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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 00:00

 

     Vous vous souvenez assurément, amis lecteurs, que j'avais consacré notre rendez-vous de samedi dernier à  évoquer les vases canopes mis au jour par les égyptologues tchèques dans la sépulture d'Iufaa, aux confins sud-ouest de la nécropole d'Abousir. Et, par la force des choses, à  employer le terme momification.

 

     Ce sujet, dans le cadre de la petite enquête qui fut menée par deux de mes lecteurs pour retrouver le cercueil d'un fonctionnaire de la XXIIème dynastie, un certain Pami, fut également effleuré puisque c'est en définitive en salle 15 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre que nous avions retrouvé sa trace.

 

     Précisément dans une vitrine voisine de la célèbre momie qui, comme dans tous les musées du monde qui en possèdent, tant attire les visiteurs.

 

 

Salle 15 - Momie du Louvre

 

 

     Certains de vos commentaires, ici ou reçus par mails, m'autorisent aujourd'hui un petit excursus aux fins de rapidement vous expliquer les différentes étapes de ce processus destiné à préserver au maximum l'intégrité physique d'un défunt de manière à lui assurer l'éternité et à en faire un nouvel Osiris.

 

     Il est en effet bon de rappeler que, selon le mythe osirien apparu dès les premiers Textes des Pyramides, la mort ici-bas peut être annihilée dans l'Au-delà si l'on a pris la précaution de reconstituer les différentes composantes d'un être : de sorte qu'est considérée comme cardinale la préservation de l'enveloppe corporelle dans une optique de durée, de façon que le souffle vital, le pouvoir de penser et d'agir ne soient pas irrémédiablement dissociés du corps charnel.

 

     Les savants égyptiens de l'époque, prêtres et médecins, excellents connaisseurs de la physiologie humaine, s'étaient évidemment très vite rendu compte de l'effet de la décomposition des chairs après un décès ; putréfaction non acceptable si l'on s'en réfère à la lettre du mythe de régénérescence osirien.

 

      Ils s'ingénièrent donc à mettre au point des solutions destinées à pallier cet inconvénient rédhibitoire.

    

     Et cette préservation que viennent encore renforcer le ou, parfois, les différents sarcophages, ainsi que, protection suprême, le tombeau lui-même idéalement conçu pour être inviolé, c'est ce que l'on appelle la momification.

 

     Les analyses de momies réalisées ces dernières années ont permis de mettre d'accord la communauté égyptologique quant au processus qui, selon Hérodote notamment, devait  pour certains hauts personnages, dont Pharaon, durer quelque 70 jours. Il est en fait très probable que ce délai soit exagéré et fasse tout simplement allusion au laps de temps pendant lequel l'étoile Orion n'était plus visible dans le ciel égyptien avant de réapparaître, symbolisant ainsi la période entre la  mort et la résurrection du dieu.  

 

     Au nombre de cinq, précédées et suivies de moments forts, les différentes étapes de la momification furent, essentiellement dès le Nouvel Empire, adoptées partout dans le pays par les embaumeurs officiels.

 

     Le premier de ces temps forts que textes et représentations dans les tombes nous décrivent à l'envi est constitué par le transport du corps, après le décès, accompagné de la famille et des traditionnelles pleureuses gagées pour venir, avec force cris et lamentations, clamer haut leur désarroi en se frappant la tête et la poitrine dénudée, vers le lieu d'embaumement à l'ouest du Nil : la Ouabet.

 

     En égyptien classique, ce terme signifie "Place de Pureté" ; les égyptologues ont pris l'habitude de parler de "Tente de purification" car c'était vraisemblablement un abri démontable en forme de T, édifié en matériau léger et recouvert de nattes tressées.

 

     Là, première étape de la momification proprement dite, le défunt était soigneusement épilé, puis lavé à l'eau additionnée de natron - rites de purification indispensables avant que commencent, sur le lit d'embaumement en pierre, les opérations véritablement chirurgicales.

 

     D'emblée, je précise que le natron est un dessicant composé de carbonate hydraté naturel de soude, de bicarbonate de soude, de chlorure et de sulfate de sodium qui, outre son pouvoir déshydratant, permettait de dissoudre les graisses. Il provenait de l'ouadi Natroun, d'où  son nom, région lagunaire en bordure occidentale du Delta du Nil, entre Alexandrie, au nord et Le Caire, au sud.

 

 

     Comme je l'ai tout à l'heure indiqué, les Égyptiens comprirent que pour éviter une décomposition bien naturelle sous des températures aussi élevées, il fallait le plus rapidement possible retirer les organes des cavités thoraco-abdominales. Pour ce faire, armé d'un couteau d'obsidienne au départ, en bronze par la suite,

 

 

Momification - Rasoir E 778 (Salle 9 - Vitrine 1)

 

le parachiste pratiquait une petite incision (entre 10 et 15 centimètres) sur le flanc gauche du corps, manifestement située, à tout le moins avant le Nouvel Empire, entre les côtes et la crête iliaque ; puis, par la suite, parallèlement au pli inguinal.  

 

 

Momification - Incision abdominale Ramsès II

 

     (Ci-dessus, cliché de l'important orifice d'éviscération de Ramsès II que je me suis permis de reproduire à partir de l'ouvrage de feu le Docteur Maurice Bucaille.) 

 

 

     Placé sur la gauche du défunt, le prêtre embaumeur pouvait ainsi "facilement" entrer la main et le bras gauches dans l'abdomen pour en retirer les viscères qui, nous l'avons vu la semaine dernière, étaient traités séparément et confiés, dans la plupart des cas, à la protection de quatre vases canopes.

 

     Après s'être débarrassé du diaphragme, il accédait aux poumons puis nettoyait le thorax, tout en prenant évidemment soin de laisser le coeur à sa place dans la mesure où il était considéré comme le siège de l'intelligence, de la pensée, de la conscience, de la mémoire ...

 

    

     L'opération suivante consistait à extraire le cerveau, déjà reconnu, d'après des textes médicaux, pour son rôle dans la parole, la motricité et la sensibilité. Je dois à la vérité historique d'ajouter que cette excérébration ne fut pas toujours scrupuleusement respectée. 

 

     Quand elle était pratiquée, le prêtre embaumeur enfonçait une tige de bronze très pointue dans la narine gauche pour affaisser l'os ethmoïde - lame de moins d'un millimètre d'épaisseur - séparant le haut des fosses nasales du cerveau proprement dit. Ensuite,  maniant soit une spatule, soit un crochet plus acéré, il fourrageait à l'intérieur pour le réduire à l'état quasiment liquide.

 

     Il suffisait alors de faire pivoter le corps et de soulever la tête - ce qui, comme chez Ramsès II par exemple, pouvait entraîner une fracture des vertèbres cervicales -, pour que le tout s'écoulât par les narines.

 

     Il peaufinait alors le travail en introduisant à l'intérieur de la boîte crânienne, par les mêmes voies, un produit caustique qui finissait de dissoudre ce qui ne l'avait pas encore été.

 

     Dans la vitrine de gauche en entrant dans la salle 15 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, exposé aux côtés de la momie que nous avons vue au début de notre entretien, vous remarquerez peut-être le cuilleron nasal (N 1703) qui précisément servait à injecter les produits d'embaumement dans la cavité crânienne.

 

Momification - Instruments (Louvre - N 1703)

 

     Débarrassée de son contenu encéphalique, la cavité pouvait alors recevoir un liquide résineux bouillant à l'aide du même ustensile : en imprimant à la tête des mouvements répétés dans tous les sens,  l'officiant permettait au produit de tapisser les parois internes. C'est la raison pour laquelle on peut encore constater à la base du crâne des momies analysées par scanner, la présence d'une masse semi-circulaire qui correspond à la solidification, après quelques milliers d'années, des gouttelettes subsistant de cette résine. C'est ce que les scientifiques appellent le "bouclier occipital".

 

Momification - Bouclier occipital crâne Séthi Ier (Bucail

 

 

     Quand, à partir du Moyen âge, se développa un engouement pour obtenir des momies égyptiennes qui se vendaient à prix d'or et dont on se précipitait de fracasser la tête, c'était précisément pour récupérer ce produit résineux noirâtre qui, broyé, servait aux praticiens de l'époque pour "guérir" l'une ou l'autre maladie ou aux peintres pour mélanger avec d'autres pigments.

 

     De là, le nom perse de "Mummia", emprunté par les Arabes pour désigner cette poudre que les pilleurs de tombes exportaient vers l'Europe ; terme qui, par la suite, donna le français "momie" en vue de qualifier les corps embaumés. 

 

 

     A ce stade de notre rendez-vous de ce matin, il me semble opportun de vous faire remarquer un point qui, longtemps, intrigua les historiens : pourquoi, alors que le but était de préserver le corps pour l'éternité, les prêtres embaumeurs détruisirent-ils le cerveau de millions de momies ? 

 

     L'égyptologue français Jean-Claude Goyon estime personnellement trouver la réponse à cette question au paragraphe 8 du Rituel de l'embaumement qui préconise d'oindre la tête avec de l'huile d'oliban, d'abord, avec de l'huile de rattacher la tête et de rattacher le visage, ensuite. Puis, de prononcer les paroles : Ô Osiris N. [N étant ici employé pour le nom du défunt] Tu vas recevoir ta tête à l'intérieur de l'Occident.  (...) Ta tête est revenue à toi, elle ne sera plus séparée de toi et entrera avec toi sans que sa séparation puisse avoir lieu, jamais ! 

 

     Les onguents et les huiles avec lesquels le mort était traité ayant indiscutablement une valeur rituelle - ils permettent sa cohésion -, il est probable que la résine introduite in fine pour tapisser l'intérieur du crâne fût elle aussi considérée comme sacrée. Et à l'instar du mythe osirien dans lequel, après l'assassinat et le découpage du dieu par Seth, tous les morceaux furent retrouvés et sa tête "recollée" par Isis grâce aux baumes et autres substances employées, celle d'un défunt ainsi osirianisé - c'est-à-dire devenu un nouvel Osiris -,  lui permet de recouvrer sa totale intégrité.

 

 

     Au Musée du Caire, une vitrine expose une série d'instruments chirurgicaux utilisés par les embaumeurs.

 

 

Momification - Instruments (Caire)

     

 

     Eviscéré et excérébré, le cadavre était alors desséché par adjonction de natron que le taricheute introduisait dans l'abdomen sous forme de sachets et d'autres qu'il déposait à même le corps  ; sans oublier son exposition un long temps aux rayons du soleil. Je précise, ici aussi, que suite à une approche des plus approximatives qui fut faite au XIXème siècle du  texte grec d'Hérodote - traduction erronée qui a subsisté dans certains ouvrages jusqu'à nos jours ! -,  ce n'était pas par saumure, c'est-à-dire immersion dans un bain de natron liquide, mais bien par salage à sec qu'était pratiquée la dessiccation du corps des défunts ; tout comme celle, d'ailleurs, déjà à cette époque, des poissons.  

 

     Cette étape de déshydratation terminée, le défunt était lavé pour éliminer les résidus de sel sur la peau, oint de manière à apparaître rouge orangé, puis à nouveau à maintes reprises enduit avec onguents et huiles en vue de lui  rendre une certaine souplesse facilitant la dernière phase qui précédait immédiatement l'inhumation : la longue opération, par les prêtres bandagistes, de l'emmaillotage accompagnée de la récitation de formules d'incantation prévues par un usage bien codifié. Il serait alors une vraie momie.

 

     Ainsi rituellement préparé, protégé par les différentes amulettes - près de 150 chez Toutankhamon ! - glissées entre les nombreux niveaux de bandelettes de différents tissus ainsi que, parfois - souvenez-vous notamment d'Iufaa - d'une résille de perles de faïence bleues, le corps de ce nouvel Osiris pouvait être acheminé, à nouveau entouré de sa famille et des pleureuses, vers la tombe qui lui avait été dévolue ... 

 

     Commençaient alors d'autres rites qu'un jour, si l'occasion s'en présente, je vous expliquerai ...

 

 

     Je me dois d'ajouter, mettant ainsi fin à notre rendez-vous de ce dernier samedi de novembre, qu'existaient, toujours selon Hérodote,  trois types de momification distincts inhérents au rang social du défunt et de sa famille puisque tout le personnel d'embaumement était rétribué par des dons en nature : il est vrai que, et ceci corrobore les allégations de l'historien grec, les égyptologues ont retrouvé des momies dont le corps avait à peine été déshydraté et dont les viscères, restés à l'intérieur, étaient décomposés.

 

 

 

 

(Bucaille : 1987, 32 Figg. 2 et 4 ; Dunand/Lichtenberg : 1991, 27-39 ; Goyon/Josset : 1998 : 25-77 ; Goyon : 2004, 11-5 et 66-7 ; Janot : 1996, 245-53)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Mort et Au-delà ...
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commentaires

Sushi 10/02/2011 20:00


Je ne voudrais pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais s'il nous tombe un jour sur la tête je-ne-sais-quelle malédiction, on saura au moins qu'on la mérite !


Richard LEJEUNE 11/02/2011 08:16



     Rassurez-vous, Sushi, de malédiction il n'y eut jamais, et surtout pas à propos de Toutankhamon comme on le lit dans une certaine presse
...



Sushi 10/02/2011 00:07


J'ai bien compris (ou je crois avoir compris) que la momification, les amulettes, les oushebtis, les vases canopes et tous les rituels funéraires servaient à préserver l'intégralité du corps du
défunt, à le protéger dans son voyage dans l'au-delà et à assurer sa résurrection (ou régénération ? j'emploie un terme chrétien, on ne se défait pas pas facilement de sa culture ancestrale). Ce
qui me pose problème, c'est : qu'est censé devenir le défunt en cas de profanation de sa sépulture ou de son corps ? Parce que c'est bien joli d'exposer des momies dans les musées, mais c'est un
tout petit peu irrespectueux des croyances des anciens Egyptiens, me semble-t-il (je me compte dans le lot des irrespectueux). Je ne suis pas sûre que nous aimerions voir nos grands-parents tirés
de leurs tombes et exposés sous vitrines. Vous me direz que Bernadette Soubirou est elle aussi sous châsse ...


Richard LEJEUNE 10/02/2011 08:41



     Oui, Suhi, je préfère effectivement régénération, régénérescence à ce résurrection trop chrétiennement connoté.
Mais là n'est pas le plus important, ce n'est que question de lexicologie. ...


 


     Dans la conception égyptienne, l'essentiel était de s'assurer post-mortem une éternité la plus paisible, la plus agréable qu'il
était possible ; et, vous avez bien compris que tous ces rites, toutes ces pratiques, tout ce mobilier funéraire n'avaient pas d'autre finalité. 





     Mourir en pays étranger, par exemple, et ne pas être inhumé sur le sol natal constituait à leurs yeux une des causes rédhibitoires pour ne
pas bénéficier de cette vie dans l'Au-delà.


Les profanations de sépultures qui eurent lieu à cette époque en étaient une autre : raison pour laquelle, à plusieurs reprises, après une première inhumation, des
souverains ont été emmenés dans d'autres tombes que les prêtres espéraient plus à l'abri de nouveaux voleurs.


 


     De sorte que, dans cette idéologie précise, vous avez raison de vous inquiéter des pillards modernes - mais pourquoi pas également des
égyptologues qui fouillent les tombeaux dans un but scientifique ? - et de l'exposition publique des momies pour l'avenir éternel des Egyptiens : toutes ces pratiques contemporaines vont
évidemment à l'encontre de ce qu'ils espéraient en attachant autant d'importance à la protection de leur corps après décès.


 


O tempora, ô mores, ai-je déjà écrit en conclusion de mon article d'avant-hier ...   



etienne 08/12/2010 18:53


bonsoir cher Maître Richard,

je vous suis très reconnaissant de vous mettre à ma disposition côté réponses égypto!

j'espère bien qu'un jour prochain nous en aurons le coeur net.

en tout cas, je vous remercie grandement!

amicalement,

Etienne


Richard LEJEUNE 09/12/2010 07:52



     Patientons, effectivement ...



etienne 07/12/2010 23:23


un grand MERCI a vous deux Richard et Montoumès, qui m'avez aider à satisfaire ma curiosité égyptologique sans bornes!

mais je reste sur ma faim par rapport à la nébride et au tekenou avec les premières momifications des anciens égyptiens!

je sais que c'est assez ardu au vu du peu de traces archéologiques découvertes, mais j'ose espérer qu'elles m'auront échappées!

toujours trop curieusement!

etienne


Richard LEJEUNE 08/12/2010 08:15



     Croyez bien, Etienne, que cet article, en quelque sorte une réponse aux questions que vous m'aviez posées, constitue l'essence même des
connaissances égyptologiques qui sont actuellement publiées sur le sujet.


L'amateur que je suis ne peut donc rien avancer de plus.


 


Peut-être qu'un égyptologue patenté qui viendrait à nous lire ...


Ou de nouvelles études sur le sujet qui pourraient voir le jour et ainsi répondre plus en profondeur, je l'espère, à vos interrogations.


 


     Personnellement, je reste, vous ne pouvez en douter, à votre entière disposition pour l'un quelconque complément d'information ...



Montoumès 07/12/2010 13:39


M'avancerais-je trop, Etienne, si je vous proposais une introduction sur les "tekenou" ici : http://egyptopedia.fr/index.php?lettre=T&entree=tekenou-tekenou#tekenou-tekenou ?


Richard LEJEUNE 07/12/2010 14:27



     Pour quelles raisons serait-ce trop vous avancer, J. ?


     N'est-ce pas, aussi, ces dialogues et ces confrontations d'idées qui constituent tout l'intérêt d'un blog ? Pour ce qui me concerne, je ne
suis jamais aussi intéressé par les commentaires que, précisément, quand ils offrent ainsi l'opportunité d'une saine et profitable discussion.


 


     Ceci posé, tu as dû te rendre compte - car la traçabilité, sur le Net, me semble encore plus pointue que celle des bovins en nos fermes
belges ! - que j'étais passé voir quelle définition tu proposais dans ton dictionnaire pour "tekenou" et n'avait pas trouvé autre chose que ce que j'avais déjà noté dans mon
article.


 


     Dans sa traduction française Mort et au-delà dans l'Egypte ancienne de l'ouvrage allemand Tod und Jenseits im alten
Ägypten, Nathalie Baum, Egyptologue, Docteur en Philosophie et Lettres de l'Université libre de Bruxelles, propose, pour rapporter de l'allemand ce que Assmann écrit avoir
trouvé à propos du tekenou dans Totenglauben und Jenseitsvorstallungen des alten Ägypter (1956), de Hermann Kees : "sorte de bouc émissaire" - toi, tu emploies "leurre"
- auquel "se rattachent les puissances funestes qui ont pris dans la mort le dessus sur le pouvoir humain, pour que le corps transfiguré en soit désormais affranchi" ; donc, conclut
Assmann - ce que j'ai repris en le citant dans mon article "Les choses d'Abydos" - : le tekenou serait "l'incarnation des substances délétères (...) enlevées lors de
l'embaumement".


 


Merci d'avoir rappelé à tous ici la présence, sur le Net, de ton indispensable dictionnaire.  


 


PS : Je ne sais plus trop, à vrai dire, si l'on se tutoie ou se vouvoie. 


Et si nous adoptions le première éventualité ?


 


A bientôt,


Richard



etienne 02/12/2010 14:24


OH, MERCI CHER RICHARD DE M'ACCORDER UNE PAGE RIEN QUE POUR MES QUESTIONS!
C'EST TROP D'HONNEUR!
je suis en haleine avec cette nébride depuis pas mal de temps, enfin la délivrance!
à samedi, donc!
et j'espère ne pas vous avoir occasionné trop de chamboulements dans votre programme, merci de m'accorder ce temps si précieux!

curieusement!

etienne


Richard LEJEUNE 03/12/2010 08:57



     La délivrance, concernant la néride : je n'en suis pas si certain ...


 


     Quoi qu'il en soit, si vous avez lu la réponse que j'ai donnée ci-avant au commentaire laissé par M. J.-C. Aimé le 27 novembre, vous
comprendrez que vos questionnements à tous me ravissent pour diverses raisons ...


 


     A demain, donc, pour ce nouvel article que je vais terminer de peaufiner et qui, j'espère, répondra entièrement à votre attente, ainsi qu'à
celle de mes autres lecteurs ...


 


     Pour ce qui me concerne, votre interrogation m'aura permis - et ce n'est pas le moindre de ses avantages -  de remettre quelques idées
en place et d'en avancer d'autres ...



Fille du Midi 30/11/2010 21:21


Merci pour cet excellent et passionnant article très complet...


Richard LEJEUNE 01/12/2010 08:23



     Apparemment pas aussi complet que cela puisque, comme je viens de le promettre à Etienne, je rédigerai un petit supplément d'information qui
paraîtra samedi.


 


     A bientôt, donc, pour la suite.



etienne 30/11/2010 19:45


oups!
je viens de m'apercevoir de ma mauvaise ortographe!
veuillez m'en excusez!

merci,

etienne


Richard LEJEUNE 01/12/2010 08:21



     Nous dirons que l'excitation de rassembler une documentation et de rédiger un nouvel article aux fins de répondre à votre questionnement ne
m'ont pas donné le temps de sortir mon stylo rouge !


Mais ceci constituait une gentillesse de ma part : n'en abusez pas !


 


(Parce qu'en réalité, il y a très très longtemps que je n'ai plus eu besoin de remettre de l'encre rouge dans ce vieil instrument de torture mentale !)


 



etienne 30/11/2010 19:37


bonsoir,

je viens à propos de momification vous demander cher Richard de bien vouloir me donner quelques explications et précisions sur les mythes relatif à la momification ainsi que son histoire surtout
son commencement.

ces questions me taraudant depuis mon intérêt pour l'égyptologie, j'ai appris que la première momie celle d'osiris était une nébride dont on peut voir diverses représentations avec osiris sur
cetaines scènes dont une bien connue dans la tombe de nefertari où le dieu osiris est au milieu de deux peaux(nébrides) pendantes dont on récupère les humeurs dans des pots;
donc ayant pousser plus avant mes recherches, j'ai appris que ces mythes étaient plus ou moins décrits dans les papyrus jumillac et westcar mais tout cela est assez flou vu que je n'en ai pas
trouvé de traductions complètes.

j'ai aussi appris l'existence du tikénou sorte de sac où dépasse seulement la tête du défunt, le tout posé sur un traîneau.

pouvez-vous richard m'en dire plus sur les rapports entre la nébride et le tikénou avec les premières momifications?

peut-être ce message mériterait-il une page spéciale sur votre super blog égypto!!!

merci encore cher profeseur!

curieusement!

etienne


Richard LEJEUNE 01/12/2010 08:12



     Aucun problème, Etienne, vos désirs seront exaucés : je bousculerai quelque peu mes plans de publication, et ce tout prochain samedi, le 4
décembre donc, au lieu de reprendre la découverte du mobilier funéraire d'Iufaa, je proposerai une suite logique à cette présente intervention concernant la momification qui, je l'espère,
rencontrera pleinement votre attente et celle de mes autres lecteurs.


 


     Merci à vous non seulement pour ces questions qui vont ainsi me permettre d'être un peu plus prolixe sur le sujet mais, aussi, pour la
suggestion d'en faire un addenda  : la place, effectivement, m'eût ici manqué et l'impossibilité d'y introduire une iconographie appropriée eût été un autre handicap.


 


     Quelques petits jours de patience, donc ...



Alain 29/11/2010 13:56


Cette description minutieuse des pratiques d’embaumement est peu appétissante… mais passionnante.
Comme le souligne Louvre-passion, seul les riches pouvaient s’offrir ce long travail sur leurs corps et ainsi accéder à la résurrection éternelle.
Tu n’as pas besoin d’être rassuré sur tes capacités intellectuelles, elles me paraissent, à l’évidence, absolument intactes…


Richard LEJEUNE 30/11/2010 07:51



     Je suis bien d'accord avec toi, Alain mais les étapes de la momification ne sont pas seules dans ce cas : je pense que la description de
toute intervention chirurgicale de nos jours également - et n'envisageons même pas un documentaire filmé ! - demeure peu appétissante ...


 


     Ceci posé, il m'a semblé nécessaire, après quelques contacts avec l'un ou l'autre lecteur, de traiter ce sujet dans ses grandes
lignes.


 


     Quand jadis je l'abordais avec mes Etudiants, les garçons, en général, posaient énormément de questions, voire redemandaient des détails
plus ou moins croustillants à leurs yeux à propos des momies de femmes et les filles, le plus souvent, auraient quitté le cours si elles y avaient été autorisées ...


 


     Pour ce qui concerne les différents types de momification selon la position sociale du défunt, j'envisage de publier prochainement la
relation qu'en donna Hérodote. Uniquement pour information ...



Aimé jc 28/11/2010 13:03


Bonjour M. Lejeune

Tout d'abord, je tenais à vous remercier d'avoir tenu compte de ma demande, au cours d'un commentaire précédent, et, surtout, pour le temps que vous y avez consacré.

J'ai dû effectivement voir une vignette, qui correspondait à un autre papyrus, autre que celui d'Ani ! Ce dernier, je vous crois, n'a pas dû beaucoup quitter son musée !

Quant à la dénomination " livre des morts" il est vrai, que dans vos billets précédents, vous employez, à juste titre, il me semble, celui de LIVRE POUR SORTIR AU JOUR ...
Je vais me corriger ...

Merci pour vos articles qui sont toujours riche, très riche d'enseignements !

Amitiés ...


Richard LEJEUNE 28/11/2010 13:38



     Cher Monsieur Aimé, vous n'avez pas à me remercier : c'est pour l'Enseignant que je fus toujours un agréable devoir que répondre aux
questions - ou aux commentaires - de mes Etudiants, jadis, de mes lecteurs, aujourd'hui.


 


     Si 33 années durant, j'ai estimé que cela faisait partie de mon métier, vous pensez bien que je ne vais pas, maintenant que mon blog en
constitue finalement une suite logique, me priver du plaisir de poursuivre dans cet état d'esprit.


 


     Et peut-être aussi, inconsciemment - mais cela relève de la pyschanalyse ... - ces échanges qui tant m'agréent me permettent-ils de me
rassurer en me donnant l'illusion que mes capacités intellectuelles restent toujours intactes et en éveil ...


 


     En définitive, c'est moi qui devrais plus souvent remercier mes lecteurs de m'accorder leur  confiance et leur temps de lecture
...



JA 27/11/2010 20:06


Merci pour toutes ces explications très précises:je ne manquerais pas d'aller voir le cuilleron nasal à ma prochaine visite au Louvre A bientôt JA


Richard LEJEUNE 28/11/2010 10:23



     Je vous y invite : il se trouve dans la même salle 15 que le cercueil de Pami et LA momie ...



Absalon 27/11/2010 18:38


C'est étrange cette obstination de tous les hommes, à toutes les époques, de vouloir survivre à la mort. Une vie terrestre devrait pourtant leur sembler amplement suffisante ! Il est vrai qu'ils
espèrent tous connaître, dans l'au-delà, la félicité qu'ils n'ont pas connue sur terre...


Richard LEJEUNE 28/11/2010 10:21



     Absolument d'accord avec vous, Jean-Pierre.


 


     Et c'est bien la raison pour laquelle les Egyptiens de l'Antiquité s'étaient ingéniés à s'entourer d'un maximum de possibilités pour
s'assurer non seulement une seconde vie mais, surtout, un confort si pas supérieur à ce qu'ils avaient connu sur terre, à tout le moins égal.


 


     Et vous constaterez, quand samedi prochain 4 décembre, j'abordrerai les statuettes de serviteurs funéraires mises au jour dans le tombeau
d'Iufaa, qu'ils sont allés très loin pour bénéficier d'une certaine félicité dans l'Au-delà ...



Louvre-passion 27/11/2010 17:17


Comme tu le souligne à la fin de ton article, le service était payant et la qualité de la momification dépendait du prix. Quant aux paysans, leur momification se limitait à un trou dans le
sable....


Richard LEJEUNE 28/11/2010 10:14



     Ta remarque est tout à fait judicieuse.



Aimé jc 27/11/2010 15:59


Bonjour,

Merci pour votre article qui est vraiment très intéressant, on apprend énormément en vous lisant!

Je profite de mon passage pour vous sollicitez.
Je pense qu'il ne vous sera pas difficile de me renseigner... "Concernant le livre des morts, toujours visible au British Museum, je suis sûr d'avoir vu des planches (notamment la dévoreuse) au
musée de Louvre, mais je ne sais pas s'il s'agissait d'un prêt temporaire (je ne pense pas) ou de copies exposées en permanence"

Dans l'attente du plaisir de vous lire ...

Amitiés


Richard LEJEUNE 28/11/2010 10:13



     Bonjour à vous,


 


     Je n'ai nulle connaissance - mais je ne suis pas omniscient ! - du fait que le célèbre papyrus funéraire d'Ani, un des trésors du British
Museum, fût un jour exposé au Louvre.


 


     Ceci posé, il est incontestable que le musée parisien possède quelques beaux exemplaires de Livres pour sortir au jour,
dénomination qui, je l'ai souvent écrit dans mes articles, est plus correcte puisquelle correspond mieux au titre que les Egyptiens de l'Antiquité donnaient à ces papyrus accompagnant les défunts
dans leur voyage pour l'éternité, que "Livre des morts" longtemps employé par les égyptologues.


 


     Ainsi, exposition permanente, trouverez-vous dans le long couloir qu'est la salle 17 du Département des Antiquités égyptiennes, une vitrine
qui court tout le long du mur de gauche dans laquelle vous découvrirez, expliqué avec force détails, le papyrus funéraire d'Hornedjitef (référencé N 3081).


 


     Et peut-être aussi avez-vous eu l'opportunité de visiter, au printemps 2009, dans le Hall Napoléon, sous la pyramide du Louvre, l'exposition
Les Portes du Ciel qui présentait d'autres vignettes de Livres pour sortir au jour, conservées dans les réserves et montrées pour la première fois au public. Le catalogue qui
fut publié pour l'occasion ne se prive pas, lui non plus, de nous les offrir.


 


     Tout cela pour signaler que la représentation classique de la dévoreuse à laquelle vous faites allusion peut très bien avoir retenu votre
attention quelque part au Louvre sans pour autant être celle du papyrus d'Ani que détient le British et qui, à mon humble avis, n'a pas dû souvent en sortir.


 


     A ce propos justement, deux choses qui pourraient peut-être vous intéresser :


 


1. Une excellente étude du papyrus funéraire d'Ani, avec iconographie, a été réalisée par des égyptologues belges et est gratuitement téléchargeable ici.     


 


2. S'est ouverte au début de ce mois de novembre, au British Museum de Londres qui, par parenthèses, se targue d'en posséder la plus vaste collection au monde
-,  une prestigieuse exposition de Livres pour sortir au jour. : là aussi, maints exemplaires ont été sortis des réserves pour l'occasion.


     Quelques informations ici.



Nat 27/11/2010 09:32


Je ne savais pas que l'expo remonte aussi le temps... (2001) ha ha... Une telle exposition dans un pays de confession musulmane et accueillie d'ailleurs avec beaucoup d'enthousiasme (depuis juin je
crois)par le public


Richard LEJEUNE 27/11/2010 09:46



Evidemment, lapsus calami : c'était bien 2011 qu'il fallait lire dans mon message précédent !


 


2001 étant la date à laquelle je la vis à Bruxelles.



Nat 27/11/2010 08:30


Je crois même qu'elle a été interdite en France... A la fin de l'exposition, une salle est consacrée aux explications tant sur le procédé que justement sur les "dons de corps" avec des copies des
documents remplis et signés par les donateurs.
Le fait qu'elle ait lieu en Turquie est étonnant...


Richard LEJEUNE 27/11/2010 08:48



     Pour la France, je ne sais absolument pas.


 


     Je viens d'un peu compulser le calendrier : elle était dernièrement à Mexico, Rotterdam , Vienne ... et partira en 2001 à Copenhague et
Vancouver, notamment.


 


     Ceci posé, il y a des différences : en Autriche, le titre donné à la présentation faisait allusion aux animaux plastinés.


 


     Pourquoi estimes-tu étonnant qu'elle passe par Istanbul cet automne ?



Nat 27/11/2010 07:21


Très intéressantes toutes ces explications quant au procédé de momification... Aujourd'hui, il existe notamment la plastination, objet de mon prochain article, ayant visité l'expo Body Worlds qui
se tient à Istanbul


Richard LEJEUNE 27/11/2010 08:15



     J'ignorais que cette exposition fût encore du voyage !


 


     Nous l'avions visitée en 2001 à Bruxelles et elle avait, je me souviens, soulevé beaucoup de questions délicates quant aux procédés employés
par G. von Hagens pour se procurer les corps.


Je pense même que par la suite, elle avait été interdite d'accès dans certains pays ...



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