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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 00:00

 

     Près de Tahoser, c'est le nom de la jeune Egyptienne, se tenait agenouillée, une jambe repliée sous la cuisse et l'autre formant un angle obtus, dans cette attitude que les peintres aiment à reproduire aux murs des hypogées, une joueuse de harpe posée sur une espèce de socle bas, destiné sans doute à augmenter la résonance de l'instrument. Un morceau d'étoffe rayé de bandes de couleur, et dont les bouts rejetés en arrière flottaient en barbes cannelées, contenait ses cheveux et encadrait sa figure souriante et mystérieuse comme un masque de sphinx. Une étroite robe, ou, pour mieux dire, un fourreau de gaze transparente, moulait exactement les contours juvéniles de son corps élégant et frêle ; cette robe, coupée au-dessous du sein, laissait les épaules, la poitrine et les bras libres dans leur chaste nudité.

 

 

Théophile GAUTIER

Le Roman de la momie

 

Version EBooks

pp. 37-8

 

 

 

     Après la très brève allusion que j'avais précédemment faite d'une scène peinte au registre supérieur gauche du fragment E 25515 ; après quelques interventions consacrées à la musique en général, le 6 novembre et à l'évolution typologique de la harpe en particulier les mardis 13, 20 et 27 du même mois, si je vous ai ce matin à nouveau donné rendez-vous devant la grande vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre parisien, - bien loin de l'effervescence qu'entraînera aujourd'hui, dans le Pas-de-Calais à quelque deux cents kilomètres plus au nord, l'inauguration officielle par le Président François Hollande du Louvre-Lens dont la première pierre avait été posée voici exactement trois ans, le 4 décembre 2009, par Frédéric Mitterrand alors Ministre de la Culture -, c'est, amis visiteurs, pour mettre le point final - oserais-je écrire le "point d'orgue" ? - à ce dossier aux harpes égyptiennes consacré, en présence des trois charmantes interprètes qui nous ont patiemment attendus plusieurs semaines durant,


 

Joueuses de harpe. Fragment E 25515 (2009)

 

 

non pas tant pour nous inviter à découvrir leurs talents musicaux mais, surtout, pour nous expliquer la raison de leur présence auprès de Metchetchi, assis pour sa part en taille dite héroïque

 

 

Metchetchi---Fragment-E-25507--2009-.JPG

 

 

et avec lequel nous avions déjà fait connaissance grâce au fragment E 25507, voici quasiment un an, le 10 décembre 2011.

 

     Nous l'avions ce jour-là surpris, souvenez-vous, - sujet regardant auquel on présente un objet regardé, ainsi que l'écrit mon ami Dimitri Laboury à propos de Nakht ; attitude que l'on sait récurrente dans le programme iconographique des tombes égyptiennes -, véritablement absorbé à se complaire des travaux des champs et de tous les beaux divertissements, comme l'expliquent les hiéroglyphes dessinés dans une colonne, tout à la fois mise en évidence et momentanément illisible suite à la présence d'un malencontreux reflet rectangulaire venu s'immiscer entre lui et la distribution de quatre registres successifs, horizontalement superposés. 


 

Metchetchi-contemplant.jpg

 

     (Un merci tout particulier à SAS, conceptrice du blog Louvreboîte,  pour m'avoir, en un temps déjà ancien, offert ce cliché - et quelques autres, tout aussi précieux -, de différentes vues de la vitrine 4 ².)

 

 

     Si vous portez votre regard sur le fragment inférieur en commençant par le bas de la paroi - matérialisé par la bande rouge, épaisse, qu'encadrent deux traits noirs -, vous noterez que nos trois musiciennes sont assises à l'extrême gauche du deuxième des quatre niveaux.

 

     Leur proximité avec des scènes que j'ai jadis abondamment commentées n'est nullement anodine : le vêlage et la traite d'une vache, ainsi que le boucher emportant cette patte d'un boeuf considérée comme morceau de choix destiné à l'alimentation post mortem du défunt, toutes ont en commun qu'elles relèvent des scènes d'offrandes, donc qu'elles participent du rituel de sa future régénération.

 

     De sorte que, bien que s'inspirant d'une réalité terrestre ressortissant, dans le cadre de réjouissances privées, à un divertissement plus ou moins mondain, ce petit concert de harpe offert par trois jeunes femmes à Metchetchi porte l'empreinte d'une tout autre finalité : il s'inscrit en réalité lui aussi dans un processus rituel censé lui garantir la renaissance et la survie dans l'Au-delà. Aucun doute donc qu'il vous faille comprendre ces harpistes comme des exécutantes parmi d'autres d'un rite funéraire parmi d'autres.

 

     Il est quasiment avéré que si nous avions pu bénéficier, in situ, d'une vision globale et non détériorée de la scène, nous aurions lu - comme on le découvre dans d'autres tombes de la même époque - une précision stipulant que cet ensemble instrumental joue chaque jour pour le Ka du défunt, censé contempler ce qui réjouit (son) coeur.


 

     Certains parmi vous auront assurément noté deux détails : le premier, pour le moins hors du commun, concerne la coiffure de nos belles, plus spécifiquement visible chez la dernière d'entre elles :

 

 

Fragment-E-25515---Troisieme-musicienne--2011-.jpg

 

 

il s'agit, vraisemblablement ajoutée à l'arrière de la chevelure (ou de la perruque) courte, de ce que les égyptologues appellent tresse, assortissant le terme d'un point d'interrogation exprimant leur indétermination. 

 

      Vous aurez également remarqué que la particularité de cette "tresse" réside dans le pompon qui en garnit l'extrémité, que les mêmes savants nomment simplement boule et qui, selon eux, permettrait sans doute - la nuance d'incertitude me paraît là aussi importante -, d'amplifier le mouvement d'une chorégraphie.

 

     Chorégraphie ?

     Il faut en effet savoir que l'on ne remarque habituellement ce type d'accessoire capillaire que chez des jeunes femmes se prêtant à différents pas de danse, avec la restriction dont il vous faut également être conscients que toutes les danseuses égyptiennes n'en portent pas nécessairement : il semblerait qu'il soit l'apanage de celles qui participent à un ballet en l'honneur de la déesse Hathor, dans le cadre d'un rituel funéraire ; les autres présentant les mêmes cheveux courts que les hommes évoluant à leurs côtés.

 

     Et c'est ici que vous vous posez LA question pertinente : pour quelle(s) raison(s) les trois musiciennes de Metchetchi sont-elles affublées de ces "tresses" habituellement réservées à certaines danseuses ?

 

     Dans la mesure où l'argument précédemment prôné de l'accentuation des effets de figures chorégraphiques me paraît dénué de bon sens, longue réflexion faite, j'envisage deux possibilités de réponses à vous proposer : ou ces jeunes femmes sont à la fois danseuses et musiciennes - ce qui n'aurait rien d'incongru - et soit, viennent d'exécuter quelques pas avant de jouer de la harpe, soit vont s'y adonner immédiatement après leur prestation ; ou, seconde interprétation, elles arborent cette coiffure particulière pour attester qu'elles aussi sont partie prenante du rituel de régénérescence auquel j'ai tout à l'heure fait allusion.  

 

     Le second détail - que relèveront plus probablement les musiciens parmi vous - se rapporte à la position des mains des harpistes.

 

     Les musicologues qui ont longuement étudié les représentations de concerts figurant dans les tombeaux en ont essentiellement déterminé deux distinctes : ils ont appelé jeu à une main quand les deux mains se situent au même endroit d'une seule corde et jeu à deux mains quand, comme ici chez Metchetchi, elles évoluent à deux endroits différents du plan des cordes.

 

 

     Mais qui sont-elles en définitive, seriez-vous légitimement en droit de me demander maintenant, ces interprètes assises en cercle pour nous offrir quelques notes de musique grâce à leur grande harpe cintrée ? 


      (Oui, vous avez parfaitement entendu, amis visiteurs : assises en cercle. C'est ainsi que, selon une des conventions de l'art égyptien, il vous faut imaginer cet alignement d'instrumentistes, de chanteurs et de chironomes que vous rencontrez sur les parois murales des chapelles funéraires égyptiennes.)

 

     Si nous ne pouvons nous baser sur d'éventuelles annotations précises telles celles que j'ai évoquées ce matin, il subsiste néanmoins sur ce fragment-ci quelques hiéroglyphes qui nous permettent de découvrir, certes d'une manière lacunaire, que nous sommes en présence de trois des enfants de Metchetchi : Jouer de la harpe par sa fille, avait jadis indiqué le peintre au-dessus de chacune d'elles, poussant la délicatesse jusqu'à noter leur prénom à toutes ; Mereret, celui de la deuxième harpiste, étant le seul que nous puissions encore aujourd'hui déchiffrer.

 

     Quelle importance pensez-vous que ces précisions revêtent ?

 

     Sachant qu'à l'Ancien Empire, - et jusqu'au Nouvel Empire à partir duquel la tendance s'inverse -, dans ce type de scène, la gent féminine était franchement minoritaire par rapport à la masculine ; sachant que la harpe constitue un instrument de luxe dont l'apprentissage, dans les écoles du Palais, était relativement long, il appert que les rares femmes que l'on voit en jouer non seulement faisaient partie d'une certaine classe aisée de la société d'alors, mais qu'en outre, elles relevaient de ce que, après Hans Hickmann, je définirais comme étant de l'amateurisme musical.

 

     Dans un premier temps, nous pouvons donc en déduire que ce trio n'est nullement constitué de musiciennes de profession attachées à la concession funéraire accordée par le souverain -  Ounas, ici en l'occurrence -, à un de ses fonctionnaires privilégiés. En tant que propres filles du défunt, elles jouent pour lui en privé et pourront dès lors, comme l'expriment les textes, à sa meilleure convenance, le divertir parfaitement chaque jour de son Au-delà.

 

     Dans un second temps - et cela me paraît plus important encore -, à la différence de leurs consoeurs et confrères rémunérés par l'État évoluant anonymement dans maints autres mastabas, celles-ci auront au moins la certitude que leur patronyme traversera les siècles puisque, prononcé par leur père, il leur permettra, - en fonction de cette croyance égyptienne sur laquelle j'ai à plusieurs reprises déjà insisté -, de rester vivantes, toujours et à jamais.

 

     Soyez assurés, amis visiteurs, que de tant les avoir citées aujourd'hui nous aurons grandement contribué vous et moi à la pérennité de ces élégantes harpistes.

 

     Quelle plus belle célébrité, dites-moi, pouvaient-elles espérer ?


 

    

(Careddu : 1991, 39-59 ; Emerit : 2005, 3-16 ; Hickmann : 1987, 107 ; Laboury : 1997, 54 ; Vandier : 1964, 392 ; Villarino : 2005, 30 ; Ziegler : 1990, 129)


 

 

     Avant de nous quitter pour une semaine, j'aimerais vous donner à entendre quelques tentatives parmi d'autres disponibles sur le Net qui se veulent une reconstitution des sons de l'Égypte antique, et notamment de la harpe de l'Ancien Empire.


     Certes ces liens ci-dessous sur lesquels il vous suffira de cliquer ont déjà été proposés mais c'était dans une réponse que j'avais adressée à la suite d'un commentaire d'une lectrice (Fan) ; de sorte que je pense qu'ils ont peut-être échappé à certains d'entre vous.

    

     Ne disposant nullement des compétences qui me permettraient de poser un jugement de valeur, je vous laisse le soin de vous faire votre propre opinion :


 

http://www.youtube.com/watch?v=rIIeXgy827A&feature=player_embedded#!

 

http://www.youtube.com/watch?v=nBmWXmn11YE&feature=related

 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=pBHqYhYYSsk

 

 

     Excellente écoute à tous ...

     Et à mardi, même salle, même heure ...

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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commentaires

Cendrine 11/12/2012 00:50

Bonsoir Richard,

J'ai beau suivre scrupuleusement les conseils de mon médecin et n'allumer que très peu l'ordinateur, je ne pouvais rester bien longtemps éloignée de vos écrits. Ces élégantes harpistes exercent sur
nos esprits une intense fascination. Leur cercle sonore résonne entre les mondes, nourrissant le défunt de beauté, de magie, de quintessence musicale. Vos explications au sujet de leur origine sont
passionnantes.
Que ce soit dans la vie ou dans la mort, la musique est une entité nécessaire au bonheur de l'âme. Un baume qui se perçoit comme une offrande et qui cristallise les pensées des personnes aimantes.
Mon émotion est grande lorsque je songe aux filles du défunt qui continuent à nourrir l'âme de leur père avec la vibration de leur art.

C'est hélas ce qui me manque très souvent en ce monde lorsque la « modernité » prend l'ascendant sur le « sacré » et que nombre de rituels ayant traversé le temps deviennent
obsolètes dans l'esprit de bien des gens. Je ne m'exprime pas au nom d'une religion. Je pense à ces gestes, à ces actions qui ont un pouvoir spirituel immense.

Outre cela, ces harpistes sont fort jolies à contempler. Les détails sont remarquablement soignés et vos explications concernant leur coiffure et leurs attitudes sont une délicieuse promenade
intellectuelle.

Je vous remercie et je vous souhaite une bonne nuit. Je vous adresse mes pensées les plus amicales.

Cendrine

Richard LEJEUNE 11/12/2012 09:56



     Ai-je bien lu scrupuleusement, chère Cendrine ??


     Quand je constate l'heure tardive à laquelle vous m'adressez ce commentaire et les deux autres qui vont s'échelonner jusqu'à bien trop avant
dans la nuit, je doute quelque peu de vos propos qui tendraient, tout au contraire, à m'inquiéter pour votre état de santé actuel.


 


     Ceci posé, il m'est toujours extrêmement agréable, - comment pourrais-je le nier ? -, de découvrir vos réflexions, ciselées dans une langue
d'une beauté certaine que vous maniez avec grâce et poésie.


 


     Grand merci à vous.


 



AD-Mary49 10/12/2012 12:20

Je vais reprendre mes visites sur les blogs amis - ils vont me permettre de retrouver une vie tournée vers les autres, je me suis tellement renfermée ces derniers temps.
Merci de partager cette passion pour l'Egypte.

Nous avons manqué ce voyage que nous avions préparé il y a de longues années (attentats à l'époque) - aussi nous avions pensé y aller avec nos petits enfants. Cela n'a pas eu lieu.
Et pourtant, nous en avions tant rêvé. bien amicalement

Richard LEJEUNE 10/12/2012 14:44



     Vous avez entièrement raison, Madame, à votre rythme et à votre meilleure convenance, de venir à nouveau feuilleter les blogs que de tristes
circonstances vous ont un temps contrainte à délaisser et, je pense aussi, de  reprendre la rédaction du vôtre ... avant, si les événements politiques le permettent un jour proche, de vous
rendre en Égypte avec l'un ou l'autre de vos petits-enfants.



christiana 09/12/2012 15:38

C'est vrai que cette façon de tenir le bâton est étrange et peu commune...

Richard LEJEUNE 10/12/2012 10:43



     Comme je l'expliquais voici quelques minutes à François, je ne connais aucun parallèle à cette position dans l'art égyptien !


 


     J'ajoute, pour compléter, que Madame Christiane Ziegler, dans son catalogue des stèles, peintures et reliefs égyptiens de l'Ancien
Empire conservés au Louvre, souvent référencé en note infrapaginale de mes articles car souvent consulté, ne relève pas ce détail.


 


     Et sauf à penser que, faisant fi du réalisme, les artistes égyptiens préféraient montrer sous tous ses angles un objet ou une attitude de
manière qu'elle nous soit parfaitement "lisible", parfaitement compréhensible, je n'ai aucune explication qui me convienne à proposer ...     



François 08/12/2012 10:11

Un détail scruté suite au commentaire de Jocelyne qui voyait Metchetchi en chef d'orchestre me surprend tout de même :

Tu parles, Richard de bâton symbolique du commandement... Mais qu'il tient tout de même comme une majorette pratiquant le "twirling", passé alternativement au dessus et au dessous des doigts...
De là à l'imaginer le faisant tournoyer d'un doigt à l'autre !
Curieuse position, peu commune, me semble-t-il !
Que penser de ce détail ?

Richard LEJEUNE 10/12/2012 10:30



     Curieuse position ; peu commune, en effet, François.


 


     Si j'ai considéré ce bâton en tant que symbole d'une fonction, c'est par référence à tous ceux que l'on peut voir, longs ou courts, tenus
bien en mains, poings refermés, dans les scènes semblables, récurrentes dans l'art égyptien.


 


     Il existe suffisamment de documentation à notre disposition - du Manuel de Jacques Vandier à l'ouvrage dédié à la main de Claude
Sourdive - dans lesquels je viens très rapidement d'effectuer quelques recherches, vaines - pour savoir que les attitudes des défunts varient en nombre incalculable. Mais nulle part je n'ai
trouvé allusion à celle de Metchetchi : il semblerait, à mes yeux à tout le moins, - mais je ne suis pas une encyclopédie sur pattes! -, qu'il soit le seul à tenir ainsi cet objet ...


 


     Et donc je n'ai aucune explication à proposer pour ce "hapax iconographique.



FAN 07/12/2012 17:23

Cher Richard, je ne vous oublie pas, mais lire longuement sur l'écran, ou sur papier, me fatigue les yeux!! Je vous remercie de cet intéressant article et j'ai même écouté la musique!! Oui, les
filles seront éternellement avec leur père Metchetchi, c'est un grand privilège!!!!! Heureusement qu'il y a des sites et des blogs sur l'Egypte car, je ne suis pas certaine que le tourisme des
"Pyramides" soit à l'ordre du jour en ces périodes difficiles!!! BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 10/12/2012 10:16



     Désolé, chère Fan, de vous infliger la lecture d'aussi longs articles : me croiriez-vous si je vous avouais que pourtant je dois me faire
souvent violence pour ne pas ajouter d'autres et d'autres détails encore ?


   Comme le répète parfois mon épouse, avec une pointe d'humour et tellement de vérité : vous introduisez une pièce de monnaie, et mon mari n'arrêtera pas
tant que l'on ne débranchera pas l'appareil !


 


     Il n'y a toutefois, je le souligne fréquemment, aucune obligation : venez, si vous le souhaitez, et lisez à votre rythme ...


 


     Vos propos pessimistes quant au retour de touristes en Égypte sont malheureusement à nouveau d'actualité ... Et c'est bien triste, non
seulement pour nous, mais aussi et surtout pour l'économie du pays !   



Alain 07/12/2012 14:30

Il se trouve, hasard des choses de la vie, que je lis ton texte au même moment où j’apprends le décès soudain cette nuit d’un de nos cousins landais.
Cela pourrait paraître un peu déplacé, mais je ne peux m’empêcher de penser que, s’il avait connu ces rites funéraires égyptiens, il aurait peut-être apprécié dans l’au-delà de contempler et être
diverti par « ce qui réjouit son cœur ».
L’image de la mort, qui nous paraît souvent si terrible dans nos civilisations, devait sembler bien douce dans ce monde antique puisqu’une régénérescence heureuse attendait le défunt.
Encore une fois, j’admire, malgré le ravage subi par la peinture, la beauté – encore « Trois grâces » - de ces harpistes.

Richard LEJEUNE 10/12/2012 10:03



     Au-delà de l'événement malheureux qui te touche, j'aime le contenu de ta réflexion, Alain qui, à mes yeux, n'est nullement déplacée.


     D'abord parce qu'elle fait référence à des croyances égyptiennes antiques qui, malgré la connotation religieuse qui les accompagne, me
plaisent énormément ; mais aussi parce que tu mets judicieusement l'accent sur un point malheureusement négatif dans la pensée contemporaine : la négation même de notre finitude, la volonté que
beaucoup ont de nier la mort, de la reléguer au plus profond du tiroir des sujets à ne pas évoquer ...


 


     Voilà bien la preuve que les philosophes grecs n'ont pas été lus, ou alors bien mal ...



christiana 05/12/2012 09:02

Non, non, je n'ai pas oublié le chironome. Le métronome est une image car j'ai remarqué que lorsqu'on joue d'un instrument on ne peut souvent s'empêcher de marquer le tempo avec la tête ou avec le
pied alors j'imaginais cette tresse à pompon se balançant au rythme de la harpe, ça devait être joli à voir.

Richard LEJEUNE 05/12/2012 09:53



     Merci pour ces précisions, Christiana : je n'ai jamais joué d'aucun instrument mais j'ai effectivement déjà remarqué l'attitude du pied chez
certains musiciens et surtout les mouvements de tête de certains pianistes.


 


    Mais je n'ai nullement songé à cela en "analysant" ici les harpistes.



JA 04/12/2012 21:04

on voir une femme tenir une baguette noire ?
les musiciennes devaient être aussi danseuses: le pompon et la tresse font penser aux danses folkloriques d'aujourd'hui
c'est vrai que ces personnes ne pouvaient imaginer un jour se retrouver sur un écran d'ordinateur.....bien des années plus tard....
A bientôt
JA

Richard LEJEUNE 05/12/2012 09:47



     Non, pas du tout, Jocelyne : sur le cliché auquel vous faites allusion, il ne s'agit nullement d'une femme mais de Metchetchi en personne,
propriétaire de la tombe et père, notamment des trois harpistes.


 


     Comme je l'indique dans mon intervention, nous l'avions déjà rencontré précédemment, le 10 décembre exactement :  j'avais eu ce jour-là l'opportunité de quelque peu détailler son attitude. Je
n'y reviendrai pas ce matin - il vous suffit de cliquer sur la date du 10 décembre ci-dessus pour relire mon ancien article -, sauf pour simplement souligner qu'il ne se prend évidemment pas pour
un chef d'orchestre et que la baguette en question symbolise simplement son statut de fonctionnaire auprès du roi Ounas. 



Jean-Pierre 04/12/2012 17:59

J'ai écouté les 3 tentatives de reconstitution. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elles n'ont pas grand'chose à voir les unes avec les autres ! Mais l'avantage de la situation, c'est que
personne ne peut contester valablement l'une ou l'autre...

Richard LEJEUNE 05/12/2012 09:36



     Très honnêtement, Jean-Pierre, je les ai proposées à la sensibilité de mes lecteurs parce que je savais qu'elles existaient sur le Net 
: je les avais en effet découvertes sur le Forum d'égyptologie que je fréquente régulièrement.


 


     Je ne prétends pas que cela ne me convainc pas, j'indique simplement que je ne suis pas compétent pour en juger !


 


     Mais d'autres que moi, assurément ...



christiana 04/12/2012 17:12

La tresse avec sa boule se balançant au bout rythme peut-être le tempo à la manière d'un métronome...


Si les deux mains évoluent à deux endroits différents du plan des cordes c'est sans doute que la harpe est un instrument qui possède une gamme suffisamment étendue pour jouer une polyphonie...

Les filles de Metchetchi vivantes à jamais grâce à la musique, quelle belle idée! La poussière des millénaires n'aura pas effacé leur nom et elles jouent encore pour leur père chaque jour de son
Au-delà mais aussi pour notre plus grand plaisir.

Richard LEJEUNE 05/12/2012 07:23



     Je ne pense pas que la boule en question rythmait le tempo : non seulement cela eût été fort contraignant pour la musicienne mais en outre,
le plus souvent, ce rôle incombait à un chironome, rappelez-vous ...


 


     Effectivement, je l'ai souligné dans une de mes interventions, d'après Hans Hickmann, les premiers rudiments d'une polyphonie existèrent
déjà en Égypte antique.


 


     Les filles de Metchetchi vivantes grâce à la musique, oui, mais surtout parce que nous les avons évoquées, parce que nous avons prononcé le
nom de l'une d'entre elles au moins : l'idée n'est pas de moi, Christiana, mais faisait vraiment partie des conceptions des Égyptiens d'alors.


 



Carole 04/12/2012 11:40

J'aime beaucoup cette idée que les morts ont besoin de musique - et de danse. Ces anciens Egyptiens étaient décidément un peuple artiste !
Les reconstitutions savantes de cette musique perdue sont intéressantes "techniquement", mais ne nous rendent pas, bien sûr, le génie disparu des compositeurs d'alors - comment dit-on Mozart en
vieil égyptien ?

Richard LEJEUNE 05/12/2012 07:14



     Ils avaient besoin de tout, Carole, les morts, dans l'antique civilisation égyptienne !


Ne fût-ce que pour inviter les dieux à les accepter dans le royaume de l'Au-delà et vivre leur seconde vie dans les meilleures conditions qu'il soit possible.


 


     C'est la raison pour laquelle les plus aisés d'entre eux souhaitaient non seulement un programme iconographique précis sur chacune des
parois de leur chambre sépulcrale, mais aussi que soit entreposé dans leur tombe un mobilier funéraire adéquat qui, par la magie de l'image pour l'un, par celle de sa seule présence pour l'autre,
leur assuraient un confort maximum dans leur maison d'éternité.


Sans compter les offrandes alimentaires nécesssaires à la survie ...


 


     Quant à savoir comment on disait Mozart à cette époque, mais aussi Wagner, ou Verdi, ou, ou ... ?


     A mon humble avis, d'un seul mot : Néférou.


Ce que l'on pourrait traduire par Beauté, Perfection ...



Montoumes 04/12/2012 09:37

Bonjour à tous,

Y'a-t-il une chance pour que cette "boule" soit un rappel du contrepoids du collier-menat, et que, contrairement à ce que disent les spécialistes, elle n'amplifie pas les mouvements mais au
contraire garde les longs cheveux bien en place (ce qui s'imaginerait fortement intelligent pour des joueuses de harpe..., tout comme pour des danseuses d'ailleurs) ?

Amicalement

Richard LEJEUNE 04/12/2012 10:26



     Bonjour Jonathan.


 


     Pour les danseuses, oui, cela pourrait avoir une correspondance avec ce collier-menat dont le contre-poids, il est bon de l'indiquer, avait
également une fonctionnalité musicale (son un peu comme celui des crécelles, trouve-t-on dans la littérature égyptologique) ; d'autant plus qu'il est un accessoire important - tout comme le
sistre, d'ailleurs - dans le rituel hathorique. Or, je l'ai précisé, ce sont des danseuses participant à des chorégraphies en l'honneur d'Hathor qui traditionnellement arborent cette "tresse"
spécifique.


 


     Mais pour les harpistes de Metchetchi ??? Il serait incongru d'imaginer qu'avec leurs doigts elles jouent certains sons que des mouvements
de tête balançant la "boule" en question permettraient d'accompagner d'autres sons.


 


     Dans son ouvrage sur les reliefs égyptiens d'Ancien Empire auquel, en note infrapaginale, j'ai fait référence, Madame Christian Ziegler
renvoie à un texte expliquant cette coiffure publié dans le MÄS 8, 1966, pp. 175-6, par Elisabeth Straehlin : Untersuchungen zur ägyptischen Tracht im Alten Reich.


 


     Là, probablement, se trouve la clé du "mystère".


     Personnellement, je ne possède pas ce texte et n'ai pas eu l'opportunité de le consulter.


Si toi ou l'un de mes lecteurs peut me le procurer, il serait le bienvenu ...


 


 



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