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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 23:00

 

     Nous voici inéluctablement arrivés, amis visiteurs, à la troisième étape de notre réflexion commencée voici deux semaines à propos du lait dans le monde divin : après la tétée du nouveau-né princier, après celle précédant la cérémonie du couronnement, demandons-nous ce matin quels furent les rapports que l'idéologie pharaonique établit entre allaitement et survie dans l'Au-delà.

 

    Cette ultime intervention clôturera définitivement le long cycle de la perception du lait en l'Égypte antique que nous avions entamé en mai dernier.


 

     A plusieurs reprises, les Textes des Pyramides insistent sur le fait que, décédé, le roi, passant d'un état à un autre, renaît à une nouvelle vie (que notre vocabulaire étriqué appelle la mort). Cette naissance ou, plutôt, cette re-naissance, l'assimile métaphoriquement à un nouveau-né. Et dans ce cas de figure, il a tout naturellement besoin de ces soins dévolus à chaque nourrisson, l'allaitement étant d'évidence le plus important d'entre eux. D'autant plus que ce lait maternel sera pour lui le garant de la continuité, dans des conditions optimales souhaitées, de son avenir post mortem. En un mot comme en cent, il sera le gage de son éternelle jeunesse. 


       Prends mon sein afin que tu le tètes, ô souverain, puisque tu es de nouveau vivant, ô souverain, et que tu es de nouveau petit, ô souverain, peut-on par exemple lire au paragraphe 912 b.

 

     Et, lui faisant suite, les §§ 913 a et b, ajoutent :

 

     Tu monteras au ciel comme les faucons, tes plumes étant comme celles des oiseaux, ô souverain

 

     Après son décès, le roi allaité est donc assuré de s'envoler vers les cieux : ainsi s'expliquent les figurations ailées rencontrées dans certaines tombes. Dès lors, il n'est pas incongru de considérer que l'allaitement funéraire du monarque, s'il a évidemment une connotation nutritive, participe pleinement de son programme de régénération, constituant même les prémices d'une renaissance triomphale, d'une résurrection glorieuse, comme le définissait en 1951 feu l'égyptologue français Jean Leclant.

 

     En outre, protégé par l'absorption intarissable de lait divin, - comprenez : sans plus jamais être sevré ! -,  le roi peut ainsi être certain de la pérennité de ses privilèges, de la conservation perpétuelle de l'ensemble de ses prérogatives, de l'intégralité de son pouvoir dans l'Au-delà.

 

     Nutritif et protecteur, voilà des qualifications bien précises qui, dans ce corpus funéraire des premiers temps, furent étroitement associées au lait de certaines déesses.

 

 

    Il appert que c'est de la Vème dynastie que date la première représentation de la scène de l'allaitement royal. Et plus précisément dans le temple de Sahourê, un des prédécesseurs d'Ounas.

Ce thème se codifiera et son répertoire s'enrichira dans d'autres temples funéraires royaux tout au long de cette dynastie et de la suivante. 

 

Allaitement Sahourê (Bloc original)

 

 

 

Allaitement-Sahoure--Dessin-Borchardt-.jpg

 

 

     (Ces deux clichés proviennent de l'étude que l'égyptologue allemand Ludwig Borchardt consacra au monument funéraire de Sahourê, dont les trois volumes sont librement téléchargeables sur le site de l'Université de Heidelberg : le bloc original, à la page 20 du tome 1 [1910] et le dessin à la "Blatt 18" du tome 2b [1913] ).

 

     Permettez-moi, ici et maintenant, d'indiquer que si au lieu de vous présenter les trois phases successives d'allaitement du souverain dans l'ordre chronologique des étapes de sa vie - naissance, couronnement, puis décès -, j'avais plutôt respecté celui de l'apparition de cette thématique dans le programme iconographique des temples funéraires, c'est par l'allaitement d'un roi défunt que j'eusse dû commencer ; par celui d'un roi couronné poursuivre avant de, paradoxalement, terminer par celui d'un nouveau-né princier ...

 

    

     Cette fonction nourricière dans l'Au-delà est également exprimée par une scène, probablement la plus connue, la plus invraisemblable aussi si vous la jugez à l'aune de nos esprits rationalistes occidentaux contemporains, unique pour l'exprimer d'un mot : il s'agit de l'esquisse, exceptionnelle, peinte en rouge et noir que rehaussent les touches vertes des feuilles sur un des piliers de la chambre sépulcrale de l'hypogée de Thoutmosis III (XVIIIème dynastie) dans la Vallée des Rois.

 

 

Allaitement-Thoutmosis-III--Mekhitarian-.jpg

 

 

      Sur ce cliché que je me suis autorisé à prendre à partir du très bel ouvrage que consacra  l'égyptologue belge Arpag Mekhitarian à la peinture égyptienne, vous remarquerez que de ses mains grêles, le souverain, suggéré par quelques prestes traits noirs, saisit le bras, imposant, émergeant du tronc, de la déesse du sycomore, qui soutient un plantureux sein nourricier, également noir.

 

     Seule l'inscription qui suit le cartouche royal permet d'identifier la déesse sous cette forme d'arbre puisqu'elle indique : Il tète sa mère Isis ; le nom de cette dernière étant écrit grâce aux deux derniers hiéroglyphes de la colonne derrière les jambes du roi Menkheper-Rê. (Thoutmosis III)

 

       Le lait - tout comme le vin, d'ailleurs, nous le verrons quand nous aborderons les dernières vitrines de cette salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre -, était considéré comme un breuvage censé favoriser toute régénération.

 

     Ainsi, avez-vous peut-être un jour été étonné de voir, sur la paroi sud du sanctuaire au niveau de la dernière terrasse du temple de millions d'années de la reine Hatchepsout, à Deir el-Bahari, (XVIIIème dynastie), la figuration de quatre bassins remplis de lait : ils participaient en fait d'un rite visant à renforcer le pouvoir de renaissance de Rê chaque jour qui consistait, dans le chef des veilleurs sacrés, à éteindre à l'aube les torches en les plongeant dans ce précieux liquide.

 

     Toujours chez Hatchepsout, mais au niveau de la deuxième terrasse cette fois, cette scène ressortissant au même thème :

 

  Allaitement royal - Deir el-Bahari - Temple d'Hatchepsout -


 

la reine, à droite, à l'aspect juvénile, tétant le pis de la vache sacrée Hathor et, à gauche, adulte, sous le mufle divin.

 

 

     Comme d'autres rites - je pense par exemple à l'offrande de la Maât ou à l'offrande du nom du roi -, celui de l'allaitement invitait Pharaon à proclamer que c'était des dieux qu'il détenait sa souveraineté, possession absolument inaliénable préservant le pays de sombrer dans le chaos. Et donc, l'assurait d'un règne effectif pour l'éternité, à la suite de tous ses prédécesseurs dans l'Au-delà.

 

     

 

 

(Bonhême/Forgeau : 1988, 85-92 ; Capart : 1912, 17 ; Cauville : 2011, 55 ; Forgeau : 2010, 77-80 ; Leclant : 1951, 123-7 ; ID. : 1961, 256 sqq.Mekhitarian : 1978, 38 ; Moret : 1902, 64        

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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commentaires

TIFET 08/07/2012 20:52

Merci Richard, les vacances sont en effet un moment de retrouvailles très important, c'est ça la "vraie vie" et j'attends avec impatience mes petits enfants, 2 et 4 ans, je délaisserai donc le
monde virtuel quelque peu, la terre par contre est toujours présente chez moi, quelque part, toujours une pièce en cours, une qui sèche........Reposez vous bien sous le soleil si possible, je ne me
sens jamais aussi bien qu'en Egypte !.........Amicalement.

Richard LEJEUNE 13/07/2012 08:28



     Merci Tifet.


     Sous le soleil, écrivez-vous : que voilà une bien belle expression devenue totalement obsolète, dans le vocabulaire belge à tout le moins
... 



TIFET 03/07/2012 21:13

Bonnes vacances à vous Richard et déconnectez vous quelques temps, cela vous fera du bien !

Richard LEJEUNE 08/07/2012 17:23



     Merci, Tifet.


 


     Excellentes vacances à vous également si, d'aventure, vous retrouvez l'un ou l'autre de vos enfants et petits-enfants.



JA 03/07/2012 08:07

très curieux cette peinture avec le bras et l'arbre
a bientôt
ja

Richard LEJEUNE 08/07/2012 16:31



     Immensément "parlante", surtout ...



TIFET 02/07/2012 19:52

"Il vaut mieux mettre son coeur dans ce que l'on pense sans trouver de paroles que trouver des mots sans y mettre son coeur" .......TIFET (pensée de Gandhi adaptée par TIFET.............

Richard LEJEUNE 08/07/2012 16:16



     Merci Tifet d'avoir revisité Gandhi pour ici vous exprimer ...



Christiana 01/07/2012 15:53

Vous avez tort de juger sur les commentaires. Bien souvent, je vous lis avec intérêt mais ça me paraît tellement complet que je ne trouve rien à ajouter ou à demander. je découvre ce que je ne
connaissais pas du tout comme si je lisais un livre. Le vrai problème avec les blogs est l'écran qui nous sépare. Si vous voyiez toutes les paires d'yeux, vous seriez rassuré.

Richard LEJEUNE 08/07/2012 16:12



     Merci à vous, Christiana, pour toutes ces paroles aimables.


 


     L'avenir, probablement, précisera les choses ...



Christiana 01/07/2012 11:17

C'est une erreur de croire que vous allez recréer sur internet l'ambiance et l'échange d'un cours comme vous l'avez connu "en vrai"...
Vos étudiants avaient choisi cette branche et étaient motivés pour apprendre et aller au fond du sujet que vous leur proposiez.
Ici, c'est bien différent. Pour moi en tout cas. Si je me suis un peu intéressée à la culture grecque, plus à la latine et beaucoup à la renaissance italienne, je dois avouer que je suis inculte en
égyptologie et c'est peut-être cela que je viens chercher ici, de quoi être un peu moins nulle mais je ne vais évidemment pas entrer dedans comme vos étudiants, je vais lire, survoler, et il en
restera quand même quelque chose. J'ai déjà appris beaucoup et si je vais un jour en Egypte ou tout simplement au Louvre, des bribes me reviendront.
Mon prof de musique disait: La culture, c'est ce qui reste quand on a tout oublié.
Vous même ne faites que survoler nos histoires de sculpture, peinture ou italianismes (notamment chez Jean-Claude Vincent, nous ne pensons pas que vous allez devenir artiste peintre ou spécialiste
de l'architecture florentine.

Il faut regarder les choses sous un autre angle. Un blog ne sera jamais un cours mais vous nous apportez beaucoup.

Richard LEJEUNE 01/07/2012 11:44



     Vous avez évidemment raison, Christiana : j'attends trop de ce blog.





     Sans avoir la prétention de former des égyptologues, j'avais toutefois pensé qu'ici, avec des adultes, des dialogues s'instaureraient
vraiment sur certains des sujets évoqués.


Il y en eut, certes ... Mais ils s'amenuisent ... C'est entre autres la raison pour laquelle j'évoquais dernièrement la lassitude.


 


    Ceci posé, j'estime qu'avec un peu plus de 130 abonnés, le retour en commentaires reste de toute évidence extrêmement faible.


     Quand je vous lis, ou Jean-Claude ou Tifet, je ne me prive pas de poser des questions sur ce qui m'est inconnu non pas pour devenir artiste
- vous l'avez compris - mais pour affiner mes connaissances grâce aux vôtres. Sinon, je ne vois pas l'intérêt de m'abonner là où rien ne m'intéresserait. 


    C'est ainsi que je vois les choses ... mais je me suis trompé car cela ne semble apparemment pas une généralité ! 


 


     Merci à vous de me consacrer du temps à ainsi débattre.


     Bon dimanche.


 


     Richard.


 



Christiana 01/07/2012 00:11

Je constate que vous aussi, comme nous tous un jour, vous posez beaucoup de questions sur le bien-fondé de votre présence dans la blogosphère... Je crois que cette phrase, je la lis régulièrement
sur les nombreux blogs que j'aime visiter, vous n'échappez pas à la règle.
Vous avez l'impression de prêcher dans le désert? Nous en passons tous par là.
En ce moment même, un de mes amis vient de jeter l'éponge sur un blog pourtant fort intéressant, dommage. Il n'a cessé de demander, puis de réclamer, d'exiger des commentaires sans accepter de
donner sans rien attendre en retour. Il n'a pas compris que les gens venaient lire sans nécessairement laisser un commentaire. Parce qu'ils n'ont pas le temps - Si on doit laisser chaque fois des
longs commentaires partout, on n'en sort plus et on y passe trop de temps. Parce que on se sent incompétent, on a peur de dire des bêtises devant votre savoir intimidant ou tout simplement, on a
appris plein de choses mais on n'a rien à ajouter. Quand on lit un livre, on ne s'arrête pas à chaque page pour commenter...
Ce qu'il faut comprendre, c'est que les contacts sur internet sont bien différents que ceux qu'on pourrait avoir dans la réalité, forcément, ils ont une superficialité liée au virtuel. J'imagine
que ce serait bien différent si vous nous expliquiez tout cela autour d'un verre de vin, les yeux dans les yeux... Le virtuel a cela d'impersonnel, on n'y peut rien...
Ne pas avoir de commentaires ne signifie pas qu'on n'est pas lu, il n'y a qu'à regarder les statistiques des visites, il faut savoir relativiser.
Personnellement, avoir des commentaires me fait plaisir mais ça n'est pas une fin en soi, je préfère ne pas en avoir que d'avoir des "c'est bô" obligés... Le blog me sert à voir mon évolution, à
faire le point, me sert aussi d'archives bien pratiques mais la vraie vie est ailleurs...

Excusez les sûrement nombreuses fautes car impossible de relire dans cette fenêtre et le clavier n'est pas vraiment mon truc!

Le dessin de la déesse du sycomore est superbe et tellement symbolique, surréaliste, moderne.

Richard LEJEUNE 01/07/2012 08:57



     Merci à vous, Christiana, d'avoir pris la peine, si tard, de m'adresser votre pertinente réflexion.


 


     Je n'attends évidemment pas de mes lecteurs des interventions du genre des "c'est bô" qu'avec humour vous épinglez mais, comme au
temps des années d'enseignement qui tant me manquent et que, d'une certaine manière, j'avais pensé recréer avec ce blog, cet échange de questions-réponses avec mes Etudiants : il doit bien y
avoir ici et là des points que certains aimeraient me voir éclaircir, amplifier ou des sujets sur lesquels j'ai laissé l'un ou l'autre sur sa faim.


 


     "Avoir peur de dire des bêtises", avancez-vous. Pensez-vous qu'en trente-cinq années de vie professorale je n'aie jamais rencontré
ce genre de situation ? Si, dans ce cas de figure, j'avais pensé un seul instant à déconsidérer qui que ce soit, soyez assurée que j'aurais définitivement bouclé ma valise et changé de métier.
Car pour moi, si enseigner - une des plus belles vocations en ce monde - c'est partager les quelques connaissances que l'on peut avoir acquises, c'est avant tout être ouvert aux interrogations de
ceux qui vous écoutent ou, comme maintenant, vous lisent ...


 


     Ce sont ces échanges-là qu'ici j'espérais retrouver ; et leur indigence motive aussi ma déconvenue ...


 


     Mais comme vous l'écrivez si bien, la vraie vie est ailleurs.



TIFET 29/06/2012 09:34

Rassurez vous Richard, si les commentaires se font plus rares c'est peut-être la saison qui le veut, moi-même j'ai eu beaucoup de problèmes personnels ces derniers temps et peu de temps pour moi et
même si je ne laisse pas toujours un petit mot, sachez que je passe toujours sur votre blog, comme sur celui de Jean Claude, et que je l'apprécie pour tout ce que vous nous apportez........à
bientôt donc !

Richard LEJEUNE 30/06/2012 06:52



     Merci à vous, fidèle Tifet, pour cet aimable commentaire ...



etienne 28/06/2012 21:06

Pardon!
j'ai fait énormément de fautes, après "les beaux" manque "jours".
Oui, les soucis font vraiment perdre la tête!
J'espère que tu ne souffre pas trop de tes douleurs d'arthrites, courage!

Etienne.

Richard LEJEUNE 29/06/2012 07:22



     Concernant mes articulations, tu t'imagines bien que l'humidité récurrente de ces derniers mois n'en a pas amélioré le sort.


Ceci posé, voilà plus de 10 ans que j'essaie de m'en accommoder ...



etienne 28/06/2012 21:04

Richard, je crois lire que tu te poses des questions sur l'existence même de ton si bon blog?
Oh, non tu ne prêches pas que pour toi, bien sûr que non!
Mais la fin d'années scolaires est synonymes d’examens comme pour moi qui repassait un second bac, professionnel cette fois-ci, ou bien de préparation des vacances d'été, et enfin les beaux qui
font que certains doivent retourner leur jardin et tondre la pelouse.
Donc ne t'inquiète pas, ton public est là et aime ton blog et on aime le bon professeur que tu es!

d'ailleurs ton blog me permet personnellement aussi de m'évader de tout mes soucis(recherche d'emploi et maman qui est atteinte d'un cancer à 62ans alors que papa vient à peine d'être en retraite
et qu'ils n'ont même pas pu profiter de voyager ensemble!)
Donc pour tout un grand merci cher Richard!

amicalement!

Etienne.

Richard LEJEUNE 29/06/2012 07:17



     Toujours aussi aimable ! Merci Etienne.


 


     Je te souhaite le meilleur, à toi et à tous ceux qui te sont chers.


 


 



FAN 27/06/2012 17:16

Merci Richard, post très intéressant et imagé qui clôture le cycle de la perception du lait en Egypte Antique!! Belles trouvailles que les trois images que je ne connaissais pas!! J'aime
particulièrement la déesse sycomore!Le dessin est si "moderne"!! Grâce à vos recherches que vous nous partagez, nous sommes "éclairés" sur les rites de cette Egypte Antique!!BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 28/06/2012 07:32



     Ne me remerciez pas, chère Fan : cela fut et restera toujours un immense plaisir pour moi de partager les quelques connaissances qui sont
miennes.



François 27/06/2012 12:03

C'est silencieux par manque de temps mais avec délices que j'ai suivi ce cycle du lait, Richard !
Se laisser conduire ainsi de vache en pis, de l'enfance à la mort, de la libation à l'allaitement, tout ça a été fort intéressant et plein d'enseignements.
Merci du temps que tu consacres à nous faire découvrir tant de choses, et je gage que cette vitrine va bien nous conduire vers d'autres découvertes passionnantes...

Dire que, malgré mes nombreuses visites au Louvre, je n'avais pas même porté attention à ces fragments de mastaba qui avaient dû me paraitre - à tort, je le sais maintenant - un peu
insignifiants...

Merci !

Richard LEJEUNE 28/06/2012 07:11



Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,


Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.


Lorsque le pélican lassé d'un long voyage


Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,


Ses petits affamés courent sur le rivage


En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.


 


     Bonjour François,


 


     Rassure-toi, tu n'es pas le seul à me lire silencieusement : il semblerait que cela participe d'une désaffection ambiante ; il semblerait
que là aussi se soit incidieusement installée une malheureuse polyarthrite chronique évolutive qui freinerait tout mouvement de commentaires.


 


     Lassitude ? Excès de propos sérieux, d'un vocabulaire spécialisé ? Réflexion philosophique trop pointue ?


Invoquées, toutes ces raisons ne me convainquent pas vraiment : pourquoi, alors, un nombre d'abonnés constamment exponentiel si ce n'est pas pour réagir, dialoguer,
confronter, voire s'opposer ?


 


     Je me pose beaucoup de questions sur le bien-fondé de ma présence dans la blogosphère. Si ce n'est pour partager une passion, je n'ai nul
besoin de me redire à moi-même ce que je connais déjà.


En quelque trente-cinq années d'Enseignement, je n'ai jamais eu l'impression de "prêcher dans le désert", fût-il de sable égyptien.


 


     Merci pour ton intervention d'hier. Elle a l'immense mérite de mettre l'accent sur un point qui me tient à coeur : ce ne sont pas dans des
statues de 22 mètres de hauteur que réside le tout de l'art égyptien. De petits détails présents sur de petits objets peuvent donner à réfléchir sur de grands thèmes universels.


 


     Au Louvre - comme en bien d'autres musées -, ils sont légions pour qui est à même de regarder vraiment ...



Carole 26/06/2012 17:41

C'est toujours aussi intéressant. Le sycomore "allaitant" est une image extraordinaire.

Richard LEJEUNE 27/06/2012 07:10



     C'est effectivement une représentation tout à fait exceptionnelle.



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  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
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