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L'Égypte en textes

Samedi 27 août 2011 6 27 /08 /Août /2011 00:00

     Oh là là là !

     On me rappelle fort à propos que j'avais promis d'évoquer encore l' "Île aux Bananes"

 

Bananes.jpg

 

 

et le "Village Nubien".

     Le fameux village, j'en avais - comme vous - entendu parler...
Alors que nous revenions de Mo'Allah avec notre fidèle Mohamed, nous voyons un panneau publicitaire annonçant que nous y arrivions.
La journée avait été longue, je demande à nos mentors s'ils ne voient pas d'inconvénient à nous y arrêter.
Petit conciliabule, et Mohamed nous gare à l'entrée du "Village".
En fait, ce village est censé être une reproduction de village typique.
Dans la réalité, c'est une sorte d'enceinte commerciale, destinée à vendre, dans un cadre relativement couleur locale quelques objets en cuir, poteries, perles et autres tissages aux cars de touristes qui ont la bonne grâce de s'arrêter là pour permettre au chauffeur et au guide de toucher un bakchich sur les ventes effectuées.


     Bien sûr, on y voit quelques jeunes filles affairées à tisser des écharpes (elles nous poursuivent, celles-là !) ou à confectionner quelques objets en perles de verre.
On voit surtout une sorte de cafétéria, un bar, un chadouf factice, une noria détériorée ...
Pas de quoi casser trois pattes au canard égyptien qui m'a un jour mordu, mais réellement rien de formidable ...

     Nous achèterons tout de même une écharpe dont le prix fait bondir nos amis égyptiens qui ne pipent pas mot mais, n'en pensant pas moins, échangent des regards furibonds !
50 LE, il faut vraiment être touriste pour payer une écharpe ce prix-là !

     Les voyant furieux, je leur propose de prendre un pot au bar en notre compagnie.

     Comme nous avions évoqué la noix-doum lors d'une de nos conversations, et sachant grâce à eux que l'on peut la consommer en boisson, je leur demande si l'on peut en avoir ici.
Abdallah l’infatigable va se renseigner auprès d'un barman aussi empressé qu'un lion devant un buffet végétarien, et nous commandons quatre "boissons aux noix-doum". (Pardon de n'avoir pas retenu le nom de ce breuvage.)
C'est douceâtre, ressemblant un peu à de la chicorée dans du lait, et sûrement très long à préparer, car il faudra une bonne demi-heure au garçon pour nous les apporter.


     Durant notre attente, Abdallah s'absente pour aller chercher un petit souvenir pour sa jeune épouse.
Il revient avec une toute petite bourse en perles représentant ... un sapin de Noël !!!
Il est tout vert, sur fond rouge, avec de belles boules multicolores. Nous rions, Catherine et moi, et lui demandons s'il sait ce que c'est ... Devant son ignorance, nous apprenons à notre musulman pratiquant qu'il vient d'acheter un symbole de la fête de Noël !

     Quand arrivera la note pour les boissons, ils se mettront une fois de plus en colère devant le prix et jureront qu'ils n'emmèneront plus jamais qui que ce soit dans ce repaire de bandits.

     En résumé, donc, une visite inutile et à éviter ...



     Pour l'Île aux Bananes, c'est une autre histoire ...


     Nous avions fait la connaissance d'un "Omar",

 

 

Chez-Omar--1-.jpg

 

copain de Marie, et à cette occasion, il nous avait dit que si nous désirions faire une excursion dans les oasis, aller à Abydos ou à l'île aux bananes, nous pouvions compter sur lui.
 

 

     Lors de cette rencontre, nous avions bu un pot dans son coffee-shop,

et très gentiment Omar nous en avait fait cadeau.
 

 

     Bien naturel, par conséquent, que nous prenions date avec lui pour cette fameuse visite de l'île aux bananes.

 

Chez-Omar--2-.jpg

 

     (Merci à Marie Van Brussel qui, avec une extrême gentillesse, m'a autorisé à puiser dans ses "trésors" pour nous offrir les deux clichés ci-dessus.)

 


     Le jour dit, nous nous rendons donc à son bistro et embarquons en felouque pour cette visite.
Il faut le faire en fin d'après-midi, d'abord c'est l'heure où se lève un petit rab de vent et l'on peut ainsi au retour assister au coucher de soleil sur le Nil.


 

Nil-felouque.jpg


     Autant la visite du village, pas la peine, autant la balade en felouque pour l'île aux bananes, c'est réellement une chose qu'il faut faire. Je parle bien de la balade pour y aller et pour en revenir. L'île par elle-même ne présente d'intérêt que si vous n'avez jamais vu de bananier, ce qui est bien permis, après tout, et que vous ne connaissez rien à sa culture.

     On vous fera donc visiter la bananeraie passant devant un pigeonnier

 

Pigeonnier.jpg

 

 

dont vous apprendrez que la ceinture de carrelage brillant qui l'entoure n'est pas une coquetterie, mais une précaution destinée à éviter que les serpents et autres prédateurs ne puissent grimper pour dérober les œufs ou les pigeonneaux.

     La visite s'achève par une invite à vous asseoir à l'ombre d'une pergola et à déguster quelques-unes de ces bananes que vous aurez rencontrées lors de votre visite.
N'oubliez pas que "offrir" veut juste dire proposer à la vente, et qu'on vous allégera de quelques livres avant votre départ.

     A mon sens, préférez négocier une belle balade en felouque, mais passez votre chemin pour la visite de l'île. Il est probable que votre felouquier voudra absolument vous y conduire tout de même, il doit y trouver son compte ...
Amateurs d’ornithologie, munissez-vous de vos gros télés, aigrette, martin-pie, hérons et autres bihoreaux ou butors sont multitudes et vous pourrez en photographier à loisir pour peu que votre pilote longe les rives d'assez près.

     Voilà finie cette escapade !
 
      J'espère que le voyage vous aura plu, et surtout, n'oubliez pas mon petit bakchich ...

     Amicalement !

 

François :jap:

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : L'Égypte en textes - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Samedi 20 août 2011 6 20 /08 /Août /2011 00:00

 

      Depuis le temps que je vous ai abandonnés dans les airs, les bonbonnes de gaz doivent être vides ...

     Bon, c'est toujours un moment un peu bizarre que l'atterrissage, surtout lorsque d'en haut on voit autant de poteaux électriques, de maisons, d'arbres et d'eau. :(
En plus, pas moyen de diriger ce fichu aéronef qui est l'esclave des courants d'air.

 

12---ou-se-poser.jpg

 

      Alors on scrute le visage du pilote qui cherche à se poser et n'a pas l'air plus inquiet que ça, ; il discute dans son walkie-talkie avec un interlocuteur invisible.


     Petit à petit l'ombre de la montgolfière grossit, la cime des arbres se rapproche, les détails du sol se précisent, mais heureusement nous pouvons voir une zone dégagée à portée.

 

13--l-ombre-se-rapproche.jpg

 

      Finalement, pilote de montgolfière, c'est vraiment un métier !
  

     Dès lors, tout se précipite : "landing position". Bien entendu, il y en a toujours un ou deux qui n'obtempèrent pas ..."LANDING POSITION NOW, I SAID !!!"

     Accroupi, on ne voit plus rien.
La tension est palpable à bord, on n'entend plus que les brefs coups de brûleur, le souffle de l'air, et les secondes paraissent s'être dilatées en minutes interminables.
 

    

     Enfin, le rassurant : "egyptian smooth kiss-landing ! Everything OK, now ..."
On se redresse, et à ma plus grande surprise, je me rends compte que nous sommes posés à quelques mètres à peine du camion de transport de la nacelle et de notre minibus. Tous deux nous attendent, le personnel se précipite pour retenir la nacelle, pendant que d'autres étalent sur le sol les toiles destinées à éviter d'abîmer la délicate tunique en toile de parachute lorsqu'elle reposera au sol.

     Dernier spectacle, le capitaine hâle la corde destinée à ouvrir le sommet du ballon de façon à laisser échapper l'air chaud. La rondelle supérieure de l'enveloppe, sous l'effet du haubanage se rétracte comme une fleur qui se fermerait ... Très joli !

 


Fleurs-bleues.jpg

 


     C'est avec finalement un petit goût de "trop-peu" qu'on enjambe le bord de la nacelle pour retrouver le plancher des vaches.

     Récupération du sac contenant l'objectif qui finalement n'aurait pas servi, et on rembarque pour rejoindre la rive est, en minibus d'abord, motor-boat ensuite ...

 

motorboat

 

 

     Le capitaine est évidemment le dernier à quitter l'engin.

 

Dernier-a-quitter.jpg

 

 

     Enfin, il ne reste plus qu'à ranger la toile ...

 

On-range-la-toile.jpg

 

 

     Une petite halte à l'hôtel pour déposer les choses dont on n'a plus besoin. Le type de l’hôtel ne répond pas à notre sourire, détournant ostensiblement le regard. On a fait une délicieuse expérience, mais on s'est fait, aussi, un ennemi farouche qui désormais ne nous adressera plus la parole jusqu'à la fin du séjour.

     Si je puis vous être d'un quelconque conseil, ne manquez sous aucun prétexte ce vol en montgolfière ! Vous en garderez un souvenir impérissable et surtout une envie irrépressible de recommencer ! La vision au petit jour de la montagne thébaine, de la vallée du Nil, de Louxor et des monuments, même si mes photos ne vous en donnent qu'une idée bien imparfaite, restera gravée comme un grand moment et une expérience réellement unique !
 

 

     Et puis, même si vous êtes en voyage organisé et qu'on ne vous propose pas cette excursion, sachez que compte-tenu de l'heure extrêmement matinale de départ, vous avez toutes les chances d'être de retour avant que les autres membres de votre groupe aient fini leur petit déjeuner. Alors, pas d'excuses ! Et vous aurez droit à votre beau certificat de vol.
 

 

     Un petit regret, j'aurais sans doute dû acheter le fameux DVD, certains instants du vol méritant amplement une vidéo plus que les pauvres photos que l'on peut faire.
 

 

     La prochaine fois, car je suis bien sûr qu'il y aura une prochaine fois, je l'achèterai, ce fichu DVD !!!


 

François :jap:

 

 

 

 

    Ici même, dans la partie "Commentaires", n'oubliez pas de lire les réponses que François a eu (et continuera d'avoir) la gentillesse d'adresser à tous et ce, jusqu'à mon retour définitif sur ce blog ...

 

     Merci à vous de poursuivre la lecture de son récit ; merci à lui d'accepter de jouer le jeu et de pallier mes absences estivales ...

 

Richard 

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : L'Égypte en textes - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Samedi 13 août 2011 6 13 /08 /Août /2011 00:00

 

      Nous sommes donc dans le minibus qui se rend au terrain de décollage. Curieusement, c'est assez silencieux. Est-ce le sommeil qui rend la langue lourde, ou bien peut-être un fond d'appréhension devant l'inconnue du vol en ballon. Toujours est-il que c'est dans le silence que nous débarquons dans la pénombre du champ.

  

     La "tour de contrôle" algeco est éclairée où se tient le chef d'"aéroport", sans doute l'œil rivé à son anémomètre afin de donner le signal du début des opérations.

 

1-Tour-de-controle.jpg

 

 

     En attendant que soit décidée la possibilité du vol, nous voyons arriver d'autres minibus chargés de gens silencieux, eux aussi, qui se dirigent vers d'autres aires de décollage.

      Notre ballon, déjà arrimé à la nacelle, git lamentablement sur le sol comme un préservatif vide. Il repose, douillettement protégé des cailloux par un assemblage de bâches.

 

2-gonflage.jpg


      Notre responsable de groupe canalise nos envies de bouger en nous regroupant soigneusement et commence à nous indiquer que notre vol sera pris en vidéo par un caméraman et que nous pourrons acheter le DVD à l'arrivée.

      Top départ, le feu vert est donné par le chef d'aéroport !

      Alors tout va assez vite : deux gros ventilateurs sont branchés, l'ouverture du ballon est tenue béante, et l'air s'engouffre.

 

     Notre commandant de bord se munit d'une baudruche jaune gonflée d'hydrogène et la libère dans le ciel afin de juger par lui-même de l'intensité et de la direction du vent.
Nous regardons disparaître ce ballon jaune dans le ciel sombre.

      Les ventilateurs vrombissent, le ballon prend forme, d'abord une saucisse, puis une poire, et les brûleurs entrent en scène avec leur bruit caractéristique de chalumeau de couvreur.
La lueur des flammes est bien belle à voir dans l'aube naissante.

 

 

3-chauffage.jpg

 

 

      Un peu inquiétante, aussi, par sa proximité avec le bord du ballon qui semble si fragile, en toile à parachute synthétique et si inflammable.
Mais les hommes qui s'affairent autour du ballon et de sa nacelle ne semblent pas s'en inquiéter.

      Ah oui, pour ceux qui auraient pour seule image de la montgolfière celle de Jean-François Pilâtre de Rozier et de son assistant dans leur minuscule nacelle, il faut bien comprendre que là, notre nacelle, en osier, à l'ancienne, est divisée en compartiments et permet un vol de 24 passagers, peut-être plus s'ils sont moins dodus que moi ... La nacelle est reliée à un petit camion par une forte sangle destinée à empêcher l'engin de s'envoler inopinément.

 

4-verticalisation.jpg


 

     Mais pendant que je vous raconte, le ballon est devenu tout rond, bien ventru, et déjà on se prépare à embarquer.
Prudents, les passagers s'étaient munis dans leur sac d'une petite laine pour le cas où, d'une petite bouteille d'eau, d'un sandwich ... que sais-je ...

      "Allez, tout le monde à bord !"
Le groupe se précipite, et là, surprise, le gusse de la compagnie ramasse tous les sacs sans laisser à quiconque le temps de réaliser ...
"On vous les rendra à l'arrivée ne vous faites pas de souci !

Mais ... Allez, vite !!!"
Tant pis pour la petite laine !!! Heureusement que j'avais mon appareil photo autour du cou, mais mon deuxième objectif restera au sol ...

      On enjambe le bord de la nacelle en se servant des trous pratiqués dedans pour grimper, et nous nous retrouvons rapidement à bord.
     

     Les brûleurs crachent dans leur lumière infernale.

 

Mongolfiere---Bruleurs.jpg

 

"Le commandant Mohamed Anwar vous souhaite la bienvenue et vous prie de bien vouloir écouter les consignes d'atterrissage."

 

     "En fait, c'est simple, il suffit de s'accroupir pour rabaisser le ... centre de gravité, tout en se cramponnant fermement à la bordure de la nacelle.
Il y a plusieurs types d'atterrissage, le très brutal, le moins brutal, et "l'égyptian smooth landing", celui que j'essaierai de vous faire.
Mais dans tous les cas,
If I tell you landing position, you immediately do it ! OK ?"

Et chacun de répondre OK.

      Le ballon est maintenant turgescent, et on le sent prêt à s'élever. L'escouade d'assistants qui nous retiennent commence à peiner à retenir la montgolfière, et la sangle qui nous empêche de partir est tendue à se rompre.
La main du commandant est sur le mousqueton qui seul nous retient au sol.
"Takeof" dit-il dans sa radio. Les doigts serrent le mousqueton, et c'est l'envol, dans la lumière brûlante et le bruit furieux des brûleurs.

      Puis plus rien, le silence absolu ...

      C'est parti ...

 

 

10-Ballon-au-dessus-de-Luxor.jpg

 

 

      Pour qui n'a jamais vécu cette expérience, c'est délicieux de se sentir happé vers le ciel la tête au vent, dans un silence pareil. Rien de comparable avec les autres moyens de transport aérien.
Le soleil pointe à l'horizon, répandant une lumière chaude qui projette des ombres sur le sol.

 

     En dessous de nous, on voit rétrécir les autres ballons pas encore partis qui rougeoient alternativement au rythme des coups de brûleurs. C'est magnifique !


 

6--ballons-au-sol-copie-1.jpg

 


      Quant au spectacle qui s'offre à nos yeux égyptologiques, un rêve ...

 

 

      Deir el Bahari est encore plus beau dans les rayons rasants qui l'effleurent.
 

 

7--deir-el-bahari.jpg

 

 

     Le Ramesséum ...

 

5-Ramesseum.jpg

 

      Toujours aussi surprenante, aussi, cette limite verdure-désert, sans aucune transition, qui passe brutalement de l'herbe la plus verte au sol rocailleux le plus sec.

 

 

     Les colosses de Memnon ...


9--Colossaux.jpg

 

 

     L'appareil photo ne sait plus où donner de l'objectif. Au loin, les autres ballons sont partis, eux aussi, et curieusement ne suivent pas obligatoirement la même route que nous !

      En plus, on bénéficie d'un regard sur les maisons, leurs invraisemblables cours où ânes, bœufs, moutons et autres volailles prennent leur petit déjeuner.

 

 

11--cour-interieure.jpg

 

 

     Une petite famille nous fait un petit sourire. Les pauvres qui voient tous les matins les mêmes ballons chargés d'autres énergumènes qui leur font coucou de la main. Ils doivent adorer les jours de tempête où les ballons ne volent pas !!!
 
      Louxor, à contre jour, n'a pas encore fini d'éteindre ses lumières ...

 

Nuit sur Louxor -2- (François)

 

Le Nil brille de mille étincelles ...   C'est beau, non ?
 

 

     Alors je vais vous laisser rêver un peu de tout ça, et aller préparer le dîner...
Pas de révolution, hein, sinon vous n'aurez pas la suite, samedi 20 août prochain !

 

 

François :jap:

 

 

 

 

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     Merci à vous de poursuivre la lecture de son récit ; merci à lui d'accepter de jouer le jeu et de pallier mes absences estivales ...

 

Richard 

Par Richard LEJEUNE - Publié dans : L'Égypte en textes - Communauté : ÉGYPTO-ARCHÉOLOGIE
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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 00:00

 

     Dans les trucs à raconter, il y a, c'est un incontournable, l'excursion en montgolfière ...

 

Mongolfiere-dans-les-rues.jpg


     D'abord, il semble qu'il vaut mieux tâcher de passer "en direct" plutôt que par un hôtel, agent touristique ou autre pour obtenir un prix intéressant.

     Pour notre part, Jérôme nous avait conseillé la compagnie Sindbad pour son sérieux, sa compétence et tout et tout !

 
"Leur démarcheur traîne dans la galerie du Winter ou sur la corniche à proximité, tu ne peux pas le manquer."
(Au passage, merci Jérôme !!! ;-) )

     Alors que nous nous baladions avec Abdallah, je lui parle de montgolfière, et instantanément je vois son œil briller ;  s'il avait eu une moustache, elle aurait certainement commencé à friser furieusement...

"Mais Abdallah, je ne veux pas payer plus que le prix ! Nous sommes d'accord ? Donc je veux bien passer par toi pour commander le vol, mais pas de surtaxe ! Compris ?
- No problem, my friend. I know very well Mahmoud ! He is one director of Sindbad. Let me do !"

     Quelques coups de téléphone plus tard,

 

 

Abdallah

 

il me dit que tout est OK, au prix de 800 LE pour nous deux, mais qu'il faut qu'il nous accompagne chez Sindbad.

     Un coup de taxi collectif et quelques enjambées plus tard, nous voici dans le bureau de la "compagnie" Sindbad"... J'insiste sur le fait que nous voulons partir dès la première heure,

 

 

8--Louxor-dans-la-brume.jpg

 

et du Ramesséum !!! En effet, il y a quelques années, nous avions failli nous faire avoir et partir en deuxième départ, c'est à dire une fois que tous les sites intéressants avaient été déjà dépassés.

 

     Ce fut une discussion homérique au cours de laquelle mes mots en anglais semblaient venir tout seuls et où je retrouvais des termes comme escroc, bandit, voleur, expliquant au commandant "engallonné" comme un pilote de ligne que s'il arrivait à nous faire remonter le lit du vent pour nous montrer ce que nous étions venus voir, j'étais prêt à payer le double, mais que dans le cas contraire, il allait devoir nous rembourser et nous dédommager pour le temps perdu ; et que je le dirai à Zahi Hawass et au gouverneur... Je revois encore l'air catastrophé des trois touristes japonais qui devaient partir avec notre groupe, et l'air ahuri des amis avec lesquels nous étions et qui n'imaginaient pas que je puisse me montrer aussi violent !
Bref, à l'époque, nous n'avions pas fait cette excursion mais avions été remboursés rubis sur l'ongle.

     Mahmoud me rassure, cette fois, nous serons du premier départ : d'ailleurs en ce moment, il n'y a pas tellement de monde. Nous signons le contrat.
Rendez-vous téléphonique est pris pour le soir même à 18h30.

"Just one thing, don't tell your hotel you come tomorrow !"

     Pas de souci, le manager de l'hôtel ne m'est d'ailleurs pas follement sympathique.

     18h30 précises, mon "portable de Marie" sonne, et Mahmoud me confirme qu'il nous prendra au bout de la rue à 5h10 précisément, et de ne surtout pas dire à l'hôtel que nous partons avec eux.
OK...

     Un peu fébriles, nous nous levons au petit matin, descendons avec discrétion les deux étages...
Personne à la réception ! Chouette, ça nous évitera des explications vaseuses...

     Sur la pointe des pieds, nous sortons de l'hôtel ... pour nous retrouver nez à nez avec ce fichu manager, à califourchon sur une superbe moto chinoise, en grande discussion avec un de ses acolytes ...

Damned !!!

"Hello, good morning ! Where are you going ?
 

 

     Mais je lui en pose des questions, moi, à ce grand dépendeur d'andouilles ? C'est en bredouillant quelques excuses mal tortillées, et en français pour qu'il me fiche la paix, que je réponds.

     Nous avons l'air malins, à faire le pied de grue au bout de la rue ... D'autant que, pas plus bête que ça, le curieux fait vrombir son engin et nous passe devant en faisant semblant d'être très affairé.

     Ouf, cette fois, il est parti ... D'autant qu'il est cinq heures neuf et que j'aperçois le mini bus aux armes de Sindbad qui s'apprête à nous embarquer. Dès qu'il s'arrête à notre portée, nous nous engouffrons, et voyons à ce moment "M. Nefertiti Hôtel" qui, sur sa moto, déboule et nous regarde ostensiblement d'un œil assassin ...
Pour la discrétion, on repassera.
Durant le trajet, il nous dépassera encore deux fois, toujours nous scrutant de son œil noir, des fois qu'on ne l'aurait pas vu nous voir !!!

     Le minibus nous dépose près de l'embarcadère des "motor-boats" et nous montons à bord du "Zeenedeen Zeedamne" où l'on nous sert un petit déjeuner bien chaud. Durant la traversée, les autres convives que nous découvrons sont tous aussi mal réveillés que nous. Certains sont partis de leur hôtel avec une de ces boîtes carton, classiques "paniers repas" qui font le délice des gens qui sont en pension et qui ne prendront pas le petit déj. à l'hôtel. Ils en sont bien encombrés, car tout le nécessaire est à bord ... Mais disciplinés (à leur accent, ils sont nordiques!) ils avalent consciencieusement tout ce qu'ils ont à manger. L'un d'eux regrette même de n'avoir pas emporté une petite bière ...

     La traversée nocturne est brève, le thé et les gâteaux vite absorbés.
Curieux, tout de même, cette manie de circuler ou naviguer tous feux éteints !
Au débarcadère, nous sommes attendus par d'autres minibus et nous nous rendons au terrain de décollage tous phares éteints !

     Bon, le vol, ce sera pour samedi 13 août prochain !!!

 

 

François :jap:

 

 

 

 

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Richard 

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Samedi 30 juillet 2011 6 30 /07 /Juil /2011 00:00

 

     Juste un petit mot en complément pour, aujourd'hui, parler encore un peu argent, puisque le sujet a été évoqué samedi dernier.

     Un bilan rapide en additionnant les entrées des différentes visites dont je vous épargnerai la liste : 1220 livres de tickets à nous deux...

 

Ticket.jpg

 


     Vous ajouterez à ça pratiquement la moitié en bakchichs, tantôt pour l'ouverture d'une porte, tantôt pour l'éclairage à l'aide d'un savant jeu de miroirs d'une scène très sombre, parfois aussi simplement pour se débarrasser d'un gardien collant, d'autres fois encore pour accéder au toit d'un temple ...
En gros, je comptais en bakchich supplémentaire le même prix que celui du ticket.

     Comme ils sont malins, bien souvent, si vous avez un ticket pour deux tombes sur un même site, une fois lâché le pourboire, apparaît un second gaffir

 

 

15.-gaffir.jpg

 

 

qui voudra vous faire visiter personnellement la deuxième tombe, et vous aurez à remettre la main à la poche ... C'est le jeu ...

     Voilà donc le coût d'une dizaine de jours de visites de tombes et de temples, auquel vous aurez bien entendu rajouté vous même le prix du taxi et du ferry-boat pour vous rendre sur la rive ouest.

     Une opportunité à ne pas manquer consiste à visiter de temples en restauration ou de chantiers  archéologiques le vendredi ... En effet, vous n'ignorez pas que le vendredi est le jour de congé des équipes de fouilles ou de restauration, si bien que c'est aussi le jour où le chat n'y est pas ... Et votre enturbanné de gardien ne manquera pas de sortir son trousseau de clefs et de vous ouvrir les salles normalement fermées, en faisant mine de ne pas vouloir être vu.

     Sachez bien que peu importent les précautions qu'il fait semblant de prendre et de vous faire prendre pour vous éviter de vous montrer : surgira forcément - et comme par enchantement - un "chef" ou soi-disant tel qui fera mine d'enguirlander votre mentor qui prendra alors bravement votre défense et demandera quelques moments supplémentaires en vous conseillant de donner quelque chose au chef pour prix de sa mansuétude.

     Un petit rab imprévu de bakchich qui, bien entendu, s'ajoutera à la largesse spontanée que vous auriez eu pour "votre" gardien ...

     Mais quel plaisir immense que d'être seul dans le temple d'Opet à Karnak

 

Karnak-ouf--une-touriste--.jpg

 

 

et de pouvoir admirer les reliefs tout frais rénovés dans leur splendeur polychrome,

 

 

Karnak-l-akh-menou.jpg

 

et de bénéficier des puissants lampadaires halogènes des restaurateurs pour faire vos photos !

     Bien sûr, vous aurez parfois l'impression de vous être fait rouler dans la farine lorsqu'on aura juste poussé un manche à balai opportunément placé en travers d'un passage pour vous faire passer "là où les autres ne vont pas"

 

 

14.-coup-de-balai-a-Luxor.jpg

 

et que vous vous retrouverez (délesté de cinq livres) sans autre obstacle sur le parcours des troupeaux de touristes lambda. La prochaine fois, vous ferez le parcours dans l'autre sens !!!

     Le plus difficile, à ce jeu, est de réussir à toujours avoir sur soi de petites coupures, car ne vous faites pas d'illusions, si vous proposez vingt livres en tendant un billet de cinquante, jamais votre interlocuteur n'a ni ne peut avoir la monnaie, et vous en serez quitte pour un pourboire non mérité ou que vous ne désiriez pas donner.

     La monnaie est le bien le plus difficile à conserver en Égypte, et même lorsque vous payez au restaurant, c'est toujours un grand souci d'avoir votre dû ...

     Bon, ça suffit pour aujourd'hui, on parlera de cuisine un autre jour !

 

François :jap:

 

 

 

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Richard 

 


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  • : EgyptoMusée - Le blog de Richard LEJEUNE
  • : 18/03/2008
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L' INDISPENSABLE



Les dessins au porte-mines

de Jean-Claude VINCENT

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