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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 23:00

 

     D'où vient qu'il y a tant de choses que nul ne voit et qui sont pourtant sans doute parfaitement visibles : mais le chemin si simple qui pourrait y conduire nos regards n'a pas encore été tracé à nos esprits routiniers.

 


 

Carole CHOLLET-BUISSON

En cheminant

 

12 décembre 2013

 

 

 

 

     Aux temps heureux de mes années professorales, il me fut maintes et maintes fois donné de bousculer l'ordre des sujets d'un cours, - que je ne considérais de toute manière pas comme immuable -, non parce que ce programme "idéal" avait été pensé saucissonné par je ne sais quel ministre, là-bas, dans la froideur de son bureau bruxellois, tellement éloigné du milieu scolaire que pourtant il représentait et qui n'avait de cesse que son nom apparût et restât gravé dans les annales des décisions de son éphémère Cabinet, mais parce que, seul gouverneur de mon îlot de sacrés Étudiants, j'estimais qu'ainsi, - et quelles que fussent les positions de tout agent du pouvoir, mon Directeur, un inspecteur, voire ce représentant du gouvernement qui, inévitablement moins de quatre ans plus tard, serait contraint de céder son portefeuille au suivant qui, pour les mêmes raisons, déciderait lui aussi de mettre au point un "nouveau" programme portant son nom pour la postérité -, seraient mieux assimilés les rapports de causalité que je souhaitais faire comprendre entre différents événements historiques.

 

     Mutatis mutandis, dans le même état d'esprit, il me siérait ce matin, amis visiteurs, d'emprunter avec vous ce semblable chemin de traverse pour répondre à un commentaire, une réflexion, une question d'un fidèle lecteur ; pour, m'autorisant de ses propres termes, "faire un peu le ménage dans les idées reçues".

 

     La logique eût voulu qu'après le mimusops que nous avons appris à mieux connaître les 1320 et 27 mai derniers, j'envisage aujourd'hui d'évoquer l'un des autres fruits présents sur l'étagère que nous détaillons depuis le 1er avrilaccrochée côté Seine, dans la vitrine 6 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre

 

     Une certaine logique, en fait : celle qui eût consisté à poursuivre le sujet entamé, celle qui eût considéré qu'après la vitrine 6, nous dirigions ensuite inévitablement nos pas vers les septième, huitième et neuvième.

  

     Vous et moi, nous n'en ferons rien ! Et bien que ce ne sera pas qu'un excursus réservé à ce seul mardi, je vous emmène tout de go vers le dernier présentoir vitré, vers celui auquel les Conservateurs auraient dû - selon ma logique personnelle - attribuer le numéro 7, plutôt que bizarrement lui préférer le 9. 

 

     En effet, après la présente vitrine 6, avec la 7 et la 8, nous aborderons la viticulture, avant de terminer nos pérégrinations dans cette salle par le socle-vitré n° 9 qui expose, au sein de différentes coupelles, bon nombre de "produits naturels", 

 

Vitrine-9---Coupelles.jpg

 

 

rencontrés déjà sur "notre" petite étagère.

 

     Convenez que ce raisonnement des concepteurs des lieux d'intercaler un autre vaste sujet au milieu de celui qui retient actuellement notre attention, d'imposer dans le parcours qu'ils prévoient un tout autre centre d'intérêt avant de nous suggérer de revenir au précédent, m'apparaisse pour le moins étrange ... 

 

     C'est la raison pour laquelle, sans scrupule aucun, je vous invite maintenant à m'accompagner jusqu'au dernier meuble de cette salle,  proche de la sortie donnant vers la suivante, 

 

Vitrines-6---9---Sortie-vers-salle-6.jpg

 

uniquement pour une mise au point qui répondra, je l'escompte, au questionnement de François, - puisque c'est bien de toi, mon ami, qu'il s'agit ici -, mais aussi à celui de l'un ou l'autre membre du Forum que tu administres et qu'il m'est bonheur de fréquenter.

 

     Le 30 novembre 2010, dans une intervention dédiée au Grand Chat d'Héliopolis, j'avais déclaré que la scène de la décollation du serpent Apopis par la patte armée du félidé, souvent représentée sur papyri, mais aussi dans certaines tombes, eut lieu dans le bois sacré de la ville d'Ounou, butte héliopolitaine, sorte de tertre artificiel recouvrant vraisemblablement une crypte détenant les effigies des dieux de l'Ennéade au centre duquel se dressait le balanite (Balanites aegyptiaca), le légendaire arbre-iched, que la littérature égyptologique confond encore trop souvent avec le perséa.

 

 

Chat d'Héliopolis - Papyrus d'Ani

(Chat d'Héliopolis tranchant la tête du serpent Apopis, l'arbre-iched en arrière-plan.

Papyrus d'Ani, planche X) 

 

 

     J'avais également indiqué ce jour-là que, selon certains textes, en se fendant, l'arbre-iched permettait au soleil de sortir chaque matin.

 

     Arguant de la persistance de cette vieille confusion perséa/arbre-iched, j'aimerais maintenant introduire une mise au point en prenant à témoins les botanistes contemporains qui sont enfin parvenus à s'entendre et, partant, à convaincre les égyptologues. 


      Car c'est précisément en rapport avec la renaissance quotidienne du soleil entre les deux arbres de l'horizon que réside la méprise longtemps entretenue par ces derniers : le Ficus sycomorus, mais aussi le Mimusops laurifolia, mais aussi le Balanites aegyptiaca ressortissent tous trois au domaine de la même symbolique solaire. Encore fallut-il que les scientifiques missent de l'ordre dans leur classification de végétaux de façon à affirmer, haut et fort, que :

 

* le chouab des Égyptiens correspond bien au perséa des auteurs grecs et romains, et au mimusops de la terminologie contemporaine ;

 

* l' iched des Égyptiens équivaut bien au balanite actuel.

 

   

     Penchons-nous à présent, voulez-vous, vers le socle-vitré n° 9, aux fins de visualiser les fruits comestibles du perséa/mimusops,

 

 Coupe 6 - Fruits du Mimusops (N 1417)

 

 

puis de les comparer avec ceux du balanite, communément appelés "dattes du désert",

 

 

Coupe-7---Fruits-du-balanite--arbre--iched-.JPG

 

 

sur lesquels, selon le mythe, je le précisai également en novembre 2010, le dieu, Thot, Scribe suprême, inscrivait le nom de couronnement de chaque souverain accédant au trône d'Horus. 

 

     

     Avant de vous quitter, et tout en espérant avoir aujourd'hui pleinement répondu à l'attente de certains d'entre vous, j'aimerais simplement ajouter - subtile transition permettant de nous représenter mardi prochain devant l'étagère de la vitrine 6, objet de notre attention depuis quelques mois -,

 

02. Légumes et fruits (L.-p.)

 

que dans un autre rituel, c'était sur des feuilles de palmiers qu'étaient indiqués, non plus les noms royaux, mais ceux des dieux ...    

 

 

 

     (Un merci tout particulier à Madame Florence Doyen, d'Egyptologica, de m'avoir autorisé à disposer ici d'un cliché de ce remarquable document qu'est ce feuillet du Papyrus d'Ani, ainsi qu'à deux de mes lecteurs parisiens, - SAS et V. -,  pour leur précieuse collaboration au sein du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.)

 

 


 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

BAUM  Nathalie

Arbres et arbustes de l'Égypte ancienne, OLA 31, Louvain, Peeters, 1988, p. 273.


 

GERMER  Renate

Persea, dans Lexikon der Ägyptologie (LÄ), Volume IV, Wiesbaden, Otto Harrassowitz, 1982, colonnes 492-3. (Librement téléchargeable sur ce site.) 

 

 

SCHWEINFURTH  Georg

De la flore pharaonique, dans Bulletin de l'Institut égyptien, deuxième série, volume 3, Le Caire, Imprimerie nationale, 1882-83, pp. 66-8. (Librement téléchargeable sur ce site.)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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commentaires

Cendrine 29/08/2014 17:53

Je suis ravie d'emprunter ces chemins de traverse avec vous et ce n'est pas un aveu difficile. L'expression "chemin de traverse "m'a toujours souri, on m'a souvent "fustigée" pour cela, ce qui m'a
fait sourire encore plus. L'enseignement ne peut être figé, contenu dans des petites boîtes et immuable. Ce n'est alors que de l'abrutissement et cela plaît aux bureaucrates en France aussi.

Ce que vous dites à propos de l'arbre-iched me fait penser à bien des "complexités" qui entourent la nature de l'arbre sacré des Nordiques: Yggdrasil. On peut retrouver un débat semblable à celui
que vous évoquez. Pour des générations de chercheurs patentés il s'agit d'un frêne, c'est ce qu'évoquent la plupart des ouvrages, or pour d'autres chercheurs et amateurs éclairés il ne s'agit pas
d'un frêne mais d'un if.

Je note donc ce que vous nous avez exposé et je vais déguster en pensée les crus voluptueux qui accompagnent vos écrits.

Belle fin de journée Richard, amicalement!

Cendrine

Richard LEJEUNE 01/09/2014 10:31



     Merci chère Cendrine : de plus en plus, à lire ce matin vos commentaires successifs, après notamment les Celtes tout à l'heure, maintenant les
Nordiques -, je rêve d'un article à quatre mains où partant de l'Égypte nous traverserions de conserve d'autres contrées, d'autres religions, d'autres civilisations, d'autres modes de penser
...



christiana 12/06/2014 10:15

Oh la la! Oui...mais ne nous plaignons pas, c'est si bon, si rare, le soleil et la chaleur sous nos contrées!

Richard LEJEUNE 13/06/2014 07:05



     Entièrement d'accord avec toi.





     Pour autant que ce bien-être d'un moment ne soit pas suivi, comme ce fut le cas notamment à Malmedy lundi en fin de journée, d'une tempête
orageuse qui emporte et fracasse meubles de terrasse, abris de jardin et tuiles de toits ... 



christiana 11/06/2014 11:54

Ah oui, du "Château-la-pompe" alors!

Richard LEJEUNE 12/06/2014 07:52



     Tout à fait, Christiana.


 


     J'ai appris par l'un d'eux que les organisateurs de la découverte gourmande, conscients des conditions climatiques particulières, s'étaient
réunis dès 6 H. du matin, dimanche - "réunion de crise" - pour, notamment, décider de faire livrer bien plus de casiers d'eau que prévu, de mobiliser des pompiers supplémentaires pour
improviser des points de ravitaillements (en eau, toujours) entre les stands officiels de dégustation, ainsi que pour disposer à certains endroits du parcours des brumisateurs géants alimentés
par les bouches d'incendie, de multiplier les postes de secours, etc.


 


     Toutes ces précautions "inhabituelles", tu l'auras compris, aux fins de pallier d'éventuels problèmes dus à la chaleur excessive de la journée
(35°).


 


     Et le thermomètre atteignit les 39° le lendemain, lundi, alors qu'orages et tempête sévissaient, paraît-il, méchamment chez nous ... 


 



christiana 11/06/2014 09:07

J'imagine... Pourtant je me souviens d'une dégustation, de village en village, de cave en cave, (on n'achète pas un chat dans un sac) sur la route des vins, qui s'est terminée par une bonne sieste
quelque peu prolongée :-)

Richard LEJEUNE 11/06/2014 09:46



     Certes, Christiana, mais tu oublies un paramètre important : dans la fraîcheur des caves, tout est possible, dans l'abus (note le jeu de
mots ...), mais dimanche, près de 10 kilomètres de balade gourmande sur les coteaux viticoles de Beblenheim avec 35
° de température, ont complètement changé les habitudes  : à chaque étape, l'on commençait par boire de l'eau avant tout autre chose ...  



christiana 10/06/2014 23:53

Chez moi, le lien est en rouge et se souligne quand j'y passe la souris.

D'accord pour patienter un peu, le temps de te laisser cuver ton vin d'Alsace :-)

Richard LEJEUNE 11/06/2014 07:57



     Oh !!


     


     Il ne s'agit pas de cuver des sélections de grains nobles, Madame,  


mais de déguster avec une sensualité à peine contenue ces Sonnenglanz de Beblenheim, Gewurztraminer et autres Grands Crus d'Alsace !!! 


 


     Oh !!!


     


 





 


 



christiana 07/06/2014 01:45

Au diable la logique et c'est avec plaisir que je me laisserai guider vers la viticulture :-)

Pour le 30 novembre 2010, il me faut retourner en arrière dans les archives car je n'étais pas encore assidue de ce blog.

Richard LEJEUNE 10/06/2014 22:55



     Je suis encore loin, Christiana - même si je rentre d'Alsace !  - d'évoquer à nouveau la viticulture comme m'y inviteront deux des prochaines vitrines de cette salle 5.


 


     Quant aux liens vers d'anciennes interventions que je fournis
très souvent au cours de ces rendez-vous hebdomadaires avec mes visiteurs, ou vers d'intéressants développement
offerts sur le Net - je n'ai pas écrit sur "Wikimachin"  !-, je pense qu'ils sont importants à suivre ... Mais je crois que, suivant ce que l'on
emploie - Google Chrome, Firefox ou tout autre navigateur -, ils apparaissent soit soulignés, soit en une autre couleur dans le texte, soit aussi seulement si l'on passe la souris sur le terme
idoine.


 


     De sorte qu'il est parfois difficile à mes lecteurs d'en repérer la présence ...  



Etienne Rémy 06/06/2014 03:01

Et bien c'est en retard que je te réponds après avoir découvert ta réponse qui me va parfaitement!
Merci beaucoup!
Je ne possède pas la bible qu'est le LDM de Barguet, voilà le pourquoi de mon ignorance, encore merci!

Amitiés.

Richard LEJEUNE 06/06/2014 07:15



     Pas de problème, Etienne : il n'y a jamais de retards, mais seulement des moments de disponibilités plus favorables que d'autres ... 


 


     Avant de te conseiller d'acheter l'indispensable Barguet, je me suis quand même renseigné sur le Net : Fnac, Amazon, etc., on le propose à 54 €.
Ce qui n'est pas donné.


     Mais il existe heureusement des possibilités de l'obtenir apparemment neuf à moitié prix sur ce site. 



jamot 05/06/2014 07:47

en fait j'ai bien aimé l'extrait de Mme Chollet-Buisson, il m'a rappelé une longue discussion à Nimes avec J-C Golvin sur ce que l'on devait voir des tapis de mosaïque de la villa du Casale à
Piazza Armerina .J'en ai profité pour me laisser aller à mon défaut favori : assommer mes interlocuteurs de données pontifiantes , continuer à jouer au professeur ou etre un ouvreur de portes!! (
ce qui est plus valorisant). Vale et Tibi

Richard LEJEUNE 06/06/2014 07:00



     Personnellement, Professeur peut-être également pontifiant aux yeux de certains, je préfère ouvrir des chemins, - qui permettent de tracer
des avenues, comme dirait avec élégance mon ami François -, que des portes : long est encore à parcourir le couloir de connaissances dès qu'une porte est entrouverte ...   



jamot 04/06/2014 15:26

En fait le terme de routinier employé par Mme Chollet-Buisson n'et pas tout à fait adéquat: nos processus ideatoires suivent les chemins déjà tracés car il existe tout le long de ces chemins, des
facilitateurs , des sens interdits qui nous permettent d'avoir une vitesse de transmission des données tres rapide.D'autant que les processus décisionnels qui suivent ces processus de transmission
et de synthèse font partie du travail non conscient de notre cerveau.Et oui celui-ci décide avant même que consciemment nous agissions!.Autre point , nous ne voyons que ce que nous pouvons ( et non
voulons) bien voir,et l'apprentissage est présent pour nous permettre d’incrémenter d'autres données pas toujours évidentes ( les tests visuels d'espacement et de distance nous le montre bien);
seulement le chemin n'est pas si simple et le visible dépend en plus de l’éducation et de ce que nous appelons les fonctions exécutives et tout ceci nécessite une interprétation :par exemple une
représentation humaine modifiée dans ses axes en égyptologie à valeur de rheme ou une femme modifiée dans ses particularités à valeur symbolique chez Picasso ou Dali relèvent du même
concept:permettre d’accéder à des points de vue différents pour nous faire réfléchir et enrichir nos réflexions et ainsi sortir de la routine intellectuelle .Bonne journée

Richard LEJEUNE 05/06/2014 06:50



     Bonjour M. Jamot.


 


     Merci pour ce commentaire circonstancié ... dont Carole Chollet-Buisson a bien pris connaissance.  


     Elle m'a fait part de son sentiment après vous avoir lu : il lui semble que votre analyse ne diffère pas beaucoup de la sienne telle qu'elle se
déroulait dans l'ensemble de son article - pour lequel je vous donnais le lien au cas où vous eussiez souhaité le lire complètement.


 


     De sorte qu'elle estime qu'en ne prenant en compte que l'extrait que j'avais choisi en guise d'exergue, sa réflexion vous aura sans doute paru
peu nuancée ...


 


     Cordialement, 


     Richard



Etienne Rémy 04/06/2014 14:44

Merci pour ces remises en ordre botaniques!
Est-ce que tu peux me dire selon quels textes l'arbre ished et ses pareils s'ouvrent pour laisser apparaître le soleil?
Je ne me souviens pas avoir lu ça?
Merci!

Heureux de te croiser ici Jean-Claude!

Amitiés.

Richard LEJEUNE 05/06/2014 06:33



     Bien évidemment, Etienne : arbre-iched qui se fend et/ou deux arbres plantés côte à côte ...


 


     Dans Le Livre des morts des anciens Égyptiens de Paul Barguet, éditions du Cerf, 1967, p. 61, dans le long chapitre 17, tu trouveras
:


 


"Je suis ce chat près de qui se fendit l'arbre-iched à Héliopolis ..." 





     Dans la note 35 afférente, Barguet précise que cet arbre symbolisait dans ce passage la déesse-ciel Nout ; il se fend en laissant sortir le
soleil. Tout ce paragraphe fait allusion à la naissance du soleil, et à sa renaissance journalière.


 


     Dans le même ouvrage, p. 143, à propos du sycomore maintenant, au chapitre 109 du Livre des morts (Livre pour sortir au jour, plus
exactement !), il est noté :


 


"Je connais ces deux sycomores de turquoise, entre lesquels sort Rê et qui croissent sur les Soulèvements-de-Chou ..." (= le ciel).


 


     Cette fonction analogue de deux sycomores, de deux balanites ou de deux mimusops (perséa), cette notion de l'apparition du soleil entre ces
arbres est également récurrente dans l'art funéraire. Ainsi, parmi d'autres tombes thébaines ou memphites, peut-on voir dans la TT63 à Cheikh abd el Gournah, d'un certain Sobekhotep, Gardien du
sceau sous Thoutmosis IV, la représentation d'une pièce d'eau.


 


      A gauche, le texte précise : "Paroles dites par le sycomore qui est du côté ouest de son bassin ..." ; et à droite : "Paroles dites
par le sycomore qui est du côté est de son bassin, salut à toi (Sobekhotep), de la part de Rê que je protège, mon maître ..."


 


     Et Nathalie Baum d'expliquer, p. 63 de son "Arbres et arbustes de l'Égypte ancienne, Louvain, Peters, 1988, que les deux arbres
encadrant la pièce d'eau mettent en valeur les deux moments cruciaux de la course du soleil à laquelle le mort souhaite prendre part. 


 


    Voilà, Etienne, parmi d'autres exemples, quelques-uns qui, je l'espère, répondront à ton attente.


 


Bien à toi,


Richard 


 


 



Aimé jc 04/06/2014 12:53

Permettez-moi M. Richard, de reprendre votre expression...

Très honnêtement...
Afin de clôturer, car je ne désire en aucune manière polluer vos commentaires...

Je n'ai jamais eu, en ce qui me concerne, de différent avec-vous, même pour ce que vous mentionnez à juste titre du reste qui était un véritable manque de précision de ma part et non pas une
utilisation abusive (Nonobstant, je comprends parfaitement bien que cela puisse dépendre du côté ou l'on se trouve...).

Effectivement je vous suis sans jamais laisser de commentaire...
Cela n'est en aucune manière fonction d'une bien futile et stérile rancune, mais en toute honnêteté, cela fait suite au fait que la seule fois ou je me suis permis de vous en laissez un
(commentaire), j'avais ce désagréable ressenti de vous avoir quelque peu irrité parce que j'avais oser analyser chaque mot de votre texte et de fait poser moult questions, non pas pour porter un
quelconque jugement, mais bien pour approfondir davantage certains points...

Alors aujourd'hui je me suis fait violence en quelque sorte, pour amorcer un nouvel essai... Je ne suis jamais dans un objectif de juger, cela ne m'apporterait du reste rien, mais plutôt dans celui
d'en apprendre bien d'avantage... Le plaisir de vous lire ne s'est cependant jamais émoussé jusqu'à présent...

Voilà, je ne saurais pas être plus honnête en l'occurrence...

Bonne journée…

Richard LEJEUNE 04/06/2014 15:31



     Merci de votre honnêteté, Jean-Claude.


 


     Bizarre que je vous aie paru, cette fois-là, irrité de devoir vous répondre, moi qui vis aussi, depuis ma mise à la retraite, du plaisir d'ici
échanger, converser, répondre aux questions qui me sont posées, un peu - mutatis mutandis - comme un vampire vit du sang de ses victimes ...


 


     Mais vous avez raison, n'épiloguons pas outre-mesure et repartons sur des bases plus sereines, plus amènes.


 


     Ainsi, pourrait-on commencer par ne plus nous envoyer du "Monsieur" et plutôt nous appeler par nos prénoms, comme je me le suis déjà permis
ci-dessus.


 


A bientôt vous lire.


 


Richard



Aimé jc 04/06/2014 11:20

Vous l'avez toujours été dans mon esprit ! (Ceci dit en passant, je ne pense pas vous avoir démontré le contraire !)
Si vous avez besoin d'en être convaincu, rappelez-vous depuis combien de temps je vous suis avec assiduité...

Richard LEJEUNE 04/06/2014 12:03



     Très honnêtement, j'ai cru à une désaffectation de votre part dans la mesure où, effectivement très ancien abonné, vous ne déposiez plus de
commentaires sur mon blog ...


     Dans la mesure aussi où nous avions eu, vous et moi, un léger différend quant à l'absence d'une référence à EgyptoMusée sur le vôtre ...


 


     Nonobstant, je suis heureux d'apprendre que, comme beaucoup de mes autres abonnés, vous me suivez des coulisses.



ânhk, le blog d'Aimé Jean-Claude 04/06/2014 09:39

Une façon détournée afin de vous montrer, que je suis toujours aux aguets d'informations pertinentes malgré tout...

Richard LEJEUNE 04/06/2014 09:54



     Cela vous honore.





     Et merci de penser que je suis crédible.



ânhk, le blog d'Aimé Jean-Claude 03/06/2014 20:32

L'arbre Ished, JSd, est bien le Balanites aegytiaca...

Richard LEJEUNE 04/06/2014 08:23



     Je suis fort aise que vous entériniez mes propos ...



François 03/06/2014 17:19

Voilà d'utiles précisions, Richard, dont je pense qu'il serait bon de les diffuser au plus large éventail des amateurs mais aussi et surtout des égyptologues patentés, afin de couper le cou à un
certain nombre d'erreurs répétées à l'envi dans de multiples parutions encensées dans le monde de l'égyptologie.

Il sera sans doute difficile de faire bouger les lignes, mais c'est là, aussi, que le fait d'ouvrir des chemins peut conduire à tracer des avenues...

Alors, reprenons en chœur ces précisions, et entonnons ensemble :

L'ARBRE ICHED N'EST PAS UN PERSEA !!!

Il était bon que cela fut dit...

Botaniquement !
François

Richard LEJEUNE 04/06/2014 08:39



     Merci François d'ainsi entonner le péan de la Vérité.


 


     J'ai cru intéressant, à la suite de ton commentaire de la semaine dernière, de rédiger cette mise au point  - basée non pas sur des a-priori
personnels, tu t'en doutes, mais sur une lecture attentive et croisée de botaniste -, aux fins que les visiteurs d'ÉgyptoMusée puissent définitivement faire la part des choses dans cette
confusion longtemps entretenue au niveau de quelques "arbres sacrés" et de leurs fruits.


 


     Quant à certains égyptologues patentés qui persistent à maintenir cette confusion, je finirai par croire qu'ils ne lisent pas leurs pairs
!


 


     De sorte que je puisse envisager de jouer dans cette cour de "grands", relève du plus haut comique ...


 


     J'ai beaucoup apprécié l'image de l'Ouvreur de chemins traçant des avenues.


     Merci pour lui. 



J-P.Silvestre 03/06/2014 15:15

Je crains, pour Carole, que ces fruits soient un peu mûrs... ou durs !

Richard LEJEUNE 04/06/2014 08:48



     Certes, stricto sensu, Jean-Pierre !


 


      Mais si, comme Carole et d'autres probablement, dont je suis, vous les envisagez en tant que témoins d'un passé, traces mémorielles, oui, ils
sont appétissants dans le sens où ils rencontrent notre désir de connaissances ...



Carole 03/06/2014 14:08

Savant cheminement vers ces fruits si anciens, étrangement intacts, et toujours appétissants - symboles du savoir ?

Richard LEJEUNE 04/06/2014 08:43



     Symboles du savoir ou, reflet de la mémoire d'un passé ?



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