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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 23:00

 

      Venant de ce que, faute de dénomination officielle, j'ai appelé l'avant-salle, il est grand temps de maintenant pénétrer dans la superbe galerie proprement dite où nous accueillent, au-dessus de la porte que nous venons de franchir, le buste de l'architecte du lieu, François Mansart et, au plafond, un imposant "M" sculpté, initiale de son nom.  

 

Buste de Mansart

 

     Avec ce plan tentant de scénographier l'exposition dédiée à Emile Prisse d'Avennes qu'à votre intention j'ai rapidement griffonné, vous pourrez, me semble-t-il, mieux visualiser mes propos de ce matin et de nos prochains rendez-vous.


 

Plan Galerie Mansart

      

 

     Matériellement, le lieu se présente avec deux couloirs centraux ouverts, tout de bleu égyptien vêtus, à l'image des panneaux muraux derrière lesquels ont disparu murs et fenêtres.

 

     Mais il faut en fait comprendre que l'espace de l'exposition a été intellectuellement subdivisé en cinq sections correspondant aux différentes techniques choisies par Emile Prisse d'Avennes pour conserver, de la manière la plus exacte possible, traces tangibles de ses deux séjours en terre égyptienne. 

 

     Ce sera donc sous l'éclairage de ces cinq faisceaux distincts que je vous proposerai d'ici déambuler. Et  le premier d'entre eux, celui qui ouvre l'exposition, le premier des procédés qu'il utilisa, celui peut-être qui eut sa préférence - n'écrit-il pas, souvenez-vous, à son ami Félix Caignart de Saulcy qu'il rapporte 300 dessins parmi lesquels il y a des calques coloriés de 7 à 8 mètres de longueur ? -, celui donc qui servira de fil conducteur à notre visite de ce matin, c'est calquer.

 

     Parfois monochromes - tracés au charbon ou à l'aquarelle noire -, souvent  partiellement polychromes, volontiers annotés de sa main, réalisés la plupart du temps dans des conditions extrêmement drastiques - je songe entre autres à la seule lueur d'une bougie à l'intérieur des tombeaux -, ces relevés exécutés à même la paroi des hypogées et des temples qu'il visite avec un de ses compagnons de voyage, un vague parent hollandais, Willem de Famars Testas, ont, s'ils sont de petite dimension, le papier en guise de support et, pour ceux d'une longueur plus importante, une sorte de toile cirée translucide exportée de Grande-Bretagne.

 

     Abondamment, petits ou grands, ces calques sont ici exposés sur les murs de part et d'autre de l'entrée, avant le premier espace central. 

 

     Ainsi, à gauche, admirons notamment une aquarelle sur papier calque de 2, 12 mètres de hauteur :


 

Expo-BnF---Femme-portant-des-offrandes--Photo-Etienne-.JPG

 

il s'agit d'une jeune femme très élégamment vêtue de lin fin tenant dans sa main droite deux symboles érotiques bien connus : un canard et une fleur de lotus. Prisse a réalisé ce relevé qu'il a ensuite coloré en 1860 dans la tombe (TT 65) de Nebamon à Gournah, qu'un certain Imiséba avait usurpée à l'époque de Ramsès IX.

 

(Fonds PA, NAF 20447-29)          

(Catalogue d'exposition : illustration 4, p. 31)   

 

 

     Ou, ce dessin au crayon puis aquarellé d'un bouquet de papyrus offert par un autre Nebamon (TT 90) au roi Thoutmosis IV.

 

Expo-BnF---Bouquet-de-papyrus--Photo-Etienne-.JPG

 

 

(Fonds PA, 23-XVII-4, f. 9)

(Catalogue d'exposition : illustration 8, p. 33)    

 

     Ou encore cette joueuse de mandore, calquée dans la tombe (TT 93) de Kenamon, également à Gournah.

 

Expo-BnF---Joueuse-de-mandore--Photo-Etienne-.JPG

 


     D'autres oeuvres à la suite de celles-ci prouvent à l'envi, si besoin en était encore, l'insatiable quête du détail précis menée par Emile Prisse d'Avennes dans les calques qu'il effectue et auxquels, souvent, il ajoute des touches d'aquarelle avec grand talent, que ce soit celui d'un prêtre dans la tombe (TT 65) d'Imiseba, du groupe des pleureuses relevé dans la tombe (TT 78) du scribe royal Horemheb, sous le règne de Thoutmosis IV, ou le portrait de Tyti, épouse de Ramsès III, inhumée dans la tombe (TT 52) de la Vallée des Reines ... 

 

    Leur faisant face, sur le mur de droite donc, des calques encore, réhaussés à l'aquarelle nous donnent à voir différentes scènes provenant de l'hypogée (TT 100) de Rekhmirê, vizir à la fin du règne de Thoutmosis III et  au tout début de celui d'Amenhotep II, soit environ 1470 à 1445 avant notre ère.

 

     Sont notamment proposés son jardin, des musiciennes et différentes activités artisanales dans les ateliers du temple d'Amon à Karnak dont Rekhmirê assumait également la direction ; ainsi ces menuisiers.


 

Expo BnF - Tombe Rekhmirê - Artisans au travail (Photo Et

 

 

     (Grand merci à Etienne pour m'avoir amicalement offert les quatre clichés ci-dessus)

 

 

     C'est derechef de calques et de scènes de la chapelle funéraire de la tombe de Rekhmirê qu'il s'agit dans le premier espace central dans lequel nous nous engageons à présent.

 

     Sur notre gauche en entrant, un petit écran vidéo montre la reconstitution d'une opération de métallurgie semblable à celle de l'atelier du temple de Karnak représentée sous le registre des artisans du bois que nous venons de voir, dans la partie est du mur sud du long couloir de l'hypogée thébain : 

 

 

Expo BnF - Tombe de Rekhmirê - Atelier de métallurgie

 

 

au centre de la composition, les fondeurs actionnent avec leurs pieds les soufflets qui activent les flammes d'un four ouvert, tandis qu'en dessous, deux hommes versent le cuivre en fusion dans un moule à l'aide de tiges végétales qui leur permettent de manier  les creusets incandescents sans prendre trop de risques.

 

     Le même petit documentaire concernant la métallurgie est projeté à l'autre extrémité de cette enclave intérieure.

  

     Une autre vidéo restitue les peintures murales de l'hypogée de Rekhmirê : les prises de vue  ont été réalisées par l'égyptologue français Pierre Tallet. Ce petit film permet de voir in situ les différents registres pariétaux copiés par Emile Prisse d'Avennes sur les grands calques exposés de part et d'autre : ainsi celui de la fonte du métal mesure-t-il 260 centimètres de long pour 69 de large.

 

(Fonds PA, NAF 2044-10)

(Catalogue : illustration 2, p. 30)


 

     En accompagnement sonore, le jeune acteur français Thibaut Corrion lit des extraits de la traduction de l'autobiographie de Rekhmirê peinte dans la tombe, ainsi que celle des textes hiéroglyphiques accompagnant certaines scènes.

 

     C'est au sortir de ce premier couloir central, mais en revenant quelque peu sur nos pas pour nous intéresser aux panneaux muraux élevés contre les murs de la Galerie Mansart, que nous aborderons, le 24 septembre prochain, la deuxième section de l'exposition, consacrée quant à elle au dessin et à la peinture.

 

     Et à partir de ce moment, vous constaterez qu'une distinction majeure entre la partie gauche et la droite de la salle a été voulue par les concepteurs. Si toutefois, amis lecteurs, vous désirez poursuivre cette visite virtuelle en ma compagnie ...

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en France
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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 23:00

 

     En ce printemps 2011, trois mois durant, Paris s'est offert le luxe non négligeable, événements culturels de première importance, d'organiser deux expositions qui ont donné l'opportunité de faire plus amplement connaissance avec un orientaliste français que, mis à part quelques initiés dont vous faites maintenant partie, amis lecteurs, peu de gens connaissent vraiment.

    

     Eminemment complémentaires, ne s'excluant en aucune manière et donc loin de toute tautologie malvenue, les deux manifestations eurent cette judicieuse particularité de mettre en évidence deux grandes institutions nationales, le Musée du Louvre et la Bibliothèque de France du Quadrilatère Richelieu ; deux grandes collections, celle de monuments de pierre, l'autre d'archives exhumées le plus souvent pour la première fois d'un richissime fonds ; et une seule conception muséale, ingrate il est vrai : ne pas se complaire dans la facilité.

 

     Le résultat, à mes yeux à tout le moins, fut sans égal pour notre approche de l'égyptologie française même si, je dois bien le reconnaître, le public ne sembla pas avoir vraiment adhéré, assuré qu'il était très probablement qu'il n'y rencontrerait pas l'une ou l'autre spectaculaire parce que colossale tête de pharaon mise récemment au jour à Karnak ou pêchée dans les profondeurs marines au large d'Alexandrie. 

     C'est grand dommage pour la science égyptologique, c'est grand dommage pour l'ensemble des connaissances de tout un chacun.

 

     Aussi, mais sans prétention aucune, ai-je, les 21, 25 et 28 juin derniers, tenté de réparer cette erreur de jugement en proposant une visite pointue de l'exposition qu'avaient prévue les Conservateurs du Louvre en salle 12 bis du Département des Antiquités égyptiennes, autour de la "Chambre des Ancêtres" de Thoutmosis III. En Enseignant rompu aux "ficelles" les plus élémentaires, j'avais préalablement pris soin, le 18 du même mois, d'esquisser à larges traits un portrait, professionnel s'entend, d'Emile Prisse d'Avennes, fil indubitablement conducteur des deux événements parisiens.

 

     Et, désireux de poursuivre mes intentions, j'ai jugé bon, en ce mois de septembre, d'emmener ceux d'entre vous qui le désireront sur les mêmes chemins de la découverte mais, cette fois, à la Bibliothèque nationale de France, à deux enjambées du Louvre.

 

(Paris) 300 - Banderole

 

 

     En effet,  samedi et mardi derniers, nous avons franchi les grilles du jardin Vivienne, dans la rue éponyme

 

 

Entree_BNF--0-.jpg

 

et sommes entrés dans la salle qui précède immédiatement la Galerie Mansart pour y rencontrer quelques documents introductifs à ce que lors de nos prochains rendez-vous nous aurons tout loisir de détailler.

 

     Toutefois, parce qu'à la différence du Musée du Louvre, je ne fus point ici autorisé à  photographier -  il faut reconnaître qu'avec quatre agents de surveillance me croisant en permanence dans un lieu où je fus quasiment seul visiteur pendant un peu plus de trois heures, des prises de vue, même à la sauvette, eussent relevé du véritable exploit -,  j'ai pensé qu'il serait intéressant de vous proposer en prémices ce document vidéo diffusé sur le site internet de la BnF.

 

     En comparant avec le cliché ci-après de cette superbe salle construite par l'architecte parisien François Mansart au XVIIème siècle pour recevoir les collections d'antiques du Cardinal Mazarin,

 

 

Galerie Mansart - BnF (Photo - Philippe Couette)

 

vous remarquerez immédiatement, amis lecteurs, après avoir visionné les quelque 6 minutes de ce petit film, que la salle a été habillée de hauts panneaux d'un superbe bleu égyptien sur lesquels les documents ont été apposés ; et qu'en son milieu ont été aménagés des espaces ouverts délimitant ainsi deux  "couloirs" centraux en enfilade, séparés par des tables vitrées contenant des ouvrages de Prisse et deux grandes vitrines exposant des estampages qu'il a réalisés.

 

 

Plan-Galerie-Mansart.jpg

 

 

     Le premier de ces espaces centraux tapissés du même bleu soutenu permet d'admirer des calques de la Chapelle de la tombe (TT 100) du vizir Rekhmirê, à Gournah ; quant au second, tout au bout de la salle, il offre 7 des 12 fragments encadrés de ce Papyrus Prisse, incontournable trésor que vous avez, maintenant depuis février 2011, abondamment appris à connaître.

 

     Dès mardi 20 septembre prochain, partons, voulez-vous, à la rencontre de deux immenses civilisations que les différentes facettes de cette remarquable exposition nous donneront à voir grâce à deux cents des très nombreux documents qu'Emile Prisse d'Avennes a colligés.

 


 

 

(A nouveau merci à Louvre-passion d'avoir accepté avec grande amabilité ma requête d'aller photographier cette entrée de la rue Vivienne que le flou de mes propres clichés m'aurait empêché de partager avec vous.)

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en France
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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 23:00

 

      Le mur de droite de l'avant-salle dans laquelle nous avons ensemble samedi dernier, amis lecteurs, pu voir deux portraits d'Emile Prisse d'Avennes est, quant à lui, consacré à la présentation de deux lignes du temps comme en arborent - ou devraient en arborer - tous les locaux réservés au cours d'Histoire des établissements scolaires.

 

     Sur la partie supérieure du mur se déroule un premier parcours chronologique qui vise en fait à nous fournir une succincte biographie de l'orientaliste français : elle débute par 1798, date du départ de l'Expédition de Bonaparte en terre égyptienne et se termine par 1880, celle de la création de la mission archéologique française permanente en Egypte (Ecole du Caire).

 

     Entre les deux, à l'extrémité gauche, 27 janvier 1807 : Naissance d'Emile Prisse d'Avennes à Avesnes-sur-Helpe et, à l'extrémité droite, 10 janvier 1879 : Mort d'Emile Prisses d'Avennes à Paris, bornent les grandes étapes de sa carrière professionnelle.

 

     En dessous de ces précisions biographiques, un deuxième déroulement : commençant bizarrement en 3007 avec l'Epoque prédynastique, il énonce les grandes dates de l'Histoire de l'Egypte et s'achève en 1801 par les termes : Occupation française.

 

     A la droite de ces panneaux éminemment didactiques, dans un renfoncement le long du mur d'entrée, trois encadrements précèdent une carte historique, physique et politique de l'Egypte réalisée en 1828 par le Chevalier Pierre Lapie, Premier géographe du Roi, Officier supérieur au Corps royal des Ingénieurs géographes, dans le droit fil de celles que vous pouvez consulter sur ce site.

 

     Quant aux trois cadres évoqués à l'instant, les deux premiers protègent chacun une aquarelle de Prisse d'Avennes : l'une réalisée sur papier vélin représentant Le sphinx ensablé,


 

Affiche-BnF---Visions-d-Egypte.jpg

 

 

(Fonds PA, 19-II-2, f. 3)

 (Le document ci-dessus fut choisi pour devenir à la fois l'affiche officielle de l'exposition et la couverture du catalogue.)

 

 

et l'autre, sur papier vergé, Le Plateau de Gizeh

 

 

Plateau-de-Gizeh.jpg

 

 

(Fonds PA, 19-II-1, f. 2)

 

 

      Selon la notice de la p. 39 du catalogue d'exposition édité par la BnF, cette deuxième aquarelle servit en réalité de carte de voeux de Nouvel An adressée à  l'écrivain Joseph Méry, au verso de laquelle Prisse écrivit : Peint au désert des Pyramides, le 1er Janvier 1832 / Prisse à son ami Méry.

 

(Pour une distinction entre papier vélin et papier vergé, ce site.)


     Enfin, le troisième et dernier tableau expose une photographie sur papier albuminé intitulée Départ de la caravane au pied de la Citadelle du Caire. Le cliché est probablement dû à Edouard Jarrot (1835-1873) -  "probablement" dans la mesure où la légende, dans l'ouvrage susmentionné, assortit son nom d'un point d'interrogation mis entre parenthèses. Jarrot est ce jeune photographe parisien qui accompagna Prisse en Egypte lors de sa courte seconde mission. J'y reviendrai plus tard.

 

(Fonds PA, 26-II,1, f. 15) 

(Vous en trouverez une reproduction à la page 6 de ce fascicule librement téléchargeable : toutefois la référence, parce que la même que pour la Jeune Nubienne assise de la page précédente, est forcément dans ce cas-ci complètement erronée. Et pour ceux d'entre vous qui disposeraient du catalogue officiel, voir illustration 60, p. 124.)


 

     Au pied de ces trois documents encadrés, deux tables-vitrines distinguent déjà les principaux centres d'intérêts du savant avesnois : l'égyptologie et l'art arabe ; passions qui seront développées à l'envi dans la Galerie Mansart proprement dite, comme nous le verrons lors de nos prochains rendez-vous.

 

    Dans la vitrine de gauche, un grand manuscrit a été ouvert à la date du 17 avril 1836 : il s'agit d'un des journaux tenus par Prisse ; à la droite de ce précieux document, quelques feuillets épars tout aussi émouvants : des fiches de travail, des notes autographes et de superbes dessins de hiéroglyphes colorés ...

 

     Quant à celle de droite, c'est à l'art arabe qu'elle est plus spécifiquement dédiée puisqu'elle présente un autre ouvrage de sa main qui permet de découvrir des croquis relevés d'après des intérieurs de maisons du Caire et de Rachîd (nom arabe de Rosette, ville où fut découverte la célèbre pierre éponyme qui, entre autres documents, permit à Champollion de définitivement déchiffrer les hiéroglyphes.)

 

     Et juste à côté de ce grand livre, réalisée au crayon sur une feuille de vélin avec des ajouts de découpes de papier rosé, une composition en miroir : il s'agit de la calligraphie du nom Prisse transposé en langue arabe - Brîss - élégamment dessinée sur fond de rinceaux. Un peu comme de nos jours les touristes qui aiment se faire graver leur prénom sur un cartouche en or, les Européens du XIXème siècle qui visitaient l'Egypte  s'offraient volontiers un objet artisanal sur lequel leur patronyme avait été ainsi calligraphié.

 

     Dans le catalogue, cette harmonieuse arabesque se trouve p. 102, illustration 38 ; et dans la banque d'images du site internet de la BnF, vous pourrez l'admirer ici

 

 

     Armé de cette solide introduction à l'exposition qui se déploie tout à côté, je me propose à présent de quitter cette avant-salle et de pénétrer dans la prestigieuse Galerie Mansart.

 

M'y accompagneriez-vous, amis lecteurs ?

 

Si tel était le cas, je vous convie à une nouvelle rencontre samedi  17 septembre prochain ...

 

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en France
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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 23:00

    

     J'ai parcouru l'Égypte (...) Ce que j'ai fait avec les faibles ressources qui m'étaient accordées est immense. Je rapporte trois cents dessins parmi lesquels il y a des calques coloriés de 7 à 8 mètres de longueur - plus de 400 mètres d'estampages - 150 photographies (...) sans compter mes croquis et mes notes.

 

      Sans vantardise, j'ai recueilli de quoi faire le plus bel ouvrage qui ait encore été publié sur l'Égypte.

 

 

Emile Prisse d'Avennes

 

Lettre à Félix Caignart de Saulcy

16 janvier 1860

 

Institut de France, manuscrit 2283, f.97

 

 

 

     A l'intérieur de la Bnf, l'entrée par les jardins de la rue Vivienne franchie, comme je vous l'ai expliqué ce mardi, de discrets panneaux m'indiquent immédiatement la direction à prendre pour rallier la galerie de photographie, appelée aussi Galerie Mansart, du nom de ce célèbre architecte (1598-1666) auquel, en 1645, le Cardinal Mazarin manda la construction dans le but d'abriter ses richissimes collections personnelles d'oeuvres d'art.



Galerie Mansart - BnF (Photo - Philippe Couette)

 

     Rassurez-vous, amis lecteurs, ce n'est évidemment pas dans cet espace vide que je me suis retrouvé. Car le temps d'acquérir mon billet d'entrée, 

 

Ticket d'entrée - Expo Prisse - BnF

 

le lieu s'était comme par magie habillé de quelque 200 oeuvres empruntées, pour la majorité d'entre elles, aux "trésors" de la Bibliothèque nationale de France et, plus spécifiquement, au fonds Prisse d'Avennes (Fonds PA) d'un éclectisme rare et brillant, miroir on ne peut plus parfait de la diversité des centres d'intérêts de ce prolixe ingénieur parti en terre égyptienne, une première fois de 1827 à 1844, une seconde de 1858 à 1860.

 

     C'est à visiter l'exposition montée en cette superbe galerie du XVIIème siècle que je vous inviterai lors de nos prochaines rencontres. Mais pour l'heure, il est midi cinquante, découvrons ensemble, voulez-vous, ce que j'appellerai, faute de mieux, une avant-salle, espace de section approximativement carrée dont les murs, à mes yeux,  proposaient une fort opportune introduction didactique.

 

     Le plan ci-après - même si je n'ai aucune prétention à rivaliser avec les talents de dessinateur de Prisse - vous permettra, je l'espère, de mieux "visualiser" mes propos.



Plan-Avant-Salle.jpg

 

 

     Sur le mur de gauche par rapport à l'entrée, après le guichet d'un agent de surveillance dont la seule tâche sembla consister à sérieusement vérifier la date imprimée sur l'indispensable sésame que je m'étais procuré quelques minutes auparavant, sont accrochés deux portraits de Prisse tel qu'il aima se vêtir, c'est-à-dire à la manière orientale.

 

     Le premier, vous la reconnaîtrez pour l'avoir déjà précédemment rencontrée sur ce blog,

 

Prisse d'Avennes

 

est une lithographie datant de 1843 due à Achille Devéria (1800-1857).

 

     L'artiste n'est pas que l'auteur des "Petits jeux innocents" et érotiques que d'aucuns connaissent peut-être, il est aussi un dessinateur portraitiste, un peintre et un lithographe de grand talent - ainsi fut-il à l'origine de l'apport de la couleur en lithographie -, cumulant par ailleurs les fonctions de Conservateur adjoint au Cabinet des Estampes, puis de Directeur du Département des gravures de la Bibliothèque nationale (où nous nous trouvons actuellement), et celles d'assistant curateur au Département égyptien du Louvre (où nous retournerons dès octobre prochain).

 

     Il est en outre le père de l'égyptologue Théodule Devéria que nous avons rapidement croisé salle 12 bis, rappelez-vous, lors de notre visite à l'exposition Egypte de pierre, Egypte de papier, les 21 et 28 juin derniers.

 

     Quant au second portrait de Prisse, une photogravure réalisée par le comte d'origine lithuanienne Andrzej Mniszech (1824-1905),

 

Portrait-Prisse---Mniszech.jpg

 

il date de 1872 : l'Avesnois est alors âgé de 65 ans.

 

     Sur le mur du fond de cette salle, de part et d'autre de l'imposante porte qui  ouvre sur la Galerie Mansart proprement dite, deux panneaux reprennent des extraits de ses écrits. Sur celui de gauche, on peut lire cette réflexion :

 

    "L'archéologie n'est pas seulement l'étude des monuments considérés en eux-mêmes, c'est aussi l'étude de tous les faits qui peuvent faire connaître la civilisation intime d'un peuple de manière à assigner à ce peuple la place qu'il doit occuper dans l'histoire du genre humain."

 

     Et sur celui de droite, l'intégralité de l'exergue qui, ci-dessus, a ouvert mon intervention de ce matin : elle provient d'une lettre qu'à  son ami l'archéologue Félix Caignart de Saulcy (1807-1880), Prisse adressa  le 16 janvier 1860, alors qu'au terme de sa deuxième mission en Egypte, il s'apprêtait à revenir en France  :

 

     "J'ai parcouru l'Égypte (...) et en reviens avec des calques soignés des plus belles peintures - des estampages de bas-reliefs - des coupes, des élévations soigneusement cotées et la plupart inédites grâce aux nouvelles fouilles du vice-Roi - enfin des photographies de tout ce qui était photographiable.  Ce que j'ai fait avec les faibles ressources qui m'étaient accordées est immense. Je rapporte trois cents dessins parmi lesquels il y a des calques coloriés de 7 à 8 mètres de longueur - plus de 400 mètres d'estampages - 150 photographies (...) sans compter mes croquis et mes notes.

 

      Sans vantardise, j'ai recueilli de quoi faire le plus bel ouvrage qui ait encore été publié sur l'Égypte."

 

 

     Tournons-nous, voulez-vous, vers le mur de droite pour d'un seul coup d'oeil remarquer qu'il est entièrement voué à des panneaux pédagogiques : en fait, deux lignes du temps superposées.

Je vous propose de leur accorder toute notre attention mardi 13 septembre prochain ...

 

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en France
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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 23:00

 

     Avant les vacances scolaires, je vous avais conviés, souvenez-vous amis lecteurs, à m'emboîter le pas pour de conserve pénétrer en salle 12 bis du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre aux fins d'y admirer l'exposition Égypte de pierre, Égypte de papier mise sur pied en ce printemps 2011.

 

     Si l'événement faisait la part belle au monument érigé à Karnak par Thoutmosis III, il avait également le mérite de rendre un vibrant hommage au travail colossal qu'avait réalisé, lors de deux missions en Egypte, le Français Émile Prisse d'Avennes, ingénieur de formation, en rapportant nombre de documents qu'au niveau de certains d'entre eux nous vîmes pour la première fois dans la mesure où ils ont été exhumés des archives encore inédites détenues par la Bibliothèque nationale de France.

 

   Comme je le rappelai mardi dernier, cette manifetation culturelle se déclinait en réalité en deux parties puisqu'à la BnF, le public était également invité à découvrir d'autres facettes du prolixe savant ...   

 

     C'est là précisément qu'à partir d'aujourd'hui, et pour quelques nouveaux rendez-vous en ce mois de septembre, j'aimerais vous emmener.

 

     Nul besoin, certes, en quittant le Louvre,

 

-Paris--044---Quitter-le-Louvre.jpg

 

de prendre le métro à la station dont Jean-Michel Othoniel, voici onze ans déjà, orna l'entrée de son Kiosque des Noctambules !

 

-Paris--340---Kiosque-des-Noctambules---Othoniel.jpg

 

 

     Il me suffit simplement d'emprunter un passage proche de la Comédie Française, place Colette, qui,

 

 

-Paris--341.jpg

 

 par les jardins du Palais Royal

 

 

-Paris--312---Palais-Royal-copie-1.jpg

 

 

que je traverse avec toujours autant d'admiration, m'amène au "Quadrilatère Richelieu".


       

Entree-Vivienne--Photo---BnF-.jpg

 

 

     Quelle ne fut pas ma déconvenue quand je constatai que l'entrée officielle du 58 de la rue de Richelieu - oserais-je écrire : l'entrée cardinale ? -, n'était plus accessible depuis le début des travaux de rénovation du bâtiment, en avril 2010. Et qu'il me fallait donc, tout à l'opposé, me rendre rue Vivienne. En contournant l'illustre bâtiment, je repérai d'un premier coup d'oeil à l'angle de la petite rue Colbert

 

 

-Paris--022---Coin-rue-Vivienne.jpg

 

 

un coq wallon qui éployait ses ailes, une patte s'avançant vers la droite. 

 

-Paris--022-bis---Coq.jpg

 

 

      Je vous l'accorde : celui-là était certainement plus gaulois que wallon ; mais même s'il ne ressembait en rien aux grands coqs de Brancusi exposés au Centre Pompidou - quasiment réduits à leur crête, ils évoquent plus une flèche qu'un animal -, je me pris à imaginer que ce tétras providentiel m'indiquait le chemin de l'exposition Visions d'Egypte toute proche, dédiée à Emile Prisse d'Avennes.

 

 

-Paris--300---Banderole.jpg

 


 

     C'est donc par le jardin Vivienne, dans la rue éponyme 

 

Entree_BNF--1-.jpg

 

qu'après avoir zigzagué entre d'épouvantables blocs modulaires gris, je pénétrai, extrêmement déçu de cette peu prestigieuse première impression architecturale, dans le temple mythique de la culture.

 

 

Entree_BNF--4-.jpg

 

      (Grand merci à Louvre-passion d'avoir accepté avec autant d'amabilité ma requête de photographier cette entrée de la rue Vivienne que le malencontreux flou de mes propres prises de vues m'aurait empêché de vous faire connaître.  Nous lui sommes donc redevables des deux clichés ci-avant.)

 

 

     Quelques panneaux à l'intérieur, me guidèrent d'emblée vers la  galerie de photographie, plus communément appelée Galerie Mansart, désormais dévolue à la mise sur pied d'expositions.

 

 

Galerie-Mansart---BnF--Photo---Philippe-Couette-.jpg

 

 

     C'est là, amis lecteurs, que je vous propose donc de me rejoindre samedi 10 septembre prochain pour à nouveau pénétrer dans l'univers d'Emile Prisse d'Avennes.

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en France
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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 23:00

    

      A l'été 2009, c'est Jean Capart qui, du 4 juillet au 29 août, vous accompagna en Egypte pendant les congés que m'avait offerts mon blog. En 2010, Gérard de Nerval prit la relève pour, du 24 juillet au 4 septembre, vous "consoler" de mon absence.


      Et ces vacances 2011, ce fut François, de Nice - que voilà un génitif qui fleure bon la particule nobiliaire ! - qui, continuons à filer la métaphore, accepta sans hésitation aucune, avec noblesse de coeur, deux mois durant depuis le 9 juillet, de survoler

 

    

10-Ballon au dessus de Luxor

 

et de partager avec vous les souvenirs de "son" Louxor de mars dernier, immédiatement après les heurts révolutionnaires ...

 

     D'emblée, il m'agrée de lui  réitérer en notre nom à tous  mes remerciements les plus appuyés.

 

     Merci à vous également, amis lecteurs, d'être restés fidèles à mon blog pendant cette période estivale et d'avoir fait fond sur François et ses talents de narrateur. Vos commentaires l'ont prouvé : sa verve, son humour, le choix des thèmes abordés, sans oublier d'épingler l'excellence de ses photos, vous ont ravis. Et j'en suis bien aise ! 

 

     Il me déplairait de faillir à la plus élémentaire des courtoisies en n'associant pas à cet hommage Marie Van Brussel, de Medinet Habou, qui eut l'extrême élégance de pallier l'une ou l'autre petite carence photographique en m'autorisant à puiser sans réserve dans ses propres clichés aux fins de bellement étayer les propos de François.

      Grand merci à vous aussi, Madame : votre geste à tous deux prouve, si vraiment nécessité s'imposait encore, que la "blogosphère" constitue un superbe athanor d'où sourd continûment la chaleur de beaux et  généreux partages. 

 

 

     En quelques phrases, j'aimerais à présent vous soumettre le menu de ce prochain mois de septembre qui ne constituera pas, vous vous en rendrez très vite compte, celui d'une rentrée officielle. Mais, comme j'aime à le préciser, ce n'est pas parce que l'on prend connaissance de la carte d'un restaurateur qu'il faut se croire obligé d'entrer dans son établissement.

 

     Avant d'à nouveau goûter au plaisir de nos déambulations chaque mardi dans les salles du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre comme nous les vivons de conserve depuis mars 2008, j'envisage d'apposer le point final à mon évocation des deux manifestations culturelles de ce printemps parisien dédiées au travail colossal d'un ingénieur-artiste-archéologue-égyptologue français initialement peu connu du grand public.

 

     Vous vous souviendrez, à tout le moins je l'espère, qu'en juin dernier, après vous avoir entraînés dans une découverte quelque peu marginale de Paris le 7 et le 11, je vous conviai à m'accompagner en salle 12 bis où se tenait l'exposition Égypte de pierre, Égypte de papier.

 

     Dans un premier temps, j'avais souhaité évoquer la personnalité d'Émile Prisse d'Avennes. Dans un deuxième, nous n'avions concentré nos regards que sur la seule "Chambre des Ancêtres". Enfin, en troisième et quatrième volets, ce fut sur quelques documents d'archives concernant cet important monument que nous nous penchâmes.

 

     A partir du 6 septembre prochain, sempiternelle date de rentrée scolaire dans l'Enseignement secondaire belge, je vous proposerai, chaque mardi et chaque samedi, de nous rendre dans le second lieu où il fut question cette année de l'orientaliste avesnois : la Bibliothèque nationale de France, au Quadrilatère Richelieu, à quelques pas du Louvre.

 

     Ces nouveaux rendez-vous nous permettront de mieux appréhender un savant protéiforme qui ne s'est pas cantonné aux seuls vestiges de l'époque pharaonique mais qui a, judicieux et précieux  supplément, magnifiquement rendu à l'art arabe ses lettres de noblesse.

 

     Ce sujet définitivement clos, nous reviendrons salle 5 dès la rentrée académique du  mois d'octobre pour y poursuivre, chaque mardi, notre étude des monuments prélevés au mastaba de Metchetchi, interrompue le 31 mai dernier.

 

     Pour ce qui concerne nos samedis, je vous avoue que je n'ai encore pris aucune décision. Et à vrai dire, je ne compte pas l'assumer seul : votre opinion m'intéressant, acceptez que je vous soumette un petit devoir de pré-rentrée.


     Plusieurs opportunités s'offrent à vous, à propos du contenu comme de l'organisation de nos rencontres futures.

 

     Souhaitez-vous poursuivre la lecture des maximes de l'Enseignement de Ptahhotep délaissé lui aussi en juin dernier ? Ou que je l'abandonne pour envisager d'autres sujets littéraires ?

 

     A moins qu'en relation étroite avec l'intitulé qu'à ce blog j'ai jadis donné, préféreriez-vous qu'à nos deux rendez-vous hebdomadaires je ne traite que des seuls "trésors" égyptiens du Louvre et que je n'aborde à l'avenir le domaine littéraire qu'en rapport avec l'un ou l'autre monument rencontré. Autrement dit, aimeriez-vous que j'épuise chaque vitrine en continu, mardis et samedis consécutivement, sans ainsi, fin de semaine, régulièrement en interrompre le fil ? Puis, avant de me tourner vers la vitrine suivante, évoquer la littérature ?

 

     Autre possibilité : ne conserver qu'un seul rendez-vous, le mardi par exemple, qui serait consacré au Louvre. 

 

     J'espère toutefois, venant du fond de la classe, ne point ouïr un murmure désapprobateur : "Et s'il fermait ... son blog ?", car ce serait de la sorte imposer une seconde, définitive et bien triste retraite à l'Enseignant qu'au fond de l'âme je suis resté grâce à vous, grâce à l'intérêt que vous me manifestez par vos questions et commentaires.

 

 

     Voici donc, amis lecteurs, de quoi quelque peu alimenter  votre réflexion. Est-il utile d'ajouter que j'attends impatiemment le fruit de vos desiderata en la matière ?

 

     A vos calames ! A très bientôt vous lire et merci d'être nombreux à répondre à mon appel ...

 

     D'ores et déjà, à mardi prochain, devant la Bibliothèque nationale de France pour l'exposition Visions d'Egypte.   

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Publié par Richard LEJEUNE - dans A propos de ce blog
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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 23:00

     Oh là là là !

     On me rappelle fort à propos que j'avais promis d'évoquer encore l' "Île aux Bananes"

 

Bananes.jpg

 

 

et le "Village Nubien".

     Le fameux village, j'en avais - comme vous - entendu parler...
Alors que nous revenions de Mo'Allah avec notre fidèle Mohamed, nous voyons un panneau publicitaire annonçant que nous y arrivions.
La journée avait été longue, je demande à nos mentors s'ils ne voient pas d'inconvénient à nous y arrêter.
Petit conciliabule, et Mohamed nous gare à l'entrée du "Village".
En fait, ce village est censé être une reproduction de village typique.
Dans la réalité, c'est une sorte d'enceinte commerciale, destinée à vendre, dans un cadre relativement couleur locale quelques objets en cuir, poteries, perles et autres tissages aux cars de touristes qui ont la bonne grâce de s'arrêter là pour permettre au chauffeur et au guide de toucher un bakchich sur les ventes effectuées.


     Bien sûr, on y voit quelques jeunes filles affairées à tisser des écharpes (elles nous poursuivent, celles-là !) ou à confectionner quelques objets en perles de verre.
On voit surtout une sorte de cafétéria, un bar, un chadouf factice, une noria détériorée ...
Pas de quoi casser trois pattes au canard égyptien qui m'a un jour mordu, mais réellement rien de formidable ...

     Nous achèterons tout de même une écharpe dont le prix fait bondir nos amis égyptiens qui ne pipent pas mot mais, n'en pensant pas moins, échangent des regards furibonds !
50 LE, il faut vraiment être touriste pour payer une écharpe ce prix-là !

     Les voyant furieux, je leur propose de prendre un pot au bar en notre compagnie.

     Comme nous avions évoqué la noix-doum lors d'une de nos conversations, et sachant grâce à eux que l'on peut la consommer en boisson, je leur demande si l'on peut en avoir ici.
Abdallah l’infatigable va se renseigner auprès d'un barman aussi empressé qu'un lion devant un buffet végétarien, et nous commandons quatre "boissons aux noix-doum". (Pardon de n'avoir pas retenu le nom de ce breuvage.)
C'est douceâtre, ressemblant un peu à de la chicorée dans du lait, et sûrement très long à préparer, car il faudra une bonne demi-heure au garçon pour nous les apporter.


     Durant notre attente, Abdallah s'absente pour aller chercher un petit souvenir pour sa jeune épouse.
Il revient avec une toute petite bourse en perles représentant ... un sapin de Noël !!!
Il est tout vert, sur fond rouge, avec de belles boules multicolores. Nous rions, Catherine et moi, et lui demandons s'il sait ce que c'est ... Devant son ignorance, nous apprenons à notre musulman pratiquant qu'il vient d'acheter un symbole de la fête de Noël !

     Quand arrivera la note pour les boissons, ils se mettront une fois de plus en colère devant le prix et jureront qu'ils n'emmèneront plus jamais qui que ce soit dans ce repaire de bandits.

     En résumé, donc, une visite inutile et à éviter ...



     Pour l'Île aux Bananes, c'est une autre histoire ...


     Nous avions fait la connaissance d'un "Omar",

 

 

Chez-Omar--1-.jpg

 

copain de Marie, et à cette occasion, il nous avait dit que si nous désirions faire une excursion dans les oasis, aller à Abydos ou à l'île aux bananes, nous pouvions compter sur lui.
 

 

     Lors de cette rencontre, nous avions bu un pot dans son coffee-shop,

et très gentiment Omar nous en avait fait cadeau.
 

 

     Bien naturel, par conséquent, que nous prenions date avec lui pour cette fameuse visite de l'île aux bananes.

 

Chez-Omar--2-.jpg

 

     (Merci à Marie Van Brussel qui, avec une extrême gentillesse, m'a autorisé à puiser dans ses "trésors" pour nous offrir les deux clichés ci-dessus.)

 


     Le jour dit, nous nous rendons donc à son bistro et embarquons en felouque pour cette visite.
Il faut le faire en fin d'après-midi, d'abord c'est l'heure où se lève un petit rab de vent et l'on peut ainsi au retour assister au coucher de soleil sur le Nil.


 

Nil-felouque.jpg


     Autant la visite du village, pas la peine, autant la balade en felouque pour l'île aux bananes, c'est réellement une chose qu'il faut faire. Je parle bien de la balade pour y aller et pour en revenir. L'île par elle-même ne présente d'intérêt que si vous n'avez jamais vu de bananier, ce qui est bien permis, après tout, et que vous ne connaissez rien à sa culture.

     On vous fera donc visiter la bananeraie passant devant un pigeonnier

 

Pigeonnier.jpg

 

 

dont vous apprendrez que la ceinture de carrelage brillant qui l'entoure n'est pas une coquetterie, mais une précaution destinée à éviter que les serpents et autres prédateurs ne puissent grimper pour dérober les œufs ou les pigeonneaux.

     La visite s'achève par une invite à vous asseoir à l'ombre d'une pergola et à déguster quelques-unes de ces bananes que vous aurez rencontrées lors de votre visite.
N'oubliez pas que "offrir" veut juste dire proposer à la vente, et qu'on vous allégera de quelques livres avant votre départ.

     A mon sens, préférez négocier une belle balade en felouque, mais passez votre chemin pour la visite de l'île. Il est probable que votre felouquier voudra absolument vous y conduire tout de même, il doit y trouver son compte ...
Amateurs d’ornithologie, munissez-vous de vos gros télés, aigrette, martin-pie, hérons et autres bihoreaux ou butors sont multitudes et vous pourrez en photographier à loisir pour peu que votre pilote longe les rives d'assez près.

     Voilà finie cette escapade !
 
      J'espère que le voyage vous aura plu, et surtout, n'oubliez pas mon petit bakchich ...

     Amicalement !

 

François :jap:

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en textes
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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 23:00

 

      Depuis le temps que je vous ai abandonnés dans les airs, les bonbonnes de gaz doivent être vides ...

     Bon, c'est toujours un moment un peu bizarre que l'atterrissage, surtout lorsque d'en haut on voit autant de poteaux électriques, de maisons, d'arbres et d'eau. :(
En plus, pas moyen de diriger ce fichu aéronef qui est l'esclave des courants d'air.

 

12---ou-se-poser.jpg

 

      Alors on scrute le visage du pilote qui cherche à se poser et n'a pas l'air plus inquiet que ça, ; il discute dans son walkie-talkie avec un interlocuteur invisible.


     Petit à petit l'ombre de la montgolfière grossit, la cime des arbres se rapproche, les détails du sol se précisent, mais heureusement nous pouvons voir une zone dégagée à portée.

 

13--l-ombre-se-rapproche.jpg

 

      Finalement, pilote de montgolfière, c'est vraiment un métier !
  

     Dès lors, tout se précipite : "landing position". Bien entendu, il y en a toujours un ou deux qui n'obtempèrent pas ..."LANDING POSITION NOW, I SAID !!!"

     Accroupi, on ne voit plus rien.
La tension est palpable à bord, on n'entend plus que les brefs coups de brûleur, le souffle de l'air, et les secondes paraissent s'être dilatées en minutes interminables.
 

    

     Enfin, le rassurant : "egyptian smooth kiss-landing ! Everything OK, now ..."
On se redresse, et à ma plus grande surprise, je me rends compte que nous sommes posés à quelques mètres à peine du camion de transport de la nacelle et de notre minibus. Tous deux nous attendent, le personnel se précipite pour retenir la nacelle, pendant que d'autres étalent sur le sol les toiles destinées à éviter d'abîmer la délicate tunique en toile de parachute lorsqu'elle reposera au sol.

     Dernier spectacle, le capitaine hâle la corde destinée à ouvrir le sommet du ballon de façon à laisser échapper l'air chaud. La rondelle supérieure de l'enveloppe, sous l'effet du haubanage se rétracte comme une fleur qui se fermerait ... Très joli !

 


Fleurs-bleues.jpg

 


     C'est avec finalement un petit goût de "trop-peu" qu'on enjambe le bord de la nacelle pour retrouver le plancher des vaches.

     Récupération du sac contenant l'objectif qui finalement n'aurait pas servi, et on rembarque pour rejoindre la rive est, en minibus d'abord, motor-boat ensuite ...

 

motorboat

 

 

     Le capitaine est évidemment le dernier à quitter l'engin.

 

Dernier-a-quitter.jpg

 

 

     Enfin, il ne reste plus qu'à ranger la toile ...

 

On-range-la-toile.jpg

 

 

     Une petite halte à l'hôtel pour déposer les choses dont on n'a plus besoin. Le type de l’hôtel ne répond pas à notre sourire, détournant ostensiblement le regard. On a fait une délicieuse expérience, mais on s'est fait, aussi, un ennemi farouche qui désormais ne nous adressera plus la parole jusqu'à la fin du séjour.

     Si je puis vous être d'un quelconque conseil, ne manquez sous aucun prétexte ce vol en montgolfière ! Vous en garderez un souvenir impérissable et surtout une envie irrépressible de recommencer ! La vision au petit jour de la montagne thébaine, de la vallée du Nil, de Louxor et des monuments, même si mes photos ne vous en donnent qu'une idée bien imparfaite, restera gravée comme un grand moment et une expérience réellement unique !
 

 

     Et puis, même si vous êtes en voyage organisé et qu'on ne vous propose pas cette excursion, sachez que compte-tenu de l'heure extrêmement matinale de départ, vous avez toutes les chances d'être de retour avant que les autres membres de votre groupe aient fini leur petit déjeuner. Alors, pas d'excuses ! Et vous aurez droit à votre beau certificat de vol.
 

 

     Un petit regret, j'aurais sans doute dû acheter le fameux DVD, certains instants du vol méritant amplement une vidéo plus que les pauvres photos que l'on peut faire.
 

 

     La prochaine fois, car je suis bien sûr qu'il y aura une prochaine fois, je l'achèterai, ce fichu DVD !!!


 

François :jap:

 

 

 

 

    Ici même, dans la partie "Commentaires", n'oubliez pas de lire les réponses que François a eu (et continuera d'avoir) la gentillesse d'adresser à tous et ce, jusqu'à mon retour définitif sur ce blog ...

 

     Merci à vous de poursuivre la lecture de son récit ; merci à lui d'accepter de jouer le jeu et de pallier mes absences estivales ...

 

Richard 

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 23:00

 

      Nous sommes donc dans le minibus qui se rend au terrain de décollage. Curieusement, c'est assez silencieux. Est-ce le sommeil qui rend la langue lourde, ou bien peut-être un fond d'appréhension devant l'inconnue du vol en ballon. Toujours est-il que c'est dans le silence que nous débarquons dans la pénombre du champ.

  

     La "tour de contrôle" algeco est éclairée où se tient le chef d'"aéroport", sans doute l'œil rivé à son anémomètre afin de donner le signal du début des opérations.

 

1-Tour-de-controle.jpg

 

 

     En attendant que soit décidée la possibilité du vol, nous voyons arriver d'autres minibus chargés de gens silencieux, eux aussi, qui se dirigent vers d'autres aires de décollage.

      Notre ballon, déjà arrimé à la nacelle, git lamentablement sur le sol comme un préservatif vide. Il repose, douillettement protégé des cailloux par un assemblage de bâches.

 

2-gonflage.jpg


      Notre responsable de groupe canalise nos envies de bouger en nous regroupant soigneusement et commence à nous indiquer que notre vol sera pris en vidéo par un caméraman et que nous pourrons acheter le DVD à l'arrivée.

      Top départ, le feu vert est donné par le chef d'aéroport !

      Alors tout va assez vite : deux gros ventilateurs sont branchés, l'ouverture du ballon est tenue béante, et l'air s'engouffre.

 

     Notre commandant de bord se munit d'une baudruche jaune gonflée d'hydrogène et la libère dans le ciel afin de juger par lui-même de l'intensité et de la direction du vent.
Nous regardons disparaître ce ballon jaune dans le ciel sombre.

      Les ventilateurs vrombissent, le ballon prend forme, d'abord une saucisse, puis une poire, et les brûleurs entrent en scène avec leur bruit caractéristique de chalumeau de couvreur.
La lueur des flammes est bien belle à voir dans l'aube naissante.

 

 

3-chauffage.jpg

 

 

      Un peu inquiétante, aussi, par sa proximité avec le bord du ballon qui semble si fragile, en toile à parachute synthétique et si inflammable.
Mais les hommes qui s'affairent autour du ballon et de sa nacelle ne semblent pas s'en inquiéter.

      Ah oui, pour ceux qui auraient pour seule image de la montgolfière celle de Jean-François Pilâtre de Rozier et de son assistant dans leur minuscule nacelle, il faut bien comprendre que là, notre nacelle, en osier, à l'ancienne, est divisée en compartiments et permet un vol de 24 passagers, peut-être plus s'ils sont moins dodus que moi ... La nacelle est reliée à un petit camion par une forte sangle destinée à empêcher l'engin de s'envoler inopinément.

 

4-verticalisation.jpg


 

     Mais pendant que je vous raconte, le ballon est devenu tout rond, bien ventru, et déjà on se prépare à embarquer.
Prudents, les passagers s'étaient munis dans leur sac d'une petite laine pour le cas où, d'une petite bouteille d'eau, d'un sandwich ... que sais-je ...

      "Allez, tout le monde à bord !"
Le groupe se précipite, et là, surprise, le gusse de la compagnie ramasse tous les sacs sans laisser à quiconque le temps de réaliser ...
"On vous les rendra à l'arrivée ne vous faites pas de souci !

Mais ... Allez, vite !!!"
Tant pis pour la petite laine !!! Heureusement que j'avais mon appareil photo autour du cou, mais mon deuxième objectif restera au sol ...

      On enjambe le bord de la nacelle en se servant des trous pratiqués dedans pour grimper, et nous nous retrouvons rapidement à bord.
     

     Les brûleurs crachent dans leur lumière infernale.

 

Mongolfiere---Bruleurs.jpg

 

"Le commandant Mohamed Anwar vous souhaite la bienvenue et vous prie de bien vouloir écouter les consignes d'atterrissage."

 

     "En fait, c'est simple, il suffit de s'accroupir pour rabaisser le ... centre de gravité, tout en se cramponnant fermement à la bordure de la nacelle.
Il y a plusieurs types d'atterrissage, le très brutal, le moins brutal, et "l'égyptian smooth landing", celui que j'essaierai de vous faire.
Mais dans tous les cas,
If I tell you landing position, you immediately do it ! OK ?"

Et chacun de répondre OK.

      Le ballon est maintenant turgescent, et on le sent prêt à s'élever. L'escouade d'assistants qui nous retiennent commence à peiner à retenir la montgolfière, et la sangle qui nous empêche de partir est tendue à se rompre.
La main du commandant est sur le mousqueton qui seul nous retient au sol.
"Takeof" dit-il dans sa radio. Les doigts serrent le mousqueton, et c'est l'envol, dans la lumière brûlante et le bruit furieux des brûleurs.

      Puis plus rien, le silence absolu ...

      C'est parti ...

 

 

10-Ballon-au-dessus-de-Luxor.jpg

 

 

      Pour qui n'a jamais vécu cette expérience, c'est délicieux de se sentir happé vers le ciel la tête au vent, dans un silence pareil. Rien de comparable avec les autres moyens de transport aérien.
Le soleil pointe à l'horizon, répandant une lumière chaude qui projette des ombres sur le sol.

 

     En dessous de nous, on voit rétrécir les autres ballons pas encore partis qui rougeoient alternativement au rythme des coups de brûleurs. C'est magnifique !


 

6--ballons-au-sol-copie-1.jpg

 


      Quant au spectacle qui s'offre à nos yeux égyptologiques, un rêve ...

 

 

      Deir el Bahari est encore plus beau dans les rayons rasants qui l'effleurent.
 

 

7--deir-el-bahari.jpg

 

 

     Le Ramesséum ...

 

5-Ramesseum.jpg

 

      Toujours aussi surprenante, aussi, cette limite verdure-désert, sans aucune transition, qui passe brutalement de l'herbe la plus verte au sol rocailleux le plus sec.

 

 

     Les colosses de Memnon ...


9--Colossaux.jpg

 

 

     L'appareil photo ne sait plus où donner de l'objectif. Au loin, les autres ballons sont partis, eux aussi, et curieusement ne suivent pas obligatoirement la même route que nous !

      En plus, on bénéficie d'un regard sur les maisons, leurs invraisemblables cours où ânes, bœufs, moutons et autres volailles prennent leur petit déjeuner.

 

 

11--cour-interieure.jpg

 

 

     Une petite famille nous fait un petit sourire. Les pauvres qui voient tous les matins les mêmes ballons chargés d'autres énergumènes qui leur font coucou de la main. Ils doivent adorer les jours de tempête où les ballons ne volent pas !!!
 
      Louxor, à contre jour, n'a pas encore fini d'éteindre ses lumières ...

 

Nuit sur Louxor -2- (François)

 

Le Nil brille de mille étincelles ...   C'est beau, non ?
 

 

     Alors je vais vous laisser rêver un peu de tout ça, et aller préparer le dîner...
Pas de révolution, hein, sinon vous n'aurez pas la suite, samedi 20 août prochain !

 

 

François :jap:

 

 

 

 

    Ici même, dans la partie "Commentaires", n'oubliez pas de lire les réponses que François a eu (et continuera d'avoir) la gentillesse d'adresser à tous et ce, jusqu'à mon retour définitif sur ce blog ...

 

     Merci à vous de poursuivre la lecture de son récit ; merci à lui d'accepter de jouer le jeu et de pallier mes absences estivales ...

 

Richard 

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Publié par Richard LEJEUNE - dans L'Égypte en textes
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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 23:00

 

     Dans les trucs à raconter, il y a, c'est un incontournable, l'excursion en montgolfière ...

 

Mongolfiere-dans-les-rues.jpg


     D'abord, il semble qu'il vaut mieux tâcher de passer "en direct" plutôt que par un hôtel, agent touristique ou autre pour obtenir un prix intéressant.

     Pour notre part, Jérôme nous avait conseillé la compagnie Sindbad pour son sérieux, sa compétence et tout et tout !

 
"Leur démarcheur traîne dans la galerie du Winter ou sur la corniche à proximité, tu ne peux pas le manquer."
(Au passage, merci Jérôme !!! ;-) )

     Alors que nous nous baladions avec Abdallah, je lui parle de montgolfière, et instantanément je vois son œil briller ;  s'il avait eu une moustache, elle aurait certainement commencé à friser furieusement...

"Mais Abdallah, je ne veux pas payer plus que le prix ! Nous sommes d'accord ? Donc je veux bien passer par toi pour commander le vol, mais pas de surtaxe ! Compris ?
- No problem, my friend. I know very well Mahmoud ! He is one director of Sindbad. Let me do !"

     Quelques coups de téléphone plus tard,

 

 

Abdallah

 

il me dit que tout est OK, au prix de 800 LE pour nous deux, mais qu'il faut qu'il nous accompagne chez Sindbad.

     Un coup de taxi collectif et quelques enjambées plus tard, nous voici dans le bureau de la "compagnie" Sindbad"... J'insiste sur le fait que nous voulons partir dès la première heure,

 

 

8--Louxor-dans-la-brume.jpg

 

et du Ramesséum !!! En effet, il y a quelques années, nous avions failli nous faire avoir et partir en deuxième départ, c'est à dire une fois que tous les sites intéressants avaient été déjà dépassés.

 

     Ce fut une discussion homérique au cours de laquelle mes mots en anglais semblaient venir tout seuls et où je retrouvais des termes comme escroc, bandit, voleur, expliquant au commandant "engallonné" comme un pilote de ligne que s'il arrivait à nous faire remonter le lit du vent pour nous montrer ce que nous étions venus voir, j'étais prêt à payer le double, mais que dans le cas contraire, il allait devoir nous rembourser et nous dédommager pour le temps perdu ; et que je le dirai à Zahi Hawass et au gouverneur... Je revois encore l'air catastrophé des trois touristes japonais qui devaient partir avec notre groupe, et l'air ahuri des amis avec lesquels nous étions et qui n'imaginaient pas que je puisse me montrer aussi violent !
Bref, à l'époque, nous n'avions pas fait cette excursion mais avions été remboursés rubis sur l'ongle.

     Mahmoud me rassure, cette fois, nous serons du premier départ : d'ailleurs en ce moment, il n'y a pas tellement de monde. Nous signons le contrat.
Rendez-vous téléphonique est pris pour le soir même à 18h30.

"Just one thing, don't tell your hotel you come tomorrow !"

     Pas de souci, le manager de l'hôtel ne m'est d'ailleurs pas follement sympathique.

     18h30 précises, mon "portable de Marie" sonne, et Mahmoud me confirme qu'il nous prendra au bout de la rue à 5h10 précisément, et de ne surtout pas dire à l'hôtel que nous partons avec eux.
OK...

     Un peu fébriles, nous nous levons au petit matin, descendons avec discrétion les deux étages...
Personne à la réception ! Chouette, ça nous évitera des explications vaseuses...

     Sur la pointe des pieds, nous sortons de l'hôtel ... pour nous retrouver nez à nez avec ce fichu manager, à califourchon sur une superbe moto chinoise, en grande discussion avec un de ses acolytes ...

Damned !!!

"Hello, good morning ! Where are you going ?
 

 

     Mais je lui en pose des questions, moi, à ce grand dépendeur d'andouilles ? C'est en bredouillant quelques excuses mal tortillées, et en français pour qu'il me fiche la paix, que je réponds.

     Nous avons l'air malins, à faire le pied de grue au bout de la rue ... D'autant que, pas plus bête que ça, le curieux fait vrombir son engin et nous passe devant en faisant semblant d'être très affairé.

     Ouf, cette fois, il est parti ... D'autant qu'il est cinq heures neuf et que j'aperçois le mini bus aux armes de Sindbad qui s'apprête à nous embarquer. Dès qu'il s'arrête à notre portée, nous nous engouffrons, et voyons à ce moment "M. Nefertiti Hôtel" qui, sur sa moto, déboule et nous regarde ostensiblement d'un œil assassin ...
Pour la discrétion, on repassera.
Durant le trajet, il nous dépassera encore deux fois, toujours nous scrutant de son œil noir, des fois qu'on ne l'aurait pas vu nous voir !!!

     Le minibus nous dépose près de l'embarcadère des "motor-boats" et nous montons à bord du "Zeenedeen Zeedamne" où l'on nous sert un petit déjeuner bien chaud. Durant la traversée, les autres convives que nous découvrons sont tous aussi mal réveillés que nous. Certains sont partis de leur hôtel avec une de ces boîtes carton, classiques "paniers repas" qui font le délice des gens qui sont en pension et qui ne prendront pas le petit déj. à l'hôtel. Ils en sont bien encombrés, car tout le nécessaire est à bord ... Mais disciplinés (à leur accent, ils sont nordiques!) ils avalent consciencieusement tout ce qu'ils ont à manger. L'un d'eux regrette même de n'avoir pas emporté une petite bière ...

     La traversée nocturne est brève, le thé et les gâteaux vite absorbés.
Curieux, tout de même, cette manie de circuler ou naviguer tous feux éteints !
Au débarcadère, nous sommes attendus par d'autres minibus et nous nous rendons au terrain de décollage tous phares éteints !

     Bon, le vol, ce sera pour samedi 13 août prochain !!!

 

 

François :jap:

 

 

 

 

    Ici même, dans la partie "Commentaires", n'oubliez pas de lire les réponses que François a eu (et continuera d'avoir) la gentillesse d'adresser à tous et ce, jusqu'à mon retour définitif sur ce blog ...

 

     Merci à vous de poursuivre la lecture de son récit ; merci à lui d'accepter de jouer le jeu et de pallier mes absences estivales ...

 

Richard 

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Table des Matières (13-12-2012)

 

METCHETCHI

 

OU

 

Sinouhé - Hiéroglyphes

 

SINOUHE

Ou Encore ...

L' INDISPENSABLE



Les dessins au porte-mines

de Jean-Claude VINCENT

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