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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 00:00

 

     Formule pour donner les offrandes alimentaires à N., à Memphis, dans l'empire des morts.

 

     Paroles dites par N. : "Ô Grand, maître des aliments ! Ô Grand qui préside aux demeures d'en haut ! Vous qui donnez le pain à Ptah le grand qui est dans la grande place, donnez-moi le pain, donnez-moi la bière, et que mon déjeuner soit un gigot et un pain-sacheret !

 

     Ô passeur du Champ des Souchets, apporte-moi ces pains (sur) tes eaux célestes, comme (tu fais pour) ton père le Grand ! Que mon passage soit comme (celui de) la barque divine !

 


 

 


dans BARGUET Paul,

 

Le Livre des Morts des anciens Égyptiens 

Chapitre 106,


Paris, Éditions du Cerf, 1967

p. 141

 

 

 

 

 

     Ce qui subsiste de la partie supérieure du grand fragment E 25408 exposé ici devant nous dans la vitrine 5 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre - et qu'il est convenu d'appeler "menu" de Tepemânkh -, commence donc pour vous, amis visiteurs, dans le coin supérieur droit, par l'annonce que le souverain octroie des denrées alimentaires à ce fonctionnaire décédé qu'il veut récompenser : Offrande, repas du Palais, 2.

 

     (Ce 2, matérialisé par les petits traits verticaux au bas du premier carré partiellement conservé, signifie que deux rations étaient prévues ; toutes les autres barres verticales semblables que vous apercevrez désignant également la quantité de chacun des produits définis dans chaque case.)

 


E-25408-----Menu---de-Tepemankh.jpg

 

    

     Souvenez-vous, la semaine dernière, j'avais évoqué les 15 rubriques disparues au dessus de ce qui a été sauvegardé du monument. Nous pouvons dès lors nous concentrer ce matin sur ce que nous voyons réellement et qui en compose véritablement la partie principale.

 

     Il y est d'abord question du premier repas, du petit déjeuner, pour lequel injonction est faite au défunt de s'installer : Assis par terre, 2, lui est-il péremptoirement enjoint dans cette case ; ce chiffre indiquant que l'ordre lui est répété à deux reprises.


     Parfois, pouvait même être ajoutée la mention En silence ! : ce fut notamment le cas sur la stèle-chapelle de Ky et de son épouse Zatchedabed que nous avions découverte en mars 2012 au premier étage, dans la Galerie d'étude n° 1 de la salle 22.


 

     Sont ensuite ici proposés deux types de pains, qu'accompagnent deux cruches de bières différentes : une de bière djeseret et une de kenemes.

 

     Pain et bière, - dois-je vraiment le rappeler ? -, constituaient l'essentiel de l'alimentation quotidienne de la majorité des Égyptiens ; constituaient également, avec les céréales, un des paiements en nature de la plupart des ouvriers oeuvrant à la construction des tombes royales ; constituaient enfin les premières denrées mentionnées dans la traditionnelle formule d'offrandes dont nous retrouvons à deux reprises sur le monument même une expression simplifiée : sous le menu d'abord,

 


Formule d'offrandes (1) (E 25408 - Cliché C. Larrieu)

 

 

et sous la table, à gauche, devant les jambes de Tepemânkh,

 

 

Formule-d-offrandes--2---E-25408---Cliche-C.-Larrieu-.jpg

 

toutes deux précisant : ... mille pains, mille cruches de bière, mille têtes de bétail, mille volailles ; le hiéroglyphe M 12 dans la liste de Gardiner

 

Hiéroglyphe 1000.jpg (M 12 dans liste Gardiner)

figurant notre nombre 1000. 

 

     Pain et bière étaient des données également présentes au sein des différents corpus funéraires dont les Égyptiens se sont entourés : dès l'Ancien Empire, les Textes des Pyramides ; au Moyen Empire, les Textes des Sarcophages et enfin, au Nouvel Empire, le Livre pour sortir au jour, avec cette formule que j'ai ce matin choisie pour vous en guise d'exergue : grâce à elle, dans la barque solaire qui lui permettra de traverser le ciel et d'accéder au domaine de Ro-Setaou, le défunt, assis auprès de Rê, escompte bénéficier des nourritures dévolues aux dieux.


 

     Les cases suivantes fondent le viatique attendu par le mort : elles comprennent, à la deuxième rangée notamment, l'énumération démesurée d'une dizaine de pains distingués par leur appellation : out, hetcha, neher, depeti, pezen, chenes, kenefou, hebenenout, zif et ceux dits cuits dans la terre et de boulangerie ...

 

     Dans l'éventualité où les quantités ne seraient pas suffisantes, - deux, voire plus, pour chaque sorte -, la troisième rangée commence par ajouter quatre pains grillés et la même proportion de gâteaux pat.

 

     Autorisez-moi une rapide remarque au passage : qu'il en existât aussi dits de boulangerie corrobore ce que les fouilles archéologiques ont désormais permis de comprendre, à savoir que la plupart des maisons égyptiennes mises au jour, notamment à Amarna et à Deir el-Medineh, comprenaient meule et four, c'est-à-dire de quoi permettre de produire soi-même sa propre farine, partant, de cuire sa propre quantité de pains. 

 

     Pains et bières, si importants chez les vivants, je viens de le souligner à nouveau, apparaissent donc ici, dans le contexte funéraire, comme la métaphore de l'alimentation post mortem type. 

 

     A la troisième rangée, ainsi qu'au début de la quatrième, le menu de Tepemânkh prévoit du plus consistant : défilent alors pièces de viande et de volaille, tels que : épaule de boeuf, cuisse de boeuf, rognon, côte de boeuf, foie, rate, poitrineoie cendrée, oie rieuse, canard pilet, tourterelle.

Pour toutes, une portion semble suffire, à l'exception des côtes de boeuf : "Vous m'en mettrez quatre, je vous prie !"

 

     A l'étage supérieur, Zatchedabed quant à elle n'en prévit qu'une seule : ces dames devaient manifestement avoir des préoccupations nutritionnelles différentes de celles des époux ...

 

     Bien. Et si nous nous faisions encore un peu plaisir ?

Quelques gâteaux, peut-être ? Voici, au choix, deux appelés shaout, deux nepat et deux mesout.

Quelques bonnes bières ? - Non, amis visiteurs, parfaitement conscient que les distances qui nous séparaient alors n'auraient jamais permis à aucun Égyptien de la connaître et de l'apprécier, je ne prendrai pas la chauvine et anachronique liberté de spécifier : "belges" !


      Une blonde djeseret et une kenemes, ou plutôt deux ?, souhaite à nouveau Tepemânkh en terminant la quatrième rangée. Avant d'envisager, à la suivante, d'autres boissons qu'il ne prend pas le temps de nous préciser, préférant en arriver à l'essentiel, le vin : deux cruches de cinq types distincts !

 

    En guise de dessert sont suggérées deux portions de céréales, grillées ou non : orge blanche, orge verte ; sans oublier quelques fruits : jujubes, caroubes ...


 

     Vous noterez toutefois que cette longue liste de vivres ne mentionne bizarrement qu'un seul légume - l'oignon (troisième case de la troisième ligne) -, prévu en quatre portions. D'autres sources pourtant font état de nombreuses catégories de légumineuses qui, ne l'oublions pas, représentaient un important quota au sein de la nourriture égyptienne : on les retrouve d'ailleurs souvent en abondance sur les tables d'offrandes funéraires figurées dans les mastabas ... 

 

     Si, derechef, vous montez voir le bloc E 11161 de la Galerie d'étude n° 2 de la salle 22, à l'étage supérieur, penchez-vous sur le premier registre des denrées étalées devant Tepemânkh et son épouse Aoutib : sur la petite table circulaire, de part et d'autre du pain conique qui en occupe le centre, vous distinguerez, à gauche, un botte de jeunes oignons recouvrant quelques figues et une laitue dépassant sur la droite.  

 

 

Oignons-et-laitue---Tepemankh---Louvre-E-11161--Cliche--S.JPG

 

 

     Vous serez alors amenés à penser que, aux antipodes de nos préceptes d'équilibre alimentaire, ce couple ne plébiscita seulement que ces deux types de légumes, l'oignon et la laitue : peut-être parce que l'odeur du premier était censée stimuler tout défunt et, à l'instar du mythe de Sokaris, gageait sa résurrection ; peut-être aussi parce que souvent associée au dieu ithyphallique Min, symbole de fertilité, la seconde passait aux yeux des Égyptiens anciens pour détenir des vertus aphrodisiaques, - assertion dont les études modernes ont définitivement réfuté le bien-fondé.  


 

     Redescendons à présent, voulez-vous, en salle 5 : le "menu" que nous y présente Tepemânkh se termine par quelques formulations classiques assez générales, vagues à souhait : toutes les friandises, toutes les offrandes du Nouvel An et demi-pains ... sans indication supplémentaire.


     Cette abondance qu'ensemble nous avons ce matin détaillée, vous pourrez à votre aise vous en délecter, amis visiteurs, pour autant que vos yeux le permettent, si vous vous avancez vers le carton imprimé, à gauche dans la vitrine : c'est, à tout le moins, la finalité de ce panneau explicatif accroché là par le Conservateur de la salle. 

  Menu de Tepemânkh

 


 

(Grand merci à François de m'avoir envoyé le lien vers le site "Flickr" - http://www.flickr.com/photos/clairity/3837326106/sizes/o/in/photostream/ - permettant ainsi à tous de rendre le document ci-dessus plus lisible en l'agrandissant).

 

 

     Il faut évidemment concevoir que ce que vous auriez tendance à considérer comme un gargantuesque festin dans ces scènes d'agapes funéraires que vous ne manquerez pas de rencontrer dans vos visites de mastabas ou de musées ne rend nullement compte des repas réels et quotidiens des Égyptiens de l'Antiquité, fussent-ils souverains ou notables : ce ne sont, d'une part, qu'images à valeur performative de ce que souhaitait bénéficier tout défunt au cours de sa seconde vie et, d'autre part, que manière d'exprimer un des aspects du système relationnel établi entre lui et les membres en vie de sa famille, voire ses amis, tous censés, à certaines périodes déterminées, lui déposer sur la table d'offrande au pied de la stèle fausse-porte de quoi subsister éternellement dans l'Au-delà.

 

     Cette surabondance alimentaire ne doit donc pas être prise au pied de la lettre pour les vivants : elle fait partie intégrante du discours funéraire, donnant ainsi aux morts une dimension hors du commun, hors de toute réalité immédiate.

 


 

     Qu'elle se lise de droite vers la gauche, ou dans le sens inverse ; qu'elle se présente en colonnes verticales - à l'instar de celle de Metchetchi -, ou en cases carrées comme ici dans la vitrine 5 ; que peinte ou gravée, elle figure soit sur un des murs d'une chapelle funéraire, sur une des parois de cercueils ou sur tout autre support, cette imposante nomenclature du rituel de l'offrande qui put connaître, je l'ai souligné, quelques variantes d'une dynastie à une autre à la fin de l'Ancien Empire et à la Première Période intermédiaire, présente néanmoins pour chacune de ces époques un catalogue type, constituant ainsi un des critères stylistiques autorisant une datation plus ou moins précise pour tout nouveau monument semblable qu'éventuellement des archéologues pourraient encore exhumé ; critères de datation à propos desquels j'escompte vous entretenir ... mais dans quelques semaines seulement car, pour l'heure, espérant avoir rencontré votre attente, je vous laisse digérer l'imposant "menu" de Tepemânkh.

 


 

        

(Barguet : 1967, 99 et 141 ; Barta : 1963, 73-6 ; Broze/Preys : 2004, 83 sqq ; Moers : 2004, 45Peters-Destéract : 2005, 26-34 ; Ziegler : 1990, 246, 258-61)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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commentaires

Cendrine 07/02/2013 00:00

Bonsoir Richard,

Oserais-je dire que nous voici face à un menu servi sur un plateau d'argent?
Ces victuailles investies d'une valeur "magique" revêtaient pour le défunt une importance majeure... à des années lumière de la surconsommation purement masturbatoire et compulsive d'un certain
nombre de nos contemporains!

Je suis très intéressée par la variété de pains qui existaient dans l'ancienne Egypte. Le pain est un formidable aliment, offrant un impressionnant éventail de saveurs.

Et dire que la laitue a de puissantes vertus anaphrodisiaques! Vous trouverez peut-être cela étrange mais je songe au mot "gringalet" qui signifiait, à l'époque médiévale, "vigoureux", "costaud" et
qui a ensuite signifié le contraire... La laitue est associée à Min et des millénaires plus tard elle est abondamment consommée dans les monastères pour apaiser les ardeurs de ces messieurs! Mais
la substance lactescente qui émane de sa tige pouvait être assimilée à du sperme, comme le lait de figues.

Merci pour votre article et cette entrée succulente dans le vif du sujet!

Je vous souhaite une belle soirée, amitiés

Cendrine

Richard LEJEUNE 07/02/2013 20:28



     Bonsoir Cendrine.


 


     Vous avez entièrement raison d'épingler l'importance et la diversité de cette profusion d'aliments dans lesquels, magiquement, le défunt
était censé se choisir de quoi subsister quotidiennement son éternité entière, loin bien évidemment de certaines goinfreries "macdonaldiennes" contemporaines.


 


     A propos du pain, soyez assurée que j'ai encore beaucoup à ajouter ; mais j'ai choisi de réserver d'autres propos à la visite de la
prochaine vitrine 6 dans laquelle un nombre important de petits monuments y font peu ou prou allusion.


 


     La valeur anaphrodisiaque de la laitue fut du temps des Grecs déjà parfaitement reconnue : il suffit de nous remémorer le mythe d'Adonis et
la triste fin de cet amant célèbre attaqué par un sanglier et mourant dans un champ de laitues, devenu bien malgré lui et à cause d'elles le parangon de l'impuissance.


 


     Quant aux moines des abbayes médiévales, j'ignorais, je l'avoue, que ce fût avec des laitues qu'on espéra atténuer leurs envies. Y
réussit-on toujours ?


A lire Sade, je crains bien que non !!! 



Louvre-passion 03/02/2013 17:22

La "surabondance" des mets destinés aux défunt était peut être une précaution prise afin qu'ils ne manquent de rien. Comme on le dit encore "Mieux vaut trop que pas assez !".

Richard LEJEUNE 04/02/2013 08:49



     C'est tout à fait exact, L.-P.


 


     J'ai déjà eu l'opportunité d'expliquer, dans une intervention de l'automne 2008 consacrée à la stèle fausse-porte que les enfants du défunt
se devaient, à certaines occasions, d'apporter les victuailles d'un repas funéraire que la magie de l'image si performative aux yeux des Égyptiens rendait efficientes.


 


     Ensute, j'avais indiqué que, vraisemblablement par pure précaution contre une éventuelle interruption de ce culte familial, figuraient à
plusieurs reprises dans la tombe scènes de repas, table avec divers produits alimentaires, "menu" gravé, etc.


 


     Il en était ainsi chez Akhethetep - nous avions visité ici au Louvre cette chapelle ensemble, souviens-toi -, et il en est ainsi chez
Tepemânkh comme tu as pu le constater avec le bloc de calcaire de la Galerie d'étude de la salle 22 que j'ai aussi montré ...



christiana 30/01/2013 18:41

Je me doute que ce gargantuesque festin funéraire ne rend pas compte des repas réels et quotidiens des Égyptiens de l'Antiquité, comme le souligne Carole, je suppose qu'ils connaissaient la faim et
voulaient en préserver leurs morts...
A-t-on une idée de ce que pouvaient être les gâteaux, shaout, nepat et mesout? Et la bière pouvait-elle s'apparenter à ce que l'on connait aujourd'hui? Une blonde djeseret et une kenemes(serait-ce,
elle, une brune?)
Tepemânkh et Aoutib plébiscitaient oignons, laitues... et quelques figues. La laitue, symbole de fertilité (à la renaissance la figue était symbole de fécondité)
C'est vrai que pour digérer cet imposant menu de Tepemânkh, il nous faudra bien quelques semaines et quelques visites successives à cet article.

Richard LEJEUNE 31/01/2013 15:54



     Si des documents nous expliquent de quoi étaient composés ces produits, ou les saveurs qui étaient leurs, si d'autres nous précisent les
étapes de leur fabrication, si encore certains pains ou gâteaux ont traversé les siècles pour arriver, fossilisés, jusqu'à nous dans la vitrine 6 du Département des Antiquités égyptiennes du
Musée du Louvre, par exemple - nous les y rencontrerons dans les mois à venir ! - , leur goût nous est fatalement complètement inconnu.


 


     En légende au tableau imprimé traduisant le "menu" de Tepemânkh, le conservateur a d'ailleurs cru bon de faire ajouter qu'un grand
nombre de pains et de gâteaux égyptiens portent des noms que l'on ne peut pas traduire, avançant en guise d'exemple dans notre vocabulaire : baguette, pudding, éclair
...


 


     C'est un peu, mutatis mutandis, comme les "recettes" pharmacologiques : certes, les produits qui ont été sélectionnés pour les
réaliser sont connus, mais en termes égyptiens que l'on ne peut traduire en français faute de savoir exactement quelles plantes ces termes définissaient.



TIFET 30/01/2013 10:46

Bonjour Richard, ai loupé plusieurs de vos articles depuis fin décembre, plus d'ordi etc....donc n'ai pas pu visiter mes blogs amis !.......et puis beaucoup de travail, mais je me rattraperai !
La remarque de votre ami Alain m'a fait quelque peu sourire "le début du repas est pire que dans un réfectoire de colonie de vacances, assis par terre, en silence"......... mais il faut dire que
peu de choses ont change en Egypte, car il m'est arrivé de manger aussi par terre encore de nos jours, pas de table, pas de chaise, sur un tapis, la seule différence, le silence n'était pas de mise
!

Richard LEJEUNE 30/01/2013 15:32



     Merci Tifet pour ces précisions "de terrain" ...



Jean-Pierre 29/01/2013 15:15

Une valeur universelle et intemporelle : la bouffe !

Richard LEJEUNE 30/01/2013 15:15



     Vous pouvez effectivement envisager ce rituel sous cet angle, Jean-Pierre : mais je pense qu'une étude plus approfondie des textes égyptiens
vous permettrait d'affiner grandement vos conceptions en la matière ... 



Carole 29/01/2013 11:46

On se dit, en lisant cela, que la nourriture devait être bien rare, bien précaire pour la plupart des vivants, pour qu'ils aient pu imaginer des morts aussi "affamés", soucieux de leurs vastes
"provisions", inquiets de se nourrir et de trouver l'abondance jusque dans l'autre monde.

Richard LEJEUNE 30/01/2013 15:12



     Il est certain qu'au quotidien, Carole, tout le monde ne mangeait pas plus à sa faim en ce temps-là qu'au nôtre !  De sorte que
s'entourer magiquement  d'une nourriture pour cet Au-delà auquel les Égyptiens croyaient prenait une part importante non seulement dans le rituel funéraire mais également au sein de
l'iconographie dans les chambres sépulcrales ...



JA 29/01/2013 11:15

c'est vrai que ce rituel est surprenant mais un symbole de survie....évidemment
quant aux aliments utilisés, je trouve que c'est très équilibré et cet abondant usage de l'oignon ( le rouge est très bon pour l'ostéoporose....) me parait très judicieux de leur part car il a des
vertus incontestées: pour la laitue il y a dans le mot lait, donc toute supposition est ouverte.....

merci pour les illustrations, c'est incroyable cette présentation A bientôt

Richard LEJEUNE 30/01/2013 14:55



     Incroyable, je ne sais, Jocelyne, mais récurrente, oui, incontestablement ...


La composition de ce "menu" faisait partie intégrante du rituel funéraire de cette époque-là !



Alain 29/01/2013 11:01

Le début du repas est pire que dans un réfectoire de colonie de vacances : « Assis par terre » ; « En silence » !
Entre les cruches de bière et celles de vin, notre défunt devait passer de bon moment dans sa tombe… Et toutes ces victuailles ! La pensée de sa mort proche ne lui semblait pas trop
douloureuse.
Le cliché des victuailles peut s’améliorer un peu en forçant le contraste et le grossissement dans un logiciel de traitement d’images. Mais cela reste imparfait.

Richard LEJEUNE 30/01/2013 15:05



     La pensée de sa mort proche ne lui semblait pas trop douloureuse : tu as parfaitement mis le doigt sur un point extrêmement
important des croyances funéraires égyptiennes, Alain : j'y avais d'ailleurs déjà fait allusion les 10 et 14 janvier 2012 dans deux articles intitulés La perception de la mort en tant qu'Hymne à la Vie
...


 


     Pour ce qui concerne l'image du "menu", François, un de mes lecteurs, m'a fait parvenir un lien qui permet d'obtenir une belle netteté à
l'agrandissement : je l'ai ajouté sous le cliché dans mon article.



Selkis 29/01/2013 07:48

une substance laiteuse s'écoule lorsqu'on coupe la tige de la laitue au potager... elle pourrait bien ressembler à du sperme non ? et être assimilée au Dieu Min pour cette raison?

Richard LEJEUNE 30/01/2013 14:45



     Dans un article intitulé Les laitues de Min, publié dans le SAK 12 (Studien zur altägyptischen Kultur) de 1985,
pp. 1-4, Michel Defossez explique que déjà l'égyptologue d'origine allemande  Louis Keimer ((1893-1957), au début des années '20, dans son ouvrage Gartenpflanzen,
rapprocha effectivement le liquide émanant de la salade et la semence procréatrice du dieu Min.


 


     Explication séduisante, remarque M. Defossez qui ajoute qu'il n'y croit pas vraiment dans la mesure où le liquide blanc qui
s'écoule de la plante "ne jaillit pas avec une force telle qu'il puisse suggérer l'éjaculation humaine".


 


     Pour lui, ce serait plutôt la hauteur démesurée de la plante - qui peut atteindre jusqu'à un mètre cinquante ! -, qui aurait
laissé supposer que cette fertilité intrinsèque avait des répercussions sur la puissance procrétarice.


Et Defossez de conclure que cette explication convient parfaitement à l'association antique laitue-Min et a l'avantage d'éliminer une hypothèse
supposant la croyance en des vertus aphrodisiaques que la plante ne possède pas.


 


     Voilà, Selkis, pour répondre à ta question, ce que je puis actuellement avancer à partir de l'article que je citai
ci-avant.



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