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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 00:00

 

      Aux fins d'édifier une tribune permettant d'accueillir le public d'un spectacle "Sons et Lumières", des fouilles furent entreprises en 1970 et 1971 - interrompues puis reprises de 2001 à 2006 - par le Centre franco-égyptien d'étude des temples de Karnak (CFEETK), à l'est du Lac Sacré.

 

     Et exactement entre le bord du bassin et un rempart à bastions érigé au Nouvel Empire qui, un millier d'années durant, constitua la limite extrême du sanctuaire, les archéologues mirent au jour, sur quelque 140 mètres de longueur, adossé au mur d'enceinte de Thoutmosis III, un quartier de maisons édifiées en briques crues, livrant un matériel épigraphique et mobilier prouvant indubitablement que, dès la XXIème dynastie et jusqu'à la XXVème, elles avaient hébergé des membres de la classe sacerdotale thébaine.

 

      A raison d'un mois trois fois l'année, des prêtres avaient donc vécu là, dans l'enceinte même du domaine d'Amon, proches du plan d'eau dans lequel, rappelez-vous amis lecteurs, je vous l'ai expliqué lors de notre dernière rencontre, ils devaient se purifier deux fois le jour et deux fois la nuit, de manière à être hygiéniquement aptes à glorifier Amon, bien sûr, mais aussi, pour certains d'entre eux, Montou, Ptah ou Osiris.

 

     Extrêmement important en Egypte antique, le clergé auquel très succinctement j'ai fait allusion lors de cette précédente intervention comprenait, en plus des officiants répartis dans les autres temples du pays, des prêtres funéraires dont les services étaient ponctuellement requis lors des cérémonies funèbres.

 

     Ce matin, vous me permettrez de n'accorder mon attention qu'à ceux rencontrés chez Metchetchi ou, plutôt maintenant, en salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre et qui, au début de la seconde partie de la vitrine 4 ², défilent sur les fragments E 25517, (41 cm de hauteur pour 56 de long), E 25518 (22 cm de haut et 22,5 de long) et E 25541 (16 cm de haut et 15 de large) en dessous du registre des offrandes aux teintes - dont le bleu - magnifiquement bien conservées, surmontés qu'ils sont par un bandeau de superbes hiéroglyphes colorés.

 

 

46. Prêtres funéraires (2009)

 

 

     A cause de l'incomplétude de la scène due à l'arrachage anarchique pratiqué par les voleurs qui s'introduisirent dans le mastaba, il n'a tenu qu'à la présence du premier des hommes ici debout à gauche pour que nous soyons à même de déterminer celui auquel, parmi les rites en rapport avec l'offrande, s'adonnait le personnage agenouillé : les égyptologues en ont en effet dénombré dix-sept différents en tout, dont la moitié au moins nécessitant cette position courbée.

      

Verser l'eau de la libation (Louvre : Cliché H. Lewandowski)-.jpg

 

      Toutefois, et le geste du prêtre ritualiste - Ihy, un des fils de Metchetchi, comme l'indiquent les quelques hiéroglyphes peints entre eux deux - et surtout l'aiguière hes qu'il manipule m'autorisent à avancer que l'homme agenouillé tend les mains au-dessus d'un bassinet dans lequel son collègue verse, par-dessus sa tête, l'eau de la libation destinée à consacrer les offrandes tout en lui purifiant préalablement les mains.

 

 

 

 

 

 

    Ces hommes sont immédiatement suivis de deux autres, arborant perruque longue et barbiche rectangulaire.


  Prêtres lecteurs (E 25517 (H. Lewandowski)

 

 

     Ils se caractérisent en outre par le port d'une bande d'étoffe de lin blanc, sorte d'écharpe ceignant leur torse partant de l'épaule gauche et descendant jusqu'à l'aisselle droite, ainsi que d'un pagne court à devanteau triangulaire : il s'agit de prêtres-lecteurs - kheri-heb, en égyptien, c'est-à-dire "celui qui porte le rituel", comprenez : celui dont la tâche consiste à lire ou à déclamer le texte de la cérémonie ; récitateur, comme disait au début du XXème siècle l'égyptologue belge Jean Capart.

 

     En réalité, le terme complet était khery-hebet hery-tep qui définit, à tout le moins à partir du Nouvel Empire et jusqu'à la fin de la civilisation égyptienne, ceux des lettrés habiles en sciences sacrées, intellectuels de très haut niveau bénéficiant d'une position honorifique dans la hiérarchie des serviteurs de l'Etat pharaonique.

 

      Il faut toutefois savoir qu'à lui seul, hery-tep détenait une signification bien particulière : il désignait ce qu'il est convenu d'appeler - à défaut d'un terme moins négativement connoté - un magicien.

 

     Loin de connaître la marginalisation inhérente à notre époque, la magie constitua, chez les anciens Égyptiens, un fait de culture à part entière : partant du principe qu'il est toujours possible d'influer sur le cours naturel de la vie, elle permettait à tous, de l'agriculteur au souverain, sans oublier les divinités, de combattre les forces négatives, sempiternellement synonymes de ce chaos tant abhorré.

 

     Êtres purs par excellences, ils avaient accès aux secrets des dieux. Exceptionnels connaisseurs des textes liturgiques et parce qu'ils étaient capables de les appliquer en nombreuses circonstances, ces prêtres-lecteurs, ces "magiciens" furent énormément sollicités. A Basse Epoque, leur érudition dépassa même les frontières du pays puisque, si je m'en réfère à Hérodote, Darius, roi de Perse, avait pris soin de s'adjoindre un médecin égyptien parmi les plus réputés. Plus tard, Alexandre le Grand et l'empereur romain Marc Aurèle auront eux aussi à coeur de s'entourer de l'un ou l'autre semblable érudit.  

 

     Vous concevrez alors aisément que la distinction entre magie et croyances religieuses s'avère extrêmement ténue ; à l'instar de celle entre magie et médecine. Lettrés, prêtres de haut rang, magiciens, médecins, ces hommes l'étaient mêmement.

 

     C'est d'ailleurs un de ces prêtres-lecteurs que le roi récompense à la fin du premier des quatre récits subsistant parmi les neuf jadis copiés sur le célèbre Papyrus Westcar, défini dans la littérature égyptologique comme un recueil de contes des magiciens à la cour de Khéops.

 

 

     Sur le fragment (E 25517) ici devant nous, le premier des deux prêtres-lecteurs tient un grand papyrus dans la main droite et le second, un plus petit, roulé dans la gauche. Ce dernier avance paume droite vers le haut, geste typique - et codifié - de ceux qui s'expriment en public.

 

     En tant que prêtres des morts, ces hommes officiant lors de cérémonies funéraires étaient des ritualistes privés, nullement attachés à un temple quelconque, qui n'avaient donc pas à assumer le culte de la divinité qui y était honorée : ils n'appartenaient qu'au clergé des dieux de l'Au-delà, Anubis et Osiris. 

 

     Toutefois, parmi eux, et parce que détenteurs de la connaissance des écritures sacrées, parce que rompus à leur exégèse, seuls les prêtres-lecteurs pouvaient tout à la fois officier au sein même d'un sanctuaire et lors des funérailles de particuliers.

 

     Et si, lors du cérémonial de l'embaumement, ils étaient tenus de psalmodier les prières rituelles, formules liturgiques correspondant à certaines étapes comme celles de la seconde onction et du bandelettage de la tête ; si, parfois, devant la bête sacrifiée, ils récitaient des litanies, - souvenez-vous de ceux dont j'avais, mardi dernier, simplement relevé la présence, à Saqqarah, dans le tombeau de Mererouka en train de réciter les formules rituelles sur la bête sacrifiée, dans la cérémonie funèbre évoquée ici, ils lisent pour Metchetchi les glorifications du menu d'offrande : c'est à tout le moins ce qu'indiquent à la fois les hiéroglyphes peints disposés en colonne devant chacun d'eux ainsi que, au-dessus de leur tête, ceux du bandeau horizontal.


 

     Et la scène de se terminer par un cinquième personnage, sans indication de patronyme qui, à l'image de celui que nous avons déjà croisé le 17 décembre dernier, soulève légèrement le couvercle d'un encensoir de manière à, comme l'expliquent ceux des hiéroglyphes conservés de part et d'autre, encenser Metchetchi grâce aux vapeurs purifiantes qu'humeront inévitablement ses narines.

 

        

42.-Fragment-E-25517--2011-.jpg

 

 

 

     Venue l'heure de nous quitter, vous conviendrez sans peine qu'il n'est pour moi nul besoin de m'attarder sur les deux autres petits éclats que les Conservateurs en charge de cette vitrine ont disposés tout à côté dans la mesure où, sur E 25518 s'y termine la théorie des mêmes prêtres-lecteurs

 

 

Fragments E 25517, E 25518 et E 25541.jpg

 

 

et sur E 25541, fort endommagé, semble se profiler un porteur d'étoffes, probablement destinées à la momification à venir du défunt ; personnage qui, à mon sens, ne ressortit en rien au domaine clérical ...  

 

 

     Les sacerdotes que nous avons cotoyés ce matin, amis lecteurs, auxquels étaient dévolus les rites funèbres constituèrent donc dans l'Égypte ancienne une classe de prêtres spécialisés et, pour la plupart d'entre eux, totalement indépendants du personnel des temples. Serviteurs du ka, ils eurent à gérer non seulement l'ensemble des funérailles proprement dites mais aussi la protection des différentes étapes de la momification préalable, sans oublier le culte post mortem assurant notamment aux défunts qu'ils bénéficieront bien de manière pérenne des offrandes alimentaires et autres nécessaires à leur seconde vie.  

 

 

 

 

(Capart : 1907, 56 ; Hérodote : 1964, 174 ; Janot : 2010, 19 ; Koenig : 1994, 15-39 ; Laboury : 2001, 49-52 ; Pernigotti : 1992, 151-87 ;  Sauneron : 1988, 35-118 ; Traunecker : 1993, 83-93 ; Vandier : 1964, 106-13 ; Ziegler : 1990, 132-3

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commentaires

J
Bel article<br /> l'eau purificatrice ...elle a fait du chemin depuis<br /> medecine, magie c'est vrai que cela devait être très proche à cette époque:<br /> on voit sur une illustration un inhalateur de forme pas si éloignée que cela, de ceux du début du XX eme siècle<br /> <br /> A bientôt<br /> MERCI<br /> JA
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R
<br /> <br />      Je ne sais si l'encensoir ici ressemble à d'anciens inhalateurs, mais il est évident - en dehors de toute connotation liée au sacré - que le<br /> but recherché était le même : que les produits odoriférants parviennent aux narines de celui à qui ils étaient destinés.<br /> <br /> <br /> <br />
T
"L'homme est un loup pour l'homme", c'est ce que vous pensez Richard ??
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R
<br /> <br />      BIEN ÉVIDEMMENT, Tifet, que c'est ce que je pense.<br /> <br /> <br /> (Vous comprendrez, j'espère, que ces grasses lettres capitales constituent la seul manière à ma disposition pour vous exprimer l'intonation appuyée que vous auriez<br /> perçue dans ma voix si nous avions conversé directement.)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Cette affirmation, peut-être péremptoire à vos yeux, n'est, je vous l'assure, que le bien triste reflet de très nombreux événements de<br /> l'Histoire pluri-millénaire qui nous précède.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Un exemple, parmi tant d'autres : quand, après Christophe Colomb, aux noms des Très Catholiques souverains espagnols, les conquistadores<br /> débarquèrent chez les Incas, les Mayas et autres peuples autochtones de ce que l'on appellera, plus tard, l'Amérique centrale et l'Amérique du sud, et que sous prétexte d'y trouver des "sauvages"<br /> qui ne croient même pas en ce dieu qui les motive, eux, à répandre la "bonne parole", ils éventrent de leur épée les femmes enceintes de manière qu'elles ne donnent pas naissance à de futurs<br /> "païens",  ???<br /> <br /> <br />      Certes, foncièrement rousseauiste, j'aime à croire, qu'au départ, à l'état de nature, l'homme naît bon. Mais Rousseau tout de suite<br /> d'ajouter que c'est la société qui le corrompt. L'Histoire m'a appris et m'apprend d'ailleurs tous les jours - et pas plus tard que cette semaine encore - qu'il a entièrement<br /> raison.<br /> <br /> <br /> Car par société, il faut comprendre que c'est, entre autres, fort souvent au nom de la religion et/ou de la politique que l'homme guerroie, trucide et<br /> s'adonne à diverses exactions d'une tragique inhumanité.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Oui, Tifet, et cela me perturbe parce que j'aime à croire quand même, tout au fond de moi, que l'homme est bon<br /> - et ils sont légions, ceux-là, j'espère ! - : mais plus j'approfondis l'Histoire passée et plus j'observe le monde dans lequel nous vivons, je ne puis qu'entériner cette très vieille remarque de<br /> Plaute - reprise d'ailleurs sous la plume de bien d'autres philosophes par la suite (Montaigne Spinoza et Hobbes, notamment ...) - : l'homme est véritablement un loup pour l'homme<br /> ! <br /> <br /> <br /> <br />
A
Bien vu, Richard, ton interrogation malicieuse sur ce fameux 21 mai 2002 qui permit à une extrême droite, trop heureuse, d’accéder à un deuxième tour en France et rejeta la gauche qui avait de<br /> bonnes chances d’accéder au pouvoir. Espérons que la tambouille électorale dans notre pays ne le permettra pas à nouveau.<br /> Je reviens à notre discussion.<br /> Je voulais simplement parler de tous ces hommes et femmes dans le monde qui ne peuvent accéder à une réflexion qui satisfasse la direction qu’ils souhaiteraient donner à leur vie. Les raisons sont<br /> nombreuses, le plus souvent économiques ou politiques : totalitarisme, dictature, problèmes sociaux divers, non accès aux ressources basiques suffisantes comme la nourriture ou l’eau, sans parler<br /> du racisme ou certaines intolérances que nous connaissons bien en France actuellement.<br /> Je rajouterais même, finalement aussi, les inégalités culturelles qui marginalisent certains par rapport à d’autres et ne leur permettent pas d’alimenter une réflexion approfondie.<br /> Alors, évidemment, les religions ont été, et sont encore, un exutoire à bien des difficultés que les humains peinent à résoudre.
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R
<br /> <br />      Tu as évidemment raison, Alain, je n'avais simplement pas envisagé la réflexion, kantienne au départ, sous cet angle-là ...<br /> <br /> <br /> <br />
A
Entièrement d’accord, Richard ! Nous sommes fragiles physiquement et psychologiquement, et nous avons eu souvent besoin, à travers les âges, d’un être supérieur, réel ou transcendé, pour nous<br /> montrer la voie.<br /> Le problème est qu’il y a encore beaucoup de « mineurs » comme tu dis dans le monde. Et certains n’ont pas la possibilité personnelle d’accéder à ce merveilleux monde des lumières.
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R
<br /> <br /> Soyons clairs sur les termes, Alain.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />      Ce que originellement l'on entend par "Lumières", au XVIIIème siècle, - et ce que Kant désigne d'ailleurs sous ce vocable<br /> d'Aufklärung - , correspond à une nouvelle éthique de vie, de réflexion aussi qui consistent à rejeter catégoriquement les oppressions, qu'elles viennent du monde politique ou clérical.<br /> Et la volonté, à la Révolution française de 1789, d'éradiquer l'Eglise tout autant que l'absolutisme monarchique en procède évidemment.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Les principes de tolérance, de liberté, de droits naturels, de séparation des pouvoirs émanent des Lumières, émanent de toute une réflexion<br /> autant philosophique que politique et sociale qui bouillonna à ce temps-là dans l'esprit de très grands noms - je pense à Diderot, à Montesquieu, à Voltaire, à Rousseau en France, mais aussi à<br /> John Locke en Grande-Bretagne et évidemment à Kant en Allemagne.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Ces principes, Alain et c'est là que je ne suis pas d'accord avec toi, n'ont rien à voir avec la connaissance, avec le savoir<br /> encyclopédique. Il n'est pas besoin d'avoir fait des études poussées - car, si je t'ai bien compris, c'est de cela qu'il s'agit dans ton ultime phrase ; si ce n'était pas le cas, rectifie-moi -,<br /> pas besoin d'être un savant donc pour respecter autrui (principe de tolérance), pour décider, dans une certaine mesure, de son parcours de vie (principe de liberté), pour reconnaître qu'Eglise et<br /> Etat ne font pas bon ménage (principe de séparation des pouvoirs).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Je ne sache pas qu'il soit obligatoire d'être un intellectuel pour simplement réfléchir à sa propre condition de citoyen. Non ?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Et quand Kant parle de minorité, il ne s'agit nullement de pointer du doigt ceux qui n'ont pas eu la chance ou la volonté de mener<br /> à bien des études supérieures, mais tout simplement ceux qui ne font pas "travailler" ce que tous nous possédons : un cerveau qui nous offre la capacité de réfléchir à notre propre sort ; il<br /> stigmatise ceux qui préfèrent que d'autres pensent pour eux non pas parce qu'ils ne posséderaient pas cette faculté de penser, (ce qu'il appelle l'entendement) mais parce qu'il est bien<br /> plus facile d'attendre tout des autres, quitte à râler par la suite.<br /> <br /> <br /> N'est-ce pas un peu ce qui se passe quand, un dimanche électoral de mai, l'on préfère se promener en famille sous un soleil bienvenu plutôt qu'aller exprimer ses<br /> intentions de vote ?<br /> <br /> <br /> Dès lors, il est inutile de s'inquiéter le lundi du résultat que proclament les urnes ...<br /> <br /> <br /> <br />
F
Ah, oui, il paraît qu'ils ont voulu être "éternels"!! Mais ils n'ont pas de bandelettes??? bisous fan
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R
<br /> <br />      Honnêtement, Fan, je ne me suis jamais renseigné sur les méthodes pratiques de leur embaumement.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      A mes yeux, le principal ne réside d'ailleurs pas là : c'est qu'à notre époque il y ait encore des êtres que cette philosophie du croire en<br /> un Au-delà puisse intéresser au point de désirer la momification qui me stupéfie !<br /> <br /> <br /> <br />
F
Très intéressant ce post et je dirai comme Tifet, hormis que l'on ne momifie plus le corps, il existe toujours un rite funéraire avec plus ou moins de personnes des Pompes funèbres selon le budget<br /> du ou de la défunte!! L'autre fois, j'ai encore vu un documentaire à la TV (la 5 le Dimanche matin) sur la momification!! BISOUS FAN
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R
<br /> <br />      Je ne sais à quoi correspondait ce documentaire auquel vous faites allusion, Fan, mais je ferai simplement la petite restriction suivante<br /> par rapport à votre commentaire : il est faux de croire qu'on ne momifie plus personne à notre époque : quelques grands personnages, Lénine et Mao Tse-Toung, entre autres, ont opté pour ce type<br /> d' "éternité".<br /> <br /> <br /> <br />
A
Toujours les religions, je reprends tes mots : rites, glorifications, purifications, cérémonies, offrandes, prières, dieux, accompagnées de leurs excès trop souvent…<br /> Les hommes ont-ils un besoin vital de transcender leur condition humaine ? C’est une question philosophique « comme au bon vieux temps » qui devrait t’inspirer Richard…
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R
<br /> <br />      C'est effectivement Alain, une question philosophique de prime importance ; et une question historique également.<br /> <br /> <br /> Car à toutes les époques - la nôtre y échappant peut-être moins que toute autre -, et quelles que soient les civilisations, l'homme a souvent eu besoin d'un dieu -<br /> ou ce qu'il considérait comme tel : un meneur politique, un idéologue, une idole ... -, pour dépasser sa condition d'homme, pour lui suggérer sa conduite, pour lui "expliquer" le monde qui<br /> l'entoure et qu'il ne comprend guère.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Et malheureusement, il attend ainsi des autres qu'ils pensent, qu'ils réfléchissent, voire même qu'ils agissent à sa place : il est en effet<br /> des hommes qui choisissent de se laisser entièrement guider, qui optent pour le confortable plutôt que la prise de position personnelle.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Ce qui correspond à l'antithèse du célèbre "Sapere aude !" d'Horace, repris sous la plume d'Emmanuel Kant dans une de ses oeuvres<br /> maîtresses Beantwortung der Frage : Was ist Aufklärung? (Réponse à la question : Qu'est-ce que les Lumières ? - Gallimard, Pléiade, Tome II, p. 209 de mon édition de 1985)<br /> :<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />       "Les Lumières se définissent comme la sortie de l’homme hors de l'état de minorité, où il se maintient par sa propre faute. La<br /> minorité est l'incapacité de se servir de son entendement sans être dirigé par un autre. Elle est due à notre propre faute quand elle résulte non pas d'un manque d'entendement, mais d'un manque<br /> de résolution et de courage pour s’en servir sans être dirigé par une autre. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des<br /> Lumières."<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Cette injonction kantienne, tu le remarqueras quotidiennement autour de toi, est loin d'avoir fait son chemin dans l'esprit de la majorité<br /> des hommes, qui préfèrent rester sous "tutelle" !<br /> <br /> <br /> <br />
F
Combien d'entre nous ont visité le Louvre ?<br /> Combien d'entre nous sont passés par cette salle ?<br /> Combien d'entre nous auront à peine jeté un œil distrait à cette vitrine ?<br /> Je fais partie de ceux-là, malheureusement, et combien je le regrette !!!<br /> Mais je n'avais pas un "ouvreur de chemins" tel que toi à mes côtés...<br /> Un ouvreur d’œil, devrais-je dire, et d'esprit, aussi.<br /> <br /> Merci pour cette belle leçon d'observation et d'analyse, Richard !<br /> <br /> Amicalement !<br /> François
Répondre
R
<br /> <br />      Si, par mes interventions, sur des pièces trop vite regardées au Département des Antiquités égyptiennes<br /> du Musée du Louvre, j'ai quelque peu ouvert les yeux et l'esprit de lecteurs tels que toi, François, c'est uniquement parce qu'ils acceptent de se laisser<br /> guider.<br /> <br /> <br /> Tout le monde pourrait prendre ma place.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />      Merci à toi, merci à vous tous, amis fidèles, d'autant m'accorder votre confiance.<br /> <br /> <br /> <br />
T
Ces "prêtres-lecteurs" étaient en quelque sorte les ancêtres des Pompes funèbres de nos jours, la religion en plus.........Mes pensées vont vers ces pauvres gosses qui ont été massacrés par on ne<br /> sait quel fou hier......pas de mot pour dire mon écoeurement.......
Répondre
R
<br /> <br /> Homo homini lupus est<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Plaute<br /> <br /> <br /> <br />

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  • : D' EgyptoMusée à Marcel Proust- Le blog de Richard LEJEUNE
  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
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