Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 23:00

     Le Doum croît auprès des monumens de Philae, de Thèbes et de Denderah. Sa verdure contraste avec la sécheresse des lieux qui l'environnent. En s'élevant dans les plaines presque stériles qui bordent le désert, il présente un rempart contre les vents et les sables ; et il rend propre à la culture, des lieux qui seroient abandonnés, s'il ne les abritoit.

 


 

Alyre RAFFENEAU-DELILE

Description du palmier doum de la Haute-Égypte, ou Cucifera thebaïca

       

 

 

     Les passionnés d'Égypte ancienne dont vous et moi sommes, amis visiteurs, n'ignorent certes pas toute l'importance que revêt Montpellier dans notre domaine de prédilection, avec son université Paul-Valéry au sein de laquelle s'est développé un très intéressant Centre François-Daumas, du nom du savant français (1915-1984) qui, le premier, en occupa la chaire d'Enseignement de l'Égyptologie.

 

     Ce que vous savez peut-être moins, c'est que dans le quartier vieux de cette ville du Languedoc-Roussillon se niche un exceptionnel hôtel particulier, devenu Espace Culturel depuis 1999, ayant appartenu à un certain Pierre Magnol (1638-1715), médecin, naturaliste, directeur du jardin botanique - premier Jardin des Plantes en France, souhaité en 1593 par le roi Henri IV -, "laboratoire expérimental" de simples dans un premier temps, c'est-à-dire de plantes médicinales destinées aux préparations dispensées par les Hippocrate de la Renaissance, à l'instar de celles des potagers des monastères chrétiens de notre Occident médiéval.

 

     Si ce matin j'évoque Magnol, ce n'est pas uniquement pour vous rappeler que son nom passa à la postérité grâce, notamment, au célèbre botaniste suédois Carl von Linné, - dont j'avais cité le nom en vous donnant à lire dernièrement un extrait de la cinquième promenade des Rêveries du Promeneur solitaire de Jean-Jacques Rousseau -, qui emprunta son patronyme pour définir un laurier-tulipier importé d'Amérique, arbre à la superbe floraison printanière et à l'exquise fragrance, à l'ombre duquel, tant, je me plais à lire : le magnolia.

 

Magnolia--01-04-2014-.jpg

 

     Non, si je fais allusion à ce docteur montpelliérain, c'est parce qu'il fut le premier à classer les plantes selon leurs caractéristiques physiques. Ce que reprit et compléta Linné par la suite et qui constitue encore de nos jours la structure même de la systématique végétale, comprenez : leur groupement par systèmes.

 

     En Grèce, Théophraste d'Érèse (approximativement 371-288 avant notre ère), philosophe trente ans formé sous l'égide d'Aristote, - dont il devint le successeur à la tête du Lycée -, mais aussi savant auteur d'une Historia plantarum basée sur les renseignements colligés in situ par les compagnons d'Alexandre le Grand, fut un botaniste de renom auquel j'ai précédemment aussi fait référence dans la mesure où il s'exprima sur bon nombre de particularités de la flore égyptienne.

     J'ajoute qu'il est communément admis qu'il posséda, stricto sensu, le tout premier vrai jardin botanique digne de ce nom, celui de Thoutmosis III à Karnak, je le rappelle au passage, n'étant que représentations gravées sur des parois murales.

 

     A Montpellier, le jardin des plantes initié par le Vert Galant  - et "vert", ici, n'a strictement rien à voir, faut-il le préciser, avec les végétaux du potager royal -, prit au fil des années une extension non négligeable puisque s'y acclimatèrent des espèces exotiques.

 

     Et c'est là que j'en appelle à Raffeneau-Delile, l'auteur de l'exergue que je vous ai proposé ce matin : à l'extrême fin du XVIIIème siècle, le jeune savant qui eut l'heur, avec quelque 150 autres, d'accompagner Bonaparte lors de son expédition en terres nilotiques, non seulement rapporte en France plusieurs espèces allochtones mais aussi constitue un "herbier égyptien", prototype des futures planches de la section botanique de l'imposante Description de l'Égypte ...

 

     Cette longue introduction autour de Delile pour vous encourager, amis visiteurs, après le mimusops que nous avons de conserve rencontré les 13, 20 et 27 mai derniers, à considérer un autre fruit, un autre arbre égyptiens sur lesquels, dès aujourd'hui et les semaines à venir, j'aimerais attirer votre attention.

 

 


           C'était le 24 avril 2008Ce blog avait un mois.

     J'avais, peut-être vous rappelez-vous, évoqué ce jour-là le Belge Henri-Joseph Redouté, dessinateur spécialisé en histoire naturelle qui, lui aussi, s'embarqua aux côtés de petit général corse.

  

     Dans la monumentale Description de l'Égypte susmentionnée, de nombreuses planches sont signées de Redouté, dont celle-ci que j'ai sélectionnée à votre intention à partir du site internet qui propose l'ouvrage complet, intitulée : Palmier doum. Détails de la feuille et de la grappe.

 

 

 Palmier-doum--Redoute--Description-de-l-Egypte--Histoire-.jpg

 

 

      Ce régime, ces fruits groupés (en général une grosse trentaine), - qouqou, en égyptien ancien ; noix-doum, en "français", le second terme provenant de la langue arabe -ce sont, toutes proportions gardées, les mêmes que le modèle (E 14189), en faïence siliceuse bleue, datant du Moyen Empire, placé juste devant le mimusops, que vous  avez ici devant vous, à l'extrême droite de l'étagère accrochée au panneau central, côté Seine, de la vitrine 6 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.

 

 

La Noix-Doum

 

       

     Mais aussi, les mêmes que ceux contenus dans cette coupelle du neuvième et dernier meuble vitré, là-bas, avant la sortie vers la salle suivante. 

 

Coupe-13---Noix-de-palmier-doum.JPG

 

 

     De forme relativement ovoïde, évoluant du jaunâtre au brun rougeâtre, cette drupe sèche sessile, - comprenez : qui semble directement attachée à son support sans intermédiaire, sans pétiole ou pédicelle -, indéhiscente aussi, c'est-à-dire qui ne s'ouvre pas à maturité mais tombe entière de l'arbre, comme une noisette ou un gland de chêne, par exemple -, est dotée d'une chair intérieure fibreuse très prisée des Égyptiens grâce à sa douceur sucrée et son arrière-goût à saveur de pain d'épice.

 

     Quant à sa membrane extérieure, fine écorce reluisante, également comestible, mais plus poivrée, elle entrait parfois dans la composition de certains pains.

 

     En voie de maturation, l'amande, le noyau de la noix-doumrenfermait un liquide lactescent, - aisé à aspirer dès le péricarpe percé -, censé abreuver les défunts assoiffés.

     J'y reviendrai ...


      A maturité, son albumen durcissait considérablement : plus souvent appelé "ivoire végétal", il permettait la confection de perles, de bracelets ou de menus objets sculptés qu'il suffisait alors de polir pour les rendre plus qu'agréables à l'oeil ...

 

     J'indique au passage, - parenthèse linguistique -, qu'il serait aussi possible de m'exprimer à l'indicatif présent dans la mesure où le palmier-doum et ses fruits existent toujours et sont donc encore consommés par les peuples africains qui le cultivent.

 

     A la différence des fruits du palmier dattier, ceux du doum ne sont mentionnés dans aucun des papyri médicaux actuellement connus, à tout le moins sous leur appellation antique de qouqou.

 

      Dans l'incontournable étude des Papyrus médicaux de l'Égypte pharaonique, publiée chez Fayard en 1995 par Thierry Bardinet, je n'en ai en effet retrouvé nulle trace. 

(Mais peut-être ai-je mal cherché ?)


     Et la lecture de l'article de Victor Loret, Étude sur quelques arbres égyptiens, référencé ci-dessous, me confirme que les auteurs anciens n'attribuèrent aucune propriété curative à ce fruit.

 

     Et pourtant, Nathalie Baum avance, p. 110 de son ouvrage, également indiqué ci-après, qu'avec ce fruit, l'on prépare des boissons fébrifuges, des remèdes contre les troubles gastro-intestinaux, ainsi que des toniques cardiovasculaires. Qui croire ?

     Mais peut-être s'agit-il de pratiques qui nous sont contemporaines mais qu'ignoraient les Égyptiens de l'Antiquité ... 

 

     Certains d'entre-vous, amis visiteurs, pourraient-ils éventuellement m'éclairer sur ce point particulier de notre entretien ? 

 

     Quoi qu'il en soit, qu'était réellement cet arbre qui  produisit la noix-doum ? 

      Eut-il un rôle à jouer au sein des croyances phyto-religieuses égyptiennes ? 

      Si oui, lequel exactement ?

 

     Voilà de nouvelles questions que nous aborderons vous et moi dès mardi 17 juin prochain, pour autant que vous acceptiez ce nouveau rendez-vous que d'ores et déjà je vous fixe. 

 


 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

AUFRÈRE  Sydney H.

La botanique et la tradition montpelliéraine et languedocienne. Le jardin botanique de Montpellier, ERUV I, Orientalia Monspeliensia X,  Montpellier III, Université Paul-Valéry, 1999, pp. XXIII-XXVII.

 

 

BAUM  Nathalie

Arbres et arbustes de l'Égypte ancienne, OLA 31, Louvain, Peeters, 1988, p. 106 et 110.

 

 

BEAUVERIE Marie-Antoinette

Description illustrée des végétaux antiques du Musée égyptien du LouvreB.I.F.A.O. 35, Le Caire, I.F.A.O., 1935, pp. 121-2.

 

 

BEAUX Nathalie

Le Cabinet de curiosités de Thoutmosis III, OLA 36, Louvain, Peeters, 1990, pp. 207-9.

 

 

LORET  Victor 

Étude sur quelques arbres égyptiens. I. Les palmiers d'Égypte, dans Recueil des travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes, Volume 2, Livre 1, Paris, F. VIEWEG Éditeur, 1880, pp. 21-6.

(Librement téléchargeable sur le site de l'Université de Heidelberg.) 

 

 

RAFFENEAU-DELILE  Alyre

Description du palmier doum de la Haute-Égypte, ou Cucifera thebaïca, dans Description de l'Égypte, ou recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française, publié par les ordres de Sa Majesté l'Empereur Napoléon le Grand, Volume V : Histoire naturelle, Tome I,  Paris, Éditions de l'Imprimerie nationale, 1809, pp. 53-8.

(Librement téléchargeable sur le site de l'Université de Heidelberg.)

 

 

TALLET  Pierre

La cuisine des pharaons, Arles, Actes Sud, 2003, pp. 82-3. 

Partager cet article

Repost 0
Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
commenter cet article

commentaires

Cendrine 29/08/2014 18:05

Notre curiosité/gourmandise est toujours ardente et la question que vous soulevez me fait penser à ce que je vous disais tout à l'heure. Il y a le savoir des livres et le savoir oral, celui des
recettes parfois cachées qui sont transmises au sein de certains foyers. Ces deux savoirs sont complémentaires, ils ne se concurrencent pas même si, en d'autres temps, certains médecins ont choisi
de bafouer directement les connaissances de guérisseuses et de guérisseurs (c'était l'un des thèmes traités dans ma thèse): "Savoir livresque et savoir oral: rencontres et divergences autour de la
médecine et de l'occulte".

Ainsi, de remarquables lettrés peuvent ignorer (cela n'enlève pas leurs qualités) l'existence de recettes utilisant telle ou telle plante, fleur ou fruit car ces recettes sont employées dans un
cadre familial.

Magnifiques ces fruits aux courbes "glacées". Je ne les glisserai évidemment pas sous mes dents, clin d'oeil...

Belle fin de journée Richard, à bientôt

Cendrine

Richard LEJEUNE 01/09/2014 10:40



     Merci, chère Cendrine, pour le regard attentif que vous avez posé sur cette série d'articles, ainsi que pour vos commentaires avisés.


Sans oublier le temps que vous m'avez consacré en cette fin d'après-midi de vendredi. 


 


A bientôt ...



ânhk, le blog d'Aimé Jean-Claude 22/06/2014 23:35

Bonsoir Richard

Merci pour la richesse de votre réponse, un réel plaisir de vous lire et d'apprendre aussi à vos côtés...

Je connaissais bien trop superficiellement jusqu'à présent M. Richard-Alain Jean, et je suis ravi de lire vos précisions. Du reste j'avais remarqué en le lisant, en particulier au cours des
commentaires qui vous étaient destinés, qu'il est très érudit...

Alors pour le moment je vais me contenter de lire vos propos quant à Nathalie Baum, mais je garde les références que vous m'avez si aimablement transmit dans un recoin de mon esprit... Car au
risque de vous paraître rétro, j'ai beaucoup de plaisir à "feuilleter" un livre, un plaisir difficile à décrire et tout autant d'ailleurs à ressentir avec les autres moyens de recherches...

Alors je lirais vos prochains articles et découvrirais avec plaisir les réponses... De plus, permettez-moi Richard, de vous préciser que vos réponses sont et seront j'en suis persuadé dépassées
toutes mes attentes...
Mon intime conviction...

Amicalement...

Richard LEJEUNE 23/06/2014 08:42



     Merci Jean-Claude.


 


     A bientôt.



FAN 16/06/2014 16:39

Pas trop le temps de vous lire, cher Richard, mais vos posts nous guide vers une botanique qui est intéressant de connaître! Mes yeux fatiguent, grr..A Mardi pour la noix -doum BISOUS FAN

Richard LEJEUNE 17/06/2014 09:14



     Passez à votre meilleure convenance, chère Fan : vous serez vous aussi, vous le savez, toujours la bienvenue ...



Aimé jc 16/06/2014 16:11

Bonjour Richard

Un sujet passionnant, d’autant plus lorsque vous présentez cette introduction historique au début de votre article !
Et que dire de vos précisions quant à cette « vocation familiale », un vrai plaisir d’apprendre en vous lisant !

Lire vos commentaires l’est du reste tout autant : M. Richard-Alain JEAN, de mon point de vue, donne des informations particulièrement riches et instructives… !

Je n’ai pas lu l’ouvrage de Nathalie Baum, cependant je crois comprendre en vous lisant qu’elle énonce des pratiques modernes ! Ai-je bien compris Richard ?

J’ai noté également en lisant François que la saveur ne semblait pas apporter un intérêt particulier !
Cependant se pourrait-il que les noix aient apporté une quelconque satiété à nos anciens… ?
De plus, les consommaient-ils parce qu’elles furent faciles à récolter grâce à leur caractère indéhiscent ?
Ont-elles cette faculté de se conserver dans le temps sans effort particulier ?

Et comme d’habitude, j’ai hâte de lire la suite…

Richard LEJEUNE 17/06/2014 09:11



     Merci, Jean-Claude, pour le regard que vous portez sur mon blog, ainsi que pour vos commentaires bienveillants.


 


     Vous avez raison de retenir notre entretien avec Richard-Alain Jean : à chaque fois qu'il est intervenu depuis qu'il vient visiter EgyptoMusée,
ses propos furent perçus par tous comme étant d'une valeur importante.


    Il faut savoir que le docteur Jean n'est pas "amateur" comme je le suis, mais qu'en tant que Correspondant de la Délégation régionale à la Recherche
clinique de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris et Collaborateur à la Mission archéologique française de l'Institut d'Égyptologie thébaine, URA 1064 au CNRS, INET-LOUVRE, ses propos, ici ou
sur son propre site, les catalogues qu'il a réalisés concernant les objets égyptiens conservés
au Musée d'Histoire de la Médecine, à Paris, concernant les instruments médico-chirurgicaux égyptiens détenus par le Musée du Louvre ou sur L'art vétérinaire et la naissance des bovins dans
l'Égypte ancienne, sans oublier l'excellent ouvrage La mère, l'enfant et le lait en Égypte ancienne, toute cette oeuvre, vous l'imaginez bien, ne peut qu'intéresser ceux qui comme
vous, beaucoup de nos lecteurs et moi-même, se passionnent pour la société égyptienne antique.


 


     Extrêmement intéressant lui aussi, l'ouvrage de Nathalie Baum - fruit de son mémoire présenté à l'École Pratique des Hautes Études (Vème section)
en 1987 - porte au point de départ sur la liste des arbres et arbustes présents dans l'iconographie de la tombe thébaine d'Ineni (TT 81) et, pour étayer cette étude, fait appel aux recherches
effectuées par les botanistes : précisions taxonomiques, hypothèses émises sur l'ancienneté des végétaux égyptiens, sans omettre de colliger des informations sur leurs
usages et sur leur écologie - c'est ce que l'auteur explique dans son avant-propos -, méritent effectivement toute notre attention, même si, depuis, d'autres articles sont parus,
fournissant peut-être des renseignements actualisés.


 


     Si d'aventure ce livre, très cher à l'achat aux éditions Peeters, à Louvain, vous intéresse, vous trouverez grâce au lien ci-dessous, de quoi
passer un certain temps de lecture, étant malheureusement bien entendu que toutes les pages ne sont pas consultables sur Internet.       


http://books.google.be/books?id=UtrxBiVv3t4C&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false


 


     Bien au delà de leur consommation évidente aux temps anciens - et même de nos jours -, noix-doum, dattes et autres fruits ou légumes
exposés sur l'étagère de la vitrine 6 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre que je fais actuellement découvrir à mes lecteurs, bénéficièrent d'égards
particuliers dans la mesure où des usages funéraires et des pratiques magico-religieuses s'y associèrent.


     Mais de ce point spécifique, vous me permettrez ce matin de n'en rien dévoiler car il fera l'objet d'une, voire plusieurs autres interventions,
dans les semaines à venir, avant d'offrir des vacances d'été à mon blog et à ses visiteurs.


 


        Que ces fruits aient apporté un surplus de produits consommables pour les Anciens, j'en suis intimement persuadé ; qu'ils en profitèrent
parce qu'aussi ils s'organisèrent pour utiliser d'autres qu'eux aux fins de détacher les grappes, - vous l'apprendrez bientôt -, c'est aussi indéniable.


     Quant à se conserver dans le temps, je ne pense pas que ceux que contiennent les coupelles de la vitrine 9 de cette même salle du Louvre soient
encore mangeables ...


 


     Et pour la suite, quand vous lirez cette mienne réponse qui, j'espère a pleinement rencontré votre attente, elle sera parue ... puisque nous
sommes mardi.


     Vous n'aurez donc pas à piétiner d'impatience ! 


 


A bientôt,


Richard 


 


 


 


 


 


 


 



PASSION SCULPTURE 15/06/2014 23:20

Encore un article passionnant. Pas étonnant d'avoir parlé de toi aujourd'hui, en sicile, dans la vallée des Temples à une personne de notre groupe passionnée aussi par l'Egypte. Je vais lui faire
découvrir ton blog, mais elle m'a posé de nombreuses questions..........
A très bientôt. amicalement

Richard LEJEUNE 16/06/2014 07:35



     Merci Maryvonne ...


     Et bienvenue à ton amie si, d'aventure, elle vient un jour visiter mon blog.


 


     Profite bien de ton séjour à Agrigente.


 


     En fait, je te croyais partie depuis un certain temps déjà, puisque je ne recevais plus aucune notification de parution d'articles.


Et arrivé sur ta page d'accueil ce matin, je m'aperçois - au nombre de nouvelles interventions - que ma ixième réinscription à ta possibilité de m'abonner il n'y a
pas si longtemps ne porte toujours pas ses fruits !


Vraiment bizarre ...


Je vais encore me réinscrire ! 


 


     Amitiés


     Richard


 



Richard-Alain JEAN 15/06/2014 12:53

De toutes les façons, ton Blog est l’un des meilleurs exemples de sensibilisation aux époques pharaoniques. Il doit susciter bien des vocations historiques en plus des suivis habituels où l’on
découvre toujours quelque chose de différent, un esprit d’ouverture et de synthèse avec la suite des civilisations dont nous sommes - grâce à ta très grande culture littéraire que tu nous fais à
chaque fois partager. Une mine.

Richard LEJEUNE 15/06/2014 17:00



     ... l'un des meilleurs exemples ..., seulement ??? Pas LE meilleur ??


 


     Non ! J'ironise, évidemment parce que ... parce que je ne sais pas vraiment quoi répondre.


     Sauf : MERCI Richard-Alain.



Richard-Alain JEAN 14/06/2014 14:31

Attention à ne pas me lire trop vite Richard : je te parle bien des « textes médicaux actuellement accessibles » (COMMENTAIRE N°5 POSTÉ PAR RICHARD-ALAIN JEAN HIER À 20H07), c’est à dire, sans
compter avec ceux qui sont encore en cours de traduction comme notre pLouvre à Paris et celui de Brooklyn à Montpellier, plus quelques autres plus courts ainsi que des ostraca (même si cela tarde
un peu à mon sens !) Peut-être livreront-ils d’autres éléments sur le palmier doum. Il faut également espérer retrouver d’autres écrits pharaoniques … Ainsi, nous avons encore du travail.

Richard LEJEUNE 14/06/2014 14:52



     Mais j'en suis tout à fait conscient, Richard-Alain.


 


     Nous sommes entièrement d'accord là-dessus : je ne puis, moi qui ne suis qu'amateur, avancer ou étayer des propos qu'à partir de ce que j'ai lu
et non supputer à partir de ce qui pourrait être enseigné par les traductions encore à venir ... dont j'ignore complètement la teneur et auxquelles, contrairement à plus expérimentés que moi, -
toi et d'autres médecins, d'autres papyrologues -, je n'ai même pas accès !


 


     Un vassal se contente le plus souvent de ce que son suzerain consent à lui accorder ! 


 


     Un "Ouvreur de chemins" s'accommode toujours de ceux que l'on a balisés pour lui !



Richard-Alain JEAN 14/06/2014 12:19

repardon c'était hier : COMMENTAIRE N°4 POSTÉ PAR RICHARD-ALAIN JEAN HIER À 16H05

Richard LEJEUNE 14/06/2014 12:33



     Ok. Nous y sommes arrivés !


 


     J'ignorais qu'existait un fuseau horaire différent entre Cherbourg et la Province de Liège. 



Richard-Alain JEAN 14/06/2014 12:17

pardon c'était hier à 16H15 (!)

Richard LEJEUNE 14/06/2014 12:30



    Tu fais allusion à celui de 16, 05 H., je suppose ?



Richard-Alain JEAN 14/06/2014 11:32

(voir ma réponse d'hier vendredi 13 juin à 07H08)

Richard LEJEUNE 14/06/2014 12:13



     ???


 


     Je n'ai reçu aucun commentaire de ta part posté à 07,08 H. ; ni à 19,08H.


     Il te suffira d'ailleurs de vérifier la liste des commentaires sur mon blog pour t'en assurer.



Richard-Alain JEAN 14/06/2014 11:17

Je parlais de « médecine traditionnelle », pas de médecine égyptienne pharaonique, donc de sources postérieures ... comme par exemple, arabes, avec Ibn al-Baytar pour l’incontinence urinaire, avec
Abdelrazzaq pour les morsures d’animaux venimeux, avec Qamus pour sont action astringente ... D’autres sont locales mais d’origine chrétienne et dont les arabes ont pu aussi s’emparer en changeant
le mot qouqou ou l’originel perdu par le mot moql … Dans les bazars du Caire il peut être nommé samg a-muql (avec une certaine confusion). Voir aussi Maïmonide … En fait, j’ai collationné les
usages qui ont un fondement et utilisés au XIXeme par les praticiens en laissant les autres plus aléatoires. Il faudrait que je reprenne mes tablettes pour te faire un laïus.

Richard LEJEUNE 14/06/2014 12:10



     Non, non, ne te donne pas cette peine.


 


     Ce que j'en retiens, si je te lis bien, c'est que nous n'avons donc aucun papyrus d'époque pharaonique qui fasse état des vertus
éventuellement curatives de la noix-doum ...


Ce qui corrobore ce que j'avançais dans mon article de ce mardi.



christiana 14/06/2014 10:57

Je connaissais vaguement Charles-Joseph mais j'ignorais pour l'arrière-grand-père et les Princes-Evêques... Impardonnable pour une Liégeoise!

Richard LEJEUNE 14/06/2014 11:46



     Impardonnable ?


     N'exagère pas : on ne peut tout connaître !  Personne ! Dans aucun domaine !


 


     A tout hasard, si les Redouté t'intéressent, sache qu'a été créé à Saint-Hubert, rue Redouté, évidemment, un Musée, "Centre Pierre-Joseph
Redouté" : cela peut toujours constituer le point de chute d'une agréable randonnée dans nos Ardennes.


 


     Là, fut notamment présentée à l'été 1993 une intéressante exposition consacrée à Henri-Joseph Redouté et l'Expédition de Bonaparte en
Égypte. Le catalogue, publication du Crédit Communal, me servit grandement quand je rédigeai mon article de 2008.


     Parmi les nombreuses illustrations reproduites figure celle de la grappe de noix-doum que j'ai proposée mardi, extraite de la célèbre
"Description de l'Égypte" réalisée au début du XIXème siècle par les savants qui avaient accompagné Bonaparte en terres des Pharaons ... 


 


     Autre référence pour nous Liégeois extrêmement précieuse - malheureusement, cet ouvrage ne figure pas dans ma bibliothèque personnelle -, c'est
celui du Comte Antoine Gabriel De Becdelièvre-Hamal - je n'invente rien ! -, intitulé : Biographie liégeoise ou Précis historique et chronologique de toutes les personnes qui se sont rendues
célèbres (...) dans l'ancien diocèse et pays de Liège, les duchés de Limbourg et de Bouillon, le pays de Stavelot et la ville de Maestricht (2 volumes, 1836-1837) 



Richard-Alain JEAN 13/06/2014 23:14

La raison en est simple : c’est la même ( !) En effet, la partie qouquou de cet arbre n’apparaît pas plus dans ces textes. Cependant, il est possible de supposer que ce végétal et ses composés sont
nommés avec d’ autres mots qu’il nous reste encore à découvrir – plus surement donc à l’aide d’analyses thérapeutiques et cliniques que linguistique comme j’essaie modestement parfois de m’y
employer.

Richard LEJEUNE 14/06/2014 08:10



     Enfin ! Voilà écrit ce que je supputais : ce sont d'autres termes que ceux connus qui, très probablement, sont employés pour définir le palmier
et la noix-doum.


Reste à les découvrir ... grâce aux analyses cliniques à venir.


 


     Mais alors - et voilà une question qui tue - puisque les papyri médicaux ne donnent pas de réponses, à partir de quelles sources peux-tu avancer
que ce fruit possédait, pour les Égyptiens de l'Antiquité, les vertus thérapeutiques que tu énonces ?



christiana 13/06/2014 22:45

Je connaissais Pierre-Joseph Redouté que l'on nommait "le Raphaël des fleurs" pour ses superbes dessins de roses mais cette planche de palmier doum par son frère est belle aussi. Une vocation
familiale?
Les fruits existent toujours et sont probablement encore consommés par les africains mais en tout cas, l'ivoire végétal est toujours sculpté aujourd'hui. J'ai déjà vu des objets de cette matière
dans des expos.

Richard LEJEUNE 14/06/2014 08:02



     Une vocation familiale ?, demandes-tu, Christiana.


     C'est l'évidence même : de père en fils, l'on possède l'âme d'artiste dans cette famille !


 


     Sais-tu par exemple que l'arrière-grand-père déjà, peignait pour les Princes-Évêques de Liège ? Que le père, Charles-Joseph, contribua par ses
tableaux à la décoration de l'abbaye de Saint-Hubert ? Qu'Antoine-Ferdinand, le frère aîné des deux artistes que j'évoque dans mon article de 2008, installé à Paris, décora des salons - notamment
celui dit "des Fleurs", à Malmaison, pour l'Impératrice Joséphine, et des châteaux ? Qu'avant cela, Pierre-Joseph, le "Raphaël des fleurs", fut nommé dessinateur du Cabinet de
Marie-Antoinette ? Que beaucoup de botanistes de son temps eurent recours à ses talents mondialement reconnus ?


 Pas étonnant, dès lors qu'Henri-Joseph - dont j'ai montré la planche de noix-doum -,  épouse la même voie ...


     Ceci posé, l'on a beau être né dans une famille d'artistes talentueux, faut-il encore soi-même avoir du talent pour être ainsi remarqué par le
général Bonaparte au point de l'accompagner en Égypte !


 


     Comme je l'ai indiqué, - et le montrerai bientôt -, les palmiers-doum existent toujours en Afrique, en Égypte aussi, et leurs
fruits, François ci-dessus l'a confirmé, sont toujours consommés, essentiellement par les enfants, semblerait-il.


 


    Quant à l'"ivoire végétal", ce fut pour moi une découverte parmi d'autres, lors de mes recherches et lectures.  


 



Richard-Alain JEAN 13/06/2014 20:07

Les textes médicaux actuellement accessibles ne stipulent pas le palmier doum de façon claire avec le terme m3m3. De plus, Thierry Bardinet est assez prudent dans ses traductions – par exemple
(pRamesseum V n° VIII) il a renoncé à traduire m33 (variante de m3m3 pour Charpentier p. 312) par doum comme le proposait Dawson (p. 32, note 56), donc, Bardinet donne : arbre-maa (p. 473), et il
avait raison car g3r-m33 signifie très probablement styrax (Goyon, Mel. Gutbub, p. 77-86).

Richard LEJEUNE 13/06/2014 20:55



     Merci Richard-Alain pour la promptitude et le professionnalisme de ta réponse.


 


     Connais-tu la raison pour laquelle le papyrus Ebers et autres textes médicaux "ne stipulent pas le palmier-doum de façon
claire (pour reprendre tes propres termes), ou le nom qouqou que, pourtant, les Égyptiens donnaient à son fruit ? Car cette absence est quand même bizarre,
conviens-en.


 


     Même si je sais que le ver de terre n'a pas à tutoyer les étoiles, je me suis autorisé à envoyer un courriel pour poser la question à Thierry
Bardinet lui-même.


     L'avenir m'apprendra - nous apprendra - s'il accepte de converser avec l'amateur d'égyptologie que je suis.


 


     Tout autre chose, pour mes lecteurs non familiarisés avec la transcription hiéroglyphique.


     


     Quand vous rencontrez comme ici m3m3, il ne vous faut évidemment pas concevoir les deuxième et quatrième signes comme le chiffre trois.
Il s'agit en réalité de la retranscription de l'aleph hébreu, noté conventionnellement par deux petites apostrophes placées l'une au-dessus de l'autre.


     Ce qui, faute de mieux, se "traduit" sur nos claviers d'ordinateurs par un 3.





     Puisqu'il s'agit, je viens de le préciser, de l'aleph hébreu, apparenté à l'alpha grec donc, il se prononce
approximativement comme notre "a".


     De sorte qu'il vous faut lire le nom égyptien du palmier-doum : "mama".


     J'y reviendrai mardi prochain.


 



Richard-Alain JEAN 13/06/2014 16:05

Oui, les éléments donnés par Nathalie Baum sont exacts mais les données modernes ne sont pas encore exploitées par les laboratoires pharmaceutiques.

De plus :

En médecine traditionnelle :
Le fruit est astringent.
La sève serait diurétique, sudorifique et ténifuge.
L’écorce bouillie du fruit-doum serait utile contre l’incontinence urinaire.
Elle était aussi utilisée contre la morsure des animaux venimeux.
Les racines ont été utilisées autrefois contre la bilharziose.

Richard LEJEUNE 13/06/2014 16:32



     Merci pour les précisions d'importance que tu m'apportes, Richard-Alain ; ainsi que pour celles que tu avais ajoutées et que je me suis permis de
momentanément cacher à mes lecteurs dans la mesure où, les ayant lues dans ton étude consacrée à La mère, l'enfant et le lait en Égypte ancienne, elles me seront grandement nécessaires
pour terminer la préparation du troisième article que j'escompte publier à propos de ce palmier-doum, à la fin du mois de juin.


 


     Une question, toutefois me taraude par rapport avec ta réponse ci-dessus : si comme Nathalie Baum et toi l'avancez, la noix-doum
possédait des vertus thérapeutiques, comment se fait-il que Thierry Bardinet n'y fasse nullement allusion, lui qui dans son ouvrage, Les papyrus médicaux de l'Égypte pharaonique, recense
tous ceux actuellement mis au jour ?



François 12/06/2014 17:48

Non, Richard, l'amie en question parlait de l’Égypte, et c'est bien là-bas que j'ai "dégusté" cette spécialité !

Précisément !
François

Richard LEJEUNE 13/06/2014 07:08



     Désolé, François : j'avais mal interprété tes propos.


     Ton "j'ai testé" après la recette m'avait laissé croire que c'était elle que tu avais mise en pratique ...



François 11/06/2014 12:28

Intrigué par cette noix doum, j'avais moi même posé à une amie vivant depuis des lustres en Égypte la question de ces noix et de leur consommation actuelle :

En Egypte, les doums sont très appréciés semble-t-il par les enfants et vendus m'a-telle dit sur des charrettes devant les écoles.
Ils croquent ça, mais elle même ne semblait pas apprécier outre mesure ce fruit.

On en fait aussi une boisson dont voici la recette :

- 1tasse de poudre de doum,
- 1demi-tasse de sucre
et 9 tasses d’eau
Mettre la noix de doum réduite en poudre dans l’eau,
faire bouillir jusqu’à ce que le volume d’eau réduise de moitié. Filtrer le résultat à l’aide d’une passoire, ajouter le sucre et laisser refroidir
Bon, j'ai testé, c'est doucereux, sans grande saveur ni intérêt gustatif particulier...
Mais c'est tout de même une expérience.
Pour ce qui est des vertus médicinales, je n'ai rien remarqué de particulier me concernant, et n'en sais pas plus pour ce qui est de l’Égypte Ancienne !

Gastronomiquement ?
François

Richard LEJEUNE 12/06/2014 08:05



     Grand merci à toi, François, pour cette recette et ces précisions bienvenues.


 


     Je savais aussi que la noix-doum était très prisée de nos jours encore, d'autant plus que l'Égypte n'est pas le seul pays concerné :
l'aire de distribution des palmiers de cette espèce est extrémement vaste, d'ouest en est dans toute l'Afrique tropicale ...  


     J'ai lu également que l'extrait aqueux, expérimenté sur les animaux, a un effet hypotenseur et stimule la musculature intestinale. (N.
Baum, p. 110)


     En revanche, ce que j'ignorais complètement, c'est que, si je t'ai bien compris, les marchés niçois vendent des noix-doum ...



Carole 10/06/2014 19:37

Il m'est impossible de vous éclairer. Du reste, je ne connaissais pas du tout ces appétissantes "noix-doum". Mais je suis sûre que dès le 17 juin vous nous régalerez d'une réponse - et sans doute
d'un nouveau fruit.

Richard LEJEUNE 10/06/2014 23:04



     Vous êtes aimable, chère Carole, mais je pense que sans l'appui des médecins qui me lisent, je ne suis personnellement pas apte à trancher sur ce
sujet précis posé dans cette intervention. 


 


     Dans la foulée, conscient de vraiment vous décevoir, j'annonce tout de go que mardi prochain, je n'évoquerai nullement un autre fruit mais, sans
évidemment prétendre à une quelconque exhaustivité, "épuiserai" ce qu'il leur faut de connaissances pour, lors d'une visite au Louvre ou ailleurs, mes lecteurs ne passent  plus à coté de la
noix-doum avec indifférence ... 


 


     De sorte que, dans un second temps, je me propose d'évoquer, - botaniquement parlant
-, l'arbre dont elle provient ...



Présentation

  • : EgyptoMusée - Le blog de Richard LEJEUNE
  • EgyptoMusée  -  Le blog de Richard  LEJEUNE
  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
  • Contact

SI VOUS CHERCHEZ ...

Table des Matières (13-12-2012)

 

METCHETCHI

 

OU

 

Sinouhé - Hiéroglyphes

 

SINOUHE

Ou Encore ...

L' INDISPENSABLE



Les dessins au porte-mines

de Jean-Claude VINCENT

EgyptoMusée est membre de

Pages