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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 23:00

 

     Nous nous sommes quittés mardi dernier, vous et moi amis visiteurs, après avoir quelque peu pris conscience de l'importance du lait dans la civilisation égyptienne - quelque peu, seulement, car vous avez compris que j'escomptais bien développer plus avant ce très intéressant sujet lors de plusieurs autres interventions à venir - ; et aussi après vous avoir promis d'évoquer aujourd'hui plus spécifiquement le lait maternel, utilisé en réalité sous deux "aspects" : celui, tout à fait commun, d'une jeune mère (irtchet remetch - lait humain, spécifient les textes) et celui, plus particulier, d'une femme ayant accouché d'un enfant mâle.

 

 

     Alors que bizarrement dans l'Assyro-Babylonie antique, pratiquement à la même époque, le lait maternel était considéré comme nocif, en Égypte, l'allaitement naturel, appelé mou bezaou, c'est-à-dire "eau de protection", - que ce soit d'ailleurs celui de la vraie mère ou celui d'une nourrice -,  était reconnu pour mieux convenir aux nourrissons que celui d'un animal.

 

     Selon feu Madame Christiane Desroches Noblecourt, il est vraisemblable que pour les Égyptiens, élever un bébé au sein était garant d'une meilleure santé, ce lait constituant un véritable antidote censé l'immuniser, à tout le moins pendant la période d'allaitement - 36 mois, semblerait-il, si je m'en réfère au Papyrus d'Ani du British Museum (EA 10470). Opinion que je me garderai bien de confirmer ou d'infirmer, n'ayant aucune compétence en la matière, même si, en tant que père et grand-père, j'ai bien là-dessus aussi ma petite idée.

 

      Prolongement matériel ex utero de ce qui avait nourri le foetus dans le placenta, le lait maternel, vous le comprendrez très vite, amis visiteurs, qu'il soit considéré comme adjuvant ou comme excipient, eut une valeur de premier plan dans l'Égypte pharaonique, et plus spécifiquement parmi les pratiques médico-magico-religieuses : j'en veux pour première preuve ce test, consigné dans le Papyrus Ramesseum IV, censé pronostiquer le degré de viabilité d'un nouveau-né :

 

     Une autre chose à faire pour lui le jour de sa naissance : un fragment de placenta broyé dans du lait lui sera donné pendant trois jours de suite. S'il le vomit, cela signifie qu'il mourra. S'il l'avale, cela signifie qu'il vivra.

 

     Importance considérable, annonçai-je d'emblée. C'est à ce point vrai que deux passages du Papyrus Ebers que déjà je convoquai la semaine dernière, les §§ 788 et 796, prodiguent quelques conseils en vue d'examiner la qualité du lait qu'à son enfant une jeune mère serait amenée à donner :

 

     Détermination d'un lait mauvais : tu constateras que son odeur est semblable à la puanteur du poisson "méhyt".

 

     Détermination d'un lait consommable : son odeur est semblable à celle des morceaux concassés de rhizome de souchet comestible ; cela est un critère d'analyse.

 

            

     Toutefois, s'il me fallait établir un semblant de hiérarchie, j'affirmerais sans hésitation aucune que bien plus apprécié encore fut le lait de femmes ayant accouché d'un garçon. Tout simplement parce que cet événement était assimilé à Isis enfantant Horus.

 

     Véritable panacée pharmacologique, il était en effet notamment utilisé pour remédier aux dysfonctionnements oculaires que l'on devine préoccupants dans un pays baigné de soleil et parfois traversé par des vents soulevant la poussière de sable. Ainsi, dans le papyrus Ebers à nouveau, lirez-vous :

 

     Autre remède pour chasser les substances rouges qui sont dans les yeux : feuilles d'acacia, malachite et lait d'une femme ayant mis au monde un enfant mâle.

Sera préparé en une masse homogène et appliqué sur les paupières. (Eb. § 408)

 

     Permettez-moi de simplement préciser, sans évidemment préjuger du protocole de guérison, qu'au milieu du XXème siècle encore, toujours selon Madame Desroches Noblecourt, dans certaines régions de France, dont le Massif Central, on instillait toujours ce type de lait pour soigner des douleurs au niveau des yeux  ...

 

     Le Papyrus 3027 du Musée de Berlin stipule qu'il peut guérir les "maux" des nourrissons - comprenez les coliques :

 

     Moudre finement des extrémités de tiges de papyrus et des graines mêlées à du lait d'une femme ayant mis au monde un fils.

Si on en donne à l'enfant une mesure, il passera le jour et la nuit dans un sommeil salubre.

 

     Il fut également indiqué pour soigner l'incontinence urinaire des jeunes enfants.

 

     A son sujet, le Papyrus médical 10059 du British Museum donne à lire des paroles incantatoires qu'il était bon de réciter sur un onguent confectionné aux fins d'apaiser d'éventuelles brûlures, Isis étant censée les prononcer :

 

     Je sais comment éteindre cela avec mon lait, l'eau de guérison qui est entre mes seins. Je verse mon lait sur tes membres, mon fils et tes muscles guérissent. Je fais que le feu s'éloigne de toi aussi puissant qu'il était.

 

      A dire sur (des feuilles d') acacia, des sablés d'orge, des coloquintes cuites, des coriandres cuits.

Fais-en une masse à mélanger avec du lait d'une femme ayant mis au monde un enfant mâle.

Tu banderas cela avec une tige de ricin

 

     Enfin, et pour à nouveau évoquer le contexte magico-médical, au-delà de ses fonctions nutritionnelles, au-delà de ses qualités thérapeutiques, ce lait spécifique était lui aussi réputé pour établir un protocole divinatoire. Ainsi trouve-t-on sur un autre document d'époque aujourd'hui conservé à Berlin (Pap. 3038), conseil d'un test en vue de déterminer si une femme pourra ou non être mère : il y est question de morceaux de pastèque à malaxer avec du lait d'une femme ayant accouché d'un enfant mâle ; à verser dans son vagin : si elle vomit, elle enfantera, alors que si elle a des vents, cela signifie qu'elle n'enfantera pas.

 

     Ici au Louvre, pour autant que tout à l'heure vous vous rendiez en salle 16, vous découvrirez dans la vitrine 4 un objet  avec embout (E 14468 bis), de quelque 20 centimètres de long, propre à effectuer cette injection. Au point de départ, corne de bovidé, l'ustensile fut exhumé jadis de la tombe 1382 du cimetière ouest de Gournet Mourraï.

Il daterait du milieu de la XVIIIème dynastie

 

 

E-14468-bis.jpg

 

     Cette franche utilisation du lait d'une mère d'un bébé de sexe masculin dans la pharmacopée égyptienne antique semble avoir encouragé les artistes à réaliser des récipients spécifiques dont le modelé - pour celles et ceux, nombreux, qui ne savaient pas lire - induisait sans conteste le "médicament" qu'ils renfermaient.

 

     Les archéologues ont en effet mis au jour, essentiellement dans des sépultures féminines, des petits vases anthropomorphes à l'effigie d'une femme assise sur ses talons tenant dans son giron un bébé mâle qui prend - a pris ou va prendre - le sein.

 

     Le Louvre détient une de ces "bouteilles à lait" (AF 1660), dont je ne possède malheureusement que photographies monochromes, son site internet n'en proposant nul cliché. D'ailleurs, l'objet n'est même pas mentionné dans sa base de données officielle : peut-être parce qu'il se trouve toujours dans les réserves ...

 

     Toutefois, et pour que vous visualisiez ce type d'objet, il m'a semblé opportun de vous montrer celui, semblable, superbe, en terre cuite rouge, qu'expose le Musée des Antiquités de Leyde, aux Pays-Bas, datant probablement de la fin du Nouvel Empire ou des débuts du premier millénaire avant l'ère commune.

 

    

  Fiole à lait égyptienne (Musée de Leyde)

 

 

 

      Comme existent également d'autres fioles quasiment identiques, mais dépourvues toutefois du nourrisson, certains égyptologues qui les ont abondamment étudiées pensent  - je ne dis pas : affirment - que les unes auraient donc contenu du lait de femmes venant d'accoucher d'un garçon et les autres, tout logiquement, de celles ayant donné naissance à une fille.

 

     Permettez-moi, amis visiteurs, de clore notre entretien en attirant votre attention sur la conception qu'avaient les riverains du Nil antique quant à la formation de l'embryon : ils pensaient en effet que, si le sperme de l'homme était à l'origine de l'élaboration des os et des nerfs, le sang pour sa part faisait se transformer le lait maternel en chair.

 

     Le Papyrus Jumilhac E 17110 appartenant au Louvre (mais non exposé) l'atteste sans ambages quand il proclame :

 

     Et Rê dit à l'Ennéade : "Quant à ses chairs et à sa peau, sa mère les a créées avec son lait ; quant à ses os, ils existaient grâce à la semence de son père".

 

 

     De l'importance du lait dans la civilisation égyptienne, avais-je préalablement annoncé ...

 

 

 

 

(Bardinet : 1995, 139-53 et 311 ; Daumas : 1980 : 27-32 ; Desroches Noblecourt : 1952, 49-67 ; Jean/Loyrette : 2010, 99-114, 152, 165-82 et 215 ; Lefebvre : 1960, 59-65 ; Spieser : 2007, 1727 ; Vandier : 1961, 124, XIX, XII 24-25)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 23:00

 

      Tous les musées du monde qui disposent d'un espace à l'Égypte consacré, s'ils ne présentent pas une momie, gage incontournable d'afflux de visiteurs, proposent toutefois l'un ou l'autre papyrus rédigé dans l'une des écritures que connut le pays.


     Le Louvre bien évidemment ne déroge pas à la règle qui en détient un nombre important, exposés ou non : souvenez-vous, amis visiteurs, dans les vitrines 5 et 6 de la précédente salle 4, de ceux que nous avions rencontrés les 6, 13 et 20 janvier 2009, qui nous avaient permis de quelque peu mieux comprendre le régime juridique des terres, ainsi que la comptabilité administrative.

 

     Tout à l'heure, à la fin de notre rendez-vous de ce matin, il suffira de vous rendre dans la salle 6 ci-après pour, dans la vitrine 4, en découvrir un autre dont la particularité, cette fois, réside en ce qu'il consigne des remèdes médicaux.


 

Papyrus-medical-Louvre-E-4867.jpg

 

    

     Au terme de la première des huit interventions que j'escompte accorder au lait pour indiquer son importance en terre égyptienne antique, après quelques menues indications concernant sa valeur nutritionnelle en général, je vous avais promis, ici devant le fragment peint E 25515 accroché sur le mur du fond de la vitrine 4 ² de cette salle 5, d'envisager aujourd'hui, en me basant précisément sur quelques papyri médicaux dont ici j'eus déjà l'opportunité de faire allusion, sa grande utilisation dans une perspective prophylactique et thérapeutique.

 

 

     Non ! De grâce ... Tout de go, et péremptoirement, je proclame haut et fort que les lascives évolutions de Cléopâtre dans un revigorant lait d'ânesse ne sont, au mieux, qu'une belle légende dont l'art, à toutes les époques, s'empara, prétexte à dévoiler peu ou prou les charmes du corps féminin ; au pire, qu'exploitation économique, doublée parfois d'un érotisme plus que douteux, dans notre société de consommation d'une crédulité bien naïve ne faisant pas bon ménage avec la stricte vérité historique !

 

     En revanche, et c'est peut-être là qu'il faut chercher l'origine des légendaires bains de la dernière reine lagide, ce que mentionne très clairement le Papyrus Ebers, dont vous pouvez voir ci-après l'un des feuillets,


 

Feuillet-du-Pap.-Ebers.jpg

 

 

c'est que ce lait particulier - dont, je le souligne au passage, on ne connaît pratiquement rien quant à son usage alimentaire -, entrait dans la pharmacopée de plusieurs médications destinées à soigner diverses affections de la peau : comme par exemple ce mélange de gomme et de lait d'ânesse qui devait être apposé sur l'ouverture de la partie moisie d'un abcès purulent externe jusqu'à ce qu'il s'effondre de lui-même. (Eb. § 571)

 

     Puis-je innocemment faire remarquer que les termes, précis, mais guère poétiques, de ce texte égyptien, n'ont à mon humble avis jamais été empruntés par les publicitaires contemporains avant de nous dévoiler le corps d'Elisabeth Taylor ou de la sculpturale et superbe Monica Bellucci dans semblable bain ? 

 


      Dans le même recueil de préceptes guérisseurs, ce remède pour faire ouvrir la chair superficielle (comprenez : pour éliminer les gonflements de peau) dans lequel entraient également des feuilles d'acacia, mais aussi du miel, à absorber, cuit et filtré, quatre jours de suite. (Eb. § 713)

 

     Quant aux abcès internes, notamment dans l'utérus, il était conseillé de les soigner avec le lait d'ânesse dans lequel avaient été pilées dattes fraîches et à nouveau feuilles d'acacia. Ce sera laissé la nuit exposé à la rosée et versé dans son vagin. (Eb. § 819)

Cette même pathologie acceptait traitement analogue avec du lait de vache préalablement bouilli.

 

     Vous êtes évidemment conscients qu'une origine mythologique sous-tend ces notions de prophylaxie et de thérapie faisant intervenir le lait d'un animal, quel qu'il soit.

 

     Aussi, avant de nous quitter, abordons un court instant, voulez-vous, la littérature égyptienne avec un conte datant du Moyen Empire que Jean Capart intitula Les Aventures d'Horus et de Seth. Et pour l'heure, ce qu'il m'intéresse de vous en donner à lire se niche dans un extrait en rapport avec l'épisode de Seth attentant à l'oeil de son neveu Horus, geste à propos duquel, précédemment, j'attirai votre attention :

 

     ... Cependant Hathor, Dame du sycomore du sud, se mit en route et elle trouva Horus étendu et tout en pleurs, sur le plateau désertique. Elle se saisit d'une gazelle, lui prit son lait et elle dit à Horus : "Ouvre tes yeux pour que j'y mette ces gouttes de lait." Il ouvrit ses yeux et elle y mit les gouttes de lait : elle en mit dans le droit, elle en mit dans le gauche, puis elle lui dit : "Ouvre tes yeux." Il ouvrit ses yeux, elle les regarda et les trouva guéris.


 

     Ceci posé, les Égyptiens ne se contentèrent pas que de lait animal. De sorte qu'au-delà de ses indéniables qualités nutritives, celui de femmes fut par eux également convoqué dans la panoplie médicamenteuse : que ce soit par exemple pour soigner, par lavements, les douleurs anales ou, par potion, l'hématurie parasitaire ou encore, grâce à des pommades et onguents, ces abcès purulents évoqués ce matin.

 

     C'est plus spécifiquement de ce lait maternel fort prisé lui aussi sur les rives du Nil qu'il me plairait de vous entretenir, amis visiteurs, de manière détaillée, lors de notre rendez-vous du 22 mai prochain.


 

     A mardi ...  

 

 

 

(Bardinet : 1995, 332-3, 351 et 448 ; Cauville : 2011, 52-5 ; Desroches Noblecourt : 1952, 49-67 ; Lefebvre : 1988, 195 ; Ziegler, 1994 : 554-61 ; EAD. 2008 : 26-33

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 23:00

 

    Je me mis en marche au moment du soir et lorsque j'atteignis Peten, le jour se leva. Je fis halte sur l'île de la Grande noire (= lac Timsah). C'est alors que la soif m'assaillit de sorte que j'étais desséché et ma gorge était comme de la poussière. Je dis : ceci est le goût de la mort. Je relevai mon coeur et rassemblai mes membres après que j'eus entendu le bruit du mugissement d'un troupeau.

 

     J'aperçus les Asiatiques (= Bédouins). Un cheik local me reconnut : il s'était rendu par le passé en Egypte. Alors, il me donna de l'eau et du lait fut cuit pour moi. Puis je marchai avec lui jusqu'à sa tribu où je fus bien traité ...

 

 

  Roman de Sinouhé

 

Extrait du

Papyrus de Berlin 10499,

provenant du Ramesseum

(R 46-51)

 

 

 

     Extrêmement populaire en Égypte antique, ce "classique" de la littérature que tout impétrant s'étant frotté à l'apprentissage de l'écriture hiéroglyphique se dut un jour de traduire, met en scène un courtisan de l'époque d'Amenemhat Ier (XIIème dynastie) qui, à la mort du souverain, s'en fut à l'aventure en terres étrangères.

 

     Après avoir erré de pays en pays, l'Égyptien s'établit dans une tribu de Bédouins où il fut accueilli de manière extrêmement bienveillante : c'est le passage que j'ai placé en exergue de mon intervention d'aujourd'hui, repris de l'exercice de traduction que j'avais réalisé voici bien des années, sous la direction du Professeur M. Malaise, à l'Université de Liège.

 

     Un peu plus loin, dans la même narration, ayant épousé la fille aînée du cheikh, Sinouhé fournit quelques précisions quant à ses nouvelles conditions de vie, notamment, pour ce qui concerne sa nourriture :

 

   Il me fit chef d'une tribu parmi la meilleure de son pays. Il fit faire pour moi des provisions chaque jour avec du vin, de la viande bouillie, de la volaille rôtie, indépendamment du petit gibier sauvage du désert que l'on prenait au piège pour moi, que l'on déposait pour moi, sans tenir compte des apports de mes chiens. On faisait pour moi de nombreuses douceurs (= de la pâtisserie) et il y avait du lait dans tout ce qui était cuit.

 

 

     Avez-vous pris attention, amis visiteurs, au détail que, dans les deux extraits de ce roman historique que j'ai épinglés pour vous ce matin, le héros tint à chaque fois préciser que le lait faisait bien partie de son alimentation quotidienne ? Ne va-t-il pas jusqu'à indiquer, croyant sa mort proche, que ce furent les mugissements de bovidés qui lui rendirent espoir ?

 

     Si à ce récit vous associez en outre les scènes dans les tombes évoquant l'élevage de bovins, celles concernant la traite des vaches dont nous avons vu un exemplaire ici, la semaine dernière, dans la vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, 

 

  29. Fragments E 25515 - E 25532 et E 25511 (Louvre)

 

vous aurez aisément compris combien cet animal et surtout son lait nourricier eurent grande importance en Égypte ancienne et ce, à toutes les époques de son histoire plurimillénaire.

 

     Ainsi peut-on lire, sur le Papyrus Louvre N 3154, palimpseste au nom de Hor, Père divin et Prophète d'Amonrasonther, datant pourtant de la XXXème dynastie, c'est-à-dire de l'extrême fin des temps proprement égyptiens, vers 340 avant l'ère commune, ces paroles d'adoration :

 

     Proscynème royal pour Osiris qui est à la tête des Occidentaux, dieu grand, maître d'Abydos, pour qu'il accorde une offrande-d'invocation en pain, bière, viande, volailles, vin et lait, offrandes et nourritures, toutes choses bonnes et pures, au Ka de l'Osiris N.


(N =  le nom du défunt à indiquer par la suite sur le document.)

 

     Vous remarquerez qu'à l'instar du pain et de la bière, même s'il n'est pas cité en première position dans les formules d'offrandes, le lait intervint dans les repas des vivants, des défunts mais aussi des dieux : nombreuses représentations dans les temples nous montrent effectivement un roi qui, lui souhaitant d'en boire tous les jours, l'offre à une divinité dans deux récipients prévus à cet effet, que l'on dirait d'ailleurs surmontés d'une paille ou d'une tétine allongée, comme sur le déterminatif du terme lui-même, le dernier des cinq hiéroglyphes ci-après.  

        

     

 LAIT.png

 

    Translittérez  jrT.t  ; prononcez (approximativement) irtchet, et vous avez le vocable égyptien que nous traduisons par "lait". Auquel étaient éventuellement accolées trois précisions pour signifier qu'il provenait soit du gros bétail : la vache, en l'occurrence ; soit du petit bétail : la gazelle, la chèvre, la brebis ou l'ânesse ; soit, évidemment, de la femme (lait humain, comme le définissaient simplement les Égyptiens).

 

     Quand il s'agissait des vaches, ils établissaient une distinction supplémentaire entre le lait des bêtes astreintes à des travaux pesants tels les labours ou, lors de funérailles, le halage du traîneau sur lequel était déposé le sarcophage, et celui des laitières dont le seul rôle consistait à ruminer dans les prairies en attendant que l'on vînt les traire.  

 

     Concomitamment à sa valeur nutritive, le lait connut, d'après les papyri médicaux, nombre d'incidences prophylactiques et thérapeutiques : de ces dernières, il me plairait de vous entretenir lors de notre rencontre du 15 mai prochain. Dans une semaine, donc, puisque, souvenez-vous, je vous ai hier adressé une "newsletter" aux fins de vous indiquer qu'à partir d'aujourd'hui, nos rendez-vous redeviendraient hebdomadaires, comme aux premiers temps de ce blog.

 

     A mardi ?   

 

 

 

(Cauville : 2011, 52-5 ; Corteggiani : 2007, 279 ; Desroches Noblecourt : 1952, 49-67 ; Goyon : 2004, 223 ; Lefebvre : 1960, 59-65)

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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 23:00

 

     Si, comme je vous l'ai indiqué lors de notre précédent rendez-vous, amis visiteurs, certains des propriétaires de mastabas memphites à l'Ancien Empire choisirent, parmi les thèmes abordés dans leur programme iconographique, de présenter au sein des scènes champêtres la fécondation de la vache par un taureau, puis, en toute logique, la délivrance de l'animal, l'allaitement du nouveau-né et, éventuellement, son sevrage, Metchetchi, pour sa part, à tout le moins au niveau des fragments que nous découvrons de conserve depuis le 15 novembre 2011, ici dans la vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, ne retint que trois d'entre elles.

 

     Souvenez-vous, mardi, ne me cantonnant qu'à la partie inférieure gauche du monument, je vous ai invités à assister à la naissance du petit veau. Ce matin, il me plairait d'attirer votre attention sur ce que nous donne à voir le côté droit.

 

  -Paris--109.jpg

 

 

    

     Sur le grand morceau de mouna peint (E 25515) de 81 centimètres de longueur et 45 de haut,

 

30. Fragment E 25515 (2009)

 

figure en effet, au registre inférieur du soubassement du mur duquel, au siècle dernier, il fut arraché par les pillards, ce tableau où deux vaches de races différentes, l'une brune, l'autre blanche, se font face avec, en guise de lien symbolique en elles, le veau : l'un naissant, l'autre, blanc moucheté noir, étant affectueusement léché par sa mère.

 

     Les hiéroglyphes dessinés au-dessus de cette dernière précisent, de gauche à droite : Traire le lait.

Indication qui, a contrario, vous l'aurez compris, prouve que le fragile nourrisson choyé, tenant à peine sur ses jambes graciles, n'est déjà plus autorisé à se délecter du  lait maternel.

 

     Que voilà bellement et délicatement traduite, par l'artiste qui réalisa ce tableau pour Metchetchi, la notion de sevrage quand, plus prosaïquement, dans certains autres mastabas, nous est montré le jeune animal, l'une ou l'autre patte volontairement immobilisée, tentant vainement de se dégager pour aller téter sa mère toute proche.

 

     Souvent aussi, on le voit tirer la langue, soit qu'il halète après ses efforts pour se libérer, soit qu'il exprime tout simplement sa faim, son désir d'allaitement ...

 

     Vous remarquerez également que Metchetchi a choisi de faire représenter cette vache libre de toute entrave pendant qu'elle est traite : ce fut loin d'être toujours le cas ailleurs ; oserais-je même avancer le terme d' "exception" pour définir ici cette figuration ?  

 

     Car très souvent, comme ci-après sur ce relief du registre supérieur du mur ouest de la salle III du mastaba de Kagemni remarquablement étudié sur le site OsirisNet - (Merci Thierry !) -,  


 

Kagemni---Traite-de-la-vache.jpg

 

 

 l'animal est maintenu en laisse, pattes postérieures ligotées, de crainte d'une quelconque rebuffade.

 

     Il semblerait que le scribe des contours commandité par Metchetchi rechercha dans sa composition une simplicité certaine : assis sur sa jambe droite repliée, la gauche étant relevée, un large récipient sous le pis dans lequel le liquide s'écoule, l'homme est seul pour traire.

 

     Or, vous avez probablement constaté que dans d'autres tombes d'Ancien Empire que vous avez eu l'occasion de visiter sur le plateau de Guizeh ainsi que dans l'un ou l'autre ouvrage ou site que vous avez consulté, tout en restant évidemment le personnage principal, le trayeur peut être entouré d'autres hommes qui, soit privent la vache d'une mobilité qui pourrait le gêner, voire même le blesser (comme chez Kagemni),  soit empêchent le veau de gambader vers sa mère, soit maintiennent eux-mêmes le pot à lait des deux mains ; soit encore, vieux bergers pérorant, distribuent conseils et recommandations d'usage ...

 

     Ceci corroborant à nouveau ce que je tente en permanence de démontrer au cours de nos différents entretiens : à bien le détailler, à bien l'analyser, l'art égyptien ne peut être accusé de répétition monotone dans les composants d'une même scène !


 

     Mais ce liquide nourricier dont manifestement chez Metchetchi le veau fut privé, à qui et à quoi d'autre servait-il ?


      Quelle symbolique ce lait celait-il ?

 

     Voilà ce qu'il m'intéresserait de vous expliquer, amis visiteurs, lors de notre rencontre du 8 mai prochain.

 

     A mardi ?

 


 

(Vandier : 1969, 68-74 ; Ziegler : 1990, 130)

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 23:00

 

     Si d'aventure, amis lecteurs, vous vous référiez au Manuel d'archéologie, l'énorme somme publiée jadis par l'égyptologue français Jacques Vandier, vous constateriez que les tableaux choisis pour réaliser le programme iconographique des mastabas memphites d'Ancien Empire concernant la vie des animaux se répartissent en quelques grands thèmes : saillie de la vache, naissance du veau, son allaitement puis son sevrage, traite de la vache, alimentation des animaux, traversée des marais par les troupeaux et, bien évidemment, les scènes de boucherie sur lesquelles je me suis déjà beaucoup épanché.

 

     Autorisez-moi une petite parenthèse pour simplement préciser que les combats de taureaux apparemment désireux de conquérir la même femelle ne furent jamais évoqués dans les tombes de Basse-Egypte, tous les exemples connus ayant été mis au jour soit en Moyenne, soit en Haute-Egypte.  

     I

     Après mon introduction de samedi, vous aurez compris que nous nous retrouvons aujourd'hui - et pour longtemps encore - devant le fragment E 25515 exposé dans cette vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre pour, dans un premier temps, ne nous préoccuper que d'un des deux seuls sujets, parmi la liste ci-dessus, peints jadis au registre inférieur par l'artiste en charge de la tombe de Metchetchi.

 

 

30. Fragment E 25515 (2009)

 

 

     Les plus fidèles d'entre vous, ceux qui m'accompagnent depuis la création d'EgyptoMusée en mars 2008, se souviendront assurément que nous avions vu semblable figuration dans la chapelle funéraire du mastaba d'Akhethetep remontée dans la salle 4, ci-avant,

 

  Akhethetep--V-lage-.jpg

 

 

précédée qu'elle était tout logiquement par celle de la saillie par le taureau.


 

Akhethetep--Saillie-.jpg

 

      (Je me suis autorisé à réaliser les deux clichés ci-dessus à partir de la photographie proposée dans l'ouvrage publié en 1993 par Madame Ch. Ziegler dédié au mastaba d'Akhethetep.)

 

 

     Chez Metchetchi, c'est donc la vache de gauche, en plein travail, elle, ce 1er mai, qui retiendra notre attention.


  

Velage---Fragment-E-25515--2009-.JPG

 


     Comme si l'image n'était pas suffisamment éloquente, - souffrant visiblement de mettre bas, arc-boutée sur ses pattes antérieures, la bête beugle, cou tendu, tête levée et langue tirée ; et le geste du bouvier qui, par les pattes, agrippe le veau passant déjà la tête et la partie antérieure du corps ne laisse subsister aucun doute sur ce à quoi nous assistons -, le scribe des contours a cru bon, par-dessus la scène, de retranscrire cette injonction orale : Délivre-là bien, berger !

 

     Dans beaucoup de cas, pour faciliter la parturition, le bouvier a été figuré en position accroupie, une jambe levée et l'autre repliée sous lui. A l'instar d'autres artistes, celui qui oeuvra chez Metchetchi, se démarqua pour montrer l'homme dans une autre attitude : il ploie une jambe vers l'avant, maintient l'autre un peu en arrière de manière à légèrement se pencher vers la bête à délivrer : attirant vers lui de la main gauche les pattes antérieures du nouveau-né, il positionne la droite aux fins de tout à la fois protéger la vulve de la mère et la tête de son petit.

 

     Il faut d'ailleurs reconnaître que c'est surtout au niveau de la façon d'être du ou des personnages accompagnant la naissance que les peintres de l'époque se sont autorisé quelques variantes, préférant tous exprimer de la même manière la douleur ressentie par la parturiente en travail.  

   

 

     Certes, ces scènes d'accouchement, autant que de fécondation ou d'allaitement d'ailleurs que l'on retrouve ainsi dans un petit nombre de mastabas sont en relation directe avec l'offrande alimentaire dans la mesure où ces animaux permettront aux défunts de magiquement se nourrir tout au long de leur seconde vie. Mais, ne le perdez pas de vue, amis lecteurs, elles participent également de cette symbolique de renouveau, de régénération, de renaissance à laquelle tout défunt souhaite être associé que, très souvent ici, j'ai amplement évoquée.

 

 

 

 

(Jean : 1998, 16-26 ; Montet : 1925, 97 ; Vandier : 1969, 64-7 ; Ziegler : 1990, 129-30 ; Ead. 1993 : 80-1)

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 23:00

 

     Depuis notre rentrée ici, en salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, après les vacances de Printemps, toujours évidemment ayant peu ou prou un rapport avec les offrandes alimentaires que tout Égyptien défunt attendait de manière à subsister dans l'Au-delà, vous aurez remarqué, amis lecteurs, que j'ai animé nos rendez-vous bi-hebdomadaires autour du thème de l'élevage.

 

     Ainsi avez-vous fait connaissance, les 21 et 26 avril derniers, respectivement avec les domaines avicoles et le gavage qui y était pratiqué non pas dans le but d'obtenir ce foie gras que beaucoup d'entre nous apprécient - tout en répugnant à concevoir la méthode -, mais plus prosaïquement pour le plaisir de déguster de la volaille bien dodue.

 

     A partir d'aujourd'hui, je vous propose de quitter les basses-cours antiques et de nous diriger vers les étables dans lesquelles vivaient les bovins. Certes, vous vous souviendrez qu'à plusieurs reprises, j'eus l'opportunité d'aborder avec vous cette thématique : la première fois, ce fut dans la précédente salle 4 quand nous rencontrâmes des modèles de boeufs en bois qui me permirent d'évoquer tout à la fois leur origine et les différentes races connues sur les rives du Nil.

 

     La deuxième fois, c'est quand nous pénétrâmes dans cette salle-ci et que nous nous penchâmes sur la première de ses vitrines dans laquelle d'autres pièces en bois retinrent également notre attention : notamment la figurine d'un tout jeune garçon nu, un petit veau lové sur ses épaules ; ce que les Grecs, plus tard, reprenant ce thème dans leur statuaire, nommèrent un moscophore.

 

     Grâce à la présence de ce gracile animal, j'abordai alors la pratique rituelle qui voulait que l'on sectionnât la patte antérieure d'un bovin pour être offerte en pièce de choix aux défunts.

 

     J'eus à une troisième reprise l'occasion de les évoquer quand, toujours à propos de la vitrine 1, ce fut d'ostraca qu'il s'agît.

 

     Enfin, tout dernièrement, grâce à certains des quarante-trois fragments de Metchetchi exposés ici devant nous, nous revînmes, les 10 et 13 mars, sur leur présence au sein des rites d'offrandes alimentaires et sur leur sacrifice ...

 

     Aujourd'hui, après cette nécessaire introduction récapitulative mais également les prochaines semaines, ce ne sera plus de conceptions funéraires ou de mises à mort rituelles qu'il s'agira mais, tout au contraire, de vie plus prosaïquement "quotidienne" avec ces deux scènes on ne peut plus banales, toujours à l'heure actuelle dans toutes les fermes du monde, que sont une naissance et la traite de vaches, proposées ici, en son registre inférieur, par l'éclat peint E 25515.


 

Velage-et-traite-de-vache---Fragment-E-25515--2009-.JPG

 

 

     Accroché dans la première moitié de la vitrine 4,

     

 

E-25515.jpg

 

le fragment complet mesure 45 cm de hauteur et 81 de long. 

 

     Il m'apparaît extrêmement intéressant dans la mesure où, sur deux niveaux, il présente des scènes qui, si matériellement là se succèdent, dans la réalité se passent en des endroits et à des moments totalement différents.


 

30.-Fragment-E-25515--2009-.JPG

 

 

     Dans la partie supérieure, vous remarquerez probablement, à gauche, un groupe fort endommagé de trois musiciennes, joueuses de harpe, sur lesquelles n'en doutez point, je me ferai le plaisir un jour à venir de porter un éclairage plus que détaillé. A droite, les "classiques" dépeçage du boeuf et apport d'une de ses deux pattes antérieures à Metchetchi ; nul besoin d'à nouveau m'étendre sur ce sujet.

 

     En dessous, le registre qui va dès aujourd'hui constituer le point nodal de nos futurs rendez-vous, représente, vous l'aurez noté grâce au bandeau ocre encadré de deux épais traits noirs dans sa partie inférieure, l'ultime portion peinte du mur, au niveau du soubassement.

 

     C'est donc pour ensemble nous pencher plus avant sur ces deux tableaux apparemment champêtres que je vous invite à me rejoindre, amis lecteurs, le mardi 1er mai prochain, jour férié pour beaucoup, sauf pour une des deux vaches qu'ici nous rencontrerons ... en plein "travail".       

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 23:00

     

     Heureux de vous retrouver tous, amis lecteurs, fidèles à ce rendez-vous exceptionnellement proposé ce jeudi. J'espère sincèrement que les quelques bulles de Champagne qui ont accompagné notre petite fête de mardi ne vous auront pas fait oublier que samedi dernier, prenant prétexte du fragment E 25519 exposé ici devant nous dans la vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre et en guise de prémices à l'intervention de ce matin, j'avais cru bon de distinguer les deux types de basses-cours qu'à l'Antiquité, à tout le moins au temps de l'Ancien Empire, les Égyptiens aisés disposaient au sein de leurs domaines ruraux : les herout dans lesquels évoluaient volailles et volatiles en semi-liberté autour d'un plan d'eau reconstituant vraisemblablement le biotope des marais nilotiques, et les chétébou, qu'il vous faut comprendre comme étant plus spécifiquement des lieux dévolus à l'engraissement.

 

      Lors de cette rencontre, j'avais aussi d'emblée plus particulièrement mis l'accent sur l'oie, laissant sous-entendre que de suralimentation forcée il serait question très prochainement : aujourd'hui, en l'occurrence. 

 

 

     Parce que, plumées ou troussées, elles sont fréquemment représentées sur les tables d'offrandes mises au jour dans les mastabas d'Ancien Empire ; ou prêtes à rôtir comme ces quatre modèles que nous découvrirons un jour sur le sol de la vitrine 6, un peu plus loin dans cette même salle,

 

 

Oies-du-Louvre.jpg

 

il est indéniable que les appréciant de leur vivant, à l'instar de quelques autres volailles d'ailleurs - souvenez-vous de ces scènes de chasse dans les marais, de ces filets hexagonaux dont ils se servaient pour les capturer ; souvenez-vous aussi de ces théories de porteuses et porteurs d'offrandes croisés ici ou à l'automne 2008 chez Akhethetep ; souvenez-vous enfin des nombreuses scènes d'élevage que j'évoquai dernièrement -, les Égyptiens désirèrent s'assurer de leur présence dans l'Au-delà : la "pancarte" du mastaba de Ptahhotep ne stipule-t-elle pas l'apport de 121 200 oies ro et, dans les mêmes proportions, d'oies tcherep ?

Et comme si cela ne suffisait pas encore, ajoute 11 100 oies semen !

 

     C'est ce que prouve également cette scène, dans la tombe de Nakht que vous rencontrerez sur l'excellent site d'OsirisNet   



Volaille---Tombe-de-Nakht.jpg

 

 

où, après la capture, oies et canards sont préparés avant d'être rôtis : il appert en effet que, plutôt que bouillis, c'est ainsi que l'on préférait déguster les succulents volatiles.

Comme ici, dans la tombe d'Antefoker, étudiée sur OsirisNet à nouveau.

 

 

Rôtisseur--Tombe-de-Antefoker-.jpg

 

 

      Loin de tout anachronisme incongru, j'ai la nette conviction que ces brasiers de plein air peints ou gravés dans certaines tombes du Nouvel Empire autour desquels s'affairaient des hommes rôtissant d'une main une oie embrochée et de l'autre agitant une sorte d'éventail en vue d'attiser les braises, constituent, mutatis mutandis, les ancêtres de nos modernes barbecues.

 

 

     Les égyptologues relèvent cinq catégories d'oies différentes évoluant sur les rives du Nil antique : aux trois que je citai à l'instant, il vous faut encore ajouter les oies serou et geb.

 

     L'engraissement de tous ces volatiles - j'entends également associer, pigeons, canards et grues ! -, fut donc essentiel pour la cuisine égyptienne, toutes catégories sociales confondues.

 

     Parce que vous et moi n'avons point trouvé traces de cette pratique ni dans le mataba d'Akhethetep ni dans celui d'Ounsou visités jadis dans les salles précédentes, pour compenser l'incomplétude de l'éclat provenant de chez Metchetchi, c'est à nouveau dans le tombeau de Ty qu'il m'agréerait de vous emmener aujourd'hui grâce, toujours, à OsirisNet.

(Merci à toi, Thierry, pour tous ces documents dont chaque fois tu m'autorises l'emprunt.)

 

     Sur la paroi sud du portique, à gauche de l'entrée, cinq scènes successives ressortissant au domaine de l'engraissement gravées au registre central vous permettront donc de mieux comprendre l'ensemble des étapes dont le fragment de Metchetchi ne nous fournit qu'une bien infime partie : le gavage proprement dit.

 

     Dans un premier temps, nécessité s'imposait de préparer ce avec quoi les bêtes allaient être nourries : pour ce faire, il convenait de cuire, dans une marmite, de la pâte à pains à partir de laquelle les pâtons seraient modelés. Un homme avait pour mission de régulièrement touiller l'ensemble à l'aide d'un bâton. 


     La pâte refroidie, un autre roulait des portions entre ses mains aux fins de leur donner la forme d'une petite saucisse qu'il rangeait alors dans des récipients qui pouvaient différer d'un mastaba à un autre : souvent, c'étaient des assiettes plates aux bords légèrement relevés soit munies de petits pieds, soit posées sur un seul dont la hauteur était également variable suivant les tombes.


 

Gavage-d-oies---Mastaba-de-Ti--OsirisNet-.jpg

 

     D'un côté de ce plat donc, un personnage accroupi qui prépare la nourriture et de l'autre, celui qui l'introduira dans le gosier de l'animal.

 

     A gauche, un homme assiste debout à l'opération : dans cette même attitude, vous pourriez sans peine imaginer notre Metchetchi ...

 

     Il arrive de trouver, dans l'entourage immédiat de ces préparateurs affairés, quelques vases coniques remplis d'eau prévue tant pour humecter les pâtons que pour régulièrement désaltérer les bêtes.

 

     Parfois, comme chez Mererouka, l'artiste s'est offert le luxe de rompre la "monotonie" de la scène en représentant une oie qui, impatiente, voire peut-être plus individualiste que ses congénères, se sert elle-même dans le plateau à provisions.

 

      Que ce soit pour le gavage des grues ou celui des oies, des inscriptions hiéroglyphiques précisent les phases successives du processus : Cuire le pain et le préparer en boulettes, lit-on chez l'un ; Préparer des boulettes de pain pour le nourricier des oiseaux, trouve-t-on chez un autre.

 

     Engraisser, gaver, constituent des annotations souvent répétées, avant de mentionner, in fine : Promener canards et oies blanches après le repas.

 

     Cette sortie "digestive" terminée, les volatiles plus que rassasiés réintégraient leur étroite cabane de manière à s'engraisser jusqu'au prochain "repas" ...

 

     Mais pour quelle raison semblable pratique généralisée, me demanderez-vous ?

 

     Au risque de contredire certains d'entre vous, je me dois de préciser que rien, absolument rien dans le corpus des inscriptions hiéroglyphiques traduites à ce jour ne permet de déceler la moindre trace d'une quelconque tradition de cuisiner le foie gras.

 

     En fonction des connaissances actuelles, il semblerait même qu'après avoir été vidés et préparés pour la table, les animaux recouvraient coeur, gésier et foie, tout naturellement replacés dans leur corps.

 

     Et donc que cette suralimentation forcée apparue sur les rives du Nil voilà près de 4500 ans n'avait vraisemblablement d'autre raison d'être que le seul plaisir de déguster des volailles bien dodues !


 

     Réel topos des programmes iconographique et épigraphique des sépultures memphites de l'Ancien Empire, se raréfiant déjà fortement au Moyen Empire, la scène du gavage proprement dit disparaîtra complètement à partir de la XVIIIème dynastie : sachez toutefois qu'il ne vous faut pas y voir preuve de cessation de la pratique en elle-même, mais plus simplement suppression de cette thématique dans le chef des artistes ou, plutôt, dans celui des défunts qui décidaient des sujets à représenter sur les parois de leur maison d'éternité ...   

 

 

 

(Montet : 1925, 114 ; Peters-Destéract : 2005, 76-7 et 225-6 ; Vandier : 1969, 83-6, 410-8 et 445)

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 23:00

   

     Aujourd'hui, amis lecteurs, d'autorité, je vous dévoie du chemin que j'ai maintenant tracé entre les vitrines de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre pour vous emmener Cour Napoléon. Plus précisément au Café Marly ... où Champagne et amuse-bouche - au foie gras d'oie, bien évidemment - nous attendent.

 

 

Cafe-Marly--2011-.jpg

 

     Ce que l'on fête ? Non pas le tout prochain rendez-vous que je vous fixe exceptionnellement ce jeudi 26 avril pour en quelque sorte compenser mon "détournement de lecteurs" actuel mais la parution d'une revue d'égyptologie.

 

      François en a touché un mot dans son commentaire de dimanche soir ; vous vous souvenez aussi, je présume, que parce que j'en avais été averti la veille, je vous avais promis samedi, à mots plus ou moins couverts, une surprise imminente. Surprise qui concernait ÉgyptoMusée ; et vous et moi, par la même occasion. C'est en son nom que j'ai maintenant le plaisir de sabrer le Champagne dans cette étonnante salle du Café Marly qui s'ouvre sur la Pyramide de Pei.

 

      Cette excellente nouvelle - qui me laisse encore dubitatif : Pourquoi moi ? -, se niche en fait au détour des pages de la dernière livraison du périodique trimestriel Egypte, Afrique & Orient, revue de haut niveau pour égyptophiles à laquelle je suis abonné depuis les débuts de sa publication par le Centre vauclusien d'égyptologie en 1996.

 

 

EAO 64

 

 

     De haut niveau parce que de prestigieux noms de la recherche contemporaine tels que Nadine Cherpion, Nadine Guilhou, Pascal Vernus, Youri Volokhine, Claude Traunecker, Sydney Aufrère, Jean-Luc Bovot, Dominique Farout et d'autres et d'autres ... font partie soit du comité scientifique, soit des auteurs qui se sont là succédé d'articles en articles depuis 16 ans.

 

     Et dans l'exemplaire n° 64 reçu hier par la poste, voici ce que, profondément ému et, vous le comprendrez aisément, extrêmement fier, j'y découvre à la page 60, sous la plume de Thierry Benderitter, le concepteur d'OsirisNet, dans une chronique nouvellement consacrée aux sites dédiés à l'Égypte sur Internet :

 

 

 

Egyptomusee---Article-EAO-64.jpg

 

 

    

     Vous reprendrez bien une coupe ...

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 23:00

 

     Lors de notre premier rendez-vous de rentrée après les quinze jours de congés printaniers, je vous ai annoncé, amis lecteurs, d'une manière très pédagogique que nous entamions aujourd'hui la seconde partie du programme de l'étude détaillée des quarante-trois fragments peints provenant du mastaba memphite de Metchetchi exposés ici dans la longue vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre et que, souvenez-vous, j'avais engagée à votre intention le 15 novembre 2011.

 

     Ce que toutefois je n'ai point précisé dans ma synthèse de mardi, c'est le sujet du nouveau thème qui inaugurera notre dernier trimestre avant les vacances scolaires d'été : les différentes activités rencontrées dans les domaines ruraux que Metchetchi surveille, patronne ou ordonne ...


 

 

 

Gavage-d-oie---Fragment-E-25519--2009-.JPG

 

     Certes, il y eut celles, mythiques, de Junon, au Capitole qui, s'avisant de la pénétration des Sénons une nuit dans Rome, auraient, de leurs cacardements stridents, indiqué l'imminent danger, sauvant ainsi la ville d'une invasion gauloise. 

 

     Certes, il y eut également celles, sauvages, sur les ailes desquelles m'emmenait Nils Holgersson : grâce à lui, je m'échappais, jeune adolescent imaginatif, sans besoin d'emprunter l'avion d'Antoine de Saint-Exupéry, vers d'autres horizons explorés par le Petit Prince où m'attendaient un allumeur de réverbères, un renard ou une rose ... ainsi que mes premières découvertes de ce que je saurai, bien plus tard, être la réflexion philosophique humaniste.

 

      Bien évidemment, il y a celles de l'une ou l'autre ferme spécialisée de "ma" province de Liège, élevées pour la table à l'instar de leurs cousines périgourdines mises en valeur à chaque coin d'exploitation ou de commerce de bouche, comme celui, dans le centre historique de Sarlat, tenu par un "artisan conserveur" au nom on ne peut plus prédestiné.


 

Sarlat--Magasin-de-foie-gras---30-07-2011-.jpg

 

 

      Toutes ces oies, qu'elles participent de l'histoire romaine, de mes rêves d'enfant ou de la gastronomie que, depuis, j'ai grandement apprécié, saviez-vous, amis lecteurs, qu'elles évoluaient déjà sur les rives du Nil antique ?

 

     A propos de l'Égypte, évoquer ce volatile peut ressortir à plusieurs domaines : j'ai en effet déjà eu l'opportunité d'indiquer, notamment le 22 juin 2010, que sa graisse pouvait entrer dans la composition de remèdes thérapeutiques, le 25 octobre 2011, qu'elle - ou plutôt qu'il, puisque cela concerne plus spécifiquement le jars - personnifiait le dieu Geb, tout en étant d'autre part une des manifestations d'Amon ...  

 

     Mais ce qui m'importe aujourd'hui et mardi prochain, c'est, à partir du fragment peint (E 25519) de 34 cm de haut et 27 de large, dont je n'ai, d'emblée, qu'agrandi le registre supérieur, - celui du dessous, rappelez-vous, concernant le khepech -, d'uniquement vous le présenter sous l'angle de l'élevage et, bien sûr, de sa suralimentation quotidienne de manière à indiquer qu'avec d'autres animaux d'ailleurs, elle était déjà pratiquée dès les premiers temps de la civilisation nilotique. 

 

     Avec d'autres animaux ???, seriez-vous en droit de vous étonner.

Eh oui ! Et pas nécessairement d'aussi inoffensifs, je vous assure. Car si personne n'ignore que grues, canards et autres pigeons pouvaient eux aussi être gavés, - tableaux qu'à l'envi proposent les mastabas de Ty, de Mererouka, de Kagemni et de Ptahhotep, parmi les plus connus -, beaucoup d'entre vous s'étonneront, je présume, d'apprendre que la hyène, ce dangereux prédateur, l'était également. 

 

     C'est ce que nous révèle cette scène notamment gravée en léger relief puis peinte au premier registre du mur nord de la chambre A 13 du complexe funéraire de Mererouka que vous pouvez découvrir sur l'excellent site d'OsirisNet, à défaut de l'avoir peut-être réellement visité.

  

 Gavage des hyènes - Mererouka (OsirisNet)

 

     

     Si Tenir la hyène pour gaver par le gardien, peut se lire dans certaines tombes, c'est simplement Gaver la hyène qu'indiquent ici chez ce haut fonctionnaire aulique les six hiéroglyphes se lisant de gauche à droite au-dessus de chaque bête renversée sur le sol.

 

     Deux hommes sont requis pour effectuer le travail : l'un lui maintient les pattes liées pendant que l'autre l'oblige à ingurgiter des morceaux provenant de pièces de viande et de volaille semblables à celles que vous distinguez dans l'étroit registre supérieur.

 

     A en croire le savant français Pierre Montet, les Égyptiens n'ont pas pris le parti de considérer de tels carnassiers comme nourriture de choix pour les défunts. De sorte que les gaver relève très probablement d'une tout autre finalité : dissuader la hyène de se repaître du gibier quand elle participait à une chasse dans le désert.

 

     Cette petite parenthèse terminée, permettez-moi, pour honorer le titre que j'ai donné à la présente intervention, d'évoquer maintenant les domaines avicoles de l'Ancien Empire égyptien.

 

     Les annotations hiéroglyphiques qui accompagnent les scènes d'élevage des chapelles funéraires des notables que je citai voici quelques instants, nous permettent de définir les deux types distincts de basses-cours dans lesquelles étaient élevés volailles et volatiles.

 

     Ainsi, sur la paroi sud du portique, à gauche de l'entrée du mastaba de Ty -  (A nouveau, grand merci Thierry !) -, au registre inférieur, cet enclos   

 

  Enclos-volaille---Mastaba-de-Ti--Osirisnet-.jpg

 

 

dont le dessin reproduit ci-après vous permettra d'assurément mieux visualiser les différentes composantes.


 

Mastaba de Ty - Enclos volaille (Dessin : OsirisNet)

 

 

      Nous sommes ici dans une des hérout, comprenez une exploitation rurale se composant, en plus du logement pour les membres du personnel, d'un espace rectangulaire tel qu'ici représenté dans lequel évoluaient ces oiseaux en relative liberté dans la mesure où, comme l'indiquent les lignes ondulées dans les trois cases centrales bleutées, mais aussi les trois mêmes signes qui déterminent le terme dans l'espace rosé numéro 6, ils disposaient d'un plan d'eau, vraisemblablement entouré d'herbacées au sein desquelles, à l'instar de leurs congénères des marais du Delta, ils dénichaient eux-mêmes partie de leur nourriture ; compensée, vous l'aurez remarqué, par un substantiel apport de graines que déversaient deux éleveurs portant leur couffin sur l'épaule gauche : Jeter l'orge, spécifient les hiéroglyphes au-dessus du premier d'entre-eux.

 

     En revanche, et toujours en détaillant les scènes pariétales du même tombeau, notamment au niveau du troisième panneau du mur ouest de la cour péristyle, il est indéniable que la quotidienneté que vivaient ceux des volatiles parqués dans les chétébou, était tout autre : là, dans des cabanes fermées par un grillage, ils étaient rassemblés pour y être manifestement engraissés, gavés avant que, dans une petite cour, ils aient loisir de s'ébattre quelques courts instants post-prandiaux avant de réintégrer leur cabane en attendant le "repas" suivant.

 

     C'est précisément de ce gavage qu'il me siérait de vous entretenir, amis lecteurs, lors d'une prochaine rencontre.

 

 

(Montet : 1925, 114-25 ; Vandier : 1969, 83-6 ; 410-8 ; 445)

 

 

     Je serai - avant mardi j'espère, si la factrice le veut bien -, en possession d'un document qui me permettra de vous annoncer une excellente surprise concernant EgyptoMusée ...

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 23:00

 

     Je suis devenu un homme quand j'ai commencé d'admirer.

 

Bernard  PIVOT

  Les mots de ma vie

 

Paris, Albin Michel, 2011

p. 13

 

 

 

     Le dernier samedi avant les vacances printanières qui, j'espère, vous auront été plus que profitables, j'avais terminé, souvenez-vous amis lecteurs, l'évocation des offrandes apportées à Metchetchi, fonctionnaire palatial de l'époque d'Ounas, soit à la fin de la Vème dynastie de l'Ancien Empire, grâce à l'étude d'un certain nombre des quarante-trois fragments peints sur mouna - référencés ici de E 25507 à E 25549 arrachés au XXème siècle par des pillards à différentes parois de son mastaba, pour l'heure toujours non localisé sous le sable de la nécropole memphite.


 

Vitrine 4 ² - Vue de gauche (SAS)

 

 

     Avec l'apport des huiles canoniques se refermait la première partie de mon projet de vous faire découvrir, semaines après semaines, cette oeuvre picturale d'importance tout en essayant modestement de vous initier à certaines pratiques funéraires, à certains rapports sociaux entre vivants et défunts caractérisant au premier chef la civilisation égyptienne antique.

 

     Première partie viens-je de préciser puisque, le 6 décembre 2011, j'avais déjà indiqué le plan de mes intentions en distinguant deux grands axes dans le programme iconographique et épigraphique souhaité par le propriétaire de la tombe : envisager dans un premier temps les scènes dans lesquelles il est figuré passif, c'est-à-dire là où il bénéficie des différents rites inhérents au culte qui lui est rendu et reçoit les nombreuses offrandes qui lui assureront matériellement son éternité : ce fut le cas les 13 et 17 décembre avec une mise au point concernant les rapports père/fils ; avec la découverte, les 21 et 24 janvier de porteuses d'offrandes mais aussi, le 31 janvier et les 4, 7 et 14 février, de différentes catégories de porteurs de produits alimentaires ; avec, le 28 du même mois, la théorie des animaux du désert qui lui sont présentés ; avec, les 17 et 20 mars, l'évocation des membres du clergé, dont les prêtres-lecteurs pour enfin, avant le congé pascal, terminer par le défilé des huiles sacrées, les 27 et 31 mars.


 

     Voici donc à présent venu le second temps de notre exploration quasiment aussi étendue que la vitrine elle-même : celui où, de conserve, nous découvrirons un Metchetchi quelque peu plus "actif", soit qu'il inspecte, surveille ou dispense ses ordres au personnel de ses domaines, soit qu'il s'adonne à un jeu de société tout en savourant l'une ou l'autre composition musicale.

 

     Bien évidemment, vous vous doutez qu'à l'instar de ce qui motiva ces derniers mois plusieurs autres interventions parallèles, je poursuivrai avec bonheur mes digressions didactiques aux fins de préciser quelques détails supplémentaires ressortissant à la vie égyptienne en rapport avec les sujets abordés sur les parois de sa demeure d'éternité ; espérant ainsi, sans toutefois prétendre à une quelconque exhaustivité, vous apporter un éventail de connaissances le plus largement ouvert sur cette société des rives du Nil antique.

 

     Dès lors, si ce programme à venir vous agrée, amis lecteurs, si de ma compagnie vous ne vous lassez point trop, je ne puis qu'à nouveau vous convier à me rejoindre chaque mardi et chaque samedi, ici, devant l'inépuisable vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre qui, tant encore, recèle sujets d'étonnement.

 

     Et déjà de vous fixer un premier rendez-vous prévu ce prochain 21 avril ...

 

     A tout bientôt ?   

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  • : Visite, au Musée du Louvre, au fil des semaines, salle par salle, du Département des Antiquités égyptiennes.Mais aussi articles concernant l'égyptologie en Belgique.Mais aussi la littérature égyptienne antique.Et enfin certains de mes coups de coeur à découvrir dans la rubrique "RichArt" ...
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