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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 00:00

 

     Instrument qui se meut lui-même, moyen qui s'invente ses fins, l'oeil est ce qui a été ému par un certain impact du monde et le restitue au visible par les traces de la main.

 

Maurice MERLEAU-PONTY

L'Oeil et l'Esprit


Paris, Gallimard, Folio Essais n° 13,

p. 26 de mon édition de 2002

 

 

 

     Nous avons commencé mardi et samedi derniers, souvenez-vous amis lecteurs, à nous intéresser à la vitrine 4 ² qui, sur le mur nord de cette salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, expose plus d'une quarantaine de fragments peints arrachés au milieu du siècle dernier par des pillards dans le mastaba de Metchetchi, à Saqqarah.

 

     Après les quelques explications générales qui avaient fait l'objet de ces interventions, il m'agréerait aujourd'hui de poursuivre en éclairant quelque peu ce corpus iconographique de considérations techniques tournées, dans un premier temps, vers la préparation du support mural, puis, lors de nos deux prochains rendez-vous, vers la réalisation des dessins préparatoires et enfin l'origine des couleurs proprement dites.     


 

33.-Fragment peint E 25513 (Photo : SAS).jpg

 

 

     Si, à partir de la pièce (E 25513) ici devant nous, vous observez attentivement la tranche plus spécifiquement dans sa partie supérieure, vous remarquerez aisément qu'elle présente trois niveaux bien distincts définissant les trois étapes qui se sont succédé à l'époque de la préparation de la paroi murale.

 

     D'un gris sombre à cause de sa forte teneur en matières organiques, la première couche, épaisse de 2 à 3 centimètres selon les fragments, est constituée d'un limon d'origine alluviale, argileux et contenant du sable. Aux fins de le rendre plus résistant, on le mélangeait avec de nombreux morceaux d'herbacées, sorte de paille hachée visible à l'oeil nu mais qui, malheureusement, rendit l'ensemble poreux au cours des temps : c'est ce que d'un vocable d'origine arabe il est convenu d'appeler la mouna. Certains emploient également le terme "torchis" pour définir ce mélange particulier destiné à lisser la surface du mur.

 

     Après séchage, ce premier support fut recouvert d'un enduit d'une épaisseur de 4 à 5 millimètres seulement, à base de calcite microcristalline (carbonate de calcium) qu'une faible quantité d'ocre a légèrement teinté en beige clair. Une analyse pointue que le Louvre a demandée au Laboratoire de recherche des musées de France en 1987 révèle que cette deuxième couche comprenait elle aussi, mais en plus faibles quantités, quelques-uns des composants de la mouna sur laquelle elle avait été appliquée.

 

     Enfin, et c'est la troisième phase, la surface ainsi obtenue fut  également rendue le plus lisse possible grâce à une mince pellicule de matière argileuse plus fine encore et contenant, quant à elle, du plâtre (sulfate de calcium), ce qui lui donne une teinte à peine rosée. 

 

     C'est sur toutes ces strates recouvrant le mur initial que le "scribe des contours", comme poétiquement l'appelaient les Égyptiens eux-mêmes, pouvait alors entamer son travail d'artiste.

 

 

     Si cela vous agrée, j'aimerais que nous nous rencontrions à nouveau le samedi 26 novembre prochain aux fins de poursuivre ces quelques petites précisions techniques : nous nous intéresserons ce matin-là plus spécifiquement au dessin préparatoire.

 

 

 

  

(Ziegler : 1990, 123-4 et 315-6)
   

 

 (Un merci appuyé à SAS, conceptrice du blog Louvreboîte, à qui je dois à nouveau l'amabilité d'avoir pallié mes manquements photographiques en m'adressant le cliché ci-dessus.) 

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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commentaires

christiana 25/11/2011 14:28

Fresque vient de l'italien fresco, frais.
Opposé : technique a secco.

Au sens classique c'est un procédé de peinture, généralement murale, qui consiste à incorporer des couleurs sous la forme de pigments dilués (eau ou tout autre diluant) sur un enduit de mortier
frais faisant office de liant.


Par contre, la détrempe ou "tempera", dont elle est à peu près synonyme, désigne toute peinture dont le diluant est l'eau. Le liant peut être une gomme, une colle, du jaune d'oeuf, de la caséine,
etc, mais plus spécialement les peintures anciennes sont en détrempe à l'oeuf. C'est donc un genre de peinture dans lequel on emploie les couleurs broyées à l'eau et délayées avec de la colle de
peaux (souvent de lapin ou de poisson), de la gomme ou du blanc d'oeuf, sans graisse, ni huile, ni résine.

Les Egyptiens en ont fait usage dans leurs monuments. En raison de leur extrême fragilité, presque toutes ces peintures disparurent au cours des siècles.

Ce que les peintres décorateurs d'aujourd'hui nomment "la détrempe" est un mélange traditionnel à base de craie, à effectuer de la manière suivante :

Les bonnes recettes de tante Marie:

* emplir un seau avec de l'eau (6 à 8 litres).

* verser une craie de type blanc d'Espagne ou de Meudon jusqu'à ce que la poudre émerge de la surface (environ 5-6 litres). Ne pas mélanger.

* préparer 1/3 de litre de colle de type gélatine, colle de peau, colle de poisson ou colle d'os

* laisser reposer les deux mélanges pendant une nuit.

* éliminer à la louche l'excédent d'eau du seau de blanc

* faire réchauffer la colle au bain-marie et l'incorporer au blanc en remuant vivement

* sans laisser refroidir, incorporer éventuellement un pigment dilué dans l'eau en battant au fouet

* passer le mélange au tamis très fin (ou à travers un tissus de type mousseline)

* laisser refroidir.

La surface à peindre doit être préalablement encollée si elle est poreuse.

On trouve de-ci de-là des recettes utilisant le même type de pigments, mais lié à des colles vinyliques, de la gélatine, de la gomme arabique, etc.

Je fais régulièrement des patines de ce genre sur la terre cuite...

Richard LEJEUNE 25/11/2011 16:05



     Grand merci à vous, Christiana, d'avoir également accepté de partager avec nous votre savoir d'artiste et de spécialiste en la
matière.


 


 



Alain 25/11/2011 12:01

Tus as raison Richard pour la technique de la fresque « a fresco » où la peinture était faite dans l’enduit frais.
Le problème est que cette technique était très contraignante, la peinture devant être réalisée rapidement avant le séchage, dans la journée, par pans de mur, et ne permettait pas de retouches.
De nombreux peintres de la renaissance utilisaient une technique mixte fresquo secco qui permettait, dans les finitions, de travailler sur l’enduit séché en mélangeant de l’eau de chaux aux
couleurs pour garder l’illusion de la vraie technique à fresque. Malheureusement, les pigments de la peinture à la détrempe avaient moins de prise sur le mur et s’écaillaient avec le temps. On cite
l’exemple du « Saint François à genoux » de Giotto : Giotto a d'abord exécuté la tête en buon fresco, de même que les « préparations » pour la robe et les pieds ; mais, en fait, il a probablement
traité l'habit du personnage qui se trouve derrière le saint en même temps que les pieds du saint en fresco secco qui se sont écaillés par la suite.
Merci pour ton article qui m’a permis de revoir la technique des fresques.

Richard LEJEUNE 25/11/2011 13:01



     Grand merci à toi, Alain, non pas de me donner raison mais d'apporter ici tes connaissances de spécialiste et d'artiste.


 


     Une simple remarque : comme il y eut retouches de certains dessins - je le démontrerai et l'illustrerai demain samedi -, il était
inconcevable à mes yeux que le procédé de la fresque fût utilisé par les Egyptiens de l'Antiquité.


Et ta présente mise au point corrobore mon propos.



François 24/11/2011 17:59

Oups, je prends du retard dans mes lectures, moi !
Heureusement nous n'en étions qu'au dessous des choses...

Intéressante dissection de l’œuvre que de passer par le support !
Voilà qui va me donner envie de relire le superbe livre de Francesco Tiraditti "peintures murales égyptiennes" que je n'avais jusque là parcouru que d'un œil hâtif faute de temps.
Merci de réveiller en révélant, Richard !

Richard LEJEUNE 24/11/2011 20:07



     François !


     Que de belles pages de mon modeste parcours ton commentaire, sans paraître y toucher, me remet en mémoire !


 


     Pendant plus de 33 ans, j'ai essayé d'être le moins péremptoire possible. Pendant plus de 33 ans, j'ai tenu à ce que l'Enseignement qu'il
m'était dévolu de prodiguer suscitât l'éveil : l'éveil à la recherche de documents ; l'éveil à leur découverte ; l'éveil à leur compréhension, à leur analyse, à la rédaction d'une synthèse qui
serait proposée à l'ensemble des autres Etudiants ; l'éveil à la parole prise en public pour faire connaître le fruit des recherches de chacun des groupes constitués : et même si ce n'était
qu'aux copains qu'on s'adressât, d'aucuns en souffrirent.


 


     A l'Ecole polytechnique dans laquelle, le plus heureux des hommes, je passai plus d'un tiers de ma vie à ouvrir les esprits à l'histoire et
à l'histoire de l'art, je ne voulais rien tant que l'Etudiant dépassât le sempiternel "je m'assieds devant le prof, je l'écoute et je prends note en silence" ; je ne voulais rien tant
qu'il tentât lui-même, fort des heures de recherche accomplies, de faire cours ; à tout le moins, lecture et assimilation de documents à l'appui, qu'il nous proposât, à ses condisciples et à
moi-même, la substantifique moelle de sa cogitation.


 


     Susciter l'envie de lire, pour "en savoir plus", encore et encore, de manière à nous faire partager les conclusions qu'il retirait
de l'étude d'un sujet, telle fut, ma carrière durant, mon but essentiel.


 


     Et maintenant que le rideau s'est fermé sur ma scène professorale, partant, théâtrale, lire sous ta plume que mon billet de ce mardi
t'invite à te replonger dans un ouvrage que tu avais quelque peu délaissé me ravit et me conforte dans ma conviction d'avoir, peut-être, chez certains d'entre ces jeunes de jadis que, parfois, je
rencontre en ville, avec épouse et enfants, laissé une simple trace, une simple empreinte tournée vers la volonté de ne pas attendre tout des autres et, bien au contraire, d'apprendre à se forger
soi-même un début d'opinion ...


 


Merci François ...


Grâce à toi, grâce à ton commentaire de ce soir, ma nostalgie est redevenue ce qu'elle était depuis ma mise à la retraite : une bien belle aventure !    
       



Alain 24/11/2011 11:31

La préparation des murs était un gros travail. Michel Ange et autre Léonard de Vinci en savent quelque chose.
Les égyptiens possédait bien la technique de la fresque et le dernier enduit de plâtre ou de chaux bien lissé explique la finesse des peintures que l’on peut encore admirer aujourd’hui.

Richard LEJEUNE 24/11/2011 15:41



     Permets-moi une petite mise au point par rapport au début de ta dernière phrase qui me donne à penser que tu n'as probablement pas lu ma
réponse à Louvre-passion ci-dessus dans laquelle j'établis la distinction entre peinture à fresque - que les Egyptiens ne connaissaient pas - et peinture à la détrempe qui fut
celle réalisée dans les tombeaux toute la durée de la civilisation pharaonique ...



Louvre-passion 23/11/2011 21:36

Sur ce fragment de fresque tu nous livre une analyse quasi archéologique avec l'analyse des couches successives et chronologiques.

Richard LEJEUNE 24/11/2011 07:34



     Puisque nous baignons dans le "technique", et sans vouloir pinailler, me permets-tu de simplement noter qu'il n'y eut jamais de fresques en
Egypte, au sens strict que détient ce terme ?


 


     Etymologiquement parlant, il vient en effet de l'italien "a fresco" qui signifie "dans le frais". Et "peindre à fresque" veut donc
dire peindre avant que l'enduit ait eu le temps de sécher aux fins de permettre aux pigments de faire corps avec lui.


 


     Pour ce qui concerne plus spécifiquement l'Egypte, il s'agit de peindre sur un substrat - ici trois couches superposées - et de lier entre
eux les pigments avec de la gomme arabique, par exemple : c'est ce que l'on appelle techniquement une peinture à la détrempe.


 


     Mais il est plus que probable que les artistes qui me lisent dont Fan, que j'avais oublié de citer dans ma réponse au commentaire de
Jean-Claude, sauront bien mieux que moi t'expliquer cela.


 


     Et force m'est de reconnaître qu'actuellement, le terme "fresque" est généralement utilisé à la place de "peinture murale", sans
considération aucune quant à la technique mise en oeuvre.  



FAN 23/11/2011 16:33

Merci à vous Richard de nous éclairer sur la préparation du support mural qui devait recevoir ensuite les dessins représentatifs et autres hieroglyphes destinés à l'éternité du défunt et par cette
façon pour les générations suivantes telles que nous le découvrons avec respect après ces milliers d'années!! Perso, je suis également "artiste" à mes heures!!Ce qui me permet d'apprécier vos
recherches!! BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 24/11/2011 07:10



     Et dire que toutes ces merveilles étaient enfouies au plus profond des tombeaux, destinées qu'elles étaient au seul défunt et qu'en
principe, elles n'auraient jamais dû avoir que lui comme unique contemplateur ...



tifet 22/11/2011 22:06

Comme vous le racontez si bien Richard, le travail de préparation était très important avant de commencer à tracer le moindre projet, mais je pense qu'il en est de même aujourd'hui, si le support
n'est pas solide et bien préparé, vous pouvez toujours essayer de faire quoique ce soit dessus, ça ne tiendra pas longtemps, j'ai quelques 25 années de décoration dans le bâtiment derrière
moi........et à l'époque il y avait très peu de femmes artisan, aussi cela me touche quand j'ai pu vous apprendre quelque chose dans le domaine artistique, et j'attends la suite de vos articles
.......

Richard LEJEUNE 23/11/2011 08:05



     L'intérêt - à mes yeux à tout le moins - de contacts entre les gens réside essentiellement dans le fait que, toujours, l'on apprend des
Autres.


 


     Si tous, nous étions omniscients, le vie serait d'une monotonie épuisante ...



J-P.Silvestre 22/11/2011 15:42

Nous voilà parfaitement renseignés sur la préparation nécessaire à l'accomplissement des oeuvres de ces grands anciens. Il me serait profitable d'être aussi bien informé sur celle préalable à
l'exécution de beaucoup de tableaux contemporains. Ca me permettrait, peut-être, de les apprécier à leur juste valeur...

Richard LEJEUNE 23/11/2011 08:02



     Il doit bien exister une littérature sur ce sujet qui permettrait de répondre à votre questionnement sur l'art contemporain ... à moins
qu'il ne faille, comme je m'autorise à le penser, prendre votre dernière remarque à un deuxième, voire voire même à un troisième niveau de sens qui fleurerait bon le sarcasme silvestrien.



JA 22/11/2011 15:35

Bonjour, malheureusement je ne vais plus pouvoir tout gérer
je vais faire une pause pour les autres sites et blogs tout en continuant à écrire quelques articles sur le mien.
A très bientôt
JA

Richard LEJEUNE 23/11/2011 07:54



     A votre meilleure convenance, Jocelyne : ce sera toujours un plaisir de vous retrouver sur votre blog ; et ici, quand votre temps libre le
permettra ...


 


A bientôt.



Jc Vincent 22/11/2011 11:53

J'apprécie beaucoup ...

Tout d'abord, dans la citation que tu nous proposes, cette idée d'émotion ressentie par l'oeil et restituée par la main ; puis, cette description des étapes de la longue, indispensable (et
peut-être fastidieuse ? se laissait-il aider ?) préparation de la paroi murale, de ce support sur lequel le scribe des contours pourra ensuite entamer son travail.

J'imagine que tout artiste, plus que toute autre personne même, sera particulièrement sensible à ces précisions techniques que tu as bien pris soin d'apporter : car il y est obligatoirement
lui-même confronté, quel que soit son art ...

Richard LEJEUNE 22/11/2011 12:44



     Il eût été un temps où, pourtant amateur d'art en général et égyptien en particulier, je n'eusse point pris la peine de m'intéresser aux
prémices d'une oeuvre, me contentant du ressenti face à elle. Ce que j'appelle les petits picotements dans le ventre.


 


     Parce que tout homme évolue dans sa perception des choses, ma curiosité a de moins en moins de limites et il me plaît de comprendre le
comment on en arrive à ...


 


     En outre, quand on fait métier d'Enseignant - devant des petites "têtes blondes comme de grandes "têtes blanches" - l'on se doit d'être à
même de répondre au questionnement de ceux à qui l'on s'adresse. Ou, comme avec les trois articles dont celui-ci constitue le premier, d'anticiper d'éventuelles interrogations.


 


     Je t'avouerai que c'est en pensant plus particulièrement à mes lecteurs, artistes par l'oeil et par la main, que j'ai rédigé cette trilogie
qui, et tu le comprendras encore mieux samedi et mardi prochains, m'a obligé à dépasser mon simple vocabulaire d'historien pour m'imprégner de celui, souvent inconnu pour moi, du monde "annexe"
de la matière nécessaire au peintre ou au sculpteur antiques, du monde "annexe" de la préparation des oeuvres ...


 


     C'est grâce à Christiana, à Alain, à toi le tout premier des artistes que j'ai côtoyés et peut-être surtout à Tifet - que j'assaille parfois
de questions qui doivent lui paraître bien puériles - que j'avance sur ce chemin de vos créations.


 


     C'était donc bien la moindre des choses que, pour vous remercier de votre patience à m'éduquer en vos domaines respectifs, je tente ici
d'expliquer à tous ceux que cela intéresse, les "coulisses" de la réalisation des peintures murales des tombeaux égyptiens qui feront ici l'objet d'une longue étude.


 


     Pour répondre maintenant à ta question : bien que je démontrerai ce samedi que le programme figuratif de ces peintures ne fut pas le fruit d'une
seule main, je pense qu'il incombait à l'artiste lui-même de préparer minutieusement la surface rocheuse sur laquelle il allait exécuter son projet.



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  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
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