Oh là là là !
On me rappelle fort à propos que j'avais promis d'évoquer encore l' "Île aux
Bananes"
et le "Village Nubien".
Le fameux village, j'en avais - comme vous - entendu parler...
Alors que nous revenions de Mo'Allah avec notre fidèle Mohamed, nous voyons un panneau publicitaire
annonçant que nous y arrivions.
La journée avait été longue, je demande à nos mentors s'ils ne voient pas d'inconvénient à nous y
arrêter.
Petit conciliabule, et Mohamed nous gare à l'entrée du "Village".
En fait, ce village est censé être une reproduction de village typique.
Dans la réalité, c'est une sorte d'enceinte commerciale, destinée à vendre, dans un cadre relativement
couleur locale quelques objets en cuir, poteries, perles et autres tissages aux cars de touristes qui ont la bonne grâce de s'arrêter là pour permettre au chauffeur et au guide de toucher un
bakchich sur les ventes effectuées.
Bien sûr, on y voit quelques jeunes filles affairées à tisser des écharpes (elles
nous poursuivent, celles-là !) ou à confectionner quelques objets en perles de verre.
On voit surtout une sorte de cafétéria, un bar, un chadouf factice, une noria détériorée ...
Pas de quoi casser trois pattes au canard égyptien qui m'a un jour mordu, mais réellement rien de formidable
...
Nous achèterons tout de même une écharpe dont le prix fait bondir nos amis
égyptiens qui ne pipent pas mot mais, n'en pensant pas moins, échangent des regards furibonds !
50 LE, il faut vraiment être touriste pour payer une écharpe ce prix-là !
Les voyant furieux, je leur propose de prendre un pot au bar en notre
compagnie.
Comme nous avions évoqué la noix-doum lors d'une de nos conversations, et sachant
grâce à eux que l'on peut la consommer en boisson, je leur demande si l'on peut en avoir ici.
Abdallah l’infatigable va se renseigner auprès d'un barman aussi empressé qu'un lion devant un buffet
végétarien, et nous commandons quatre "boissons aux noix-doum". (Pardon de n'avoir pas retenu le nom de ce breuvage.)
C'est douceâtre, ressemblant un peu à de la chicorée dans du lait, et sûrement très long à préparer, car il
faudra une bonne demi-heure au garçon pour nous les apporter.
Durant notre attente, Abdallah s'absente pour aller chercher un petit souvenir pour
sa jeune épouse.
Il revient avec une toute petite bourse en perles représentant ... un sapin de Noël !!!
Il est tout vert, sur fond rouge, avec de belles boules multicolores. Nous rions, Catherine et moi, et lui
demandons s'il sait ce que c'est ... Devant son ignorance, nous apprenons à notre musulman pratiquant qu'il vient d'acheter un symbole de la fête de Noël !
Quand arrivera la note pour les boissons, ils se mettront une fois de plus en
colère devant le prix et jureront qu'ils n'emmèneront plus jamais qui que ce soit dans ce repaire de bandits.
En résumé, donc, une visite inutile et à éviter ...
Pour l'Île aux Bananes, c'est une autre histoire ...
Nous avions fait la connaissance d'un "Omar",
copain de Marie, et à cette occasion, il nous avait dit que si nous désirions faire une excursion dans les
oasis, aller à Abydos ou à l'île aux bananes, nous pouvions compter sur lui.
Lors de cette rencontre, nous avions bu un pot dans son coffee-shop,
et très gentiment Omar nous en avait fait cadeau.
Bien naturel, par conséquent, que nous prenions date avec lui pour cette fameuse visite de l'île aux bananes.
(Merci à Marie Van Brussel qui, avec une extrême gentillesse, m'a autorisé à puiser dans ses "trésors" pour nous offrir les deux clichés ci-dessus.)
Le jour dit, nous nous rendons donc à son bistro et embarquons en felouque pour
cette visite.
Il faut le faire en fin d'après-midi, d'abord c'est l'heure où se lève un petit rab de vent et l'on peut
ainsi au retour assister au coucher de soleil sur le Nil.
Autant la visite du village, pas la peine, autant la balade en felouque pour l'île
aux bananes, c'est réellement une chose qu'il faut faire. Je parle bien de la balade pour y aller et pour en revenir. L'île par elle-même ne présente d'intérêt que si vous n'avez jamais vu de
bananier, ce qui est bien permis, après tout, et que vous ne connaissez rien à sa culture.
On vous fera donc visiter la bananeraie passant devant un pigeonnier
dont vous apprendrez que la ceinture de carrelage brillant qui l'entoure n'est pas une coquetterie, mais une
précaution destinée à éviter que les serpents et autres prédateurs ne puissent grimper pour dérober les œufs ou les pigeonneaux.
La visite s'achève par une invite à vous asseoir à l'ombre d'une pergola et à
déguster quelques-unes de ces bananes que vous aurez rencontrées lors de votre visite.
N'oubliez pas que "offrir" veut juste dire proposer à la vente, et qu'on vous allégera de quelques livres
avant votre départ.
A mon sens, préférez négocier une belle balade en felouque, mais passez votre
chemin pour la visite de l'île. Il est probable que votre felouquier voudra absolument vous y
conduire tout de même, il doit y trouver son compte ...
Amateurs d’ornithologie, munissez-vous de vos gros télés, aigrette, martin-pie, hérons et autres bihoreaux
ou butors sont multitudes et vous pourrez en photographier à loisir pour peu que votre pilote longe les rives d'assez près.
Voilà finie cette escapade !
J'espère que le voyage vous aura plu, et surtout, n'oubliez pas mon petit
bakchich ...
Amicalement !
François
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