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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 00:00

 

     Au Louvre-Lens, les portes de la superbe exposition "Des animaux et des pharaons - Le règne animal dans l'Égypte ancienne" se sont hier définitivement closes. J'ai essayé, amis d'ÉgyptoMusée, d'en rendre compte à ma manière - car, malheureusement, point ne l'ai visitée -, en vous proposant un florilège d'anciens articles qui mettaient en valeur certaines des pièces provenant du Louvre.

 

     Je fus loin d'être exhaustif , vous vous en doutez et mon regret subsiste de ne pas avoir eu le temps d'en proposer plus encore à votre admiration, malgré le fait que j'aie résolu d'enfreindre ma sempiternelle habitude de ne vous fixer qu'un rendez-vous hebdomadaire, le mardi, et aie opté pour un rythme accéléré, avec un article tous les deux jours.

 

     Mais tant qu'à déroger, j'ai décidé ce matin de ME faire plaisir et, j'espère, VOUS procurer le même sentiment en vous offrant d'admirer un dernier monument qui - avis personnel, vous m'en direz par la suite ce que vous en pensez -, valait bien le déplacement vers Lens et méritera, si d'aventure l'Espagne, avant janvier 2016, vous tente, - Barcelone ou Madrid, à dire vrai ! -, ou si, l'année prochaine, vous décidez de vous rendre au Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, que vous lui consacriez une attention particulière : il s'agit d'une peinture pariétale de toute beauté, bien en évidence sur la paroi du fond de la vitrine 2 de la salle 5.    

 

Salle 5 - Vitrine 2

 

     En 2010, je lui avais déjà consacré trois de nos rendez-vous qui m'avaient permis, le 23 février, d'évoquer la personnalité ainsi que le parcours professionnel de son inventeur, le Nantais Frédéric Cailliaud ; le 2 mars, de retracer les raisons de sa présence au Louvre ; et, le 9 mars, d'avoir quelque peu tenté d'instruire le "procès", toujours d'actualité, du pillage des vestiges d'anciennes civilisations au profit de grandes institutions muséales à travers le monde, voire de richissimes collectionneurs.

     Constituant originellement le centre d'une scène de chasse et de pêche dans les marais nilotiques, ce fragment de peinture pariétale sur limon stuqué, d'une longueur de 74, 5 cm pour 43 cm de haut, fut en 1822 détaché de la partie inférieure du mur du fond de la chapelle funéraire de l'hypogée 
d'un certain Néferhotep, "Directeur du Grenier" sous les règnes de Thoutmosis III et de son fils Amenhotep II. Située à Dra Abou el-Naga, au nord-est de la nécropole thébaine, cette tombe, je le souligne au passage, a malheureusement aujourd'hui totalement disparu sous les sables dans la mesure où, à l'époque, pas une seule indication n'avait été retenue quant à sa situation géographique précise.



E 13 101
 


     De sorte qu'avant que l'on redécouvre la sépulture de Neferhotep, il ne subsiste plus à nos regards admiratifs que cette représentation d'un fourré de papyrus aux ombelles vertes dessinées en éventail qui se détachent magnifiquement sur un fond pâle, alternant celles toujours en bouton avec celles qui s'ouvrent en corolles et celles, dans la partie supérieure, tellement épanouies que leurs extrémités semblent se toucher en une sorte de demi-cercle continu.

    Il eût été regrettable, vous en conviendrez, que cette scène dans laquelle, entourés de canards sauvages, hérons, et même une huppe, s'ébattent de frêles papillons ; dans laquelle aussi, sans trop se préoccuper de l'environnement piaillant, une oiselle couve paisiblement ses petits à venir ;



Couvee-E-13101.jpg

 

dans laquelle, enfin, un héron contemple sa compagne en train de nourrir sereinement leur progéniture ;
 


Heron-nourricier-E-13101.jpg


il eût été regrettable enfin, convenez-en, que cette scène disparût à jamais (?) enfouie sous les sables avec toutes les autres qui devaient vraisemblablement constituer la richesse de la "maison d'éternité" de ce haut-fonctionnaire palatial.

     Avant de vous ouvrir le chemin vers une compréhension quelque peu approfondie, il me siérait de d'abord vous donner à lire la description qu'en 1826, dans un élan relativement poétique, Cailliaud fit aux pages 292-3 du troisième tome de son Voyage à Méroé ..., de la paroi qu'il avait reproduite dans ses carnets. Le passage que j'ai délibérément choisi concerne bien évidemment le seul fourré de papyrus que nous avons ici devant nous, retiré du contexte de l'ensemble de la scène de chasse et de pêche dont il faisait manifestement partie.

     Un petit hypogée dont l'entrée venait d'être découverte, m'offrit divers sujets curieux peints à fresque 
et d'une belle conservation. J'y remarquai des scènes de chasse, de pêche, de vendange, des groupes de musiciens. J'en dessinai une partie, m'attachant toujours à prendre les sujets complets (voy. vol. II, pl. LXXV, fig. 1). Une grosse touffe de tiges de lotus, d'un dessin très-correct, sort de l'eau : elle est couverte d'oies et d'autres oiseaux aquatiques. Le peintre s'est plu à représenter ces oiseaux, les uns dans le nid et couvant leurs oeufs, d'autres donnant la becquée à leurs petits déjà éclos : des caméléons et un petit quadrupède s'approchent de ces nids ; mais leurs mères attentives accourent et les écartent à coups de bec. Au-dessus voltigent des papillons (...)



      Permettez-moi, amis visiteurs, - pour d'emblée apporter de très légers correctifs qui, certes, ne grèvent en rien les propos de Frédéric Cailliaud -, de simplement préciser qu'il ne s'agit nullement ici de lotus, mais d'un bosquet de papyrus ; que caméléons et quadrupède auxquels il fait allusion sont en réalité, respectivement, des ichneumons et une genette que, par parenthèse, la décoration de l'époque représente quasiment toujours associés dans semblable environnement palustre ; et, enfin, d'insister une fois de plus sur l'acception du terme "fresque", d'origine italienne (a fresco = dans le frais) et qui, stricto sensu, constitue un procédé totalement inconnu des Égyptiens puisqu'il n'apparut que bien plus tard en Italie.

     Les zones marécageuses telles que celle-ci, même si, suite à l'industrialisation du pays, elles ont de nos jours complètement disparu, constituaient à l'Antiquité un riche biotope présent non seulement de chaque côté du Nil, mais surtout dans la région du lac Fayoum, en Moyenne-Egypte, à l'ouest du fleuve et davantage encore dans le Delta, au nord du pays.

     Mais que représentaient-elles exactement aux yeux des Egyptiens ? Et, surtout, pour quelles raisons les inclure avec autant de récurrence dans la décoration des tombeaux dès l'aube de la civilisation pharaonique et jusqu'à ce véritable acmé de l'esthétisme atteint au Nouvel Empire, et plus particulièrement encore, je l'ai si souvent souligné, à l'époque du troisième souverain Amenhotep, dans tant de sublimes hypogées comme ceux de Nakht (TT 52), de Menna (TT 69), de Rekhmirê (TT 100), de Nebamon (TT ?), d'Ouserhat (TT 56) ... et bien d'autres encore ?

     C'est avec cette importante question qui, inévitablement, nous conduira  droit à envisager les symboles mythologico-religieux que véhicule 
ce topos iconographique de l'art funéraire présent dès les premiers instants de la civilisation pharaonique que sont ces végétaux nilotiques bruissant de vie, que je souhaiterais terminer notre présent entretien.

 


E 13 101


     Nous nous trouvons donc ici, je le rappelle, dans l'environnement très spécifique des zones palustres égyptiennes. Il faut d'emblée comprendre que, dans la mythologie liée à la création du monde, les marécages symbolisaient l'image sublimée des origines, le Noun, cette eau préexistante grosse de toutes les formes de vie futures, en ce compris le démiurge lui-même. À partir de cette masse liquide primordiale et inorganisée serait née la civilisation : de ce véritable athanor purent sourdre absolument tous les éléments de la création.

     Ces marais grouillaient tout à la fois d'animaux dangereux et malfaisants - l'hippopotame mâle et le crocodile en étant les deux principaux acteurs, comme nous l'avons vu samedi 7 mars dernier,
 mais aussi d'autres, parfaitement inoffensifs : dans les premiers, les Égyptiens voulurent voir la métaphore patente des puissances négatives originelles, d'où la nécéssité obvie de les éliminer qu'illustre à souhait les scènes de chasse et de pêche très souvent représentées de part et d'autre de ce fourré de papyrus.
 
     Mais, vous vous en doutez amis visiteurs, si vous me  lisez régulièrement, cette végétation luxuriante ne constituait pas qu'un simple élément esthétique des chapelles funéraires - l'art égyptien n'eut d'ailleurs jamais de finalité purement et gratuitement décorative - : non, elle matérialisait en fait un monde en devenir dans lequel s'affrontaient de multiples forces.

     Il vous faut en outre savoir - la présence de semblables fourrés de papyrus dans une tombe n'étant évidemment pas le fruit d'une dilection toute personnelle d'un artiste plus particulièrement porté à dessiner végétaux et animaux aquatiques -, que c'est précisément dans cet espace-là que tout défunt, désirant s'assurer une survie idéale, se portera protagoniste de sa renaissance, se voudra le seul à régler son propre devenir post-mortem.

     De sorte qu'il est absolument nécessaire à notre compréhension de maintenant considérer le sujet de ce fragment de peinture non plus en tant qu'élément esseulé, mais comme s'intégrant dans un ensemble pariétal précis. En effet, si parfois ces plantes servirent de toile de fond aux scènes cynégétiques, elles furent bien plus souvent comme ici représentées au centre même d'une composition antithétique dans laquelle étaient affrontées la scène de chasse au bâton de jet et celle de pêche au harpon.

Cailliaud - Tombe Néferhotep-1


     L'on pourrait presque comparer ce haut fourré végétal à un miroir sans tain de chaque côté duquel s'animerait la même image du défunt, occupé à une tâche toutefois physiquement différente mais - et c'est sur ce point que je voudrais insister -, symboliquement identique :  se donner les moyens de garantir sa propre régénération, espérée, attendue, nécessaire ...

     Il vous faut aussi être conscients que ces immenses bouquets de papyrus, même s'ils étaient susceptibles de se développer en plusieurs endroits des rives du Nil, faisaient essentiellement référence aux zones les plus  marécageuses du Delta qui, sur le plan métaphorique à nouveau, évoquaient les régions chtoniennes, - entendez par là le monde souterrain -, par définition privées de lumière solaire et dans lesquelles immédiatement après son trépas se mouvait tout impétrant à une vie future ; privées de luminosité donc, et surtout balisées d'obstacles à obligatoirement écarter.  

     Mais ces plantes à l'ombelle constituée d'une profusion de souples fibres verdâtres représentaient également une sorte d'allégorie de la fraîcheur, de la verdeur physique, partant, de la jeunesse éternelle ; cette jeunesse précisément recherchée par le défunt. De sorte que, conséquemment, leur présence dans cette scène ne pouvait qu'inévitablement, par la magie de l'image, assurer au propriétaire de la tombe son propre devenir dans l'Au-delà.
   
     J'observe et j'aime assez d'ailleurs qu'au sein de la langue française, ces deux termes, - image et magie -, forment une parfaite anagramme : hasard lexicographique heureux, ils constituent comme un crédo, une sorte de carte de visite de l'art égyptien pour lequel une représentation n'est pas une fin en soi mais un moyen, qu'il soit d'initiation, d'envoûtement, de défense, voire de guérison ...

     Ainsi ne devons-nous jamais perdre de vue que l'image égyptienne est utilitaire : incorporant tout être à la hiérarchie cosmique, elle se veut donc instrument de survie.
    

     Mais revenons un dernier instant à notre végétation palustre : v
ous imaginez bien, amis visiteurs, que telle qu'ici stylisée, si remarquablement arrondie en son sommet, jamais elle ne se présentait dans la Nature : les tiges, aussi figées, aussi statiques, tellement droites, tellement bien rangées côte à côte, ne pouvaient qu'être agitées par le vent. Et se balançant, se frottant immanquablement les unes contre les autres, elles développaient un certain bruissement qui, semble-t-il, suggérait les sons émis par un sistre, l'instrument de musique que traditionnellement jouait la déesse Hathor, - dont, soit dit en passant, le fourré de papyrus métaphorise le royaume ; Hathor, symbole de charme, de grâce et de séduction féminine, partant, personnification de l'Amour, cet amour absolument nécessaire à tout défunt pour accomplir son obligatoire régénération d'après trépas.


     La connotation sexuelle est donc ici flagrante ... comme est l'est, j'ai déjà aussi eu l'opportunité de le souligner, dans les scènes de chasse et de pêche !

 

    D'où la récurrence de semblables représentatoins dans les tombes des membres égyptiens des classes sociales privilégiées. 
 

 
 
 

    Chers amis visiteurs : ceci constituait, vous l'aurez compris, l'ultime article dédié à l'exposition du Louvre-Lens, avant de rentrer, mardi 17 mars prochain, au Département des Antiquités égyptiennes du Louvre parisien.

 

    M'y accompagnerez-vous ?

     Impatiemment, peut-être, vous l'attendiez, l'espériez, le guettiez, le trouviez long à venir ...

     Aujourd'hui, il est me semble-t-il temps d'envisager de répondre partiellement à votre attente : après trois interventions préalables qui m'ont permis, le 23 février dernier, d'évoquer la personnalité ainsi que le parcours professionnel de Frédéric Cailliaud ; le 2 mars, de retracer l'origine de la présence dans cette salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre d'une superbe peinture pariétale ; et, mardi dernier, d'avoir quelque peu tenté d'instruire le "procès", toujours d'actualité, du pillage des anciennes civilisations au profit de grandes institutions muséales à travers le monde, voire de
 richissimes collectionneurs, le voici enfin, toujours bien en évidence sur la paroi du fond de la vitrine 2 devant laquelle nous devisons vous et moi, amis lecteurs, depuis quelques semaines.

Salle 5 - Vitrine 2

     Constituant originellement le centre d'une scène de chasse et de pêche dans les marais nilotiques, ce fragment de peinture sur limon stuqué, d'une longueur de 74, 5 cm pour 43 cm de haut, fut détaché, souvenez-vous, en 1822, sinon personnellement, à tout le moins par quelqu'un exécutant l'ordre de Frédéric Cailliaud, de  la partie inférieure du mur du fond de la chapelle funéraire de l'hypogée situé à Dra Abou el-Naga, au nord-est de la nécropole thébaine, d'un certain Néferhotep, "Directeur du Grenier" sous les règnes de Thoutmosis III et de son fils Amenhotep II. Tombe qui, je le souligne derechef, a malheureusement aujourd'hui totalement disparu sous les sables dans la mesure où, à l'époque, pas une seule indication n'avait été notée quant à sa situation géographique précise.

E 13 101

    Et notre fourré aux ombelles vertes dessinées en éventail, magnifiquement mises en évidence grâce au fond pâle sur lequel elles se détachent, alternant celles qui sont en bouton avec celles qui s'ouvrent en corolles et celles, dans la partie supérieure, tellement épanouies que leurs extrémités semblent se toucher en une sorte de demi-cercle continu, en fit partie, pour notre actuel plus grand bonheur esthétique ... au-delà du geste répréhensible, évidemment.

    Il eût été regrettable, vous en conviendrez, que cette scène dans laquelle,  entourés de canards sauvages, hérons, et même une huppe, s'ébattent de frêles papillons ; dans laquelle aussi sans trop se préoccuper de l'environnement piaillant, une oiselle couve paisiblement ses petits à venir ;

Couvee-E-13101.jpg


dans laquelle, enfin, un héron contemple son congénère en train de nourrir sereinement leur progéniture,

Heron-nourricier-E-13101.jpg
que cette scène, donc, disparût à jamais enfouie sous les sables avec toutes les autres qui devaient vraisemblablement constituer la richesse de la "maison d'éternité" de ce haut-fonctionnaire palatial.


     Oserais-je, dans ce cas bien précis, regretter que Frédéric Caillaud n'en détachât point davantage ?

     Non, assurément pas ! Car, en archéologie, tout est toujours possible : ainsi il ne serait nullement impensable que
 le tombeau de Neferhotep soit un jour ou l'autre remis au jour ... à l'instar de la tombe que le général Horemheb, non encore pharaonisé, se fit aménager dans le cimetière du Nouvel Empire, à Saqqarah, pillée au XIXème siècle de manière à approvisionner en superbes fragments les musées de Leyde, de Francfort-am-Main, de Bologne, mais aussi le British Museum et le Louvre ; abandonnée ensuite, réensablée, oubliée pour en définitive être "redécouverte" par  une expédition conjointe de l'Egypt Exploration Society (Grande-Bretagne) et du Musée National des Antiquités de Leyde (Pays-Bas), sous la houlette de Geoffrey T. Martin, de l'University College de Londres vers 1975 ;
ou de celle
 d'un certain Amenhotep, haut fonctionnaire sous Thoumosis III, dans la nécropole thébaine, à Cheikh Abd el-Gourna, il y a de cela un an maintenant, par  une équipe  du Centre de Recherches archéologiques (CReA) de l'Université libre de Bruxelles (U.L.B.) avec, à sa tête, l'archéologue belge Laurent Bavay : là aussi, le temps avait réensablé le monument mis au jour en 1882 par l'égyptologue suédois Karl Pieh.

     Attendons donc ... Et peut-être que bientôt, notre patience sera enfin récompensée !

     Mais pour l'heure, comme promis, considérons avec admiration le fragment du Louvre pour lequel j
'ai jugé bon, dans un premier temps et avant de vous donner les clés pour une compréhension quelque peu approfondie, de vous proposer la lecture de la description qu'en 1826, dans un élan relativement poétique, fit Cailliaud aux pages 292-3 du troisième tome de son Voyage à Méroé ..., de la paroi qu'il avait reproduite dans ses carnets. Le passage que j'ai délibérément choisi concerne bien évidemment le seul fourré de papyrus que nous avons ici devant nous, retiré du contexte de l'ensemble de la scène de chasse et de pêche sur laquelle je ne manquerai pas de vous entretenir ... dès ce prochain mardi.


     Un petit hypogée dont l'entrée venait d'être découverte, m'offrit divers sujets curieux peints à fresque et d'une belle conservation. J'y remarquai des scènes de chasse, de pêche, de vendange, des groupes de musiciens. J'en dessinai une partie, m'attachant toujours à prendre les sujets complets (voy. vol. II, pl. LXXV, fig. 1). Une grosse touffe de tiges de lotus, d'un dessin très-correct, sort de l'eau : elle est couverte d'oies et d'autres oiseaux aquatiques. Le peintre s'est plu à représenter ces oiseaux, les uns dans le nid et couvant leurs oeufs, d'autres donnant la becquée à leurs petits déjà éclos : des caméléons et un petit quadrupède s'approchent de ces nids ; mais leurs mères attentives accourent et les écartent à coups de bec. Au-dessus voltigent des papillons (...)


      Permettez-moi, amis lecteurs, - et pour d'emblée apporter un très léger correctif qui, certes, ne grève en rien les propos de Frédéric Cailliaud -, de simplement préciser qu'il ne s'agit nullement ici de lotus, mais d'un bosquet de papyrus ; et que caméléons et quadrupède auxquels il fait allusion sont en réalité, d'après mes sources, respectivement, des ichneumons et une genette que, par parenthèses, la décoration de l'époque représente quasiment toujours associés dans semblable environnement palustre.

     Les zones marécageuses, vous vous en doutez, même si, suite à l'industrialisation du pays, elles ont  de nos jours complètement disparu, constituaient à l'Antiquité un riche biotope présent non seulement de chaque côté du Nil, mais surtout dans la région du lac Fayoum, en Moyenne-Egypte, à l'ouest du fleuve et davantage encore dans le Delta, au nord du pays.

     Mais que représentaient-elles exactement aux yeux des Egyptiens ? Et, surtout, pour quelles raisons les inclure avec autant de récurrences dans la décoration des tombeaux dès l'aube de la civilisation pharaonique et jusqu'à ce véritable acmé de l'esthétisme atteint au Nouvel Empire, et plus particulièrement encore, je l'ai si souvent souligné, à l'époque du troisième souverain Amenhotep, dans tant de sublimes hypogées comme ceux de Nakht (TT 52), de Menna (TT 69), de Rekhmirê (TT 100), de Nebamon (TT ?), d'Ouserhat (TT 56) ... et d'autres et d'autres qu'il serait fastidieux d'énumérer ?

     C'est à cette importante question qui, inévitablement, nous conduira  droit à envisager les symboles mythologico-religieux que véhiculent ces représentations que je tenterai de répondre, mardi prochain, amis lecteurs, si d'aventure vous conservez le désir de me suivre dans l'humidité moite des fourrés de papyrus nilotiques.

     Chaussez vos bottes ... 
 


(Keimer : 1940, 49-50 ; Germond : 2001, 98-100 ; Ziegler : 1982, 352)
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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en France
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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 00:00
DES ANIMAUX ET DES PHARAONS - XXV. - LA FAUNE NILOTIQUE : 2. LE BAS-RELIEF E 26092

(© Louvre E 26092 - C. Décamps)

 

 

 

     Je l'avais évoqué à l'extrême fin de notre dernier rendez-vous, amis visiteurs, à propos d'une petite grenouille bleue à peine remarquée par les visiteurs du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre. Je ne sais d'ailleurs si elle le fut plus par ceux qui eurent l'heur de voir ce bas-relief peint (E 26092) à l'exposition "Des animaux et des pharaons" qui fermera définitivement ses portes ce tout prochain 9 mars au Musée du Louvre-Lens.

 

     Quoi qu'il en soit, ainsi que je l'avais déjà présenté dans les premiers mois de mon blog, en juillet 2008, je voudrais ce matin vous proposer de le (re)découvrir de manière que vous puissiez en admirer toute la finesse et en comprendre certaines de ses arcanes.

 

     Il s'agit, vous l'aurez constaté, d'un bas-relief anépigraphe en calcaire sculpté et peint, d’une longueur maximale de 157 cm, d’une hauteur de 55 cm et d’une épaisseur moyenne de 3, 5 cm, dont nous n’avons malheureusement ici que la partie inférieure d’une scène de pêche au harpon, elle-même découpée en quatre fragments, partiellement brisés et recollés sur du plâtre,

Pour la petite histoire, il constitue une de ces "offrandes" au Musée dont est coutumière la Société des Amis du Louvre ; celle-ci eut lieu en 1969.

     Selon son vendeur, ce relief proviendrait de Saqqarah, mais sans aucune autre précision; de sorte que nous ignorons tout du tombeau d'où il est originaire. Toutefois, et parce qu’il présente un soubassement uni, réalisé avec de l'ocre rouge surmonté d'une bande noire, et une frise verticale de rectangles de teintes différentes, conservée, en partie à tout le moins, du côté droit, on peut sans hésitation aucune déduire qu’il se trouvait dans la section inférieure droite d'un décor sur une paroi du monument d'où il fut arraché.

     Bien maigres renseignements, je vous l'accorde ... Actuellement, car il se peut qu'un jour futur apparaissent, sur le marché de l'art, d'autres fragments qui pourraient virtuellement être assemblés à ceux-ci et qui eux seraient assortis d'une "fiche technique" plus détaillée quant à leur origine. 
     En archéologie, semblable opportunité est toujours envisageable ...

    

     D’après certains critères, notamment cette convention stylistique propre à l'Ancien Empire qui veut que l'artiste représente devant le pêcheur debout son esquif une vague qui émergerait verticalement de la surface normalement plane de l'eau, vague gonflée de différents poissons lui évitant ainsi de se pencher dangereusement, ce superbe monument daterait de la fin de la Vème, voire du tout début de la VIème dynastie.

    

     Parce que de nombreuses représentations de pêche dans les marais ont été retrouvées sur les parois des tombes de toutes les époques, nous pouvons parfaitement imaginer le décor dans son intégralité. Autorisez-moi à prendre l'exemple célèbre de l'hypogée de Nakht qui vous permettra, et bien plus aisément qu'une longue explication, de visualiser mes propos, et notamment la "vague" évoquée à l'instant.


                                                                    
   


     Le défunt, tourné vers la droite, les bras écartés, manie des deux mains un harpon aux crochets duquel des poissons sont suspendus : ceux-ci lui permettront évidemment de se nourrir dans l'au-delà. 

     L'artiste l'a représenté debout sur sa barque en bois à la proue papyriforme, et a associé à la scène sa famille proche : son épouse et, debout devant lui, son fils, tous deux figurés à échelle réduite, - toujours selon certaines conventions de l'art égyptien ; ce fils qui, je le souligne au passage, dispose lui aussi d'un harpon.


     

 

     Sur le fragment supérieur droit du relief du Louvre, vous distinguerez seulement un pied du pêcheur défunt, en ocre rouge, le bas du harpon, avec ses deux barbelures, tenu verticalement par son fils et l'avant de la barque se terminant, au niveau de la frise, par l'ombelle stylisée d'un papyrus.

     Sans compter, bien évidemment, la partie inférieure de l'ensemble des poissons capturés que, peut-être, tant leur restitution s'avère d'une précision extrême, les plus connaisseurs d'entre vous reconnaîtront : au-dessus de l'embarcation, en haut à gauche, un synodonte nageant sur le dos; à sa droite, la tilapia nilotica avec, en dessous, une anguille; et enfin, à gauche de l'anguille, un tétrodon peint verticalement et un mormyre, horizontalement. 
A l'extrême droite de la composition, sous la proue, un lates, ou perche du Nil. 

 
               
     L'eau du marais est représentée en bleu, striée de zigzags noirs :

il n'est pas inutile de préciser que, dans la langue égyptienne, c'est ce hiéroglyphe  qui signifie "eau". ( = N 35 dans la liste de Gardiner).

 

     Tout le bas de la scène, sous l'embarcation, est quant à lui, magnifiquement conservé et illustre parfaitement tous ces animaux, redoutables ou pacifiques, évoluant dans les régions palustres : ainsi, sur le fragment de gauche,

 




 

remarquez, sous l'étambot de la barque dont on aperçoit un morceau dans le coin supérieur droit, cette adorable petite grenouille bizarrement bleue, négligemment posée sur une branche d'un potamogéton, plus prosaïquement appelé "épi d'eau", qui se balance au-dessus d'un mormyre, à gauche et, plus à droite, derrière deux hippopotames malheureusement à peine conservés, un poisson-chat (silure).

 

     Et sous le fragment central, un mulet frétille au-dessus de la queue minutieusement détaillée d'un crocodile. 

 


     

Puis voici, sous le fragment de droite


 

le crocodile en question et, à ses côtés, gueule ouverte, un autre hippopotame, attendant patiemment ses futures victimes ...

  

     Au terme de cette description sans grande prétention, il m'agrérerait, amis visiteurs, de m'attarder un court instant sur la technique de réalisation de la présente scène de pêche car, même si ce n'est peut-être pas flagrant à vos yeux - d'où ma recommandation réitérée de profiter des derniers jours d'ouverture de l'exposition à Lens car, comme je vous l'avais incidemment précisé, tous ces trésors du Louvre, las du climat de nos contrées, s'exileront sous le soleil espagnol jusqu'en janvier 2016, à Madrid d'abord, à Barcelone ensuite -, l'artiste, anonyme comme de coutume dans l'art égyptien, (à l'une ou l'autre exception près), a usé de deux techniques différentes, et ce, sur un même mur : au-dessus de la ligne d'eau sur laquelle repose la barque, il a légèrement creusé le fond de manière que tous les motifs se détachent en bas-relief ; en revanche, en dessous de cette ligne horizontale de démarcation, le crocodile mis à part, le seul en léger relief, - il faut toujours une exception ! -, toute la surface de la pierre calcaire est plane et son décor entièrement peint.

     Dernier petit détail : les nageoires et les ouïes des poissons, les ligatures et les planches de la barque ont été incisées.

     Ensuite, il me sied de mettre à mal cette conception dans l'esprit de certains d'un art égyptien répétitif, sclérosé, ne se renouvelant jamais, et complètement dénué d'humour : 
dans les chapelles funéraires que vous avez admirées, en avez-vous croisé beaucoup de semblables petites grenouilles mignonnement bleues ?  

 

     Enfin, j'aimerais que vous remarquiez la fraîcheur époustouflante des couleurs, néanmoins typiques de la peinture égyptienne, conférant à ces fragments une délicatesse que personnellement j'estime, à tort ou à raison, absolument remarquable.  

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE 
                

 

ZIEGLER Christiane 

Scènes, peintures et reliefs égyptiens de l'Ancien Empire et de la Première Période Intermédiaire, Paris, Ed. de la Réunion des musées nationaux, 1990, pp. 298-301. 

 

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en France
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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 00:00

 

 

     Parmi les animaux des rives du Nil qui ont jadis effectué le voyage vers celles de la Seine ou, plus exactement, vers la salle 3 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre qui les borde, le long du quai François Mitterrand, et que nous avions déjà rencontrés, souvenez-vous amis visiteurs fidèles de ce blog, en juin 2008, certains s'en sont pour un temps échappé en quelques bonds aux fins de s'exposer à Lens, illustrant eux aussi avec délicatesse et élégance l'éclectisme de la faune lacustre et celui des rituels dont ils furent les héros désignés.

     Il me siérait, aujourd'hui et ce prochain samedi alors qu'il ne vous reste plus que quelques jours jusqu'au 9 mars pour aller les saluer, d'en évoquer l'un ou l'autre, en commençant ce matin par vraisemblablement les plus petits d'entre eux : les batraciens. 

  

     Il vous faut savoir que dès l'époque prédynastique, et bien évidemment avec d'autres figurines d'animaux, la grenouille fit partie du mobilier funéraire déposé dans les tombes.

 

DES ANIMAUX ET DES PHARAONS - XXIV. - LA FAUNE NILOTIQUE : 1. DES BATRACIENS ...

 

(Grenouille en bois - Louvre E 17364 - © C. Décamps)

 

 

     Et que, l'usage s'étant instauré, les égyptologues en retrouvèrent en faïence dans les sanctuaires égyptiens datant déjà de la Ière dynastie, offertes comme ex-voto en quête de fertilité.

DES ANIMAUX ET DES PHARAONS - XXIV. - LA FAUNE NILOTIQUE : 1. DES BATRACIENS ...

 

      (Grenouille - Faïence siliceuse - Louvre AF 11513 - © C. Décamps) 

DES ANIMAUX ET DES PHARAONS - XXIV. - LA FAUNE NILOTIQUE : 1. DES BATRACIENS ...

      (Grenouille - Faïence siliceuse - Louvte AF 11514 - © C. Décamps) 

 

 

     A leur propos, permettez-moi de préciser que si leurs représentations n'autorisent pas toujours la distinction effective des espèces, je puis néanmoins affirmer que la grenouille possédait une valeur sémantique bien déterminée : parce qu’elle était issue des eaux - donc éventuellement des eaux primordiales chères à la cosmogonie égyptienne -, elle fut dès l’époque archaïque en étroite relation avec l’apparition de la vie, partant, de la procréation.

 

     Raison pour laquelle, dans l'écriture égyptienne, le dessin la représentant entra dans la composition de l'expression "vivant à nouveau", que l'on trouvait parfois gravée dans une tombe, suivant immédiatement le nom du défunt. 

 

      Et que celui du tétard, en quantité impressionnante dans les flaques ou d’autres eaux

stagnantes, fut retenu, comme l'expliquait à son cours d'égyptien hiéroglyphique, Michel

Malaise, mon Professeur à l'Université de Liège, pour noter, à partir du Nouvel Empire, le

nombre 100 000. 

 

 

     Dispensatrice de vie, la grenouille fut assimilée à la déesse accoucheuse Heket, figurée soit sous l'aspect d'une femme à tête de grenouille, soit plus simplement, sous celui de la grenouille elle-même.

 

     Parèdre de Khnoum, le dieu potier qui modèle l’enfant divin sur son tour, elle donnait souffle de vie en tendant le signe "ânkh" en direction du visage du petit être en devenir que Khnoum créait.

 

     A Lens, en plus des exemplaires en faïence datant du Nouvel Empire que je vous ai présentés ci-avant, vous pourrez également admirer une grenouille en cornaline (E 22720

DES ANIMAUX ET DES PHARAONS - XXIV. - LA FAUNE NILOTIQUE : 1. DES BATRACIENS ...

 

et une en basalte (AF 2 549), retrouvée à Tanis, dans le delta oriental, datant pour sa part de la Basse Époque.

DES ANIMAUX ET DES PHARAONS - XXIV. - LA FAUNE NILOTIQUE : 1. DES BATRACIENS ...

     Symbole de forces vivifiantes, Heket fut évidemment associée aux défunts dont elle permettait la régénération, la reviviscence dans l'Au-delà : c'est ce qui motive la présence de cette adorable petite grenouille bleue

DES ANIMAUX ET DES PHARAONS - XXIV. - LA FAUNE NILOTIQUE : 1. DES BATRACIENS ...

 

négligemment posée à l'extrémité d'une branche de potamot sur un fragment de calcaire peint (E 26092) représentant une scène de pêche dans les marais nilotiques, environnement dont vous ne pouvez décemment plus ignorer maintenant que vous êtes des fidèles d'ÉgyptoMusée toute la symbolique en rapport avec la renaissance des trépassés.

     (De ce bas-relief venant du Louvre, également exposé à Lens jusqu'au 9 mars prochain, je vous entretiendrai lors de notre tout prochain rendez-vous.)

 

     N'oublions pas que, du têtard à l'âge adulte, la grenouille subit d'importantes transformations, d'où sa présence tout à fait appropriée aux côtés des morts pour leur "annoncer" leur métamorphose à venir dans le royaume d'Osiris.   

 

     Elle  était également censée participer à l'avènement du monde, ainsi qu'à l'apparition de la tant attendue crue du Nil : elle avait donc partie liée avec certaines des fêtes agraires, dont celle du Nouvel An, vers le 19 juillet, quand tout à la fois fleuve, soleil et défunts reprennent vie.  

 

     Toute cette symbolique perdura d'ailleurs bien au-delà de l’Égypte pharaonique : ainsi  dans l'Alexandrie ptolémaïque, au sein de la nécropole de Gabarri, furent exhumées de nombreuses lampes à huile agrémentées de figurations de grenouilles. 

 

    Et ne connaît-on pas, datant de l'époque chrétienne, une lampe à huile où se lisent ces mots, en grec : "Je suis la résurrection

 

 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE 

 

 

DERCHAIN Philippe

A propos d’une grenouille, RdE 30, Paris, Klincksieck, 1978, pp. 65-6.

 

 

MALAISE Michel,

La perception du monde animal dans l'Égypte ancienne, dans Anthropozoologica n° 7,  1987, p. 36.

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 00:00

     Refermons, voulez-vous, amis visiteurs, notre dossier ouvert sur les pages dédiées aux bovins à propos de quelques monuments les concernant exposés jusqu'au 9 mars prochain au Musée du Louvre-Lens, en évoquant, ce matin, leur sacrifice rituel.

 

     ***

 

 

     

     Tiens ses deux cornes ! ...

     Retourne la tête de ce bœuf, dépêche-toi ! …

     Fais que nous puissions égorger …

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Injonctions écrites dans certains mastabas de la VIème dynastie

 

Citées par Pierre MONTET

Les scènes de la vie privée dans les tombeaux égyptiens de l'Ancien Empire

 

Paris, Librairie Istra, 1925

p. 163

 

 

 

    Véritable topos iconographique qu'inévitablement ceux parmi vous qui se sont déjà rendus en terre pharaonique auront remarqué au détour d'une visite de la nécropole de Guizeh, le thème du sacrifice d'un boeuf faisait partie de ce que la littérature égyptologique nomme "scène de boucherie".

 

 

 

 

Ty---Sacrifice-du-boeuf--2--Corridor-2--paroi-est.gif

 

 

     En vous référant - comme je le fais ci-dessus, (grand merci Thierry !) -, au programme iconologique et épigraphique du mastaba de Ty remarquablement étudié sur le site OsirisNet, vous pourrez, sans trop conjecturer, comprendre les différentes étapes de l'opération d'abattage du boeuf que pratiquaient ces hommes dans leur atelier.

 

     Cette scène fut dessinée jadis par l'égyptologue français François Daumas d'après l'original figuré au premier registre de la paroi est du second couloir - (que son étroitesse et le manque de lumière empêchent de photographier -).

 

     Ce dessin vous permettra non seulement de visualiser l'évolution des actions mais aussi, - pour ceux parmi vous éventuellement familiers de l'écriture hiéroglyphique -, grâce aux séquences des différentes colonnes, de déterminer l'activité précise de chacun des participants, ainsi que de prendre conscience des dialogues ou injonctions qui parfois s'échangent.

 

     (Pour la forme, permettez-moi de rappeler qu'au-dessus de chaque personnage, les hiéroglyphes le concernant se lisent de droite à gauche si son visage est tourné vers la droite et de gauche à droite s'il est tourné vers la gauche. Et d'ajouter ce moyen simple pour mémoriser cette "règle" : commencez à lire en vous dirigeant vers la tête des hommes ou des animaux.)

 

 

     Dans un premier temps donc, il s'agissait d'enserrer ensemble les pattes postérieures au moyen d'un solide lien et de passer un noeud coulant autour de l'antérieure gauche de manière à la soulever quand, de toutes ses forces, un aide s'agrippait à la corde. Déséquilibré sur trois pattes dont deux totalement paralysées, subissant en outre des torsions manuelles au niveau de la queue et des cornes, le boeuf s'affaissait alors et était maintenu entravé, tête renversée sur le sol et gorge à la merci du couteau qui n'avait plus qu'à y pénétrer.

 

     Pendant ces préliminaires, un homme - le premier à l'extrême gauche du croquis ci-dessus - affûte son instrument de découpe avec la pierre attachée à sa ceinture. C'est ce qu'indiquent les hiéroglyphes le surmontant (n° 8) : Aiguiser le couteau par le boucher

 

 

     Ce type d'instrument - ce qu'il est convenu de nommer un couteau à soie,  comprenez : lame de silex incurvée, nommée dès dans la langue vernaculaire, dont la partie effilée se prolonge dans le manche - fut abondamment représenté sur les parois murales de nombreuses chapelles funéraires et tout aussi abondamment exhumé lors de fouilles archéologiques.

 

    Parce que très présent dans le sous-sol, parce que de grande qualité, le silex fut largement utilisé à l'Ancien Empire dans le quotidien de divers corps de métiers, dont les bouchers, mais également dans des gestes ritualisés d'officiants-sacrificateurs, de souverains ou de divinités s'attaquant aux forces négatives susceptibles d'entraver la bonne marche du pays.

 

    Revenons, voulez-vous, au croquis de F Daumas. 

     

 

Ty---Sacrifice-du-boeuf--2--Corridor-2--paroi-est.gif

   

 

     Dans un second temps, assuré que ses aides avaient tout mis en oeuvre pour que l'animal soit dans l'impossibilité de réagir d'une quelconque manière, le boucher enfonçait donc son couteau dans la gorge offerte d'où giclait le sang qu'un acolyte recueillait et emportait dans un récipient, non représenté dans cette tombe de Ty.

 

     En n° 9, le texte nous explique : Dépeçage d'un jeune boeuf par les bouchers du domaine.

 

     Ensuite, insérant la lame entre les os, il sectionnait la patte restée libre d'entraves -l'antérieure droite, en l'occurrence -, maintenue à la verticale par un de ses compagnons.(Dépecer un jeune boeuf par le boucher, nous indique le n° 12.)

 

     Par probité intellectuelle, je me dois - malheureusement - d'introduire ici une notion qui en attristera plus d'un parmi vous : selon certains égyptologues qui ont analysé cette scène, l'ordre dans lequel je viens de vous présenter le début des opérations serait tout autre.

 

     ... il est probable que le khepech qu'on doit offrir au mort était parfois coupé sur l'animal vivant. Sans doute la viande était-elle considérée comme meilleure ..., écrit notamment l'égyptologue français Jacques Vandier dans son étude sur le sujet.

 

     "Cabochiens" avant la lettre, nos sacrificateurs égyptiens auraient donc coupé la patte antérieure droite avant d'occire la victime !

 

     A l'appui de cette terrible suspicion, le fait que le boeuf soit entravé. Car quel besoin d'ainsi le ligoter, argumente-t-il, si on lui avait préalablement tranché la gorge ?

 

     Sans toutefois qu'il soit ici question d'une symbolique liturgique, mythologique ou astrale telle que nous l'avons rencontrée à propos du sacrifice de l'oryx mis en rapport avec l'acte séthien d'attenter à l'intégrité de l'oeil d'Horus, l'ablation de la patte antérieure droite, premier acte du repas d'un défunt, parce qu'indubitablement codifiée, ressortissait à l'évidence au domaine du rite : aussi, dans certaines tombes voit-on des prêtres-lecteurs réciter les formules rituelles  sur la bête sacrifiée. Et dans d'autres, il semblerait que soit vérifiée la pureté de l'animal. 

 

      Venait aussi l'instant de retirer le coeur de la poitrine : Arracher le coeur par le boucher, lit-on au n° 10 et de le déposer dans un récipient. Et les mêmes exégètes d'affirmer qu'ici encore, ce geste pouvait être exécuté du vivant de la bête à immoler.

 

     Le sacrifice du bovidé, aussi ritualisé soit-il, participe pleinement de la volonté de matériellement permettre au propriétaire de la tombe de bénéficier de la pérennité de sa subsistance dans l'Au-delà. Raison pour laquelle deux serviteurs du ka quittent l'abattoir emportant chacun la patte antérieure prélevée sur les animaux mis à mort. Les textes définissent alors l'action générale elle-même (n° 17) : Apporter ..., et la spécificité de l'offrande :

 

-  n° 14 : ... la découpe - entendez les morceaux de choix - à l'ami unique, Ty ;

-  n° 15 : ... la nourriture du matin, par le prêtre funéraire du mois ;

-  n° 16 : ... la nourriture du soir, par le prêtre funéraire du mois.

 

     Il est aussi important de savoir que quand procession de ces serviteurs  il y avait, ceux présentant le khepech marchaient en tête : généralement, ils étaient membres de la famille du défunt.

 

      Cette patte précise constituait indubitablement l'offrande la plus estimée, la plus souhaitée par les Égyptiens pour leur repas funéraire : ainsi, dans la liste des vivres que décline le "menu" souvent peint ou gravé dans les mastabas, - la "pancarte", comme la nomment aussi certains linguistes -, ce morceau de choix, est mentionné avant tout autre.  

  

    Les premières opérations rituellement menées à bien, essentielles et éminemment symboliques quant à leur ordre d'exécution, vous l'aurez compris, il revenait aux bouchers le soin de poursuivre la découpe du boeuf telle qu'ils l'entendaient, plus aucun geste prioritaire ne leur étant alors imposé : fendre la peau, séparer les chairs, extraire boyaux et viscères, lever les filets, trancher les pattes postérieures à hauteur de la jointure du tibia et du fémur, débiter cuisses, jarrets, côtes et côtelettes, enlever tête, foie, reins ...

 

     Retenait ainsi leur attention tout ce qui était consommable, partant, susceptible de figurer sur la table des victuailles offertes au défunt où attendaient déjà pains, fruits, légumes, volailles, jarres de bière ou de vin ; en un mot comme en mille, tout ce qui lui assurerait la pérennité de sa subsistance post mortem.

 

     Quant à certaines parties de l'animal qui ne lui étaient point proposées, elles revenaient directement aux sacrificateurs ritualistes et à leurs aides : c'était, par exemple, le cas de la peau-meseka que se partageaient officiants mais aussi divers artisans ...

 

 

      

 

(Jean : 1999, 34-6 ; Midant-Reynes : 1980, 40-3 ; Montet : 1910, 41-65 ; ID. 1925, 161 sqq. ; Vandier : 1969, 128-85)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 00:00

 

 

     Dans le droit fil de mes précédentes interventions consacrées à différents animaux de l'Égypte antique tout à la fois révérés et sacrifiés, - la légitimation de semblables cruautés consistant à "transformer" ces pauvres bêtes en ennemis désireux d'attenter au bon ordre de la société tout entière ; rappelez-vous l'oryx ! -, je voudrais, avec vous amis visiteurs, aborder ce matin la raison de la présence de bovins dans l'iconologie de l'offrande alimentaire.

 

N 1393

(Louvre - Fragment Chapelle d'Ounsou N 1393 - © Photo RMN / Les frères Chuzeville) 

 

 

    Et pour ce faire, vous inviter à (re)lire un ancien article datant du 10 mars  2012.

 

     Avant d'envisager avec vous la représentation dans un futur proche de l'apport de produits spécifiques ne ressortissant plus au domaine de la nourriture, j'aimerais aujourd'hui, devant la vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre exposant une quarantaine de fragments peints provenant du mastaba de Metchetchi,  poursuivre l'évocation d'offrandes au défunt semblables à celles que nous avons rencontrées, le 28 février dernier, évoluant toujours vers la droite ; c'est-à-dire, souvenez-vous, faisant partie des registres du mur sud de la pièce. 

 

     Permettez-moi de simplement rappeler que cette convention quant à la direction empruntée par ces défilés de serviteurs du ka était tributaire du fait que, sur le mur du fond, à l'ouest donc, c'est-à-dire là où se situait l'empire des morts, étaient gravées les stèles fausses-portes au pied desquelles certains membres de la famille se devaient de déposer les offrandes alimentaires sur une pierre destinée à cet effet.

 

     Et dans le droit fil de ce rendez-vous que nous eûmes précédemment pour expliquer les différentes manières de sacrifier un oryx, j'escompte, dans un premier temps, évoquer ce nouvel éclat de 15 cm de hauteur et 23 de long, (E 25535), malheureusement fort endommagé, dont nous devons le cliché à l'excellence de SAS, (Merci Madame),

 

 

47.-Fragment-E-25535--SAS-.jpg

 

 

et qui, manifestement, devrait éveiller en vous quelques souvenirs, récents ou plus anciens.

 

     Si d'une main, cet homme agrippe deux ou trois canards, c'est surtout de ce qu'il tient de l'autre qu'il m'intéressera dès ce matin de vous entretenir : vous distinguerez en effet qu'il porte une patte de boeuf. Comme celle, rappelez-vous, qu'un peu plus avant dans cette même vitrine, nous avions entraperçue chez un autre serviteur se dirigeant quant à lui vers la gauche, précédant son collègue portant un vase de sang. 

 

 

Fragments E 25530 et E 25536 (2009)

 

 

     Comme aussi, en la précédente salle 4, dans la chapelle funéraire du mastaba d'Akhethetep que nous avions visitée en octobre 2008.

 

 

Akhethetep.jpg

 

 

     Ce geste d'emporter le khepechpièce de choix, selon ce qu'affirment les textes, faisait partie intégrante d'une thématique iconographique récurrente au niveau des reliefs et des peintures funéraires : nous en avions vu un autre exemple en décembre 2008 dans la chapelle d'Ounsou, toujours en salle 4, au registre supérieur du fragment (N 1393) :

 

 

N-1393.jpg

 

 

il s'agit de ce que les égyptologues ont pris l'habitude de nommer scène de boucherie.

 

     Même si, à plusieurs reprises, les animaux vivant en hordes sauvages aux marges du désert firent l'objet de sacrifices - je pense à la gazelle, à l'antilope et surtout à l'oryx -, force est de reconnaître que, pour la plus grande majorité de ces figurations, ce fut celui du boeuf - animal apparemment le plus consommé par les classes aisées de la société -, que les artistes égyptiens nous donnèrent à voir.

 

     Semblables représentations, il faut le savoir, générèrent naguère cette antienne que tant je décrie : l'art égyptien ne serait qu'accumulation de poncifs. Que triste monotonie. Qu'insupportable tautologie !

 

     Faisons fi, une fois pour toutes, de ces exaspérants clichés dans le chef de certains critiques et abordons sans plus tarder le sujet précis pour lequel j'ai souhaité la petite introduction d'aujourd'hui.

 

     Mon propos, vous le constaterez, ne portera pas sur les différentes races de bovidés que connut l'Égypte dans la mesure où, en mai 2009 déjà, je vous en avais succinctement proposé une nomenclature - qu'il serait peut-être intéressant de vous remettre en mémoire. Aussi, me contenterai-je de simplement signaler que, le plus souvent, ce fut le boeuf ioua, engraissé en étables pour la circonstance, qui eut l'honneur de cet abattage frappé au coin du rituel ; le nega, boeuf des prairies, plus farouche, plus maigre aussi - ceci pouvant expliquer cela -, fut quant à lui bien plus rarement choisi. 

 

     Après de nombreuses années, les égyptologues ne se sont toujours pas accordés pour déterminer avec certitude si ces scènes de dépeçage rendent compte de ce qui se passait couramment dans les domaines d'un Ty, d'un Mererouka, d'un Metchetchi ou s'il s'agit d'un sacrifice ponctuel, c'est-à-dire effectué lors de l'enterrement du maître, voire à une quelconque date anniversaire commémorant son souvenir.

 

     Quoi qu'il en soit, leur récurrence au bas des parois des chapelles funéraires, l'abondance des détails qui les distinguent les unes des autres, tous ces signes prouvant l'importance qui leur était accordée appellent d'évidence quelques approfondissements bienvenus.

 

     Raison pour laquelle, amis lecteurs, il m'agréerait que nous nous revoyions ici dans quelques jours pour autant qu'une nouvelle évocation de sacrifices sanglants ne vous rebute pas trop ...     

 

 

 

(Vandier : 1969, 128-85 ; Ziegler : 1990, 134)

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 00:00

 

 

     Je vous l'avais promis lors de notre précédente rencontre, amis visiteurs : en prenant prétexte de ces petits modèles de boeuf (AF 9169 A-B-C) que vous croiserez à l'exposition du Louvre-Lens si vous vous y rendez d'ici au 9 mars prochain,

 

 

AF-9-169.jpg

 

 

vous allez faire plus ample connaissance ce matin avec les différentes races de bovidés que connurent les Égyptiens de l'Antiquité.

 

     Il vous suffira pour cela de cliquer sur ce lien vous conduisant à une étude que je leur avais consacrée le 19 mai 2009.

 

     Excellente lecture à toutes et à tous.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 15:48
MON "NOUVEAU" BLOG ...

​​
En milieu de matinée, devant mon refus récurrent d'obtempérer aux injonctions des administrateurs d'Overblog de migrer vers leur nouvelle version, il m'a été indiqué par courriel qu'ils fermaient momentanément l'accès à mon blog aux fins de leur permettre de procéder eux-mêmes à ce transfert.

Découverte faite de leur travail terminé, je m'aperçois qu'à l'exception de quelques photos que je pourrai sans difficulté aucune retrouver là où j'avais pris la précaution de les y stocker, cette nouvelle version ne m'apparaît pas de prime abord très différente de la précédente. Ainsi, il semblerait qu'ils aient tenu leur promesse matinale de faire en sorte que je ne sois pas dépaysé par rapport à mon environnement habituel.

Depuis deux heures heures maintenant, je visite et m'initie aux possibilités que cette version me propose pour continuer à m'exprimer comme avant. Je m'aperçois, notamment, - détail, m'objecterez-vous - , que je ne trouve pas la méthode qui me permettait d'aligner mon texte à gauche comme à droite, de manière à lui donner un plus bel aspect.
Mais grâce à de nouvelles explorations et beaucoup de patience, je pourrai probablement y remédier dans les prochaines heures ou prochains jours ...

Si, comme avant, amis visiteurs, vous recevez notification de la parution de cet article, auriez-vous l'amabilité de me le faire savoir

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 00:00

 

     Le 12 février dernier, avant de prendre congé de vous, amis visiteurs, aux fins de me réserver une semaine d'effervescenceS - celle d'un peu de carnaval et celle, nettement plus ambrosiaque, de délicieuses dégustations rémoises ; d'où ce pluriel accentué à "effervescence" qui n'était évidemment en rien une erreur orthographique ou une faute de frappe ! -, nous "abondonnions " à son bien triste sort un petit veau que nous avions croisé à l'exposition du Louvre-Lens, lové sur les frêles épaules d'un jeune moscophore égyptien.

 

     Délaissant l'esprit du vin, il me siérait, à partir d'aujourd'hui, de reprendre celui de nos précédents rendez-vous et d'évoquer pour vous la famille de ce tout jeune animal en portant, dans un premier temps, l'éclairage sur le travail essentiel que l'Égypte antique agricole attendait d'un bovidé ; puis, dans un deuxième temps, de brosser un tableau général des différentes races de bovins qu'elle connut.

 

     Premier volet, donc : ce modèle (E 27069) à Lens jusqu'au 9 mars prochain 

 

Labours-E-27069.jpg

 

 

mais que nous avions déjà admiré le 29 septembre 2009 dans la vitrine 11 de la salle 4 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, à Paris.

 

     Raison pour laquelle je vous invite à cliquer sur mes propos d'alors.

  

     Je vous en  souhaite excellente (re) lecture.

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 00:00

 

     Mais où donc se rend ce jeune Égyptien, un petit veau sur les épaules ?

 

E-14-721.jpg

 

 

     C'est ce que vous découvrirez, amis visiteurs, en (re)lisant la seconde des deux interventions qu'à l'automne 2009 j'avais dédiées au moscophore du Louvre, présent à Lens jusqu'au 9 mars prochain.

 

     Voici le lien vers l'article qui répondra à votre questionnement : je vous en souhaite une très bonne lecture.

 

     Excellente semaine de congé de carnaval à toutes et à tous ; nous nous retrouverons le lundi 23 février ...

 

     

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 00:00

 

     " Veau, vache, cochon, couvée ... " : ils ont tous entrepris le voyage du Louvre à Lens !

 

 

Louvre-Lens---Hall-d-entree--20-10-2014--188.jpg

 

     Ce matin, amis visiteurs, je voudrais entamer avec vous la (re)lecture de la première des deux interventions de l'automne 2009 sur mon blog dédiées à un jeune porteur de veau, à un moscophore (E 14721) que bien avant les Grecs, l'art égyptien immortalisa.  

 

      Voici le lien vers l'article, sur lequel il vous suffira de cliquer ...

 

     Je vous en souhaite une excellente lecture.

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  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
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