaient une récompense si ils levaient bien les bras en signe d'adoration...
Je sais que là, je confonds les cultes égyptien avec des numéros de cirque mais vu que l'on y était pas... il est permis d'imaginer...
Bonnes vacances de carnaval "belge" à vous cher Richard et ne m'en veillez pas trop pour les libertés que je prends en imaginant le passé...


Richard LEJEUNE 04/03/2011 09:25



     Les libertés que vous prenez en imaginant le passé peuvent parfaitement être recevables.


Toutefois, dans ce cas d'espèce, la réalité est tout autre : il ne s'agissait pas ici de singes en captivité dans les annexes des temples comme j'ai eu déjà
l'occasion de les évoquer, mais d'un comportement qui leur est atavique quand ils sont regroupés en bandes dans la nature, attitude que les Egyptiens de l'époque avaient bien relevée : se
manifester bruyamment au lever du jour.


 


     En revanche, la "traduction" qu'ils en ont faite, à savoir : les croire adorateurs de Rê, c'est évidemment tout autre chose ! 



etienne 03/03/2011 18:47


merci Richard et bonnes vacances de carnaval!

oui les photos de ce temple de tifet sont superbes!


Richard LEJEUNE 04/03/2011 09:14



     Toutes les photos de son dernier séjour à Louxor que Tifet a la gentillesse de proposer dans les articles successifs de son blog sont à mes
yeux extrêmement intéressantes.


 


     Merci Etienne et à bientôt.



JA 03/03/2011 17:52


bonjour,
le musée des Confluences, rue des Belges à Lyon est pour l'instant fermé pour travaux, vous l'évoquiez dans vos précédents articles.
J'ai lu votre article sur les canards, merci
Je vais essayer d'aller voir le fameux papyrus à la BNF
a bientôt et bonnes vacances
JA


Richard LEJEUNE 04/03/2011 09:11



     J'ignorais qu'il existait une rue des Belges à Lyon et que, de surcroît, le musée s'y trouvât.


 


     Pour l'exposition conjointe au Louvre et à la BnF, vous avez l'opportunité jusqu'au début du mois de juin ...


 


A bientôt et merci.


 


 


 



Présentation

  • : EgyptoMusée - Le blog de Richard LEJEUNE
  • EgyptoMusée  -  Le blog de Richard  LEJEUNE
  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
  • Contact

SI VOUS CHERCHEZ ...

Table des Matières (13-12-2012)

 

METCHETCHI

 

OU

 

Sinouhé - Hiéroglyphes

 

SINOUHE

Ou Encore ...

L' INDISPENSABLE



Les dessins au porte-mines

de Jean-Claude VINCENT

EgyptoMusée est membre de

Pages