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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 00:00

 

     Quand après la soirée Verdurin, se faisant rejouer la petite phrase, il avait cherché à démêler comment à la façon d'un parfum, d'une caresse elle le circonvenait, elle l'enveloppait, il s'était rendu compte que c'était au faible écart entre les cinq notes qui la composaient et au rappel constant de deux d'entre elles qu'était due cette impression de douceur rétractée et frileuse ... 

 

 

 

 

 

Marcel  PROUST,

Un amour de Swann

 

dans A la recherche du temps perdu

Tome I, Du côté de chez Swann,

Paris, Gallimard,

p. 417 de mon édition de 1954.

 

 

 

 

 

     Avec les siècles succédant à l'Ancien Empire, d'autres harpes cintrées que celle de  la chapelle du mastaba d'Akhethetep, archétype que nous avons détaillé mardi dernier, souvenez-vous amis visiteurs, enrichiront le corpus des cordophones : elles se distingueront par leur taille, par leurs formes mais également par un développement toujours plus sophistiqué de leur décoration.

 

     Nonobstant ces transformations, tout au long de la civilisation égyptienne subsisteront deux caractéristiques essentielles, communes quels que soient les modèles : les cordes seront toujours placées vers l'avant d'un manche qui fait corps avec le musicien et la caisse de résonance se trouvera toujours dans la partie inférieure de l'instrument.

 

     Pour évoquer le Moyen Empire et la présence de plus en plus fréquente d'éléments décoratifs, j'ai choisi de vous proposer une peinture d'une tombe initialement prévue pour une femme (TT 60) - extrêmement rare à cette époque ! -, dans laquelle il est très abondamment mentionné un certain Intef-Iker (Antefoker) dont on ignore tout du lien de parenté avec elle (était-ce sa mère ? son épouse ? ...) mais dont on sait qu'il fut, au début de la XIIème dynastie, vizir d'Amenemhat Ier, puis de son fils Sésostris Ier, souverain que, souvenez-vous, nous apprit à mieux connaître l'auteur anonyme de ce Roman de Sinouhé longuement parcouru de conserve cet été.

  

     Suivez-moi, voulez-vous, dans la chapelle proprement dite et immédiatement à droite en entrant - c'est-à-dire, sur le mur est -, élevez votre regard vers ce qui subsiste d'une scène jadis richement colorée encore discernable sur sa partie nord :

 

 

Harpistes Antefoker (peinture originale)

 

vous y distinguerez deux musiciens, une femme et un homme, accroupis dans la même position, un genou sur le sol et l'autre relevé, jouant d'une harpe cintrée à 5 cordes qu'ils maintiennent contre leur épaule.


     Un dessin réalisé pour le site OsirisNet d'où j'ai exporté ces deux documents - Merci Thierry ! -, vous permettra de mieux visualiser mes propos.

 

 

Harpistes Antefoker - Dessin

 

 

     Si le manche de la harpe de l'homme est surmonté d'une tête de faucon, représentation zoomorphe d'un dieu des harpistes et des chanteurs s'accompagnant de ce type d'instrument, celui de la jeune femme, plus élaboré, est décoré d'une tête féminine et de motifs en damier, rouges et bleus. 


   Ai-je déjà précisé que, consubtantiellement à d'autres modèles que vous découvrirez aujourd'hui et mardi prochain, la forme arquée des harpes de l'Ancien Empire, perdurera peu ou prou tout au long de la civilisation égyptienne ?

 

 

     C'est à nouveau vers le meuble vitré au centre de la salle 10 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre que nous avons déjà fréquentée depuis notre retour après le congé de Toussaint que j'escompte à présent vous emmener aux fins d'aborder le Nouvel Empire :

 

 

Salle 10 - Vitrine 1 (Juin 2009)

 

 

là n'attendent qu'à nous surprendre deux harpes cintrées particulières.

 

     Dépourvues toutefois d'un quelconque décor, elles retiendront néanmoins notre attention par leur taille, leur aspect et, surtout, la manière de les tenir, partant, d'en jouer.

 

     Sur votre gauche, la première et la plus grande d'entre elles, E 116 (également inventoriée sous le code N 1440 A), façonnée dans une seule pièce de bois, mesure 137, 3 centimètres de hauteur.



HARPE-cintree-d-Imenmes--musicien-d-Amon--18e-Dyn.----Lo.jpg

 

 

     Elle appartint à un certain Imenmès, musicien à la XVIIIème dynastie, qui y fit inciser une longue inscription hiéroglyphique, originellement agrémentée de dorure, si j'en crois quelques ultimes traces apparentes, donnant à lire une formule d'offrande et un petit texte hymnique en l'honneur d'Amon. 

 

     De l'extrémité supérieure émergent les crochets de suspension dorsaux, non pivotants, fortement insérés, - parfois collés dans certains autres exemplaires ! -, destinés à la fixation des cordes en vue de les empêcher de glisser le long du manche et non, je le rappelle au passage, à un quelconque accordage comme c'est le cas avec les chevilles de nos instruments modernes qui, elles, tout au contraire, peuvent tourner et sont judicieusement perforées de manière qu'y puissent passer les cordes.


     Quant à l'extrémité inférieure de ce manche, elle est gainée de cuir brun-rouge qui, au départ, fut manifestement cousu.

    

    Dans son prolongement, la caisse de résonance d'un ovale allongé porte extérieurement quelques vestiges de peinture noire.         

 

     La seconde, N 1440 B, à sa droite, date également de la XVIIIème dynastie et fut elle aussi taillée d'une seule pièce dans un morceau de bois ; elle ne mesure que 101, 5 centimètres de haut.



HARPE---Louvre-N-1440-B--Ch.-Decamps-.jpg

 

 

       Deux des quatre barrettes traditionnelles fichées dans le manche du côté opposé aux cordes subsistent d'origine, les deux autres étant rapportées.

 

     Semblable au précédent, hauteur mise à part, ce modèle a été photographié sous un angle qui vous permet de mieux détailler la baguette de suspension à section triangulaire dans laquelle quatre entailles ont été réalisées pour y accrocher les cordes.

 

     Ces deux harpes cintrées sont aussi nommées "épaulées" par les égyptologues dans la mesure où, portatives, l'artiste d'évidence en jouait en les plaçant non pas verticalement contre lui, mais sur l'épaule, caisse de résonance en avant, cordes vers le haut. Leur morphologie permet également de les classer au sein de la catégorie des "naviformes" dans la mesure où la caisse de résonance fait penser à une embarcation ...

    

     Si vous avez un jour l'opportunité de visiter l'hypogée (TT 52) de Nakht, à Cheik abd-el Gournah, vous pourrez y admirer, au registre inférieur de la paroi ouest de la salle transversale, un autre très bel exemple de harpe cintrée naviforme.

(Il n'y a d'ailleurs pas que les instruments qui là soient agréables à regarder !)

 


  Musiciennes (Nakht)

  

  

     Vous aurez évidemment remarqué que la première musicienne joue de la harpe debout.

Aucune exclusive, donc, quant à la position des artistes que vous rencontrerez : ainsi, chez Nakht toujours, au registre supérieur par rapport à ces trois belles, assis cette fois en tailleur, la plante d'un pied franchement mise en évidence, un autre harpiste.

 


Harpiste assis en tailleur (Nakht)

 

 

      (Remerciements réitérés à Thierry Benderitter, d'OsirisNet.)

 

 

     Au Nouvel Empire, se multiplieront, remarquables, les différents motifs décorant l'instrument : peintures sur les manches, têtes sculptées les dominant, comme vous le montrent, dans la vitrine 5 de cette même salle 10, la petite stèle du harpiste Djedkhonsouiouefankh (N 3657),

 


Stele-du-harpiste-Djedkhonsouiouefankh---Louvre-N-3657.jpg

 

 

et, dans l'hypogée de Rekhmirê (TT 100), la scène peinte d'un autre séduisant orchestre photographié par Tifet (que je remercie aussi très chaleureusement) ;


 

HARPE - Rekhmirê (Tifet)

 

 

voire même arborant une tête de pharaon couronné sur le caisson, comme ci-après, dans la Vallée des Rois, la tombe de Ramsès III, plus connue d'ailleurs sous l'appellation de "Tombe des Harpistes". 

 

 

Harpistes Ramsès III - Dessin Prisse d'Avennes

 

      (Merci à Anne, du Forum d'égyptologie que nous fréquentons tous les deux, de m'avoir "offert" ces dessins scannés de la planche 140, p. 183, de la réédition de l'ouvrage d'Émile Prisse d'Avennes, L'Art égyptien, Paris, L'Aventurine, 2002.)

 

 

     Tout ceci, insisterez-vous avec raison, relève de l'esthétique et donc, selon certains, du superflu. Mais qu'en fut-il de l'évolution organologique de l'instrument en soi ?, seriez-vous en droit de me demander.

 

     Ma réponse fusera, simple : le nombre de cordes augmente, variant de 7 à 11 au départ, pouvant atteindre 19, voire même dépasser la vingtaine à l'époque ramesside.

 

     Mais ne vous méprenez pas ! Bien des points restent encore nébuleux : je pense par exemple à la tension ou au diamètre des cordes.

     Toutefois, selon les études menées par le célèbre musicologue allemand Hans Hickmann auxquelles je me suis souvent référé pour préparer nos rencontres, il semblerait que les harpistes égyptiens furent déjà conscients que raccourcir une corde en appuyant fortement dessus permettait d'exécuter une note d'une octave supérieure ; permettait aussi, suivant la position d'un doigt, d'obtenir une note supplémentaire qu'ils faisaient vibrer avec celui de l'autre main.

 

     Une chose toutefois est certaine : en examinant attentivement les représentations que nous en avons à travers les différentes époques, l'on peut avancer, sans hésitation aucune, que les harpistes, les femmes comme les hommes, jouaient avec leurs doigts, aucun plectre n'ayant jamais été représenté ou retrouvé dans une tombe.     


 

     Ce fut également au Nouvel Empire, des terres babyloniennes, qu'arriva jusqu'aux rives du Nil un cordophone à l'apparence totalement différente par rapport aux instruments qu'aujourd'hui vous avez découverts : la harpe angulaire.

 

     C'est vers elle que je vous invite à nous tourner, amis visiteurs, lors de notre dernier rendez-vous consacré à la typologie, ce prochain mardi, le 27 novembre, ici, en cette même salle 10, devant la grande vitrine centrale que vous commencez maintenant à mieux connaître ... 

 

 

 

(Bessada : 2006, 41-8 ; Careddu : 1991, 39-59 ; Duchesne-Guillemin : 1969, 60-8Emerit : 2002, 197 ; Hickmann : 1948, 639-63 ; Sethe : 1984, 83, 174, lignes 11-4 ; Vandier : 1964, IV, 365 sqq. ; Ziegler : 1979, 101-5 ; Ead. : 1991, 15-9)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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commentaires

Cendrine 26/11/2012 00:38

Bonsoir Richard,
Ces harpes cintrées sont de pures merveilles et les séduisantes harpistes fort agréables à contempler. J'aime cheminer à travers cet "autre monde" où règnent le talent et la musicalité empreinte de
raffinement.
Se poser là, parmi ces vestiges que le silence étreint, et imaginer leur ensorcelante musique...voilà un programme alléchant!
Merci pour votre remarquable article.
Je vous souhaite une belle nuit, dans la toile flamboyante de la fileuse de rêves...
Amitiés chaleureuses
Cendrine

Richard LEJEUNE 26/11/2012 07:49



     C'est le terme raffinement que je retiendrai dans votre présent commentaire, Cendrine, simplement parce qu'il caractérise
l'art égyptien de la XVIIIème dynastie, à l'époque d'Amenhotep III et de la reine Tiy plus particulièrement encore.


 


     Bonne semaine à vous.



Jean-Pierre 24/11/2012 19:29

Ce que je voulais dire par "inattendue" cher Richard, c'est par rapport au caractère très actuel de ces beautés. Dans leurs phantasmes, nos grands-pères imaginaient des jolies femmes qui nous
paraîssent, aujourd'hui, dépourvues d'attraits.

Richard LEJEUNE 26/11/2012 07:19



     Il est un fait que les critères de beauté évoluent avec le temps, la sensibilité d'une société, voire même parfois les "codes" venus
d'ailleurs : il n'est que de regarder les généreuses rondeurs des dames de Rubens ... ou nombre de jeunes femmes actuelles adeptes de la malbouffe macdonalisée, pour nous en
convaincre. 


 


     Pour autant que l'élégance et la sveltesse soient encore prises en considération, je vous accorde que, très souvent, mais surtout dans l'art
de la XVIIIème dynastie, les Égyptiens nous ont proposé des "portraits" extrêmement favorables du corps féminin.


 


     Le tout est de savoir si ce régard qu'ils portaient sur la gent féminine correspondaient à une réalité ou à une idéalisation
... 


 



Jean-Pierre 22/11/2012 18:08

Ces "Trois grâces" sont d'une beauté fascinante et...inattendue.L'évolution des goûts (masculins) pour l'esthétique féminine les fait paraître très modernes par rapport à des représentations
beaucoup moins anciennes...

Richard LEJEUNE 22/11/2012 18:26



    Pourquoi la beauté serait-elle "inattendue" sur les rives du Nil antique, cher Jean-Pierre ???


 


     Ne vous souvenez-vous pas, entre autres, de "ma" reine Tiy ???



Alain 22/11/2012 16:06

La fresque montrant ces « trois grâces » de l’hypogée de Nakht, m’interroge :
Quel est l’instrument, sorte de baguette, que tient la seconde musicienne ? Il semble que l’on retrouve la même image, derrière la harpiste dans l’hypogée de Rekhmirê. Un luth ?
Le plus surprenant est que la musicienne tenant cet instrument semble être en maillot de bains… Sa robe aurait-elle été effacée, ou un artiste aurait repeint le bas du corps contrairement aux
autres musiciennes ?
Quelle jolie fresque ! Je me laisserais bien séduire par ces superbes jeunes femmes d’une esthétique corporelle ravageuse que le pharaon devait apprécier tout autant que leur musique. Peut-être
plus ? Heureux homme…

Richard LEJEUNE 22/11/2012 17:40



     Les "Trois grâces" : j'aime cette façon dont tu les désignes.


Certes, elles n'ont rien à envier à celles de Raphaël ou encore de Cranach que le Louvre vient d'acheter, notamment avec de nombreux dons de ses Amis , mais fichtre qu'elles sont superbes !


 


     Tu ne t'y es pas trompé, Alain, qui sembles les avoir bien "dévisagées" : celle du milieu, probablement bien plus jeune que les deux autres,
joue en effet du luth - certains égyptologues définissent l'instrument du nom de mandore, telle celle de la tombe de Kenamon
que nous avions croisée, rappelle-toi, lors de l'exposition Prisse d'Avennes à la BNF. Elle est en effet nue, un sein et le triangle pubien nettement apparents, et porte pour uniques "vêtements"
son luth, cachant l'autre sein, un large collier et une ceinture de perles lui ceignant la taille.


 


     Je pense ne pas trop m'avancer en écrivant qu'il s'agit d'un véritable chef-d'oeuvre de la peinture thébaine de la XVIIIème dynastie,
notamment pour ce qui concerne la composition de la scène.


 


     Puis-je me permettre de te rappeler (car nous en avions déjà discuté ici)
qu'il ne s'agit nullement d'une fresque - il n'en existe aucune en Égypte antique dans la mesure où cette technique particulière était à l'époque parfaitement inconnue -, mais d'une peinture à la
détrempe ? 



christiana 21/11/2012 19:00

Dans la stèle du harpiste Djedkhonsouiouefankh , il me semble que la harpe n'est non plus arquée mais bien coudée pour évoluer vers des formes de plus en plus compliquées à la planche 140.
Les cordes ne se pincent pas avec un plectre mais avec les doigts car ce qui est important dans la harpe n'est pas seulement de pincer les cordes pour les faire vibrer mais d'en arrêter les
vibrations après les avoir pincées afin que les sons ne se mélangent pas entre-eux et les cordes s'arrêtent avec les doigts.

Richard LEJEUNE 22/11/2012 10:27



     Cintrée, arquée, coudée et d'autres vocables encore  ... : cela correspond en effet à une évolution avec le temps que j'ai tenté de
mettre en lumière et, je vous assure, sans entrer dans les détails comme le font les spécialistes en la matière (dont je ne suis pas ...)





    Mes interventions ne constituent qu'une approche, dans les très grandes lignes, de la typologie des harpes égyptiennes antiques ; en revanche,
votre remarque sur les cordes fait partie de ces petits "plus" que des lecteurs attentifs et intéressés comme vous, Christiana, apportent régulièrement à ce blog.


 


     Merci à vous.



FAN 21/11/2012 17:28

Très bel article intéressant, mais l'énigme partition musique sera toujours en suspens même si l'on pense aux Coptes!! Très belles illustrations!!J'ai découvert un vidéo sur la musique de l'époque
pharaonique mais j'émets des doutes sur la véracité de celle-ci!! BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 22/11/2012 10:20



     C'est évidemment sous toutes réserves que je vous avais proposé d'écouter ces vidéos, chère Fan ... Mais elles ont au moins le mérite
d'exister et d'ainsi nous prouver que la recherche se poursuit, partant, que la musique égyptienne antique reste un sujet qui intéresse plus d'un.



JA 20/11/2012 20:08

très belles illustrations
les harpes épaulées ne sont elles pas nos futurs violons?
dans une réponse à un commentaire vous dites que certains auteurs spécialisés écrivent que les Egyptiens de ce temps n'étaient pas intelligents, SVP quelle est la référence du texte?
merci pour ces articles passionnants
A bientôt
JA

Richard LEJEUNE 21/11/2012 14:59



     Je ne m'y connais pas suffisamment en instruments de musique contemporains pour répondre à votre question, Jocelyne, mais je pense qu'il
pourrait vraisemblablement exister une filiation entre les deux ...


 


     J'avais avancé cette assertion en citant une lettre de Champollion dans une intervention parue le 28 septembre 2008 : vous la retrouverez
sous ce lien.


 


     Quant aux propos de Winckelmann, ils sont édifiants ... de bêtises !!


Je vous conseille de les lire, à partir notamment de la page 76, sur ce document publié par l'Université de Heidelberg, premier chapitre du
Livre II de son Histoire de l'Art chez les Anciens. 



Carole 20/11/2012 13:51

La musique qui a donné lieu à d'aussi belles représentations devait être bien belle. Mais cet art de l'instant va toujours vers le silence : nos techniques de reproduction du son nous "trompent" en
nous le faisant oublier.

Richard LEJEUNE 20/11/2012 14:47



    Et qu'est-ce que le silence sinon l'infinité des sons qui peuplent nos propres pensées et nos propres rêves ?



TIFET 20/11/2012 09:56

Je ne pense pas que l'esthétique relevait du superflu au cours du Moyen Empire et du Nouvel Empire, au contraire, les artistes s'employaient à enjoliver ces instruments de musique avec déjà la
peinture sur bois et tout était fait pour plaire à Pharaon, y compris ces jolies musiciennes que vous n'avez pas manquées d'épingler cher Richard !!......

Richard LEJEUNE 20/11/2012 10:45



     Rassurez-vous, Tifet : moi non plus je ne considère vraiment pas l'esthétique comme superflue ; j'y serais même plutôt extrêmement sensible
!


Mais je sais d'expérience quà notre époque, d'aucuns, viscéralement pragmatiques, n'y concèdent que peu d'intérêt, l'essentiel pour eux résidant ailleurs.


 


     C'est simplement cette distinction conceptuelle que j'évoquais ici.


 


     Ceci posé, et pour rebondir sur le début de votre remarque, j'ajouterai que la recherche du Beau ne constitua jamais le tout de l'art
égyptien. J'ai déjà eu maintes fois l'opportunité de le souligner : avec ses codes et ses connotations symboliques de tous ordres, l'art était plus au service de la compréhension des choses que
de la vérité visible. Je n'en veux pour preuve que les peintures d'une même personne ou d'un même objet sous différents angles de vue : de face pour certains détails, de profil pour d'autres
...


 


     Un parfait exemple de ce que j'avance ici se retrouve sur le relief du mastaba d'Akhethetep que j'ai proposé mardi dernier : avez-vous
remarqué que la partie supérieure de la harpe est présentée tout logiquement de profil, tandis que la caisse de résonance l'est de face ?


"Distorsion", vous en conviendrez qui n'a rien de réel ni d'esthétique et qui pourtant, au premier regard, ne choque nullement ...





     Et dire qu'au XIXème siècle, de grands historiens de l'art, pontifiants, décrétèrent sur base de ce type de figuration que les artistes
égyptiens étaient inaptes !!!    



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