Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 00:00

 

     A mi-chemin de la cage au cachot, la langue française a cageot, simple caissette à claire-voie vouée au transport de ces fruits qui de la moindre suffocation font à coup sûr une maladie.

     Agencé de façon qu'au terme de son usage il puisse être brisé sans effort, il ne sert pas deux fois. Ainsi dure-t-il moins encore que les denrées fondantes ou nuageuses qu'il enferme.

     A tous les coins de rues qui aboutissent aux halles, il luit alors de l'éclat sans vanité du bois blanc. Tout neuf encore, et légèrement ahuri d'être dans une pose maladroite à la voirie jeté sans retour, cet objet est en somme des plus sympathiques - sur le sort duquel il convient toutefois de ne s'appesantir longuement.

 


 

      Francis PONGE

 Le Cageot


dans Le Parti pris des choses 

Paris, Gallimard, 1942.

 

 

 


 

     Avec l'exceptionnel ouchebti du prince Thoutmosis, fils aîné prématurément décédé d'Amenhotep III et de la reine Tiy que nous avons rencontré mardi dernier dans son rôle de meunier du dieu Ptah, souvenez-vous amis visiteurs, j'ai apposé un point quasiment final à l'évocation des monuments relatifs à la panification exposés sur le versant nord de la vitrine 6 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.

 

     Quasiment car, vous l'aurez probablement remarqué, il m'incombe d'encore attirer votre attention sur les pièces disposées sur l'étagère supérieure, immédiatement en dessous des deux figurines de meunières que précédait celle d'un brasseur, surplombant  l'ensemble,


 

Etagere---Brasserie-----Vitrine-6--Cote-Nord---L.-p.-.JPG

 

la brasserie constituant précisément le thème de cette petite tablette vitrée.

 

     Or, nul n'ignore plus, je présume, que la même pâte à pain, à partir d'un certain type de céréales communes, fut en Égypte antique à la base des opérations visant à préparer la bière, ces deux produits constituant le quotidien de la majorité de la population.

 

     Raison pour laquelle vous pouvez vous rendre compte que l'attitude des trois artisans brasseurs oeuvrant devant nous


 

 E-27164-Trois-brasseurs--L.-p.-.JPG

 

 

ressemble à celle de boulangers.

     Aussi, en l'absence d'informations précises, est-il parfois malaisé d'établir une distinction entre le travail des uns et celui des autres, tant leurs gestes sont apparentés. 

 

     Acquis par le Louvre en 1978, le modèle de bois stuqué et peint (E 27164) qui nous occupera une partie de cette matinée date du Moyen Empire. Toutefois, sa provenance reste inconnue.

 

     Il est constitué d'un plateau de bois d'une longueur de 29,50 centimètres pour 20,30 de large sur lequel, à gauche, différentes sortes de vases à bière - six en tout - n'attendent plus qu'à recevoir le précieux breuvage que vont fabriquer les trois personnes de droite : deux hommes penchés d'abord, qui s'affairent à écraser les grains - d'orge ou de blé amidonnier - en se servant d'un rouleau broyeur sur leur meule et, à leurs côtés, une femme assise, poitrine nue, les mains tendues vers un objet définitivement perdu.

 

     Bien au-delà de la rusticité, - de la gaucherie jugeront peut-être certains -, inhérente à l'ensemble des modèles que nous avons croisés - et je pense évidemment aux figurines que vous avez précédemment tant admirées et que vous apercevez toujours au-dessus de la vitrine -, c'est naturellement encore ici la philosophie du geste, de l'attitude au travail qu'il nous faut retenir.

 

     Nonobstant les grands yeux blancs démesurés et dépourvus de pupille qui barrent leurs visages, ainsi courbés sur leur tâche, ils semblent extrêmement concentrés sur l'effort à fournir. 

 

     Un détail technique, un détail de fabrication vient aussi distinguer ces trois manouvriers : ils ne sont pas taillés d'une seule pièce. Tels certains jouets articulés de notre prime enfance, leurs bras sont rivés aux épaules par des tenons et leurs mains, de la même manière, au rouleau qu'ils manipulent.    

  

     Si je "lis" la scène de droite à gauche, c'est-à-dire dans le sens le plus constant de l'écriture hiéroglyphique, je puis augurer qu'après la réduction des grains en farine à laquelle les deux hommes étaient occupés, cette servante préparait vraisemblablement le pâton d'orge dans une cuve, - à l'instar de n'importe quel confrère boulanger ; pâte qu'elle humidifiera avec de l'eau froide, avant de quelque peu la cuire dans des moules autres que les bedja que vous connaissez maintenant, essentiellement utilisés, quant à eux, pour les pains de consommation.

 

     En effet, pour les pains de brasserie - pain vert, lit-on dans le mastaba de Ti - destinés à être malaxés avec d'autres ingrédients, nul besoin de chercher une présentation belle et régulière : galettes plus ou moins rondes, pains plus ou moins ovales, triangulaires, modelés le plus souvent à la main conviendront tout aussi bien.

 

     C'est également de différentes manières qu'ils étaient légèrement précuits : soit dans des récipients distincts, moule-setchet ou moule-aperet, soit directement sur le feu, comme le montre ce modèle en bois (AF 12873d'un homme activant son petit foyer individuel avec un éventail, disposé en dessous, à l'extrémité de l'étagère des pains vieux.

 

 

Figurine-de-cuisinier----AF-12873---c-L.-p.-.JPG

 

 

     Par la suite, la jeune femme du trio ci-dessus émiettera les "pains-bière" dans la grande jarre munie d'un bec verseur que vous apercevez sur sa droite, avant de brasser le tout en l'additionnant de malt puis de pulpe de dattes aux fins de sucrer - ces deux apports engendrant la fermentation -, et, éventuellement, de quelques épices si elle souhaitait l'aromatiser.

 

     Détail important : le houblon, plante à l'origine du goût amer de nos bières contemporaines, était ignoré des Égyptiens. De sorte que leurs heneqet - comme le précisent les textes - furent probablement plus sucrées que les nôtres, partant, plus alcoolisées aussi ; raison pour laquelle le terme fut-il parfois assorti d'épithètes telles que "forte", "brute" ...

 

     Si j'en crois le menu de Tepemânkh que pour vous j'avais détaillé le 29 janvier 2013, voici exactement un an, les Égyptiens produisirent deux types de bières : une blonde djeseret et une brune kenemes.

     Mais vous aurez tout de suite deviné, amis visiteurs, qu'aucune cruche en contenant encore ne nous est parvenue. Et ce ne peut être avec des résidus desséchés retrouvés en leur fond que nous connaîtrons le goût véritable de cette boisson égyptienne antique. Tout au plus, les analyses en laboratoires détermineront-elles l'un quelconque des ingrédients naturels qui la composaient ...  

 

     Autorisez-moi une courte parenthèse pour souligner que, malgré certaines consonances, trompeuses au demeurant, la bière Heineken que nous connaissons de nos jours ne doit en rien son nom à la heneqet des anciens Égyptiens mais porte simplement le patronyme du jeune Amstellodamois qui, au XIXème siècle, la créa.   

 

 

     Décanté, tamisé, filtré, le liquide tant apprécié des riverains du Nil antique était alors versé dans des récipients généralement ovoïdes élaborés à partir du limon du fleuve, au fond pointu, plantés en terre ou encastrés dans un support de bois. Ils étaient obstrués avec un bouchon conique en argile. C'est également en l'enduisant d'argile que l'intérieur pouvait être rendu étanche.

 

     Enfin, ces "bouteilles" étaient au besoin transportées dans des caisses semblables à ce que vous montrent, tout à fait à gauche sur l'étagère, les deux minuscules modèles de cageots en bois peint de quelque 5 centimètres de hauteur : considérez-les comme de lointaines figurations de ceux que Francis Ponge présenta en vous accueillant ce matin.

 

     Si le second est vide (E 2716), le premier (E 2729) contient trois des modèles de ces jarres à bière que je viens d'évoquer (E 2718, E 2719 et E 2720), mais en bois peint et non en terre cuite. 

 

 

E 2729 (cageot) contenant E 2718-E 2719-E 2720 (jarres à b

 

 

     Ce sont ces cageots, rappelez-vous, que nous avions vus en novembre 2008 sur les têtes de certaines porteuses d'offrandes qui semblaient se diriger vers le mastaba d'Akhethetep, dans la vitrine 1 de la salle 4.

 

 

Porteuses-d-offrandes--c-A.-Dequier--copie-1.jpg

(Salle 4, vitrine 1 - © A. Dequier)

 

      Vous aurez évidemment compris qu'indépendamment du fait qu'ils me permettent de quelque peu vous expliquer le "fonctionnement" d'une brasserie, les objets en réduction ici exposés sur l'étagère que nous avons détaillée aujourd'hui, n'avaient d'autre raison d'être que d'accompagner un défunt dans sa dernière demeure en lui assurant, - finalité magique essentielle que détient l'image aux yeux des Égyptiens de l'Antiquitéquel que soit son aspect sommaire ou non -, la quantité de bière nécessaire à son éternité.

 

     M'est-il besoin d'ajouter qu'un dessein identique animait les scènes de boulangerie que nous avons découvertes sur les bas-reliefs précédemment rencontrés de ce côté de la vitrine 6 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre ?

 

     Je m'en voudrais de vous quitter, amis visiteurs, sans vous avoir précisé un dernier point : pains et bière n'étaient évidemment pas que destinés aux classes les moins favorisées de la société égyptienne : le souverain et la cour, notamment, en consommaient. Pour ses besoins personnels, le Palais en effet disposait de boulangers et de brasseurs dont certains, plus favorisés que d'autres assurément, obtinrent l'insigne privilège royal de bénéficier d'une tombe dans la Montagne thébaine.

 

     C'est ce que tout récemment nous a appris le magazine égyptien Luxor Times en publiant la découverte réalisée par l'égyptologue japonais Jiri Kondo, Directeur de la mission de fouilles de l'Université de Waseda, du superbe hypogée non encore complètement exploré de Khonsouemheb, à El Khokha, sur la rive ouest de Thèbes.

 


New-tomb-discovered-in-El-Khokha-by-Waseda-University--c-L.jpg

(© Luxor Times)

 

     Les textes hiéroglyphiques qui accompagnent les peintures remarquablement bien conservées nous apprennent qu'à l'époque de Ramsès II, Khonsouemheb porta le titre de surveillant des greniers et des fabricants de bière pour la déesse Mout ; son épouse et sa fille étant toutes deux chanteuses de la même divinité.     

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE      

 

 

ANDREU Guillemette/RUTSCHOWSCAYA Marie-Hélène/ZIEGLER Christiane 

1997, L’Egypte ancienne au Louvre, Paris, France Loisirs, pp. 78-9.

 

BAVAY Laurent
2004, Les "jarres à bière", dans Doyen F. et Warmembol E. (s/d),  Pain et bière en Égypte ancienne, de la table à l'offrande, Treignes, Catalogue d'exposition, Guides archéologiques du Malgré-Tout., p. 54.

 

DOYEN Florence 

1999, Modèle de brasserie, dans Warmenbol (s/d) Ombres d'Égypte. Le peuple de Pharaon, Catalogue de l'exposition au Musée du Malgré-Tout, Treignes, Editions du Cedarc, notices 64 et 67, pp. 85-6.

 

MOERS Lucie C.
2004, La transformation des céréales : boulangerie et brasserie en Égypte ancienne, dans Doyen F. et Warmembol E. (s/d), Pain et bière en Égypte ancienne, de la table à l'offrande, Treignes, Catalogue d'exposition, Guides archéologiques du Malgré-Tout, pp. 48-51.

 

PETERS-DESTÉRACT Madeleine

 2005, Pain, bière et toutes bonnes choses ... L'alimentation dans l'Egypte ancienne, Monaco, Editions du Rocher, pp. 149-79.

 

PIERRAT-BONNEFOIS  Geneviève

 1997, Salle 5 - Élevage, chasse et pêche, dans Ziegler, 1997Louvre : Les Antiquités égyptiennes I (Guide du visiteur), Paris, Éditions de la Réunion des Musées nationaux, 29-30.

 

TALLET Pierre

 2003, La cuisine des pharaons, Arles, Actes Sud, pp. 21 et 99-103.

 

VANDIER Jacques
1964,  Manuel d'archéologie égyptienne, Tome IV, Bas-reliefs et peintures - Scènes de la vie quotidienne *, Paris, Picard, pp. 293.

 

WILD Henri

1966, Brasserie et panification au tombeau de Ti, Le Caire, B.I.F.A.O. 64, I.F.A.O., pp. 95-120.

Partager cet article

Repost 0
Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
commenter cet article

commentaires

christiana 01/02/2014 11:16

Je suppose que les statuettes sont également en bois et pas seulement la tablette.
Avec leurs bras rivés (et articulés?) par des tenons , elles m'ont fait penser à des marionnettes.

J'en ai profité pour retourner voir les porteuses d'offrandes 2008 que je ne connaissais pas (pas encore visiteuse de ton blog en cette époque), elles sont très belles et fières avec leur port très
droit.

Cette remarque de Carole serait une belle idée pour le début d'un roman d'aventure à travers les millénaires... Dommage que je ne m'y connaisse pas assez en égyptologie, mais toi Richard? Tu
connais tout et tu écris bien... Alors?

Richard LEJEUNE 01/02/2014 12:31



     Tout est effectivement en bois, Christiana : c'est d'ailleurs ce que je pensais signifier en écrivant qu'il s'agissait d'un modèle de
bois stuqué et peint. Mais vraisemblablement n'ai-je pas été suffisamment précis. Merci d'attirer mon attention sur ce point. 


 


     Détrompe-toi : je suis loin de tout connaître et c'est très bien ainsi ! Cela me permet de ne jamais m'ennuyer puisque j'escompte par mes
lectures continuer à apprends tous les jours ...


 


     Quant à devenir romancier, je n'y ai jamais songé une seule seconde. J'ai toujours préféré exposer quelques parcelles de ce que je sais, soit
oralement - ce furent 35 superbes années d'enseignement -, soit aujourd'hui grâce à ce blog que je souhaite le plus rigoureux qu'il me soit possible.


     Mais inventer des personnages fictifs et leur prêter faits et gestes comme tu le fais avec bonheur, j'en suis personnellement incapable.
  



FAN 29/01/2014 17:54

Excusez-moi Richard, oui, j'ai lu votre réponse!!le fait est que ce n'est guère le moment de vouloir visiter les merveilles de l'Egypte ancienne!!BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 30/01/2014 08:02



     J'espère que cela le redeviendra vite et que la politique permette que l'Égypte soit à nouveau un pays d'accueil.





     Mais personnellement, avec l'armée en coulisses du pouvoir, j'en doute beaucoup !



FAN 29/01/2014 15:47

aurais-je cliqué sur fermer au lieu de publier?? ou est mon commentaire? Grr BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 29/01/2014 16:16



     Aucun problème chez moi, Fan : j'ai bien reçu votre commentaire publié deux minutes avant celui-ci. Et viens d'y répondre.


 


     Et vous, le voyez-vous maintenant apparaître sur mon blog et êtes-vous à même de lire la réponse que j'y ai apportée ?



FAN 29/01/2014 15:45

Merci Richard, ce post est achalandé, entre les personnages à la coiffure "Playmobil" et cet intérêt pour la fabrication de la bière (déjà, les humains aimaient à se griser l'esprit)Les porteuses
d'offrandes si belles, j'espère que les cagettes étaient fabriquées en peuplier ou balsa ou autre bois léger, et je rêve de visiter Louxor pour admirer les fresques du tombeau de Khonsouemheb qui
semblent presque intactes!! BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 29/01/2014 16:13



     Ne vous précipitez pas trop vite, chère Fan : le tombeau de Khonsouemheb est en cours de fouilles et n'est donc pas encore ouvert au
public.


 


Mais il en existe d'autres, rassurez-vous !


Il semblerait que pour l'instant, et en vue probablement de susciter l'envie des gens de revenir visiter l'Égypte, une politique d'ouvrir des hypogées nouvellement
aménagés se fasse jour ...



Alain 29/01/2014 12:18

Une bonne bière bien fraîche, l’été, n’est pas désagréable. Le vin aussi, bien sûr, restons français !
J’ai cru comprendre que les bières égyptiennes étaient plus alcoolisées que les nôtres. Les « porteuses d’offrandes », portant les cageots en pleine chaleur, devaient bien y goûter parfois ? Et
leurs maris devaient attendre longtemps leur retour…

Richard LEJEUNE 29/01/2014 12:39



     En lisant la réponse que je viens de rédiger à la suite du commentaire de François, tu prendras connaissance, Alain, d'une expérience de
production de bière réalisée en 1996, en Grande-Bretagne qui, à partir d'une "recette" du Nouvel Empire, permit d'obtenir une boisson alcoolisée à hauteur de seulement 6 %.


 


     Non seulement, ce n'était qu'une expérimentation pour laquelle les conditions d'hygiène furent plus que très vraisemblablement éloignées de
celles connues en Égypte antique, mais en outre, à partir de données relatives à une époque précise.


 


     Il est fort probable que, suivant les siècles et les lieux de production, les bières que burent réellement les Égyptiens différèrent
grandement.


 


     Quant aux porteuses d'offrandes, l'histoire ne dit pas si leurs époux les attendaient une pinte à la main !



François 29/01/2014 10:58

Cette bière devait ressembler à du gruau, une sorte de porridge fermenté, en quelque sorte... Bien loin des goûts actuels, sans doute et peu ragoutante pour nos palais contemporains.

Et quelle importance, pourtant, pour les Égyptiens, morts ou vifs...

Vous m'en verserez bien mille, s'il vous plait !

Amicalement !
François

Richard LEJEUNE 29/01/2014 12:24



     Mille !!! Commande à l'égyptienne, si je comprends bien !


Fichtre : vous n'y allez pas avec le dos de la cuillère à offrandes dans les estaminets de la Promenade des Anglais !


Je suggère alors de vous livrer également mille pains, pour éviter les dégâts ... qui ne seraient pas que des eaux, ceux-là !


 


     Ceci posé, François, ce sont mille bouteilles - quantité qui, à mon sens, ne doit rien au hasard - de "Tutankhamun Ale" qui, en 1996,
sur les conseils avisés de l'égyptologue Delwen Samuel de l'Egyptian Exploration Society furent produites grâce à des brasseurs du nord du Royaume-Uni, après analyse de résidus trouvés au fond de
jarres datant du Nouvel Empire. 





     Cette bière, explique Lucie Moers, licenciée en Histoire de l'Art et Archéologie de l'Université libre de Bruxelles, aux pages 49 et 50 de son
article La transformation des céréales : boulangerie et brasserie en Égypte ancienne, publié dans le catalogue de l'exposition Pain et bière en Égypte ancienne, de la table à
l'offrande, qui se tint en 2004 au Musée du Malgré-Tout, à Treignes, en Belgique, fut réalisée à partir d'un mélange de blé amidonnier malté et non malté, soit des grains germés que l'on
broie en y additionnant de l'eau froide et d'autres, non germés, avec de l'eau chaude.


     Grâce à la germination d'une partie de cette concoction, le malt produisit des enzymes  transformant en sucres l'amidon contenu dans les
grains.





     Les brasseurs expérimentateurs anglais mélangèrent ensuite les deux portions de la préparation initiale, puis filtrèrent le tout, obtenant une
bière quelque peu sucrée dont le degré d'alcool n'atteignait que 6 %. 


 


     Je ne me trouvais pas à Londres, cette année-là, aux fins d'acquérir, chez Harrod's, la première de ces mille bouteilles pour
... 5 000 £ sterling.



Carole 28/01/2014 23:38

Et si ce jeune Heineken descendait d'un brasseur égyptien ?
Après tout, ce monde, quand vous le présentez, semble si proche...

Richard LEJEUNE 29/01/2014 07:36



     Heineken, un très lointain descendant d'un brasseur égyptien ? 


     Pourquoi pas ? L'idée me sied ...


 


 



Louvre-passion 28/01/2014 21:01

Après la lecture de cet article je me suis dit que je le commenterais en soulignant qu'un natif du pays de la bière ne pouvait qu'être un spécialiste du sujet.
Or, je vois dans ta réponse à un autre commentaire que tu n'aime pas la bière et que lui préfère le vin (moi aussi).
Je peux donc dire que, malgré ta préférence pour le breuvage de Bacchus, ton explication sur la fabrication de la bière en Egypte était bien celle d'un spécialiste ... de l'Egyptologie.

Richard LEJEUNE 29/01/2014 07:17



     Merci V. : j'apprécie grandement ton commentaire.


Toutefois, je ne suis pas un spécialiste, simplement un amateur.


     


     Mais, étymologiquement parlant, il y a déjà amour dans amateur ... 



Etienne Remy 28/01/2014 00:43

Hello Richard,

ton article m'a donné soif,
je m'en vais boire une bonne mousse bien fraîche.
Je me suis toujours demandé quel goût aurait une bière égyptienne.

Bien à toi!

Etienne.

Richard LEJEUNE 28/01/2014 07:33



     Si tôt ? ... Ou si tard ?  A ta santé Etienne.


 


     A partir du moment où, en "mauvais" Belge, je n'aime pas la bière et lui préfère (très nettement) le vin, c'est à son propos que je me suis moi
aussi souvent posé la question du goût qu'il pouvait avoir en Égypte antique ... 


 


     Malheureusement, ni toi ni moi n'obtiendrons de réponse à nos interrogations !



Présentation

  • : EgyptoMusée - Le blog de Richard LEJEUNE
  • EgyptoMusée  -  Le blog de Richard  LEJEUNE
  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
  • Contact

SI VOUS CHERCHEZ ...

Table des Matières (13-12-2012)

 

METCHETCHI

 

OU

 

Sinouhé - Hiéroglyphes

 

SINOUHE

Ou Encore ...

L' INDISPENSABLE



Les dessins au porte-mines

de Jean-Claude VINCENT

EgyptoMusée est membre de

Pages