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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 00:00

 

          Vous ne voyez rien dans ce que vous regardez. Ou, plutôt, dans ce que vous voyez, vous ne voyez pas ce que vous regardez, ce pour quoi, dans l'attente de quoi vous regardez : l'invisible venu dans la vision.

 


 

 

Daniel  ARASSE

 

On n'y voit rien

 

Paris, Denoël, Folio Essais n° 147, 2009,

p. 55

 

 

     Lettre ouverte aux visiteurs d'ÉgyptoMusée ...  

 

 

      Voici peu, vous n'eûtes de regards, vous n'eûtes de compassion, vous n'eûtes assez de termes aimables que pour mes compagnes de Kom ed-Dara, meunières de leur état ; et pas un mot - ou presque - pour le manouvrier que je fus, pour la position qui fut également mienne à l'ouvrage, guère plus agréable que la leur, guère plus propice, convenez-en, à mon dos cassé par la récurrence des gestes quotidiens. 

 

     Et moi, et moi, et moi ?

 

     Je figurais pourtant aussi comme elles au sommet de cette vitrine 6 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.

 

 

E 25212 - Brasseur de bière

 

 

     Comme elles, j'avais aussi été un laborieux. Comme elles, je devins aussi "image vivante", - d'un brasseur, pour ce qui me concerne -, immortalisé un jour dans la pierre calcaire quelque peu sableuse par un artiste de la VIème dynastie ou, au plus tard, du début de la Première Période intermédiaire, aux fins d'assurer à son commanditaire, mon maître en l'occurrence, une pérennité de jarres de bière pour son avenir post-mortem.

 

     Le fort gaillard que je fus ma vie durant au service de ce fonctionnaire aisé, pétrissant, malaxant pour obtenir ce breuvage qu'à l'instar de tout Égyptien d'alors il aimait tant, se vit réduit à une statuette de 13 centimètres de haut, 6 de large et 9,3 de long.

 

 

E 25212

(© Louvre - G. Poncet)

 

     Mon nom fut irrémédiablement oublié ; j'allais devenir E 25212 pour l'éternité !

 

     Il me faut toutefois reconnaître que pour ainsi me représenter, ce sculpteur m'a remarquablement bien observé : à la différence de mes compagnes agenouillées, chaque jour que je dus accomplir ma tâche, je me tenais debout, jambes tendues, le haut du corps penché au-dessus d'une sorte de large jarre légèrement évasée en sa partie supérieure, donnant l'impression que mes avant-bras et mes mains étaient happés de l'intérieur.


     En réalité, je brassais la bière : dans un tamis de vannerie claire posé sur ce grand récipient en terre cuite peinte, je pétrissais grains et dattes, de manière qu'en définitive, ainsi filtré, ce mélange de macération qui produirait la boisson alcoolisée tant attendue puisse tomber au fond, et fermenter.

 

     L'artiste qui réalisa les deux figurines de meunières que vous avez tant admirées dernièrement a, me concernant, adopté la même philosophie de réalisation : seuls à ses yeux, nos gestes, notre position comptèrent pour témoigner de nos activités respectives.

Point il ne crut nécessaire d'affiner les traits de nos visages qu'il préféra plats, schématiques : la couleur ocre rouge dont il peignit le mien et qu'il reporta sur mes jambes lui suffit pour indiquer ma masculinité.

 

     Je précise tout de go qu'à mon époque, cette teinte sombre de ma peau ne recelait aucune connotation négative comme cela sera le cas, par exemple, au Moyen Âge chrétien où, le roux des cheveux, - que je n'avais pas ! - et elles furent le signe appuyé d'une nature mauvaise, voire hors normes sociales.

 

     Me concernant, aucun reproche à m'adresser : j'ai toujours bien accompli les devoirs de ma tâche, j'ai toujours obtempéré aux injonctions de mon maître, je n'ai jamais fait le mal ; bref, cette petite "déclaration d'innocence", je vous l'adresse pour vous notifier que j'ai vécu respectueux de la Maât.

 


     Seuls "détails" de mon faciès auxquels le sculpteur consentit : deux petites cavités rehaussées de noir signifiant mes yeux et un léger ressaut dans la pierre indiquant mon nez. 

 

     La queue de cheval s'éployant dans le dos exceptée, il m'affubla du même type de coiffure que mes consoeurs. Et c'est une ceinture analogue à la leur qu'il dessina pour maintenir mon pagne blanc au niveau de la taille. 


     Pas de fioritures inutiles !  


     J'oubliais : il dota également ma figurine de larges épaules, moins pour m'identifier en tant qu'homme, je présume, - car de mes muscles, de mes omoplates, de ma colonne vertébrale ou du galbe de mon séant, il n'eut cure ! -, que pour tenter de faire comprendre que tous trois, quel que soit notre sexe, étions les parangons notoires d'incessants travailleurs. 

 

     Et pour aviser qu'à l'encontre de celles et ceux qui, aux dynasties précédentes, s'affairaient à même le sol, il nous installa "confortablement" sur un socle quadrangulaire dont il avait arrondi les angles. 

 

     Deux différences néanmoins, dont je ne m'explique pas la raison, mais y en a-t-il une en fait, et serait-elle importante ? : c'est par des lignes noires qu'il sépara mes orteils, alors qu'il avait préféré des rouges pour délimiter ceux de mes compagnes. Pourtant, je ne sache pas que pour les belles de ces temps anciens, la mode préconisât déjà d'arborer des ongles peints ...

 

    Seconde divergence, cette fois par rapport à la majorité de mes confrères brasseurs : il n'a pas cru bon de me représenter les genoux fléchis ! Pourtant, je vous assure que cette position, souvent, nous permettait de minorer le poids de notre corps sur nos avant-bras, pression qui eût fini par ralentir nos mouvements de malaxation.

 

     M'est-il enfin besoin d'à nouveau préciser que nos trois figurines ici rassemblées, différents propriétaires les avaient souhaitées pour les accompagner dans l'Au-delà ?

En effet, et selon les croyances de cette époque révolue, en tant qu'images vivantes de ce que nous avions été ici-bas, nous leur assurions par notre seule présence ce viatique essentiel pour leur survie : le pain et la bière.

 

 

     Au terme de cette lettre ouverte à vous destinée, amis visiteurs d'ÉgyptoMusée, dans laquelle je me suis longuement confié, je n'ai qu'un seul désir - en parfait accord avec l'incipit de Daniel Arasse qui la précédait : vous convaincre que nous tous, tâcherons au quotidien présents dans cette vitrine 6 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, méritons de votre part un regard autre que simplement de passage, un regard autre que résolument indifférent ... ; méritons d'être pour vous l'invisible venu dans la vision ...

 

     Puissé-je y avoir réussi.


     A bientôt,

     E 25212

      

 

(Pastoureau : 2011, 94 ; Vercoutter : 1981, 84-5 ; Ziegler : 1997, 2461-8)

 

 

ADDENDUM

 

     Suite au commentaire que m'a laissé François, ce mardi, je l'ai interrogé sur le bien-fondé de mon propos prêté à ce brasseur concernant sa position au travail.

 

     D'une longue réponse qu'il m'a envoyée par courriel, j'extrais pour vous, amis visiteurs, ce qui me paraît le plus important pour compléter cette discussion.

 

     Tout en remerciant le kinésithérapeute qu'il est d'avoir consacré de son précieux temps pour éclairer notre lanterne, je vous propose à présent de prendre connaissance de ce compendium ... 


 

Voici mon idée concernant la position de la statuette qui me paraît la plus "économique" pour le corps du point de vue mécanique :

Les jambes tendues, genoux en "recurvatum" dans notre jargon, ne nécessitent aucune contraction musculaire pour "tenir" les jambes... 

Bras tendus, pour pétrir, on peut alors utiliser le poids du corps en économisant ainsi les muscles des bras.

C'est simple à percevoir : tu te mets debout face à l'accoudoir d'un fauteuil, et tu tentes de peser le plus fort possible sur ledit accoudoir !!! Bras tendus, c'est le poids du tronc et même du corps tout entier qui entre en jeu, alors que si tu plies les bras, il te faut utiliser tes muscles...

Économie, économie, pour durer !!!

Or les pauvres travailleurs du pétrissage se doivent, s'ils veulent travailler des heures durant, de prendre garde et d'épargner leurs muscles ...

 

     Et comme j'insistai pour comprendre l'assertion que j'avais lue chez Madame Christiane Ziegler dans l'ouvrage référencé ci-avant, indiquant que les statuettes de brasseurs, dans leur grande majorité, nous les montraient les genoux fléchis, François m'envoya un nouveau message privé dont voici la teneur :

 

A priori, il se peut que la flexion des genoux correspondrait plus à un geste de relevage.
Un moment où l'on n'est plus dans la pression mais où l'on soulève ce qui est dans le récipient.

Du moins sur le plan de la physiologie articulaire et musculaire ...
Je ne vois pas d'autre explication !

     Immense merci à toi, cher François, pour ces renseignements de première main.

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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commentaires

Cendrine 08/01/2014 15:08

Bonjour Richard,
Me revoici sur votre blog, pour le plus grand plaisir, et savourant cette évocation superbe du travail manuel. Alchimie des mouvements qui se succèdent, entre force et douceur, avec ce qu'il faut
de doigté pour faire naître ce qu'on a dans l'esprit. Je suis toujours admirative des gestes ancestraux, de ce qui se transmet par la parole autant que par l'écrit, de ce que le corps façonne en
utilisant ses capacités.
Quand j'entends parfois "qu'il faut rendre ses lettres de noblesse au travail manuel", je me dis qu'il ne les a jamais perdues et que l'esprit a autant besoin des mains que le contraire.

En ce qui concerne les positions du corps pour accomplir tel ou tel geste, je me permets de rajouter (je suis bien placée pour le dire), que lorsque telle ou telle capacité est défaillante, on peut
déployer des ressources inattendues. Il y a le geste "parfait", celui que mes différents kinés et ostéopathes évoquaient en contemplant, perplexes voire moqueurs pour certains que je m'empressais
de ne plus aller voir, mon corps "biscornu" et l'interprétation d'un geste en puisant dans ce qui ressemble à une faiblesse et qui devient une force, par le biais de la danse notamment. J'avais un
professeur de danse qui faisait interpréter des mouvements associés aux travaux manuels à des personnes handicapées ou déficientes neurologiquement, le résultat était plus qu'impressionnant...
Chacun trouvait sa voie, sa manière de moissonner, de faire du papier, de presser le raisin, etc...

Vous m'avez enchantée avec ce magnifique article et les compliments ne sont pas assez forts.

Bien amicalement, belle journée

Cendrine

Richard LEJEUNE 09/01/2014 08:22



     Vous voici surtout de retour dans la blogosphère parce que votre santé recouvrée vous le permet, chère Cendrine. Et là réside l'essentiel à mes
yeux.


Maintenant que ce retour procure grand plaisir à tous ceux qui apprécient le beau langage ne constitue nullement un paramètre à négliger.


 


     Merci pour les considérations ergonomiques que vous apportez à la suite de François ou d'autres lecteurs.


 


     Cet article - à tout le moins remanié et assorti des commentaires scientifiques qui m'avaient été adressés - a retenu l'attention d'un médecin
parisien, par ailleurs lecteur assidu de mon blog parce que lui-même égyptologue.


Aussi m'a-t-il fait l'immense honneur de m'inviter à le publier sur son blog dédié à la médecine égyptienne.


 


     Ce à quoi j'ai obtempéré ce 7 janvier. Si cela vous intéresse, c'est ici : 


 


http://medecineegypte.canalblog.com/pages/physio---ii---appareil-locomoteur--2-/28880616.html 


 


Bonne lecture.


Richard



FAN 07/12/2013 17:38

Beaux échanges épistolaires sur ce travailleur manuel qui n'est, au musée du Louvre qu'un Numéro mais qui représente à lui seul, tous les brasseurs de bière de cette époque! Je pense, en effet, que
sa position ergonomique lui facilitait le travail!! C'est, sur ce post, la vedette et pour une fois, il aura eu des attentions qu'il ne se doutait d'avoir un jour! Merci Richard! BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 09/12/2013 07:22



     Ainsi de l'avoir mis en lumière, de l'avoir si fréquemment cité cette semaine, toutes et tous aurons-nous contribué à lui assurer
personnellement une certaine éternité, ainsi qu'à la fonction qu'il représente ...


 


     Et de cela, mesuré à l'aune des conceptions égyptiennes d'alors, je suis particulièrement heureux.



J-P.Silvestre 07/12/2013 16:01

Cette obscure clarté qui tombe... de Daniel Arasse

Richard LEJEUNE 09/12/2013 07:17



       Que voilà un bel oxymore, Jean-Pierre ...



François 07/12/2013 11:55

François ;-) est toujours ouvert à tout partage et se tient à disposition de qui le souhaite pour d'éventuels prolongements ou développements de cette discussion ...

Amicalement !
François

Richard LEJEUNE 07/12/2013 12:58



     Merci François.



Richard-Alain JEAN 06/12/2013 18:41

Je parlais de la partie « technique » de l’article que vous pourriez introduire et conclure (ou rédiger ensemble avec François) sur l’exemple que vous avez le premier publié ( !) et notre ami
kinésithérapeute commenté.

Richard LEJEUNE 07/12/2013 11:04



     Personnellement, Monsieur le Professeur Jean, je n'y vois aucun inconvénient. Mais il faudrait que vous en débattiez avec François parce que,
c'est l'évidence même, je ne prendrai aucune décision sans son accord.


 


     Si d'aventure ce projet et cette collaboration étaient acceptés, il faudrait que vous nous précisiez exactement ce que vous souhaitez.


 


     Si vous le voulez bien, pour des motifs personnels de disponibilité, nous en converserons vous et moi lundi.


Et pour ce qui concerne François, voyez avec lui, à votre meilleure convenance. 



Richard-Alain JEAN 06/12/2013 18:21

Oui – ou bien commenté comme exemple dans un article complémentaire qui pourrait être rédigé et signé par François qui le premier a relevé cette particularité sur votre photographie ?

Richard LEJEUNE 06/12/2013 18:30



     A votre meilleure convenance à tous deux : ceci n'est plus de mon ressort ... sauf, peut-être, à servir d'intermédiaire entre vous.



jamot 05/12/2013 22:59

Vous accompagner est un plaisir car faire revivre ( peu importe de ne pas connaitre leur nom) ces gens dont il ne reste à travers leur représentation qu'une effluve évanescente , leur permet de
retrouver pendant quelques instants une réalité tangible.D'ailleurs n'est ce pas un appel aux vivants jankh .w j tpy .w...

Richard LEJEUNE 06/12/2013 08:53



     Certes oui, mais vous n'ignorez évidemment pas que le nom avait une importance primordiale dans les conceptions égyptiennes d'alors ...


 


     Merci pour l'amabilité de vos propos.



jamot 05/12/2013 18:36

commentaire tres pertinent , François, ceci permet de penser que les individus du 2eme millénaire avaient intégrés les positions antalgiques, mais aussi vraisemblablement la rythmicité , et les
changements positionnels .Au total une grande proximité avec le monde paysan du début du XXeme S

Richard LEJEUNE 05/12/2013 19:53



     Au-delà de vos commentaires pointus, messieurs, qui, je l'espère, passionneront mes lecteurs autant que moi-même qui suis incapable d'en moduler
la première note, je retiens votre analyse qui traverse les siècles et donne à vos propos, partant, à mes articles peut-être aussi, une pérennité que jamais je n'avais envisagée.


 


     Pour cela aussi, soyez remerciés de m'accompagner au Louvre. 



François 05/12/2013 18:04

;-))
Je me permets de répondre moi même à "Massage", pseudo qui m'est éminemment sympathique...

Dos cassé, NON, car dans cette position, le dos travaille "en arche de pont", entre jambes et bras, et par conséquent ne souffre pas tellement, bien moins que si les bras ne poussaient pas dans le
même temps ou n'étaient pas appuyés :
il travaillerait alors en "bras de grue", et là effectivement, les lombaires auraient fort à pâtir de la position...
Techniquement !
François

Richard LEJEUNE 05/12/2013 19:47



     Bonne initiative, cher François, de répondre à "Massage" : tu comprendras qu'à ce niveau de
technicité, vos rapports entre spécialistes m'échappent complètement.





     Mais m'agréent au plus haut point !



massage 05/12/2013 16:36

Une économie pour les muscles, mais le dos cassé je suppose... En tout cas, voilà un beau témoignage d'une pratique intelligente d'adaptation. Au passage, excellent blog.

Richard LEJEUNE 05/12/2013 19:45



     Merci à vous pour cette dernière appréciation.


 


     Une simple question : comment êtes-vous arrivé à me lire ... et cet article plus spécifiquement ?



Alain 05/12/2013 13:07

Tu peux te douter que cette façon de faire parler une oeuvre d’art me plait.
Cet humble tâcheron retrouve une forme humaine, un visage, il est vivant. On le perçoit maintenant, clairement, effectuant son travail dans la douleur de cette position éreintante.
Décrit ainsi, on pourrait sentir les odeurs de cette époque ancienne. On pourrait même voir l’artiste en train de modeler cet homme.
Tu devrais plus souvent rendre l’art visible.

Richard LEJEUNE 05/12/2013 19:42



      Oui, Alain, je me doute. Mieux : je savais ! 


 Car parce que j'aime lire ce que tu publies sur ton excellent blog, parce que j'aime
cette approche que tu imprimes à tes descriptions d'oeuvres d'art, j'ai parfaitement compris, dès cette première phrase, le sens même de ce que tu allais aujourd'hui m'écrire.





     Merci pour ce très beau commentaire que tu m'adresses.



Richard-Alain JEAN 05/12/2013 12:14

Je suis bien d’accord avec ces précisions anatomophysiologiques d’ordre ergonomique déjà ...
Puis-je citer cet exemple dans mon travail ?

Richard LEJEUNE 05/12/2013 12:48



     Merci à vous aussi d'être intervenu, Monsieur le Professeur : ce sera évidemment un honneur pour François - bien plus que pour moi qui avais tout
faux ! -, que ce petit brasseur, au départ bien anodin, entre par la grande porte dans vos travaux.


 


     Je présume que sur votre site Histoire de la médecine en Égypte ancienne, il s'inscrira à la suite de cet article sur l'anatomie et la dynamique des membres inférieurs ?
 


 


 




jamot 05/12/2013 10:08

François le kiné a parfaitement raison.La mécanique articulaire est un domaine tres précis et ceci montre bien qu'il est nécessaire de travailler en pluridisciplinarité pour comprendre ce qu'ils
ont voulu transmettre ,nos prédécesseurs de la VIeme dynastie .Encore merci pour vos commentaires

Richard LEJEUNE 05/12/2013 11:13



     Merci à vous, Monsieur Jamot, et pour l'intérêt que vous portez à mon blog et pour avoir ici pris la peine d'entériner les assertions de François
- dont, évidemment, je n'ai jamais douté.


 


     J'aurais d'ailleurs dû le consulter avant de prêter au brasseur E 25212 les propos que j'estimais logiques quant à sa position au travail, moi
qui n'ai pratiquement jamais tenu qu'un bic en main !   



christiana 04/12/2013 13:10

Tout dépend du moment de la journée, les deux ne sont pas incompatibles, une bonne Moinette bio par exemple.

Richard LEJEUNE 05/12/2013 07:30



     Je ne sais pas, Christiana : je n'y connais strictement rien en bières belges. Je n'aime d'ailleurs pas
le goût de la bière, de quelque pays qu'elle provienne !





     Quand nous étions allés à Prague, mon épouse s'était régalée : Pilsen n'était évidemment pas loin. Personnellement, j'y fis aussi de très belles découvertes ... parmi les Tokay proposés.


 


     A mes yeux - en mon palais, plutôt -, seul le vin a ses entrées
...



christiana 04/12/2013 09:37

J'ai un faible pour le brasseur car il me fait penser à mon homme quand il pétrit le pain (la coiffure en moins :-)

Richard LEJEUNE 04/12/2013 10:43



     Je comprends mieux ...


     Et c'est toi, alors, qui lui offres une bière.


     A moins qu'il préfère un Vernacia di San Gimignano bien frais ...



Louvre-passion 03/12/2013 21:12

Va t'il rester "E 25212" pour l'éternité ? C'est sa codification dans la "base Atlas" du musée du Louvre, mais il s'appelle aussi "Brasseur de bière".
Quelque soit son nom, cette humble statuette est passée à la postérité en rejoignant les salles du musée du Louvre, ce qui n'est pas si mal.

Richard LEJEUNE 04/12/2013 10:34



     Oui, L.-p., il restera vraisemblablement E 25212 pour l'éternité ... ne fût-ce que, dans l'inventaire, pour le différencier d'éventuels autres
brasseurs anonymes qui ne portent que le nom de leur seul statut professionnel. 


 


     Pour que ce personnage passe à la postérité, comme tu l'écris, faudrait-il encore que les visiteurs du Département des Antiquités égyptiennes du
Musée du Louvre - qui cherchent plus souvent LE scribe, LA momie ou un colosse de Ramsès II -, prennent aussi attention à lui, si petit, si effacé ... 



Carole 03/12/2013 20:50

Merci d'avoir donné la parole à E25212. Dire que nous donnons des matricules, aujourd'hui, à ces visages du passé...

Richard LEJEUNE 04/12/2013 10:25



     Oui, Carole. Et pourtant, il a dû avoir un nom. Mais comme cette figurine était anépigraphe, nous ne le connaîtrons jamais ...


 


     L'important était en définitive ce qu'il représentait, pas son identité !



François 03/12/2013 18:15

Bon, on le sait ici déjà, je suis effectivement plus sensible au charme de ces dames qu'à celui de mes pareils...

Ici, ce qui est remarquable c'est la parfaite observation de la position, car, vois-tu, jambes tendues de la sorte, notre brasseur utilise au mieux le poids de son corps pour économiser et la
fatigue des jambes et la force des bras...Comme le fait en massant quelqu'un que je connais bien...

Et bien que provenant de tombes diverses, cet ensemble est parfaitement cohérent dans sa facture... Bravo à celui qui a composé ce groupe, et merci à celui qui comme chaque semaine nous ravit !

Amicalement !
François

Richard LEJEUNE 04/12/2013 10:10



     En parfaite opposition par rapport à Christiana, nous sommes tout logiquement, toi et moi, François, plus "attirés" par les figurines féminines :
attendons d'éventuels autres témoignages de lecteurs sur ce sujet.


 


      Je suis heureux de lire les commentaires avisés d'un praticien quant à la position adoptée par le brasseur : ils me semblent en contradiction
avec ce que j'avançais.


Cela signifie-t-il que je me trompe quand j'écris que les genoux fléchis lui permettaient de minorer le
poids de son corps sur ses avant-bras, pression qui eût fini par ralentir ses mouvements de malaxation ?


Auquel cas, je réaménagerai mon texte ...



 



J-P.Silvestre 03/12/2013 16:11

Bien qu'à la base de toutes les civilisations - c'est eux qui les ont construites de leurs mains - les travailleurs manuels ont toujours été rejetés, méprisés.
On leur a préféré les penseurs, les concepteurs mais que seraient ces derniers sans ceux qui ont mis en oeuvre le résultat de leurs cogitations ?
Notre époque échappe d'autant moins à cette règle que les progrès techniques permettent de limiter les travaux manuels. Ce qui ne réduit pas le volume de travail demandé aux ouvriers mais les
exclut, toujours plus nombreux en les réduisant au chômage, à la précarité et, pour finir, à la pauvreté dans un monde où les fortunes s'épanouissent...

Richard LEJEUNE 04/12/2013 09:36



     Merci, Jean-Pierre, pour cette analyse pointue plus en relation avec notre société contemporaine qu'avec celle des laborieux antiques qui, je
vous assure, n'avaient pas le temps de connaître le chômage ; analyse qui s'imprime dans le droit fil des interventions sur votre blog.


 


     Ceci posé, une réflexion portant sur les conditions de vie de ces travailleurs antiques - même si je l'ai à certains moments initiée dans mes
articles - mériterait également que l'on s'y attarde ... 



christiana 03/12/2013 16:07

Me revoici sur internet pour une visite éclair au milieu de ces journées chargées où j'ai -hélas- d'autres chats à fouetter...
J'avais 2 articles de retard, c'est réparé!
Personnellement, c'est le petit brasseur qui a ma préférence. Facile quand on arrive après tout le monde? Et non car souviens-toi ce que je disais le 19/11/2013:
Si les trois personnages sont assez "grossièrement" sculptés, le mouvement est pourtant si bien observé et si bien rendu!
Si je ne l'ai pas précisé ce 19 novembre, c'est pourtant bien le geste du brasseur (je pensais à l'époque qu'il pétrissait le pain)courbé sur son pétrin qui m'inspirait ces quelques mots.

Richard LEJEUNE 04/12/2013 09:23



     C'est un plaisir de te retrouver, Christiana, ici et sur ton blog avec ces superbes photos de roses givrées qui parsèment ta propriété.


Superbes mais annonciatrices de moments climatiques qui me gênent profondément : l'humidité et mes articulations ne font pas bon ménage.


Malgré ton "hélas", J'espère que tes "chats à fouetter" ne sont en rien un problème familial majeur ...


 


     Je prends note de ton choix mais trouve personnellement que si ce n'est qu'une question de rendu de mouvement, les deux meunières avaient de quoi
bien plus m'attendrir.


Mais tout cela, évidemment, ne constitue qu'un ressenti personnel. 


 


     Merci d'être ici passée et bon courage pour assumer tes journées chargées.



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