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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 23:00

 

     Dans les trucs à raconter, il y a, c'est un incontournable, l'excursion en montgolfière ...

 

Mongolfiere-dans-les-rues.jpg


     D'abord, il semble qu'il vaut mieux tâcher de passer "en direct" plutôt que par un hôtel, agent touristique ou autre pour obtenir un prix intéressant.

     Pour notre part, Jérôme nous avait conseillé la compagnie Sindbad pour son sérieux, sa compétence et tout et tout !

 
"Leur démarcheur traîne dans la galerie du Winter ou sur la corniche à proximité, tu ne peux pas le manquer."
(Au passage, merci Jérôme !!! ;-) )

     Alors que nous nous baladions avec Abdallah, je lui parle de montgolfière, et instantanément je vois son œil briller ;  s'il avait eu une moustache, elle aurait certainement commencé à friser furieusement...

"Mais Abdallah, je ne veux pas payer plus que le prix ! Nous sommes d'accord ? Donc je veux bien passer par toi pour commander le vol, mais pas de surtaxe ! Compris ?
- No problem, my friend. I know very well Mahmoud ! He is one director of Sindbad. Let me do !"

     Quelques coups de téléphone plus tard,

 

 

Abdallah

 

il me dit que tout est OK, au prix de 800 LE pour nous deux, mais qu'il faut qu'il nous accompagne chez Sindbad.

     Un coup de taxi collectif et quelques enjambées plus tard, nous voici dans le bureau de la "compagnie" Sindbad"... J'insiste sur le fait que nous voulons partir dès la première heure,

 

 

8--Louxor-dans-la-brume.jpg

 

et du Ramesséum !!! En effet, il y a quelques années, nous avions failli nous faire avoir et partir en deuxième départ, c'est à dire une fois que tous les sites intéressants avaient été déjà dépassés.

 

     Ce fut une discussion homérique au cours de laquelle mes mots en anglais semblaient venir tout seuls et où je retrouvais des termes comme escroc, bandit, voleur, expliquant au commandant "engallonné" comme un pilote de ligne que s'il arrivait à nous faire remonter le lit du vent pour nous montrer ce que nous étions venus voir, j'étais prêt à payer le double, mais que dans le cas contraire, il allait devoir nous rembourser et nous dédommager pour le temps perdu ; et que je le dirai à Zahi Hawass et au gouverneur... Je revois encore l'air catastrophé des trois touristes japonais qui devaient partir avec notre groupe, et l'air ahuri des amis avec lesquels nous étions et qui n'imaginaient pas que je puisse me montrer aussi violent !
Bref, à l'époque, nous n'avions pas fait cette excursion mais avions été remboursés rubis sur l'ongle.

     Mahmoud me rassure, cette fois, nous serons du premier départ : d'ailleurs en ce moment, il n'y a pas tellement de monde. Nous signons le contrat.
Rendez-vous téléphonique est pris pour le soir même à 18h30.

"Just one thing, don't tell your hotel you come tomorrow !"

     Pas de souci, le manager de l'hôtel ne m'est d'ailleurs pas follement sympathique.

     18h30 précises, mon "portable de Marie" sonne, et Mahmoud me confirme qu'il nous prendra au bout de la rue à 5h10 précisément, et de ne surtout pas dire à l'hôtel que nous partons avec eux.
OK...

     Un peu fébriles, nous nous levons au petit matin, descendons avec discrétion les deux étages...
Personne à la réception ! Chouette, ça nous évitera des explications vaseuses...

     Sur la pointe des pieds, nous sortons de l'hôtel ... pour nous retrouver nez à nez avec ce fichu manager, à califourchon sur une superbe moto chinoise, en grande discussion avec un de ses acolytes ...

Damned !!!

"Hello, good morning ! Where are you going ?
 

 

     Mais je lui en pose des questions, moi, à ce grand dépendeur d'andouilles ? C'est en bredouillant quelques excuses mal tortillées, et en français pour qu'il me fiche la paix, que je réponds.

     Nous avons l'air malins, à faire le pied de grue au bout de la rue ... D'autant que, pas plus bête que ça, le curieux fait vrombir son engin et nous passe devant en faisant semblant d'être très affairé.

     Ouf, cette fois, il est parti ... D'autant qu'il est cinq heures neuf et que j'aperçois le mini bus aux armes de Sindbad qui s'apprête à nous embarquer. Dès qu'il s'arrête à notre portée, nous nous engouffrons, et voyons à ce moment "M. Nefertiti Hôtel" qui, sur sa moto, déboule et nous regarde ostensiblement d'un œil assassin ...
Pour la discrétion, on repassera.
Durant le trajet, il nous dépassera encore deux fois, toujours nous scrutant de son œil noir, des fois qu'on ne l'aurait pas vu nous voir !!!

     Le minibus nous dépose près de l'embarcadère des "motor-boats" et nous montons à bord du "Zeenedeen Zeedamne" où l'on nous sert un petit déjeuner bien chaud. Durant la traversée, les autres convives que nous découvrons sont tous aussi mal réveillés que nous. Certains sont partis de leur hôtel avec une de ces boîtes carton, classiques "paniers repas" qui font le délice des gens qui sont en pension et qui ne prendront pas le petit déj. à l'hôtel. Ils en sont bien encombrés, car tout le nécessaire est à bord ... Mais disciplinés (à leur accent, ils sont nordiques!) ils avalent consciencieusement tout ce qu'ils ont à manger. L'un d'eux regrette même de n'avoir pas emporté une petite bière ...

     La traversée nocturne est brève, le thé et les gâteaux vite absorbés.
Curieux, tout de même, cette manie de circuler ou naviguer tous feux éteints !
Au débarcadère, nous sommes attendus par d'autres minibus et nous nous rendons au terrain de décollage tous phares éteints !

     Bon, le vol, ce sera pour samedi 13 août prochain !!!

 

 

François :jap:

 

 

 

 

    Ici même, dans la partie "Commentaires", n'oubliez pas de lire les réponses que François a eu (et continuera d'avoir) la gentillesse d'adresser à tous et ce, jusqu'à mon retour définitif sur ce blog ...

 

     Merci à vous de poursuivre la lecture de son récit ; merci à lui d'accepter de jouer le jeu et de pallier mes absences estivales ...

 

Richard 

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en textes
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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 23:00

 

     Juste un petit mot en complément pour, aujourd'hui, parler encore un peu argent, puisque le sujet a été évoqué samedi dernier.

     Un bilan rapide en additionnant les entrées des différentes visites dont je vous épargnerai la liste : 1220 livres de tickets à nous deux...

 

Ticket.jpg

 


     Vous ajouterez à ça pratiquement la moitié en bakchichs, tantôt pour l'ouverture d'une porte, tantôt pour l'éclairage à l'aide d'un savant jeu de miroirs d'une scène très sombre, parfois aussi simplement pour se débarrasser d'un gardien collant, d'autres fois encore pour accéder au toit d'un temple ...
En gros, je comptais en bakchich supplémentaire le même prix que celui du ticket.

     Comme ils sont malins, bien souvent, si vous avez un ticket pour deux tombes sur un même site, une fois lâché le pourboire, apparaît un second gaffir

 

 

15.-gaffir.jpg

 

 

qui voudra vous faire visiter personnellement la deuxième tombe, et vous aurez à remettre la main à la poche ... C'est le jeu ...

     Voilà donc le coût d'une dizaine de jours de visites de tombes et de temples, auquel vous aurez bien entendu rajouté vous même le prix du taxi et du ferry-boat pour vous rendre sur la rive ouest.

     Une opportunité à ne pas manquer consiste à visiter de temples en restauration ou de chantiers  archéologiques le vendredi ... En effet, vous n'ignorez pas que le vendredi est le jour de congé des équipes de fouilles ou de restauration, si bien que c'est aussi le jour où le chat n'y est pas ... Et votre enturbanné de gardien ne manquera pas de sortir son trousseau de clefs et de vous ouvrir les salles normalement fermées, en faisant mine de ne pas vouloir être vu.

     Sachez bien que peu importent les précautions qu'il fait semblant de prendre et de vous faire prendre pour vous éviter de vous montrer : surgira forcément - et comme par enchantement - un "chef" ou soi-disant tel qui fera mine d'enguirlander votre mentor qui prendra alors bravement votre défense et demandera quelques moments supplémentaires en vous conseillant de donner quelque chose au chef pour prix de sa mansuétude.

     Un petit rab imprévu de bakchich qui, bien entendu, s'ajoutera à la largesse spontanée que vous auriez eu pour "votre" gardien ...

     Mais quel plaisir immense que d'être seul dans le temple d'Opet à Karnak

 

Karnak-ouf--une-touriste--.jpg

 

 

et de pouvoir admirer les reliefs tout frais rénovés dans leur splendeur polychrome,

 

 

Karnak-l-akh-menou.jpg

 

et de bénéficier des puissants lampadaires halogènes des restaurateurs pour faire vos photos !

     Bien sûr, vous aurez parfois l'impression de vous être fait rouler dans la farine lorsqu'on aura juste poussé un manche à balai opportunément placé en travers d'un passage pour vous faire passer "là où les autres ne vont pas"

 

 

14.-coup-de-balai-a-Luxor.jpg

 

et que vous vous retrouverez (délesté de cinq livres) sans autre obstacle sur le parcours des troupeaux de touristes lambda. La prochaine fois, vous ferez le parcours dans l'autre sens !!!

     Le plus difficile, à ce jeu, est de réussir à toujours avoir sur soi de petites coupures, car ne vous faites pas d'illusions, si vous proposez vingt livres en tendant un billet de cinquante, jamais votre interlocuteur n'a ni ne peut avoir la monnaie, et vous en serez quitte pour un pourboire non mérité ou que vous ne désiriez pas donner.

     La monnaie est le bien le plus difficile à conserver en Égypte, et même lorsque vous payez au restaurant, c'est toujours un grand souci d'avoir votre dû ...

     Bon, ça suffit pour aujourd'hui, on parlera de cuisine un autre jour !

 

François :jap:

 

 

 

    Ici même, dans la partie "Commentaires", n'oubliez pas de lire les réponses que François a eu (et continuera d'avoir) la gentillesse d'adresser à tous et ce, jusqu'à mon retour définitif sur ce blog ...

 

     Merci à vous de poursuivre la lecture de son récit ; merci à lui d'accepter de jouer le jeu et de pallier mes absences estivales ...

 

Richard 

 


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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en textes
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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 23:00

 

     Un après-midi, vers 16h 30, dans le souk touristique de la ville, nous étions en tout et pour tout deux touristes pour l'ensemble de la rue : ma Catherine et moi !

 

 

Souk-Louxor--27-nov.-2010-.JPG

 

(Un tout grand merci à Marie Van Brussel pour cette photo du souk de Louxor vide de touristes, prise après la révolution ; ainsi que pour toutes celles qui illustrent le présent billet de François.)

 

 

On peut à ce propos parler des achats dans les souks : tout un poème ...

D'abord, deux "trucs" pour limiter le harcèlement :

 

1. Walk like an Egyptian !

     Marcher à grands pas, d'un air décidé et sans regarder de côté. Ça les prend par surprise... Mais il faut avouer que ce n'est pas très pratique pour faire des emplettes. De toute façon, ne nous berçons pas d'illusions, chaque marchand a dans sa boutique la totalité de ce que son voisin vend, et s'il n'avait pas ce que vous cherchez, il ira le trouver chez celui qui le possède.
 

2. Avoir en main , en permanence, 2 LE !  (*)

     Ainsi, lorsqu'on t'annonce en te montrant une écharpe en véritable polyamide "made in China" :

 

 

Souk---Foulards.jpg

 

 

"Pas cher, celle-là ! Une livre seulement ! ", tu dis OK et tu montres tes deux livres en faisant mine de les lui donner.
Désarmé et pas près de vendre à perte, le vendeur bat alors généralement en retraite.

     Et puis, bien se rappeler que, comme ils disent, tout est gratuit jusqu'à la caisse ! Et que par conséquent tu n'es jamais obligé d'acheter parce que tu es entré dans une boutique ...

     Par contre, lorsque l'on a décidé d'acheter quelque souvenir, alors là, c'est un calvaire...

     Il faut prendre une écharpe pour Tata Ginette, une pour ma sœur, une pour Gérard, et puis une pour la concierge, mais moins cher, et puis deux pour les copines de bureau, mais alors vraiment pas chères, un scarabée pour le neveu de Bernard qui a une vocation d'égyptologue, et puis j'aimerais bien me rapporter enfin un Anubis qui ne soit pas en plastique doré et multicolore, et puis ...

Ah oui, le pashmina rose de madame acheté lors de la dernière visite est tout déteint et ressemble à un mouchoir depuis qu'il est passé par erreur à la machine à 90° avec les draps. Il faut que je le remplace ...

     Donc, on rentre forcément à un moment ou à un autre dans une boutique...

 

Souk---Foulards--2----Photo--Marie.jpg


     Charité bien ordonnée commençant par soi-même, on cherche le pashmina rose. Hmmm, qu'il est beau et doux celui-là ! Coton et soie ! C'est écrit dessus ... Curieux, il n'y a pas de "made in ..." Un oubli, sans doute ?

Et là, ça commence :

"Combien ?

- C'est pas important, tu choisis tout ce que tu veux, et je te dis le prix après ...

- Oui, mais je voudrais savoir combien ça coûte ?

- On verra, choisis ce que tu veux

- Oui, mais je ne veux pas choisir sans savoir le prix !!!

- Le prix c'est pas grave on verra après ...

- Mais bon sang, si je ne sais pas le prix que ça vaut, je ne sais pas si je peux l'acheter !!!

     Et on finit par se lasser, et on choisit pour Tata Ginette et les autres ... Car inévitablement, ce sera la même chose dans la boutique d'à-côté ... Les souvenirs s'entassent ...

" - Bon, c'est tout !
- Sûr ? OK !"

     Là entre en scène l'inévitable calculatrice électronique, et d'un air appliqué, le vendeur fait de multiples opérations, toujours de façon que tu ne voies pas ce qu'il note.
Et puis il t'exhibe fièrement le résultat ...

Ouch !


     Dix sept écharpes (j'avais oublié Caroline qui risque de se vexer si elle sait que j'ai rapporté quelque chose à Sophie, et puis Alexandre et Victoria et ... et ...), six statuettes en résine (mais pas trouvé cet Anubis dont je rêve ), un sachet de "véritable safran", et une charmante paire de fioles en verre, ça fait tant que ça ???

Rien qu'à voir ta tête, il sourit ...


"That was touristic price !

For you, my friend, I give egyptian price."

     Nettement mieux, c'est vrai, mais quand même, des écharpes à ce prix là, je les trouve aux Galeries farfouillettes de ma ville ...


"Euh, qu'est-ce que tu en dis, chérie ?"
Chérie trouve que le pashmina rose qui lui manque, c'est OK ; mais pour Tata Ginette, elle ne pensait pas mettre autant et le signifie vertement : "Après tout, c'est ta tante, pas la mienne ..."

     Le vendeur tout émoustillé par la scène de ménage qu'il a suscitée mais désireux de vous garder dans la boutique :

"Mais comme tu achètes beaucoup de choses, je vais te faire un prix d'ami, my friend !"

     Nouveau prix qui s'affiche sur la calculette...

" If it is not OK, tell me your price..."

     Mais il ne sait pas que je n'y connais rien au prix des écharpes, moi, ce bougre !
Bon, je m'empare de la calculette, je baisse de 25% en me disant que j'exagère un peu, compte tenu du prix de départ. 

    

     Pour le principe, il rajoute 10 livres au prix que je suggère et là, fier comme tout, je montre à Chérie :


"- Là, ça te va ?"
 

 

     Elle acquiesce, l'œil admiratif, fière d'être venue en Égypte avec un tel négociateur...

     L'affreux a intercepté l'échange muet, et déjà se frotte les mains.

     Je fouille dans ma poche, compte et recompte mes billets, vérifie que je ne confonds pas les chiffres, et bien entendu je n'ai pas l'appoint exact ! Cette fichue "cash machine" ne délivre que des billets de cent livres et les petites coupures s'envolent en bakshish à longueur de journées.
Il me doit 80 livres de monnaie...

"- Oh, don't have change.

- Oui, mais moi je ne peux pas faire mieux ..."

Le gars sort alors de la boutique avec mes sous, et nous l'entendons héler Ali et Mustapha...

"- Tu crois que ce n'est pas trop cher ? Peut-être que finalement l'écharpe pour Tata Ginette, on n'aurait pas dû la prendre ?

- Ça ne fait rien, Chérie, on lui donnera le scarabée, et tu pourras garder son écharpe.

- Ah, si c'est comme ça, je crois que finalement ce n'est pas cher !!!"

     Le gars revient triomphant avec la monnaie !!! Et même me rend ce qu'il me doit !
Et puis il emballe tout dans un sac poubelle gris foncé et me le tend fièrement !

"My friend, choose what you want in this box ! It is cadeau four you ! Take two if you want !"

 

     Bien sûr, la fameuse box ne contient que ces horribles trucs en plastique multicolores moulés en Chine... Ah tiens, il y a un Anubis ... Bon ! Tant pis, la prochaine fois j'en trouverai un beau !!!

 

 


PS: Il est évident que les noms et prénoms ont été modifiés, et que si tout n'est pas vrai, ça aurait pu l'être !

Tata Ginette, je t'aime !

 

 

François :jap:

 

 

 

(*) Rappel : la livre égyptienne vaut 0, 1183 €.

 

 

    Ici même, dans la partie "Commentaires", n'oubliez pas de lire les réponses que François a eu (et continuera d'avoir) la gentillesse d'adresser à tous et ce, jusqu'à mon retour définitif sur ce blog ...

 

     Merci à vous de poursuivre la lecture de son récit ; merci à lui d'accepter de jouer le jeu et de pallier mes absences estivales ...

 

Richard 

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en textes
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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 23:00

    

      Puisque, samedi dernier, j'abordai d'emblée le sujet des transports, quelques autres précisions :

Traversée du ferryboat : 1 LE  (*)  

   

Traversée en motor boat : 5 LE

 

motorboat.jpg
Taxi collectif : 50 piastres  (**)
 

     Mais là, il faut être au courant des multiples destinations et des gestes ou mots pour en indiquer une au chauffeur ou bien être accompagné par quelqu'un qui sait ... Sinon, on risque de se retrouver à un endroit où l'on ne souhaite pas se rendre !


 

Taxi-collectif.jpg

 
      On grimpe, on sort sa pièce, on tape sur l'épaule de celui qui est devant soi, qui la passe à celui qui est devant lui et ça va jusqu'au chauffeur qui renvoie la monnaie par le même biais tout en conduisant, klaxonnant et montrant aux gens qui le hèlent où il se rend avec le même code gestuel. Une véritable aventure à tenter de préférence aux heures creuses...

 

Taxi privé :

 

Taxi-prive.jpg

 

prix à négocier avant de monter dans le véhicule, en sachant que beaucoup sont climatisés, ou que c'est écrit dessus mais que si la clim fonctionne, le chauffeur est plus gourmand, estimant qu'il conduit une "limousine"...

 

     Pour la petite histoire, nous avons été à l'arrivée "démarchés" par un Abdallah souriant

 

Abdallah.jpg

 

qui nous a même donné sa carte de visite malgré nos dénégations. Comme d'habitude, dès qu'on discute, le dialogue est le suivant :

"- Hello, you need a taxi ?

- La choukrane !

- Where you come from ? English, french, germany ?

- French !

- Ça va ? Ça roule ma poule ? Besoin taxi ?

- Non merci !!!

- Pas cher, moins cher que Leclerc !

- J'ai dit non merci !!! Bass !!!

- Quel hôtel ?

- Nefertiti ! Allez, ça suffit ! Khalass !

- May-be later ?

- ... ... ...


- Tomorrow ?

- ... ... ... [avec un geste de la main disant non et gardant le visage aussi fermé que possible !]

- OK, may-be later !!!"



      Le bougre s'en va enfin.

      Le lendemain matin, nous sortons de l'hôtel pensant nous rendre tranquillement sur la West Bank. A peine avons nous parcouru dix mètres que, surgi comme le diable de sa boîte, Abdallah nous tombe dessus :

"- Hello, my friend ! You want a taxi ? You want to go West Bank ? I have my taxi there.

- La Choukrane !

- But I gave you my card. Remember ?
Do you need something ? Motor-boat, felluca ?

- Non merci !

- OK, where you go ?

- West-Bank, by my foot !

- But you need a taxi there ! I have taxi on West bank ! I can drive you to the ticket office !"

 

     Pensant le désarmer, puisque nous arrivons au ferry, nous grimpons ... Rien n'y fait, il nous emboîte le pas. Durant la traversée, il nous convainc et finalement nous acceptons son taxi. Là il empoigne son portable et commence une discussion avec son interlocuteur.

      A l'arrivée du ferry, il nous fait attendre, et finalement au bout de cinq minutes, arrive une vieille 404 break bleue et blanche, conduite par un moustachu aussi foncé de peau qu'Abdallah est clair, deux fois sa taille, avec une trogne de bon bougre auquel il ne faut pas marcher sur les pieds...


"- C'est quoi, cette histoire ? Je croyais que tu avais un taxi ?

- This is my brother, Muhammad !"
     

     Ouais, et moi, je suis ta sœur !

      Bref, c'est donc "en famille" que nous aurons le plaisir de faire nos excursions durant ces neuf journées à Louxor...

      Le prix négocié pour des "petites" journées" (en gros, de 8h 30 à 16h) sera de 80 LE, sans bakchich supplémentaire ! Compte-tenu de la période difficile, je n'ai pas voulu me montrer trop "rat", sachant que la saison a été très dure pour eux, ni en profiter pour marchander plus encore, car il aurait sans nul doute accepté...

 


      Petit aparté, ici, pour dire encore mille mercis à Marie qui m'ayant prêté un téléphone local à mon arrivée nous a permis de contacter ou d'être contactés sans soucis, et de nous sentir parfaitement sécurisés, sachant qu'à tout moment nous pouvions la joindre pour appeler au secours ou demander un renseignement ! Ça n'a l'air de rien, mais c'est très rassurant !

      Bon, pour les transports, j'ai eu la chance de faire un soir du "taxi brousse", et aussi de la moto !
La moto, je n'en menais pas large, mais c'était pour aller de chez mon marchand de chemises à une cash-machine, car il ne voulait être payé qu'en livres... Mais comme je n'avais pas payé les chemises, le gars qui m'a pris en selle m'a conduit comme une jeune mariée, ne voulant pas perdre un client avant que l'affaire soit faite !!!


      On a "juste" pris un rond point à l'envers, manqué se mettre dans une charrette de luzerne dont l'âne connaissait aussi mal le code de la route que mon chauffeur, et lorsque ma Catherine m'a vu revenir, elle était encore grise de peur !

      Prochain rendez-vous : samedi 23 juillet ...
   

 

François :jap:

 

 

NdRL :

 

(*) 100 livres égyptiennes  = 11, 18 €

 

(**) 1 livre égyptienne = 100 piastres

 

 

 

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Richard

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 23:00

 

      Comme annoncé dernièrement, je vous invite dès ce matin et chaque samedi des deux mois d'été à découvrir la relation d'un voyage à Louxor qu'un ami niçois a effectué en mars 2011, et qu'à votre intention, amis lecteurs, j'ai pré-programmée avant de prendre congé de vous ...

 

     Immense merci à toi, François, d'avoir d'une part accepté que j'importe de "notre" forum égyptologique ces différents épisodes que tu y as récemment publiés et, d'autre part, offert tes clichés personnels à mes lecteurs - qui, par la force des choses, vont maintenant devenir les tiens -, de manière à bellement  illustrer tes propos ...

 

 

 

     Rassurez vous, je ne vais pas ici vous infliger un récit de quinze pages pour vous raconter, par le menu, l'ensemble de mon séjour à Louxor. Mais je vais tenter de vous faire partager, par petites livraisons, un peu de ce qu'il  a été, en insistant plus sur le côté pratique ou anecdotique.

     Le choix de la compagnie aérienne a été vite fait : je voulais un vol direct d'Europe à Louxor, et compte tenu de la situation, seul Thomas Cook Airlines proposait des vols qui correspondaient à mes périodes possibles de départ et de retour ; les compagnies low-cost françaises n'ayant pas repris les vols pour l'Égypte au moment de mon départ.


     J'ai même, moyennant quelques euros supplémentaires opté pour la classe premium qui donne droit à un repas dit "gastronomique" et une coupette de champagne en plus de l'ordinaire.


     Rien à dire, que du bon, sur cette compagnie. Mes contacts téléphoniques ont été d'une grande courtoisie et efficacité, l'enregistrement et le vol ont été parfaits et les hôtesses charmantes : je ne peux donc que me féliciter de ce choix.

     Partir de Bruxelles posait le problème de l'acheminement vers cette ville, mais de toutes façons, quand on habite Nice, il faut toujours se rendre ailleurs. C'est Brussels Airlines qui nous a conduits. Je n'aurai pas vraiment les mêmes éloges, encore que tout se soit passé correctement.

 

 

Nuit-Bruxelles.jpg

 

 

     L'avantage de passer par la Belgique aura été de nous permettre de retrouver notre chère N@n, de faire connaissance avec sa petite famille, et d'avoir le plaisir de partager de merveilleux moments d'amitié !
Merci ma belle pour ta gentillesse !

     Ensuite, j'avais fait le choix de ne pas réserver un hôtel de luxe, pas par souci d'économie, mais pour ne pas m'infliger le cérémonial de ces hôtels impersonnels et qui se ressemblent tous où que l'on se trouve dans le monde.


     Le Nefertiti Hôtel, 

 

Nefertiti-Hotel.jpg

 

après maintes consultations d'amis et sur le net l'a emporté, pour sa terrasse donnant sur le temple de Louxor

 

Vue-sur-le-temple.jpg

 

  et son emplacement stratégique, pas trop loin du ferry et proche des commodités de la ville.


     Un peu inquiet tout de même, je n'avais réservé que deux nuits pour pouvoir changer si besoin, mais malgré quelques couacs, nous y avons poursuivi tout notre séjour.  

   

     La chambre n'était pas très vaste, le sanitaire un peu rudimentaire mais fonctionnel, le lit double n'avait le plus souvent qu'un drap simple comme drap du dessus, mais draps et serviettes étaient changés tous les jours et la propreté était irréprochable, le personnel charmant et serviable, le petit-déjeuner correct...
 

     Sa situation aux abords du souk me faisait craindre le bruit, mais nous avons bien dormi dans l'ensemble, sauf peut-être un soir de mariage : en effet, l'hôtel surplombe à quelque distance l'échoppe du plus célèbre photographe de la cité, et à cette occasion, mariés, famille et convives, tous sur leur trente-et-un, costume de tissu bien brillant pour les hommes, foulards à paillettes pour les dames et pompons dans les cheveux des petites filles, vont se faire tirer le portrait par cet artiste.

 

     Ce petit monde est accompagné et fêté par toute la noce et sans doute même les curieux qui stationnent en double ou triple file klaxonnent à chaque nouvel arrivant, mettent la sono de la voiture à fond, commentent, chantent et applaudissent, quand ils ne font pas un tour de ville en cornant à tout rompre pour manifester leur joie...

     Voilà, pour aujourd'hui, le cadre est fixé ! La suite, samedi 16 juillet prochain ...

 

 

François :jap:

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en textes
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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 23:00

 

      Et si nous terminions l'année académique par une petite histoire belge ? Une vraie, malheureusement ...

 

     A l'Angleterre, Shakespeare offrit "The Globe", théâtre mythique ; à la Belgique, Jan Fabre offrit le sien. Mité. 

 

     

Fabre---Le-Globe---Musees-royaux-des-Beaux-Arts--Bruxelles.jpg

 

 

     Prêté, car appartenant en réalité à un particulier, le "Globe" de l'artiste anversois trône à l'extrémité du Forum des Musées Royaux des Beaux-Arts, à Bruxelles.

Ou plutôt, il trônait ! Car depuis le 20 juin, ses vacances, c'est aux soins intensifs qu'il les passe ...

 

     En effet, il appert que, malgré toutes les précautions d'usage, les millions de  gros scarabées aux reflets irisés qui constituaient l'oeuvre

 

Fabre---Le-Globe---Gros-plan.jpg

 

ont dû conserver un certain temps des larves de mites se jouant des insecticides les plus puissants. Et qui, un jour se réveillant, se repaissent à l'envi ! 

 

 

     Le roi, un de nos anciens, règne encore en maître, stoïque, dans cet immense et majestueux hall d'entrée, tournant systématiquement le dos au problème.

 

Musee-des-Beaux-Arts---Forum---Statue-de-Leopold-II.jpg

 


      Et l'actuel souverain, pour combien de temps encore ?

Politiquement parlant, certes, mais aussi d'un autre point de vue : quand son ciel lui tombera-t-il sur la tête ?

Comment en effet va résister, s'il est lui aussi attaqué, le plafond de la Salle des Glaces de son palais, de même texture "scarabétique",

 

 

Plafond-Salon-des-Glaces--Jan-Fabre.JPG

 

tellement apprécié, rappelez-vous, par la reine Paola ?

 

      Le "Globe" mité de Fabre deviendra-t-il la triste métaphore d'un pays miteux, se déglinguant de toutes parts et que la scission politique menace ?

 

     Une autre histoire belge à suivre de près ...

 

     Pour l'heure, point encore de séparatisme, à tout le moins nous concernant mais une relative séparation : celle, traditionnelle, à chaque période de congés scolaires.

 

     A notre dernier rendez-vous de juin, en la salle 12 bis du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre où, de conserve, nous avons terminé la visite de l'exposition Égypte de pierre, Égypte de papier consacrée à la "Chambre des Ancêtres" de Thoutmosis III prélevée à Karnak par Emile Prisse d'Avennes et ramenée à Paris en 1844, devait tout naturellement succéder la découverte de celle proposée à la Galerie Mansart de la Bibliothèque nationale de France,  également dédiée à cet homme exceptionnellement prolixe.

 

     Rassurez-vous, amis lecteurs, cette entrée en matière ne signifie nullement que nous ne nous y rendrons pas. Mais, et le calendrier vous en fera vite comprendre la raison, j'ai préféré postposer cette nouvelle série d'interventions : en effet, qui dit juillet et août, dit vacances.

 

     Eh oui, un professeur, même retraité, a fortiori si son épouse est toujours active dans l'Enseignement, se doit de tenir compte de ce type bien agréable de contingences. C'est la raison pour laquelle, comme à chaque occasion semblable d'ailleurs, je me retire quelques semaines de l'activité intensive de mon blog, sans toutefois l'abandonner complètement.

 

     Ainsi, cette année, pendant les mois d'été, c'est d'autres vacances qu'il va être question : celles d'un ami niçois. J'ai en effet grand plaisir qu'un membre du forum égyptologique que nous fréquentons tous deux, m'honorant de sa confiance, ait accepté, pour vous, d'ici narrer le séjour qui fut sien en mars dernier à Louxor ; et sous un angle peu conventionnel, voire même déroutant ...

 

     J'espère vraiment que, chaque samedi, vous lui réserverez excellent accueil car et sa verve et ses photographies le méritent amplement.

 

     Vous aurez aussi compris que, pendant toute cette période, je ne serai pas nécessairement à même de répondre à vos commentaires. Qu'à cela ne tienne, si François le juge bon - il est d'office le principal intéressé dans cette histoire ! -, et si son emploi du temps de praticien le lui permet, il mettra, je n'en doute pas, un point d'honneur à joindre un commentaire additionnel pour dialoguer avec vous ... 

 

     Pour ma part, ce sera vraisemblablement au tout début du mois de septembre que je vous retrouverai  dans le but de vous emmener, deuxième volet des expositions parisiennes de ce printemps, à la Bibliothèque nationale de France aux fins d'y découvrir un Prisse d'Avennes tout à la fois égyptologue et islamologue.

 

     Ensuite, nous rentrerons définitivement au Louvre - nous serons en octobre, à l'aube d'une nouvelle année académique - et aborderons la longue vitrine 4 de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes, celle consacrée aux fragments peints enlevés jadis au mastaba de Metchetchi.

 

 

     Mais nous n'en sommes pas encore là ! Aussi, dès samedi prochain 9 juillet, je vous confie à François qui vous emmènera dans "son" Louxor ...

 

     A toutes et à tous, excellent été et excellentes vacances ...

 

     Richard

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Publié par Richard LEJEUNE - dans A propos de ce blog
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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 23:00

 

     Charme profond, magique, dont nous grise

Dans le présent le passé restauré !

 

 

Charles Baudelaire

Un fantôme

 

Les Fleurs du Mal, 41, II,

Le Parfum


  Oeuvres complètes, Paris, Seuil

p. 64 de mon édition de 1968

 

 

 

     Une ultime fois, nous nous retrouvons vous et moi, amis lecteurs, ici en salle 12 bis du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre pour ensemble admirer - le verbe n'est point superlatif ! - d'importants documents du XIXème siècle consacrés à l'histoire du prélèvement par Emile Prisse d'Avennes, en 1843, de la "Chambre des Ancêtres" de Thoutmosis III, initialement sise dans le coin sud-est de la Salle des Fêtes de l'Akh Menou, à l'extrémité de l'axe ouest-est du temple d'Amon-Rê, à Karnak. 


 

Chambre des Ancêtres - Dessin de Prisse

 

     (Dessin  d'Emile Prisse d'Avennes datant de 1843 (BnF, Estampes, Ya 1-148-4), rendant compte de l'état du monument avant son enlèvement, lithographié par Alfred Guesdon et publié par le Moniteur des Arts, 1845, T. II, p. 113, que j'ai pris la liberté de photographier à partir de sa reproduction à la page 54 du Catalogue de l'exposition Visions d'Egypte, à la BnF.) 

 

 

     Dans leur plus grande majorité, ces trésors de papier ont été prêtés par le Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale de France, sise dans le "Quadrilatère Richelieu" (2ème arrondissement) - à n'évidemment pas confondre avec celle, voulue par François Mitterrand, quatre livres symboliquement ouverts sur le monde de la culture, en face de Bercy, dans le 13ème arrondissement de Paris.

 

     A l'intention de ceux qui, parmi notamment mes lecteurs belges, ne seraient pas vraiment familiarisés avec cet important lieu de mémoire parisien, vous me permettrez d'ouvrir ici une petite parenthèse.

     Désigné en toutes lettres sous le vocable de Département des Monnaies, Médailles et Antiques de la Bibliothèque Nationale de France, l'endroit abrite en fait la collection d'objets rares, donc précieux, tels manuscrits, pièces d'orfèvrerie, pierres gravées, monnaies antiques que, sous Philippe Auguste déjà (1165-1223), les rois de France se sont constituée au fil des siècles. De sorte que,  toute proportion gardée, ce "Cabinet du Roi" peut à bon droit se prévaloir du titre de plus ancien musée de France.

     Au XVIIIème siècle, le comte de Caylus, né, excusez du peu, Anne-Claude-Philippe de Pestels de Lévis de Tubières-Grimoard (cela ne s'invente pas !), au demeurant un des grands précurseurs de l'archéologie française, grand collectionneur aussi, rédigea un catalogue de l'ancien fonds : sept volumes furent ainsi édités entre 1752 et 1767. Publication qui, avec le temps, donna naissance à un inventaire complété, augmenté et mis à jour.


     Déménageant du 58 de la rue de Richelieu, la majorité des pièces égyptiennes qui s'y trouvaient réunies prirent, dans le premier quart du XXème siècle, le chemin  vers les quais de Seine, vers le Louvre tout proche ; et parmi elles, la "Chambre des Ancêtres".

     Enfin, pour information, il me reste à rapidement signaler à ce sujet que ce qu'il est maintenant convenu d'appeler à Paris "Quadrilatère Richelieu", en fait le berceau historique de la Bibliothèque nationale de France (BnF), est entré dans une phase de transformations, de rénovations suite aux nombreux espaces laissés libres depuis le départ, en 1998, des collections d'imprimés, de périodiques, de documents visuels et informatiques sur le site François-Mitterrand, dans le 13ème arrondissement.

     Cela permet un redéploiement de ce qui est resté à "Richelieu" : les manuscrits, les estampes, la photographie, les cartes et les plans, les monnaies, les médailles, les objets antiques, ainsi que les départements de la Musique et des Arts du spectacle ; et d'accueillir  aussi les bibliothèques de l'Institut national d'Histoire de l'Art et de l'Ecole nationale des Chartes.

 

      Pour l'heure, il est temps maintenant de revenir au Louvre et à nos manuscrits. Sur le mur à droite de l'entrée, face à celles que, souvenez-vous, nous avons déjà examinées samedi dernier, de nouvelles vitrines titillent ma curiosité, notamment la première d'entre elles, avec d'inestimables souvenirs historiques qui, pour la première fois, ont été exhumés des collections.

 

     Les Archives Modernes (AM) de la BnF conservent en effet dix-neuf lettres ayant la "Chambre des Ancêtres" pour centre d'intérêt. Il s'agit d'une correspondance reçue à l'époque par l'Administration de ce qui était encore appelé Bibliothèque royale : dans ce lot apparaissent des lettres de Prisse d'Avennes et des différents ministères concernant le déroulement de toutes les opérations  - démontage, transport, travaux de présentation et restauration - qui concernent le monument.

 

     Un véritable trésor que ces archives inédites ! Non seulement parce qu'elles permettent de préciser - et donc de reconsidérer - des fait importants de toute cette épopée mais aussi, et ce n'est peut-être pas le moindre de leur intérêt -, parce qu'elles autorisent de relire avec un esprit un peu plus critique la relation - partisane - qu'en fit le propre fils de Prisse, Emile-Maxime. 

 

     Sept de ces lettres capitales s'offrent ainsi à mes yeux embués par l'émotion :

 

-Paris--218---Lettres.jpg

 

j'ai l'impression d'avancer dans un rêve qui me permettrait de remonter le temps, de me trouver au XIXème siècle, dans un des bureaux ministériels parisiens ...


     Je dois m'efforcer un court instant à conserver ma sérénité avant d'enfin pouvoir lire une :

 

* Lettre du 15 juin 1844 émanant du ministre de l'Instruction publique, en réponse à Emile Prisse d'Avennes, à propos de la nécessité de réparer, à Toulon, certaines des caisses endommagées lors du trajet méditerranéen depuis Alexandrie et cela, avant leur départ pour Brest et Le Havre.

 

* Lettre du 6 septembre 1844 du même ministre mais, cette fois, au directeur de la Bibliothèque royale et au ministre de la Marine, aux fins de leur notifier l'arrivée, au Havre, de la corvette de charge l'Adour transportant les 27 précieuses caisses.

 

* Lettre du 21 novembre 1844 dans laquelle le ministre annonce l'acheminement, par erreur, de la cargaison au Musée du Louvre alors qu'incontestablemente Prisse la destinait à la Bibliothèque royale.

 

* Lettre du 7 avril 1845  par laquelle le ministre souhaite que soient achevés le plus rapidement possible les travaux d'aménagement du local destiné à recevoir la chapelle thoutmoside.

 

* Lettre du 15 octobre 1845 adressée par Prisse à M. Naudet, directeur de la Bibliothèque royale : certains blocs nécessitant des mesures d'interventions, de restaurations, le remontage de la chapelle se révèle plus problématique que prévu. De sorte que l'Avesnois propose de réaliser un bas-relief en stuc pour remplacer l'un d'eux trouvé en miettes ; et de dessiner par un trait d'encre toutes les parties manquantes ailleurs. 

 

     Procès-verbal consignant ces propositions fort discutées est rédigé :

 

-Paris--211.jpg

 

 

* Rapport du chimiste Dumas au sujet de la restauration à opérer sur le monument lui-même.

 

* Lettre du 25 octobre 1845 par laquelle le ministre Salvandy annonce sa venue à la Bibliothèque royale en vue de prendre connaissance de la présentation de la "Chambre des Ancêtres".

 

     Tout un périple ainsi renaît devant moi ; et il suffit de quelque peu tourner la tête pour retrouver, là au fond à droite, la matérialité de tout ce qui est ici évoqué par cette précieuse correspondance : la "Chambre des Ancêtres" de Thoutmosis III.

 

     Rêve ou réalité ?

 

Chambre des Ancêtres

 

 

     Une toute dernière table vitrée, avant de quitter les lieux,

 

 

-Paris--222.jpg

 

propose, autour des 4 gravures d'Alfred Guesdon tirées des dessins de Prisse publiés dans L'Illustration et conservées dans les propres archives de Théodule Devéria, à gauche : précisément le dit Journal universel (L'Illustration), ouvert aux pages 245 et 246, du 26 juin 1846, 

 

-Paris--220.jpg

 

où je me régale à parcourir, iconographie à l'appui, un article signé De Paucelier : Chambre des rois. Tableau généalogique des prédéceseurs de Thoutmès III, conservé à la Bibliothèque royale

 

     Et  à droite, datant de 1845, le deuxième tome de la Revue archéologique,

 

-Paris--221.jpg

 

dans laquelle un texte de Prisse d'Avennes en personne, Notice sur la salle des Ancêtres de Thoutmès III déposée à la Bibliothèque royale, nous prouve, si besoin en était encore, que l'archéologue du Nord est véritablement devenu au fil des années un savant de qualité : en effet, il établit des relations entre les noms des souverains de la liste de Karnak et d'autres sources, comme par exemple, un autel conservé au Musée de Leyde, aux Pays-Bas, une inscription rupestre à El Quseir, au bord de la mer Rouge et une stèle de la collection Harris, actuellement conservée au British Museum. 

 

 

     Aussi petite soit-elle, cette salle 12 bis réaménagée pour une bien remarquable exposition qui dura trois mois, dans laquelle j'ai  avec délectation passé tout un avant-midi, m'aura apporté moult détails nouveaux sur Emile Prisse d'Avennes, égyptologue, et sur le monument qu'il offrit à Paris, non seulement par le biais de panneaux muraux didactiques mais, surtout, par la lecture de documents inédits de première main exhumés des archives de la Bibliothèque nationale - plus précisément du Fonds PA, comme on aime à l'appeler là-bas.

 

     Que vouloir de plus, ou de mieux, pour accroître nos connaissances égyptologiques sur semblable vestige, et sur l'homme, exceptionnellement prolixe, qu'il fut ?  Et qui nous permet maintenant à tous, grâce à la prodigieuse manne de renseignements et de documents iconographiques qu'il a ramenée, de rencontrer des monuments à jamais disparus depuis !

 

     J'ai modeste espoir, amis lecteurs, que la visite virtuelle en quatre épisodes qu'à cette première exposition j'ai consacrée, à défaut de vous avoir peut-être enthousiasmés comme je le fus alors, aura au moins quelque peu contribué à peaufiner vos connaissances personnelles sur ce considérable vestige et son inventeur.

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 23:00

 

     Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des autres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.

 

Marcel PROUST

 

A la recherche du temps perdu,

Tome I. Du côté de chez Swann

 

Paris, Gallimard, Le Livre de Poche n° 1426-27,

p. 57 de mon édition de 1964

 

 

 

      Une des deux pièces maîtresses permanentes en la salle 12 bis du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre est, vous ne pouvez plus l'ignorer maintenant, amis lecteurs, la Chambre des Ancêtres que Thoutmosis III, - important souverain de la XVIIIème dynastie qui, un temps, fut politiquement contraint, comme je l'avais expliqué en décembre 2009, de "partager" le pouvoir avec sa tante et marâtre la reine Hatchepsout -, fit ériger dans l'angle sud-est de la "Salle des Fêtes" de l'Akh Menou, à l'extrémité du temple d'Amon-Rê, à Karnak.

 

 

Karnak l'akh menou

 

(Merci à François de m'avoir offfert ce cliché.)

 

     Sauvée de la destruction du temps et des chaufourniers par l'archéologue et égyptologue français Emile Prisse d'Avennes en 1843, elle fut envoyée à Paris, à la Bibliothèque royale l'année suivante, avant d'être finalement hébergée par le Louvre dans le premier quart du siècle dernier.

 

     Quant à l'autre monument majeur de cette petite salle 12 bis, je l'ai, rappelez-vous, signalé au passage : il s'agit du "Zodiaque" de Dendérah découvert par un officier de l'armée de Bonaparte lors de la Campagne d'Egypte, le général Desaix (prononcez "Deuzé") et ramené à Paris en janvier 1822 par un certain M. Lelorrain.

 

     De ce planisphère circulaire gravé en relief jadis situé au plafond d'une chapelle osirienne elle même élevée sur le toit du temple d'Hathor, à Denderah, au risque d'en décevoir certains parmi vous, je n'en toucherai mot dans le cadre de mes actuelles interventions puisqu'il n'a strictement aucun lien direct avec le thème de l'exposition organisée ici ce printemps 2011, et uniquement dédiée à Prisse d'Avennes.

 

     Toutefois, bon prince - ou bon "Passeur de mémoire", c'est selon -, je conseillerai ces quelques notes, sur le site internet du Musée du Louvre où ceux qui regretteront de ne pas me lire à ce sujet pourront glaner les premiers rudiments d'explications. 

 

    Revenons à présent, voulez-vous, à l'exposition proprement dite.  

Après notre découverte, mardi dernier, de la partie Égypte de pierre uniquement centrée sur la "Chambre des Ancêtres", je vous propose ce matin de poursuivre notre visite par l'évocation de la seconde partie, que les concepteurs ont judicieusement intitulée Égypte de papier : bien évidemment, elle concerne toujours  le monument, indubitable fil conducteur, mais elle est cette fois abordée sous l'angle de l'archivistique, c'est-à-dire par rapport aux nombreux textes de toute facture qu'elle a, en son temps, suscités.

 

     Nettement plus "sévère", plus didactique puisqu'il faut lire et lire encore, cette partie du projet mettant en lumière des écrits datant du XIXème siècle, donnant à voir des manuscrits rédigés par certains des plus grands égyptologues de l'époque, "notre" Avesnois en tête bien sûr, fut loin de déplaire à l'amateur d'ouvrages anciens que je suis.

 

     Oserais-je même une précision ; un aveu, pour l'écrire d'un mot ? Connaissant déjà pour les avoir ici maintes et maintes fois détaillées lors de mes précédents séjours depuis qu'elles ont été restaurées et les avoir quelque peu rencontrées au détour de mes études d'égyptologie et de mes lectures, ce sont moins les trois parois de cette chapelle que les manuscrits et autres ouvrages anciens de ces savants pionniers qui ont le plus retenu mon attention, que ce soit à la BnF - que j'évoquerai après les vacances scolaires -, ou, au Louvre, dans l'étroite salle 12 bis.

 

     Un regret. Car j'en éprouve toujours un lors de ce type de manifestation, identique à chaque fois : ne pas avoir la permission d'enfiler des gants blancs pour manipuler, ouvrir, feuilleter et m'enfouir tout entier dans ce trésor de papier aux dimensions souvent peu communes.

 

     Et ce regret se révèle en outre consubstantiel à un second,  convoquant également un de mes sens : ne pas être à même, à cause de la vitre qui  nous sépare, de les renifler, de les humer, d'inhaler l'odeur quasiment enivrante du papier vieux, de m'en saouler, comme quand je pénètre avec délectation dans la caverne aux richesses de certains bouquinistes de la galerie Bortier, rue de la Madeleine à Bruxelles, près de la gare centrale.

 

     Ma propre madeleine proustienne, en quelque sorte ...

 

     Toutefois, que mes lectrices se rassurent : je n'escompte pas changer d'eau de toilette pour me griser de la fragrance "Paper Passion", promise aux senteurs de livres anciens que l'infatigable Karl Lagerfeld désire, paraît-il,  prochainement commercialiser.

 

     D'effluves, point, ce matin, mais de précieux et très éloquents documents protégés dans les quelques vitrines de l'exposition que je voudrais maintenant, - je n'ai que trop tergiversé ! -, vous donner à voir.

 

     Quelles sont donc ces merveilles provenant essentiellement du Département des Manuscrits de la Bnf que, par la force des choses, je n'ai pu découvrir qu'aux pages choisies par les concepteurs de l'exposition ?


 

     Une première alcôve vitrée, dans le mur face à l'entrée, me met déjà en appétit :


-Paris--203.jpg

 

j'y relève deux manuscrits préparatoires d'Émile Prisse d'Avennes en personne sur "L'Enlèvement de la Chambre des Ancêtres" ;

 

 

-Paris--205.jpg

 

un autre, de 23 feuillets, qu'il a consacré à l' Etude du  Canon royal de Turin, papyrus qui propose également une liste de souverains égyptiens ; un dernier dans lequel il se penche et s'épanche sur les noms de rois et de dynasties.

 

 

     Deux autres ouvrages d'égyptologues français sont ici également mis à l'honneur : celui de Nestor L'Hôte traitant des cartouches royaux

 

-Paris--206.jpg

 

 

et celui d'Auguste Mariette à propos de la "Salle des Ancêtres" : mémoire resté inédit constitué de 40 feuillets de réflexion générale avec commentaires et bibliographie.

 

     Exposée aussi dans cette vitrine, une lettre prêtée par la British Library de Londres, rédigée par le père de l'égyptologie britannique, Sir John Gardner Wilkinson, dans laquelle il explique à son correspondant qu'il tente d'établir une chronologie relative des noms royaux en se référant à la liste de Karnak.

 

     Enfin, provenant de la Bibliothèque centrale des Musées nationaux à Paris, un dernier bijou : le deuxième tome du Königsbuch des Alten Ägypter, publié à Berlin en 1858 par le fondateur de l'égyptologie allemande Karl Richard Lepsius dans lequel il dresse la liste généalogique des monarques de la XIIème dynastie à partir de trois sources essentielles : la Canon royal de Turin, la Table d'Abydos et, bien évidemment, la "Chambre des Ancêtres" de Thoutmosis III.


 

     Tout à côté, sur la droite, à l'extrêmité de la même paroi, dans une vitrine encastrée qui, habituellement, contient un fragment de chapiteau de colonne avec le visage de la déesse Hathor (D 32), trois documents d'importance pour l'histoire du monument qui nous occupe : à gauche, le volume XVI de la "Correspondance politique, Egypte", conservé au Ministère des Affaires étrangères,

 

-Paris--215.jpg

ouvert à la lettre datée du 18 mai 1844 adressée au ministre de l'Instruction publique par le marquis de La Valette, Consul général de France en Egypte ; document qui rend officiel l'acheminement vers la France des 27 caisses contenant les blocs de la "Chapelle des Ancêtres". 

 

     Dans la partie droite de cette même vitrine, Notices des Monuments exposés dans le Cabinet des Médailles et dans la Bibliothèque royale,

 

(Paris) 217

 

ouvrage que Théophile Marion du Mersan (1780-1849), Conservateur adjoint au Cabinet des Médailles et Antiques de la Bibliothèque royale, publia en 1832.

 

     Et entre les deux,

 

(Paris) 216

 

deux feuillets correspondant au brouillon raturé d'un rapport manuscrit que rédigea en 1917 Ernest Babelon, alors Directeur du même Cabinet des Médailles, aux fins d'annoncer le transfert du célèbre monument au Musée du Louvre.


 

     Contre le mur opposé, en cette petite salle 12 bis du Département des Antiquités égyptiennes dans laquelle aujourd'hui encore nous sommes allés, les unes après les autres, de découvertes en découvertes les plus captivantes, les plus émouvantes aussi parfois, d'autres tables-vitrines présentent elles aussi de très intéressants documents à propos de l'histoire de la "Chambre des Ancêtres".

 

     C'est la raison pour laquelle, une dernière fois, je vous convie à m'y accompagner le 28 juin prochain, de manière à, non seulement poser le point final à cette visite de l'exposition présentée par le Musée du Louvre mais, surtout, sur un plan purement événementiel, à suivre le cheminement du monument en France, au XIXème siècle, à travers quelques exemples d'une correspondance détaillée, ainsi que l'un ou l'autre article dans la presse de l'époque. 

 

     A mardi, j'espère, pour ensemble partager l'enthousisame de rencontrer tant de trésors réunis à notre intention ...

 

 

*****

 

 

     J'ai le regret de devoir ici ajouter quelques lignes pour annoncer - ce que, je présume, tout le monde sait maintenant depuis plusieurs heures - le décès, ce jeudi 23 juin, de Madame Christiane Desroches Noblecourt.

 

     L'immense apport qui fut le sien à l'égyptologie n'est plus à  souligner : je pense que même ceux qui n'ont pas la passion qui nous anime, vous et moi, ont d'une manière ou d'une autre entendu parler d'elle.

 

     Et parce que, parmi tous ceux que j'ai lus, j'estime personnellement que c'est le plus bel hommage qui lui ait été "égyptologiquement" rendu, je vous propose de lire l'épitaphe qu'a écrite Eric Desrentes sur son blog.

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 23:00

 

J'étais seul, l'autre soir, au Théâtre-Français,
Ou presque seul ; l'auteur n'avait pas grand succès.
Ce n'était que Molière...

 

 

Alfred  de  Musset

Une soirée perdue

 

dans Poésies nouvelles 

Paris, Bibliothèque-Charpentier,

p. 194 de mon édition de 1891

 

 

     Après avoir, samedi dernier, esquissé un portrait professionnel d'Emile Prisse d'Avennes, je vous convie ce matin, amis lecteurs, à m'accompagner à l'intérieur de cette petite salle 12 bis du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre où, en l'honneur du savant français, a été mise sur pied une fort intéressante exposition intitulée "Égypte de pierre, Égypte de papier".

 

     A l'instar d'Alfred de Musset, pendant ma longue visite, mes prises de notes et mes prises de vues, je fus complètement seul, ou presque seul : un temps, un visiteur passa subrepticement la tête. J'aime à croire que ce ne fut pas ma présence qui lui fit très vite se retirer.

Après tout, ce n'était que Prisse d'Avennes !, a-t-il dû penser ...

 

     Un petit incident me fit même plus que sourire : désirant mieux observer un document exposé dans une vitrine sur socle de bois, j'avançai trop vigoureusement le pied qui vint fortement buter contre le meuble. Déjà, ce bruit sourd dans un endroit aussi confiné eût dû interpeller les deux agents de surveillance que j'avais croisés dans l'immense galerie Henri IV toute proche.

 

     Pis : le contact déclencha une alarme qui, elle, ne pouvait laisser indifférent, surtout à une heure où, nous trois mis à part, tout était désert ... Mais peut-être crurent-ils que ce n'était que le fantôme du dieu moabite, Belphégor en personne, qui rejoignait sa statue comme, à l'époque romaine, les pénates leur foyer ...  

 

     Que croyez-vous qu'il arriva ? Eh bien, je continuai à rester parfaitement seul, ce matin-là, en cette salle-là, pour m'attarder tout à mon aise la reconstitution qui y avait été faite de la "Chambre des Ancêtres" de Thoutmosis III quand elle avait, dans le premier quart du siècle dernier, quitté le Cabinet des  Médailles de la Bibliothèque nationale à laquelle l'archéologue français l'avait léguée.


 

Chambre-des-Ancetres.JPG

 

 

      Egypte de pierre , donc, pour commencer notre visite, avec la dite table-vitrine "musicale" proposant, dessiné à partir des relevés de fouilles et annoté par Emile Prisse d'Avennes, en 1859 ou 1860,  un plan l'Akh Menou,  temple de régénération de Thoutmosis III

 

(Paris) 185

 

(Ce document est actuellement conservé au Département des Manuscrits de la BnF.)

 

     Sur le cliché que j'ai pris de ce plan, j'ai personnellement ajouté une flèche rouge de manière que la "Chambre des Ancêtres" devant laquelle nous nous trouvons ce matin vous soit plus facilement repérable, à l'extrémité sus-est de ce que les égyptologues appellent volontiers la "Salle des Fêtes".


     Petit bémol à mon enthousiasme : j'ai estimé didactiquement regrettable que les concepteurs de l'exposition n'adjoignent pas à ce plan une vue d'ensemble du domaine d'Amon-Rê de manière à permettre de visualiser les constructions de Thoutmosis III dans le contexte général du temple de Karnak.

 

     Aussi, me suis-je aujourd'hui autorisé, uniquement pour vous amis lecteurs dont beaucoup, probablement, ont déjà visité les lieux, de rappeler où se situait ce complexe ajouté par ce pharaon au début de son règne autonome, immédiatement après la Cour dite du Moyen Empire, à l'extrémité de l'axe ouest-est du temple divin.

 

     Et c'est ici par un A que, sur la photo ci-dessous, prise d'après l'ouvrage de Golvin/Goyon référencé en fin d'article, j'ai indiqué la situation de la "Chambre des Ancêtres".

 

Plan Karnak

 

 

      De quoi s'agit-il exactement ?

  Texte-Thoutmosis-III---Akh-Menou.jpg

Richard  LEJEUNE

 

 

     ... Il a fait, en tant que son monument pour son père Amon-Rê, l'aimé, l'acte d'élever pour lui l'Akh-Menou, comme quelque chose de nouveau, en pierre de grès.

 

 

     A plusieurs endroits du temple de Karnak, souvenez-vous du "Mur des Annales" qu'en décembre 2009 et janvier 2010 nous avions abondamment évoqué ensemble, Thoutmosis III fit graver des épisodes de sa vie, essentiellement militaires. Sur un des murs extérieurs de l'Akh Menou, l'on peut ainsi lire ses intentions pour glorifier Amon, dieu tutélaire de Thèbes, de lui avoir permis de remporter la (non-) bataille de Megiddo : lui ériger, à l'est de la cour du Moyen Empire, sur un espace quasiment vierge de toute construction antérieure, un temple de quelque 79 x 39 mètres, qu'il appellerait Menkheperrê est brillant de monuments - (Menkheperrê, entendez Thoutmosis III) -, se composant de plusieurs chambres, de magasins et d'une imposante salle à piliers et colonnes, communément appelée donc, "Salle des Fêtes".

Nous sommes en l'an 24 du règne.

 

     C'est dans l'angle sud-est de cette salle hypostyle que se trouvait une petite chapelle indépendante, quasiment de plan carré (2, 47 x 2, 65 m), s'ouvrant sur l'Akh Menou et dont les trois murs internes alignaient, en élégants bas-reliefs, une théorie de statues de souverains antérieurs à Thoutmosis III - 61 en tout -, figurés assis sur un simple siège cubique sans dossier ni accoudoirs et répartis sur quatre registres. Les noms respectifs de ces monarques se lisent dans des cartouches qu'accompagnent trois petites colonnes de hiéroglyphes .

 

     Sur la paroi de gauche,

 

Chambre des Ancêtres - Mur de gauche

 

 

le roi en taille héroïque présente par deux fois à ces illustres prédécesseurs les offrandes alimentaires traditionnelles disposées sur une table.

 

     Vous remarquerez que les parties de blocs manquants ou fortement dégradés ont été complétées par des dessins à l'encre  : il faut savoir que, par souci d'exactitude, de recherche d'authenticité pour une éventuelle reproduction - but inlassablement poursuivi dans toute son oeuvre -, Prisse d'Avennes avait pris soin, avant de démonter le monument, de relever l'ensemble des figures et des décors par estampage.


     Sur la paroi du fond, vous comprendrez qu'un axe central organise tout l'espace de manière que les personnages assis à gauche soient tournés vers la gauche, c'est-à-dire vers Pharaon offrant et, inversement, ceux à la droite de cette ligne médiane imaginaire regardent vers la droite, pour exactement la même raison.   

 

 

Chambre des Ancêtres - Mur du fond (2009)

 

 

     Mais quoi qu'il en soit de la direction, ces souverains - et c'est important à noter- ne sont en rien classés chronologiquement ! 

 

     Sur la paroi de droite, à nouveau Thoutmès III fait offrande à certains de ceux qui se sont succédé avant son propre règne.

 

Chambre-des-Ancetres---Mur-de-droite.jpg

 

 

     Comme le propose une autre vitrine, de tous ces cartouches royaux, pour en faciliter l'étude, l'égyptologue français Théodule Devéria (1831-1871), Conservateur-adjoint du Louvre, réalisa lui aussi en son temps des estampages, 

 

 

-Paris--196.jpg

 

 

c'est-à-dire des moulages sur papier vergé

 

-Paris--198.jpg

 

 

et put ainsi dessiner en plan l'ensemble des trois parois aux fins de consigner le tout dans un manuscrit.

 

 

-Paris--187.jpg

 

     Si certains des cartouches des rois ici convoqués ont été passablement abîmés et ne sont donc plus lisibles, un grand nombre restent néanmoins identifiables : de sorte que subsiste une importante liste de souverains des IVème, Vème et VIème dynasties - soit huit ayant gouverné aux temps les plus anciens de l'histoire égyptienne -, et des XIème, XIIème, XIIIème et XVIIème dynasties thébaines ; ces deux dernières, avec respectivement dix et neuf rois, constituant le corpus le plus développé.

 

     Il fut longtemps de tradition de considérer ce monument comme une table généalogique de ceux qui, avant Thoutmosis III, avaient régné à Thèbes ou avaient marqué de leur sceau de nouveaux apports architecturaux dans le temple de Karnak.

 

     Des études historiques plus poussées, notamment menées par Madame Elisabeth Delange, Conservateur en chef au Département des Antiquités égyptiennes ici au Louvre, permettent aujourd'hui de concevoir que les 61 pharaons figurés - loin d'être tous célèbres ! - ne constituent évidemment pas un document exhaustif et encore moins que leur présence n'est nullement le fruit d'un hasard : tout au contraire,  ils procèdent d'un choix délibéré du troisième thoutmoside.  

 

    Ainsi, qu'il ait voulu voir apparaître les souverains de la XIème dynastie, la famille des Antef et des Montouhotep, incontestablement fondateurs de la royauté thébaine, n'est pas innocent. Qu'y soient associés des rois de l'Ancien Empire ayant dressé des stèles triomphales dans le Sinaï là où, précisément,  il a mené une expédition personnelle en l'an 16 de son règne, relève assurément de la volonté idéologique de politiquement légitimer ses intrusions proche-orientales. 

 

     Bref, et sans vouloir ici reprendre tous les arguments avancés par Madame Delange - ce qui serait fastidieux pour le propos de notre rendez-vous de ce matin -, en un mot comme en cent, ses réflexions extrêmement pertinentes permettent de considérer la "Chambre des Ancêtres" de Thoutmosis III sur nouveaux frais, de la concevoir sous l'angle, notamment, d'un concept d'unification du pays, d'assise d'autorité et de pouvoir unanimement reconnu au-delà des frontières ... 

 

     Ce qui, vous en conviendrez amis lecteurs, nous entraîne bien loin d'une nomenclature ânonnée ad libitum comme celle des rois de France, qu'en  notre jeunesse, le professeur d'histoire nous obligeait d'entièrement mémoriser !   

 

 

      A ceux qui désireraient approfondir les notions développées par Madame Delange, je puis suggérer la lecture de la communication qu'elle a présentée au IXème Congrès international des égyptologues, à Grenoble en septembre 2004, publiée sous le titre Nouvelles clés de lecture de la Chambre des Ancêtres, aux pages 405 à 415 du premier des deux tomes du volume 150 de Orientalia Lovaniensia Analecta.

2032 pages malheureusement vendues 286 € par les éditions Peeters de Louvain (Belgique) et heureusement consultables en bibliothèques universitaires.

 

   

     Une ultime question reste à résoudre avant de nous quitter aujourd'hui  : comment et pour quelles raisons ce monument se retrouve-t-il à Paris ?


 

     ... des voyageurs m'ayant appris qu'on exploitait de nouveau les ruines de Karnac, je me suis empressé de remonter le Nil pour sauver de la débâcle la petite salle des ancêtres de Thoutmès III, peut-on lire sous la plume de Prisse d'Avennes dans un document conservé à la BnF, sous la référence NAF 20422, f. 368.

 

     Il faut savoir que l'égyptologue avait déjà déploré, en 1840, la destruction à Karnak de trois petits temples situés aux alentours de celui de Mout (...) pour fournir des matériaux à la construction d'une salpêtrière. Il assista même, impuissant, au dynamitage d'un pylône !

 

     Avant son démontage, de cette chapelle des souverains qui avaient précédé Thoutmosis III, Emile Prisse d'Avennes réalisa, au printemps 1843, le dessin ci-dessous, que j'ai photographié p. 54 du catalogue de l'exposition et qui se trouve actuellement dans les estampes de la BnF, sous la référence Ya 1-148-4.

 

 

Chambre des Ancêtres - Dessin de Prisse

 

     Avec l'accord des autorités françaises, l'archéologue démonte donc le monument qui, cette lithographie le prouve, menaçait de s'écrouler sous le poids des dalles du plafond.   

 

     Les destructions du temps auxquelles celles, récurrentes, des carriers venaient s'ajouter, avaient emporté l'adhésion :  au printemps 1844, 27 caisses contenant les blocs gravés quittent Alexandrie pour Toulon à bord du Cerbère, un bateau à vapeur, puis remontent vers Brest sur l'Adour, une corvette de la marine française et arrivent au Havre d'où elles seront finalement envoyées à Paris.

 

     Ironie du sort, erreur administrative : alors que la volonté de Prisse les destinait à la Bibliothèque royale, les reliefs aboutirent au Louvre ... où, en définitive, ils se trouvent à présent  en la salle 12 bis du Département des Antiquités égyptiennes, sous le numéro d'inventaire E 13481 bis.

 

 

Chambre-des-Ancetres--Salle-12-bis-.JPG

 

 

 

     Au moment de se quitter, permettez-moi, à ceux qui voudraient en savoir davantage, de conseiller ces deux liens :

 

* Une  Histoire de la "Chambre des Ancêtres" proprement dite, sous la plume - laudative  et à envisager avec beaucoup de circonspection - d'Émile-Maxime Prisse d'Avennes, fils de l'égyptologue.

 

* Un relevé, en allemand, des textes et cartouches visibles sur les trois parois, publié par Kurt Sethe dans ses "Urkunden IV".

 

* Et, grâce à François, un relevé des parois plus lisible que ma photo de celui de T. Devéria, dans le corps de l'article ci-dessus.

 


 

 

 

 

(Barguet : 2008, 157-82 ; Delange : 2011, 52-61 ; Golvin/Goyon : 1987, 14 ; Maruéjol : 2007, 204-10)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans Égypte : ô Louvre !
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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 23:00

 

     Le lendemain, avant l'aurore, nous nous acheminâmes vers les Pyramides d'où nous voulions saluer le premier soleil de 1828 : il y avait 5228 ans qu'il s'était levé pour la première fois sur ces monuments.

 

Emile Prisse d'Avennes

 

Manuscrit NAF 20418

f.150 v -151

Paris, BnF

 

 

 

 

     Nous nous sommes quittés mardi dernier, souvenez-vous amis lecteurs, devant ce buste d'Emile Prisse d'Avennes exposé à la droite de l'entrée de la salle 12 bis du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.

 

 

(Paris) 148

 

    

     Pour la petite histoire, et parce que l'on lit tout et n'importe quoi sur le Net à propos de ce marbre, j'aimerais très brièvement évoquer son parcours parisien.

 

     Ce portrait fut commandé à Léo Roussel en 1889 par le Musée du Louvre, pour son département égyptien qui l'acquit en 1900.

 

     Traversant les jardins du Palais royal, il partit un temps se reposer au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale (BnF).

 

      En 1981, il est rapatrié au département des sculptures du Musée du Louvre.

 

    Nouvelle sortie en 1986 : il franchit la Seine pour être affecté au Musée d'Orsay.

 

     Et depuis 1999, il a (définitivement ?) réintégré le Louvre.

 

 

     Avant que, de conserve, nous commencions mardi prochain à visiter l'exposition dédiée à cet égyptologue français, je voudrais aujourd'hui, amendant un article que je lui avais consacré quand il s'était agi, en février dernier, d'introduire l'Enseignement de Ptahhotep, esquisser un semblant de biographie professionnelle.

 

 

     Achille Constant Théodore Emile Prisse d'Avennes (né à Avesnes-sur-Helpe, région Nord-Pas de Calais, en1807) n'a que 20 ans quand, après avoir combattu en Grèce dans les rangs philhellènes,  puis vécu aux Indes pour honorer le poste de secrétaire du gouverneur général, il arrive  à Alexandrie où il se joint à une théorie d'experts, ingénieurs comme lui, mais aussi techniciens, militaires et conseillers étrangers, essentiellement français, aux fins de participer, sous la férule du vice-roi d'Egypte Méhémet Ali, au redressement de l'économie et au développement général dans le sens d'une modernisation que ce dernier entend imprimer à son pays.

 

     Même si  cinq années auparavant, Jean-François Champollion découvrait le sens des hiéroglyphes, rien, au départ, ne destinait ce jeune ingénieur civil à s'intéresser  véritablement à l'égyptologie : car ce ne sont que des propositions de travaux d'hydrographie - création d'un canal qui aurait dû relier Alexandrie au Caire, construction de ponts suspendus sur le Nil - que, dans un premier temps, il soumit au Pacha. Aucun de ses projets, en ce compris celui qu'il envisagea par la suite pour le transport, jusqu'à la Place de la Concorde, à Paris, de l'obélisque de Ramsès II que le souverain égyptien offrait à la France pour exprimer sa reconnaissance eu égard aux travaux philologiques de Champollion, n'eut l'heur d'aboutir.

 

     Aussi, quand Méhémet Ali, entreprenant une restructuration de son administration, se départ de nombre de Français qu'il avait pourtant généreusement accueillis, l'Avesnois saisit l'opportunité de "changer de vie" : à presque trente ans, Emile Prisse devient Edris Effendi ; l'élégant jeune hydrographe du Nord va se muer en explorateur, en archéologue, en égyptologue et, vêtu  tel un Oriental, parlant l'arabe, il décide de partir à la découverte à la fois de l'Egypte antique et de la moderne.   

 

 

 

Prisse d'Avennes

 

 

     De janvier 1836 à mai 1844, Edris Effendi que les travaux de Champollion ont définitivement convaincu de rallier l'égyptologie naissante, sillonne le pays dans un esprit éminemment encyclopédique : certes, au premier chef, il s'intéresse aux vestiges pharaoniques mais fait également la part belle à l'ethnographie, à l'anthropologie, à la minéralogie aussi, à la botanique, aux conditions de travail des autochtones arabes qu'il découvre et dont il admire la civilisation et surtout son art.

 

     Ce seront alors notes manuscrites, relevés, plans, croquis, calques, estampages, aquarelles, photographies de l'Egypte antique et de la contemporaine, pris in situ qui, huit années durant, matérialiseront à profusion ses déambulations du Delta à la Nubie et alimenteront par la suite des publications qui marqueront du sceau du progrès la balbutiante science égyptologique. Sans oublier de mentionner - apport non négligeable à l'Histoire littéraire -, que ses notes et dessins inspireront notamment son ami Théophile Gautier pour la composition, en 1858, de son Roman de la momie.  

 

     Et ce seront également la "Chambre des Ancêtres", du temple d'Amon-Rê à Karnak (E 13481 bis) ;  

 

Chambre des Ancêtres (Salle 12 bis)

 

 

un fragment de linteau (E 13482 ter - Salle 25, vitrine 5) avec Amenhotep IV faisant offrande à Aton ; la stèle dite "de Bakhtan" ( C 284 - Salle 12, deuxième partie),  

 

Stele-de-Bakhtan--C-284-.JPG

 

 

ainsi qu'une superbe cuillère à fard (E 8025 bis - Salle 9, vitrine 3)

 

 

Cuillere-a-fards--E-8025-bis-.jpg

 

 

qui quitteront les rives du Nil pour, in fine, entrer dans les collections du Louvre.  

 

     N'oublions évidemment pas - je l'évoque régulièrement tous les samedis - dernier élément mais non le moindre de la provende qu'il rapporta de son premier voyage : un rouleau de quelque 7 mètres de long désormais connu sous le nom de Papyrus Prisse - (et dont voici le premier feuillet de l'Enseignement de Ptahhotep que, notamment, il contient) -,

 

 

Egyptien-186--Ptahhotep-1-73-.jpg

 

qu'à son retour après 17 ans d'absence, il offrit à la Bibliothèque Royale. Dans ce qui est aujourd'hui devenu la Bibliothèque nationale de France, sur le site désormais appelé Quadrilatère Richelieu (entrée principale : 58 rue de Richelieu), il figure dans les collections du Département des Manuscrits (division orientale), sous la référence Egyptien 183-194.

 

     C'est là que nous l'y rencontrerons après les vacances, à la fin du mois d'août ...


 

     Pour Prisse d'Avennes, le retour au pays natal s'éternisa 14 ans durant. Quatorze années pendant lesquelles il n'eut de cesse de préparer et mettre au point l'édition de certaines de ses nombreuses notes manuscrites. Sans oublier la création d'un fac-similé de "son" papyrus. 

 

     Il s'occupa bien évidemment de reconstituer la "Chambre des Ancêtres" qu'il avait également offerte à l'époque à la Bibliothèque royale ; monument désormais au Louvre et que je me propose de vous faire découvrir lors de nos prochains derniers rendez-vous ...

 

     Enfin, en juin 1858, obtenant des subsides du ministère de l'Instruction publique pour mener à bien de nouvelles recherches archéologiques et d'autres du ministère du Commerce en vue d'étudier de possibles débouchés pour l'industrie française, il retourne en Egypte, deux seules années cette fois, muni d'une triple mission : scientifique, artistique et, forcément, commerciale.

 

     Un jeune photographe parisien, Edouard Jarrot (1835-1873) et un tout aussi jeune peintre flamand, lointain parent de Prisse, Willem de Famars Testas (1834-1896), l'accompagnent. Leur activité tant en Egypte qu'en Nubie fut considérable : j'en veux pour preuve l'immense production de dessins, de calques, d'estampages et de photographies que les trois hommes ramenèrent et dont l'exposition de la BnF se voulut un excellent et très intéressant reflet.

 

     Riche de ce précieux fonds qu'après le décès de son mari en janvier 1879 madame Prisse d'Avennes lui légua, la BnF put ce printemps s'enorgueillir d'avoir mis sur pied, conjointement avec le Musée du Louvre, une remarquable exposition qui, malheureusement, ne sembla pas vraiment attirer les foules parce que,  probablement, pas suffisamment "spectaculaire", mais eut au moins le mérite de nous permettre de mieux appréhender cet homme incroyablement prolixe que fut Emile Prisse d'Avennes.


 

     A mardi donc, 21 juin, pour ensemble, amis lecteurs, nous retrouver ici même, salle 12 bis du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre.

      

 

 

  

(Prévost : 2011, 8-15 ; Thibaudault : 2006, 15-22)

 

 

 

Ajoutons que cette note ne doit rien de biographique

qu'à notre désir d'éclairer le lecteur.

 

Jacques LACAN

Ecrits  I

 

Paris, Seuil, Collection "Points Essais" n° 5

p. 71 de mon édition de 1999

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