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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 00:00

 

    A quelques kilomètres de Genève, c'est dans le hall de la Fondation Martin Bodmer, à Cologny, souvenez-vous amis visiteurs, que nous avions entamé de conserve la semaine dernière la lecture de l'introduction de ce que les égyptologues sont convenus d'appeler la formule d'offrandes,

 

 

Kaaper - Début du linteau (Fondation Bodmer).jpg

 

 

gravée sur le superbe linteau de Kaaper, dignitaire royal du début de la Vème dynastie.


  Linteau-de-Kaaper--Cliche---Bastet-.JPG

 

     (Merci à Corine de m'avoir permis de lui emprunter ce cliché de l'intégralité du monument, réalisé à l'époque où cela était encore autorisé ; et derechef à mon amie genevoise qui m'a offert tous les autres, détails en gros plan accompagnant la présente intervention, ainsi que celle de mardi dernier.)    


 

     Après les prémices d'usage,

 

      Offrande que donne le roi et (que donne) Anubis qui préside à la chapelle divine et à la nécropole : qu'il soit enterré dans la nécropole en tant que détenteur de privilèges, qu'il atteigne une très belle vieillesse auprès du grand dieu,


les besoins alimentaires du défunt peuvent enfin s'énoncer :  

 

que l'on invoque pour lui (des offrandes consistant en) pain, bière, viande, volaille.  

 

 

Kaaper-05.-que-l-on-invoque-pour-lui-pain--biere--viande--.jpg

 

 

     La phrase commence par ce que les philologues rendent par "prt xrw", - à prononcer "péret kérou" -, (de haut en bas, les trois premiers hiéroglyphes à droite ci-dessus), ce qui littéralement signifie "sortie à la voix" et que l’on traduit habituellement par "offrande verbale" ou, comme ici, par " ... que l'on invoque pour lui" ; ce "pour lui" étant figuré par les deux signes en dessous.

(Remarquez au passage, pour le dernier d'entre eux, le rendu des écailles du petit céraste !)

 

     Et ici, j'attire votre attention sur les propos que j'ai déjà précédemment tenus : la concision extrême de la formule d'offrandes de Tepemânkh sur son relief du Louvre était telle que seules les denrées apparaissant ci-dessus à gauche, toujours de haut en bas, - pain, bière, tête de boeuf et de volaille - figuraient chez lui ; assorties, il est vrai, rappelez-vous, de la quantité symboliquement évaluée par milliers (mille pains, mille jarres de bière, etc.)


 

     Chez Kaaper - comme chez bien d'autres - la prolixité s'invite puisque suivent maintenant les désignations des moments où le défunt escompte recevoir ces aliments essentiels : (lors de) la fête-ouag, la fête de Thot, 


 

Kaaper-06.-fete-ouag--fete-de-Thot.jpg

 


le premier de l'an, le Nouvel An,

 

 

Kaaper-07.-le-premier-de-l-an--le-Nouvel-an.jpg

 

 

la fête de la sortie de Min, la fête-sadj,


 

Kaaper-07.jpg

 

 

la fête du feu

 


08.-fete-du-feu.jpg

 

 

le premier du mois, chaque fête, chaque jour.


 

Kaaper-09.-1er-du-mois--chaque-fete--chaque-jour.jpg


 

      Et la longue inscription si esthétiquement gravée de se terminer par l'énonciation de certains titres officiels du défunt :

 

le chambellan royal,


 

Kaaper-10.-le-chambellan-royal.jpg

 

 

le prêtre d'Heqet

 

 

Kaaper-11.-Pretre-Heqet.jpg

 

 

le magistrat et administrateur,

 

 

Kaaper-12.-Magistrat-et-administrateur.jpg

 

 

puis, évidemment, par son patronyme : Kaaper.  

 

   Kaaper-13.-Kaaper.jpg


 

 

 

     Sur le titre, curieux, rare, de prêtre d'Heqet, hem netjer Heket comme le prononcent les égyptologues, il me siérait à présent d'introduire quelques considérations. 

 

      Heqet était dans la langue égyptienne un nom théophore : celui d'une déesse présentant l'aspect soit d'une femme à tête de grenouille, soit tout simplement de la grenouille elle-même.

 

 

11-bis.-Heqet---Grenouille.jpg

 

     Souvenez-vous de celles, réalisées en différents matériaux, que nous avions aperçues en juin 2008 dans la vitrine 2 de la salle 3 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre. J'avais alors déjà précisé que le petit batracien possédait une valeur sémantique bien définie dans la mesure où, parce qu’il était issu des eaux - donc éventuellement des eaux primordiales de la mythologie -, il fut dès l’époque archaïque lié à l’apparition de la vie. Donc à la procréation.


     Symbole de forces vivifiantes, dispensatrice de vie, Heqet fut associée aux défunts dont elle permettait la régénération, la reviviscence dans l'Au-delà. Raison pour laquelle, dans la vitrine 3 de la même salle 3, vous en aviez jadis admiré une, adorablement bleue, 


 

Grenouille---Louvre-E-26092.jpg

 

négligemment posée à l'extrémité d'une branche de potamot ; et cela, sur un fragment de calcaire peint (E 26092) représentant une scène de pêche dans les marais, environnement dont vous ne pouvez décemment plus ignorer maintenant toute la symbolique en rapport avec la renaissance des trépassés.


     Cette connotation perdura d'ailleurs bien au-delà de l’Egypte pharaonique puisque fut retrouvé un exemplaire chrétien d'une lampe décorée d'une grenouille où se lit, en grec, cette assertion : "Je suis la résurrection".


     N'oublions pas que, du têtard à l'âge adulte, la grenouille subit d'importantes transformations, d'où sa présence tout à fait appropriée aux côtés des morts pour leur "annoncer" leur métamorphose à venir dans le royaume d'Osiris.


     Pour rester dans le même esprit, dans la même symbolique, j'ajouterai que la grenouille fut aussi assimilée à la déesse accoucheuse, parèdre de Khnoum, le dieu potier qui modèle l’enfant divin sur son tour : c’est donc elle qui était censée donner le souffle de vie en tendant le signe "ankh" en direction du visage du petit être que Khnoum créait.

 

     Elle  était également censée participer à l'avènement du monde, ainsi qu'à l'apparition de la tant attendue crue du Nil : elle avait donc partie liée avec certaines des fêtes agraires énoncées sur notre linteau, dont celle du Nouvel An, vers le 18 juillet, quand tout à la fois fleuve, soleil et défunts reprennent vie.  


 

     Rare, indiquai-je à l'instant, à propos du titre de prêtre d'Heqet, parce qu'il ne fut porté qu'à l'Ancien Empire et, selon les documents actuellement connus, par à peine une petite quinzaine de personnages, tous en relation étroite avec les nécropoles du nord, Saqqarah et Abousir deux ayant vécu à la IVème dynastie, dix à la Vème, dont Kaaper, et les deux derniers à la VIème dynastie. Indéniablement très peu répandu, le titre fut apparemment circonscrit à une époque bien définie puisqu'il n'est plus attesté par la suite.    

 

     Nonobstant la disparition de cette prêtrise, il appert que les fonctions sacerdotales des différents personnages qui les effectuaient étaient en relation avec les cimetières de la région memphite.

 

     Au-delà de ces certitudes, Miroslav Barta, égyptologue tchèque grâce auquel nous avons jadis visité divers mastabas exhumés dans la nécropole d'Abousir dont, j'aime à le répéter, celui de Kaaper, s'interroge, dans un article librement téléchargeable sur le Net, plus profondément encore sur la fonction réelle de cet officiant au sein des rites funéraires.

 

     Could it be then that the "tekenu" represents the priest of Heket ?

 

     Souvenez-vous, à la fin de notre rencontre du 4 décembre 2010, nous nous étions entre autres penchés sur une figuration assez surprenante au coeur de certaines scènes d'inhumation : une masse relativement indéfinissable, tirée sur un traîneau, à laquelle les égyptologues attribuent le nom de "tekenou".

 

     Si nombre d'interprétations différentes se sont succédé pour qualifier ce mystérieux paquet, - je n'y reviens pas ici, il vous suffira de les (re)découvrir dans cet article pour autant que le sujet vous intéresse -, le Professeur Barta dépose lui aussi sa pierre personnelle sur l'édifice des suppositions : après avoir indiqué que la chose informe en question - et dans son esprit, ce n'est pas un hasard ! -, lui paraissait épouser les contours d'une grenouille, que ce qui semblait le recouvrir était peint en brun, - ce qui lui faisait songer à la peau du batracien -, il conclut son étude par un immense point d'interrogation : Se pourrait-il alors que le "tekenou" représente le prêtre d'Heqet ?     

 

     Quant à la réponse à apporter ...

 

 

    Voici donc décodée pour vous, amis visiteurs, l'importante invocation de Kaaper gravée sur le long linteau provenant de son mastaba en Abousir exposé à la Fondation Martin Bodmer de Cologny ; formule d'offrandes qu'en exergue de ma précédente intervention je vous avais donnée à lire dans son intégralité aux fins que vous puissiez la comparer avec celle de Tepemânkh, réduite à quatre notations, que nous avions lue sur l'imposant bloc de calcaire E 25408  en la vitrine 5 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.  
 

     Relief que nous retrouverons le mardi 16 avril  prochain, si l'envie vous en dit et si vous êtes comme je l'espère "requinqué" après avoir pris du repos - voire de ce soleil bienfaisant tant attendu - pendant les deux semaines des vacances de Printemps, partant, les deux semaines de congés pour les institutions scolaires belges.


 

     Bonnes fêtes pascales et excellentes vacances à tous ...

 

 

Vacances---Geluck.jpg

 

 

 

 

(Barta M. : 1999, 107-16 ; Barta W. : 1968, 56 ; Gabolde : 1988, 13-20 ; Maspero : 1912, 365-9 ; Servajean : 1999, 259-63 ; Vuilleumier/Chappaz : 2002, 71-5)

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commentaires

FAN 10/04/2013 17:51

J'ai lu attentivement la description de ces offrandes!!Ma foi, il y avait de quoi tenir une éternité!! Je suis d'accord avec le symbole de la gestation par le biais de la grenouille et étant donné
que je suis une FAN de GELUCK, j'ai apprécié le dessin ajouté à votre post!!Merci Richard BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 12/04/2013 08:17



     Même si, d'évidence, mon blog n'invite en rien à la franche rigolade, j'aime parfois adresser un petit clin d'oeil humoristique à mes
lecteurs ...


 


     A bientôt, chère Fan.


 



christiana 28/03/2013 23:23

Sur le détail des offrandes (pain, bière, viande, volaille) je me demandais pourquoi ce petit serpent avait des oreilles. Je suppose que c'est une vipère à cornes.
De nouveau, il faut que je retourne voir les grenouilles en juin 2008, d'où l'utilité d'avoir des archives bien classées. Nous expliquer la symbolique de la grenouille en ce moment tombe très bien
puisqu'elles ont commencé leur migration vers les mares. Je les regarderai évoluer avec une pensée pour leur rôle d'annonceuses de métamorphose dans le royaume d'Osiris. Je ne sais si vous êtes du
côté des optimistes ou des pessimistes mais je vous souhaite de bonnes vacances pascales même s'il faut dire à présent bonnes vacances de printemps.

Richard LEJEUNE 29/03/2013 08:13



     Oui, il s'agit effectivement de ce que l'on nomme aussi vipère à cornes.


 


     Merci pour vos voeux, Christiana : je suis ataviquement du côté des pessimistes - la vita è bella ! -, mais je dois bien avouer
qu'actuellement et à cause de cette humidité ambiante - neige qui recommence aujourd'hui à tomber et pluies qui probablement bientôt la suivront -, mes articulations et mon moral en prennent un
sacré coup !!


 


     Belle fête pascale à vous également ...



Cendrine 28/03/2013 01:45

Quelle magnifique petite grenouille bleue...
Je prends un grand plaisir à suivre cette créature des eaux vivifiantes sur vos chemins de connaissance, loin, si loin des grenouilles dévoreuses de mamelles qui peuplent les linteaux et les
chapiteaux des églises.
Grenouille de la Déesse qui devient châtiment de la femme au Moyen-âge, encore un sacré revers de fortune, comme pour le chat...
Je vous souhaite de très belles fêtes de Pâques et des agapes de chocolat!!!
Bises bien amicales
Cendrine

Richard LEJEUNE 29/03/2013 08:02



     Merci Cendrine : belles fêtes pascales à vous également.



Carole 27/03/2013 23:11

Je préfère... les deux !!! comme disent sagement les enfants. Et je précise : les deux, mais alternativement, et dans des contextes différents surtout ! Il me vient à l'esprit une autre question :
reste-t-il des traces du comique égyptien (antique) ?

Richard LEJEUNE 29/03/2013 07:52



     Bien évidemment, Carole, que subsistent des traces de l'esprit comique, railleur, satirique même du peuple égyptien : elles sont "lisibles"
au sein des scènes représentant divers animaux - chats, souris, singes, canards ... - jouant des rôles habituellement tenus par des humains, dessinés ou peints sur les ostraca figurés notamment
mis au jour dans le village des artisans de Deir el Médineh et qu'évidemment l'on retrouve dans différents musées.


 


     Comment ne pas songer à Jean de la Fontaine en admirant certains de ces petits morceaux de pierre ?


 


     En voici quelques exemples dans un article déniché sur le Net.


 



etienne 27/03/2013 18:23

Bpnjour Richard,

Merci pour ces précisions passionnantes!
Oui, la grenouille est surtout associée comme tu l'as montré à tout ce qui se rapporte à la régénération, rennaissance;
on en a produit moult exemplaires en amulettes très belles puisque moi-même, en préparant la conférence que j'ai donné l'an dernier sur la symbolique des amulettes égyptiennes, je n'ai pu passer à
côté de ce gentil avatar ou plus exactement hypostase de la déesse Heqet.

Ah! Le fameux tikénou et la nébride, deux marottes égyptologiques dont on ne sait pas grand choses,
comme l'a dit François, ça reste un beau mystère!
La forme peut rappeler une grenouille mais oui, et la tête dépassant du sac sur le traîneau???

Tu sais Richard, quel est mon intérêt sur ces deux points puisque tu y avais très gentiment consacré une page spéciale et je t'en remercie encore!
Donc affaire à suivre!

Sur ce, je te souhaite de très bonnes fêtes pascales et...
Attention à l'abus de fèves de cabosses!!!

Amicalement!

Etienne

Richard LEJEUNE 29/03/2013 07:33



     Merci Etienne.


 


     N'aie crainte, je ne suis pas un "vrai Belge" : je n'aime ni la bière ni le chocolat ! De sorte que des festivités du Carnaval à celles de
Pâques, je reste peu enclin à perturber mon estomac ...


     Heureusement qu'existe le Bourgogne pour compenser ...


 


     Quant au "tekenou", c'est en songeant effectivement à l'intérêt que tu lui portes que j'ai introduit l'opinion de Miroslav Barta que je venais de
lire dans le passionnant article auquel j'ai fait allusion ...


 


     Affaire à suivre, comme tu le soulignes si judicieusement.


 


     Bonnes fêtes pascales à toi également.     



François 27/03/2013 15:21

Passionnant article, Richard, superbement illustré !

Ah, le "tekenou"...l'hypothèse de Miroslav Barta est séduisante, mais que dire des "tekenous" dont le visage sort de l'enveloppe ?
http://www.globalegyptianmuseum.org/detail.aspx?id=10881
http://i50.tinypic.com/zmyyz7.jpg

Toujours ces points d'interrogation lorsqu'on se penche sur cette étrange "paquet", comme tu le remarquais toi même dans ton précédent article sur ce sujet...

Encore bien des mystères à éclaircir...

Bonnes vacances !
Amicalement!
François

Merci pour ce

Richard LEJEUNE 29/03/2013 07:18



     Merci pour cette appréciation, François, mais pour ce qui concerne l'excellence des illustrations - dont tu connais l'origine -, je n'y suis
absolument pour rien.


 


     Quant au "tekenou", je ne crois pas que l'opinion avancée par Miroslav Barta soit incompatible avec ce que l'on voit sur les photos que tu
proposes : comme je l'ai indiqué à la fin de mon intervention du 4 décembre 2010, il pourrait tout simplement s'agir, du prêtre-sem qui, après celui de Heqet à l'Ancien Empire, tiendrait ce rôle dans le cortège
funèbre.


 


     Ceci posé, tant que preuves irréfragables ne sont pas présentées, ce mystérieux "tekenou" fera couler encore beaucoup d'encre au sein de la
famille des égyptologues ...



TIFET 27/03/2013 09:02

Merci beaucoup Mr le Professeur Richard ! et bonnes vacances à vous ! ici en France nous ne sommes pas en vacances et je pense que vous découvrirez peut-être bientôt celui que vous aviez si
précisément deviné début février chez moi.........à bientôt !

Richard LEJEUNE 29/03/2013 06:46



     Merci Tifet.


     Je me réjouis de le découvrir à mon retour sur le Net ...



J'avoue humblementJ-P.Silvestre 26/03/2013 18:42

J'avoue, humblement, que j'apprécie tout particulièrement l'humour (du chat) de Philippe Geluck !

Richard LEJEUNE 27/03/2013 06:59



     Vous n'êtes évidemment pas le seul, Jean-Pierre, mais il faut savoir qu'il ne fait pas toujours l'unanimité ...



JA 26/03/2013 14:19

curieux cette histoire de grenouille, nous aujourd'hui on en mange les cuisses,pas eux je suppose....
Chat Egyptien, chat de Gelluck, j'espère qu'ils ne mangeaient pas les chats????

A bientôt
JA

Richard LEJEUNE 26/03/2013 14:41



     Non, rassurez-vous, Jocelyne, en Égypte antique les chats étaient vénérés plutôt que servis à table !


 


     Si d'aventure ce sujet vous intéresse, puis-je me permettre de vous inviter à lire les 11 articles que je leur ai consacrés chaque mardi à
partir de septembre 2010 ? 



Carole 26/03/2013 13:11

Merci pour toutes ces représentations d'animaux. Y compris le chat de Geluck, toujours aussi spirituel...

Richard LEJEUNE 26/03/2013 13:50



     Et que préférez-vous, Carole : l'esthétisme des gravures égyptiennes ou l'humour de Philippe Geluck ?



TIFET 26/03/2013 09:56

Merci Richard de nous laisser admirer ces splendides hiéroglyphes, quelle finesse, quelle précision, et de nous en faire le décodage, c'est tout à fait surprenant ! pouvez-vous m'en dire plus
(j'abuse là !) sur l'image "le 1er du mois chaque fête chaque jour" sur le dernier hiéroglyphe en bas à droite, une sorte d'étoile surmontée d'un demi-cercle qui me fait penser à une barre de
bateau ??

Richard LEJEUNE 26/03/2013 11:38



     Vous n'abusez certainement pas, Tifet : c'est pour moi un plaisir de répondre aux questions de mes lecteurs.


 


     Reprenons les choses dans l'ordre, si vous le voulez bien.


 


     Comme je l'avais précisé déjà mardi dernier, dans la mesure où la lecture s'effectue ici de haut en bas et de droite vers la gauche - je
rappelle cette règle qui veut que l'on se dirige vers les têtes (humaine ou animale) pour connaître le sens d'une approche de hiéroglyphes -, vous pouvez "diviser" cette portion du linteau en
trois "colonnes" : la première étant donc celle avec la tête et, en dessous, les deux signes qui vous intriguent.


 


    Vous avez compris qu'il s'agissait ici de l'évocation d'une série de fêtes, certaines étant annuelles (celle de Thot, de Min, du Nouvel An, du feu,
etc.), d'autres étant mensuelles, telle celle qui nous occupe pour l'instant, le premier du mois .


 


     Abordons maintenant les trois signes qui permettaient aux lettrés de l'écrire.





     La tête (tep en égyptien) représente en fait dans ce cas précis l'adjectif numéral ordinal "premier" ; les deux autres
correspondant à un croissant de lune surmontant une étoile se lisent abd et signifient "mois".





     De sorte que ces trois signes gravés ensemble - tep abd - se traduisent en français par le premier du mois .


 


     J'espère ainsi, chère Tifet avoir répondu à votre questionnement. Si tel n'était pas suffisamment le cas, n'hésitez pas à me contacter à
nouveau.


 


     Richard



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