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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 00:00

 

     Mais à un moment donné, sans pouvoir nettement distinguer un contour, donner un nom à ce qui lui plaisait, charmé tout d’un coup, il avait cherché à recueillir la phrase ou l’harmonie - il ne savait lui-même - qui passait et qui lui avait ouvert largement l’âme, comme certaines odeurs de roses circulant dans l’air humide du soir ont la propriété de dilater nos narines.

 

     Peut-être est-ce parce qu’il ne savait pas la musique qu’il avait pu éprouver une impression aussi confuse, une de ces impressions qui sont peut-être pourtant les seules purement musicales, inétendues, entièrement originales, irréductibles à tout autre ordre d’impressions.

 

 

 

Marcel  PROUST,

Un amour de Swann

 

dans A la recherche du temps perdu

Tome I, Du côté de chez Swann,

Paris, Gallimard,

pp. 249-50 de mon édition de 1954.

 

 

 

 

     Qu'il faille considérer la harpe comme l'instrument de musique le plus prisé des Égyptiens de l'Antiquité ne fait absolument aucun doute pour personne, amis visiteurs, quand on prend en compte sa récurrence, peinte ou gravée, au sein des scènes dites "de banquet", dites aussi parfois "de concert", présentes dans les tombes de toutes les époques, depuis les mastabas memphites de l'Ancien Empire jusqu'aux hypogées thébains creusés à partir du Nouvel Empire.

 

     D'un point de vue purement organologique, vous admettrez que les musicologues préfèrent les représentations peintes plutôt que les gravées dans la mesure où, pour ce qui concerne les premières, se distingue très nettement le nombre exact de cordes - qui évoluera avec le temps et les besoins musicaux -, tandis qu'au niveau des secondes, le plus souvent - synecdoque iconographique particularisante (la partie pour le tout, pars pro toto) -, l'artiste, économisant son geste, se contente de n'indiquer qu'une seule corde pour signifier l'ensemble. 


     Toutefois, dans le seul but de me contredire, le relief que nous découvrirons aujourd'hui n'entérinera nullement cette première assertion.
 

     Si besoin s'imposait vraiment de vous fournir d'autres preuves de la grande importance de la harpe qui, je le souligne à nouveau, fut le seul parmi les différents cordophones d'Égypte à être parfaitement autochtone, lyres et luths n'étant importés de contrées mésopotamiennes qu'aux époques bien postérieures à l'Ancien Empire, j'ajouterai que, non seulement, elle faisait partie intégrante des offrandes octroyées par des souverains à de grands sanctuaires tels ceux de Ramsès III à Medinet Habou, de Séthi Ier à Abydos ou d'Amon à Karnak - et la description que Thoutmosis III en fit graver sur une des parois de ce dernier ne vous laissera aucun doute quant à sa valeur :

 

     ... une harpe vénérable travaillée en argent, or, lapis-lazuli, malachite et diverses autres pierres précieuses, aux fins de louer la beauté de sa Majesté lors de ses apparitions dans tous ses noms.

(Traduction personnelle, d'après Sethe K., Urkunden der 18. Dynastie) ; 

 

mais qu'aussi elle réside, cette importance, dans l'évolution dont l'instrument fut l'objet tout au long de l'histoire plurimillénaire de l'antique Kemet. 

 

 

     Dans le lexique égyptien, le terme générique désignant la harpe s'écrivait

 

HARPE---Hiero.png

 


ce que les égyptologues transcrivent par "bnt" et prononcent "benet" (ou "binet" quand le hiéroglyphe M17


correspondant à notre "i" suivait immédiatement le premier signe de la jambe.)

 

     Il me reste à préciser, dans le seul but d'être véritablement exhaustif, qu'un autre terme - djadjat -, fit plus tardivement son apparition pour nommer certains exemplaires, notamment en forme d'arceau ou de croissant.

 

     En vue de brosser un tableau typologique de cet instrument à travers toutes les époques de l'histoire musicale de la vieille Égypte, j'envisage de scinder mon propos en plusieurs interventions successives - trois probablement - qui tiendront compte non seulement de leur aspect général - cintré ou angulaire -, mais aussi de l'époque - Ancien Empire d'une part, Moyen, Nouvel Empires et Basse Époque, d'autre part.

 

     Et c'est donc tout naturellement que nous commencerons ce matin par envisager les harpes cintrées de l'Ancien Empire, les premières à avoir été réalisées sur les rives du Nil.

 


     Vous souvenez-vous, amis visiteurs, quand le 14 ocotobre 2008, je vous avais emmenés découvrir l'intérieur de la chapelle funéraire d'Akhethetep, dans la précédente salle 4 de ce Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre ? Sur le mur nord, au quatrième registre en commençant par le bas, juste en dessous du siège sur lequel, en taille héroïque, était assis le propriétaire du mastaba, nous y avions rencontré une de ces scènes d'ensemble musical si récurrentes dans les tombeaux depuis au moins la IVème dynastie.


 

Musiciens-chez-Akhethetep.jpg

 

 

     Gravés en léger relief mais également peints, quatre hommes accroupis, un genou posé sur le sol, animent le traditionnel banquet funéraire. Au-dessus d'eux, quelques hiéroglyphes se lisent soit de gauche à droite, soit de droite à gauche, selon la position du personnage dont ils définissent l'action.

 

     A gauche, le musicien qui pour l'heure retiendra plus spécifiquement notre attention : le harpiste.  


      Vous noterez au passage qu'il s'agit bien d'un homme, la harpe n'étant absolument pas, ainsi qu'on l'admet trop vite, un instrument réservé à la seule gent féminine !

 

     Vous remarquerez aussi la présence du terme inscrit en hiéroglyphes (bnt) que j'ai introduit voici quelques instants, noté cette fois de droite à gauche mais apparemment dépourvu du déterminatif auquel vous seriez en droit de vous attendre.


      Apparemment, car en réalité,- et nous avions déjà rencontré ici ce jeu scriptural dont étaient friands les scribes égyptiens - c'est tout l'instrument lui-même, dont la partie supérieure arrive au niveau de la fin du texte, qui fait office de grand déterminatif, exonérant ainsi le lapicide de graver un petit hiéroglyphe supplémentaire : ainsi cette harpe doit-elle être comprise tout à la fois comme l'image qui la représente et comme un signe d'écriture visant à compléter son identification lexicographique qui précède.

 

     Ce bas-relief d'Akhethetep permet d'emblée de constater que, dès ses premières représentations, l'instrument détenait déjà la forme cintrée, arquée qui traversa, certes consubstantiellement à d'autres modèles confectionnés pour répondre aux besoins inhérents à l'évolution musicale, toute l'histoire du pays, jusqu'à l'époque gréco-romaine, quel que soit d'ailleurs son format.

 

     La scène offre en outre l'opportunité, - et cela me paraît suffisamment rare pour que je l'épingle -, de grandement la détailler, en ce comprises ses huit cordes que par réel souci de minutie le graveur a patiemment incisées dans la pierre.     

 

     De taille relativement imposante, cette harpe "classique" de l'Ancien Empire était donc dotée d'un manche courbe que le musicien ici accroupi, un genou posé sur le sol - il aurait tout aussi bien pu être agenouillé ou assis -, appuie contre son épaule. De ses deux mains, il pince les cordes, jouant les notes que le chironome lui indique grâce à la position de ses doigts.

 

     A l'autre extrémité, ces cordes, de boyau ou de tendon, fixées à l'aide de boutons d'arrêt inamovibles - et non de chevilles pivotantes comme on le croit trop souvent -, dont la plus longue se trouve à l'extérieur, étaient retenues par les incisions pratiquées dans une "baguette de suspension" ; entailles bizarrement en nombre le plus souvent  supérieur à celui des cordes elles-mêmes. 

 

     Parce que fixes, ces boutons d'arrêt n'avaient aucune incidence sur la manière d'accorder l'instrument ; pour ce faire, des lanières de tissu ou de papyrus étaient entremêlées à la corde : susceptibles d'être resserrées ou rendues plus lâches par le harpiste, elles en augmentaient ou en diminuaient d'autant la tension.

 

     La caisse de résonance, ici relativement petite, avait une forme vaguement triangulaire, de sorte que vue de face, elle pouvait évoquer la silhouette d'une pelle ou d'une bêche. Parfois beaucoup plus large, elle était de toute manière transpercée par le manche. 

  

     Il est possible qu'un jour, sur certaines représentations pariétales, vous remarquiez, posé à même le sol, immédiatement devant la calebasse de résonance, un butoir en forme de lion couché : il servait vraisemblablement à  empêcher l'instrument de glisser.

 

     Ces harpes cintrées en usage à l'Ancien Empire furent rarement décorées.


      A nouveau, celle d'Akhethetep ci-avant s'ingénie à démentir mon propos. En effet, avec d'excellents yeux, vous distinguerez probablement, sur la partie inférieure du caisson touchant le sol, devant le genou droit du musicien, la présence d'un très discret oeil oudjat, symbole de protection.    

  

     Il faudra attendre les époques postérieures, aux Moyen et Nouvel Empires, et même aux époques grecque et romaine, pour en voir apparaître de tailles différentes et, surtout, décorativement plus sophistiquées.

 

     C'est ce que, si le sujet vous intéresse, je me propose de vous faire découvrir lors de notre nouvelle rencontre hebdomadaire, amis visiteurs, le 20 novembre prochain.

 

     A mardi ...

 

 

 

 

(Careddu : 1991, 39-59 ; Duchesne-Guillemin : 1969, 60-8Emerit : 2002, 197 ; Sethe : 1984, 83, 174, lignes 11-4 ; Vandier : 1964, IV, 365 sqq. ; Ziegler : 1979, 101-5 ; Ead. : 1991, 15-9 : Ead : 1993, 86)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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commentaires

Cendrine 22/11/2012 11:32

Bonjour Richard,

Merci pour ce voyage à travers les secrets de fabrication de la harpe qui témoignent des fabuleuses capacités de création et d'organisation inhérentes à l'être humain. Le talent au bout des
doigts...

Excellente journée

Cendrine

Richard LEJEUNE 22/11/2012 17:55



     A propos de harpe, Cendrine, j'ai remarqué avec bonheur à la lecture de votre dernier article qu'elle faisait partie de vos instruments de prédilection et que nous vouions, vous et moi, une passion certaine à Loreena
McKennitt ...



FAN 19/11/2012 08:07

Merci Richard, je vais noter ces trois adresses de vidéos !!BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 19/11/2012 08:25



     A votre meilleure convenance ...



FAN 18/11/2012 18:01

J'aime assez le modèle de harpe présenté mais l'on ne peut guère s'imaginer les sons!!dommage!!! BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 19/11/2012 07:53



     Des tentatives existent sur le Net qui se veulent une reconstitution des sons de l'Égypte antique, notamment de la harpe de l'Ancien Empire
:


http://www.youtube.com/watch?v=rIIeXgy827A&feature=player_embedded#!


 


Ou d'autres :


http://www.youtube.com/watch?v=nBmWXmn11YE&feature=related


 


http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=pBHqYhYYSsk


 


     A vous d'écouter, chère Fan, pour vous faire une opinion ...



Jean-Claude 18/11/2012 15:03

Ces explications très précises et irréfutables, pour lesquelles je te remercie, achèvent maintenant de me convaincre ... !

Richard LEJEUNE 18/11/2012 15:34



     Vous me chantiez vos doutes et je vous ai convaincu : j'en suis fort aise.


     Eh bien, au son de la harpe, dansez maintenant !


 


     A tout bientôt Jean-Claude, pour de nouvelles notes sur le sujet ...



Jean-Claude 18/11/2012 10:08

Pourquoi ?

Tout simplement parce que je cherche - démarche que j'ai toujours préconisée dans mon précédent métier d'enseignant - à répondre moi-même aux questions que je me pose ; puis, je n’aime pas poster
un commentaire à la légère et je « retourne mon clavier sept fois dans mes doigts avant de l’utiliser » (j’attends d’avoir tout le temps de prendre tout mon temps pour soigner l’écriture d’un
commentaire.)

Non, la représentation des trois harpistes chez Metchetchi ne m’avait pas du tout échappé ; mais – pour reprendre tes mots « l’état du fragment discutable et la piètre qualité de ton cliché » ne me
permettaient et ne me permettent pas encore d’être entièrement convaincu que ces harpistes soient assises où que l'instrument soit le même. Or, à chaque instrument correspond sans doute une manière
de le tenir et d'en jouer !

D’autant plus que sur le dessin de la chapelle du mastaba de Ty – article du 6 novembre - où là aucun doute n’est permis, les harpistes sont eux aussi accroupis, un genou posé sur le sol ...

Richard LEJEUNE 18/11/2012 13:44



     Le titre de cette première intervention concernant l'évolution typologique de la harpe à travers l'histoire de la musique égyptienne
l'énonce d'emblée : il s'agit des harpes cintrées de l'Ancien Empire qui, toutes, sont réalisées sur le même modèle. Ce n'est qu'avec le temps (dès le Moyen Empire et à partir du Nouvel Empire)
que des évolutions se feront jour ... et que j'évoquerai dès ce tout prochain mardi et jusqu'à la fin du mois.


 


     Donc, non, à chaque instrument de cette époque précise ne correspond pas une manière de le tenir et d'en jouer : les artistes
disposant tous d'une instrument pourtant identique, le choix de leur position dépendait apparemment d'eux-mêmes. Il suffit de consulter les ouvrages spécialisés pour se rendre compte que les
sources iconographiques nous présentent des hommes ou des femmes assis en tailleur, accroupis un genou sur le sol ou complètement agenouillés.


     Il y en aura même qui, plus tard, joueront de la harpe cintrée debout !


 


     Au risque de te décevoir, j'ajouterai que pour ce qui concerne mon exemple des joueuses de harpes chez Metchetchi, Madame Christiane Ziegler
décrit p. 129 de mon édition de 1990 du catalogue du Louvre Stèles, peintures et reliefs égyptiens de l'Ancien
Empire, sans contestation possible - sauf si par elle tu n'es pas plus convaincu que par moi -, ces trois jeunes femmes comme étant assises sur le sol, ajoutant qu'elles
pincent les cordes d'une grande harpe cintrée posée devant elles.


Le musicologue allemand Hans Hickmann n'avançait rien d'autre quand au milieu du siècle dernier déjà, il les classait exactement dans la même catégorie.



Jean-Claude 18/11/2012 07:33

Depuis mardi, je suis venu plus d’une fois relire cette phrase qui, à chaque fois, m’interpelle : « De taille relativement imposante, cette harpe ... était donc dotée d'un manche courbe que le
musicien ici accroupi, un genou posé sur le sol - il aurait tout aussi bien pu être agenouillé ou assis -, appuie contre son épaule. »


J’hésite à la lecture de ces mots : « il aurait tout aussi bien pu être agenouillé ou assis. » et un doute s’installe en mon esprit.


Cette harpe, celle-ci, imposante et donc d’un certain poids, soutenue par l’épaule de l’instrumentiste, nécessite peut-être, pour bien être manipulée, pour bien être jouée, que le musicien
s’accroupisse dans cette position, un genou posé sur le sol, et non toute autre position qui serait sans doute moins appropriée ...

Richard LEJEUNE 18/11/2012 09:20



     Mais pourquoi diantre, de manière à apaiser tes doutes, ne pas m'avoir posé la question plus tôt, Jean-Claude ? Car j'aurais pu alors tout
de go les dissiper, non pas avec des mots, mais avec la représentation qui, vraisemblablement, a dû t'échapper, des trois harpistes chez Metchetchi - desquelles tout est parti et auxquelles,
début décembre, nous reviendrons après ces quelques incursions en salle 10 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre : en effet, il te suffit de revoir mon intervention
introductive du 23 octobre et les deux clichés que
j'y propose pour te rendre compte qu'elles, jouant pourtant de harpes dont le manche dépasse allégrement leur tête, elles sont bel et bien assises ; pas accroupies, pas agenouillées ... 
 



christiana 14/11/2012 09:13

Akhethetep facétieux ne cesse donc de vous contredire...

Je m'interroge sur les incisions pratiquées dans la baguette de suspension. Ces entailles plus nombreuses que celles des cordes... Servaient-elles à changer les cordes de place? Pour changer la
tension et accorder différemment l'instrument? ou pour changer l'espacement des cordes selon l'épaisseur des doigts qui en jouaient?

Richard LEJEUNE 15/11/2012 08:50



     Tout à fait, Christiana : facétieux, Akhethetep et, surtout, fonctionnaire d'un rang social tel qu'il put disposer des faveurs d'Ounas -
comme Metchetchi, d'ailleurs -, à savoir d'un mastaba dans le périmètre de la pyramide royale, ainsi que - nous l'avons vu chez Sinouhé, ou chez Ptahhotep -, de moyens tels que, pour le programme iconographique qu'il avait choisi pour sa "maison d'éternité", il s'offrit des artistes soit perfectionnistes de haut
niveau, soit extrêmement bien rémunérés, partant, acceptant les volontés du commanditaire quant aux détails à apporter.


 


     De sorte que celui qui notamment réalisa la scène musicale le fit avec une précision sans égale : il grava toutes les cordes de la harpe et
la décora d'un oeil divin destiné à protéger le défunt dans l'Au-delà.


 


     Dans la première proposition que vous me soumettez pour répondre vous-même à votre propre question, vous avez mis le doigt, Christiana, si j'ose
m'exprimer ainsi, sur la bonne corde !


     En effet, si j'en crois les études du musicologue Hans Hickmann que j'ai beaucoup sollicitées pour les présentes interventions, les
baguettes de suspension étaient incisées de deux rainures pour chaque corde (la plus longue, c'est-à-dire celle de l'extérieur, exceptée), de manière que, amenée par le harpiste de la première à
la seconde rainure, chaque corde, évidemment déjà tendue au départ, puisse l'être davantage encore.   



J-P.Silvestre 13/11/2012 18:35

Est-ce une erreur d'interprétation mais le harpiste comme le...flûtiste ? semblent guidés dans leur jeu chacun par un personnage, dépourvu d'instrument et qui bat la mesure...

Richard LEJEUNE 14/11/2012 08:15



     Ce n'est absolument pas une erreur d'interprétation, Jean-Pierre : c'est ici une preuve flagrante de ce que j'avançais dans l'article
introductif (n° 49, du 6 novembre), souvenez-vous, vous y aviez d'ailleurs déposé un judicieux commentaire : les chironomes indiquaient, suivant la position de leurs doigts, la note à exécuter
(plutôt que "battre la mesure"). 



Carole 13/11/2012 15:48

Votre article m'a rappelé, de façon plus analogique que logique, bien sûr, les chants de Mignon, et le personnage du harpiste dans Wilhelm Meister : un homme, lui aussi...
Et la musique de Schubert a éclairé mon après-midi, se substituant naturellement aux mélodies perdues de vos beaux musiciens antiques.

Richard LEJEUNE 14/11/2012 08:09



     Il y a - mais je n'y ferai point allusion dans le cadre  de cette étude des fragments du mastaba de Metchetchi -, beaucoup de
représentations de harpitses "aveugles" dans l'art funéraire de l'Égypte antique : ils étaient censés interpréter un chant (dit "du harpiste, évidemment) en s'accompagnant de cet instrument ;
chant dont on n'a plus souvent retenu le sens qu'à travers le Carpe diem d'Horace.


J'avais d'ailleurs donné à lire le chant égyptien dans cette ancienne intervention.


 


     J'apprécie qu'en me lisant, vous écoutiez Schubert ... De quelle oeuvre pour cordes vous êtes-vous délectée ? La Harpe enchantée,
et sa célèvre ouverture (D 644) ?


 


 



JA 13/11/2012 07:54

Merci très interessant et bas relief splendide
je m'interroge sur la fabrication et les matériaux utilisés; bois pour le caisson, lequel, boyaux d'animaux pour les cordes, lanières de tissus et papyrus entremelés aux cordes, vous le notez:
c'est vraiment incroyable de voir cette intelligence humaine
"sans la musique ,la vie serait une erreur", bien avant Nietzche, les Egyptiens l'avaient compris
Bonne journée,
JA

Richard LEJEUNE 14/11/2012 07:48



     En son temps, j'avais aussi retenu ce pertinent aphorisme de Nietzsche, l'avais recopié et affiché près de mes disques de musique
classique.


 


      Vous n'ignorez évidemment pas, Jocelyne, que le bois était extrêmement rare en Égypte : ou il fut d'importation, tel le cèdre, ou,
plus couramment, il provenait du sycomore, de l'acacia et du tamaris (pour notamment la lyre que l'on aperçoit dans la grande vitrine centrale de la salle 10 dans mon article du 6 novembre) mais
aussi, de divers petits arbustes, comme la viorne ou le genévrier (pour une baguette de suspension exposée dans la même salle.)


 


    Les cartels du Louvre, les ouvrages spécialisés étant fort peu prolixes quant à la composition du bois dont on fait
... les harpes (et les flûtes aussi, d'ailleurs), je suis désolé de ne pouvoir vous en révéler plus, Jocelyne.  



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